Save me from myself - Ellias

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Lun 15 Oct - 20:26


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Ellias & Espen


La matinée s’est bien passé, je n’ai pas eu beaucoup de client et j’ai pu prendre mon temps avec les quelques personnes qui sont venues me voir. Estrella est, comme toujours blottie dans ma poche ou dans ma tignasse, sa petite voix chuchotant dans ma tête ce que je ne comprends qu’a grand mal. Je frotte mes cheveux, glisse la main dans mes mèches bouclées en soupirant. La pause déjeuner se fait attendre et mon estomac commence carrément à gargouiller. La petite voix de ma daemonne résonne dans ma caboche. « Plus qu’une dizaine de minutes, chéri. » Je souris gauchement à la jeune femme qui me fait face et qui souhaiterais une orchidée. J’ai déjà dû lui expliquer trois fois que nous n’en avons plus et qu’elle devrait arriver d’ici la fin de semaine, mais elle ne m’entend pas. Je déglutis difficilement et tente une fois de plus. « Madame, je suis navré, mais nous n’avons vraiment pas d’orchidée pour le moment. » Je me mords l’intérieur de la lèvre en tortillant mes miens et elle me jette un regard hostile avant de se retourner vers la sortie. Son long manteau entraîne dans son mouvement un pot en terre cuite qui va finir sa vie sur le sol dans un craquement retentissant. Elle me jette un sourire suffisant avant de sortir en claquant la porte. Les mains tremblantes, je ramasse les débris et les jette dans la poubelle avant de passer le balai.

Je déplace une caisse, puis une seconde, pousse un pot en argile vide et range dans un coin les trois rouleaux de papier cristal qui traîne à plat au fond de la réserve. Tonton range toujours parfaitement l’arrière-boutique, mais j’ai tendance à m’étaler, je travaille sur une commande spéciale. La première qu’il me laisse réaliser intégralement ! Un assortiment de cinq bouquets et broches assorties, un gros bouquet et une trentaine de gerbes de fleurs. Pour un mariage, un gros mariage si j’en juge le budget qu’on m’a laissé. J’ai carte blanche, la seule chose que je dois veiller à respecter, c’est qu’il faut qu’il y ait du lys dans chacune des compositions. Une part de moi aime bien la liberté de créer que ça me donne, la deuxième est terrorisée par l’absence de règles et les possibilités qui s’ouvrent. Je range la réserve depuis deux heures, alors qu’elle n’en a pas besoin, en révisant, dans ma tête la liste des fleurs que je connais, en utilisant leurs noms courants puis leurs noms latins. La voix d’Estrella résonne dans mon crâne, petit cri strident. « Espen, reprend toi, tu gamberges ! » Je lève la tête de la boite dans laquelle je range les bouts de mousse par ordre de taille depuis au moins dix minutes. Je grimace, j’ai besoin… J’ai besoin… J’ai besoin de voir quelqu’un. J’ai besoin de parler à Eirin et de réapprendre à respirer correctement. Je m’assois par terre et sort mon portable de ma poche. Le réseau est bon et ma meilleure amie ne tarde pas à répondre. Je ne dis rien de particulier, je discute de la pluie et du beau temps avec elle, laisse sa voix panser une blessure que je ne sais décrire. Rose Corail. Sa voix, est rose corail. Comme elle, douce et vive. Mes doigts effleurent le plumage de mon oiselle, du bout de l’index, je grattouille son crâne et elle se ratatine sur elle-même. Une toute petite boule de plume blanche, que je prends en photo avant de l’envoyer à la brunette. Son rire résonne dans mes oreilles et fini de me rattacher à la terre. Cette terre qui tourne trop vite, dans tous les sens et qui m’étouffe. Ce monde que je ne comprends qu’à moitié, qu’au travers des yeux d’Estrella. L’oiselle lève sur moi son regard noir comme la nuit et tendre comme une guimauve. Elle mordille doucement mon pouce du bout de son petit bec, petit geste affectueux qu’elle fait souvent.

C’est une journée morose aujourd’hui. Entre l’incident de ce matin, le temps pourri et mon état en général. Je décide de remettre à plus tard le projet de fleur, le mariage n’a pas lieu avant trois semaines, j’ai le temps de m’y mettre. En attendant, il faut revoir la déco de la boutique pour la nouvelle saison. Je repasse dans la boutique, jette un coup d’œil dehors et décide qu’avec les trombes d’eau qui semble s’abattre sur Ókólnir aujourd’hui, je ne risque pas de croiser grand monde. Je pose mon casque sur mes oreilles lance la musique. Fort, comme toujours. Estrella, se repose, elle est perchée sur le dessus d’une des étagères du magasin. Loin de mes mouvements et elle me jette régulièrement des regards. Je sais qu’elle est rassurée, ma conversation avec Eirin m’a fait du bien et je me sens plus calme maintenant. Je range l’ancienne décoration, petit à petit, la boutique se vide au fur et à mesure de ce qu’elle contient. Je m’arrête au milieu du magasin, désormais complètement dépouillé de sa décoration et sourit, satisfait du travail déjà accompli. Je me dirige vers l’arrière-boutique, où je commence à récupérer le matériel dont j’aurais besoin. Je m’installe par terre, derrière le comptoir, plus à l’aise sur le sol pour travailler. En regardant le plan de la couronne que je dois réaliser, j’entrelace rapidement les branchages, les gerbes de feuillage et les quelques fleurs qui viennent agrémenter la pièce avant de la dresser devant mes yeux. Je souris largement et la montre à Estrella, toujours posée sur son étagère. Elle me félicite et retourne à sa lecture. J’aime ces moments de calme où nous n’avons besoin de rien d’autre que de notre présence. J’inspire profondément et la pose sur la caisse. La première pièce de la décoration saisonnière de la boutique est en prête. Je me dirige, le casque toujours sur les oreilles et le sourire aux lèvres, dans l’arrière-boutique où j’attrape l’escabeau. Je l’applique contre le mur, derrière le comptoir, c’est un peu juste et il n’est pas ouvert en grand, mais il tiendra suffisamment. J’attrape la couronne d’une main et commence à grimper l’escabeau d’un pas peu assuré. Mon daemon est un oiseau, je maîtrise le vent, mais j’admets avoir vaguement le vertige. Alertée par mon anxiété, Estrella relève la tête, l’air soucieuse et me surveille d’un œil attentif.

Je finis d’attacher la couronne sur le mur et tape des mains, fier de moi. Je tends la jambe en arrière, à la recherche de la marche pour descendre, quand mon poids déstabilise la structure qui commence à tanguer dangereusement. Je n’entends qu’à peine le cri d’Estrella que déjà, je commence à tomber. Je ferme les yeux, près à encaisser un choc qui sera très probablement douloureux. Mais… Je me raccroche à quelque chose d’humide et de doux. Quelque chose qui sent étonnamment bon et qui est chaud. Je mets quelques secondes à comprendre ce qui se passe et je reste accroché aux bras de mon sauveur trop longtemps avant de me reprendre. Je recule de deux pas, les joues écarlates et la lèvre inférieur furieusement coincé entre mes dents. Estrella se jette sur moi, son petit corps se pressant contre mon cou. Je retire mon casque d’un seul coup, sortant de la bulle de son qui m’entoure en temps normal. La voix d’Estrella, qui m’engueule et exprime sa frayeur crée un brouhaha dans ma tête. « Euh… Excusez-moi, je ne vous ai pas entendu entrer, je suis navré. » Je garde les yeux baissés et les mains dans mon dos. « Je ne vous ai pas fait mal au moins ? » Je relève la tête et observe du coin de l’œil mon sauveur du jour. Il est grand et blond et beau et on dirait un Viking et un héros. Il a tout à fait la tête de l’emploi et un sourire très doux. Bleu Céruléen. Je lui ai probablement fais ni chaud ni froid avec mon poids plume. Je rougis encore davantage si c’est possible et frotte violemment l’arrière de ma tête. « Je peux vous aider ? » Ma voix n'est qu'un murmure alors je me reprends et je me racle la gorge. « Excusez-moi, en quoi, puis-je vous être utile ? » Je remarque également le rottweiler qui l’accompagne, et qui m’observe d’un œil inquisiteur. « Estre… A l’aide… »



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Jeu 1 Nov - 17:11
Gris et noir. Les nuages couvrent le ciel, menacent les imprudents qui osent ce balader sous ce ciel en colère. Deux restes d’azur fixent les massent sombres qui se déplacent lentement. Des trombes d’eau s’abattent en un furieux torrent sur les rues vides. Un grognement boudeur, des griffes qui cliquettent sur le parquet de l’appartement. Thé fumant pour réchauffer l’âme et le corps. Il se perd, dans ses pensées, dans ces cieux si mécontents, il divague, laisse délibérément regard et attention se perdre. Puis ce mur, celui de cette conscience qui le ramène à la terre ferme, à cette douce chaleur qui l’envahit, cette légère pression contre sa jambe gauche. L’anglais baisse les yeux, sa douce est la, puits de chaleur, de tendresse, sa force revient, le calme s’installe. Cette pluie diluvienne lui rappelle l’Angleterre. Il entendrait presque le feu crépiter dans l’âtre du manoir, verrait presque la louve qui paresse sur le tapis épais.

*Ellias.* Second rappel à cette réalité douloureuse. Il ne verra plus son magnifique pelage blanc, ses deux yeux si semblables aux siens. *Elle me manque aussi.* Une truffe fraîche rencontre sa paume, le museau se fait inquisiteur, il répond à la demande, gratte distraitement la tête de la chienne. Une gorgée de thé, bienfaitrice et rassurante. La cheminée revient. L’odeur des biscuits qui cuisent dans la cuisine. *Tu ne voulais pas aller voir Darwin… ?* Gardienne, de ses pensées, ses peurs, ses lamentations. Calla Lily veille, reine qui fut blanche, reine de son cœur égaré en ces temps de doute. Un sourire se montre, timide, mais bien réel. La boîte, finement taillée, écrin pour un trésor bien britannique, attend sur le plan de travail. Il savoure encore un peu de ce liquide qui lui rappelle une adolescence heureuse. Une boîte à thé, bien vite emballée d’un papier cadeau blanc et or, ornementée d’une carte. Souvenir de notre belle Angleterre. Écriture fine, soignée. Satisfait, il met le cadeau dans son sac à dos.

Plaisir partagé avec un acolyte, un autre anglais, amateur de thé, il se fait donc un devoir de partager cette trouvaille avec son fleuriste favori.

L’ouvrage ouvert, un recueil de poèmes anglais est rangé dans sa bibliothèque ridiculement petite. Un soupir, il repense à son mur, couvert de livres, dans son ancien appartement. Un appel, la garde du petit est assuré et il s’arrête un instant, regarde le bambin endormi. Paisible et rassuré. Une quinzaine de minutes plus tard, la nourrice arrive, comme toujours, il lui laisse le droit d’utiliser librement les lieux, de se restaurer si elle le souhaite et privilège rare, de toucher ses précieux livres. Quand il s’annonce prêt à partir, le molosse est déjà près de la sortie, patiente.

La musique est trop forte et les complaintes de sa moitié ne perturbent pas le jeune homme qui, concentré sur la route, semble dans une bulle. Le tout-terrain noir ronronne et la daemonne sent la satisfaction poindre dans l’esprit du mécanicien. Son travail est irréprochable, sa nouvelle voiture le contente assez pour qu’il oublie l’ancienne. Elle en oublierait presque le volume agressif du rock qui emplit l’habitacle, à le contempler son amour. Un œil sur la route et des crocs luisants se découvrent. *Tu vas me faire le plaisir de ralentir un peu, Ellias Sullyvan Singer.* Son pied écrase le frein et il réduit son allure avant que la douce Calla ne se transforme en un rottweiler enragé prêt à le mordre. Satisfaite, elle range les armes de dissuasion et reprend son observation du conducteur. *Tu...* *Je te jouerais du violon ce soir. Oui, promis.* Douce chaleur qui l’envahit alors que leurs esprits se mêlent, se trouvent pour mieux s’épanouir. La connexion s’interrompt alors que le véhicule freine brusquement, qu’un bras inquiet plaque contre le siège la liée du violoniste, l’empêchant de heurter le tableau de bord. Une voiture fait des appels de phare, une excuse pour cette frayeur causée. *Espèce de...* *Langage.* Grognement rageur qui remplace un juron coloré.

Le trajet se termine sans encombre, silencieux, contrariée, la demoiselle ne dit plus rien. Main crispée sur le volant, Ellias tente tant bien que mal de tempérer sa compagne, d’influer sur son humeur soudain mauvaise. Mais l’approche de la boutique y parvient mieux que lui, elle voit déjà le petit raton qui s’affaire, cette amusante petite demoiselle qui arrive toujours à attendrir le chien de garde au fond d’elle.

Un arrêt devant la porte, il n’a pas hâté son pas à cause de la pluie, sa veste est trempée et il l’ôte en entrant, l’accroche sur le coin d’une étagère pour ne pas tremper la boutique. Sac dans la large gueule, la chienne s’ébroue, chasse avec peine l’eau de son pelage, avant d’avancer plus loin que l’entrée. Une fois cela fait, le duo approche du comptoir, derrière lequel un jeune homme à la tignasse bouclée semble ne pas l’avoir entendu, le casque sur les oreilles comme preuve. Un petit coup d’œil autour de l’inconnu, pas de daemon ? Un tic, agacé. Un humain. *Non, sa daemonne est a-do-rable.* La tension s’évanouit. Il ravale l’ordre qu’il allait donner à son âme, habitude tenace, faire passer la chienne pour ce qu’elle n’est pas, un animal ordinaire. La boule de plumes attire son attention, il achève de calmer ses appréhensions. Puis l’impensable.

Un pas mal calculé, et voilà que l’employé chute, elle s’est envolé, l’âme impuissante de l’imprudent. Un pas en avant et il joue au super-héros, tend maladroitement des bras incertains pour réceptionner l’ingénu. Qui y tombe sans plus de mauvaises surprises, sauvé par l’arrivée soudaine du blond qui laisse à l’autre le temps de se reprendre. Restant quelques secondes avec ce jeune homme étonné de ne pas se cogner contre quelque chose de plus douloureux dans les bras. Bien vite, il se reprend, recule, et rougit, alors que le petit volatile se jette sur lui, inquiète. Un sourire assuré pour Ellias qui tente de ne pas s’amuser de cette réaction trop naturelle. Il sait encore parler, le bouclé dans une gêne presque palpable. *Encore une fois tu sauve une âme en détresse...* Ironique remarque empreinte d’une certaine douceur, cache pour un soulagement bien plus innocent qu’elle le voudrait, il aurait pu se blesser gravement, ce jeune homme. -Mal… ? Oh non, pas de souci à se faire, mais je suis plutôt content de mon entrée, vous auriez pu vous faire mal vous.

Un timing parfait, en somme. Un regard à peine osé, ses joues s’enflamment un peu plus et Calla s’assoit, observe un peu plus en détail ce duo. Mots murmurés que seules les oreilles canines captent, il est en proie à une panique innocente et douce, ce petit homme qui aimerait sûrement disparaître, il perce un peu la carapace de dureté dont elle s’entoure, la gardienne.

Le héros du jour offre un sourire avenant à son interlocuteur qui peine, récupère le sac que sa moitié transporte et d’en sortir le présent. -Vous ne vous êtes pas fait mal au moins, avant toute chose… ? Il marque une pause, avant de répondre et dévoiler la réponse attendue. -Je voulais savoir si Dar... Monsieur Payne serait là j’ai quelque chose pour lui... et il me faudrait aussi un bouquet, pour décorer un salon, quelque chose de coloré, je dirais ? Calla maugrée quelque chose mentalement qu’il ne parvient pas totalement à entendre. Certaines fleurs ne conviennent pas au nez fin qu’elle possède mais elle ne dit rien de plus, accepte son sort calmement. La beauté d’un bouquet compense largement les inconvénients olfactifs. Derrière lui, la râleuse observe toujours silencieusement la scène, détaille avec attention le jeune homme, tente de déceler une trace de l’habituel fleuriste qui semble absent aujourd’hui. Ellias se frotte les mains, chasse l’impression de fraîcheur due à l’humidité. Pense à la boîte à thé et à la boisson chaude qu’il se servira en rentrant. -Après, s’il n’est pas là, je peux vous laisser quelque chose pour lui… ? Question hésitante, il ne voudrait pas déranger.


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Jeu 1 Nov - 18:39


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Ellias & Espen


Ouh… Cette voix. Je reste bouche-bée quelques secondes. La musique jaillissant de mon casque, posé autour de mon cou. Un concerto pour violon de Mendelssohn joué par Papa quelques années avant sa mort. J’ai retrouvé tellement de vieilles cassettes et de CD en nettoyant le grenier à mon retour à la maison, j’en ai profité pour toutes les numériser et j’ai mis mes morceaux préférés sur mon IPod. La voix de ce mec me frappe de plein fouet. J’ai envie de lui dire de parler encore, longtemps et beaucoup. J’ai envie de lui faire dire des trucs n’importe quoi, mais qu’il parle. Elle a le même effet apaisant sur moi que celle d’Estrella. À l’instant, où il a ouvert la bouche, c’était comme une bouffée d’air frais. Je m’apprête à lui dire quand la voix d’Estrella, vaguement outrée, résonne sous mon crâne. « Jeune homme ! On ne dit pas ce genre de chose !» « Ah bon ? Mais c’est la vérité ! » Elle laisse échapper un rire dans mon esprit et je grommelle. « Ça a beau être vrai, ça ne se fait pas. » « Bon… » Je recule d’un ou deux pas, conscients d’une fois de plus, ne pas respecter l’une des règles des conversations classiques entre deux humains normaux. Estrella se secoue et ébouriffe ses plumes avant de se tourner vers nos interlocuteurs tandis que j’essaie de faire se connecter tous mes neurones. Entre la chute, la surcharge émotionnelle et Monsieur Muscles en face de moi, j’ai l’esprit un peu en vrac. Je remarque le chien qui l’accompagne et devine à son regard qu’il s’agit probablement de la Daemonne de notre nouvel arrivant. En parlant du loup, ce dernier me sourit et pour une fois, je comprends de moi-même qu’il ne s’agit pas d’un sourire mesquin.


« Non, non, c’est bon, vous êtes sacrément plus confortable que le sol… » Je grimace intérieurement et Estrella tire une tête horrifiée. « Enfin, c’est pas ce que j’voulais dire, le sol, j’me serais fait vraiment mal, genre mal à devoir appeler une ambulance quoi ! Et vu que vous êtes arrivé, j’suis tombé sur vous et vous êtes quand même plus mou que le sol… Non pas qu’vous soyez mou hein ! j’veux dire, vous avez l’air très musclé et grand et… » « Ce qu’Espen essaie de dire, c’est merci beaucoup de lui avoir épargné une chute probablement très douloureuse. » Je sens bien qu’elle est atterrée par ma stupidité et je comprends bien pourquoi. Je me mords une fois de plus la lèvre inférieure, je suis complètement écarlate et ridicule. Je pousse un profond soupir et me gratte l’arrière de la tête. « Oui, donc pour vous aider ? » J’ai envie qu’il s’en aille pour que je puisse rester enfermée dans la réserve jusqu’à l’heure de fermeture à me rappeler à quel point, je suis idiot. Oh, il veut voir Tonton ? Estrella m’informe qu’il veut sûrement lui donner la petite boite empaquetée qu’il tient à la main. Ce qui serait on ne peut plus logique. « Alors, mon oncle n’est pas là pour le moment, en effet. Mais vous pouvez tout à fait me laisser ce que vous vouliez lui donner ! Je me chargerais de lui transmettre dès qu’il reviendra. Votre nom, s’il vous plaît ? » Je tends la main et réceptionne le paquet que je pose délicatement derrière le bar. Darwin m’offre régulièrement des cadeaux, c’est d’ailleurs lui qui est à l’origine de la plupart des spécimens de scarabées qui habite dans mon vivarium. Ellias. C’est un joli prénom, doux et fluide. Définitivement bleu céruléen… Pas très raccord avec l’accent britannique qu’il partage avec mon oncle, mais très joli néanmoins. « Pour le bouquet, je vais pouvoir m’en charger si vous me laissez quelques minutes ! » Je suis en mode vendeur, j’ai appris mon petit speech par cœur et ça à quelque chose de rassurant. Je remarque que la chienne est encore toute mouillée de son passage sous la pluie. « Et si vous me laissez deux minutes de plus, je peux tout à fait faire quelques choses pour vous, madame ! » Je lève le doigt et Estrella s’y pose deux secondes avant de descendre sur le comptoir. Dans le doute, j’ai tendance à parler à tous les animaux que je croise comme s’il étaient des daemons. Ça se trouve je viens de donner du "madame " à une chienne tout ce qu’il y a de plus classique. « Je vous laisse avec elle, je reviens. »

Laissant ma Daemonne faire la conversation pour quelques minutes, je fonce dans l’arrière-boutique pour récupérer le petit chauffage d’appoint et une serviette que j’utilise en temps normal pour sécher mes mains. Je ramène mon chargement et branche rapidement la prise. Je tends la serviette au grand blond. « Si vous voulez l’aider à s’essuyer un peu, puis vous pourrez vous installer près du chauffage pour vous réchauffer. » Je souris à la chienne avant de me tourner vers mon client. Un bouquet coloré… Je peux faire ça oui, mes yeux sautent de droite à gauche de pots en vases, éliminant les plantes les plus parfumées, conscient qu’elles risqueraient d’altérer l’odorat de sa daemonne. Ezio, le daemon de papa était un chien, un sublime malamute et à chaque fois qu’oncle Darwin ramenait des plantes à la maison, il faisait particulièrement attention à ce qu’elles ne sentent pas trop fort pour ne pas l’embêter. Estrella, me félicite mentalement sur mes capacités d’hôte avant d’aller s’installer juste au-dessus du chauffage.

« Estrella, enchantée. Je voulais vous remercier, je sais que vous n’avez pas attrapé mon petit personnellement, mais votre Ellias a fait preuve d’un grand sang-froid. Parfois, je me dis que ma forme définitive à été extrêmement mal choisi quand on voit à quel point mon humain est maladroit. J’aurais dû être plus imposante pour au moins pouvoir le rattraper. » Sa voix, contrite, est pleine de tendresse pour toi. Pleine de l’amour qu’elle te porte. « Enfin bref, je déblatère. Je tenais juste à vous remercier. » Elle relie à nouveaux son esprit au tien.

« J’aime pas trop quand tu me fais des cachotteries comme ça. » « Une dame a le droit d’avoir des conversations privées jeune homme. Continue avec ton bouquet, il est très beau. » Je secoue la tête et me tourne à nouveau vers Ellias. « Vous souhaitez retrouver une plante en particulier dans votre bouquet ? Je me suis arrangé pour l’instant, afin que la plupart des fleurs n’aient pas d’odeur trop forte, pour ne pas importuner les odorats les plus sensibles, mais s’il y a une variété qui vous tiens à cœur, je peux m’arranger. » Je continue mon œuvre avant de me tourner vers encore vers Ellias. Parle encore un peu s’il te plait. « Vous souhaitez boire quelque chose ? Je demande parce que j’avais mis la bouilloire en marche un peu avant de commencer sur l’escabeau, l’eau doit être chaude et je peux vous servir une tasse de thé, si vous souhaitez ? Sinon, j’ai de l’eau au frais et je crois même avoir du jus d’orange quelque part. » Je me mordille la lèvre et je pose la question qui me brule les lèvres depuis de longues minutes. « Je suis désolé, c’est très mal élevé de faire ça, mais… Vous connaissez mon oncle depuis longtemps ? Je connais la plupart de ses amis… C’est pour ça que je demande. »







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Jeu 1 Nov - 20:35
Il s’embrouille, s’emmêle les pinceaux une nouvelle fois, ajoute encore un léger côté comique à la scène que Calla regarde se dérouler, une lueur amusée dans le regard. La demoiselle au pelage ébène s’assoit et son moignon de queue s’agite, trahissant un amusement dissimulé qu’Ellias n’a aucun mal à identifier. La tête légèrement penchée, le blond écoute le frisé en face de lui essayer de se sortir de la situation délicate qu’il a crée, il a un léger sourire aux compliments qui semblent sortir de la bouche de l’employé de Darwin bien malgré lui. Bien vite rattrapé par la toute petite daemonne cependant. Il hoche la tête, l’air de ne pas faire cas des paroles maladroites de l’imprudent qui rougit un peu plus si c’est possible. Mais l’incident est vite oublié et il reprend contenance, lui demande la raison de sa venue. Voilà donc un Ellias bien embêté de trouver la boutique vide de son propriétaire, le présent à la main.

Il décline son nom à la demande du jeune homme qui réceptionne le paquet. Vient la question du bouquet qu’il assure pouvoir faire, il est plus assuré, soudainement et cela allège la tension qui s’était créée du côté vendeur du comptoir, pour le plus grand plaisir du britannique qui ne voudrait pas marquer négativement celui qui est donc le neveu de son fleuriste habituel et compère amateur de thé. La remarque à l’intention du molosse qui attend sagement un peu en retrait fait néanmoins son petit effet sur celle-ci, heureuse qu’on prête attention à sa personne, surtout lorsque elle est trempée. *Madame ? Il me plaît celui-là, Darwin a bien fait d’en faire son employé...* Un petit ricanement mental qui n’est adressé qu’à elle. *Je ne te savais pas aussi sensible aux petites attentions et petits mots, tu te sens fiévreuse ?* Il regarde le vendeur s’éclipser, les laissant seuls avec la petite boule de plumes blanches qui possède un côté mignon non négligeable, elle meuble l’absence de sa moitié, ne laissant pas un gênant silence s’installer. Avant qu’ils se retrouvent à court de sujets de conversation voilà qu’il revient, un chargement, qui satisfait au plus au point la chienne, dans les bras. Le chauffage est branché, posé par terre et la daemonne canine s’en approche, ferme les yeux avec bonheur alors qu’elle se réchauffe. De son côté, il récupère la serviette avec un remerciement poli, accompagné d’un sourire reconnaissant. Il s’accroupit ensuite et commence à sécher son âme-sœur qui se sent de plus en plus conquise par ce trop innocent bonhomme qu’Ellias a sauvé d’une chute. C’est qu’il est poli et attentionné envers ses clients et l’opportunité de se sécher est juste parfaite à ses yeux. Cela fait, le blond se redresse, plie la serviette proprement et la pose sur le comptoir.

Il observe le fleuriste en herbe s’activer, le héros du jour, prête attention à la composition que lui fait cet inconnu et s’étonne de le voir choisir de lui-même des fleurs aux parfums discrets. Pendant ce temps, la gardienne qui observe la scène, finissant de sécher devant le chauffage d’appoint, se retrouve nez à bec avec la toute petite daemonne de l’attentionné garçon qui s’active. *Pourquoi faut-il que les daemons viennent me parler ?* Question malpolie destinée à sa moitié qui ne montre rien de ses pensées véritables. *Sûrement que ta beauté les transcende, maintenant, réponds.* Il coupe la connexion alors qu’elle s’apprête à lui répondre avec une acidité caractéristique de son agacement. Elle n’aime pas parler c’est un fait, mais qu’il se moque d’elle sans que cela cache un élan affectif, elle aime cela encore moins. Un temps de pause, pour se résigner. -Calla, enchantée aussi, oh ce n’est rien, surtout que je n’ai pas fait grand-chose dans le sauvetage… J’aime à penser qu’Ellias a d’excellents réflexes et j’en ai eu la preuve aujourd’hui. Il y a ce quelque chose dans sa voix, quand elle parle de son amour, quelque chose de doux, une fierté à peine atténuée, que sa colère éphémère quelques instants plus tôt ne saurait effacer.

Il réfléchit quelques instants, se creuse les méninges et trouve le nom de la fleur qui lui trotte dans l’esprit. -Oh, si vous avez de l’amaryllis rouge, j’en voudrais s’il vous plaît, enfin, si elle s’intègre bien au reste du bouquet bien sûr. La fleur préférée de sa grand-mère, cette fleur dont ils s’occupaient ensemble, dans les serres du domaine. Tant de souvenirs se cachent derrière les fragiles pétales de cette variété écarlate. Voilà que le maladroit fleuriste lui propose un thé et un franc sourire éclaire le visage du visiteur, la pluie, le froid, autant de raisons qui ne peuvent que le pousser à accepter cette proposition alléchante. -Je ne saurais pas refuser un thé alors j’accepte avec plaisir ! Il se frotte les mains, rasséréné par la perspective d’une boisson chaude. Calla ne veut rien, la source de chaleur fournie lui suffit amplement et elle le signale.
Mais voilà que la curiosité de leur hôte l’emporte, il souhaite connaître plus de détails sur la relation qu’il entretien avec son oncle. Étonné mais nullement ennuyé par la question il réfléchit un peu. -Oh, je dirais quelques semaines tout au plus, c’est pour ça que vous ne m’avez jamais vu, je ne suis pas de la région je n’aurais pas pu le connaître plus tôt. Il ne dit pas d’où, garde la douleur enfermée dans un coin, là où il l’a retranchée, où il s’efforce de ne pas regarder de trop près pour ne pas la réveiller.

Mais le temps est aux questions et il se décide donc à poser celles qui lui viennent en tête également. -Et vous ne travaillez pas ici depuis longtemps je me trompe ? C’est la première fois que je vous vois et pourtant, je viens assez régulièrement. Une à deux fois par semaines, en réalité. Pour le moment il essaie d’apporter de la positivité dans sa maison et cela passe par les fleurs qui le réconfortent. -Vous êtes du coin ? Vous avez ce truc que les okolniens ont, enfin, ça doit paraître bizarre comme phrase dit comme ça. Il passe d’un pied à l’autre, espère ne pas avoir dit une bêtise où vexé l’autre. *De l’extérieur vos interactions elles sont magiques, entre le « pas que vous soyez mou » et le « vous avez ce truc que les okolniens ont » je ne sais pas ce que je préfère...* Elle glousse, cette grosse dinde, se moque plus de sa moitié que de celle d’Estrella, l’un semble avoir des difficultés sociales générales, l’autre oublie juste d’utiliser correctement son cerveau. Ce qui donne cette situation qui pourrait être filmée et faire une bonne émission, selon elle. Il recule d’un pas, fait mine de s’approcher du chauffage pour cacher qu’il a réussi à se gêner seul, lui aussi.
Son visage s’éclaire cependant soudainement et il farfouille dans le sac à dos, en sort une carte où est notée son numéro de téléphone. Il la tend à son interlocuteur sans réfléchir. -Ah… euh… vous pourriez donner cette carte à Darwin ? Et si vous avez un souci de voiture n’hésitez pas à appeler non plus… Il se frotte l’arrière du crâne, ne sait pas quoi ajouter et essaie toujours de digérer sa phrase plus où moins étrange lâchée précédemment.


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Sam 3 Nov - 0:34


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Ellias & Espen


De l’Amaryllis Rouge ? Je réfléchis, me repasse l’intégralité de l’inventaire en tête. Je frotte mon index sous ma lèvre inférieure. « Je crois qu’on en a, oui ! Je vais vérifier ! » Je disparais derrière le mur que forment les plantes un peu partout dans ce magasin, je reste à porter d’oreille et le lui fais savoir. J’observe la fleur écarlate, c’est une plante ravissante et on m’en demande rarement en bouquet. Je décide de modifier un peu mon arrangement, je retire quelques brins qui jure avec le rouge et installe les cinq amaryllis au centre de mon bouquet. Je me retourne vers mon client, le bouquet en main. Je le pose délicatement sur le comptoir, il reste encore quelques détails à ajouter. Je lui souris avant d’aller récupérer ma bouilloire. « Je n’ai pas grand-chose, mais je peux vous proposer les grands classique, un Earl Grey, un thé vert à la menthe et il doit me rester une tisane au caramel, si ça vous intéresse. » Je laisse échapper un rire un peu con. Bon, ok, il va jamais vouloir d’une tisane au caramel, l’accent ne trahis rien et ce mec est un grand-breton. Je ne suis pas assez au point sur les accents pour le situer avec précision, mais c’est facile de savoir qu’il n’est pas d’ici. J’observe son visage quand il m’explique avoir rencontré Darwin quelques semaines plus tôt et je fronce légèrement les sourcils. Mon cœur se serre un peu et Estrella décolle de son poste près de la rottweiler pour s’installer sur mon épaule. J’espère qu’il ne vient pas de Merkeley, je n’ose pas poser la question, bien que la curiosité me brûle les lèvres. Je manque de tact, mais je sais que beaucoup des rescapés ont perdu des proches à cause du virus. Je me contente donc de hocher la tête. « Si vous êtes un fan de thé, c’est pas étonnant qu’Oncle Darwin vous ait apprécié ! » Je laisse échapper un petit rire.

La question suivante me fait rire également. « On peut dire que je travaille ici depuis toujours en fait ! Quand j’étais gamin, j’fouinais dans l’arrière-boutique puis quand j’ai eu l’âge, Darwin m’a callé derrière le comptoir, pendant les vacances scolaires, puis il m’a laissé faire des bouquets. J’ai été moins présent pendant un temps, j’étais à la fac à Trondheim, donc j’étais pas là très souvent, mais maintenant que j’ai fini, j’peux revenir et j’travaille à mi-temps pour l’instant. J’essaie de me mettre un peu de thune de côté pour me prendre un petit appartement d’ici pas trop longtemps. Ensuite, on verra ce que je ferais. » Je me gratte l’arrière de la tête et ouvre les yeux comme deux soucoupes quand il me demande si je viens d’ici. « Bah… Oui ? Mais euh… Vous voulez dire quoi par-là ? » Mon ton n’est pas agressif, juste profondément curieux. « J’veux dire, si on a un truc chelou, j’sais pas, j’ai jamais quitté la Norvège. » Je hausse les épaules, ne comprenant pas bien pourquoi il s’éloigne tout à coup. Le petit rire, cristallin de son oiselle résonne dans son crâne. « Il est gêné, Espen, il a l’impression d’avoir dit quelque chose de mal. » « Mais ? Enfin, pas du tout ?! » Estrella continue de rire dans ma tête tandis que je m’approche rapidement de mon client qui me tend une carte de visite. « Oh ! Vous êtes garagiste ! Ah bah oui, ça m’arrange, ma voiture fait un bruit bizarre depuis quelques jours, il faudra que j’vous l’amène ! Je peux en avoir une deuxième pour moi ? » Je pose la première carte près du petit cadeau qu’il offre à mon oncle avant d’attraper la seconde. « Merci. » Estrella toussote dans ma tête. « Oh et euh… Vous inquiétez pas pour ce que vous avez dit à propos des gens d’Ókólnir, j’ai pas été vexé hein ! » Je me pince la peau de l’avant-bras en réfléchissant. « Ça arrive à tout le monde de euh… Mal formulé ses phrases, je suppose. » Je laisse échapper un petit rire. « Et puis j’vous ai bien dit que vous étiez mou tout à l’heure quand même ! »

Je glisse la main dans ma poche, essaie d’y faire rentrer la carte de visite et fait tomber mon téléphone au sol. Le câble de mon casque se décroche et la musique retentit. Un morceau de violon, très mélancolique, joué par Papa, résonne dans la pièce et je m’empresse d’attraper le téléphone pour couper le son. L’appareil semble se moquer de moi quand l’écran se freeze. « Ah… Euh, désolé. » J’essaie désespérément d’appuyer sur tous les boutons pour que le son s’arrête et on entend soudain la voix de Papa qui demande à Maman de venir me chercher. Oui, le son dissonant au piano qu’on entend dans le fond est l’œuvre de mes petites mains. Je vire à l’écarlate et mon téléphone fini par s’éteindre. « Ahem… Désolé, encore. » Je détourne le regard et fourre le téléphone et la carte dans la poche ventrale de mon sweat d’un geste brusque. Je suis écarlate quand je retourne près du comptoir et Estrella se bidonne dans ma tête. « Oh ! Ça va hein ! » Elle rigole de plus belle et j’aperçois sa petite silhouette toute secouée de rire, en haut de l’étagère. Je lui jette un regard meurtrier avant de reprendre la confection de mon bouquet. « J’en ai pas pour longtemps, buvez votre thé, il va être froid… Je vous apporte votre bouquet rapidement… » Ma voix est un peu plus aiguë que ce qu’elle devrait, la gêne me coupant le sifflet. Ce garçon, est très beau, et très poli et je me ridiculise en boucle devant lui. Pas étonnant que je sois célibataire depuis mathusalem.  








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Lun 5 Nov - 19:23
Une grimace à la mention de la tisane au caramel lui échappe, il ne comprend pas l’intérêt de boire ces choses, Ellias, il aime la simplicité d’un thé aux arômes marqués et purs. Il sourit et choisit évidemment le Earl Grey, comme le molosse le prévoyait. Un regard au bouquet, à ces fleurs qui se sont intégrées parfaitement à la création de l’ingénu fleuriste. Il sent cette nostalgie et cette douce chaleur investir sa poitrine au souvenir ravivé de ce sourire alors qu’elle s’affaire au milieu de ses parterres de fleurs, sa grand-mère. Elle se souvient ses cheveux blancs qui tombent en cascade sur ses épaules, ces rivières d’argent qui suffisaient à faire fleurir un magnifique sourire sur les lèvres de son amour, Calla. Elle verrait presque le renard qui sort derrière le comptoir de la boutique pour venir se blottir contre elle. Il est heureux, de s’être rappelé le nom de ces petits trésors rouges. Mais ils sont ramené sur la terre ferme, loin de ces moments passés. Il ne perd pas son sourire, le blond, écoute le neveu de son compagnon britannique comprendre ce qui les a aidé à échanger quelques moments ensemble. Il écoute avec attention le jeune homme lui raconter quelques bribes de son enfance, dans cette boutique, à s’improviser fleuriste, les derniers mots, cependant le frappe, ramène quelque chose en sa mémoire, quelque chose de pas bien vieux, il l’a encore vu plus tôt.

-Oh si vous cherchez un appartement mon propriétaire loue celui à côté du mien, ils ne sont pas très cher et plutôt bien arrangés… Il réfléchit plus, n’est jamais rentré dans celui à côté, mais l’affiche ne stipule pas beaucoup de mètres carrés. *Et j’approuve, comme ça j’aurais le droit à ce genre de scènes tous les jours, ce sera un peu comme une émission de télé assez qualitative...* La plaisanterie fait mouche, l’amusement s’installe dans le lien qui les unis. Il pose ensuite, cette question, manque cruellement de tact, soudain. Quand il s’en rend compte, il y a cette insidieuse gêne qui s’installe, refroidit un peu ses ardeurs et le pousse à reculer. Il se reprend, tente de masquer le désagréable sentiment qui le tient en tenaille, glisse une carte à son interlocuteur, destinée à Darwin et il offre ses services, par la même occasion, c’est toujours intéressant d’avoir quelqu’un à appeler en urgence pour une voiture récalcitrante. La proposition fait mouche, il s’anime un peu plus, reprend pied, le britannique, il ravale sa gêne et s’approche d’un pas, s’éloigne un peu de cette émotion malvenue. Il attrape une seconde carte, un stylo qui traîne au fond de son sac, ajoute le numéro de son propriétaire sous le sien et son adresse. -Tenez, la deuxième carte, j’ai noté mon adresse et le numéro de téléphone de mon propriétaire, pour l’appartement. Si vous finissez par le visiter je jetterai un œil sur votre voiture pendant ce temps là si vous voulez. Il la tend avec un sourire aimable, le serviable garagiste, il a besoin d’occuper ses mains, ne supporte plus de tourner en rond, de ne pas travailler, faire ce qu’il aime. Tout sa vie a été mise en pause, avec cette catastrophe.

Il est franc, le bouclé, il fait renaître ce sens de l’humour qui s’était réfugié dans un coin, ces dernières minutes. -Oh vous vous êtes rattrapé, en me disant que j’étais musclé, il me semble, je serais donc juste assez mou pour bien réceptionner les gens qui tombent. C’est plutôt une qualité alors. Elle rit, la chienne, il ne l’a pas entendu, d’oreille, depuis longtemps ce rire, qu’elle ne réservait plus qu’à lui, depuis le bombardement.

Puis, cet évènement, inattendu, qui éveille un éclat bien particulier dans l’azur des yeux du blond, un violon s’élève, pleure, une mélancolie qui lui rappelle celle qui a longtemps teinté les notes de celui d’Ellias, à la gardienne. Elle écoute avec plaisir l’instrument s’exprimer, lui livrer ses secrets, et l’esprit du daemonien résonne de cette même impression, mais il se confond en excuse, le jeune homme dont les goûts éveillent une part musicienne de l’âme de l’anglais. -Ne vous excusez pas… C’est une voix qu’il ne croyait pas entendre à nouveau dans la boutique qui s’élève, elle parle, de bon coeur, d’elle même. Elle s’adresse à quelqu’un sans cette réserve qui la caractérise avec toute autre personne que les membres de sa famille. La gardienne silencieuse habituellement parle. -Ellias fait du violon, vous jouez du piano du coup…? Il se tourne vers le rottweiler qui s’est approché, cette air presque émerveillé vissé sur le visage, Ellias. Entre étonnement et ravissement. La simplicité de la personne en face d’elle, cette spontanéité rafraîchissante l’a adoucie, la bougonne Calla. -Il pourrait même vous en jouer, si vous aimez ça, il n’a jamais assez de public pour apprécier cela, je trouve. Elle lui répond, à cette spontanéité naturelle, à ce trait de caractère qui définitivement, arrive à calmer ses habituelles réserves. Elle n’observe plus, ne juge plus silencieusement, elle prend part à l’action contre toute attente, défie les statistiques.

Il prend son thé qu’il n’a toujours pas touché, le spectateur rendu muet par cette intervention, boit une gorgée, s’éclaircit la gorge. -Votre père a du talent… J’ai beaucoup aimé sa manière de jouer. Il penche légèrement la tête, le violoniste captivé par cette discussion qu’ils commencent, la musique est parvenue à ramener l’Ellias qu’elle connaît, celui qui s’investit soudain dans une discussion avec cette passion en fond, avec cet intérêt brûlant. Le thé est siroté, alors qu’il attend la réaction et les réponses de l’autre.

Il joue nerveusement avec le bas de son tee-shirt, Ellias, il a ce tic, quand une conversation l’a totalement absorbé, ses yeux bleus qui brillent d’un intérêt intense il s’est encore rapproché du comptoir, revenu à sa place initiale, Calla sur ses talons, juste assez loin pour ne pas être gênée par le comptoir. Elle touche la main de sa moitié du bout du museau et son moignon de queue s’agite doucement, signe d’un intérêt rare, piquant, excitant sentiment qui ravi le duo, suspendu aux lèvres du bouclé.


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Lun 5 Nov - 21:00


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Ellias & Espen

Mes joues prennent une couleur écarlate et je détourne le regard. « Oh bordel de merde, de merde, de merde ! » Le rire d’Estrella résonne dans tout mon crâne et je lui jette un regard meurtrier. « Merde, merde, merde, merde… » Je pose les mains sur mes joues avant de les frotter contre mes cuisses, mes paumes sont moites et je cligne des yeux rapidement, la bouche entrouverte. Je tortille la carte que viens de me donner mon client entre mes doigts. « Argh, pourquoi est-ce qu’il a fallu que j’dise ça toute à l’heure ! Oh, et toi, arrêtes de rire, tu veux ! Boucle là, Estre ! » Un rire féminin et inattendu me fait redresser la tête. La daemonne rit de bon cœur et dans ma précipitation et ma gêne, je fais tomber mon téléphone en tentant de glisser le petit morceau de papier dans ma poche.
La plainte du violon s’élève et la voix de papa résonne. Le silence retombe sur le magasin et je m’empresse de retourner vers mon comptoir, mon téléphone désormais éteint, fourré dans ma poche. Une voix féminine, douce, se fait entendre dans la boutique et je tourne la tête vers la chienne qui s’adresse à moi. Elle s’approche de moi et je baisse la tête. Les souvenirs m’emportent dans une ronde étourdissante. Maman et son piano, papa et son violon. La salle de musique pleine de leurs rires, de leurs amis musiciens. Les grandes soirées-concerts dans le jardin de la maison, la musique toujours, la musique partout. Les rires, les danses et les chants. Les daemons, dans un coin, installé calmement à discuter. Ezio, le daemon de papa et sa voix cassé, qui nous chantait des chansons. Les heures passées à regarder maman et papa faire, apprendre de leurs gestes, me tenir comme papa, placer mes mains sur le clavier comme maman. Le poids d’Estrella sur ma tête, me ramène au présent et je sursaute légèrement. Je n’ai rien entendu de ce qu’il se disait, j’étais trop ailleurs. Sa voix, douce, chantante, me raconte ce que j’ai raté. « La daemonne d’Ellias, elle s’appelle Calla, te demande si tu joues du Piano. Ellias à l’air très surpris de la voir te parler et elle propose aussi qu’il joue pour toi si tu en as envie. » J’observe la chienne, toujours plus à l’aise a l’idée de croiser les yeux d’un daemon que d’un humain ou d’un daemonien. Il y a de la douceur dans ce regard, de la douceur et de la curiosité.

Je tortille mes doigts et me rend compte que je n’ai toujours pas répondu à la question qu’elle m’a posé et que le silence s’allonge. « Oh euh… Oui, je joue du piano, j’ai mon synthé dans l’arrière-boutique d’ailleurs. » J’indique d’un signe de tête, la porte close qui donne sur la remise. Mes yeux dérivent sur Ellias, sa tasse à la main, un sourire un peu surpris sur le visage. Ses yeux sont tous brillants et je ne comprends pas pourquoi. « Il a envie de pleurer ? Pourquoi il est triste ? » Estrella laisse échapper un rire attendri dans ma caboche. « Non, chéri, il est ému, mais il n’est pas triste, et si ses yeux brillent, c’est parce qu’il est intrigué, je suppose, ou en tout cas parce que la conversation l’intéresse ! Regarde, comme je t’ai appris, il se penche un peu vers toi et il sourit, et ses yeux sont fixés sur toi. Ça veut dire qu’il trouve ce que vous dites intéressant. » J’observe un peu plus en détail mon compagnon et enregistre sa posture. « Vous jouez du violon du coup ? J’en joue un peu, pas très bien malheureusement… » « Arrête de te dénigrer Espen. Tu es un violoniste tout à fait correct. Ce n’est pas parce que ce n’est pas ton instrument de prédilection que tu ne joues pas bien. » Elle ébouriffe ses plumes et fixe Ellias et sa daemonne. « Espen joue également de la guitare et il compose et écrit des chansons. » Je fixe ma daemonne d’un œil noir. « Eh, t’es pas censé parler des chansons ! » « Mais ce sont des musiciens Espen, tout va bien. » Je grommelle un peu dans ma barbe. Elle est gonflée quand même.

Je me tourne à nouveau vers Ellias, sans pouvoir m’empêcher de noter à quel point ses yeux sont bleus et à quel point son sourire adoucit ses traits. La fierté m’engloutit tout entier quand il salue le talent de Papa. « Oui, hein ?! J’adore l’écouter, il jouait souvent pour moi. Le soir, le plus souvent, le petit bout que vous avez entendu, c’est une berceuse qu’il avait composé pour moi. » Je souris heureux de croiser quelqu’un qui partage ma passion. « Il jouait énormément, de tous d’ailleurs. Même s’il adorait jouer des tangos pour maman. C’est le sang espagnol ça ! » Je laisse échapper un petit rire. « Ma mère, et lui, jouaient souvent ensemble, c’est elle qui m’a enseigné le piano, elle joue moins maintenant, mais ils se sont rencontrés dans un orchestre pendant une tournée. » Je me rends compte que je raconte encore ma vie. Je me gratte l’arrière de la tête. « Ah, désolé, je me suis laissé un peu entraîner. Cela dit, si la proposition tient, j’aimerais en effet beaucoup vous entendre jouer ! Je n’ai pas très souvent l’occasion d’entendre de bon violoniste jouer en live et c’est toujours plus agréable. » Je hoche la tête, surpris par ma propre audace. Cette proposition que m’a faite sa daemonne, et que je viens d’accepter, implique que je devrais le revoir. Et j’aimerais bien. Quand la pensée traverse mon crâne, je rougis un peu. « Vous avez commencé à quel âge ? Et qu’est-ce qui vous a donné envie ? Je sais que c’est loin d’être l’instrument de prédilection de beaucoup de jeunes, c’est quand même sacrement plus compliqué et plus cher qu’une guitare ! »

Le bouquet, posé sur le comptoir juste à côté de mon bras est oublié quand je pose une fesse sur le tabouret et que je me perds un peu dans le sourire et les yeux trop bleus de mon interlocuteur. Il tortille le bas de son t-shirt entre ses doigts et mes yeux s’attardent quelques secondes sur son avant-bras, sur la main qui englobe la petite tasse, avec une sorte de grâce que je n’ai jamais vu chez un homme, encore moins chez un homme de cette stature. La conversation est lancée et elle peut durer des heures…







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Mar 6 Nov - 17:09
Il s’est perdu, une nouvelle fois, ses joues se sont empourprées bien plus qu’elles ne l’avaient déjà fait et cela tient presque du miracle. Il se sentirait presque mal  de lui avoir causé cet inconfort, mais bien heureusement, quelque chose vient troubler ce moment. La chute d’un téléphone, la musique qui s’élève… Un violon qui se plaint, qui chante une complainte mélodieuse. La boule de plume qui se pose sur la tête du bouclé surprend quelque peu le blond qui pourtant a déjà vu pas mal de daemons volatiles faire cela. Lui ne l’aurait jamais imaginé, elle a toujours été terrestre, sa douce, elle ne sait pas ce que c’est, de voler. Mais il oublie bien vite ses pensées, se concentre sur la conversation qui s’installe, captivé par les mots du jeune homme qui lui fait face, un pianiste. Il a les yeux brillants, Ellias, il songe à sa grand-mère qui l’accompagnait souvent, se rend compte avec tristesse qu’une éternité semble s’être écoulée, depuis la dernière fois où un piano a accompagné son violon. Il suit le geste qu’il esquisse, le musicien en face de lui, regarde un instant la porte derrière laquelle se trouve donc un synthé. *Tu regrettes de ne pas l’avoir pris, hein, ton violon.* Elle glousse à l’intérieur, la gardienne. Elle sait son amour de la musique et son impatience dès qu’il s’agit de ça. Elle se souvient encore les petits bonds et l’excitation d’avant les concours. Il adorait ça, le violoniste, se produire devant tant de monde, même s’il stressait toujours un peu juste avant son passage, elle le réconfortait pour qu’il se lance. *Oh, ce n’est pas le lieu, mais oui, je serais bien allé en jouer quelque part, j’aurais forcément fini par trouver...* Il réfléchit un instant, par ce temps et dans cette ville qu’il connaît peu, il n’a pas encore ses petits coins pour jouer, pour s’isoler et se perdre dans les accords et les notes.

Il sourit, quelque peu étonné lorsqu’il apprend que son interlocuteur sait aussi jouer du violon. Il salue l’initiative, écoute les remontrances de la petite oiselle qui corrige sa moitié. Elle fait un tableau de ses compétences musicales et il est impressionné, le violoniste qui n’a que très peu touché les autres instruments, préférant passer des heures et des heures à frotter les cordes de son ami à corde de coups d’archets précis, répétés. Il sent une pointe de déception, lorsqu’il se souvient qu’il n’a plus le même violon, que celui qu’il possède actuellement est neuf et qu’il doit encore se faire à sa main, il doit le marquer de son identité, de sa façon de jouer, de le tenir. Le regard noir que jette le jeune fleuriste à sa petite compagnonne l’amuse quelque peu, en voilà encore une qui révèle des détails sans permission. Il jette une oeillade rapide au rottweiler qui ne le remarque même pas, ce regard.

Mais la légère rancune est très vite effacée derrière un enthousiasme débordant alors qu’il évoque son père. Quelque chose le titille, dans ce discours, quelque chose sur laquelle il ne saurait mettre le doigt, le musicien, il cesse de chercher, ne se rendant pas compte que c’est cette utilisation du passé qui ne convient pas à ses oreilles. Il jette un coup d’oeil à la chienne visiblement très contente qu’il accepte la proposition faite de jouer pour lui, ce n’était pas prévu, mais la musique étant faite pour être écoutée il ne peut pas y voir d’inconvénients. -Qui a dit que j’étais un bon… -Moi je le dis, c’est un bon violoniste, promis. Il baisse les yeux, son regard rencontre deux yeux marrons brillants de malice, elle est en forme, la demoiselle bien silencieuse habituellement. Elle est ravie de rencontrer un collègue musicien, pour son amour, pour qu’ils finissent par jouer ensemble, il s’apaise, quand il fait courir ses doigts sur les cordes, qu’il fait s’élever les notes. Mais elle en a marre, de le voir seul, quand cela arrive, alors elle fouine, bien décidé à lui trouver public et partenaires de jeu. -Mais Ellias a raison, il est talentueux, votre père, puis c’est vraiment beau, de vous avoir composé une berceuse... Et je suis impressionnée, vous jouez de trois instruments, quand même... Il n’était pas musicien, leur père, il ne leur a rien laissé, mis à part cette couronne blonde qui orne la tête d’Ellias, ces yeux bleus et cette taille. Elle le revoit, en lui. Mais il ne veut pas vraiment l’entendre, ça, le musicien, il n’arrive pas à penser à son père sans voir la scène de ce soir là, dans la voiture. Elle le sait et elle le regrette.

Il n’a pas suivi ses pensées, son grand amour, il écoute les questions que lui pose le jeune homme, s’efforce de trouver une réponse dans ses souvenirs. -J’ai commencé à mes quatre ans, si je ne m’abuse... Elle y pense aussi, se revoit petit chiot ronflant tranquillement durant les leçons de son petit artiste préféré. Violon grinçant les premières années, qui était devenu bien vite mélodieux. -Aussi loin que je me souvienne, je l’ai toujours vu avec un violon à la main, dès qu’il a pu tenir sur ses jambes et le tenir. Il y a cette fierté, encore, plus prononcée même, alors qu’elle parle de son petit prodige, elle les regretterait presque, toutes ces coupes, gagnées lors de concours, qui ont disparues à Merkeley, même s’il ne les exposait pas, elle était heureuse de savoir qu’elles étaient là. -Je me suis contenté de suivre les traces de ma mère, qui était professeure de violon… elle m’a donné envie d’apprendre, de pouvoir jouer comme elle le faisait, alors je me suis lancé. J’avais l’avantage d’avoir tout le matériel disponible à la maison, puis j’ai eu mon premier violon à Noël, enfin, le premier qui soit réellement à moi. Il s’interrompt, il s’étend, se perd dans des sujets qui menacent dangereusement de faire remonter les souvenirs, il préfère s’arrêter, avant de déchaîner les émotions qui viendront avec son passé.
Il a continué de jouer avec son tee-shirt, il s’en aperçoit et arrête la torture de ce pauvre vêtement qui n’avait rien demandé. Il caresse la tête de Calla qui s’est approchée, elle bombe un peu le torse, gagne quelques centimètres pour appuyer plus fort contre la paume de son âme-sœur. Elle est là, à le protéger des souvenirs qui le tourmenteront sûrement encore, cette nuit. -Oh, vous pourriez jouer ensemble, enfin, si votre répertoire musical correspond, il y a bien longtemps que personne ne l’a accompagné au piano… Vous jouez de quoi, principalement? Question innocente, ou pas du tout. Elle a les titres qui affluent par centaines, classique, contemporain, bandes originales reprises et chansons quand elles lui plaisent, il joue de tout, l’anglais, alors elle n’en doute pas une seconde, qu’il sera capable de trouver un terrain d’entente pour jouer avec le bouclé, son blond. Ellias s’apprête à dire quelque chose, mais elle continue. -Il touche un peu à tout, Ellias, il aime varier, mais il ne compose pas malheureusement. Le métronome humain, il reprend, à la perfection, marque chaque tempo, respecte la partition. Il ne s’est jamais penché sur cet aspect, avec son violon, se contentant d’exécuter n’importe quel morceau qui lui plaisait, dès qu’il l’entendait, il notait le nom quelque part et ensuite le jouait. Bien sûr, il a ses favoris, pour la plupart des duos qu’il jouait avec sa pianiste attitrée, sa grand-mère, pendant que les daemons roupillaient sous le gigantesque piano à queue de la salle de musique du manoir.


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Nothing will be the same...

Ven 9 Nov - 20:09


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Ellias & Espen

Ils sont rares, les musiciens que je peux rencontrer. Ils sont encore peu plus rares ceux qui veulent parler avec moi, ceux qui ne se rendent pas compte de ma bizarrerie, ou ceux qui passe outre. Ils sont rares ceux qui sont assez passionné pour que la conversation reste intéressante plus de deux minutes. Pourtant, Ellias est là, comme envoyé des cieux, les yeux brillants d’intérêt, les coudes posés sur mon comptoir, une tasse de thé dans la main et une chienne contre le flan. La conversation est intéressante, la pluie qui s’abat en dehors de la boutique ne nous perturbe absolument pas et les yeux dans les yeux, nous parlons musique. Un sourire étire mes lèvres quand Calla le reprend. Mes yeux se posent sur Estrella, regard de connivence, nous ne sommes pas les seuls. Elle aussi, elle le ressent, ce besoin de corriger son daemonien quand il dit des bêtises, quand il se dénigre, quand il ne respecte pas les dons que la nature lui à donner. Je tends la main et attrape ma tasse, la porte sous mon nez pour me gorger de cette odeur, qui sera probablement lié à cette rencontre impromptue mais si agréable. « Oh, je vous crois, Madame. » Je hoche la tête en assentiment. Et je la crois, réellement. Il suffit de regarder les mains d’Ellias pour savoir qu’il joue très régulièrement, probablement pendant de longues heures. Ses doigts sont longs, fin et presque délicat, pourtant, ils renferment toute la musculature nécessaire à la pratique d’un instrument presque ingrat, qui demande énormément de son porteur. Les cals, qui marquent la pulpe de ses doigts, donnent une indication quant au niveau de pratique et de la durée de l’utilisation de l’instrument. Ils sont nombreux, répartis équitablement et bien marqué. Je le sais, je les ai sentis sur mon bras, quand il m’a rattrapé. Ils ont également cette souplesse qu’implique la pratique du violon. Je le sais, j’ai vu ceux de mon père empoigner l’instrument pendant des années.

Je l’ai vu caresser les cordes de son archet, si longtemps, pendant des heures et des heures, sans jamais se lasser, je l’ai vu tournoyer, l’instrument posé sur son épaule, sa voix résonnant dans la maison, chantant des chansons d’amour à ma mère. Je l’ai vu composer, pendant des heures, des ritournelles et des berceuses pour moi, des balades mélancoliques pour Maman, des rythmes endiablés pour les soirées, et des chansons de diva pour Ezio et sa grande voix. Je l’ai vu Papa, vivre sa musique pleinement. Mes yeux s’égarent sur les mains d’Ellias avant de retourner sur la chienne. « Je vous crois, ça se voit à ses mains ! Et à la façon dont il parle de musique. » Je souris à Ellias. « Il n’y a qu’un vrai passionné pour parler comme ça. » Estrella près de moi acquiesce et s’approche légèrement des mains de notre interlocuteur pour les regarder de plus près. Elle penche la tête et sautille autour silencieusement. « C’est vrai, elles sont très similaires à celle de notre Père ! » Calla, me complimente et le rouge est de retour sur mes joues. « Ah… » Ma main frotte une fois de plus l’arrière de ma tête, ébouriffant mes boucles plus encore. « Ouais… Merci ! J’ai pas beaucoup de mérite, mes deux parents jouent d’un instrument et puis, j’ai eu une enfance et une adolescence assez solitaire, les instruments et les insectes, c’était à peu près tout ce qui m’intéressait. » Je laisse échapper un rire qui sonne un peu faux. Cette phrase est vraie et fausse en même temps. Certes, les seules choses qui m’intéressaient profondément étaient les insectes et la musique, mais est-ce que c’était uniquement par intérêt pour parce que je n’avais rien d’autre ? Il y avait Eirin, ma meilleure amie, il y avait Estrella, mon âme-sœur et c’était tout. Ma vie était très vide, vide de rire, vide de gens, vide d’amis. Quitter la maison était parfois une torture, aller à l’école un châtiment et Eirin était la seule personne qui m’apportait un peu de réconfort dans cet environnement.

Le rire léger d’Estrella me ramène dans la réalité. « Oh, je connais ça ! Espen courrait partout des tout petit, mais l’endroit qu’il préférait, c’était la salle d’enregistrement. Il appuyait sur toutes les touches du piano, le son était horrible, mais il riait si fort ! » Elle me jette un regard attendri et je souris, les joues toujours roses. « Il a essayé un peu la batterie pendant un temps, mais ça ne lui a pas plu et il est retourné très vite à son piano ! » Elle lève la tête vers Ellias. « Vous deviez être adorable avec votre violon dans l’enfance. » Nous écoutons sagement la réponse du grand blond, mes yeux fixés sur son visage. Je sais qu’il doit être gêné, j’ai tendance à fixer les gens trop franchement et à les mettre mal à l’aise. Mais je n’y peux rien, si son visage est intéressant. Non seulement, il est beau, objectivement beau, j’entends, mais en plus, il est assez expressif et c’est un bon exercice. « Oui, un peu comme nous quoi, j’ai commencé le piano parce que maman en jouait et que j’aimais le bruit des touches. » Je ris un peu en me souvenant des heures dans la salle de musique, de Maman qui était au bord de l’arrachage de cheveux. « Ma pauvre maman, elle a failli sauter par la fenêtre et prendre le piano avec elle à l’époque où j’ai commencé ! J’étais vraiment mauvais au début. J’voulais pas apprendre le solfège, ça avait l’air tellement chiant ! » Je secoue la tête. « Bon, j’ai fini par m’y mettre, j’ai malheureusement pas l’oreille absolue ! » Je hoche la tête, partageant le souvenir de l’arrivée de mon premier instrument. « Oui, quand maman m’a acheté mon piano, il est toujours chez elle d’ailleurs, ça a été la fête à la maison. » Un sourire attendri étire mes lèvres en souvenir de l’instrument, qui trône fièrement dans la salle de musique chez maman. Il est vieux, un peu cabossé, un peu poussiéreux probablement, vu que j’ai tendance à plus utiliser mon synthé. Moins encombrant, facilement transportable, pas besoin de l’accorder, le piano électrique à un milliard d’avantages, mais il n’aura jamais le son riche et presque soyeux de mon piano.

Calla propose que nous jouions ensemble et je souris largement. J’ai très envie de voir ce à quoi il ressemble avec son violon sur l’épaule, et son archet dans une main. J’ai envie de voir si, comme papa, il se laisse porter par la musique, le corps oscillant en rythme. « Carrément ! Ça pourrait être sacrément chouette, il faudrait qu’on organise ça ! Vous pourriez venir chez maman, la salle de musique est sacrément grande, on pourra s’y installer sans problème. Maman serait heureuse d’avoir un violoniste à la maison en plus ! » Estrella sautille sur la table, très heureuse à cette idée. « Ce serait vraiment agréable de pouvoir jouer avec un vrai violoniste ! » Elle s’envole et vient se poser sur mon épaule pour pouvoir regarder Ellias en face. « Espen joue de tout, de la pop au classique en passant par ses propres compositions, je pense qu’il n’y aura aucun problème à trouver quelques choses que vous pourriez jouer tous les deux ! » Puis, elle redescend de mon épaule et plante ses yeux dans ceux d’Ellias. « Il n’y aucune honte à ne pas composer, tout le monde n’en a pas l’envie. Ce n’est pas forcément une question de capacité, vous savez ! » Je souris devant ma daemonne et son enthousiasme. « C’est rare que tu sois aussi bavarde dis donc ! » Elle se tourne vers moi. « Eh bien, il est rare de tomber sur des gens vraiment intéressants ! » Elle hausse ses minuscules épaules d’oiselle et je caresse sa tête délicatement. « Je sais, je sais ! Oh, vous avez des idées, des duos piano-violon qui vous plairait particulièrement ? » Je secoue un peu la tête. « J’ai rarement eu l’occasion de jouer en duo, j’en connais pas mal, mais là, je n’ai pas vraiment d’idée ! » Estrella se redresse de toute sa hauteur, donc, pas grand-chose et dit d’une voix forte. « Moi, je sais ! J’adorerais vous entendre jouer du Debussy ! » Je hausse un sourcil, j’adore Debussy, bien que je le trouve parfois trop classique. Ma daemonne n’a pas tort, c’est un compositeur qui pourrait tout à fait correspondre. « Oui, pourquoi pas ? » Je redresse la tête et regarde Ellias. « Ça vous irait ? »

Je regarde le bouquet toujours posé sur le comptoir et me rends compte que la conversation pourrait durer des heures et l’idée de continuer à discuter avec nos deux interlocuteurs me plaît énormément. Mes yeux dérivent vers l’horloge rapidement, l’horaire de fermeture approche cependant et jette un œil à la porte et à la pluie battante qui s’abat toujours dehors. « Ahem, je vais vous encaisser toute de suite et fermer la boutique, c’est un peu tôt, mais vu le temps, je pense qu’on aura personne. Mais si vous voulez, on peut continuer à discuter dans l’arrière-boutique ou même monter et s’installer chez mon oncle pour finir la conversation ! » Mon estomac laisse échapper un gargouillement sonore et je plaque les deux mains sur mon ventre en rougissant. « Ah… Et euh… J’mangerais bien quelques p’tits gâteaux avec mon thé… » Je ris doucement et Estrella pousse un petit soupir entendu. « Tu es un ventre sur pattes, Espen ! Mais… Cela dit, les shortbreads de Darwin sont toujours délicieux et je crois savoir qu’il en a une pleine boite dans la cuisine. » Ses petits yeux noirs brillent d’envie également. « Tu peux parler toi ! Regarde-toi, tu salives d’avance ! Ellias, je suis sûr que même vous, vous le voyez, non ? » Ellias et Calla acceptent la proposition et je m’empresse d’aller retourner le petit panneau sur la porte. J’encaisse rapidement la somme nécessaire pour le bouquet et compte ma caisse en vitesse, avant de fermer la porte à clef définitivement et d’éteindre les lumières. « On va passer par l’arrière-boutique, ça nous évitera d’être mouillé ! »

Une fois l’escalier monté jusqu’à l’appartement de mon oncle, j’installe nos invités dans le salon et fonce à la cuisine. « Je mets la bouilloire en marche et j’arrive ! » Estrella, restée dans le salon avec le grand blond et la chienne relance la conversation. « Vous avez un style préféré pour jouer, Ellias ? Et vous Calla, qu’est-ce que vous préférez le voir jouer ? » Je remplis la bouilloire en tendant une oreille attentive à la conversation. Les gâteaux sont installés dans une jolie assiette que j’amène rapidement. « Je reviens, je vais chercher les tasses ! Calla, vous voulez du thé ou autre chose ?» Je fais demi-tour tandis qu’Estrella continue. « Espen, joue beaucoup de musique actuelle en ce moment ! Je crois qu’il aime beaucoup cette petite humaine, Ariana Grande ! Il écoute le nouvel album en boucle ! » Je grogne en mettant les tasses, ainsi que le nécessaire à thé d’oncle Darwin sur un plateau. « Estrella, c’est un peu la honte c’que tu racontes là ! » « Mais non, chéri ! Elle chante très bien cette petite ! » Elle se retourne vers le grand blond. « C’est vrai, non ? » Je secoue la tête en déposant le plateau chargé sur la table avant de faire une fois de plus le chemin inverse et de ramener la bouilloire pleine. Le thé est vite choisi et nous nous retrouvons avec trois tasses fumantes et un bol de lait chaud pour la daemonne. « Bon, Estrella à raison, en ce moment, j’aime beaucoup Ariana, mais j’écoute pas mal de classique à coté, Stravinsky notamment, je le redécouvre en ce moment, et Bach qui est de mes compositeurs préféré depuis très longtemps ! Et toi ? Tu écoutes de quoi ? » Le tutoiement est venu naturellement envers le grand blond et je toussote en me rattrapant. « Oh, pardon, vous écoutez quoi ? Et vous Calla aussi d’ailleurs ? Je sais qu’Estrella a tendance à trouver mes goûts assez déplorables… »








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Mer 14 Nov - 20:08
L’enfance solitaire du bouclé éveille quelque chose qu’il ne saurait décrire, le violoniste, comme un écho avec son propre passé, sa propre solitude. Oh, ils n’étaient jamais loin, ses grand-parents et leurs âmes sœurs, mais il y avait ce manque, dans sa jeune vie, d’amis qui ne soient pas recouverts d’une fourrure, qui ne soient pas de sa famille. Elle n’avait pas duré longtemps, cette sensation de manque, à l’époque, il comblait déjà le vide avec les notes, laissait le violon exprimer ce que lui ne parviendrait jamais à dire, à admettre. Il semble un peu moins joyeux, le jeune fleuriste, en face de lui, soudainement, mais la voix de l’oiselle le sort de son introspection et Calla rit très légèrement, sa voix qu’il aime tant résonne dans la boutique, il en profite, Ellias. Elle a ce regard attendri, plein d’un amour pur, lorsqu’elle le regarde, qu’ils parlent de musique ensemble. -Oh vous auriez dû le voir dans ses petits costumes lorsqu’il allait en concours, avec un petit nœud papillon, ses cheveux rebiffaient toujours juste avant de rentrer sur scène, ça la rendait folle, Maman. Il était vraiment adorable... Elle qui passait des heures à préparer son garçon pour la scène avait toujours le malheur de le voir se salir quelques secondes avant d’aller sur les planches. Il ne faisait pas vraiment attention aux choses qui n’étaient pas essentielles, Ellias, depuis son plus jeune âge. Ce qui était essentiel, c’était cette musique depuis tant d’années. Il revient à la réalité alors qu’il a suivi les souvenirs qui reviennent dans l’esprit de la daemonne. Les concours, les coupes, la fierté de Calla et celle de ses proches. Il ressent un petit pincement au cœur, presque nostalgique.
Ils continuent de bavarder, les musiciens qu’une passion commune a réuni, il le dévisage, son interlocuteur, mais il n’y prête pas vraiment attention, le blond, ne semble pas le remarquer, lui aussi le fixe, sans vraiment le détailler, dérive un instant sur Estrella puis retourne se figer sur les traits du jeune homme. Il reprend la parole, le pianiste, il enferme l’attention de son collègue musicien dans la boutique, captive des mots qu’il prononce. Le solfège, qu’il avait commencé très tôt, se plongeant sans mal pour sa part dans un apprentissage fastidieux et bien moins attractif que l’instrument en lui-même, les débuts difficiles aussi, évidemment, ils étaient tous passé par cette case. Son niveau actuel dépendait entièrement des trop nombreuses heures passées à faire pleurer son violon sur du Chopin ou du Beethoven. Bien des artistes, de ce siècle et d’autres, étaient passé sous l’archet du jeune Singer, qui se forgeait sa personnalité de violoniste, à l’époque. Il s’était avéré être excellent en solfège, le petit enfant prodige de sa mère, un tempo parfait, il était le parfait concurrent de concours. Il n’avait apprit que plus tard à insuffler une émotion bien réelle dans ses notes, ses morceaux.

-C’est toujours quelque chose, le premier instrument qu’on nous offre, qui est réellement à nous… -Oh oui, tu t’étais pavané avec ton violon pendant quelques heures avant de te décider à le lâcher, si tu avais pu tu aurais dormi avec... Sa douce lui coule un regard en biais, amusée, le petit garçon est encore là, au fond, elle le sait, ce même petit garçon qui avait joué de son violon des heures durant pour remplir de joie le coeur de ses proches. Il s’empourpre un peu, le grand blond, il est gêné sans trop savoir pourquoi, par ce souvenir, sûrement est-ce le fait qu’elle livre les secrets de leur enfance aussi facilement, qui provoque la rougeur très légère sur ses joues. Même s’il pourrait le rejouer encore et encore, ce jour, ce cadeau, dans la forteresse de ses pensées, dans ses souvenirs. Cet éphémère moment de bonheur, ce calme avant la tempête. Il y a une pointe de tristesse, quand il repense à l’instrument resté à Merkeley, ce violon qui l’a accompagné tant d’années. Il chasse ces pensées en entendant la réponse du jeune homme à la proposition de sa moitié.

L’enthousiasme de l’autre réveille la part de lui qui n’a pas joué avec un pianiste depuis si longtemps, depuis qu’elle n’est plus, sa grand-mère. Depuis que la vie s’est compliquée à une vitesse inouïe. Elle l’attire, cette proposition incongrue que la chienne a faite. La décision est prise, de toute manière, sans qu’il le sache, puisque Calla, elle, est farouchement déterminée à le traîner s’il le faut jusque là, pour entendre ce duo. Le regard de la daemonne de son interlocuteur se plante dans le sien et il lui offre un sourire aimable, à la petite boule blanche. -Oh, c’est juste que je n’ai jamais essayé, je suis plutôt académique, normalement, j’aime reprendre les morceaux des autres, les réinventer parfois, dans le meilleur des cas. Mais créer une composition serait une source de stress pour moi, je n’arriverai pas à filtrer mes idées, je pense. Les idées affluent, par dizaines, quand il lui demande son avis, sur le morceau qu’ils pourraient jouer, Tchaikovski, Bach, peut-être quelque chose de plus récent, un morceau pop peut-être ? Il se plonge dans une réflexion intense quand le nom que prononce la petite boule de plumes blanches ramène à la surface des souvenirs, des notes qui s’élèvent, avaient l’habitude de s’élever, dans la pièce de musique du manoir, dans sa chambre alors qu’il n’était encore qu’un bambin. Sa mère le lui jouait, ce morceau de Debussy qu’il aime particulièrement, ils le partageaient, comme un moment privilégié, avec sa grand-mère, ils emplissaient la bâtisse de cette mélodie qui l’avait toujours bercé. Clair de Lune. Comme une évidence, le morceau s’impose dans son esprit, il est tenté de le rejeter, un instant, mais elle a lu dans sa tête, la demoiselle indiscrète qui partage encore une fois le contenu de son esprit. -Pourquoi pas Clair de Lune ? Il la joue merveilleusement bien Ellias, depuis des années qu’il l’a apprise par coeur… Hein ? Et ça fait si longtemps que personne ne t’a accompagné pour la jouer... Il la bouscule, très légèrement de la jambe et elle se contente de s’appuyer un peu plus sur lui, comme si cela représentait réellement une réponse. Elle darde un regard implorant sur son amour, cette gardienne qui se veut conquérante aujourd’hui, de ses envies. Il soupire en la regardant, doucement, assez pour qu’il ne le perçoive pas, l’hôte accueillant derrière le comptoir, elle a gagné, elle le sait, le voit rien qu’à son expression, à sa petite moue de résignation qu’elle ne connaît que trop, qu’elle voit naître avant tout le monde. -Si vous êtes tous d’accord je me range à votre avis, mais il va falloir que je dérouille les mécanismes, j’ai l’impression de ne pas avoir touché mon violon depuis un siècle. Depuis le sang, les morts, le drame et la tristesse, des mois se sont écoulés sans qu’il ne trouve la force de le jouer, ce morceau qui lui tient tant à coeur. Ce qu’elle regrette, La douce. Mais l’idée de l’entendre bientôt lui réchauffe le corps, des pattes à la tête, elle est ravie mais ne montre pas le large panel de ses émotions. Elle leur a déjà fait entendre sa voix, ce qui est exceptionnel, quand on sait que l’effort n’en est pas un, que la prise de parole n’est que de son fait.

La proposition suivante surprend le violoniste qui jette un coup d’oeil à l’heure, il réfléchit un instant, la babysitter ne lui ayant pas donné d’heure de retour il la sait libre aujourd’hui et il accepte la proposition après avoir répondu. -Oh j’en connais une qui est pire que vous deux réunis quand il s’agit de nourriture… Un sourire pare son visage alors qu’il suit son hôte après avoir réglé le bouquet acheté, qu’il laisse sur le comptoir de la boutique pour ne pas l’abîmer en l’emportant partout. Le molosse les suit, effectivement appâté par la perspective de biscuits autour d’une conversation intéressante, ses griffes cliquettent sur le sol derrière eux.

Quand ils entrent dans le salon, Ellias file s’asseoir poliment alors que la curieuse sur ses talons s’attarde, prend le temps d’enregistrer chaque détail de ce qu’elle voit, comme elle en a l’habitude de le faire. Elle s’approche néanmoins à la question posée. -Oh, nous avons le même style préféré, le classique, bien que j’adore l’entendre jouer certaines chansons plus récentes... Elle semble réfléchir un peu plus avant, son visage canin s’éclaire et son moignon de queue s’agite alors qu’elle écoute la question du bouclé. -A bien y réfléchir, je sais ce que j’aime l’entendre jouer de récent… The Cinematic Orchestra, vous connaissez? Et je veux bien un bol de lait chaud, si ce n’est pas abuser de votre hospitalité. Ariana Grande, ils cherchent dans leurs mémoires, une fois de plus la daemonne est plus réactive et elle penche la tête sur la gauche, légèrement. -Oh oui, c’est assez sympa, comme musique, aucune honte à avoir, enfin! Il s’est fait un peu plus silencieux, le grand blond, il laisse la daemonne converser avec le duo en face d’eux, profite de ce rare moment de parole qu’elle prend. Le tutoiement le fait sourire, la reprise encore plus.

-Oh pas de souci, on peut se tutoyer hein ! Ce sera plus simple pour tout le monde! Il réfléchit ensuite à la question le mélomane, essaie de se fixer sur un seul artiste pour ne pas avoir à lui en citer des centaines. C’est compliqué, comme choix, il se creuse la tête un petit moment encore alors que Calla entame son lait. -Ce que j’écoute… j’aime beaucoup Imagine Dragons, le groupe, sinon il y a The XX en ce moment du moins, c’est un peu comme pour toi, c’est par phases... Il hausse les épaules, l’air de ne pas être sûr de sa réponse, c’est que trop de noms lui viennent en tête, à Ellias, trop d’artistes et de groupes se partagent le coeur du musicien qu’il est.
Il boit une gorgée du thé, se brûle, un tout petit peu, retient une grimace, elle sursaute, sa liée, le maladroit violoniste échange un regard avec Calla qui le fixe, courroucée qu’il ait pu leur faire mal bêtement une fois de plus. La colère ne reste pas, cependant, elle remet son large museau dans son bol de lait une seconde. Quand elle relève la tête, elle n’entraperçoit pas ce qu’il y a dans la main de son amour, mais quand il le lance par dessus la table elle comprend soudain, attrape au vol le gâteau qui s’échoue dans sa gueule. Il disparaît bien vite, le biscuit presque gobé par la chienne qui remercie silencieusement le lanceur habile.

Il pose son thé pour lui laisser le temps de refroidir et éviter une remontrance du molosse qui le regarde avec l’air satisfait de celle qui a raison. Il se replonge dans la discussion. Une question lui taraude l’esprit, à l’invité, cette utilisation du passé, quand il parle de son père, a frappé Calla qui lui a fait remarquer. Et sa mère qui serait contente d’avoir un violoniste à la maison s’ajoute au rapide calcul qui se fait dans son esprit. Il se tend un peu, plusieurs éléments laissent transparaître une vérité qu’il ne connaît que trop, qui l’attriste, en son for intérieur, pour cet homme qu’il connaît pourtant si peu. -Oh j’espère que ça ne dérangera pas Darwin que nous soyons venus ici…? Trop inquiet par la bienséance qu’il applique avec rigueur, il subit une moquerie silencieuse de la chienne qui après avoir vidé le bol de lait, se couche nonchalamment sur le sol, y pose même la tête en attendant d’avoir une intervention à faire. Un regard sévère empêche encore Ellias de reprendre son thé et il décide d’attendre encore quelques minutes. Il joue avec sa cuillère, fait tourner doucement le thé, les yeux fixés sur le petit tourbillon qui se forme avant de s’en lasser et d’arrêter. -Et tout à l’heure je ne l’ai pas dit, mais moi si je dois aider à choisir un autre morceau je voudrais écouter quelque chose de récent, les garçons, quand vous jouerez ensemble... Elle préfère le classique, Calla, mais elle aime pousser hors de ses habitudes son grand blond qui ne jouerait presque que du classique s’il s’écoutait. Elle est curieuse de savoir ce qu’ils pourraient leur proposer, comme chanson récemment sortie. Il hausse un peu les sourcils, le britannique qui ne l’aurait jamais cru entendre faire une demande pareille, l’adepte des grands compositeurs classiques.
-Et du coup tu composes et écris des chansons… ? Quel genre ? Enfin, si ça ne te dérange pas d’en parler... Il ne veut pas embarrasser l’autre homme, qui, au passage, a déjà bien assez rougi pour aujourd’hui, selon lui. La composition ne l’intéresse pas personnellement, mais il est curieux, curieux de voir ce que le fleuriste en herbe est capable d’inventer, avec son imagination qu’il devine assez débordante.

Puis, il la sent, l’entourloupe avant même de l’entendre, la légère vague d’amusement qui déferle dans son esprit via son lien avec la chienne en est un bon indicateur. -Oh après Ellias a bien créé quelques morceaux, mais uniquement de la musique électronique, dans ses jeunes années, il en a même fait son métier, avant la Révélation. Il lui fait les gros yeux, au molosse à la langue bien trop pendue, en ce jour de pluie.


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