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Derecho ♦ Elijah

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A satellite  kind of mind

Lun 10 Sep - 20:07
Frottement sur sac sur les épaules, poids de la cantine et des provisions à l'intérieur, crissement des chaussures le long du sentier de pierre. L'aube peint le ciel, roses et gris et orangés, vent frais qui souffle et tente d'emmêler les cheveux sans succès, chair qui se hérisse avant de se réchauffer dans l'effort. Un pas après l'autre, encore et encore, mécaniques, reposants. Il n'y a pas d'interférences massives ici, ce qui l'a poussée à venir marcher, l'italienne, et qui la pousse à continuer à avancer. Et la solitude est bienvenue. L'absence de visages qui portent encore les stigmates de la fin de leur monde, tous reflets du sien. Les cernes toujours gravés, les joues toujours trop creuses, le visage toujours trop pâle, les lèvres toujours trop gercées et mordillées, les doigts trop agités. Chaque trait en voie de retour à la normal, mais pas assez encore pour pouvoir prétendre que rien ne s'est passé.

Inspirer, expirer. Un pas en avant, deux pas en avant. Gauche, droite. Redresser le sac, et ne penser qu'à l'horizon et à sa respiration.

La journée passe lentement, silencieusement. Pas de contact possible dans ces zones où le téléphone ne passerait pas même si il n'était pas resté sur la table de la cuisine avec un mot rapide, pas beaucoup de marcheurs non plus, tenus au loin par les avertissements de la météo peut être, la crainte du vent et de la pluie. La journée passe, paisiblement, régulièrement, avec les muscles qui protestent l'effort comme étant trop pour eux et l'obstination qui fait avancer encore. Le sommet est loin, mais elle veut l'atteindre l'italienne, demain si elle ne le peut pas aujourd'hui. Ou au moins atteindre les 3000 mètres. Le reste attendra plus tard, qu'elle ait pris l'habitude, qu'elle se soit entrainée. Elle prend une joie morbide à s'imaginer grimper, le vide sous elle, prêt à l'engloutir à la moindre erreur, implacable. L'adrénaline chante dans ses veines à l'idée.

Avancer, encore, grimper, se concentrer sur sa respiration. Le vent gagne progressivement en puissance tandis que le ciel se couvre, faisant accélérer ses pas. Elle ne tient pas à être prise par l'orage, Elisa.

Deux heures encore, et le refuge se profile, en partie dissimulé par les branches ployées des arbres. Le vent la ralentit désormais, gronde, gifle vraiment, force les yeux à se plisser. La porte du refuge est lourde à ouvrir, et plus lourde encore à fermer, italienne s'aidant de son corps pour la refermer. Son épaule est endolorie, mais tant pis, et elle soupire, soulagée, en laissant son dos s'y appuyer avant de rouvrir les yeux.

La couleur quitte son visage, à l'italienne, ses yeux jettent un regard part la fenêtre dans l'espoir que le vent se soit calmé par miracle. L'homme dans le refuge, il est trop familier. Un visage qu'elle aurait préféré ne pas revoir, pas encore, peut-être jamais, estomac se nouant sur lui-même et acide brûlant un sillon amer dans sa gorge. Un morceau du passé. Un dont elle craint la réaction.

"Elijah..."
Le prénom comme une prière sur ses lèvres. Elijah. Un morceau d'Àsgard, un morceau du passé. Temps passé dans un silence confortable, livres entre leurs doigts, leçons et rires mêlés en attendant les frères plus semblables à leur père de tempérament, yeux levés au ciel de concert lors d'un diner en famille. La main qui se pose sur la poignée, hésite. Tempête qui hurle dehors, et tempête qui menace dedans. Elle n'est pas sûre de laquelle braver, l'italienne, de laquelle elle a le plus de chances de supporter.


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THE PRINCE'S C R O W N

Jeu 13 Sep - 23:22
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Il y a ce silence qui s’étire, les ivresses qui s’égrènent, les courants d’air qui glissent sur sa peau. Grandes foulées agiles. Ses yeux qui côtoient l'horizon. Völupsá bien plus loin qui retrouve ses instincts. Triste journée de pluie ; la tempête n'est pas loin et les nuages gorgés d’eau retiennent leurs larmes. Elijah aussi. S'évader. Laisser s'envoler son esprit. Eli avait besoin de se perdre. Un peu. Oublier Kementári. Occuper son esprit pour arrêter de culpabiliser. Il avait toujours vu son frère réussir à faire taire ses démons. Mais il n'était pas sûr qu'il y arriverait aujourd'hui. Il ne savait plus si demain serait meilleur. Si cette fois-ci il arriverait à l'aider. Il tangue, vacille au bord du vide. L'adrénaline comme moteur, qui lui rappelle qu'il est vivant même si son coeur saigne. Grimper. Encore. Toujours. Laisser la douleur gagner ses muscles pour faire taire sa peine.

La nuit a englouti les sommets de son épais manteau d'encre piqué d'étoiles. De là-haut il avait une vue improbable. Völupsá, elle, avait toujours ce même regard. Celui d'une reine qui observe son royaume. Quelques vrombissement de temps à autres chatouillaient le sol comme s'il s'agissait des ronflements dû au sommeil lourd de la montagne. Electricité dans l'air. Colère au fond du coeur. Sa reine était sauvage ce soir. Elle était grande. Ravagée. Même pour elle c'était trop. Peu à peu les trônes des Valdason se vidaient. Il ne restait que les couronnes mais plus aucunes têtes pour les porter. Elle pleurait au fond d'elle Völupsá. Pour la première fois vulnérable. Et Elijah parmi tout ça. Perdu. Etoile en perdition. Mais les larmes avaient arrêté de couler. Ce n'était pas moins douloureux. Ni plus supportable. Leurs coeurs étaient juste trop fatigués. De pleurer. D'essayer d'oublier. Si seulement c'était possible.

Ils avaient arrêté leur ascension. Un peu obligés à cause de la pluie qui s'était mise à tomber. Le refuge n'était pas loin. Ils y avaient élu domicile pour la nuit. Chambre 23 au fond du couloir jeune homme. Sourire sincère en guise de remerciement. Le refuge vide fût un soulagement. La solitude comme vieille amie. Il se perdit un instant en regardant par dehors Eli. Comme si la pluie avait quelque chose d'apaisant. Mais un grondement sourd déchira le silence d’argent. Völupsá claque la mâchoire. Le regard profond. Hautain. Pas de demi-mesure, elle impose au monde sa présence. Mais la reine avait enfilé ses habits noirs. Tout de deuil habillée. Elle l'avait vu bien avant Eli. L'avait même senti. Völy qu'est-ce qu'il... Décontenancé, l’espace d’une seconde — il ne peut nier avoir cillé, haussé un sourcil en surprise quand il s'était tourné vers la porte d'entrée.

La suite il la devine, il la connaît. Les serments de jamais. Toutes ces choses qu’on promet, aux autres, à sa propre conscience quand on oublie que demain n’est jamais celui qu’il prétend, ni celui qu’on attend.  Il oublie que tout ne tient qu’à rien, qu’il suffit d’un clignement de paupières, d’une embardée, d’un seul appel pour que tout bascule. L’existence en suspens.

Le regard d'Elisa suffit — l’ouragan de ses prunelles. L’accalmie se succède à l’incandescence. Völupsá se dresse, impavide, souveraine. Les souvenirs qui remontent. Les pages des livres qu'ils dévoraient. Les regards complices. Il plisse les yeux, mouvement imperceptible, au bord de l’hésitation. Se rappeler et comprendre, lentement, pourquoi elle détonne. Il esquisse un pas, deux — il n’écoute plus rien, pas même Völupsá. Des phrases dans sa tête qui sonnent dans le désordre et mal raccordées — il a peur de s'emmêler, trop de choses à dire, si peu de temps pour y songer, pour savoir comment les aligner. Avait-il au moins le droit de lui pardonner après tout ça ? Elisa c'est toi... Les mots, sur ses lèvres, trébuchent.



REIGN OF THE Q U E E N
dans tes yeux, le reflet de mon empire.
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Mer 19 Sep - 19:07
Il a changé, Elijah. Il est plus âgé, les cheveux plus longs, les traits plus matures. Il a changé et il ressemble davantage à son père maintenant, à ses frères. Völupsá n'a pas changé elle, alors qu'Elisa avale et tente de se fondre davantage à la porte. Elle regrette maintenant, d'être entrée dans le refuge. Respire. Le temps de ciller, se rendre compte que son souffle s'est perdu quelque part avant ses poumons sous l'effet du choc. Ça la fait tousser, corps se courbant un instant avant de se redresser, inspirer, le son sifflant. Le coeur qui bat trop vite, qui fait se hérisser la chair et circuler le sang trop vite dans les veines. Les nerfs qui transmettent trop de messages contradictoires et donnent l'impression de milles fourmis sous la peau. L'anxiété qui se niche entre ses omoplates, comme un regard pesant qui n'attend que de la voir tourner le dos pour la poignarder, qui démange et picote le long de sa colonne vertébrale en un poids physique. Les doigts qui se recourbent, se mêlent, se plient et se déplient sans raison, en quête d'une prise sur la situation. Les genoux qui veulent ployer, et la vision qui se fait noire un instant, avant de revenir en flocons ternes et minuscules éclats de lumière. Respire. Inspirer, expirer, se forcer à redresser le dos, la tête, et prétendre que l'avoir en face d'elle et de l'avoir entendu prononcer son prénom ne fait pas monter une vague de désespoir en elle. Elle se noie un instant encore, Elisa, dans la culpabilité et les regrets, dans l'amertume et le manque, dans les et si et les j'aurai dû et les si j'avais et les pourquoi et les ma faute et les reproches qui tournent et tournent et lui donnent le tournis. C'est viscéral, mais une seconde la ville lui manque, la cacophonie électronique dans laquelle elle aurait pu se laisser couler pour noyer le reste de ses pensées. C'est viscéral mais elle se force, pousse le tumulte dans un coin comme elle apprend lentement à faire avec les communications, et laisse son visage redevenir argile. Un tremblement de commissures et elle sculpte l'idée d'un sourire sur ses traits, une inclinaison du cou et une mèche de cheveux glisse de derrière son oreille pour cacher en partie ses traits. Dissimulation. Le temps de comprendre, d'appréhender la situation. De se forcer à délaisser la solidité du bois derrière son dos, en dépit de la cible qui palpite frénétiquement à chaque pas, qui anticipe la lame du couteau.

"Ça fait... longtemps. Comment vas-tu ?"


Qu'est-ce que tu fais ici ? Depuis quand tu es là ? Dis-moi que tu n'étais pas là bas, toi aussi, que tu n'as pas vécu cet enfer. Comment va Solfrid ? Dis-moi qu'elle ne pleure plus, qu'elle va bien. Qu'est-ce que tu es devenu ? Comment va ton père, comment va Kjeld, est-ce qu'il a pu s'évader loin de la ferme ?

As-tu des nouvelles d'Àsgard ?


Tant de questions qu'elle n'est pas en position de poser. Il faut prétendre à la place, régler rapidement sa chambre et remercier, alors même que le hurlement du vent redouble et que la pluie martèle les carreaux. Il y a quelques bûches dans la cheminée, comme une invitation à allumer un feu et se lover dans une couverture avec un vin chaud pour se rire des éléments dans la chaleur des vieux murs. Il y a des bûches, mais aucun feu d'allumé, et elle se prend à se concentrer dessus, à s'y raccrocher pour garder pied. Tout plutôt qu'observer Elijah de trop près et commencer à comparer ses traits à ceux de son frère. Tout plutôt qu'étudier Völupsá et se demander comment va Kementári, si ils ont échappé à l'horreur ou ont été dévorés par elle. Elle ne veut pas savoir. Elle se ment à elle-même.

Elle prétend que ses yeux ne brûlent pas de l'envie de pleurer, tandis qu'elle fixe obstinément la pierre ternie par le carbone.


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