Clair-obscur •• Gabriel

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Ven 7 Sep - 23:37
Clair-obscur

Et les corps s’élancent, se pressent, s’enchaînent. Il fait chaud, l’humidité des doigts enlacés contredisant la sécheresse de ces lèvres et de cette gorge que l’on sent à peine serrées. Au rythme des basses et de ces mouvements de hanches qu’elle ne maîtrise plus tout à fait, Lya s’oublie. Les visages sont flous, le monde tangue mais peu lui importe. L’alcool ondule dans ses veines avec la même puissance que la musique danse dans ses oreilles ; les jambes s’agitent et l’âme gravite, perdue dans l’amas de cette foule dont elle ne comprend ni la langue, ni l’envie.

Et elle sent, Lya. Elle sent ces mains qui se perdent au creux de ses reins et contre son fessier, elle sent l’haleine brûlante d’un homme qui, au vu des sensations qu’elle lui procure, rêverait de la déshabiller.

Et elle voit, Lya. Elle voit ces lumières bariolées, ambiance électrique dans un univers pourtant tamisé ; il est deux heures, peut-être trois. Elle a perdu la notion du temps à l’instant même où elle a pénétré dans cette boite – âme dévergondée au cœur noyé dans les bras de la Vodka, pour cette nuit. Pour ce jour futur peut-être aussi. Eko l’appelle ; il hurle, le caracal, la supplie de revenir, d’arrêter de fuir et surtout, de les blesser.

Mais elle rit, Lya. Elle rit du contact de ses mains sur ces peaux inconnues, de ces décharges qui parcourent son corps, son âme, son cœur à l’en faire chavirer, à la dégommer au grand complet. Leur douleur et la sienne se confondent, à présent. Elle qui cherchait à tuer les limites y est finalement parvenue, et peu importe si cela implique de blesser son daemon ; puisque Lya l’oublie lui autant qu’elle se perd, elle.

Le souffle court et les cuisses tremblantes, l’avocate finit par s’extraire de la piste de danse. Une seule raison est encore notable, malgré le brouillard qui englobe son esprit : elle meurt de soif. Mais son regard, lui, est brusquement attiré le long des pectoraux de l’homme qui se place entre le bar et elle. Réhaussement de sourcils. Langue baladeuse sur les lèvres et prunelles pétillantes, l’irlandaise songe qu’elle meurt peut-être d’un désir plus profond. Plus charnel, plus viral – une valse sauvage dont, du haut de ses vingt-neuf ans, elle ne parvient toujours pas à se lasser. Ses doigts courent sur le torse de l’inconnu ; aguicheuse, la demoiselle, tandis que ses phalanges viennent caresser la barbe naissant sous le menton. Ses émeraudes ont finalement su capter les prunelles charbonneuses de l’Apollon. La toile se tisse, le piège se referme ; et au moment où il songe à l’entourer de ses bras musclées, le feu follet s’échappe.

Eclatement de rire disséminé dans la folie de cette nuit.

Lya a oublié le bar. Glissant entre les silhouettes, sourire amusé aux lèvres, l’irlandaise dépasse les portes du bâtiment. L’air est pur. Frais et vivifiant. La vie norvégienne semble lui convenir, finalement ; bien que cette pensée ne fasse que l’effleurer à l’heure actuelle. Virevoltant toujours, elle s’éloigne de quelques mètres, musique encore en tête et bassin se déhanchant. Est-elle folle ? Peut-être. Eko la couve du regard, perché sur un muret à un mètre d’elle ; prêt à lui bondir dessus si elle s’avisait d’user de nouveau de son satané pouvoir.

Mais l’envie n’y est pas. Lya veut jouer, certes, mais elle a subitement décidé de changer les règles du jeu ; et sa cible est là, juste devant elle. Clope enfoncée dans la bouche et briquet délicatement maintenu entre ses doigts. Elle note le visage, rêve un court instant d’y perdre ses lèvres et plonger ses dents… Puis, d’un simple geste, s’empare de la cigarette à peine allumée et en prend une bouffée, volute de fumée doucement soufflée sur l’homme qu’elle vient tout juste de voler.

Son expression lui arrache un nouvel éclat de rire, tandis qu’elle s’enfuit dans la nuit d’été. Loin de la violence des basses, des corps en chaleur et de l’adrénaline que leurs peaux lui procurent ; Lya survit, Lya s’oublie. Loin de ses cauchemars et de la douleur de l’absence.

L’air est pur. Frais et vivifiant.
La nuit, elle, débute à peine.


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Sam 8 Sep - 0:53
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Clair-obscur

La tête tourne, tourne, tourne au rythme des danses effrénées. L’alcool a fait son petit bout de chemin au sein de mes veines, m’enivre, me brouille l’esprit, me fait oublier la douleur. Même Eija est oubliée, laissée sur les bords du bar. Je ne ressens pas son absence, elle qui me parait pourtant toujours essentielle, proche de mon oreille. Mais la tête est à un million d’années-lumière de ce qu’il se passe présentement. Les jours n’ont pas été les meilleurs ces dernières semaines. A croire que le passé a tenté une nouvelle fois de m’attraper à la gorge, de me pousser dans mes retranchements. Alors l’envie de sortir s’est présentée, l’envie d’oublier le temps d’une soirée. Se mélanger aux autres, faire comme si tout était normal, comme si je vivais ma vie normale de jeune adulte. Pas celle d’un oracle, juste celle d’un jeune adulte. Eija n’a pas approuvé, elle s’est contentée de me suivre, pestant contre le monde, pestant contre ce que je pouvais parfois être. Mais j’ai fait la sourde oreille et je suis sorti, mon âme sur les talons, mon cœur piétiné par le rythme de mes pas.

J’ai eu mal ce soir, mal à m’en arracher les tripes. Les souvenirs sont remontés, m’ont étouffé l’esprit. Mais en l’instant présent, je n’y pense pas. L’alcool fait son travail. Les pas de danse s’enchainent, les mains se baladent sur les courbes généreuses, les yeux dévorent les lèvres pulpeuses. J’ai envie de retrouver ce qui me permettait de vivre autrefois, retrouver ces vieilles habitudes qui pourtant ne m’aidaient pas. Les veines demandent les substances du passé, les yeux fermés, la tête bougeant au rythme de la musique.

Et les yeux s’ouvrent à nouveau, l’esprit s’embrouillant, demandant une pause. Des lèvres se baladent hasardeusement sur la peau de l’une de ces inconnues avant que je ne m’éclipse. J’entends Eija me parler, je la sens me suivre à nouveau. Elle me crie de me calmer, de l’attendre. Elle n’aime pas être au sol, mais je ne l’écoute pas, je file droit vers l’extérieur.

L’air frais m’arrache un long soupir alors que les pensées mettent du temps à revenir. La lune pour compagne, je m’adosse au mur et sors mon paquet de cigarettes. Eija me rejoint, cet air renfrogné sur le visage. Je l’entends me sermonner pour la centième fois de la soirée et je détourne le regard de son pelage blanc, soufflant la fumée dans la pénombre de la nuit.

Et puis la porte s’ouvre, une silhouette féminine fendant la nuit. Elle s’attarde un instant face à moi, le visage aussi perdu que le mien avant que nos regards ne se croisent. Elle avale les quelques mètres qui nous séparent et je ne peux que la regarder faire, le cerveau plus lent que d’habitude. L’alcool est toujours là, embrouille toujours mon esprit. Je sens Eija faire un pas en sa direction, je la sens pester intérieurement. Elle doit le voir cet air qu’elle a cette demoiselle. Elle m’arrache ma cigarette, me laissant les bras ballant le long de mon corps, me souffle un nuage de fumée au visage. Les yeux se ferment quelques secondes, le temps que le nuage fasse son bout de chemin. Et le temps de les rouvrir, elle est déjà loin, un rire à sa suite. Et mon regard semble captivé par sa démarche, tel un papillon de nuit suivant la lumière.

Les pieds se mettent machinalement en marche, à la suite de cette voleuse inconnue. Elle rit et je m’oublie, elle s’en va et je la suis. Eija jette un œil au caracal non loin, certainement l’âme de la demoiselle et les turbines se mettent en route dans sa tête. Son instinct protecteur prend le dessus et elle court à ma suite, cherche encore et toujours à me rattraper. Mais je vole à des milliers de kilomètres, Eija. Je ne t’entends pas. Ma main attrape celle de l’inconnue, le rire accompagnant le sien, l’œil brouillé. La voix rauque transperce la nuit. « Tu vas où comme ça ? » Les doigts se baladent le long de son bras, l’état second aveuglant mes gestes habituels. La proximité n’a jamais été mon truc, pourtant, les veines emplies de poisons, ma peau cherche son contact. Alors les doigts montent le long de son bras, viennent chercher le creux de sa nuque. Et je souris, de ce sourire faux qui m’accompagne depuis plusieurs semaines mais qui tente de me donner l’illusion d’un bien-être idyllique. Et puis la main retombe, vient se loger dans ma poche pour en sortir mon paquet de cigarettes, pour m’en fourrer une autre dans le bec. « Suffisait de demander tu sais… » Le regard recherche le sien tout en allumant ce feu si précieux en ces soirées d’oubli.

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Dim 9 Sep - 10:55
Elle a mal aux jambes, Aelya. Les muscles tirent et crépitent, demandent ce repos qu’elle ne leur donnera pas. Elle a mal à la tête, Aelya. La vodka tempête sous son crâne, créant cet épais brouillard qu’elle ne fuira pas. Elle a mal au cœur, Aelya. Le monde la tue à petit feu, allié de l’absence et du vice qui l’entrainent toujours plus près de l’abîme. Elle y sombrera un jour. Eko le sait. Elle s’en fiche.

Les yeux ancrés dans les étoiles, sourire rêveur aux lèvres et clope à la main, l’irlandaise rayonne. Elle ignore que sa démarche chaloupée a attiré l’homme qu’elle vient de voler  - aussi sursautera-t-elle lorsqu’il lui attrapera le bras. Froncement sourcil et terreur qui pointe au creux des reins, tandis qu’il descend jusqu’à s’emparer de sa main. Son pouvoir n’agit pas, cette fois. Défectueux depuis Merkeley, défectueux malgré le vaccin qui selon elle, met un temps fou à agir. Qu’importe. Son sourire revient. Innocente, la demoiselle, prête à mimer cette auréole qui a pourtant quitté son crâne depuis un moment.

« Tu vas où comme ça ? »

Elle le dévisage. Il paraît être illusion à travers cette épaisse fumée qu’elle a de nouveau soufflée. L’est-il ? Peut-être. Elle ne discerne plus le rêve de la réalité. Pas à cette heure-ci, pas dans cet état.

Aelya veut jouer. Encore une fois.

« Suffisait de demander, tu sais… »

Murmuré tandis qu’il allume une nouvelle cigarette, toujours avec des gestes bien plus mesurés que ne le sont les siens. L’avocate esquisse deux pas dans sa direction, réduisant à néant la distance les séparant ; du dos de la main, les émeraudes noyées dans ses saphirs azurés, elle effleure la barbe naissante de sa joue, sourire s’agrandissant au fur et à mesure que la réalité s’affirme. Elle en a oublié la question, Aelya, tandis que de sa poche surgit ce joint préparé des heures plus tôt, quand elle était encore capable de le rouler entre ses doigts.

Doigts qui se referment d’ailleurs sur le briquet de l’inconnu, accompagné de ce clin d’œil malicieux qui s’échappe dans la nuit. Elle jette son mégot à terre, place le joint entre ses lèvres – le crépitement de la flamme du briquet s’entend à peine tant le tapage de la boite est puissant. Une bouffée tirée, l’odeur des herbes se mêlant à celle de cette ville dont elle a déjà oublié le nom. Elle ne l’a pas quitté des yeux. Eko, lui, surveille autant les gestes de sa moitié que ceux de cette daemonne que Lya n’a, tout à sa contemplation, absolument pas remarqué.

Le joint quitte ses lèvres pour retourner entre ses doigts, qu’elle place désormais entre son corps et celui du jeune inconnu.

« Accompagne-moi. »

Voix doucereuse pour des mots tentateurs. Ce n’est pas un ordre, ni une question. Simplement une proposition, une invitation qu’on lance à la volée sans réellement la penser. Elle aurait pu être moins délicate, Lya, elle qui oscille entre son envie de retourner se perdre dans la foule et celle, plus vorace, de le prendre contre le mur à deux mètres de là. Mais pour l’heure incapable de faire son choix, l’irlandaise se contente d’attendre de voir si, de son côté, l’inconnu osera.


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Lun 10 Sep - 22:54
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Clair-obscur

Il y a de ces regards qui parlent, de ces regards qui crient, de ces regards qui pleurent. L’inconnue en face de moi en possède un, de ces regards qui ont mal. J’aurais pu le voir, y faire attention, agir en fonction. Mais l’esprit se trouve si loin, virevolte si haut que je ne le vois pas ce regard, celui qui crie à l’aide. Alors mes doigts jouent sur sa peau, s’imaginent un instant quelle sensation je ressentirais à son contact, jusqu’à ce que ma main ne la lâche et se perde dans ma poche. Et puis la distance entre nous s’efface une nouvelle fois, alors qu’elle la dévore, revient vers moi. Je la dévisage un instant, cette inconnue, sa main s’approchant de mon visage, venant se poser contre ma joue. Les yeux se ferment un instant, la douceur de ce geste réanimant quelque chose en moi, réapprivoisant cet environnement que j’avais oublié, dont je n’avais plus conscience. La fraîcheur de sa peau m’arrache un soupir, apaise cette tornade qui fait rage au creux de ma tête, au fond de mon cœur.

Mais le contact se rompt une nouvelle fois, la réalité autour de moi s’efface à nouveau, je m’enfonce dans ce gouffre sans fond, me perds dans les yeux verts de cette demoiselle mystérieuse. Elle attrape mon briquet et je baisse les yeux vers cet objet qu’elle a sorti de sa poche. Je le reconnais, immédiatement, malgré le brouillard enveloppant mon cerveau. Cet objet de tentation, cet objet du passé. J’ai fait pire, ingurgité plus fort, injecté plus violent. Mais ce petit objet qui pourrait paraître si innocent, il fait ce lien avec ce qui autrefois aurait pu me détruire. Mon regard recherche le sien une seconde, le temps d’apercevoir un clin d’œil alors qu’elle l’allume et l’odeur m’envahit immédiatement les narines, me remémore ce passé qui me fait si mal. Je la respire cette odeur, hume cet air qui vient à me manquer alors que le cœur se serre.

Une seconde, l’esprit recherche Eija, recréé ce lien perdu durant cette soirée. La peur m’attrape, m’enveloppe dans ce manteau que je ne veux pas. J’ai peur de ce passé, de ces souvenirs qui me détruisent à petit feu. Je sens mon âme retrouver ce chemin si familier, s’immiscer dans mon esprit. Et puis la brune parle, brisant cette communion, retrouvant mon attention, évaporant tout espoir pour Eija de réintégrer ma tête. Ce geste, cette voix et mon cœur qui bat la chamade. Elle me défie, l’inconnue, m’invite dans des tréfonds que j’aurais préféré oublier.

Et il y a cette hésitation, cette main qui se fige, tiraillée entre l’envie d’attraper cette tentation et celle de fuir. Les secondes passent, Eija tente de revenir dans ma tête, se déplace non loin de moi, jetant des regards à ce caracal qui l’intrigue. Elle aimerait lui poser des questions, à propos de cette fille, sur ce qu’elle compte me faire. Mais elle aussi, elle hésite. Alors elle se hisse sur ses pattes arrière, tente d’apercevoir ce que nous faisons. Quant à ma main, elle s’est mise à trembler, légèrement, de ce trop-plein d’émotions, de ce poison dans mes veines.

Et la délibération se fait dans ma tête, elle prend fin et ma main attrape le joint, mon visage affichant à son tour un clin d’œil. Elle m’a eu, cette inconnue, elle a gagné cette bataille. Mais était-ce vraiment une lutte ? Le regard cherche le sol alors que le joint virevolte vers mes lèvres, que j’en tire une longue taff, avant d’expulser cet air pollué de mes poumons. Le poison se propage dans ma tête, attrape mes neurones, inconsciemment et je souris, à l’inconnue, avant de lui tendre son bien.

Mes yeux se baladent un instant sur ses courbes, la vue brouillée par tout ce que j’ai avalé. Ma main recherche son contact, vient se promener sur son épaule, laisse échapper un peu de mon don, les substances empêchant son contrôle. Mon corps brûle, de ce chaud qui m’envahit, de cette envie de contact, de cette envie de plus, toujours plus. La main se déplace, épouse le corps de l’inconnue alors que mon regard se reperd dans l'infini de ses yeux. Elle créé cette attirance la demoiselle, cette attirance des vieux démons du passé. Et je finis par lui sourire, clignant difficilement des yeux, cherchant à comprendre ce qu’elle veut, cette inconnue. « Je savais pas que les inconnues dans la rue offraient de si beaux cadeaux. » Car je les connais les filles d’Ókólnir, j’en ai fait le tour. Elles m’ont offert des nuits d’échappée, mais aucune ne m’a donné ce plus que m’offre la brune, ce petit quelque chose du passé. Eija n’approuve pas, Eija n’aime pas ce qu’elle fait et en un sens, au fond de moi, je la comprends. Je le sais que c’est mal, que les souvenirs vont remonter, m’envahir, me pourrir le cerveau et que viendra un moment où ce sera trop. Et à ce moment, je ne sais pas ce dont je serai capable. Les frontières sont floues, depuis bien longtemps. Et les substances n’aident pas. Ma main remonte d’ailleurs le long de son échine pour venir se loger à nouveau dans sa nuque, y rester quelques secondes et redescendre contre son bras. Elle réagit parfois, l’inconnue, sursaute mais ces détails me passent au-dessus, je suis si loin.

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Mar 11 Sep - 22:59
L'interlude.

Douce mélopée qu’est le bruissement des buissons les entourant et les rires de ces jeunes, regroupés un peu plus loin ; même la musique électro choisie par le DJ à ce moment paraît tendre à ses tympans. Ses prunelles ne l’ont pas quitté, joint fumant maintenu entre eux comme une protection – ou comme cette éternelle invitation à la débauche et au relâchement, loin de se douter un seul instant du trouble qu’elle suscite chez lui. Ou peut-être qu’elle le sait au fond, l’irlandaise. Peut-être même qu’elle choisit de l’ignorer pour mieux s’en jouer. Gamine, Lya. Eternelle gamine.

Lorsqu’il saisit finalement le joint, son sourire s’agrandit encore, allant même jusqu’à trahir un éclat de rire. Il virevolte, l’ange déchu, tourne sur lui-même, une fois, deux fois. A en perdre le compte, à en accentuer les vertiges, à frôler la chute. Au cœur de sa réalité, Lya attrape ce clin d’œil qu’il lui offre, s’accaparant alors le joint tendu comme une bouée qui ne les sauvera pas. Qui ne les sauvera plus. Et ces mains qui se perdent, vagabondes, accrochant épaules puis bras, bras puis hanches. Caresses brûlantes sur cette peau qui crépite déjà. Elle ne les évite plus, dardant sur lui ses émeraudes malicieuses, réfrénant avec soin aussi bien ses pulsions audacieuses que les envies de meurtre du chaton. Difficile d’ailleurs, sauf pour une oreille habituée, d’ignorer les sifflements stridents qui émanent du caracal – oreilles rabaissées, genoux pliés, Eko sent venir le danger.

Mais pour lequel des deux ?

Lya n’y pense plus. L’idée qu’elle puisse se brûler les ailes ne l’a même pas effleurée, puisqu’il ne reste cette nuit plus une plume à consumer. La main de l’homme remonte le long de son échine et l’avocate frissonne ; s’appuie contre ces doigts qui se pressent sur sa nuque, fermant les paupières un court instant, savourant ce moment qui au clignement suivant n’est plus. Le contact se rompt, trop vite, trop loin, tandis qu’elle le dévisage en se mordillant la lèvre inférieure, la vue de nouveau brouillée par les effets de l’alcool et du joint. Je savais pas que les inconnues dans la rue offraient de si beaux cadeaux. Elle penche la tête. Lui sourit encore mais reste silencieuse. Arrache une nouvelle bouffée de ce poison qu’elle tient entre ses doigts. Il parle trop. Il parle bien. Il parle sans qu’elle ne le comprenne vraiment, mots confus imbriqués dans sa tête comme un puzzle géant. Elle entend, Lya, la voix rocailleuse et l’accent du Grand Nord. Elle voit ces lèvres qui s’agitent, l’invitent. Vile tentation que voilà.

L’irlandaise réduit alors brusquement la distance les séparant – équilibre fragile, rendu vacillant par ses pas trop empressés, trop impatients. Lentement, elle effleure de nouveau son bras gauche, remonte le long de sa clavicule puis de son cou. Menton à la barbe naissante puis mâchoire, alors que sa première main vient se perdre dans les cheveux blonds ; l’autre, plus téméraire, agrippe le fessier décidément bien bombé, profitant de la surprise pour souder leurs corps qui s’enveniment. Là, dans la fièvre de leurs âmes et l’enivrement de leurs gestes, Lya chavire. Emeraudes noyée dans l’océan, ses lèvres presque collées aux siennes qui contre toute attente, s’étirent en un sourire.

« Tu ne dois pas encore sortir assez souvent. »

Fin du spectacle, l’allumeuse se retire. Glisse le joint entre les doigts de l’inconnu, en souvenir. Puis, sur un dernier clin d’œil, elle s’éloigne vers les lumières de la boite qui comme un papillon l’attirent ; Eko dans son sillage, elle pénètre dans le bâtiment et rejoint la piste de déhanchement, oubliant pour un temps l’âme malmenée qu’ils ont pour la première fois abandonnée derrière eux.


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Sam 15 Sep - 0:58
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Clair-obscur

Mes mains dansent sur son corps, effleurent sa peau, font monter cette température déjà bien trop haute. Les frissons se ressentent et le sourire ne quitte pas mes lèvres. Puis le contact se perd mais elle revient vers moi, attaque à son tour. C’est à elle de danser sur ma peau, à elle de m’enivrer. Le regard ne la quitte pas, la dévore, la lèvre se mordille, rêvant de jouer avec les siennes, goûter leur doux parfum. La main monte, caresse ma mâchoire et à nouveau, ce contact sur ma peau me fait revenir à cette vie qui m’échappe. Ses doigts s’égarant dans mes cheveux me laissent un soupir de plaisir, d’envie de plus. Et puis cette autre main qui vient s’écraser sur ma cuisse, puis sur mes fesses, me ramenant à la réalité du moment. Son souffle à quelques centimètres du mien, elle joue, la tigresse. Je n’ai qu’une envie, dévorer la distance qui sépare nos lèvres. Son corps contre le mien, le désir monte, monte et nos visages sont si près, il ne suffirait que de quelques centimètres pour y goûter.

Mais elle parle, l’inconnue, dans l’étendue d’un sourire. Sa voix me berce, ne comprenant pas immédiatement ce qu’elle dit, la tête toujours dans un brouillard. Et elle s’en va, me laissant seul, seul face à ce désir, seul face à cet air frais qui reprend possession de mon corps, seul avec pour unique souvenir ce joint. Le sourire se perd, le temps que le cerveau assimile. Je la regarde partir, suivant cette démarche aguicheuse, penaud face à ce qu’il vient de se passer.

Elle passe la porte, officialisant cette rupture, laissant le soin à mes neurones de se réactiver. Mais le brouillard est épais. C’est Eija s’approchant de moi qui me reconnecte au présent. Je secoue la tête une seconde, comprenant enfin que la belle s’en est allée. Alors les pieds s’affolent, piétinent platement sur place. Elle est retournée à l’intérieur et mon tracé est donc tout fait.

Les basses de la boîte me réattirent, la foule m’étouffent et cette odeur me reprends les narines. Le regard la cherche, l’inconnue. Eija s’inquiète à nouveau et je m’enfonce dans ma détresse, m’éloigne de la sécurité de ma daemonne, me détache de ce lien qui m’a tant de fois sauvé. Les corps me frôlent, des mains se baladent, des regards me cherchent, mais je ne les sens pas, ne les vois pas. Je la cherche, elle. Elle m’attire tel un aimant, tel un papillon cherchant la lumière, sans savoir qu’elle sera certainement noirceur, néant, malheur.

Et je la vois, se déhanchant sur la piste. Le sourire revient, se veut satisfait et mes pieds m’emportent vers elle. Elle virevolte dans un autre monde la brune, sûrement autant loin que moi. Alors je me glisse derrière elle, les mains cherchent à nouveau ses courbes, l’enlacent doucement alors que ma tête vient se glisser dans son cou. Me reconnait-elle seulement ? Mes hanches suivent les siennes, au rythme de la musique alors que mes lèvres viennent se déposer sur sa peau, lentement.

Tout ce qui nous entoure n’existe plus. Nous sommes seuls, avec pour seul compagnie ce désir qui grandit. Mes doigts glissent sur sa peau, s’évadent, attrapent l’une de ses mains pour la faire tourner sur elle-même. L’une s’échappe dans ses cheveux alors que mon visage s’éloigne de cette peau qui me fait brûler. Et je souris, encore une fois. Se rend-elle seulement compte de ce qu’elle créé ? Et puis je l’attire à nouveau vers moi, colle mes lèvres vers son oreille, en profitant pour lui déposer un baiser. « Rentre avec moi. » Car mon corps brûle de la sentir tout contre moi, de goûter à ces interdits, de comprendre ce que signifie réellement sombrer.

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Sam 15 Sep - 13:21


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Dim 16 Sep - 1:31
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