Lieux hantés

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Nothing will be the same...

Mar 27 Nov - 19:46
Déconcertant, c’est le mot. Je crois que c’est le mot qui décrit le mieux ma vie depuis l’apparition de mon pouvoir. La première fois que j’ai été en mesure d’apercevoir un esprit, je croyais que j’étais belle et bien devenue folle et je me souviens aussi que personne dans mon entourage ne me croyait. C’est peut-être pour ça que je n’ose plus parler de tout ça aujourd’hui, autant pour éviter de faire peur aux autres que l’on se moque de moi. Heureusement, Darwin sait faire la différence et bien que la nouvelle soit choquante, il sait qu’il ne doit pas déverser sa colère sur moi. Pourtant, il en aurait tout à fait le droit, ça m’apprendra à m’ouvrir autant devant une simple connaissance. Tandis qu’il s’éloigne pour fermé sa boutique, je jette un nouveau coup d’œil au bouquet comme pour y chercher une once de réconfort étant donné que je ne sais vraiment plus comment me comporter à présent. Une partie de moi voudrait me confier, parler des fantômes jusqu’à ce qu’il fasse nuit, mais l’autre partie préférait que je reste silencieuse et que je reste vague en répondant à ses questions. Que suis-je censé faire ?

À mes côtés, Vaaldrick tente une approche peu subtile et il comprend assez rapidement que son initiative n’est pas spécialement appréciée de la part de l’autre daemon. Il se contente donc de reculer de quelques pas et de poser sa grosse tête au sol afin de pouvoir mieux observer la ratonne qui nous remercie alors de notre patience.

- Oh, il n’y a pas de problème. J’avais seulement l’intention de m’écraser sur le sofa en rentrant pour regarder un film avec une pizza, rien de très passionnant, alors une bonne tarte et une tasse de thé à la place... je trouve que c’est mieux comme planning. Je vais simplement prévenir, euh... mon coloc que je vais arriver plus tard.

Ami, colocataire, copain... en ce qui concerne Ryan, c’est un peu difficile à dire, mais je lui envoie tout de même un texto pour éviter qu’il attende mon retour à l’heure prévue si jamais il voulait regarder un film lui aussi. Tandis que je joue des pouces sur l’écran de mon téléphone, Vaaldrick tourne un regard malicieux dans ma direction et on pourrait presque le voir sourire. Coloc, hein ? Pourtant, je trouve que vous formez un beau petit couple. Son commentaire me surprend à un tel point que je me fige sur place alors que mon message n’est pas encore terminé. Tu sais bien que j’aimerai aller plus loin avec lui, mais après tout ce qui s’est passé récemment... je n’ose pas faire le premier pas. Mon daemon s’amuse encore un peu à me taquiner jusqu’à ce que Betty lui pose une question, à lui et a lui seul. Le dragon n’a pas l’habitude d’être très bavard et maintenant qu’on lui demande de parler, il devient rapidement mal à l’aise. Pas que sa question soit indiscrète, loin de là, mais il a constamment l’impression de marcher sur des œufs quand vient le temps de discuter.

- Heum... disons que ce n’est pas très pratique à certains endroits. Ici ça va, la ville a été conçue pour les daemoniens et je ne m’y sens pas trop à l’écart, mais aux Etats-Unis je devais souvent rester à distance.

Il marque ensuite une courte pause afin de chercher les bons mots à employer pour répondre à sa question.

- Si un restaurant est trop petit, ce qui arrive souvent, alors je reste dehors ou encore je me pose sur le toit du bâtiment pour y dormir en attendant que Malaika ait terminé. Je sais qu’elle n’aime pas me voir isoler comme ça, mais je ne veux pas non plus l’empêcher de vivre normalement. D’ailleurs, quand ça arrive, elle me rapporte toujours un plat à emporter pour se faire pardonner.

Ce n’est pas facile d’être aussi imposant puisque Vaaldrick en souffre tous les jours, mais il ne regrette pas sa stabilisation puisqu’il sait que la furie nocturne est une créature importante aux yeux de sa daemonienne qui lui rappelle constamment son père. Comme Darwin semble avoir une idée où aller pour pouvoir combler les besoins de tout le monde, il nous entraîne donc à sa suite après avoir fermé la boutique et une fois arrivée à destination, je suis heureuse de voir qu’il y a suffisamment d’espace près de la table qui nous a été attribuée près de la fenêtre pour que le dragon puisse manger avec nous. Bon, il devra peut-être se pousser un peu pour laisser passer le serveur s’il veut venir jusqu’à notre table, mais je préfère largement ça plutôt que de le laisser dehors. D’ailleurs, il ne se fait pas prier pour jeter un coup d’œil au menu et sans grande surprise, il opte pour une tarte au saumon. Il a toujours adoré le poisson et dans mon cas, je choisis plutôt une tarte aux épinards et fromage de chèvre avant d’entendre le fleuriste annoncer qu’il tient à payer notre repas.

- C’est très gentil à vous, mais Vaaldrick est un gros gourmand, donc je préfère payer nos dépenses si cela ne vous dérange pas... sinon il risque de vider votre portefeuille, ajoutai-je avec un petit rire.

Les boissons chaudes ne tardent pas à arriver et le dragon se contente de renifler l’odeur sucrée qui se dégage de la tasse tandis que je prends ma première gorgée. Par la suite, je me retiens de pousser un soupir puisque je vais maintenant devoir aborder le sujet épineux des fantômes et après ce qui s’est passé chez le fleuriste, je ne sais vraiment plus sur quel pied danser. Il est normal qu’il veuille en savoir davantage, mais je ne veux pas non plus le brusquer ou encore le vexer dans ce que je pourrais dire.

- Non, l’esprit ne nous a pas suivi. Il a peut-être quitté les lieux en même temps que nous, ou bien il encore là-bas, mais il n’est pas ici en ce moment. Normalement ils peuvent se promener n’importe où, mais lui il est là chaque fois que j’entre dans votre boutique. Je ne veux pas vous inquiétez avec ça, c’est un phénomène qui se produit souvent et beaucoup de gens sont suivis par des fantômes sans le savoir. C'est aussi mon cas, d'ailleurs.

Je fais une pause tout en jetant un rapide coup d’œil à l’extérieur pour tenter de remettre de l’ordre dans mes pensées.

- Si cela peut vous rassurez, l’esprit que j’ai vu dans votre boutique est paisible. Je veux dire... il y a autant de bons esprits que de mauvais dans ce monde et celui-là est en paix. J’ai l’impression qu’il veille sur vous d’une certaine façon, comme un ange-gardien le ferait. Il vous est peut-être déjà arrivé d'avoir de la chance quelque part ? Comme de passer à deux doigts d'un accident grave ou encore d'une chute du haut d'une échelle sans vous blesser ? Désolée, je m'égare peut-être un peu, alors si vous avez des questions, ne vous gênez surtout pas. Je n’ai pas l’habitude de parler de ce genre de chose avec d’autres personnes, pour moi c’est tout naturel de vivre avec des fantômes, alors heum... si il y a des choses que vous voulez savoir en particulier, allez-y.


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Nothing will be the same...

Sam 8 Déc - 22:31
Il y a un côté rassurant dans les discussions du quotidien : balais des questions de surface qui n’engagent rien et ne soulèvent pas de vérités dérangeantes, pas d’une danse polie dans laquelle personne ne marche jamais sur les pieds d’autrui. Betty s’y rattrape. Elle a beau brûler de toutes les interrogations qu’elle contient, elle sait qu’elle doit prendre du temps pour injecter un peu de normalité à la soirée et ne pas se perdre dans une sensibilité à fleur de peau. C’est déjà un beau défi que de ne pas couler dans l’angoisse et la colère ainsi réveillée chez Darwin. Et ce ne serait pas juste pour leur cliente que de faire étalage de leur malheur sans se soucier une seule seconde de ce qu’elle peut traverser, elle, nouvelle venue en Norvège, daemonienne dont le don devrait être célébré et non décrié. La ratonne hoche donc doucement la tête quand Malaika lui explique devoir prévenir son colocataire. Les yeux du dragon passent de Betty à la demoiselle et elle devine que des paroles muettes sont échangées, complicité évidente dans leurs regards, conversation privée si fréquente chez les daemoniens et leurs âmes.

Quand le dragon répond à sa question, Betty écoute attentivement. Elle est en colère, quelque part, de ce monde qui les a toujours forcé à se cacher et leur a parfois imposé de garder une certaine distance entre eux et leurs daemoniens, mais elle ne sait pas bien dire si c’est son émotion propre ou celle de Darwin qui pulse en elle et qu’elle attribue au sujet de la conversation. La limite est toujours floue. Il n’empêche que ça lui rappelle ces années occupées à jouer les animaux de compagnie pour jeune homme un brin excentrique, sans parler des heures passées cachée dans un sac de sport. Elle s’est toujours sentie de trop, Betty, stupide boulet collé à la cheville de Darwin, toujours là pour faire obstacle à la vie simple et confortable qu’il souhaitait. Jusqu’à ce qu’ils rencontrent Syrin et Michael. Jusqu’à ce qu’ils découvrent Òkòlnir et qu’elle n’ait plus à fuir les regards ni à prétendre être autre chose qu’elle-même. « C’est une bonne chose que vous n’ayez plus à vous inquiéter du manque de place alors », conclut-elle, non sans douceur.

Une fois dans le restaurant, le menu offre une distraction bienvenue, dernier souffle d’air frais avant les choses sérieuses. Betty ne peut s’empêcher de hocher la tête, comme pour confirmer le choix de son camarade daemon pendant que le fleuriste se propose de payer les consommations de tout le monde. Offre bien vite rejetée. Il s’apprête à insister, mais se désiste au dernier moment, peu désireux de forcer la main à la jeune femme. Les choses sont déjà suffisamment étranges pour la soirée. « A gabarit plus imposant, appétit plus imposant, je suppose. » Il offre un petit sourire au dragon, poli même dans cette situation qui lui échappe complètement.Il s’accorde encore une minute, l’esprit confus, pas bien sûr de comment aborder le sujet et ce qu’il veut savoir ou non. Pourquoi n’existe-t-il pas une procédure toute tracée quand quelqu’un vient vous annoncer avoir vu un fantôme dans votre boutique ?

En l’absence de marche à suivre, Darwin se contente d’écouter. Il n’a jamais vraiment considérer l’existence des fantômes comme une possibilité, éternel sceptique qui a besoin de voir et de vivre les choses pour y croire, peu importe les soucis que son manque de foi lui a causé quand il a appris sa nature de daemonien. Entendre que les esprits les entourent, c’est aussi déconcertant que de savoir que l’un d’entre eux se sent chez lui au milieu de ses plantes. Est-il encore là-bas ? Ou bien est-il allé voir sa soeur et son neveu ? Le temple qu’il aime tant ? Il a le vertige, Darwin, à songer à son époux, à conjuguer l’absence béante qu’il a laissé au fond de sa poitrine et cette présence insaisissable que démentent les propos de Malaika. Sous les tables, les doigts de sa main droite tapotent sa cuisse dans un rythme répétitif, seul signe extérieur de son inconfort. La jeune femme marque une pause et, la bouche pâteuse, l’anglais prend quelques gorgées de thé.

*C’est une bonne nouvelle, s’il veille sur nous.* Si le fantôme est bien paisible, si il ne change pas d’humeur, si c’est bien Michael, si il ne s’empêche pas d’accéder à l’au-delà ou à une connerie du genre juste pour eux, si ça ne faisait pas cinq foutues années que Darwin essayait de ne pas paniquer à l’idée d’une vie sans lui alors qu’il ne l’avait apparemment jamais quitté. Le conditionnel dans toute sa splendeur. Darwin se racle la gorge. « Je ne pense pas avoir eu d’incidents dans le genre. La vie de fleuriste quinquagénaire n’est pas haute en risque, il faut croire. » *Et ça a intérêt à rester ainsi.* Il y un avertissement dans le ton de Betty que l’anglais ne s’explique pas vraiment. Avant de froncer les sourcils en sa direction, choqué. *Je ne vais pas délibérément risquer ma vie dans l’espoir que le fantôme de mon mari vienne à ma rescousse. On peut savoir pour qui tu me prends ?* Le ton froid et mordant de Darwin résonne dans l’esprit de la deamonne et il y a un flottement, moment de silence, bien loin de l’aisance habituelle entre l’homme et son âme. Quand elle répond, c’est doucement, avec le genre de précaution dont elle ne s’embarrasse jamais avec lui. *Pour quelqu’un qui a mal, Dada.* La souffrance peut rendre désespéré et le désespoir pousse à des choix stupides, il le sait. De là à ce que Betty aille s’imaginer ce genre de choses…

Darwin préfère ne pas poursuivre cette pensée et se concentre plutôt sur la jeune femme qui lui fait face et la discussion en cours. « Ça ne vous pèse pas, parfois, de n’avoir personne avec qui en parler ? » Il se revoit, enfant, à cacher Betty de tous et même de son frère. Pas un endroit ou être lui-même ni une personne à qui confier l’existence de sa compagne de toujours. Voir les fantômes, ce doit être encore plus déstabilisant et, émotionnellement parlant, épuisant. Il ne peut s’empêcher de s’inquiéter un peu pour sa cliente, même si ce n’est surement pas sa place. « Vu les circonstances, je ne suis peut-être pas la personne la plus appropriée pour ça », notamment parce que, dès qu’il est question de Michael, il est comme un château de cartes, structure vide et tremblante, toujours à deux doigts de s’effondrer, « mais la ville est pleine de daemoniens. D’autres ont peut-être un don semblable au vôtre, qui sait ? »

Quant aux questions qu’il peut avoir, il n’ose pas vraiment. Il a peur, Darwin, tout simple terrorisé parce qu’il ne sait même s’il veut apprendre que le fantôme est celui de son mari ou de quelqu’un d’autre. *Et le doute, c’est mieux peut-être ?* Ce n’est pas leur genre, en tout cas. Ils aiment quand les choses sont claires et nettes, précisément délimitées car Betty ne voit qu’en binaire et Darwin a trop tendance à se perdre dans les nuances de gris quand rien n’est noir ou blanc. Finalement, c’est elle qui ose, à la surprise de personne. « Est-ce qu’il vous serait possible de nous décrire le fantôme que vous avez vu ? Nous sommes partis de l’hypothèse que qu’il s’agit de Michael, c’est vrai, mais rien ne nous en assure pour l’instant, une description pourrait peut-être nous permettre d’en avoir le cœur net. Du moins, si vous les fantômes apparaissent tel qu’ils étaient de leur vivant, bien entendu. Je ne voudrais pas présumer de ce que vous percevez... » Malgré son courage, elle hésite, elle se perd dans les suppositions sur ce don qu’elle ne connaît pas et manque presque de bégayer, si loin de sa diction précise de grande dame. Il n’en reste pas moins que la question est posée. La poitrine de Darwin se contracte, goulée d’air coincée, prisonnière de la tension qui envahit son être. La sensation est presque douloureuse. Il cligne des yeux et, derrière ses paupières, Michael est là. C’est presque effrayant la précision avec laquelle il se souvient de ses yeux bleus, de sa mâchoire carrée, de la façon dont ses sourcils se fronçaient quand il lisait, de comment son sourire accentuait les rides au coin de ses yeux, du geste agacé avec lequel il repoussait les mèches d’un blond foncé qui refusait de rester en place et chatouillait son front. Il pourrait être là, en face de lui.



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