Homecoming

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Nothing will be the same...

Jeu 27 Sep - 19:51
Une nouvelle vie.

Pouvait-on vraiment appeler cette souffrance une vie ? Cette existence à laquelle il est contraint de s’accrocher, avec ce cœur qui ne bat qu’à moitié, cette tête qui ne fonctionne qu’à peu près ? Sans Freyja, tout est difficile, chaque moment, chaque seconde est une épreuve qu’il faut affronter. Sans jamais se reposer. Le soir, au coucher, c’est seul qu’il se pelotonne dans ses draps, c’est dans le plus parfait des silences qu’il s’endort, c’est cerné de silence qu’il sombre dans ce coma, aidé de médicaments, de traitements si puissants qu’ils le sonnent parfois. Et pour autant, ils n’enlèvent rien à la douleur. Ses difficultés attentionnelles font que Byron doit surveiller, parfois, les doses qu’il prend, Nathan peut avoir la main lourde, inconsciemment. Byron. Sans lui, il n’aurait pas trouvé le courage de s’accrocher, bien qu’encore maintenant, il s’acharne à croire que Freyja lui reviendra, qu’elle n’est pas réellement partie, qu’elle n’aurait pas pu l’abandonner. Pas elle, non. Il essaye d’oublier ses tremblements spasmodiques quand il la serrait dans ses bras, quand elle se battait pour tenir, pour vivre, quand ses pensées pleines d’amour et d’inquiétude furent une ultime caresse dans son esprit, une dernière présence avant qu’elle ne s’évanouisse, avant que son esprit ne s’éteigne comme lorsque l’on souffle une bougie. Elle ne pouvait pas partir comme ça. Le psychiatre qui le suivait soupirait, l’accusait de souffrir de « déni » ou toute autre connerie, mais ce type n’en savait rien, il ne pouvait pas savoir qu’il n’avait d’autres choix que croire. Croire qu’elle allait revenir, croire qu’elle le surveillait, seulement d’un peu plus loin, qu’elle voulait le voir avancer et s’améliorer sur certains points… Nathan grandissait et il avait conscience qu’il devait aller de l’avant, même si sa jambe le traînait en arrière, même si son passé était un boulet qui l’empêchait d’avancer comme il le souhaitait.

Heureusement, il avait Byron. Il n’était pas seul. L’enfer qu’ils avaient vécu… Avait resserré leurs liens comme jamais. Parce qu’ils n’avaient personne d’autre, si ce n’est eux-mêmes. Cette affection sincère était devenue comme un amour… paternel pour l’un, filial pour l’autre. Un lien solide, une corde qui les empêchait de sombrer. Car Nathan voulait se montrer fort pour Byron et le soutenir, il voulait l’aider comme lui l’avait déjà sauvé plus d’une fois, en le recueillant, en l’adoptant, en lui offrant un toit, des études ou… ou simplement une famille. Simplement, car oui, avec lui, les choses avaient été finalement simples, pas comme avec sa famille d’accueil. Peut-être car il était daemonien ? Mais il n’y avait pas seulement ça. Byron avait un cœur naturellement… bon et généreux, un cœur si chaleureux que Nathan avait été tenté de s’y faire une place et que l’homme l’y avait accueilli sans une hésitation. Parfois, il se demandait comment le remercier. D’autres fois, il se disait que l’accompagner dans sa douleur, l’aider à vivre et à profiter de petits bonheurs, c’était déjà un premier pas. Ils ressentaient le même manque, ils prenaient pratiquement les mêmes médicaments et Nathan ne pouvait s’empêcher de plaisanter à la vue de son pilulier en les traitant tous deux de « vieux » … Mais après ce qu’ils avaient vécu, le traumatisme grave qu’ils s’étaient pris en pleine face, on leur prescrivait presque par réflexe des anti-douleurs, des anxiolytiques, des somnifères, des antidépresseurs. Nathan se méfiait de ces choses là et laissait le soin à Byron de faire le tri pour lui, avalant ce qu’il fallait prendre sans tellement discuter. A part les somnifères mais après avoir passé quelques jours à tourner dans le lit jusqu’à en pleurer de fatigue, il acceptait d’en prendre pour faciliter son endormissement.

Aujourd’hui, il faisait assez frais, mais l’ancien écossais n’en était pas tellement dérangé. Au contraire, il reconnaissait une humidité familière dans l’air et eut une pensée pour un passé très lointain, où il regardait le ciel grisé depuis le jardin et sa grand-mère qui lui aboyait de rentrer au chaud, pour qu’il n’ait pas froid. Il se souvenait de Freyja, blottie contre son ventre alors qu’il la serrait contre lui, à attendre les mouvements de vent portant les nuages lourds de pluie. Ce souvenir le fit sourire, alors qu’il rejoint la nouvelle demeure dans laquelle lui et Byron vivent. Il repose sur la table la pizza qu’il est allé chercher, pour ce soir, en espérant que ce repas convienne à son « colocataire » comme il aime l’appeler avec le sourire. Nathan se passe une main dans les cheveux, soupire et va se préparer un thé chaud, dans des gestes mécaniques. Instinctivement, il écoute, autour de lui. Il cherche un battement d’ailes – qui ne viendra jamais – ou le pas de Byron sur le parquet de leur nouvelle maison. Et c’est son pas régulier qui le fait se retourner et afficher un sourire sur son visage naturellement malicieux.


_ J’ai pris de la pizza. A l’ananas.


Il ment, bien sûr, mais il attend de voir sa réaction : écœurée ou alléchée ? Son sourire s’étire encore, jusqu’à doucement plisser ses yeux coquins, bien qu’un peu cernés ces derniers mois. Mais Nathan fait des efforts, pour lui, pour Byron, pour Freyja. Pour vivre, survivre malgré cette blessure qui suinte, la fièvre qui pointe, cette perte affreuse et viscérale.


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Dim 7 Oct - 15:52
J’ai l’impression de tourner en rond depuis les derniers jours. Je devrais me compter heureux d’avoir un toit sur la tête et de quoi manger, mais je n’arrive plus à voir le bon côté des choses dans mon quotidien. Je suis vraiment comme une coquille vide depuis que Praline a disparue, je vie simplement parce que je n’ai pas d’autres choix. Enfin... l’idée de mettre fin à mes jours m’a traversé l’esprit de nombreuses fois depuis mon déménagement forcé en Norvège, mais je ne peux me résoudre à laisser Nathan seul. Il a besoin de moi et c’est lui qui me permet d’avancer même si chaque pas est très difficile à exécuter mentalement. Je dois me reprendre en main, pour lui, peu importe le prix à payer. La maison que l’on nous a donné lors de notre arrivée est très bien, nous avons suffisamment de place pour nous deux, mais je sais que ce n’est qu’une question de temps si je ne trouve pas rapidement un travail. J’ai des économies pour nous permettre de vivre plusieurs mois, mais sur le long terme nous risquons de perdre tout ce que nous avons si je ne trouve pas un travail dans les plus brefs délais.

Je ne peux pas demander à Nathan de travailler aussi, je serais le plus horrible des pères si je le lui obligeais. C’est moi qui suis censé veiller sur lui alors je dois tout faire pour rapporter de l’argent à la maison et pendant ce temps, nous prenons tous les deux une grande quantité de médicament prescrit suit à la perte de nos daemonnes. Je dois avouer que leurs effets me font un peu de bien et je suis dépité de voir la quantité respective que nous devons prendre pour espérer voir une amélioration sur notre moral. J’aurai aimé pouvoir m’en passer, mais personne ne devrait vivre la perte de son daemon, alors toute aide est la bienvenue. D’ailleurs, mon côté papa poule me pousse à m’occuper des cachets pour Nathan en lui donnant seulement ce qu’il faut aux heures convenues, à l’exception des somnifères que je préfère laisser à sa discrétion. Comme ça, il n’a pas besoin de se préoccuper de ce nouvel aspect de sa vie et cela devrait alléger le poids qui repose sur ses épaules.

Assis dans le salon en train de regarder la télévision, je change de chaine à de mainte reprise sans trouver quoique ce soit d’intéressant. Je fixe l’écran d’un regard vide jusqu’à ce que j’entende la porte d’entrée s’ouvrir et sans que je puisse le voir, j’entends ensuite Nathan s’avancer jusque dans la cuisine. Comme il était censé aller chercher le repas du soir, je me lève pour atteindre l’autre pièce en étant bien intrigué de voir ce qu’il a rapporté. Cependant, j’affiche rapidement un air dégouté en entendant ses paroles.

- Une pizza à l’ananas ? Vraiment ?

L’image est peu ragoutante pour moi puisque je n’ai jamais aimé ce fruit, ça doit vraiment être horrible sur une pizza. Heureusement, avec l’air malicieux qu’il affiche et après avoir sentit les odeurs qui se dégagent de la boite en carton, je crois qu’il voulait simplement me faire une blague. Et c’est réussi.

- Tu préfères manger à la table ou dans le salon ? On pourrait regarder un film ou une série, c’est comme tu veux.

Mon estomac criant famine, je me dirige ensuite vers le petit cellier posé dans un coin de la cuisine pour y prendre une bonne bouteille de vin rouge. Cependant, à peine l’ai-je en main que mon regard s’arrête sur celle-ci que je me fige sur place, fixant le nom qui s’y trouve. Est-ce que c’est vraiment une bonne idée de boire ? En temps normal je n’aurai pas hésité, mais avec tous les médicaments que je prends en ce moment, je décide donc d’être rationnel en rangeant l’alcool là où je l’ai pris. J’opte finalement pour une canette de boisson gazeuse et je m’occupe ensuite de nous servir en attendant de connaître la réponse de Nathan. Est-ce qu’il préfère la table ennuyante ou bien le canapé amusant ?


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Lun 15 Oct - 8:33
Byron apparaît dans son champ de vision. L’homme a bien changé, depuis que Praline… n’est plus de ce monde. Son sourire n’est plus qu’un souvenir ; et combien même Nathan peut parvenir à le dérider un peu, il reste, dans ses yeux, cette souffrance effrayante. Ce vide, cette douleur, que rien ne pourra combler. Cela se voit dans ses traits tirés, même si les somnifères l’aident peut-être à dormir, ou comme ces moments où il semble comme absent, le regard ailleurs, les pensées bien loin de la réalité. Il n’aurait jamais cru voir Byron dans cet état un jour. Il n’aurait jamais cru, non plus, se sentir aussi… inquiet pour quelqu’un. Car dans ce moment difficile qu’ils partagent, dans cet enfer qu’ils subissent chaque jour, il tient, il tient pour Byron, parce qu’il a peur de ce qu’il pourrait faire s’il n’était pas là. Nathan se sent redevable, Byron lui a sauvé la vie et aujourd’hui, c’est peut-être à lui de l’aider, à sa manière. Il veut se sentir utile. Il a envie de se battre, pour lui redonner le sourire, pour qu’il parvienne à trouver un peu de bonheur à vivre. Byron est tout ce qu’il a de précieux. Il est sa seule famille, pas même de sang, et c’est peut-être ce qui rend leur lien si fort. Parce qu’ils ont appris à s’apprécier pour ce qu’ils sont et à s’habituer à l’autre. Oh, Nathan passe par les mêmes épreuves que lui. Il ressent le vide, cette déchirure interne, cette énergie qui s’échappe et la douleur qui ne s’arrête pas. Il sent l’épuisement, la fatigue, même quand il traîne un peu au lit. Les médicaments l’aident, la pensée aussi naïve et futile que Freyja reviendra. Qu’elle reviendra, qu’il n’a qu’à à tenir un peu. Il n’arrive pas à faire son deuil et ce n’est peut-être pas le plus mal, car il trouve la force d’agir. La grimace écœurée de son « père » lui arrache un petit rire, bref et malicieux, qui plisse naturellement ses doux yeux. Nathan ouvre la boîte en carton, dévoilant les parts prédécoupées.

_ Dans le salon ? On peut regarder la suite de la série sur les vampires !


Son regard suit le mouvement de l’homme et se fige sur la bouteille de vin rouge. Sans réellement en comprendre la raison, Nathan se tend, nerveusement. Probablement car il a déjà vu ce que l’alcool pouvait pousser les hommes à faire. Car l’alcool est une sirène, qui se plait à noyer les plus fragiles, les traîner au fin fond d’abysses d’où il est difficile de sortir. Plus encore quand il nous manque quelque chose, un vide qu’on cherche à remplir. Et il sait que les médicaments et l’alcool ne font pas bon ménage, lui-même ne touche plus à rien maintenant qu’il se drogue quotidiennement. Il se retient de faire un commentaire, de lâcher un « c’est bien, c’est meilleur pour ton foie ! » : il ne sait pas s’il peut se le permettre et combien même serait-ce malicieux, il ne sait pas toujours si ses paroles seront les bienvenues. Instinctivement, il a parfois peur d’être un fardeau supplémentaire à Byron.

_ Tu m’en prends une, s’teuplait ?

Quand il a sa cannette, Nathan ouvre la sienne et en boit une gorgée. Il s’appuie sur sa canne pour marcher jusqu’au canapé après avoir récupéré son assiette. Il s’y affale dans un petit soupir et tourne les yeux vers l’écran, avant de lever un sourcil face à l’émission qui s’affiche sur l’écran.

_ Ca y’est, t’es vieux ? Tu regardes « Questions pour un champion » ?

Un autre petit rire s’échappe de ses lèvres à cette constatation et il récupère la télécommande pour zapper les chaînes, jusqu’à trouver celle où ils peuvent voir leur série. Nathan tire à lui un plaid qu’il étale sur ses genoux, avant de fermer à demi les yeux dans le sourire satisfait d’un vieux chat. A manger, à boire, au chaud, bien installé avec son père devant une série. Parfois, le bonheur est simple. Heureusement, d’ailleurs. Où il ne tiendrait pas. La perte de Freyja fut si terrible pour lui qu’elle a percé de force sa carapace, elle l’a rendu bien plus sensible. Elle l’a poussé à s’ouvrir un peu plus, à vouloir prendre les choses en mains. En espérant que ses efforts la fassent revenir.

Il ne sait pas d’où vient cette croyance. Probablement l’incapacité de vivre sans elle, en se disant qu’il ne la retrouvera jamais… Non, il ne peut pas y penser, son psychiatre ne pense pas même à le lui en faire prendre conscience. Pour l’instant, ce serait plus négatif qu’autre chose.
Praline… lui manque aussi. Elle aurait probablement profité de sa blague pour lancer malicieusement une critique à Byron, une petite provocation, ou encore, se serait rapprochée avec gourmandise de la pizza pour s’assurer à ce qu’on lui en laisse une part. Elle se serait affalée à l’autre bout du canapé et Byron aurait dû se faufiler entre eux deux, alors que Freyja se serait paisiblement perchée sur le dossier du canapé pour s’occuper de son plumage. Il sent son cœur se serrer à cette idée. Il soupire et boit une gorgée de sa cannette. Sa rentrée ne va pas tarder à commencer. Il hésite, levant les yeux vers Byron, puis il décide de se lancer.

_ Le psy m’a parlé de me faire une carte de travailleur handicapé. Ca pourrait m’aider pour me faire embaucher et ça ajouterait une… certaine protection syndicale. Je pensais accepter, mais on m’a dit que ça pouvait décourager les entreprises de m’embaucher…. Enfin, de toute façon, ils verront bien que je boîte donc ce serait peut-être mieux que je la fasse…

Il aborde le sujet avec une certaine prudence. Il sait que leur situation financière ne sera pas simple, dans les mois qui vont venir. Et il veut mettre la main à la pâte.

_ Si je trouve du boulot, je te paierai une partie du loyer. On pourra dire que je suis vraiment ton colocataire, comme ça.

Nathan affiche un petit sourire. Colocataires… C’est le terme qu’il a longtemps employé pour définir leur relation, à l’époque où il était encore très prude sur ses sentiments. Mais depuis la perte de Freyja, il les avoue plus franchement. Il a déjà fait un câlin à Byron, il y a de cela quelques jours, pour le soutenir, pour lui faire comprendre qu’il était là, pour se réconforter, lui aussi. Il a besoin de lui. Et il sait que c’est réciproque. Et que ce n’est que comme ça qu’ils pourront s’en sortir.


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Lun 22 Oct - 19:44
Le juge McNeil a été formel, le salon sera notre salle à manger pour ce soir. J’esquisse un sourire en l’entendant parler de la série sur les vampires, série que je ne regarde qu’avec lui quand nous avons un peu de temps libre... ce qui arrive plus souvent maintenant qu’auparavant. Après lui avoir fait glisser sa canette sur le comptoir, je le vois quitter la cuisine avec son assiette en regrettant intérieurement de ne pas lui avoir offert mon aide pour aider à tout apporter. Ça ne doit pas être évident de devoir marcher avec une canne tout en ayant une canette et une assiette dans les mains à traîner en plus... Toutefois, dès que je le perds de vu, je l’entends commenter l’émission que j’étais en train de regarder sans réel intérêt et je termine rapidement les derniers préparatifs pour le repas avant de le rejoindre.

- Bah, il y avait que ça d’intéressant à la télé.

Une piètre excuse pour éviter de dire que je passe beaucoup trop de temps devant cet écran pour tomber sur des émissions que je n’ai pas encore vu. C’est toujours la même chose qui passe en rediffusion, peu importe la chaine, alors je me retrouve à regarder des trucs de vieux pour tenter de passer le temps. Je laisse Nathan s’occuper de la série tandis que les premières images de celles-ci font leur apparition, je prends une nouvelle gorgée de cette boisson sucrée et pétillante en me retenant de pousser un soupir de bien-être. J’ai l’impression de ne plus être moi-même depuis un bon moment et j’apprécie d’autant plus les moments passés avec mon fils. Pas que je n’appréciais pas sa présence avant, bien au contraire, mais comme il est le seul à véritablement me comprendre depuis la perte de Praline, je me sens en partie reconnaître quand il est avec moi. Je sens que j’ai son soutient tout entier, comme je lui donne aussi le mien en échange pour l’aider à traverser ce deuil. Les autres membres de ma famille tente de comprendre ce que je ressens, mais ce n’est pas la même chose puisqu’ils ont encore leurs daemons avec eux.

Tout en savourant la pizza, j’essaie d’être attentif à l’épisode que nous regardons lorsque Nathan me parle finalement des derniers évènements, soit pour me mettre au courant, soit pour connaître mon avis sur le sujet. Honnêtement, je ne sais pas quoi penser de tout ça et je tourne alors un regard étonné vers lui. Depuis quand tient-il autant à travailler ? Il n’était pas censé retourner à l’école ? La surprise est telle que je cesse de mâcher pendant un instant.

- Tu sais, tu n’es pas obliger de te chercher un travail, lui répondis-je calmement. Et même si tu en avais un, je refuserai que tu payes une partie du loyer. Tu es jeune et tu peux encore profiter de la vie comme tu l’entends. J’ai encore de bonnes économies pour nous permettre de vivre plusieurs mois, voir même un peu plus d’un an si tout vas bien et j’aurai sûrement trouver un travail d’ici là. Alors dis-moi... tu veux mettre un terme à tes études ?

Sauf si Nathan y tient vraiment, mais je ne souhaite pas qu’il travaille. Pas tout de suite en tout cas, puisqu’il n’a pas encore terminé ses études. Depuis que nous sommes à Okolnir j’ai fait plusieurs entretient d’embauche dans des domaines différents, la plupart ayant aboutit à un emploi, mais à cause des derniers évènements récents, de la prise de mes médicaments et de mon comportement instable, je ne garde le travail que perdant quelques jours seulement, voir à la limite quelques semaines. J’ai du mal à trouver la motivation, à arriver à l’heure et les collègues ne parlant pas anglais me font perdre un peu plus de cheveux chaque jour. Je dois rapidement me reprendre en main, pour Nathan, et avant que l’hiver ne se soit bien installé dans le nord du pays, j’ai la ferme intention de me rendre à l’hôpital de Trondheim pour tenter d’y être embauché. Cela me motivera sûrement davantage d’exercer dans le domaine de la médecine comme c’était le cas avant, à Perth Amboy.  

- Tu n’as pas à t’inquiéter, dis-je en lui adressant un sourire rassurant. En ce qui concerne la carte de travailleur, je crois qu’il serait préférable que tu en ais une. Ce ne sont pas toutes les entreprises qui reculent face à des... handicapés comme tu dis, il y en a même plus qu’on le croit qui les encourage à leur offrant un travail, quand même que ça serait en temps partiel. Selon mon expérience, les employeurs apprécient énormément l’honnêteté et s’ils te voient boiter, je pense que c’est mieux que tu aies une carte, comme ça ils auront une preuve en quelque sorte et ils verront que tu ne caches pas ta condition. D’ailleurs, tu l’as dis toi-même, ça te permettrait d’avoir quelques protections syndicales au cas où il arriverait quelque chose, même si bon... j’aimerai mieux que tu évites de travailler pour l’instant.

J’espère seulement avoir été assez convaincant. Je ne vais quand même pas empêcher Nathan de travailler si c’est ce qu’il souhaite, mais je préfère lui dire mon avis sur le sujet malgré qu’elle ne penche pas dans le même sens que le sien.

- Tu as déjà une idée où appliquer ? Il y a une entreprise à Okolnir qui t’intéresse ?

Après tout, il est assez grand pour pouvoir prendre ses propres décisions et s’il veut vraiment obtenir un travail, peu importe lequel, alors je ferais tout ce que je peux pour l’aider à y parvenir. Je ne le laisserai jamais tomber.


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Jeu 15 Nov - 8:34
Que ça d’intéressant, hein ? Nathan retient une petite moue. Cette phrase, elle veut bien trop en dire, pour lui. Pour que Byron en vienne à regarder ça, c’est que les quelques chaînes qu’ils possèdent ne lui offrent plus tellement de nouveautés. Et que, par conséquent, il a pris le temps de toutes les éplucher. Il n’a pas l’habitude de le voir autant de temps à la maison, mais il ne trouve pas ça désagréable, au contraire, sa présence est même bienvenue pour lui. Cela ne l’empêche pas de s’inquiéter, il sait que son père adoptif était un homme actif – bien qu’il pouvait avoir ses moments pacha -. Et bien qu’il soit déprimé soit une évidence, il espère de tout cœur que passer tant de temps ici n’ajoute pas plus de poids à ce qu’il porte tous les jours. Il s’est attaché, à ce mec au sourire chaleureux, à ce type parfois maladroit mais toujours bien attentionné, ce père qu’il aimerait parfois serrer si fort dans ses bras qu’il remplirait son vide de son amour tout aussi pataud, d’un fils pour son parent, combien même ne partagent-ils par leur sang. Mais il sait qu’il ne pourra jamais combler le vide laissé par Praline. Elle lui manque, à lui aussi. Avec son humour et sa manie de taquiner Byron, ou quand elle s’allongeait sur le canapé et prenait presque toute la place, quand elle levait ses doux yeux malicieux vers lui ou encore, quand elle s’approchait avec gourmandise de la cuisine quand elle l’entendait cuisiner. Il n’arrivait pas à croire qu’elle et Freyja étaient parties. C’était impossible. Il était sûr qu’ils les retrouveraient, un moment ou à un autre, que ce n’était qu’une séparation momentanée. Un espoir naïf mais nécessaire pour lui permettre de tenir et de garder courage.

Une fois la bombe lâchée, il sent le regard stupéfait de Byron. Il a toujours eu un visage expressif, selon Nathan qui avait toujours pris plaisir à traduire les expressions faciales. Et avouons le, le visage de Byron est comme un livre ouvert, bien que sa barbe dissimule parfois ses traits discrets, comme une tension au coin des lèvres ou un petit sourire. Le voir avec ses yeux ronds et sa bouche figée dans l’acte de mâcher l’aurait presque fait rire, mais il se retient, préférant unir ses prunelles aux siennes.

_ Non, non, je ne veux pas y mettre un terme…


Il ne continue pas, mais détourne les yeux. Byron ne connaît que trop bien sa passion pour la danse. Il hésite. Il a envie de lui dire qu’il n’est pas sûr de réussir. Qu’un handicapé comme lui, ça ne finira pas dans un spectacle. Que personne n’en voudra, à part quelques âmes charitables, des associations ou autres. Mais ce discours ne lui ressemble pas, c’est comme une aigreur dans la gorge, comme de l’huile qui passe sur son cœur, l’étouffe sans réellement le pénétrer. Parce que le Nathan derrière toute cette déprime veut y croire et s’y accrocher, il veut se battre pour réussir, pour réaliser son rêve.

_ Tu payes absolument tout depuis un moment maintenant. Tu m’offres un toit, de la nourriture, des études qui ne sont même pas sûres d’aboutir sur un métier, sans compter tout le reste. Je ne veux pas être… Je ne veux pas être un parasite pour toi, je n’ai pas envie que tu te stresses pour moi et j’ai envie… j’ai envie de t’aider comme tu le fais pour moi tous les jours.

Il regarde ses chaussures sous cet aveu timide et maladroit, le cœur battant dans sa maigre cage thoracique. Il n’y a pas de mots pour décrire la reconnaissance qu’il ressent pour lui. Byron lui a permis de retrouver un foyer. Un cadre de vie stable. Un avenir. Il l’a entouré d’un cocon d’amour paternel, prudent mais bienveillant, il est devenu la famille dont il a toujours manqué. Il ne s’est pas contenté de lui payer des études, il lui a offert des vêtements, payé la place à des spectacles de danse, il lui paye ses séances auprès d’un psy, d’un kiné, bien que depuis qu’ils sont arrivés ici, Nathan ne se soit pas encore senti capable de reprendre sa rééducation. Assez indépendant de caractère, ce qu’il se passe le renvoie au besoin d’aide, au besoin de Byron ainsi qu’à la peur de trop tirer sur la corde, de tirer Byron vers le bas. Il veut l’aider à sortir du gouffre, comme Byron l’a fait. Dans le doute, il est prêt à s’investir même financièrement, si cela peut soulager l’homme de quelques inquiétudes.

_ J’ai l’impression d’être égoïste ou d’être immature en continuant mes études dans le cadre actuel.

Et puis, avant leur départ, il y a eu cette dispute, violente, avec cette fille avec qui il devait danser pour le spectacle de fin d’années. Lola, un truc comme ça ? Elle lui a balancé des vérités crues au visage, sur son état, lui montrant avec aisance tout ce qu’il n’était pas capable de faire, pas sans prendre le risque de se faire mal ou s’entraîner pendant des jours pour y parvenir. Il s’était mise à la haïr, de tout son cœur, parce qu’elle avait planté ses ongles acérés dans ses faiblesses, l’avait blessé, suffisamment profondément, pour qu’il doute de lui. Et sans Freyja pour le réconforter, il sentait cette peur plus présente encore. Il serre ses mains sur sa canette et hausse les épaules.

_ J’adore la danse. Je m’y plais, vraiment. Mais je ne sais pas si j’aurais un avenir là dedans. Jusqu’à présent, je m’y accrochais parce que c’était… ce qui me tenait debout et me faisait avancer.

Puis il y avait eu Freyja. La perte de Freyja, qui l’avait renvoyé à ce dont il avait le plus besoin, à ce qui l’aidait à vivre. Il y avait la danse, mais Byron… avait plus d’importance.

_ Maintenant y’a… y’a toi aussi. Enfin je… Je veux dire que j’aie envie que ça se passe au mieux pour toi… et je sais que ça passe en partie par ma réussite. Et que pour l’instant, il serait peut-être préférable que je fasse de la danse plus un loisir qu’un métier. L’année dernière, pour le spectacle de fin d’année, j’ai été avec une fille qui m’a démontré par A + B qu’on ne serait pas prêt de m’engager en tant que danseur. Parce que je ne serais jamais aussi bon que quelqu’un de valide.

Nathan a une petite moue. Il se veut négligeant, mais le sujet l’a touché. Il prend un peu de pizza dans un soupir. Il ne voulait pas lui en parler, mais finalement, ça lui a échappé. Peut-être pour justifier son besoin de trouver un travail, bien qu’en réalité, il sent son être s’effondrer à l’idée d’abandonner la danse. Mais il ne veut pas agir d’une façon égoïste et égocentrée.

_ J’en sais rien. Je n’ai pas trop regardé. Je n’ai pas envie de faire un boulot où je serais toujours assis, ni debout et rien que ça, ce n’est pas facile à trouver.

Nathan ricane, sans joie, s’affalant sur le dossier du canapé en haussant les épaules.

_ Désolé, Byron. Je ne voulais pas plomber l’ambiance avec ça, oublie, j’y réfléchirai plus tard.


Il a un signe évasif de la main. Comme souvent, il a cette attitude presque craintive. S’ouvrir, pour se refermer comme une huître. Bien qu’avec le temps, il accepte de s’ouvrir de plus en plus franchement à Byron, de lui parler de ce qu’il ressent, pense, de ce qui l’angoisse. Comme ce soir où son don l’a fait appeler Byron… Ce soir où il est tombé au sol et qu’il a crié de douleur, qu’il a senti les sanglots s’arracher de sa gorge et cet appel s’échapper, un appel à l’aide, un appel du cœur. Jusqu’à entendre le pas de l’homme, jusqu’à sentir ses bras autour de son corps tétanisé, sa voix qui l’avait rassuré. Jusqu’à s’accrocher à lui et se calmer, contre lui, s’excusant entre deux grimaces, s’excusant de l’avoir dérangé, de ne pas avoir été aussi fort qu’il l’aurait souhaité. Et pour autant, il avait été terriblement soulagé de l’avoir vu se précipiter et l’enlacer, de l’avoir senti avec lui, de ne pas avoir été abandonné.

Byron était le meilleur des pères, son cadeau pour tout cet enfer qu’il avait traversé, il était sa famille, ils étaient soudés, par des liens solides malgré leur maladresse réciproque. Car au fond d’eux, il y avait cet amour, ce vrai sentiment puissant qui les reliait et les rattachait, ce lien qui les aidait à garder la tête hors de l’eau malgré cette épreuve. Nathan avait encore des difficultés à comprendre qu’il n’était pas un fardeau, mais un soutien, comme Byron était le sien.


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