T'as pas vu mon chat ?

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Sam 20 Oct - 20:28
J’cours, j’cours, j’trébuche sur des trucs, sur des gens, putain j’suis même pas sûre de vraiment courir en fait, j’tiens à peine debout, j’me tiens aux murs, j’me casse presque la gueule sur quelqu’un, j’me r’lève en traitant ses morts en arabe – pourquoi en arabe, j’t’en pose moi des questions connard ?! – tout c’que j’sais c’est qu’je dois partir, partir loin des bips et des horreurs, mais pas sans mon chat, mon chat il est forcément quelque part j’sais pas, quelque part, j’peux pas partir sans mon chat, il peut pas partir si loin le chat, il peut pas, j’serais plus là sinon, j’serais attachée et j’hurlerais et j’aurais les aiguilles et les bips et les perfs et les horreurs alors il est forcément pas loin le chat, forcément pas vrai ? J’regarde dans les chambres, celles qui sont ouvertes, pas toutes, y a trop d’monde, y a pas d’chat, à un moment y a une espèce de lion j’crois, putain il est trop beau, mais c’est pas mon chat alors j’repars.

J’arrive à un escalier, j’m’arrête mais j’suis pas sûre d’arriver à l’descendre en un seul morceau, c’est con, mais j’peux pas rester là j’dois bouger sinon les blouses blanches ils vont m’attraper et m’attacher au lit et ça plutôt crever, alors j’cours-traîne un peu plus loin, toujours à poil, j’arrive même pas à décider s’il fait chaud ou froid, j’sais juste que j’ai mal aux tripes mais les tripes du haut c’est super bizarre et vraiment affreux pis j’ai la trouille dans les tripes du bas, pas juste la trouille mais la Trouille tu vois, j’regarde toujours dans les chambres, j’vois rien, rien que j’connaisse, pas mon chat en plus, mais merde il est où ce con, j’ai pas assez d’voix ni d’souffle pour l’appeler mais j’essaie quand même, ça donne un "chaAat ?" tellement mais tellement ridicule, j’aurais ptet dû lui donner un nom en fait.

Et puis j’arrive dans un autre coin avec moins d’gens et presque plus en fait et j’regarde toujours dans les chambres, en m’jetant à moitié sur le mur à chaque fois, de plus en plus, j’suis tellement pas bien putain ça commence à tourner, si une blouse blanche m’attrapait maintenant j’pourrais même pas mordre j’crois – enfin si ptet, quoique. Pis j’vois un piaf, il m’dit vaguement quelque chose ce piaf, il est beau et un peu abîmé et il a un bec crochu – j’aime pas les becs crochus – et des serres trop belles, j’aime les serres, j’avais des serres moi aussi avant c’est presque comme des griffes et on parle et j’comprends pas tout mais j’regarde, j’suis prête à bouffer le type mais j’le connais, c’est euh. Euh. J’m’arrête, j’le r’garde trois s’condes en m’tenant à la barre et au mur en face pour pas m’casser la gueule. J’arrive plus à respirer putain, on dirait qu’j’ai fait un marathon ça brûle j’ai les jambes qui tremblent.

"Kesstufous là toi ?" Kessyfout là ouais. Pourquoi y part pas. Pourquoi il a presque l’air content alors que c’est une loque pas mieux qu’moi ? "Toi aussi ils t’ont eu ? Ils t’ont pas fait mal ?" Moi ils ont pas eu l’temps j’crois. Ou alors c’est pour ça qu’j’arrive à rien et que j’trouve toujours pas mon chat. Ouais forcément c’est pour ça. "Faut pas rester. Faut partir. Viens." J’l’attrape au poignet, j’le tire. Ce p’tit con il a rien à foutre là. Pas avec les blouses blanches. Toujours à moi d’le protéger c’t’abruti, c’te tête de nœud, ce… Pis ça fait tilt et j’me r’tourne. Super sérieuse. Super inquiète aussi, mais plutôt crever. "T’as pas vu mon chat ?"


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Sam 20 Oct - 20:55
Elle aurait pu être normale. Elle aurait du être normale. Elle ne l'est pas et même son ton agressif n'est qu'un pâle reflet. Elle ne répond pas à ce que je dis, alors je ne suis plus certain de l'avoir dit. Le réel et l'iréel se mélangent beaucoup dans ma tête ces temps-ci, même avant les problèmes, depuis les émeutes. Je n'en avais jamais parlé à personne. A l'époque, je ne voulais pas que l'on me croie fou. Seule Eshana avait entendu mes cris, la nuit, lorsque je n'arrivais plus à déterminer ce qui était rêve ou non, ce qui était moi ou pas. Aussi, sa réaction a tôt fait d'emporter le masque d'assurance que j'avais tenté de mettre en place. Je baisse la tête.

« Nan, j'ai pas vu de chat. » Je suis un peu assommé en fait. Mon poignet s'abandonne sous sa main, je la suis. J'ai un pantalon sous ma chemise d'hôpital. Je suis pieds nus. Ealish vole autour de nous. Elle regarde. Elle me dit ce qu'elle voit d'une voix détachée. Elle a comprit. Elle se souvient comme moi des chats de Yaaba. Je ne m'étonne pas de pas voir son daemon, elle ne l'avait que très rarement avec elle, même à l'époque où ça allait bien. Nous cherchons. Je ne vois pas de ils. Je ne vois pas de chats. Le Circaète non plus. M'ont eu de quoi ? Je ne comprends pas bien ce qu'il se passe. Je suis Yaaba avec mes pieds, mon corps, parce qu'elle le dit. Ma tête est dans le coton. J'aimerais qu'elle y reste encore. C'est dur de réfléchir. « C'est lequel, de chat ? Tu en avais plein. On se serait cru dans la jungle. » C'est vrai que si on croise le mauvais...je ne pense même pas à l'incongruité de trouver plusieurs chats dans un hôpital. Ma moitié continue de regarder mais ne voit rien. « Tu l'as perdu où ? Je n'ai pas vu de chat tout à l'heure sur la place bizarre...je crois ? Je ne suis pas sûr. Ma tête est un fromage. Peut-être que si tu me mets quelque part, ça va l'attirer ? » J'ai perdu mes associations d'idées entre les deux. Une histoire de lait, de chat, de gruyère et de rats et de chat, donc. Peut-être. J'inspire. « Ealish regarde. Pour le chat. Elle va le trouver. Elle trouve toujours tout. »

Je suis fatigué, essoufflé. J'ai perdu énormément de ma...pas force, endurance physique ? J'ai oublié. Je ralentis, je tire sur le bras qui me force à avancer comme si je ne pouvais pas m'échapper de sa main alors qu'au fond je n'essaie pas vraiment. « Pourquoi on court, Baba ? » J'ai une voix de petit garçon qui parle à sa grand-mère. Je ne vais franchement pas bien. Je n'ai pas l'impression qu'elle aille vraiment mieux. Dieux. Qu'est ce que l'on nous a fait ? Pourquoi ? Comment ? Et les autres ? Les autres, on s'en fiche. Je veux vivre ailleurs. Avec des chats. Avec Yaaba. Et puis je réalise. « On ne devait pas mourir ? » Pourquoi n'est-on pas morts ? Est ce que cela aussi, c'était un cauchemar ?


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Sam 20 Oct - 23:26
Il a pas vu mon chat. Il a pas vu mon putain de chat. Il est pas là alors ? Mais il est où ? Où ils l'ont mis mon chat ? J’continue tout droit, j’ouvre les portes, non, non, là non plus, et eeeh comment il est rentré là c’mammouth ? Non mais un mammouth c’est pas un chat on s’en branle, allez hop on trace.

"La jungle elle t’emmerde. C’est l’gris, çui avec la langue à moitié sortie comme un débile." J’trace toujours, j’traîne le p’tit con derrière moi, j’partirai pas sans mon chat mais faut qu’on parte quand même, c’est louche qu’y ait pas d’blouse blanche infernale, ou verte même des fois, ptet qu’y sont en train d’rassembler les troupes pour nous tomber sur le lard j’sais pas, ou alors y a des caméras – y a des caméras j’suis sûre, j’lève la tête mais j’vois rien. "Mon chat il s’est fait la malle euh… là-bas. Dehors." j’grogne avec un geste d’la main. Mais alors pourquoi j’le cherche dedans ? Parce que moi j’suis d’dans, mais s’il avait pu filer ? S’il avait pu filer euh… est-ce que j’serais là ? J’pourrais être là genre physiquement j’veux dire ? Ptet ? Toujours à poil j’avance, j’essaie d’réfléchir, de penser. Penser. Aha. La blague. J’arrive déjà à peine à marcher.

Et lui qui ralentit et qui d’mande pourquoi on court. D’abord on court pas, si on courait j’aurais déjà trouvé mon chat, et ensuite si on s’arrête on va crever et ils vont nous attraper et nous camisoler mais j’ralentis quand même parce que j’y vois vraiment pas net et que claquer par terre ça m’aidera pas à retrouver mon chat. Et j’te jure, si j’avais pas b’soin d’toutes mes forces il s’en serait pris une que l’mur lui en aurait collé une autre et l’par terre une troisième.

"On court parce que si on court pas ils vont nous attraper et nous attacher aux lits et nous mettre des trucs dans l’sang et nous faire mal. Les blouses blanches c’est tous des crevures, tous. Faut pas leur faire confiance. Jamais, tu piges ? Tu crois qu'ça vient d'où cette saloperie d'virus de merde là ?!"

Et puis j’m’arrête complètement. On devait pas mourir ?



…ouais, on d’vait mourir ouais. J’ai entendu l’avion. Les avions. Les bombes siffler. Le chat. Et puis d’un coup l’froid, l’chat qui s’barre, et l’ciel bleu dégueulasse et les gens, là. A aucun moment le mal, le sol qui tremble, les tripes qui explosent. J’me r’tourne.

"Qui t’dit qu’on est pas morts ?" Bah ouais. T’en sais quoi toi d’comment c’est après ? Ptet qu’après c’est qu’un immense hôpital plein d’bips et d’blouses blanches kipu. Y a un truc qui colle pas quand même, mais j’arrive pas à trouver quoi. La vie a pas d’sens t’façon, pourquoi la mort en aurait un ? J’le r’garde enfin pour de bon, lui, Doudou. Une loque. Deux loques avec son piaf. Trois sûrement en comptant moi. "Pourquoi on s’rait pas morts." C’est pas une question. J’en pose pas moi des questions. J’ai pas b’soin des réponses.


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Lun 29 Oct - 12:04
La jungle m'emmerde, elle ne veut pas de fromage. Le gris. J'essaie de me rappeler d'un chat gris. J'ai plein de souvenirs de chats pas gris. Et même d'un fennec qui aimait les muffins au citron. C'est pas de la tarte. On ne voit pas de chat, pas de chat, pas de chat "chapeau d'paille." Paillasson. Somnambule, comme moi. Et puis on s’arrête, enfin et je respire et je la regarde et elle a l’air perdue, pire que moi et je voudrais la protéger mais je ne sais pas de quoi, de quoi elle a peur, de quoi elle parle, pourquoi elle court. Elle n’a jamais aimé les médecins, les blouses blanches. Je sais pas si elle a raison ou tort, je sais juste qu’elle est là et que cette main sur mon poignet, et bien elle me fait du bien, même que le noir de son teint contraste avec le blanc crayeux de ma peau et que c’est presque beau, parce qu’elle est belle. Parce qu’elle est elle. Parce qu’elle cherche son chat avec cette rage qui me parle. J’inspire.

« J’sais pas. » J’sais pas pourquoi on serait pas morts, ce serait plus pratique pour tout le monde, surtout pour nous. Seulement voilà, j’pense pas qu’on soit mort. « Je me dis, si on était morts, ce serait à la fois plus terrible et mieux que ça. » je ne sais pas comment l’exprimer autrement. Je ne me sens pas si malheureux. Je ne me sens pas heureux. Je ne suis ni torturé ni récompensé, je suis en attente dans ces couloirs blancs qui se ressemblent tous, à courir derrière un chat gris qui n’est probablement pas dedans mais, s’il a une once d’intelligence, s’est trouvé un arbre. Je tente de réfléchir, et c’est dur, et ça fait mal et c’est réel mais pour Yaaba, elle le vaut. Elle veut me sauver d’un ennemi qu’elle est seule à voir. Elle se met en danger pour un chat. Un stupide chat qu’est même pas là et j’ai envie de l’embrasser et de la frapper en même temps mais je sais que pour aucun des deux je n’ai la force suffisante alors je ne le fais pas. Je parle. Comme l’homme civilisé que je ne suis plus, que l’on ne veut pas être, ni elle, ni moi. La civilisation, c’est la douleur, la guerre, les bombes, et les situations pas nettes où on ne sait pas si on est morts ou pas.

« On n’est pas morts. »

C’est Ealish et elle a parlé de façon à ce qu’on entend tous les deux. Son ton est tranchant. Mes pensées l’agacent, je sais, elle n’aime pas que je pense à la mort. Que je préfèrerais l’être pour ne pas avoir mal, pour ne plus avoir peur. Elle est de mauvais poil, se perche sur la fenêtre et lisse ses plumes. J’ai l’impression de voir une silhouette grise dans l’herbedu parc en bas. Je ne suis pas sur. Je ne veux pas donner de faux espoirs.

« Dit…Baba… » j’hésite, je baisse les yeux, je suis toujours le petit garçon qui ne veut pas courir. « Moi…si j’étais un chat…je viendrais pas ici. Ca sent pas bon. Y a pas de proie. La nourriture des humains est immonde. Moi…si j’étais un chat…je serais dans le parc. Ou dans le sous-sol. Mais pas dans le blanc… Et toi ? Si t’étais ton chat…tu serais où ?»


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