You'll be a man, my son.

avatar
Date d'inscription : 04/02/2018
Nombre de messages : 58
Couronnes : 18
Âge réel : 41
Dieu : Déesse de l'Air
Palier don : Palier 2
Palier lien : Palier 1
Copyright : Aki

Don't play  or
you'll end cold.

Jeu 6 Sep - 21:22
Nikolaï conduisait bien imprudemment et la voiture n'était pas vraiment faite pour ça. Sauf qu'il s'en fichait, il aimait flirter avec le danger. Surtout depuis que...
Un virage lui fit penser à autre chose. Yulia-Minerva faillit perdre l'équilibre, elle lui fit les gros yeux mentalement et il s'excusa.

Ellias l'avait appelé, pour une urgence. Nikolaï était tellement dans le brouillard ces temps-ci qu'il n'avait même pas vu que le petit neveu s'était rapproché d'Eva. Il ne faisait plus attention à rien à vrai dire. Mais si la famille l'appelait... c'était sacré. Et Ellias avait besoin de lui. Alors il déboulait à pleine vitesse à Olkonir.
Il croyait avoir des hallucinations auditives, entendre son bébé pleurer. Enfin c'est ce qu'il avait cru au téléphone avec Ellias. Le téléphone était encore quelque chose de nouveau. Cela faisait presque vingt années qu'il n'avait plus rien entendu et tout lui paraissait bruyant. Trop bruyant. Entendre des pleurs de bébé n'était qu'une particularité étonnante. Son enfant... son garçon l'avait guéri avant de périr. Et lui son ... son papa... il n'avait rien pu faire.
Serrant les dents, le regard amorphe de Nikolaï n'exprimait rien. Ses jointures étaient pourtant blanches sur le volant.
Retrouver l'ouïe avait été un bien pour un mal. Il aurait préféré tout perdre et mourir avec son fils. Même si cela lui servait et qu'il découvrait la voix de ses proches, la musique. Il n'y avait que la voix de Magda qui le calmait. Ses nuits étaient peuplées de cauchemars où des bébés vociféraient.

Il n'y pensa pas et se gara près de l'appartement qui avait été attribué au petit gars et sonna. Dans la vitre, il passa sa main dans ses cheveux, espéra qu'il n'aurait pas trop l'air d'un zombie.

*Désolée mais tu ne peux rien y changer.*

"Ellias, c'est moi. Je suis venu aussi vite que j'ai pu."

Sa voix était coupante même s'il la voulait chaleureuse, il esquissa même un sourire. Pas le genre de sourire mutin et adorable à la fois, un sourire triste. Les rides aux coins de ses yeux se voyaient, il avait l'air fatigué.
Il prit Ellias dans ses bras quand il le vit. Une marque d'affection un peu trop grande. Mais Nik avait toujours été tactile, une habitude de sourd et de lourd. Qui prenait tout son sens alors qu'il avait cru perdre tout le monde autour. Et qu'Ellias ressemblait au fils qu'il aurait rêvé d'avoir.


Beware the owl...

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 28/07/2018
Nombre de messages : 125
Couronnes : 106
Âge réel : 20
Dieu : Terre
Palier don : Palier 1
Palier lien : Palier 1
Copyright : Elibis ♥

Nothing will be the same...

Jeu 6 Sep - 22:55
Les hurlements assourdissants le malmènent, le poussent dans des retranchements qu’il n’aurait pas cru connaître. Une fois de plus, il est dans l’impasse. Il le berce, sans s’arrêter, quand l’enfant semble enfin se calmer, il repart de plus belle. Sa douce est enfermée dans sa chambre, sous huit clos, avec la petite daemonne féline. Ellias prend une inspiration, regarde son téléphone, il ne voudrait pas déranger qui que ce soit, mais il n’y arrive plus, ses pensées s’embrouillent, sa patience s’effrite peu à peu et il n’arrive pas à calmer son petit protégé. *Appelle la. Ou ton oncle, ils sauront quoi faire.*

Mais il ne veut pas, s’obstine encore de longues minutes, en vain. L’anglais se laisse tomber dans un fauteuil, le petit humain contre lui, la fatigue bien accrochée à ses épaules. Il attrape l’appareil, le fait tourner dans sa main encore une fois avant de se décider.

Sans réfléchir, c’est le numéro de son oncle qu’il compose, Nikolaï. Il sait tout des drames mais n’arrive plus à aligner deux pensées cohérentes, alors il ne réfléchit pas plus et appelle. Il dépose l’enfant loin de lui et du micro du portable dans son parc. La conversation ne s’éternise pas, il a besoin de lui, ne dit rien de plus et n’a plus qu’à attendre. Les minutes s’écoulent, il s’efforce d’organiser ses pensées, se rend compte de ce qu’il vient de faire et ferme les yeux un instant. *Ne te traite pas d’idiot, maintenant que tu as les pieds dans le plat, autant aller jusqu’au bout. Puis, j’ai aussi participé à la bêtise et on allait pas lui cacher. * Appelle ton oncle, oui tu sais Ellias celui qui vient de perdre son enfant. Il fulmine, contre sa bêtise. Et on toque à la porte. Parfait.

Le jeune parent perdu reconnaît sans peine la voix de Nikolaï et il ouvre la porte sans se soucier des hurlements derrière lui, Calla arrive au pas de course, un chaton dans la gueule, tenu par la peau du cou. Il répond sans réfléchir à l’étreinte, sa famille lui avait manqué, cloîtré chez lui sans pouvoir les rejoindre au milieu d’un cauchemar sans fin. Il aurait pleuré, quelques années en arrière, du soulagement de retrouver cet homme bien plus proche d’un père que d’un oncle. Ils sont là pour les autres, chez les Lockwood, aujourd’hui plus que jamais, Ellias se sent moins Singer que Lockwood.

-Ca fait du bien de te revoir… Il lâche son oncle et s’efface de l’entrée pour laisser son invité passer. *Yulia, je crois que j’ai fait une gaffe.* Le rottweiler fixe la chouette, lui expose le problème, mentalement, l’enfant qu’il n’arrive pas à calmer, le manque de réflexion sur la personne à appeler. Puis, chose rare, Calla Lily, souveraine du coeur gelé de son amour, s’excuse, sincèrement, platement auprès du volatile.

Et voilà Ellias, figé, dans cet appartement, avec cet enfant qui hurle, cet oncle en deuil. Il ne sait pas vraiment quoi faire ou dire, le malaise s’installe dans chaque parcelle de son corps. -On ne sait plus quoi faire, c’est comme ça depuis le milieu de la nuit. Elle ne dit pas quoi, c’est très évident, l’enfant s’époumone et son protecteur s’approche pour le regarder, hésite à le prendre dans ses bras puisque cela ne change rien à son état. Ses cheveux détachés et emmêlés lui donnent un air de chien fou, ses cernes sont marquées, ils ont l’air aussi fatigués l’un que l’autre, sans la voir, il perçoit le trou dans le coeur de cet homme qu’il estime tant et ne sait que penser. Ils ont tous souffert, il leur rendrait leur souffrance au centuple, s’il le pouvait Ellias, mais il ne peut que minimiser les dégâts, s’efforcer de sauver cette vie-là. Celle de ce petit être si fragile. La seule sur laquelle il ait une réelle influence.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
LITTLE FLOWER
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 04/02/2018
Nombre de messages : 58
Couronnes : 18
Âge réel : 41
Dieu : Déesse de l'Air
Palier don : Palier 2
Palier lien : Palier 1
Copyright : Aki

Don't play  or
you'll end cold.

Mer 26 Sep - 15:28
Les mots s’étranglèrent dans sa bouche. Lui aussi ça lui faisait du bien de le revoir. Il savait qu’il était moins présent pour sa famille, lui qui avait été là à toute heure du jour et de la nuit. Toujours présent pour une boutade, une surprise, une aide, déposer quelqu’un en voiture, ramener des bières. Il était disponible, c’était le moins qu’on puisse dire. C’était plus qu’important pour lui, ils pouvaient tous compter sur Nikolaï, l’homme de la famille.
La mort de son père le frappa d’autant plus que ça y est, pour de vrai, il était l’homme de la famille. Son père l’avait prévenu, il avait été formé à ce chapeau et le partageait avec sa sœur et son frère, chacun s’occupant d’un aspect de cette famille. Les visages des morts le hantaient. Trop avaient péri, il se sentait parfois partir à demi avec eux. Le poids de la survivance était lourd. Et pourtant il avait vécu la mort et la violence. Il avait été dans des fusillades, des prises d’otage. Il avait tué. Son meilleur ami était mort dans ses bras, sa mère à l’hôpital, son âme-sœur avait failli mourir du cancer. Ce n’était pas la première épreuve qu’il endurait. Il avait perdu l’ouïe, s’était fait violé. Sauf qu’il s’en rendait compte dorénavant, plus rien de tout cela n’avait d’importance. Sa foi vacillait comme une flamme de bougie sous le souffle d’une tragédie. À quoi cela servait-il ? Son père avait fini sa vie. David avait beaucoup vécu et pris la mort comme une délivrance mais son Cyrus ? Et son fils ? Un nouveau-né ? Mort sans sens, sans faute. Pourquoi être puni ? Magdalena le fuyait, il supportait à peine de la voir, l’inverse était vrai. Pourtant c’était son air, il la revoyait avec souffrance et soulagement. Ils devaient vivre à part pour survivre un temps. Alice était seule son rayon de soleil. Personne ne semblait comprendre, il ne voulait être approché de personne.
Mais la sonnerie d’un téléphone, le nom d’un proche, par automatisme, par amour le faisait se lever. Il était sobre et calme pour une fois. La voix d’Ellias le surprenait toujours, il ne l’avait jamais entendu avant ces derniers jours et elle lui semblait … différente. Comme celle d’Alice, bien plus belle encore qu’il n’aurait pu l’imaginer. Même celle coupante de Magdalena, comme dans ses souvenirs. Il culpabilisa d’aimer entendre de nouveau. Son fils était mort pour cela.
Il salua la daemonne et leva un sourcil en levant un chaton. Calla Lily n’était pas une chasseuse et tuer des chatons, aussi sèche pouvait-elle être, ne faisait pas partie de ses passions. Le chaton en l’occurrence n’était pas mort, mais bien vivant.
Yulia-Minerva comprit tout de suite. Un bébé pleurait, elle ne savait pas pourquoi Ellias était propriétaire d’un enfant bruyant mais elle comprenait son absence ces derniers jours.

*A quoi… *

Elle retint les mots-poison qui faillirent sortir mentalement. La daemonne s’était excuser. C’était assez rare pour être relevé mais Yulia ne releva pas. Elle se contenta de prendre en compte et de ne pas l’incendier. Son air était pincé comme à son habitude. Elle soupira pourtant. Minerva appréciait Lily dans une certaine mesure. Bien qu’elle avait une affreuse façon de le montrer comme avec tous.

*Peu importe, au moins vous l’avez fait se lever. Il va me falloir quelques explications. *

Nikolaï mit par contre un temps avant de comprendre. Il fronça les sourcils, entra dans la pièce sans attendre une invitation. Il entendait les pleurs d’un enfant. Les mêmes pleurs que son fils. Il avait peur que son esprit lui joue des tours de nouveau. Mais Ellias expliqua que les pleurs duraient depuis le milieu de la nuit. Nik n’était donc pas seul à les entendre. Dans ses yeux, plongés dans ceux de son petit neveu, l’étonnement se succéda à la surprise, à l’incompréhension, à la tristesse, à l’urgence.

« Ellias ! Tu … On va reprendre du début. »

Il se dirigea vers le bruit qui emplissait sa tête. Pour une fois, et cela lui faisait du bien, il appartenait à un vrai bébé, rouge de trop avoir pleuré. La petite créature pleurait tellement qu’il sentait les vibrations au travers de son corps. Il tendit les bras involontairement, et attrapa l’enfant comme un objet fragile, ses mains de papa retrouvant leur position idéale. Le bébé sembla reprendre sa respiration. Il pleurerait de nouveau dans quelques secondes mais le cœur de Nikolaï battait fort. Il s’obligea à fermer les yeux pour contenir les larmes qui montaient. Il ne pleurait pas devant sa famille. C’était un homme, un vrai. Essuyant ses yeux avec ses manches,

« Excuse-moi… c’est… »

Rien ne pouvait expliquer. Le bébé se remit à pleurer et Nikolaï imprima un mouvement de balancier à son bras.

« Tu as essayé le biberon ? Pas de fièvre mais une serviette humide fraîche pourrait l’aider à se calmer. Combien de mois ? »

Les questions fusaient, l’importance était d’abord de calmer l’enfant. Il viendrait ensuite en aide à ce jeune garçon qui lui ressemblait des années auparavant, perdu et fatigué. On ne devenait pas père d’un claquement de doigts. Ou si, mais il y avait une formation à côté.
La douleur viendrait comme une vague déferlante après. Mais pour le moment, le manque, la colère tout s’apaisa dans le corps de cet enfant. Un espoir survivant. L’odeur surtout l’attaquait au cœur. Il retombait amoureux. Les bruits il ne les avait jamais entendus, mais l’odeur d’un bébé était tout pour lui.
Le mouvement balancier, expérimenté pendant des heures, des nuits entières sembla calmer pour un moment les pleurs machinaux de l’enfant. Ils trouveraient une solution. En attendant, ça lui laissait une fenêtre pour discuter.

« Assied-toi Ellias. »

Il utilisait sa voix de patron mais parce qu’il était inquiet.

« Il va falloir que vous nous expliquiez. Comment avez-vous … trouvé cet enfant ? »

Un sourire s’afficha sur la bouche de Nikolaï.

« Je me doute que tu l’as pas fait tout seul. Où est la maman ? »

Yulia jeta un regard dur à Nikolaï. Il avait toujours tout pardonné aux siens, même les pires secrets. Qu’Ellias ait une amoureuse et un enfant avec ne le mettait en colère qu’une demi seconde, il devenait l’oncle bienveillant ouvert et toujours soutien qu’il avait été. Il n’avait pas tant besoin d’explications pourtant il était curieux.


Beware the owl...

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 28/07/2018
Nombre de messages : 125
Couronnes : 106
Âge réel : 20
Dieu : Terre
Palier don : Palier 1
Palier lien : Palier 1
Copyright : Elibis ♥

Nothing will be the same...

Jeu 27 Sep - 15:12
Petit félin curieux, deux grands yeux dorés se braquent sur la chouette blanche, le chaton se débat sans succès. La tempête se lève, va les frapper de plein fouet dans quelques secondes, cette tornade du nom de Yulia-Minerva menace de les balayer et elle accepte avec calme les conséquences de leurs actes. Mais elle ne vient pas, la catastrophe, interrompue comme par un quelconque miracle. L’oncle se perd et le plus jeune se sent désolé à en pleurer, il se garde de commentaires, inspire pour se donner un courage dont il a terriblement besoin. Ses yeux détaillent le parquet et il cherche des mots qui restent bloqués dans sa gorge. Il est là, à les regarder, cet enfant que ce père n’a plus.

Le temps d’un clignement lui paraît bien trop long alors que Nikolaï soulève le petit être. Il est rouge, de colère, d’avoir hurlé sans cesse. Et les larmes de cet homme fier fendent le coeur déjà bien amoché de cet adulte en devenir. Larmes cachées, retenues, mais il ne les voit pas, les oublie, son oncle ne veut pas qu’il le garde ainsi en sa mémoire. Il se reprend, efface la part brisée pour redevenir ce pilier Lockwood. Ils n’ont pas perdu que cet être cher, cet enfant, et il se tient devant l’aîné des hommes de sa famille. Les deux frères sont ensembles. John et Joshua regardent comment s’en sortent leurs fils, leurs descendants, ensemble dans la mort. L’égarement est rapidement dissimulé, les questions fusent. Il cligne des yeux, se reprend aussi, le jeune père.

-J’ai tout essayé, biberon, tétine, je l’ai bercé des heures… Il a bientôt deux mois. Il se perd, contient sa panique, sa fatigue et sa tristesse. La présence de la chienne le réconforte, elle pose le petit félidé qui grimpe sur son dos devenu petit primate agile. Les pleurs cessent, enfin.

Le silence n’a jamais été aussi savoureux. Aussi parfait. Mais il doit répondre à son oncle, l’éclairer, il est en droit de demander. L’ordre est exécuté, il regarde l’oiseau parler, ne dit mot, puise un peu de force dans le sourire de Nikolaï, la colère de la petite Dame blanche n’est pas partagée. Les questions peuvent être nombreuses, il trouve cela normal. Petit être de poussière, le maigre singe approche de cette inconnue emplumée, de cette belle chouette, curieuse Elena. Le molosse va se coller à Ellias, elle a apprit à faire confiance à ce malicieux et silencieux petit animal. Elle bouge mais ce n’est qu’un bébé dans un corps trop habile. La question du côté maternel de l’enfant le secoua. Toute l’horreur de cette situation le saisit, quand son oncle pleurait la perte de son nouveau-né, d’autres laissaient cet innocent petit mourir. La colère, toujours présente depuis des semaines, cette colère qu’il maîtrisait parfaitement, lui assombrit une seconde le coeur avant qu’il ne parle. -Je ne… suis pas son père biologique, et je ne sais pas qui est sa mère, ni son père. Une pause, il avale sa salive, cherche une formulation pour annoncer cet acte de cruauté. Pour annoncer la tentative de laisser cet enfant, ce si jeune bébé, mourir seul dans des ruines. Calla sent les morceaux éparpillés du puzzle qu’est le coeur de son homme, de son humain, se serrer. -Ses parents… l’ont laissé derrière eux, nous ne pouvions pas le laisser là. Dans cet endroit, Ellias l’a pris, et nous ne voulons plus le laisser, l’abandonner. Un enfant, une surprise malvenue, une injustice qu’il tente de réparer ce britannique trop jeune, trop fou, trop cassé.

Il la remercie silencieusement de le sauver du naufrage, du ras de marée émotionnel qui le maintient silencieux. Un instant de plus, trop long, trop dur, avant qu’il ne prenne la parole. -Alors… j’en ai fait mon fils, Noah Singer. Et sa sœur, Elena. Je suis désolé de ne pas en avoir parlé plus tôt, mais j’étais perdu, anxieux qu’on puisse me l’enlever. Que ces gens qui ont osé le laisser soient encore là et qu’ils le prennent. Que l’enfant retourne avec les monstres qui l’avaient voué à une mort cruelle. Qu’il se retrouve encore avec son immuable partenaire, sa Lily, sa seule lumière quand il s’était perdu, seul, malade, puis il avait trouvé ce petit porteur d’espoir. Ce petit combattant qui ne s’était pas laissé mourir, qui n’avait pas laissé Eqter gagner.

Il retient son souffle, ferme une seconde les yeux, se les frotte pour tenir le coup. La gardienne silencieuse regarde avec un tendre amour sa moitié, il est si noble et pourtant, son courage se défait face à cet homme en deuil, cet oncle qu’ils aiment d’un amour familial et véritable. Elle s’appuie un peu plus sur lui, lui apporte ce courage que lui n’a plus, lui permet de reprendre son souffle. -Je suis désolé… De ne pas avoir été là plus tôt, de ne pas vous avoir trouvés avant. D’être resté si loin des siens en étant si près, de s’être cloîtré une fois de plus. Il laisse ses mains balader sur le pelage de Calla, autour de son cou, laisse ce simple contact le calmer. Il regarde son fils, ce petit daemonien qui reposait enfin sa voix dans les bras d’un grand-oncle qu’il découvrait. *Yulia, ne soit pas sévère envers lui s’il te plaît. Il a cru… nous avons cru que nous ne trouverions que des tombes à creuser pour vous. J’ai cru le perdre dans le désespoir. Cet enfant est sûrement ce qui l’a sauvé.* Elle se fait avocate, gardienne une fois de plus, elle endurera la colère de la daemonne de leur oncle s’il le faut pour qu’il n’ait pas à le faire.

Elle doit le préserver, de lui-même, de ce monde, de ses démons, ce tendre géant. De ses peurs et de ses doutes, elle doit calmer sa colère et se sacrifierait volontiers pour qu’il ne le fasse pas pour elle. Alors une fois de plus, Calla Lily se dresse entre son musicien et ce qui pourrait le blesser réellement. De la colère d’un être cher, en ces temps troubles.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
LITTLE FLOWER
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 04/02/2018
Nombre de messages : 58
Couronnes : 18
Âge réel : 41
Dieu : Déesse de l'Air
Palier don : Palier 2
Palier lien : Palier 1
Copyright : Aki

Don't play  or
you'll end cold.

Mar 2 Oct - 9:38

Cette brute mafieuse, cet homme au poing facile, à la réflexion déjà faite, aux idées courtes… avait pourtant un regard doux. Son regard et son sourire d’enfant. Ceux-là même qui faisaient tout passer à sa sœur, qui avaient charmé Magdalena, qui faisaient rire Alice. Ce regard doux, ce sourire timide, enjôleur, abimé ce jour-là.
C’est comme ça qu’il regardait son grand neveu qu’il n’avait jamais considéré comme un neveu éloigné. Il ne le savait pas Nikolaï mais il comprenait d’instinct la colère, la fatigue, une certaine joie. Il se taisait, conscient que l’histoire était importante et balbutiante. Il ne devait pas couper Ellias sous peine de risquer de le braquer.
Noah Singer, un bébé abandonné et récupéré par Ellias lors du drame. Une sorte de lumière dans les ténèbres. Une vie pour une mort.
Cette pensée frappa Nikolaï qui se contracta, ses mâchoires se serrèrent tandis que Yulia lui demanda mentalement de faire attention. Il tenait un enfant, une créature fragile entre ses mains. Il pensa à cette satané justice, à ce Dieu qui lui avait fait défaut. Il se retrouva aussi désœuvré que des jours plus tôt. La peine ne se tarissait pas. Comment le pouvait-elle ? Il se demanda s’il souffrirait toujours. S’il réussirait à n’avoir que des cicatrices-souvenirs, à tirer le meilleur, à s’apaiser, comme il l’avait fait avec sa mère. Combien de temps cela prendrait-il ? Voulait-il vraiment arrêter de souffrir ? Si souffrir était se rappeler ?
Il ferma les yeux pour chasser ses propres démons. Il avait grandi, la peine l’infantilisait et le rendait sauvage mais il devait faire un effort, se montrer plus mûr, plus sage, plus intelligent. Il passa sa main sur le front du bébé.

« Donc, tu as adopté ce petit bout. Noah. Bienvenue chez les Lockwood Noah. Et bienvenue Elena. »

Il se tourna vers Ellias.

« Ses parents sont peut-être morts aussi. Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé, laisse-leur le bénéfice du doute. »

Il se rendit compte qu’il parlait presque comme son frère. Une présomption d’innocence. Ça ne lui ressemblait pas. Et de l’autre côté, Yulia-Minerva dont les plumes frémissaient de colère et de mépris, restait éloignée du petit groupe, postée en haut d’une armoire. Quand Calla lui adressa la parole, elle ne se gêna pas pour lui répondre mentalement.

*Et qu’est-ce que tu crois ? Que nous n’avons pas vécu la même tragédie ? Je n’ai pas pensé à votre mort parce que nous creusions déjà des tombes pour ceux qui sont tombés autour de nous ! Je ne … je n’ai même pas à te faire la liste de ceux que Nikolaï a perdu. Vous avez volé un enfant ! À quoi pensiez-vous ? Ellias est à peine adulte ! Vous êtes tous seuls ! Enfin non, vous savez pertinemment que Nikolaï et Eva-Line vont prendre Ellias sous leur aile, et Noah par la même occasion. Alors qu’ils ont perdu un enfant. Tous les deux ! Calla, je t’apprécie, et ça me déplume de te le dire. Et j’apprécie Ellias dans une moindre mesure. Mais ne me demande pas d’avoir de la pitié. Ce n’est ni mon genre ni le moment. Cet enfant va vivre avec l’impression de remplacer un autre enfant, et il porte déjà la responsabilité d’avoir sauvé Ellias. Tu te rends compte de l’égoïsme que ça signifie ? Mettre sur les épaules d’un nouveau-né, le poids du désespoir, de l’espoir, de ce que tu veux, c’est aller au-devant de problèmes. Écoute je … je préfère que nous en discutions plus tard. Je ne vais pas aller disputer ton humain si c’est ce que tu redoutes, regarde-le, il n’a pas besoin de moi pour être déjà mal et avec le teint parfaitement cireux. Je le laisserai tranquille. Il sait la souffrance que Nikolaï risque d’endurer en sortant d’ici. Mais ce n’est ni lui ni toi qui va la gérer. En attendant… je boirai bien un thé, vous en avez ?*

Après cette tirade, le nez relevé, dédaigneux. Elle voleta à la cuisine et utilisa ses serres pour mettre l’eau de la bouilloire à chauffer. Elle était devenue professionnelle à se faire du thé elle-même. Elle s’adoucirai après son thé. La chouette avait toujours été hargneuse et vite agacée, manquant singulièrement de bienveillance et faisant preuve d’une extrême mauvaise foi. Seuls comptaient vraiment Andreï et Nikolaï. Pourtant elle avait à cœur le bonheur de tout un chacun dans la famille. Elle le montrait juste différemment. Rien que le fait de prononcer ce discours prouvait une certaine confiance.
En revenant avec le thé et après quelques becquées, elle revint cependant mentalement vers Calla.

*Mais vous ne pouviez certes pas le laisser où il était j’imagine.*

Elle se retourna, boudant. Yulia avait fait le maximum qu’elle pouvait en concession. Cela voulait dire, dans son langage à elle, qu’elle leur pardonnait, que ce n’était pas de leur faute et qu’elle acceptait la situation. Même si elle n’en pensait pas moins et qu’elle était très agacée.

De son côté Nikolaï avait sans faire exprès activé son pouvoir, de sorte de faire une aura chaude tout autour de l’enfant. C’était sans doute pour cela que les bébés l’aimaient bien. Il avait ce quelque chose de réconfortant dans sa chaleur.

« Et tu nous l’as caché tout ce temps ? Eva est au courant ? »

Il fut interrompu par des cris et pleurs de bébé. Il arrêta son mouvement de balancier pour poser le nourrisson sur le canapé et mit son doigt dans les plis du cou du bébé qui hurlait à la mort. Un sourire s’afficha sur son visage.

« Ellias, combien de couches tu lui as mis !? Il ne peut même plus bouger correctement ! »

Il entreprit de défaire les premières couches, le bébé sembla respirer mieux. Nikolaï posa sa main sur son front afin de faire passer une note de frais au travers de sa peau. Le bébé suait.

« Tu as eu peur qu’il tombe malade ? »


Beware the owl...

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 28/07/2018
Nombre de messages : 125
Couronnes : 106
Âge réel : 20
Dieu : Terre
Palier don : Palier 1
Palier lien : Palier 1
Copyright : Elibis ♥

Nothing will be the same...

Jeu 1 Nov - 17:10
Les accusations vexent, les mots blessent et le molosse n’encaisse pas tout correctement. Poils hérissés et regard noir, elle retient à grand peine un grognement mauvais. Ce volatile acerbe l’agace profondément et elle sent la colère monter. Cette colère qu’elle ne maîtrise plus aussi bien, qu’elle connaît plus qu’elle ne le voudrait. Elle se détache de sa moitié, s’en va regarder quelque chose qu’elle seule semble voir dehors. Bien vite, les connexions mentales sont coupées, avant qu’il ne sente sa contrariété, avant qu’il ne se pose trop de questions et ne fouille pour ne tomber que sur les horreurs de Yulia. Qui ose en plus voleter à travers leur appartement pour aller faire comme chez elle. Suivie bien évidemment d’un regard rancunier, qui dérive à nouveau sur l’extérieur alors que l’oiseau s’affaire à se préparer un thé.

La contrariété de sa moitié ne lui a pas échappée, mais il préfère ne pas intervenir, il voit très bien ce qui peut pousser Calla dans ces retranchements là. Ou plutôt qui.

*Si elle t’énerves, ignore la, mais par pitié ne la mord pas. Que Nikolaï reparte entier.* Elle grommelle, il n’écoute plus, pris dans l’observation de son oncle qui s’émerveille du petit être. Mais voilà que la dame blanche revient à la charge. Phrase plus douce qui se heurte à la muraille de colère et de poils d’ébènes. *Tu sais quoi ? Si il y a bien UNE CHOSE qui est sûre, Yulia, c’est que tenter d’avoir une discussion sensée avec toi sans passer pour les pires êtres qui soient était effectivement une erreur, ne pas laisser cet enfant mourir ? Non, ça n’en était pas une, y voir de l’espoir ? Non plus. La seule connerie que j’ai faite, c’est d’appeler Nikolaï et de t’adresser la parole en pensant que tu ne serais pas odieuse.* Une petite fraction de seconde, elle montre des crocs menaçants, qu’elle range aussitôt sous ses babines, reprenant son observation silencieuse de l’extérieur. Elle coupe l’accès à son esprit. Refuse toute conversation. Tente d’imposer à nouveau le calme au sein de ses pensées.

Un dernier coup d’oeil au rottweiler qui bougonne dans son coin, il tente de parvenir jusque ses pensées et n’y parvient pas. Abandon calculé pour se concentrer sur le petit être rose qui s’est enfin arrêté de hurler. Mais qui reprend soudainement pour son plus grand malheur. Tympans vrillés et mal de tête bien installé il tente de faire fi de ses ressentis. Puis, tout s’enchaîne assez vite.

-Je ne l’ai pas depuis très longtemps non plus… Je l’ai trouvé peu de temps avant la téléportation, les déplacements étaient réduis, je ne voulais pas prendre de risques… Les survivants avaient perdu espoir, là-bas, certains avaient oublié comment se comporter de manière civilisée. Et un bébé était un sacré handicap quand il fallait se déplacer prudemment et silencieusement. -Oui, je suis allé la voir il y a peu avec Noah. Sa tante, il aurait dû appeler Eva, il se maudit intérieurement.

Puis, l’illumination, la solution semble apparaître à l’oncle inquiet, son visage s’éclaire et Ellias avance d’un pas pour observer ce que fait Nikolaï.

Question embarrassante soudain, il ne connaît pas la réponse. Le nombre de couches… il tente de se revoir l’habiller, le fond de l’air, froid, l’avait inquiété. -Vu que tu poses la question je dirais trop… ? Moquerie silencieuse de la chienne, trop inquiet, comme père, ce jeune anglais. -Quand je l’ai rhabillé je me suis dit qu’il risquait d’avoir froid… du coup oui, je n’arrive pas à croire que je l’ai trop couvert… Et qu’il pleurait autant pour me le dire sans que je comprenne… Il se passe une main dans les cheveux, presque honteux de sa méprise. Il approche, récupère les couches que Nikolaï juge bon d’enlever, accordant une confiance totale et aveugle en cet homme. Une tendre caresse sur le crâne fragile du poupon et il soupire. -J’ai quelques trucs à apprendre, c’est évident. Il s’en va mettre au sale les vêtements rendus et passe récupérer dans sa chambre de quoi remplacer ceux que porte le petit, la sueur ne lui a pas échappé et il vaudrait mieux le changer entièrement. Selon lui en tout cas. Il ramène ses rechanges à son oncle.

-J’ai amené de quoi le changer pour qu’il soit au sec, il a dû pas mal transpirer dans ces vêtements là je suppose. Il regarde ce père, qui effectue si naturellement ces gestes, ce père qui n’a plus son enfant. Il pense à Alice, l’aînée de son oncle. -Et Alice… ? Comment va-t-elle ? Il espère de tout coeur ne pas mettre les pieds dans un sujet sensible. Mais le silence l’embarrasse. Un autre coup d’oeil à la chienne qui ne bouge pas, telle une statue.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
LITTLE FLOWER
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 04/02/2018
Nombre de messages : 58
Couronnes : 18
Âge réel : 41
Dieu : Déesse de l'Air
Palier don : Palier 2
Palier lien : Palier 1
Copyright : Aki

Don't play  or
you'll end cold.

Lun 5 Nov - 17:12

Les crocs de la daemonne hérissèrent le duvet de Yulia. Non pas qu’elle avait excessivement peur, elle avait après tout la chance d’avoir des ailes pour être hors de portée de ce genre de prédateur. Mais surtout face à la grossièreté de la menace. Elle releva donc son bec, le pardon serait une chose difficile à obtenir de sa part. Surtout qu’elle considérait avoir fait un pas en la direction de la daemonne. Comment celle-ci avait osé montrer les dents, ce réflexe primitif, animal, comme avait-elle osé lui faire cette menace de mort. Ils étaient civilisés … du moins elle le croyait.
Son regard perçant brûlait de mépris et d’agacement, mais elle n’était pas dans une colère furieuse, ces moments d’impulsivité pure ne l’atteignaient qu’assez peu. Yulia n’était pas impressionnable et ne réagissait pas au quart de tour contrairement à Nikolaï. Elle savait qu'elle se calmerait. Il fallait de la patience. Et Yulia en avait à la pelle.

« Ne t’inquiète pas Ellias, si je n’avais pas eu mon don et une femme attentive Alice aurait fait la même chose de nombreuses fois. C’est pas facile de comprendre ce que ces petites choses veulent nous dire mais bientôt tu connaîtras par cœur toutes ses larmes. Tu vas être un bon papa, n’en doute pas. En attendant, mon conseil c’est de mettre le doigt au niveau de son cou, tu peux voir sa température corporelle et si le bébé transpire trop ou non. »

En prenant les rechanges, Nikolaï fit les gestes automatiques d’un père sur un enfant. Il avait bien raison de le changer, les anciens vêtements risquaient d’être mouillés.

« Tu as bien raison, mieux vaut le changer. Hein que oui il est mieux comme ça. »

*Attention tu gagates.*

Le sourire fatigué de Nikolaï flottait doucement sur ses yeux emplis de souvenirs. Il attrapa le bébé et le donna à Ellias.

« Alice… je ne sais pas. »

Il s’assit sur le canapé, prêt pour une discussion comme ils en avaient souvent. Nikolaï ne savait pas mentir et ne le faisait pas.

« Elle a l’air bien. Elle me sauve comme ton petit te sauve. C’est égoïste hein ? Avec Magda… on se la passe toutes les semaines ou quand ça nous arrange. Elle est toujours aussi énergique et capricieuse. Et je l’amène toujours à l’hôpital. On nous a dit qu’elle serait déviante mais son don n’est pas encore déclaré alors … on attend. »

Il se leva pour aller se chercher un verre d’eau dans la cuisine.

« Tu veux quelque chose ? »

De retour, il se rassit affalé dans un bout du sofa.

« Et toi, ton installation ? Tu t’en sors comment avec ce petit bout ? Et tu te sens comment ? »

Nikolaï réfrénait ses mains qui parlaient la langue des signes sans même qu’il y fasse attention. Il avait le regard attentif et intense comme à son habitude. Plonger dans le cœur des gens, avoir des relations franches, directes et honnêtes, surtout avec ceux de sa famille.
Ellias n’était pas qu’un neveu, il était aussi un ami.

« Tu as trouvé un garage ou de quoi faire par ici ? »


Beware the owl...

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Date d'inscription : 28/07/2018
Nombre de messages : 125
Couronnes : 106
Âge réel : 20
Dieu : Terre
Palier don : Palier 1
Palier lien : Palier 1
Copyright : Elibis ♥

Nothing will be the same...

Mar 6 Nov - 13:53
Il l’admire, ce père qui effectue ces gestes aussi facilement, cet homme qu’il considère comme un exemple à suivre. Il écoute les conseils, les paroles pleines de réconfort et il se sent déjà un peu mieux. Il voudrait être un aussi bon père qu’il l’est, Nikolaï. Il observe attentivement les gestes qu’il fait, son oncle, alors qu’il change la petite larve qui s’est arrêtée de hurler. Il sourit de le voir parler à cet enfant, de le voir se réjouir devant ce nourrisson, sans qu’une douleur indescriptible ne se devine. Oh, il doit avoir mal, celui qui a perdu son enfant, mais il n’est plus focalisé sur sa douleur pour un temps et cela apaise un peu le jeune homme. Quand il soulève l’enfant calmé, le lui tend, il l’attrape avec précaution, cale sa tête correctement et le berce doucement, sans vraiment y prêter attention, à ce geste qu’il a tant répété, alors qu’ils étaient encore là-bas, à Merkeley. Son oncle s’assoit sur le canapé et il s’assoit en face de lui, jetant des petits coups d’oeils inquiets ici et là, sur Calla qui ne s’éloigne pas de la fenêtre, sur son oncle qu’il sait tant blessé, à l’intérieur, sur ce petit être aux joues roses dont il a la responsabilité. Son porteur d’espoir.

Les nouvelles de sa toute petite cousine le rassurent, il se laisse attendrir, fronce les sourcils lorsqu’il apprend qu’elle sera sûrement déviante. Il se demande si on peut en souffrir, de ne pas avoir ce qu’on a jamais eu. Particulièrement dans ce cas-là, un don, ce n’est pas quelque chose de matériel, ni de vital, la plupart du temps, lui se servait tellement peu du sien. Il suit du regard Nikolaï alors qu’il se lève. -Non merci, je ne veux rien… Si tu veux autre chose qu’un verre d’eau sers-toi ou demandes moi hein… ? Il laisse l’enfant qui s’agite un peu attraper ses mains, les triturer avec des gestes peu assurés, dont la précision laisse à désirer, mais il s’en amuse, le jeune père. -J’espère que ça ne lui portera pas préjudice, si elle est vraiment déviante… Mais elle va y arriver, cette petit Alice, elle a de la ressource...

Il repense aux quelques fois où il l’a vue, la petite demoiselle, aux caprices qu’elle pouvait faire, à l’agitation qu’elle pouvait créer en quelques secondes seulement. Autant de souvenirs agréables qui font un peu de bien au britannique.

Il le regarde venir, s’affaler dans le confortable canapé, la salve de question ne l’étonne pas, il prend toujours soin des siens, Nikolaï, il reste le même, en-dessous de cette peine, de cette perte. Il réfléchit un instant, il n’a pas fixé tous ses objectifs, encore, Ellias, il y a tellement à gérer, avec ce drame. -Je prends peu à peu mes marques ici, j’ai rencontré pas mal de monde, j’essaie de ne pas trop rester enfermé ça me rend vite dingue, de rester là à rien faire… Il passe sa main sur la tête toute douce du petit garçon qui le regarde, de ses beaux yeux bleus qui ne comprennent pas encore ce monde et sa cruauté, qui sont pleins d’une innocence qui manque tant à l’adulte qu’il est devenu, l’anglais. -Avec Noah, ça se passe plutôt bien, il n’est pas bien compliqué comme petit, il ne pleure pas beaucoup, sauf crise comme aujourd’hui… Et il fait ses nuits, il y a quelques ratés mais quand il ne se calme pas il suffit que je le garde près de moi dans mon lit un moment et il se rendort. Cette mauvaise habitude qu’il lui a donné amuse beaucoup Calla qui voit déjà la petite silhouette de l’enfant se glisser habilement près de son père, dans quelques années. Lui qui a dormi les premières nuits de leur cohabitation tout contre son protecteur qui n’arrivait pas à trouver le repos.

La dernière question est plus compliqué, il cherche une réponse en lui, dans ses émotions, la vérité fait peur, quand il se penche dessus, qu’il se rend compte de toutes ces émotions qu’il refoule, chaque jour, chaque minute. -Pour ce qui est du moral… J’essaie de le garder, d’avancer sans penser trop à ce qu’il s’est passé, je m’énerve, quand j’y pense trop… Mais Calla m’aide pas mal, à garder des objectifs et à rester calme, je retrouve un semblant de normalité, comme tout le monde je vais devoir m’adapter à cette nouvelle vie. Il ne pousse pas plus loin son introspection, sait qu’il est là, le puits de colère et de peur, de haine envers ce gouvernement qui a jugé bon de les exécuter, les âmes perdues qui erraient dans Merkeley.

Il sourit, faiblement, à son oncle, ne tente pas d’exagérer ce sourire, il le verrait, de toute façon. Il se concentre un peu sur le petit bout de chou qui regarde encore autour de lui. Il l’aide tellement, à garder le cap, le force à se lever le matin, à sortir de chez lui, à ne pas s’enfoncer dans une dépression vicieuse. Mais un sujet plus léger arrive sur la table, le passionne soudain. -J’en ai regardé quelques uns, mais je me laisse un peu de temps pour organiser tout ça, mes économies et mon argent de côté m’aident bien pour le moment mais je voudrais reprendre assez vite. Histoire d’être occupé, de faire quelque chose qui me plaît. Et n’hésites pas si tu veux changer de voiture, où juste une pièce, ça m’occupera. Sa voiture réparée, rénovée, il ne sait plus trop quoi faire désormais, se lancerait bien dans la remise à neuf d’un autre véhicule mais ne le fait pas par manque de place.
-Et toi, tu as déjà réfléchi à ce que tu vas faire ? Il ne sait pas quoi penser, alors qu’il le voit ainsi, cet homme inébranlable dans ses souvenirs. Il ne doute pas qu’il puisse avancer, mais il sait ce que c’est, d’être démotivé par les drames, de préférer se perdre. Alors il prête attention, essaie de prendre soin de cet homme qu’il chérit. -Et si tu as besoin d’une nounou pour Alice n’hésite pas à me l’amener… Les rires d’un enfant ça guérit n’importe quel maux… Il est un peu curieux aussi, de voir la petite fille, qui doit encore avoir grandi, c’est que ça grandit à une vitesse folle, un enfant.

Il s’est assoupi, le bébé, fatigué d’avoir tant crié, pleuré, de s’être tant époumoné. Il est plus détendu, Ellias, soulagé d’avoir pu régler le problème. -Tu n’aurais pas d’autres astuces toutes bêtes pour ce petit? Que je ne vous appelle pas toutes les cinq minutes non plus ? Il essaie de se documenter, l’inexpérimenté parent, mais il fait bien plus confiance à sa famille qu’à des bouquins parfois obscurs.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
LITTLE FLOWER
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
" Contenu sponsorisé "


Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Okolnir et ses alentours :: Ókólnir :: Quartiers résidentiels-