Shadow on the moon at night ⠂Àsgard

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Mer 19 Sep - 15:37
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Son corps amaigri. Son teint pâle. La transpiration qui perle sur son visage. Le regard humide, vide. Les larmes que je gomme aussi rapidement qu'elles coulent sur ses joues. Sa figure défigurée par une profonde affliction. Il referme sa prise sur la couverture, gémit de douleur lorsque ses doigts trouvent la texture du linge hospitalier à la place du pelage soyeux d'une louve. Et je suis là, à ses côtés, totalement impuissante, à tenir son autre main en cause de désespoir, ne sachant que faire de plus pour lui venir en aide, n'osant pas la lui lâcher de peur de briser ce lien où je lui inspire le courage. Le courage de survivre. La détermination de vivre. L'envie de se battre, de ne pas s'abandonner à la mort, spectatrice, patiente. Aïden essaie de sourire. Folles tentatives pour me rassurer qui occasionnent davantage de chagrin car sa douleur est plus évidente que son irrépressible envie de me protéger. Je pose une main tremblante sur sa joue. Avec le peu de force lui restant, il pose la sienne par-dessus. Sa respiration, faible, joue une note aiguë chaque fois qu'il expire. Son cœur qui bat est la plus belle des mélodies. Je l'écoute, encore et encore. Je ne veux pas qu'elle prenne fin, qu'elle tire sa révérence.
Loki se presse contre mes jambes. Contaminé par la douleur, il lui résiste au possible, s'acharnant futilement à m'épauler plutôt qu'à se recroqueviller sur le sol comme la bête blessée qu'il est actuellement.

Siam...

Cette voix rauque qui me transperce le cœur. Cette voix rauque où toute joie s'est éteinte. Cette voix rauque qui ne souffre d'aucune envie sinon celle de s'endormir paisiblement, d'emporter son hôte avec elle, de mettre le point final à cette aventure, de suivre un chemin lequel me sera formellement interdit d'accès. Je m'accroche à ce qui reste de Aïden. Je m'accroche à lui comme un médecin forcené s'accroche à l'illusion de la rémission d'un patient sur son lit de mort.

Je suis là.

Il tourne son regard vers moi. Un regard éteint, aveugle. Mes larmes coulent. La plainte de cette déchirure qui agrandit le trou dans ma poitrine agonise sur le bout de mes lèvres. Ekqter lui a tout pris. Son daemon. Son pouvoir. Sa vue. Son énergie. Sa détermination. Il n'est plus qu'une coquille vide, une enveloppe charnelle avec un prénom et quelques caractéristiques physiques qui lui sont désormais inutiles.

Papa et maman...
Ils sont en route, ils arrivent.

Alors tiens le coup. Attendez-les. Ne pars pas avant d'avoir revu le visage aimant de maman, celui sévère et pourtant si affectueux de papa. Mais Aïden ne partage mon égoïsme qu'il balaie d'un sourire rassuré. Il ferme les yeux. Plusieurs secondes s'écoulent. Je les compte. Elles battent au rythme des pulsations de mon cœur. Violentes. Brutales.

Elle m'attend, tu sais. Callisto. Je dois la rejoindre. Je secoue la tête. Oui tu veux rejoindre ta louve, ta reine, ton âme. Non je refuse de t'accorder ce droit combien même mon daemon respire et que je semble insensible à cette perte qui m'aurait, pour ma part, anéanti. Je n'y arriverai pas sans elle. Siam... Je pleure parce que je ne sais plus quoi faire d'autre. Parce que je n'ai plus la force à résister à cette indicible douleur de voir mon frère mourant, me suppliant d'un sourire baigné de larmes de le laisser partir. J'ai peur.

J'inspire profondément. Ma voix pianote sur des trémolos quand je reprend la parole. Je m'interdis de laisser la peur envahir ne serait-ce qu'une infime parcelle du cœur de mon frère. Je ferais rempart, quitte à ce que mon royaume soit celui qui en pâtira ensuite. Quitte à m'effondrer et à errer en princesse déchue.
Je lui conte des histoires auxquelles les adultes ont cessé de croire à défaut de leurs enfants toujours accrochés à cette candeur, empereur de ce règne enfantin qui disparaît à l'âge adulte ou lorsque les coups de la vie mettent subitement fin à son empire. Je lui conte des souvenirs de nous. Je lui conte nos aventures, nos bêtises, notre amour fraternel. Je lui conte ce qui fut avec l'optimisme de celle qui fuit la vérité. Je lui conte des histoires à lui en rassasier son courage, pour faire vibrer les lumières qui chasseront ces parcelles d'ombres qui l'encombrent. Je lui dis mille fois à mi-voix que je l'aime. Je lui dis mille fois que tout ira bien. Je lui dis qu'importe là où il ira, aucune barrière, aucun Dieu, aucun univers ne me séparera jamais de lui.
Et Aïden prend son envol, serre la main à la Mort comme on serre la main à une vieille connaissance et m'abandonne à son chevet.


***

Je ne me souviens plus à quel moment j'ai ouvert les yeux pour échapper à ce cauchemar qui continue de me poursuivre tandis que je marche, dans les rues de la ville endormie, le souffle court et le corps recouvert de sueurs. La voix de Loki tente de se frayer un chemin dans le brouillard de mes pensées, tente de me retrouver dans les décombres de mes douleurs passées et appartenant pourtant toujours au présent. Je marche sans savoir où aller. Je marche dans l'espoir que la compagnie proche de la lune me rassurera sur la suite de cette nuit bien trop sombre. Mais je ne trouve aucun réconfort en présence de cette sphère laiteuse. Loki m'appelle. Je tombe à genoux. Le renard, protecteur, me colle d'aussi près qu'il le peut, intimant quiconque d'oser s'approcher. Personne ne vient. Personne n'est là. Je geins, étouffée par la douleur des réminiscences de Aïden. C'est cet instant que choisit mon pouvoir pour se déclencher.
Je crois que je crie. Je crois sentir les larmes couler en continu puis soudainement être privé de cette capacité physique. Quand je me relève, ce sont quatre pattes puissantes qui me portent. Je me mets à courir, mettant mon énergie dans ce simple mouvement d'avancer. Je traverse la route sans regarder. Une voiture apparaît dans mon sillage et freine brutalement, les passagers à bord effrayés d'avoir presque écrasé un possible daemon ou un simple animal. Je montre les crocs et grogne, sauvage, avant de reprendre ma route avec le renard à mes trousses.

Je gagne la forêt, la tête pleine de Aïden. « Siam, écoute moi ! » Je secoue la tête, formule un grognement plaintif en guise de réponse à cette supplique que je me refuse d'entendre. Il accélère, espérant me rattraper et m'obliger ainsi à lui faire face. Je vire de cap pour ne pas l'affronter.
Et tout à coup, la douleur physique m'arrache un grondement qui résonne parmi l'obscurité. Elle me mord. Dents d'aciers qui se sont refermées sur l'une de mes pattes avant. Loki, qui s'est effondré sur le coup, tente de se remettre sur ses pattes pour mieux s'écrouler une seconde fois. Je glapis, méfait de cette souffrance, tandis que je cherche un moyen de m'échapper en me débattant. J'arrête rapidement en prenant conscience que la douleur n'en sera que plus forte. J'ai l'impression que quelqu'un vient de me broyer les os.

Un mouvement me met en alerte. Je grogne en direction de l'ombre que j'aperçois avancer dans ma direction. Plus elle avance, plus je la mets en alerte de ma douleur mais également de ma méfiance qui n'hésitera pas à lui arracher une main. L'ombre, d'abord nébuleuse, devient plus nette au fur et à mesure. Bientôt, je croise un regard qui m'aurait cloué sur place si je n'avais pas été dans cette situation, si je n'avais pas été déjà si transpirante de peur. « Reprends forme humaine », m’avertit le renard.
Mais rien.

La clarté de la situation m'apparaît plus nettement encore que cet inconnu et la raison de sa présence que j'espère liée à mon hurlement de toute à l'heure.



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Jeu 20 Sep - 0:42
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Assis, tes mains recouvrent ton visage alors que tu laisses un sanglot s'échapper de ton être. Corps sans âme. Âme sans vie. Les minutes n'ont jamais été aussi longues et dures à vivre depuis quelle est partie. L'espoir de toute chose t'ayant quitté il y a de ça plusieurs jours, le plaisir même d'avoir pu retrouver ton frère, soufflé par la tempête qui ravage dans un carnage tout ce qui fait qui tu es. Étais... Plus rien n'a de sens hormis la souffrance et petit à petit, cette dernière, elle s'installe dans son nid, te rendant de moins en moins lucide. De plus en plus fou. Elle t'entaille, te scarifie de son affliction, lacère ton esprit de son mal qui se rit de toi. Il n'est plus qu'une question de temps pour que tu réalises et accepte d'agir sous son joug. Elijah, Völupsa, leur présence fait ralentir la cadence mais ne dit-on pas : tout vient à point à qui sait attendre, mon ami ? Ton avenir est entre deux eaux Àsgard mais ta manière de combattre cet enfer ne présage rien de rassurant...
Dans l'ombre de la lune, tu te relèves et dépose une paume contre le conifère. Mais ce visage, jadis funeste se ferme et ton poing se serre, et frappe, et frappe, et frappe encore sur la peau de l'arbre, partie d'écorce sautant, épiderme de ton enveloppe s'arrachant avec aisance. Tu rugis avec autant de force et de détermination que tu martèles la carapace boisée de ta cible. Haine. Peine. Tant de rimes et de poésie en ces mots qui siègent jusque dans tes visères Àsgard. Cette colère, tu en as marre de la ressentir. Cependant, elle fait ton quotidien depuis tant de temps : elle est toi, la rendant presque indissociable de ta propre personnalité. Ta mâchoire se verrouille et aucune des douleurs physiques que tu t'infliges n'arrivent à te faire sourciller. Griffer, déchirer, labourer le végétal de ton courroux, ongle se retournant, se brisant et doigts dégoulinants de sang. Àsgard, n'essaierais-tu pas de marchander avec ta souffrance en lui offrant, par désespoir de cause, une torture bien différente de celle que représente le départ de Kementári ? Rêve illusoire, quelque part au fond de toi tu sais déjà cela...

Fatalement, tu te fatigues, t'épuises, tes phalanges pâtissent de tes actes et tu recolles ton crâne contre le mélèze, murmurant des mots dans ta langue natale, chuchotement destiné à Odin contre qui, si tu en avais la possibilité, lui cracherais au visage. Ta vague de fureur s'apaise lentement à présent après avoir durée des minutes qui te semblèrent interminables. Ta respiration se réadapte à la situation et laisse une main coulante d'hémoglobine glisser le long de la paroi rêche de l'arbre à qui tu tournes enfin le dos. Vider ton être de la frénésie qui boue en toi et dormir, tout le temps, toujours. C'est nécessaire, vitale même afin de ne pas sombrer complètement. Pas maintenant.

Corps qui balance au déplacement, démarche lente, esprit dénué de pensée, regard vide de vie. Zombie.
Tu tournes la tête au bruit qui parvient jusque dans tes oreilles. Ce n'est pas loin de là ou tu te trouves Àsgard, peut-être faudrait-il... Tu te renfrognes et prends le sens opposé, qu'il meurt. Puis les secondes passent et tu stoppes tout mouvement, jette un dernier regard en arrière. Hésiterais-tu à ignorer la souffrance d'une bête ? Sont-il seulement coupables de ta peine pour que tu décides toi-même de leur sort final Àsgard ? En fin de compte, tu décides de faire demi-tour dans un soupire inaudible pendant que la brume commence à doucement s'installer dans la nuit. Quelques pas, quelques instants à rôder, à traîner ta carcasse avant que tu ne trouves l'animal qui vint troubler ce silence de minuit. Sans que tu ne puisses justifier du pourquoi, son apparence aussi dangereuse peut-elle être ne t'effraie pas. Tu n'as plus rien à perdre, pas même ta vie. Elle gronde, tente de te dissuader, de te tenir à distance et c'est ce que tu fais, te maintenant à plus ou moins un mètre d'elle, l'observant de toute ta hauteur, yeux de glace brillants sous la clarté de la lune. Tu analyses en silence la situation et le piège à mâchoire ne met pas longtemps à te sauter aux yeux. C'est donc cela. Les traquenards n'étaient pas interdits, ce n'est pas des collets ou des pièges en X qui doivent être posés maintenant ? Il n'est pas là, le moment de débattre sur une technique de chasse ou une autre, à la vitesse ou le sang tache le sol, l'urgence est ailleurs Viking et accordant un regard à l'animal, tu fais de nouveau un pas vers lui.

Si tu me bouffes, je crève mais toi aussi. Tiens-toi tranquille, je n'ai pas encore l'idée de vouloir séparer ta mâchoire supérieure de ton inférieure alors ne m'en donne pas l'envie.

Échanger quelques mots avec ce mammifère... Voilà une réaction bien humaine qui n'aiderait pas le quadrupède à mieux saisir ton intention, encore moins avec l'odeur de sang qui te colle. Tu t'approches encore et saisit une sorte de planche qui se trouvait au sol. Pas forcément très large ni très haute, mais assez pour te faire croire un peu plus en sécurité. Et tu coinces ainsi la patte de la créature afin qu'il ne puisse pas t'atteindre malgré cette déplorable prévention dont tu lui as fait part. Tu t'accroupis en ne te concentrant que sur le relâchement de la tension que le piège exerce sur sa patte, puis fais sauter le crochet qui se trouve sous le piège qui se relâche en une fraction de seconde. Lancé alors au loin, tu relâches la planche et fais quelques pas en arrière.
Quoi qu'il advienne, amputation ou non du membre broyé, cet animal ne tardera pas à mourir. Il lui sera impossible de se nourrir, c'est un condamné, lui aussi...



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Sam 22 Sep - 19:31
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L'avertissement roule dans ma gorge, grognement symbolique de l'animal acculé qui menace, prêt à réduire en charpie la main venue à son secours considérée, à la place, comme hostile. Plus l'inconnu s'approche, faisant fi de mes babines retroussées sur des canines acérées, ignorant superbement le poil grossit dû à mes fulminations d'être en état de faiblesse évidente, plus je me sens dangereusement susceptible à sa présence dont j'ignore les ambitions qui sont, incontestablement, liées à moi. Pourquoi se donnerait-il sinon la peine de s'attarder là ? Peut-être est-là un sentiment vaniteux de ma part de me porter en si haute estime...

Je me raisonne difficilement avec la possible idée que l'inconnu est un vagabond, qui est loin de la théorie que je me fais actuellement du meurtrier insoupçonné, venu en aide à une pauvre bestiole qui ne démériterait pas un peu d'aide.  

Lorsqu'il prend le ton de me provoquer, je réplique d'agacement en claquant des mâchoires.

« Et je n'ai pas encore l'envie de t'arracher la jugulaire pour t'observer te noyer dans ton propre sang », aurais-je envie de rétorquer verbalement si mon don ne me dénaturait pas de la parole. A la place, je me répugne à taire le grognement qui viserait à partager ma vision des faits. Les faits étant que je ne peux pas bouger d'un pouce sans gémir de douleur et que cela m'exaspère hautement d'être à la limite de courber l'échine face à un homme qui croit détenir le droit absolu parce qu'il a entre les jambes ce qu'il faut pour se l'accorder. De plus, sachant mon daemon aussi blessé que moi ne me permet pas de garder la tête froide. Heureusement notre lien mental me permet de canaliser sensiblement ma colère rendue particulièrement irritable par mon cauchemar et ce fichu piège. Le renard attire mon attention sur ma blessure qui ne cessera de m'affaiblir au fur et à mesure du temps que nous passerons dans cette forêt. Qui sait quand quelqu'un d'autre passera par ici ? A moins de me ronger la patte, éventualité que je préfère écarter de mes pensées, je n'ai pas d'autre choix que d'accepter la présence de cet homme. Et donc, l'aide qui vient avec. Je soupire. Sans réussir totalement à effacer toutes traces d'agressivité, perceptible par mes oreilles aplaties et ma tête basse, j'autorise l'inconnu à s'approcher. Loki m'ordonne plus qu'il ne me le demande de me tenir tranquille lorsque je me mets à rire, un rire grossier incompatible à mon statut animal, à cause de la planche. S'il croit que ça l'aiderait avec un véritable loup...

Quand le piège saute, je recule machinalement en boitillant avec l'aide de mes trois autres pattes encore intactes. Parce qu'humaine je plaquerais mon bras contre moi en guise de pitoyable protection, en louve je me lèche la plaie dans l'espoir que le sentiment s'en rapproche. Cette odeur ferreuse du sang, coulée dans ma gorge en mélange à ma salive, me dégoûte et se mélange aux effluves nocturnes du paysage boisé. Je note que l'odeur de sang est puissante. Trop puissante même. Je m'y serais davantage attardé si je n'avais pas eu en soucis premier la question de comment j'allais rentrer chez moi. « Tu ne crois pas qu'un aller simple vers l'hôpital s'impose d'abord ? C'est pas une coupure au rasoir. Tu ne vas pas te coller un pansement et basta, dans deux jours ça croûtera », me gourmande le renard. Je jette un regard à l'inconnu et passe la langue sur ma truffe en guise de protestation. « Siam... Que peux-tu te permettre de lui reprocher ? Il t'a aidé et tu ne peux pas l'accuser de s'être trompé en menaçant ce qu'il a cru être un simple animal en détresse prêt à lui déchiqueter un bras. »
J'accorde un point à Loki même si ça m'agace de reconnaître qu'il n'a pas tort.

Et la colère diminuée, feu de forêt maîtrisé en feu de cheminée, je parviens à retrouver forme humaine. Quelle plaie que de me retrouver nue bien que je ne porte pas grand intérêt à ma pudeur. Forte de mon expérience, liée à mon pouvoir, j'ai rarement loupé une occasion d'exposer ma nudité. Cela ne m'ôte malheureusement pas la sensation de vulnérabilité qui me colle à la peau.
Mon daemon me rejoint enfin bien que j'aurais préféré qu'il s'en abstienne. Mais par sa présence, il espère obtenir de moi plus que ce qu'a montré mon don. Autrement dit, une sauvageonne capable de faire preuve de civilité.

Pas encore décidé à me lever, préférant être assise, les jambes contre moi, tout comme Loki qui perpétue mon action de lécher ma plaie, je tourne un regard brillant vers l'inconnu.

Merci. Je pose un blanc avant de reprendre. Je croyais que faire preuve de cruauté envers un animal était sévèrement puni par la loi ? Je m'interroge plus que je ne lui pose la question. Encore un qui mériterait qu'on lui coupe les couilles, terminé-je de marmonner entre mes dents serrées d'indignation.

Loki observe à la dérobée l'homme qu'il trouve quelque peu effrayant sous le reflet de la régente lunaire. Il ne doute pourtant pas que cette apparence ne reflète pas son action d'avant qui prouve d'elle-même ne serait-ce qu'un semblant de bonté. Ou de pitié. Peu importe. Le fait est qu'il n'a pas tourné le dos en laissant à l'agonie un animal qui aurait pu le bouffer après sa bonne action regrettée certainement par la suite.
Le renard me presse de reprendre la parole.

Désolé pour les grognements, et tout ça. J'avais dans l'idée que le fou à lié qui avait posé le piège revenait pour me dépecer. Et je n'apprécie pas particulièrement qu'on me menace de m'arracher la mâchoire non plus alors...

Loki terminerait de le remercier une nouvelle fois si je ne lui demandais pas de s'en priver. Un remerciement suffit. Et quoi après ? Je lui baise les pieds ? Non, habituellement je n'ai pas ce sale caractère, ni ne suis grossière. Ma mère me laverait la langue au savon si elle avait été avec moi. Mais, si l'inconnu s'en fiche, je me permet toutefois d'être prompt à l'irritabilité. Je pense avoir mérité mon droit de répondre avec humeur si je le souhaite bien que mon daemon m'invite à me dispenser d'un moindre comportement déplacé.

Le temps ne m'aidant pas à aller mieux en forêt, je termine sur une dernière question, employant un ton poli mais tremblant.

Je ne voudrais pas vous importuner plus encore, mais pourriez-vous m'indiquer le chemin le plus rapide, et le plus discret, si possible, pour rejoindre l'hôpital ?



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Dim 23 Sep - 19:36
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Le vent souffle entre les arbres, corbeaux croassant et vous observant de leur piédestal. Toi Àsgard, tu regardes l'animal reculer et comprends qu'il n'est pas normal qu'il ne fuit pas la zone afin de se mettre à l'abri. Le loup est une créature craintive vis-à-vis de l'homme mais pas celle-là. Tes sourcils se froncent alors que tu contemples chacun de ses gestes, de sa langue glissant sur son pelage souillé à ce moment ou elle la ramène sur sa truffe.
À ton tour tu fais un pas en arrière, commençant à regretter ta venue, pestant intérieurement contre toi-même de t'être laisser avoir si facilement. Tu t'es fait embobiner et le temps ne tarde pas à te donner raison, humaine non vêtue quittant son corps de Louve. Tu ne prends même pas la peine de la regarder, de profiter, d'imaginer. Tu n'es plus ainsi Àsgard, allant même jusqu'à ignorer, dénigrer sa nudité. Elle n'est pas la première dévoilée sous tes pupilles givrées et ne sera certainement pas la dernière. En attendant, tu te sens trahit. Oui, si tu avais appris par n'importe quel moyen qu'elle n'était qu'une piètre animorphe, tu l'aurais laissé coincer et agoniser ici bas. Sans bouger, ton regard pivote sur le renard qui rejoint l'humaine, iris se baissant en direction du sol, s'y attardant quelques secondes. Kementári. Inspiration silencieuse, tu redresses la tête en direction de la femme alors qu'elle te remercie. Ironie. Si seulement elle savait que son sauvetage n'est qu'un concours de circonstances, peut-être s'en serait-elle abstenue.
En silence tu arques un sourcil à sa remarque ainsi qu'à son souhait de diviser le service trois pièces des potentiels messieurs qui seraient les auteurs de ce qu'elle vient de subir. Est-elle au courant que les femmes chassent elles aussi ou s'imaginent-elle qu'elles sont toutes des saintes ? Tu roules des yeux, déjà exaspéré par son côté insurgé de toute chose. Quelle plaie... Dans quoi t'es-tu encore empêtré Àsgard ?

 Force est de constater que vous n'avez pas eu à dépecer beaucoup d'animaux pour connaître aussi bien votre sujet... Il n'y a que dans les reportages à scandale qu'ils sont vivants. N'importe quel chasseur qui pose un piège ne vient pas défaire un animal qui est en vie. Il vous aurait collé une balle en plein dans l'abdomen pour faire de votre tête un trophée, votre chaire vendue aux peuples du nord et des parties saines de votre fourrure des vêtements ou autres babioles dont sont friand les aristocrates.

Tu n'avais jamais chassé mais tué, ça, tu savais faire. Ton père t'avait appris depuis que tu tenais sur tes deux jambes. Attraper un animal, l'égorger, le dépecer. Tu l'avais toujours assisté à la ferme, toujours aidé. Tu avais appris à manier la scie, la feuille ainsi que les quatre ou cinq couteaux qui te permettaient de découper l'ensemble même d'un animal. Tu ne saurais jamais cautionner la chasse et te trouve donc un point commun avec la lycanthrope. Cependant, les chances sont fortes à l'idée que celui ci sera peut-être le seul. Pupilles claires qui se lèvent vers une lune qui se cache derrière les nuages, tu permets à tes doigts de se mouvoir afin d'y faire craquer le sang qui se durcissait sur ta peau.
Tu décides de ne pas répondre à sa dernière remarque, que tu juges comme étant inutile et sans intérêt. Pointant ton doigt dans une direction dans ton dos dans l'optique de répondre à sa question, tu daignes quand même reprendre la parole.

Le corps humain mets un peu moins de dix-huit heures pour se vider de tout son sang. De ce point de vu là, vous aurez sans doute le temps d'atteindre votre destination. Seulement... Avant que cela n'arrive, vu la perte déjà conséquente, c'est une anémie dont vous allez souffrir et qui entraînera très certainement une défaillance multiviscerale. Si vous désirez malgré tout prendre le risque stupide de tout cela, c'est cette direction qu'il vous faudra emprunter. Il n'y a pas d’hôpital à Okolnir, vous n'avez aucun autre choix que d'aller jusqu'à Trondheim.

Le chemin le plus discret possible... Elle croit réellement qu'elle réussira à se faufiler en ville sans se faire voir ? Naïveté lorsque tu nous tiens... Toi Àsgard, tu ne lui indiquas pas le chemin le plus court, uniquement le plus direct car aussi désagréable et détaché de l'espèce humaine peux-tu être, il y a quelque chose de plus sauvage en cette femme qui ne te laisse pas entièrement indifférent pour l'abandonner complètement à son sort. Ta main se glisse jusque dans l'une de tes poches, doigts jouant avec le vieux téléphone portable que tu possèdes. Si elle te le demande, peut-être appelleras-tu les urgences d'intervenir. Peut-être...


Cadeau pour Siam qui se moquait de Àsgard:
 



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Dim 30 Sep - 19:10
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Cet homme m'agace. C'est avec raideur et la froideur d'être jugé naïve et stupide que je l'observe, décidé à ne souffrir d'aucune politesse à son égard car il n'est pas une seule nuance de son regard qui ne transpire pas le mépris. Est-il déçu à ce point d'avoir secouru la femme plutôt que la louve ? Aurait-il préféré que je sois la bête sauvage, indifférente à son humeur et son geste bienveillant, plutôt que l'humaine, certes un poil irrité mais néanmoins suffisamment bien élevé pour le remercier ? Il peut tourner le dos et continuer sa marche nocturne, errer à son aise parmi l'obscurité s'il le souhaite. Sa présence ne m'est pas plus requise qu'elle le fut auparavant. Loki me juge sévèrement. Il me rappelle que sans lui, je serais encore à hurler sous la lune, sans aucun moyen pour me sortir de ce piège dont le mécanisme m'échappe totalement. Je lui accorde cela. Mais ma cordialité s'arrête là.

Après s'être improvisé moralisateur en ce qui concerne la chasse, que j'ai daigné écouter jusqu'au bout alors qu'il dépréciait mon manque de savoir sur un sujet qui me révolte, il enfile la blouse du médecin. J'oscille entre l'agacement le plus total et la contrariété d'être rabaissé par un inconnu à peine plus aimable qu'une porte. Puisque mes remerciements le laissent de marbre et que ma présence l'indispose, pourquoi est-il encore là, jugeur d'un accident dont je n'ai la responsabilité que celle de ne pas avoir été plus prudente ? Il s'attend à ce que je lui baise les pieds ? Que je joue les martyrs délivrés ? Non, j'ai dans l'idée que tout sera bon à me critiquer, qu'il est de ceux qui se moquent de tout, cela de manière lasse, qu'il est de ceux qui souhaitent juste être seuls et ne supportent qu'à demi d'être importunés. Je n'espérais pas rencontrer l'aventurier chaleureux qui déclare sa flamme pour avoir délivré la prétendue princesse. Mais est-ce trop demander qu'un minimum de chaleur transpiré dans un sourire ou une parole ? L'humain ne changera donc jamais. Ma piètre opinion à son égard ne fait que régresser encore. Le renard me demande de ne pas me fier aux apparences. « Tout à Okolnir n'est que mystères déguisés dans des allusions à des Dieux dont la fidélité nous a été tatoué à même la peau. Méfie-toi des apparences. » Serait-il alors daemonien déchu ? Devrais-je avoir pitié qu'il soit égaré, pourchassé par le fantôme d'une âme qui lui a été arraché ? Peut-être le pourrais-je en d'autres circonstances. Et si je n'avais pas le sentiment qu'il me cracherait à la figure si je me permettais cette familiarité.

Je me mets debout, ne supportant plus d'être dans l'obligation de lever la tête pour le regarder comme le ferait un enfant devant un adulte.

Maintenant que vous avez terminé de déverser votre savoir, et que vous n'avez, au passage, manqué aucune occasion de m'insulter, peut-être allez-vous m'offrir de quoi me couvrir ? Ou allez-vous pousser le vice de m'humilier à ce point ?

Comment en vouloir à Loki de soupirer suite à ma tirade venimeuse qui ne manifeste aucun effort d'être agréable de compagnie ? Mais il m'est insupportable d'envisager de passer une minute de plus en compagnie de ce personnage taciturne. Aussi décidé-je finalement de faire fi des conseils avisés de mon daemon pour me préparer à une longue marche.

Toutefois, le renard de compte pas me laisser voyager en si mauvais état, exposé au plus fourbe des dangers qu'un étourdi saurait éviter. Il sait n'avoir aucune influence sur cet inconnu alors c'est sur moi qu'il jette son dévolu. Me raisonner, c'est un domaine dans lequel il excelle. Il sait quoi dire, quel ton employer, quels mots utiliser pour venir à bout de mon entêtement qui est coriace, et pas juste d'apparence. Quand j'ai fini de lui raconter que cette ville ne me satisfera jamais, que nous ferions mieux de partir là où Dieux et Norvégiens n'existent pas, que notre famille se remettra de ses plaies partout ailleurs qu'ici, il rétorque que j'ai aussi peu d'autorité actuellement sur nos décisions communes que sur lui-même pour le décider à quitter cet endroit avec un état de santé physique tout sauf bon. Il me demande de remballer ma colère qu'il comprend néanmoins car lui aussi ne vient pas de vivre la meilleure soirée de sa vie. Il me demande de prouver à l'inconnu que sa mauvaise langue a eu tort de me catégoriser comme étant stupide sans même me connaître. Et même si cela n'est clairement pas son souhait, qui est-il pour se donner le droit ? A t-il vécu mille vies ? Est-il un saint ? Une divinité lassée du spectacle risible de l'humain et de ses représentations pitoyables ? Il n'en est rien. Je crois pouvoir poser à ce moment un exclamation ravie puisqu'il est plus ou moins d'accord avec moi, cependant Loki choisit de me contredire. « Si lui ne veut rien de toi, toi tu lui es redevable », termine t-il de me dire.

Je serre les bras autour de moi et après une lente inspiration, je réponds aux attentes du renard. Mais une énième remarque déplacée de l'étranger et j'explose ! Enfin quoi, mon sarcasme sur le dépeçage m'a été retourné en une "claque" que j'ai assurément pas mérité !

Vous auriez un moyen d'appeler les urgences ou de m'y emmener ?

Cet homme n'est pas cruel. Ce n'est pas cet éclat que je vois briller dans son regard. Ou s'il l'est, cela semble être par désespoir.

S'il vous plaît.

Que je sois bien éduqué ne change pas que cela m'arrache la gueule de lui offrir une nouvelle marque de politesse alors que lui n'en a utilisé aucune. Qu'importe l'histoire de cet homme, les autres, du moins tous, ne sont pas responsables de ce qu'il a pu vivre, ni de ce qui a pu occasionner une opiniâtreté d'esprit mené par le dédain d'autrui.



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