Messages: 484 Copyright: dodixe Date d'inscription: 20/10/2010 Âge réel: 17
Moi tout simplement. Âge: 27 ans et toutes ses dents \o Pouvoir: pluie d'étoile. Un peu plus sur moi...:
Sujet: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron Dim 8 Mai - 10:01
Plus vite, plus grand, plus dangereux, Plus loin, plus mûre, plus neuf, Plus complet, plus précieux, plus mieux... Plus tout à fait comme avant.
J'ai eu tord. Le silence n'est peut-être pas toujours la meilleure solution. Je t'attends à 18:00 à la plaine. Pan. Aaron. Envoyé. 17:30
Le silence ça crève les personnes, ça ne fait que rouvrir les blessures. Je sais peut-être pas ce que je veux. Je me suis trompée sur toute la ligne. Céphée parle de 'bon choix' et pourtant j'ai la ferme impression que je me suis trompée. C'est comme si je l'avais laissé tomber au moment où il avait besoin de moi. Les remords, ça vous grignote de l'intérieur, vous torture jusqu'à qu'il ne reste plus qu'un corps vidé et malade de tristesse. La vision de son visage triste vient heurter mon cœur et toute envie de sourire s'estompe. Aaron. Les mains tremblantes, j'enfouis le téléphone dans la poche de mon jean. Ma stupidité légendaire m'a fait envoyé ce message lui demandant de venir me rejoindre dans trente minutes à la plaine. Comme si il était à ma disposition. J'ai pas envie de le revoir à la plage, je suis même pas retournée là-bas, ça sent trop le bonheur. Cette soirée où on courait au bord de la mer. Les vagues venaient nous mouiller, on crevait de froid mais on s'en foutait. On vivait, on faisait rien d'autre. Je veux pas retourner sur cette plage avec Aaron, c'est notre coin de paradis et la réalité ne doit en aucun cas venir le salir. Je suis pas assez courageuse pour aller directement toquer à la porte de sa chambre. Si on en est là, c'est de ma faute, j'ai conscience de ça. Je veux juste essayer de rattraper ma connerie. Deux semaines que j'ai déserté l'université, deux semaines que j'ai enterré le monde dans lequel j'étais avec Aaron. Cette absence ayant laissé derrière elle un vide, quelque chose d'écrasant. Et même au milieu de tous ces hommes, de toutes ces femmes, durant ces quinze jours je n'avais trouvé une paix intérieure. Et maintenant il est temps retrouver Aaron Pour ne pas être à la bourre, j'enfile un simple pull déformé et ayant perdu de sa couleur ainsi qu'un simple jean troué. Rien de bien esthétique mais, pour aller à la plaine les talons ne sont pas les bienvenus. Dans un soupire, je réveille Céphée couché sur le lit. Ses grands yeux rassurants mes fixent. « On va voir Aaron. » « Aaron ? Tu te fous de moi ? » Mon regard mélancolique fuit le sien. Je ne réponds pas à sa question et me dirige vers la porte pour quitter la chambre vide. A chaque pas je me rapproche lentement de l'affrontement ultime, celui qui décidera d'une partie de mon futur. Quoi qu'il arrive je veux juste briser ce putain de silence écrasant qui me rends malheureuse plus qu'autre chose. Le vent froid caresse ma peau m'emprisonnant alors dans un frisson. Je pense seulement à ce que je vais pouvoir dire à Aaron. Ma gorge est sèche, je ne sais même pas si je vais réussir à lui dire quoi que ce soit.
Le grand étendu de verdure se dessine sur mon chemin. Une pierre est là, je m'assois à côté de celle-ci, complètement glacée. Je ne sais plus si je tremble de froid ou de peur. Je sais qu'il risque de ne pas venir mais j'ai toujours cette petite flamme en moi qui brûle, celle qui me fait garder espoir dans toutes les situations, même les plus désespérées. Mes joues sont rouges, le vent glacial de ce jour sombre n'épargne personne, les hautes herbes vacillent, les oiseaux ne volent pas haut dans le ciel. Il n'y a que son fredonnement qui reste audible, il engloutit toute vie. Je plonge ma main dans ma poche pour attraper mon portable, il n'y a pas de réponse, rien, que dalle. Il y a juste ce 18:00 marqué et mon sang ne fait qu'un tour. « On devrait partir. » « Non. Il va venir. » Céphée à froid, Céphée en a marre, Céphée voulait continuer à dormir, pour une fois qu'il peut le faire sans être réveillé par les cris de personnes habillées de toutes les couleurs. La peur d'affronter la réalité me tord l'estomac, elle me dévaste et m'affaiblit. « Pour éviter que l'on fasse quelque chose qu'on viendrait à regretter, je pense qu'il est préférable que l'on se voit plus tard. Quand tu auras de ton côté fait le point et de mon côté réglé mes problèmes. » Et cette putain de voix intérieure qui est toujours là pour me rappeler à quel point j'ai été conne et ridicule. Le vent ne cesse d'être plus violent, je me recroqueville pour me faire la plus petite possible. Je ramène mes genoux sous mon menton et fixe la plaine d'un regard absent. Je ne sais plus combien de temps cela fait que je suis là, je fixe à nouveau l'écran lumineux. 18:05. Et pourtant j'ai l'impression que cela fait une éternité. Je commence à perdre espoir lorsque le vent emporte avec lui un bruit de pas. Je tourne légèrement la tête lorsqu'une silhouette se dessine sur le chemin. Je me relève vivement, efface toute marque de tristesse sur mon visage pour suivre les gestes de l'homme qui s'approche. Aaron. Toutes les choses que voulais lui dire, lui expliquer ont désertées mes pensées, aucun son ne parvient à passer la barrière de mes lèvres sèches.
« ... » même avec des efforts désespérés ma bouche s'entrouvre sans laisser sortir un seul son.
Le bruit de ma respiration incarne le bruit du regret. J'ai envie de m'approcher de lui mais il m'est impossible de bouger. Je ne parviens même pas à soutenir son regard c'est pourquoi mon regard parcourt son visage pour finalement aller se perdre dans l'horizon sombre et menaçant par ses nuages sombres. J'ai demandé à le voir, j'ai envoyé ce message pour briser le silence et réchauffer ce froid entre nous si cela est encore possible. Et pourtant, je me retrouve désarmée. Complètement paumée. Je savais pas qu'en m'éloignant de lui j'allais autant en souffrir. Je ne peux pas toujours prendre les bonnes décisions, je suis qu'une gosse dans ma tête je fais encore de nombreuses erreurs. Y a plus qu'à espérer qu'Aaron sache me pardonner ma maladresse. « Faudrait que tu te bouges. » La voix de Céphée me ramène sur terre, je fixe l'homme en essayant de respirer calmement.
« Aaron ... je. » ma voix tremblante se brise laissant place au silence.
Mes grands yeux bleus fixent à présent le sol, signe de la honte que je porte sur mes épaules. La douleur des regrets m'écrasent le cœur. Ma voix n'est plus si mélodieuse, elle a un ton amer, une amertume qui me colle au palais. J'ai plus envie de jouer à ça, je veux juste que la douceur de cette soirée sur la plage revienne en nous, nous donne la force d'avancer et d'oublier ces deux semaines de rien. Je veux pas d'un simple 'rien' avec Aaron, j'ai juste l'espoir que je vais retrouver cet ami perdu. Cette personne en qui je voyais toute la douceur du monde enfermé dans un même corps. Finalement je lève mon regard pour le plonger dans le sien, et ce visage triste lors de cette nuit passée me revient en me défendant de le regarder plus longtemps.
Et le vent froid n'existe plus. Le monde s'effondre, le temps s'arrête. Seconde chance ?
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« Tout ce que la mer a à offrir, ce sont ces grosses bourrasques. Et de temps en temps, cette sensation de puissance. Il est vrai que je ne connais pas grand-chose à la mer mais ici en tout cas, c'est comme ça. Et je sais aussi que dans la vie, le plus important, ce n'est pas nécessairement être fort mais de se sentir fort, et de se mettre a l'épreuve au moins une fois. De se retrouver au moins une fois dans la condition humaine la plus archaïque, affronter seul la nature aveugle et sourde, sans rien pour vous aider, si ce n'est vos mains et votre tête. » into the wild
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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron Sam 14 Mai - 10:36
Sweet Dreams ARE MADE OF THIS
Is anybody here ? is anybody here ?anybody herebody here... Sa voix se répercuta sur les murs de pierre et l'écho le fit sursauter. Il tourna lentement sur lui même, frémissant à chaque bruit que dégageaient ses pieds lorsqu'ils claquaient sur la dalle. Hello ? Hello hello lo.. Il déglutit, recula en tentant de chasser le mauvais pressentiment qui lui nouait le ventre et sentit le bas de son t shirt coller à la peau de son dos. Gaïa ...? Gaïa ? gaïa .. Pas de réponse. Il était seul. Complètement seul. Face à lui même. Il fit lentement demi tour et découvrit qu'à la place du mur un immense miroir était apparu. Avançant jusqu'à la surface lisse et argentée, l'homme regarda son reflet sans pouvoir déterminer ce qui clochait. Quelque chose attira son attention et il releva les yeux en fronçant les sourcils. Il aurait juré voir apparaître un sourire familier sur ... Doucement, des silhouettes se dessinèrent derrière lui. Lindwuën prit forme peu à peu en toile de fond, mais il avait beau se retourner, rien de cela n'était vrai dans son monde. Des couleurs remplirent les traits sombres et un tapis d'un vert frais recouvrit lentement le sol, comme une vague ratisse le sable lorsque la marée monte. Alors que LD prenait vie, d'autres traits sombres se mirent à esquisser des filigranes humains accompagnés d'animaux. Il faillit rire en reconnaissant d'avance l'immense carrure d'Ashkane mais ce rire resta bloqué dans sa gorge lorsque les traits glissèrent lentement près d'un arbre, au loin, prenant des formes qu'il connaissait par cœur. Perché dans une branche, un autre trait de crayon rendait son éternel sourire à Cheshire. Les formes humaines commencèrent elles aussi à s'emplir de couleurs. De l'autre côté du miroir, l'homme levait ses mains et regardait les pigments de sa peau s'effilocher en une ribambelle de petits grains de sables qui roulaient paresseusement sur ses doigts jusqu'à toucher la glace et disparaitre comme par enchantement à l'intérieur, allant donner vie aux crayonnages alors que lui voyait ses avants bras se tacher d'un gris mat qui prenait de plus en plus d'espace, rongeant avidement les couleurs qui restaient encore collées à sa peau. No.. Il essaya de rattraper les pigments mais rien à faire, il devenait de plus en plus pale. Pale comme un mort. Levant des yeux éclairés par une lueur de peur, il le vit clairement cette fois. Ce sourire. Celui qui le caractérisait si bien, de l'autre côté du miroir, sur le visage tanné de son double. Irrésistiblement moqueur. Poussant un cri de rage, l'homme seul en noir et blanc abattit son poing sur la vitre qui resta de marbre et ne trembla même pas. Un rire moqueur s'envola de l'autre côté du miroir et vint vriller ses tympans qui lui semblèrent exploser.
Aaron ouvrit les yeux en prenant une courte gorgée de l'air trop chaud qui régnait dans sa chambre, froissa les draps sous ses mains angoissées et serra les dents en attendant que l'effet du rêve encore trop présent se dissipe. L'homme s'obligea à calmer sa respiration haletante. Ce n'était qu'un rêve. Un rêve. Et s'il n'arrivait pas tout à fait à en comprendre la signification, il n'empêchait que ça ne devait pas avoir de l'impact sur la suite de sa nuit. Laisse moi dormir connasse d'imagination ! Emmitouflée sous sa couette, Gaïa ouvrit un œil et lui marmonna d'arrêter d'avoir l'insulte si vive s'il souhaitait s'endormir de nouveau. L'homme secoua la tête mais ferma tout de même les yeux. Fatigué comme il l'était de son voyage jusqu'en Écosse, il ne se rendit même pas compte qu'il se rendormait.
Une longue cascade blonde et un rire joyeux. Comme un aveugle cherche à reconnaitre la personne devant lui, Aaron avança ses bras, ses yeux fixés droit devant lui sans savoir s'il voyait réellement ou imaginait la lumière que dégageaient ces cheveux blonds. Un rire lointain s'échappa de ses lèvres, répondant à celui qu'il connaissait si bien. Une main frôla la sienne mais elle s'esquiva sans qu'il puisse la retrouver, ponctuée d'un soupir taquin. Lorsqu'il s'était retourné elle n'était déjà plus là. Il l'appela par son prénom, avança de quelques pas et se rendit compte que le sol était d'un blanc nacré, et le ciel d'un bleu pur. Des nuages le traversaient, immobiles comme s'ils n'étaient rien d'autre que de la ouate suspendue au plafond. Mêlant idée et réalité, Aaron tendit la main et effilocha un bout de nuage qui resta, filandreux et doux, entre son pouce et son index. Étrange comme ça ne le dérangeait pas, de décrocher un bout de ciel. Rire. Aaron pivota sur lui même et arrêta ses yeux sur le sourire merveilleux de Pandora Petridis. Bon sang ce qu'elle lui avait manqué. Il essaya de s'excuser mais elle disparu dans un éclair avant qu'il n'ait pu prononcer un mot, réapparaissant à quelques pas de lui, les cheveux agités doucement par un vent qui ne le caressait pas. Il sursauta, tenta de finir ce qu'il avait commencé. Un sourire doux aux lèvres, elle posa un doigt sur ses lèvres, l'empêchant de parler. Aaron sentit littéralement son cœur manquer un battement et sentit les nuages qui, en s'épaississant, venaient les entourer jusqu'à toucher sa nuque. La lumière devint plus forte et Pan abaissa légèrement son bras tendu pour lui tendre la main, paume au ciel, une partie de son visage caché par une mèche de cheveux fins et blonds. La lumière était telle qu'il avait du mal à garder les yeux ouverts, et ceux de Pandora rayonnaient comme un phare en pleine tempête. Comprenant qu'elle lui pardonnait, l'homme avança d'un pas en cherchant à attraper sa main, un sourire aux lèvres. Son pied ne toucha jamais le sol. Vertige de celui qui loupe une marche.
Aaron s'éveilla en sursaut. Le temps qu'il reprenne ses esprits, Gaïa l'avait rejoint, l'air légèrement inquiète. Elle savait qu'il n'avait pas rêvé de Liam et en s'approchant plus de l'esprit de sa moitié elle attrapa des bouts de son rêve. Elle lui manquait. Gêné, Aaron se rallongea en serrant sa couette contre son torse, les yeux perdus dans le vide. Deux semaines. 5h, affichait le réveil. Samedi, déclarait le calendrier. Et la petite voix dans sa tête de chuchoter vendredi soir... accompagnée d'un grand sentiment de vide intérieur. Aaron ferma les yeux en soupirant, se tourna sur le côté et serra plus fort la couverture contre lui, souriant légèrement quand Gaïa vint se blottir dans son cou. I miss her.. fini-t-il par soupirer en s'endormant de nouveau, perdu entre le rêve et la réalité.
J'ai eu tord. Le silence n'est peut-être pas toujours la meilleure solution. Je t'attends à 18:00 à la plaine. Pan. de Luciole. Reçu. 17:30
« Tu va y aller ? » « J'ai pas l'impression d'avoir le choix. » et comme ça ne lui semblait pas être la bonne réponse il se corrigea en passant une main sur sa nuque. « Oui. Bien sur que j'y vais. Elle me donne une chance de me rattraper j'ai pas intérêt à louper le coche. »
Et sans plus y réfléchir, il partit directement à pied vers la plaine. 18h. Il devait être dans les temps si il marchait d'un bon pas. Il se surprit cependant à courir lorsqu'il traversa un petit bois, retrouvant le sourire en laissant glisser ses mains sur les troncs des arbres et s'amusant à ne pas ralentir l'allure en fonction du terrain. Il se sentait plein d'énergie, d'envie d'aller de l'avant et avait laissé le Aaron abattu à la maison. Au fur et à mesure que son cœur battait plus vite et plus profondément il se sentit revivre. Et s'il avait toujours su qu'il faudrait bien se relever à un moment, Pan avait surement été l'élément déclencheur et il avait cessé de se laisser couler. L'image le fit sourire. Il se souvenait d'une certaine soirée où, de colère, de déception et d'horreur, il avait couru jusqu'à la mer, avait plongé dans l'eau et s'était laissé descendre jusqu'à ce que ses épaules heurtent doucement le sable. La surface lui paraissait si loin qu'il avait douté pouvoir remonter un jour. Puis, Gaïa l'avait appelé et il avait fini par remonter pour reprendre l'oxygène qui lui manquait à en faire hurler son cerveau d'avoir pour propriétaire un tel crétin suicidaire.
Lorsque l'orée de la forêt se dessina par sa luminosité au loin, il ralentit l'allure naturellement, incapable de dire si, au final, il était à l'heure ou en retard. Est ce que ça importait réellement ? Il apercevait la silhouette assise de Pandora dans l'étendue d'herbe. Profitant des cent mètres qui lui restait à faire, Aaron reprit tranquillement son souffle calme et regarda Gaïa voleter légèrement devant lui, impatiente de trouver Céphée qui lui avait manqué également. La jeune femme finit par l'apercevoir également et se releva, tendue et mal à l'aise. Aaron se rendit compte qu'il arrivait comme une fleur et qu'il y avait en effet peut être de quoi être gêné. Après tout s'était sa faute si la soirée s'était mal terminée, elle avait eu plus que raison de l'arrêter. Elle lui avait ouvert les yeux. Grâce à elle il était allé en Écosse, régler ce qui le tourmentait depuis longtemps. Si toutes les réponses n'avaient pas été totalement au rendez vous il n'empêchait qu'il revenait changé. Mûri peut être. Moins troublé sûrement. La bouche si désirable de Pandora s'ouvrait et se refermait comme si elle n'arrivait pas à dire ce qu'elle avait sur le cœur, pas plus que ses yeux n'arrivaient à fixer les siens. Comme pour équilibrer la balance, Aaron ne lâcha pas ses iris bleus un seul instant, profitant de chaque coup d’œil pour lui rendre le regard le plus droit et calme qu'il avait en réserve.
« Aaron ... je. »
Il leva légèrement la main en même temps qu'elle s'arrêtait de parler et laissa le silence s'établir doucement entre eux sans sentir la barrière de la dernière fois. Quand Pan leva les yeux, il était là. Qui avait jamais dit que le gris était passe partout, simple, terne et triste ? Amateurs. L'homme balaya la phrase de son amie d'un geste souple de la main.
« Je. Je, Pan, pas toi, moi. Je suis désolé, j'aurais pas du faire semblant de quoi que ce soit parce que je ne dois pas en avoir besoin avec toi. » il secoua la tête en refusant de lâcher ses yeux. « Non, je n'en ai pas besoin avec toi. Il faut juste que je perde mes mauvaises habitudes et tu sais ce qu'on dit... chassez le naturel il revient au galop. »
Et dans un sourire il s'assit près de là où elle était deux secondes auparavant, tapotant l'herbe couchée pour qu'elle fasse de même. Gaïa se posa sur la pierre grise et fixa Céphée, tentant de savoir comment il prenait toute cette histoire. Un brin d'herbe arraché et deux manches remontées plus tard, Aaron continua de s'ouvrir. C'était plus facile que ce qu'il avait imaginé. Avec elle en tout cas.
« Tu sais, » commença-t-il d'une voix plus douce et en baissant légèrement les yeux. « j'ai suivi ton conseil. J'ai évidemment pas tout réglé mais c'est déjà ça. » il revint chercher le regard de Pandora. « L’Écosse avait encore quelques réponses à me donner. Enfin, "quelques" c'est surement un peu juste comme mot. »
Sourire. Il était loin d'en avoir fini avec son passé. Fronçant légèrement les sourcils, il arracha un autre brin d'herbe et le fit rouler entre ses doigts pensivement.
« Et toi alors ? J'ai su que tu étais partie pendant une semaine. » lui jetant un coup d’œil dont il ne pu cacher l'appréhension, il remonta encore ses manches sur ses avant bras, s'appuyant en tendant les bras derrière lui. « Mieux ? »
Si elle avait trouvé le moyen de régler les problèmes dont elle avait parlé la dernière fois c'était tant mieux.
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follow you down to the red oak tree as the air moves thick through the hollow reeds, i will wait for you there until someone comes to carry me, carry me down. names get carved in the red oak tree of the ones who stay and the ones who leave. i will wait for you there with these cindered bones, so follow me follow me down.
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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron Lun 16 Mai - 9:33
« Certaines personnes entrent dans votre vie pour l'illuminer mais en sortent tout aussi rapidement, sans laisser de trace, si ce n'est d'énormes cicatrices et un manque qu'on ne saura jamais combler. Entre rêves brisés et déceptions, le bonheur n'est-il qu'une illusion ? »
Et là, c'est le moment où je ne sais plus quoi faire. Je m'interdis de bouger de peur de faire encore une erreur. Mon cœur bat vivement dans ma poitrine. Les yeux rivés vers le sol, je les ferme quelques secondes pour m'efforcer de me calmer. J'ai plus droit à l'erreur. Je n'sais même pas si j'ai encore le droit d'être ici, près d'Aaron. Le soleil frappe sur ma chevelure blonde, on dirait que la lune lui a ordonné de me rassurer. Bizarrement, cela ne marche pas. J'ai toujours aussi froid, toujours aussi mal aux entrailles. Je serre les dents pour empêcher les larmes de couler. Je lèves les yeux, trouvent la force de les planter dans ceux d'Aaron. Une vague dévastatrice traverse mon corps. Je suis si petite, si ridicule, si fragile à côté de lui. Plaquant ma main sur mon visage pour ne pas laisser couler l'eau salée sur ma joue. Je n'aime pas cela, je n'aime pas du tout cette situation. Jamais je n'avais demandé ça. Deux semaines d'absence, deux semaines de rien, deux semaines à me ronger les ongles en espérant que tout aille bien pour cette personne. C'est là, que je le regarde. J'attends quelque chose, je ne sais quoi. Je me laisse brûler sur place, déchirée entre l'envie de partir et celle de rester. Partir ou rester ? Sourire ou pleurer ? Vivre ou mourir ... Mes yeux bleus avaient perdu de leur éclat sur mon visage aussi blanc qu'un linge. Dans un long soupir je quitte le regard d'Aaron, préférant fixer un point invisible dans l'horizon. Je ne regarde pas quelque chose, je suis absente. Malade de remords. Mon estomac se soulève emmenant avec lui l'envie de me cracher à la figure. Je me suis écartée du droit chemin, je ne sais pas quand et comment. Contre mon gré, d'abord il y a eu le manque, puis la nostalgie et le rejet des personnes qui m'aident à nager dans cet océan qu'est la vie. Mais, comment peut-on nager sans énergie ? Une vague m'a fait boire la tasse, mes mains ont cessé de m'obéir et je suis tombée au fond de l'eau. Seule. L'unique façon de me sentir encore un peu vivante est celle de monter dans les arbres. C'est con, je sais. Mais, au moins, de là haut je peux voir le monde en tout petit, sous mes pieds et avoir un semblant de fierté naître en moi. Après le départ d'Aaron je m'étais couché dans mon lit, enroulée dans ma couverture. J'avais fermé les yeux en pleurant et c'est là que j'avais pensé entendre ma mère me parler. Pendant cet instant j'avais eu l'impression qu'elle me tenait dans ses bras. Pourtant lorsque j'avais ouvert les yeux il n'y avait que le vide de la pièce dans laquelle j'étais. Les étoiles n'étaient elles aussi plus là. Mon cœur avait utilisé toutes ses forces pour les faire revenir, jusqu'à en saigner. Mais elles n'étaient plus là. Elles ne voulaient plus de moi. J'ai donc passé la nuit à regarder la lune, perchée dans le ciel sans même pouvoir l'effleurer. Les mouvements d'Aaron m'arrachent de mes pensées. Je suis sa main du regard sans trouver la force de contester.
« Je. Je, Pan, pas toi, moi. Je suis désolé, j'aurais pas du faire semblant de quoi que ce soit parce que je ne dois pas en avoir besoin avec toi. » Son regard soutient le mien, mon estomac se tord. Sa voix rassurante ne parvient pas à me calmer. Je sens dans mon ventre toute la peur du monde me remonter à la gorge. T'aurais pas du faire semblant de quoi ? Je suis comme les autres, aussi banale, aussi fragile … aussi humaine que toutes les personnes de cette terre. Je me pensais invincible avec ma liberté et pourtant j'y ai laissé mes ailes, moi aussi. Comme tout le monde. La vie est toujours la gagnante à ce jeu, tu le sais très bien Aaron. On vit pour souffrir. Le bonheur est éphémère. J'ai pensé que j'pouvais être intouchable et pourtant je suis là, devant toi, les larmes aux yeux avec l'envie de chialer comme une gosse. Une gamine qui est restée à la même case, sans avoir le courage d'avancer en se cachant derrière ses airs de fausses rêveuses. « Non, je n'en ai pas besoin avec toi. Il faut juste que je perde mes mauvaises habitudes et tu sais ce qu'on dit... chassez le naturel il revient au galop. » Et là, je suis censée sourire ? A quoi on joue, à quoi tu joues ? Si pour moi tu dois faire des efforts alors, non. Est-ce que tu m'as vu faire un effort ? Je suis restée toujours aussi naïve, j'ai pas bougé d'un cil en voyant que toi tu faisais des efforts à me sourire. Je ne sais pas ce qu'il me prend à trembler. Et aujourd'hui, il est là devant moi, à parler pour ne pas laisser le silence nous détruire pendant que moi je me contente de le regarder avec cette même absence dans les yeux. Je prétends vouloir de la nouveauté mais en fait ma vie est toujours la même, à base de lâcheté avec un soupçon d'inutilité. Tandis qu'il me parle, je fixe toujours sa main sans pour autant laisser filer un seul de ses mots. Toujours ses larmes qui menacent de couler, des larmes brûlantes de dégoût. Je suis loin de ce que je m'imaginais avec Aaron. J'ai peut-être le chic pour toujours tout compliquer. Depuis mon arrivée à l'université il avait été le seul à être là, il était l'ami dont tout le monde pouvait rêver. La personne qui vous fait réfléchir, vous empêche de faire des conneries irréversibles. Et, lorsqu'il avait eu besoin de moi je lui avais demandé de partir. La moindre chose à laquelle je puisse penser me ramène toujours au même point. Le remord. Aaron s'assoit sur le sol. Sa main, que je regarde depuis le début me fait signe de le rejoindre. Tremblante, je la regarde de nombreuses secondes avant de me décider à rejoindre mon ami. Mon regard brillant de larmes s'ancre dans le sien. Ses yeux gris qui pétillent lorsqu'il est heureux où s'intéresse à quelque chose. Lorsqu'il a vu pour la première fois des étoiles flotter au dessus de sa tête, de suite, sans même s'en rendre compte son regard s'est émerveillé. Un regard, un putain de regard qui en dit long, tellement expressif. Je laisse quelques centimètres entre lui et moi, j'ai juste peur de faire une connerie. Ça peut déraper si vite.
« Tu sais, » La bouche sèche, je ne lâche pas son regard, attendant patiemment qu'Aaron parle en prenant soin de ne pas lui couper la parole. « j'ai suivi ton conseil. J'ai évidemment pas tout réglé mais c'est déjà ça. » Mes yeux fixent le sol, du bout des doigts j'attrape alors un petit caillou, aussi petit qu'une miette de pain. Je la laisse rouler dans la paume de main en la regardant glisser, tombant alors parmi les autres petits cailloux. Disparaissant au milieu des siens. « L’Écosse avait encore quelques réponses à me donner. Enfin, "quelques" c'est surement un peu juste comme mot. » On ne peut pas tout régler en si peu de temps mais le fait que quelques réponses soient déjà là me rassurent. Je veux juste qu'Aaon retrouve une paix intérieure, un équilibre nécessaire à la survie d'une personne. L'être humain est complexe, très certainement incompréhensible de tous les scientifiques. Quand une chose ne va pas c'est le reste qui bascule avec. On naît avec presque rien pour finir avec absolument rien. Comment vivre de nombreuses années avec 'presque rien' ? Si Dieu existe alors j'aimerai lui demander pourquoi ? Pourquoi avoir crée l'être l'humain pour le détruire. Serions-nous ses pantins comme certains le disent ? Encore une fois je m'égare dans mes pensées. « Et toi alors ? J'ai su que tu étais partie pendant une semaine. » Un pitoyable sourire se dessine sur mes lèvres. « Mieux ? » Je fixe à nouveau la plaine pour ne pas montrer mon regard attristé à Aaron. Si seulement il savait. N'ayant plus la force de me battre pour quoi que ce soit, mes yeux noyés de larmes se posent dans les siens. D'un hochement d'épaule je tente de le rassurer sans pour autant réussir à dire un seul mot. Aussi muette qu'une tombe. Je ne veux pas qu'il pense que je ne suis pas contente de la voir ici, c'est juste que … je sais même pas en fait. Quelque chose cloche en moi. Je me concentre pour essayer de retrouver les mots que je voulais lui dire avant d'arriver ici mais mon esprit refuse de réfléchir.
« J'pensais que ça allait mieux. » Ma main tremblante s'approche de mon visage, mes doigts glacés attrapent une mèche de cheveux rebelle pour la mettre derrière mon oreille. « 'fin ouais … ça va mieux. Peut-être pas encore assez. » Si j'étais moins idiote tout irait bien pour le meilleur des mondes.
La rage coule dans mes veines, s'empare de l'air de mes poumons, hante le moindre de mes battements de cœur. J'attrape à nouveau des petits cailloux, cette fois-ci une poignet que je serre de toutes mes forces jusqu'à en faire pâlir ma peau. J'ai toujours pas mes étoiles, non et elles me manquent affreusement. J'ai plus le contrôle de rien. Des personnes se réfugient dans la drogue, d'autre derrière un masque de méchanceté et moi … moi, je préfère rester silencieuse. Je suis comme ça moi, je laisse la tristesse me grignoter, faire le plus gros boulot et ensuite vient la rage qui termine le travail, accapare ce qu'il reste. Elle ne demande pas la permission. Jamais. Comme les charognes, qui, une fois un corps abandonné mange les morceaux de viandes avariées. Sentant le regard de Céphée se planter sur moi, ma main lâche les cailloux. Je tourne la tête en direction d'Aaron.
« Les étoiles ... » ma voix se brise, malade de tristesse. « Elles volent. Elles veulent plus briller pour moi. »
J'attrape un caillou, plus gros que les autres et le jette au loin. J'espère au plus profond de moi qu'il souffre. Je veux que le mal possède cette pierre autant qu'il me possède. C'est ridicule mais ça me ferait du bien de savoir que quelqu'un va mal en même temps que moi. Mon regard suit la chute de la pierre qui rencontre le sol avec peu de violence à quelques mètres de nous. Ma respiration se coupe à l'idée de ne plus retrouver mon don. Lorsque mes yeux se posent dans ceux d'Aaron un frisson tente de me secouer mais, je le retiens en essuyant avec rage la larme coulante sur ma joue pâle. Et si je parle encore est-ce qu'un sanglot va couler ? Et si je bouge, vais-je tomber dans le gouffre ? La peur me tétanise. A ce moment là, un vent plus chaud caresse ma nuque. Je me retourne vivement dans l'espoir de voir Persée, les bras tendus vers moi, n'attendant que moi pour me rassurer. Mais il n'y a personne, juste la plaine qui danse au contact d'un courant d'air. C'est alors, que, complètement déboussolée je plante mon regard en détresse dans celui d'Aaron.
« N'importe qui peut remonter la pente de laquelle il est tombé, hein ? » J'aimerais tellement sourire mais j'y arrive pas. « Même à la simple force de ses bras. » Rassure-moi, tu peux me mentir, tu sais. J'ai juste besoin de réconfort, dans l'état dans lequel je suis, je peux avaler n'importe quoi.
Céphée, assit près de mes genoux, pose sa main sur la mienne pour tenter de me calmer mais rien n'y fait. Le désespoir ne cesse de me tourmenter. Le sylvain disparaît alors dans le vent pour faire son apparition sur le rocher. Gaïa n'est pas loin de lui. Il la regarde un instant, semble tout de même trouvé le courage de lui sourire. Céphée est plus petit, plus fragile mais détient une force mentale hors du commun. Je ne sais pas comment il fait mais son don à toujours battre ses émotions m'impressionne. Pendant que je suis là, à me torturer et chercher des réponses introuvables lui, garde son calme et au final s'en sort toujours mieux que moi. Le petit être brillant s'assoit sur la pierre. Il fait signe au chardonneret de s'approcher d'un signe faible de la main.
« Alors ? Ce voyage en Écosse ? » Et comme d'habitude, hors de question de parler de lui. Et pourtant, je le pousse à s'exprimer pour ne pas qu'il finisse comme moi. « J'suis content de voir que vous allez mieux. » Le regard sombre du sylvain se pose sur moi, je ne le regarde pas, parce que je sais que ce regard n'annonce rien de bon. Ses yeux brillent d'inquiétude. « C'est qu'une mauvaise passe. »
Enfin, son regard décroche de ma chevelure blonde pour rejoindre celui de Gaïa. Céphée a peur de sombrer. Céphée ne veut pas perdre espoir. Céphée ne peut aller mieux sans sa moitié. Du bout des doigts j'attrape la manche de mon pull trop grand pour recouvrir mes mains. Soudain, un sanglot s'empresse de remuer mon corps. Mes lèvres tremblent et enfin, pour une fois, ce que j'ai en moi décide à quitter mes entrailles. Je tends ma main en avant pour désigner la plaine d'un regard sombre.
« Je suis désolée. » Désolée ? Conasse va. « Je voulais venir te voir plus tôt … Mais ... » Tu vois tu te perds dans tes paroles. Encore. « J'ai des tas de choses à te dire mais tu vois … y a rien. Que dalle. » Mes yeux ne peuvent à présent plus quitter deux de mon ami. « J'ai écouté ton conseil. Mais ... » Je connais que le 'mais' qui puisse me laisser réfléchir à ce que je vais dire. « Non je suis pas une lâche, j'essaie de grandir. J'y arrive pas. Ils veulent pas. » Ils ?
Je pose encore mon regard sur la plaine. Mes mains se posent sur mes oreilles pour empêcher que le murmure de la vie ne m'atteigne. Des silhouettes se dessinent, elles s'approchent, j'en suis sûre, je ferme les yeux pour ne plus les voir. J'ai la trouille.
« Ils veulent pas. »
Mon regard se perd dans celui d'Aaron, il n'y a que dans le gris de son iris que tout semble encore calme.
« Tu vas m'emmener avec toi au camping, hein ? Tu … Je vais pas rester toute seule hein ? »
Et, à nouveau le vent chaud s'engouffra dans ses longs cheveux blonds. D'un geste vif, elle se retourna dans le vide, pour la seconde fois.
▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬
« Tout ce que la mer a à offrir, ce sont ces grosses bourrasques. Et de temps en temps, cette sensation de puissance. Il est vrai que je ne connais pas grand-chose à la mer mais ici en tout cas, c'est comme ça. Et je sais aussi que dans la vie, le plus important, ce n'est pas nécessairement être fort mais de se sentir fort, et de se mettre a l'épreuve au moins une fois. De se retrouver au moins une fois dans la condition humaine la plus archaïque, affronter seul la nature aveugle et sourde, sans rien pour vous aider, si ce n'est vos mains et votre tête. » into the wild
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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron Sam 21 Mai - 8:41
Reach for the moon
« J'pensais que ça allait mieux. » « You thought.. » murmura-t-il pour lui même sans la lâcher des yeux. Si elle n'avait fait que le penser... « 'fin ouais … ça va mieux. Peut-être pas encore assez. »
Peut être ? De toute évidence non. Pas assez du tout même. Comment pouvait-elle dire ça alors qu'il voyait parfaitement que s'il y avait quelqu'un de mal ici c'était bien elle ? Inversement des rôles. Il n'avait pas pensé à ça. Et si ce qu'il lui avait dit l'avait blessée ? En y repensant il avait été dur dans ses propos, même si le but n'était pas de lui faire du tord et qu'aucune agressivité n'avait effleuré son esprit, elle les avait peut être mal pris. Aaron soupira en silence. Il ne regretterait pas ce qu'il avait dit, ça serait hypocrite. Mais si elle avait besoin qu'il s'explique il pouvait le faire. En partie. Elle l'avait quand même chassé de chez elle assez brutalement. La situation avait si vite changé qu'il n'était pas sur de comprendre encore pourquoi, si ce n'était qu'il avait merdé. Ses yeux flottèrent un instant sur ses lèvres et il eut l'impression de sentir encore leur chaleur contre les siennes. Arrête ! Il battit des cils et se rendit compte que les doigts fins et satinés de Pandora se serraient convulsivement autour de quelque chose qu'elle tenait au creux de sa main. La rage. Il l'aurait reconnue comme on sait retrouver un vieil ami parmi la foule. Si pour elle ce n'était ni sa démarche ni la teinte de ses cheveux, il reconnaissait la pâleur d'un poing que l'on rêverait d'écraser sur quelque chose et les couleurs qui avaient déserté le visage d'ange de son amie. L'interrompre n'aurait pas été une bonne chose, alors il resta silencieux, attendant qu'elle déballe ce qu'elle avait sur le cœur.
« Les étoiles ... » Oh cette voix ! « Elles volent. Elles veulent plus briller pour moi. »
Un souffle s'échappa involontairement des lèvres de l'homme, surprit. Pandora, celle qui maitrisait si bien son pouvoir n'arrivait même plus à appeler ses amies de toujours ? Ses étoiles gravitaient toujours autour d'elle lorsque le soleil se couchait, véritable petit système solaire à elle seule, la jeune femme devait être complètement perdue sans lumière. Elle avait l'air tellement ravagée par cette perte qu'il aurait fait n'importe quoi pour la réconforter. Même décrocher la lune. Pan continua à parler de cette voix brisée et sourde. Même à la simple force de ses bras. Le ridicule oui qui sortit de sa gorge comme on traine un païen dans une église lui donna envie de se frapper. Il ignorait carrément si elle l'avait entendu, mais mieux valait que cette pointe d'incertitude s'éloigna dans le vent. Et Aaron baissa les yeux, se concentrant sur une herbe folle qui poussait plus haut que ses congénères. Comment aider quelqu'un qui vous avait repoussé ? Il était perdu. D'habitude il s'en foutait de ce que les gens pensaient, s'il trouvait qu'ils avaient besoin de lui, ou mieux tourné encore qu'il pouvait les faire aller de l'avant, alors il s'imposait, travaillait son sujet d'arrache-pied jusqu'à ce que l'autre repousse enfin les barrières derrière lesquelles il s'était lui même enfermé et remonte la pente. Celle de Pandora lui paraissait si vertigineuse qu'il avait peur de s'y aventurer, craignant de ne pas réussir à la remonter et remonter après elle. Une tête de mule comme Baya ne lui avait pas résisté, c'était la douceur et la prévention de Pandora à l'égard des autres qui le bloquait. S'il savait aider, il ne savait pas se faire aider. Ou tout simplement laisser les gens l'aider. Alors si Pandora était réellement comme lui, pouvait-il essayer encore une fois en espérant qu'elle ne se dérobe pas comme lui l'aurait fait ? C'était trop compliqué. Pas naturel. Lutter contre la nature de Pandora était vraiment le bon choix ? Il n'en savait rien, se retrouvait bloqué comme un con à ne pas savoir que dire pour lui tendre la main sans avoir peur qu'elle recule plus encore. L'image de Pandora au bord d'une falaise se dessina vivement sous ses yeux, et plus il tendait la main pour l'empêcher de reculer, plus elle reculait. Terrible songe dont il ne voulait jamais voir le jour.
« ... mouvementé. » évasa Gaïa en se déplaçant d'un petit bond nerveux vers la droite. Elle était persuadée que Aaron ne voudrait pas raconter tout ça. Pas encore tout du moins. « Je l'espère. »
Elle n'avait pu s'empêcher d'être légèrement grinçante. Après tout, elle avait chassé Aaron parce qu'il était dans le même état qu'elle, et elle le rappelait alors qu'elle n'était pas mieux. Où était la logique dans tout ça. Personne n'est logique de toute manière. L'homme l'écouta essayer de continuer sans piper mot. Son visage pourtant exprimait tout ce que ses lèvres rêvaient de dire. De l'incompréhension arqua ses sourcils, puis une pointe de peur vint les froncer, la voyant insister sur ce "ils" qui ne désignait personne. La petite voix de Pandora lui serra la gorge et il resta sans bouger un instant, incapable de réagir immédiatement de la bonne façon. Lui en voudrait-elle si... ? Décidant qu'il n'avait pas le temps d'hésiter, Aaron tendit un bras et enlaça doucement le dos de son amie, sans la brusquer ou faire passer autre chose dans ce geste que tout le réconfort qu'il voulait lui apporter. Frisson. Se rapprochant d'elle pour la réconforter, l'écossais attrapa sa joue d'une main pour guider son regard vers lui. Il passait son pouce sur sa pommette tout en parlant d'une voix douce et posée, comme s'il savait que c'était peut être de ça qu'avait besoin Pandora.
« Pan ? » Sourire. C'était tout ce qu'il savait faire après tout, sourire. « Tu n'es jamais seule. Et c'est pour ça qu'on a la chance de pouvoir t'appeler des nôtres. » Il montra Céphée d'un coup d’œil brillant de vie. « Tu sais quoi ? On va le faire ce camping. Quand tu veux, où tu veux, peu m'importe, mais j'te laisserais pas seule. D'accord ? » et parce que ça lui brûlait la langue, il la serra contre lui avant de continuer. « Ils ? Qui ça Pan ? T'as l'air tellement fatiguée... »
Et c'était peu dire. Elle irradiait de nervosité et de lassitude à la fois. Soupirant légèrement, l'homme laissa courir ses yeux sur les courbes du visage de Pan et du arrêter de le faire pour ne pas l'embrasser. Ce côté perdu et sans défense l'avait toujours attiré, chez quiconque savait le porter. Et chez Pandora plus particulièrement puisque la plupart du temps il était parfaitement caché sous ses éclats de rires joyeux et son incroyable caractère. A force d'en porter un on reconnaissait facilement un masque. Il fallait avouer que celui de Pandora était sublime, et que même sans lui, à terre et piétiné par la peur qui se dégageait d'elle, elle gardait la même image pour Aaron. Comme quoi il la connaissait peut être plus qu'il ne le croyait si ça ne l'étonnait pas du tout de la voir sous ce jour. Quand les autres le voyaient lui, mal, ils étaient toujours surprit voire choqués. Comme si les humains pouvaient réellement tout endurer sans jamais broncher. Impossible. A un moment ou a un autre si la coupe était pleine elle débordait.
« Viens là. » il s'allongea dans l'herbe en l'entrainant avec lui, gardant les yeux bas à cause de la clarté du ciel. Il finit par revenir vers Pan, un petit sourire rassurant aux lèvres. « Tu sais pour ton pouvoir, c'est pas rare que quelqu'un en perde l'usage de temps à autre. Regarde moi, j'ai passé dix ans à comprendre comment le mien marchait, et maintenant je peux enfin le contrôler un minimum. Lauriane ne contrôlait plus les couleurs ces derniers temps, mais quand elle est partie c'était fini, Morwène était de nouveau colorée. Elle allait mieux. » ses yeux se mirent à piquer. Pas de ça maintenant. « T'es pas bien Pan, alors ton corps te montre qu'il faut... que tu ailles mieux. Et tes amies reviendront à toi une fois que ça sera passé. Mais rien n'empêche d'essayer, qui sait quand ça peut revenir ? »
Il s'installa plus confortablement sur le côté, perdant son regard dans les yeux de Pan. Il avait mal aux mains à force de les retenir d'aller naturellement étreindre celles de son amie. Pas certain de l'impact que ça aurait, il gardait mécaniquement ses distances sans pour autant reculer ou lâcher le contact avec elle.
« On va rester là, attendre la nuit, et tu vas essayer, ça marche ? Mais comme on a un peu de temps devant nous j'veux que t'essaie de mettre des mots sur ce que t'arrivais pas à dire tout à l'heure. Une fois sorti ça ira forcément mieux, believe me. » « Je vais chasser. Tu viens Céphée ? » proposa l'oiseau en jetant un œil à son humain qui ne décollait pas son gris de regard de celui de Pan.
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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron Dim 22 Mai - 4:04
La chaleur de son bras qui m'enlace. Mon souffle se coupe, mes poumons me brûlent, mes muscles se crispent. Soudain, les silhouettes disparaissent, le vent semble cesser d'effleurer ma peau. Ce simple bras, cette simple chaleur humaine parvient à me protéger du monde extérieur. La solitude qui m'habite s'écrase, se contorsionne pour ne pas être délogée. Pourtant, après un combat acharné elle semble se dissoudre. Mon regard ne quitte plus celui d'Aaron comme si j'avais besoin de ça pour ne plus avoir peur. Ça me brise le cœur de savoir qu'on en est au même point que la dernière fois. Il y a toujours une tâche pour salir le tableau, un truc qui cloche et nous empêcher d'aller réellement bien tous les deux. Je ne compte plus le nombre fois où j'ai caressé du bout des doigts l'espoir de passer des moments avec Aaron sans cette putain de tristesse. « Pan ? » Du revers de la main j'essuie rageusement les larmes coulantes sur mes joues. Sa voix résonne en moi, je suis vide, si vide que le moindre bruit résonne dans ma tête. « Tu sais quoi ? On va le faire ce camping. Quand tu veux, où tu veux, peu m'importe, mais j'te laisserais pas seule. D'accord ? » Mon corps se rapproche du sien en même temps qu'il me rassure. Le camping semble être le seul issu. Quand Aaron allait mal je lui avais alors promis que nous irions camper et maintenant que les rôles sont inversés je ne veux plus qu'une chose. Le camping. Cela m'aidera à m'évader, non pas au point de retrouver mes ailes, juste une part de grandeur. Lorsqu'on s'y perd la nature vous donne une sensation de puissance. Je m'efforce de respirer calmement. Faut que j'arrête, j'ai envie de profiter de ce moment avec Aaron et ne pas le gâcher avec mon stupide cinéma de fille désespérée. Non, ce n'est pas moi, cette tristesse sur mon visage ne m'appartient pas, ses larmes n'ont pas le droit de couler sur mes joues. J'ai pas le droit d'aller mal. Je puise alors au plus profond de moi les dernières forces qu'il me reste pour sourire. Ce n'est peut-être pas le genre de sourire pétillant mais s'en est un. Triste, fragile mais il est là, fièrement attaché à mes lèvres. La fierté qui vient alors me hanter est indescriptible. Aaron. J'ai toujours été fasciné par sa force. Je suis capable de braver tellement de choses pour son regard et surtout pour son sourire … Son putain de sourire bien à lui. Le plus beau que j'ai jamais croisé jusqu'à présent. Non, en fait même pas pour son sourire mais pour ce qu'il est. Et si je n'étais pas allée à la soirée d'Halloween ? Si la meet box n'avait pas décidé de notre sort ? On en serait où en ce moment ? Un frisson monte alors le long de ma colonne vertébrale. J'ai du mal à imaginer ma vie sans Aaron. En si peu de temps on a traversé tellement de choses. Il a frôlé la mort pendant que moi je fuyais la vie. Il a touché le fond pendant que je moi je commençais à le rejoindre. On a traversé toutes les émotions en si peu de temps. De la joie à la tristesse en passant par l'admiration mais surtout, ouais, surtout par l'amitié. Depuis le départ de Persée je n'avais plus trouver l'envie de me rapprocher réellement de quelqu'un. Sans m'en rendre compte j'avais posé une barrière entre le monde extérieur et moi. Par je ne sais quel moyen Aaron l'avait brisé.
« Viens là. » Mon corps suit les mouvements de l'homme. Je ne cherche pas à lutter. Confiante. Le meilleur truc que je sache faire dans ma vie, depuis ma naissance, c'est m'évader, fuir sans un mot. Certains me trouvent lâche, d'autres ne cherchent pas à ma comprendre. Puis, là, j'ai plus envie de partir, même cette semaine loin de LD m'a donné une sensation de manque. Je veux plus partir comme je le fais tout le temps. Je veux juste essayer de trouver un équilibre, je dis pas que j'ai toutes les chances de réussir, non. On change pas quelqu'un en un rien de temps. M'éloigner d'Aaron m'a montré à quel point je tiens à ma vie sur cette université. J'ai eu du mal à le comprendre mais encore une fois grâce à son aide j'ai trouvé des réponses à mes questions. Je quitte mes pensées et fixe longuement le sourire rassurant de mon ami. Mes yeux se mettent à briller comme si, à nouveau, des étoiles s'y étaient logées. Je le regarde avec toute la tendresse possible pour le remercier d'être là, pour lui montrer que, mine rien le plus fort entre nous c'est lui. « Tu sais pour ton pouvoir, c'est pas rare que quelqu'un en perde l'usage de temps à autre. Regarde moi, j'ai passé dix ans à comprendre comment le mien marchait, et maintenant je peux enfin le contrôler un minimum. Lauriane ne contrôlait plus les couleurs ces derniers temps, mais quand elle est partie c'était fini, Morwène était de nouveau colorée. Elle allait mieux. » J'écoute ses paroles. Lauriane ? Ses yeux menacent de laisser couler des larmes. Par réflexe j'attrape alors sa main pour la serrer faiblement dans la mienne. « T'es pas bien Pan, alors ton corps te montre qu'il faut... que tu ailles mieux. Et tes amies reviendront à toi une fois que ça sera passé. Mais rien n'empêche d'essayer, qui sait quand ça peut revenir ? » Tu peux m'expliquer comment tu fais ? T'as le don pour trouver les bons mots, non ? La flamme d'espoir qui menaçait de s'éteindre reprend soudain son oxygène. « J'veux que t'essaie de mettre des mots sur ce que t'arrivais pas à dire tout à l'heure. Une fois sorti ça ira forcément mieux, believe me. » Parler ? Ça me paraît absurde. Je suis bonne qu'à garder le silence. J'inspire lentement pour me donner le courage de trouver des mots, des phrases qui veulent dire quelque chose. Mon regard se pose un instant sur le ciel bleu. Il fait jour, je n'ai jamais aimé le jour, c'est effrayant. Il donne des allures trop vastes au monde, les rayons du soleil nous brûlent la peau tandis que la lune se contente d'éclairer notre chemin sans essayer de nous faire du mal. Je regarde à nouveau Aaron. C'est la première fois que je passe du temps en pleine journée avec lui. J'ai longtemps pensé qu'en présence du soleil notre amitié ne pouvait exister. Et pourtant il semblerait que nous sommes assez forts pour affronter la lumière brûlante du soleil. Je me force alors à laisser parler mon cœur. Me vider de toute la souffrance qui s'attaque à mon âme. Parce qu'avant de venir j'avais des tas de chose à lui dire.
« Je veux pas perdre la vie que j'ai construite ici. Je veux pas, réellement. Et, pour une fois que je me bas pour quelque chose de réel ... » ma voix se brise, désespérée. « J'ai l'impression qu'on me l'enlève. » je déglutis difficilement et m'oblige à contrôler ma haine. « J'ai peur de perdre cette vie comme j'ai peur de te perdre. J'ai pas envie de me réveiller un matin ailleurs que sur LD. Parce que ouais je crois que j'aime bien me lever tous les matins dans la même chambre. J'aime, tous les matins, dire bonjour à Abby. J'adore aller à la cafet', boire du café dégueulasse parce qu'il y a plus de chocolat. » je cesse de parler un instant, le temps de me calmer à nouveau. Je plante mes yeux dans les siens. « J'aime choper la crève après une nuit passée sur la plage, me ridiculiser devant toi en essayant de fumer. J'aime attendre avec impatience que les vendredis soirs arrivent. J'ai peur de me réveiller un matin et me retrouver sans cette vie qui m'aide à avancer.. »
J'espère qu'il m'en veut pas de me faire autant de soucis. C'est la première fois que j'ai trouvé un endroit où je me sens à ma place. Quand j'étais gosse, avec mes parents je ne me souviens que d'une chose. Le bonheur qui habitait mon cœur. Le jour où je me suis réveillée sans eux le bonheur s'est fait la malle. J'ai alors voyagé de famille en famille. J'ai essayé un nombre interminable de vies, comme on essaye une robe. J'ai pas trouvé celle qui me convenait, il y avait toujours ce vide qui torturait mon cœur. A mon arrivée sur LD ce bonheur qui avait fuit revenait à moi. Ma main, hésitante effleure le torse d'Aaron pour aller se poser sur sa nuque. Je caresse du bout des doigts sa peau avant de rapprocher lentement mon visage du sien. Je lâche son regard pour fixer ses lèvres. Céphée regarde Gaïa, d'un simple signe la tête répond à sa question et, dans un silence total suit l'oiseau. Lassé de ce silence, le sylvain arrache une touffe d'herbe pour le lancer sur Gaïa avant qu'elle ne s'envole.
« Tu sais chasser, toi ? (a) T'es aussi rapide qu'une limace. » Un rire s'échappe, suivit d'un clin d'œil.
Sans attendre la réaction de l'oiseau, Céphée décide de disparaître pour faire son apparition perché sur un arbre à faire une grimace à Gaïa. Gamin.
Le soleil, de son côté commençait à se cacher derrière une haute montagne.
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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron Jeu 9 Juin - 5:58
A long time ago, there was a young man. And he was free, proud, strong & the world used to shine for him. _____Que t'est-t-il arrivé ?
Je veux pas perdre la vie que j'ai construite ici. Qui voudrait voir son œuvre massacrée, mise à sac et mise à terre. Mais comme elle insista, il ne fit aucun bruit, soulagé qu'elle ne se soit pas renfermée sur elle même et qu'elle s'ouvre à lui. C'était tellement plus facile comme ça. La peur dans la voix de Pan était compréhensible. Il avait l'impression de voir l'arrivée d'une adolescente dans l'âge adulte, bien que Pan aie 27 ans elle avait l'air aussi perdue et effrayée qu'une lycéenne de 18. L'homme referma doucement ses bras autour d'elle, l'encourageant en silence à continuer. J'ai peur de perdre cette vie comme j'ai peur de te perdre. La grimace qui lui chatouillait la commissure des lèvres fut contenue in-extremis par un Aaron hésitant entre l'agacement et la déception. Pourquoi les gens pensaient-ils toujours au pire ? Et sincèrement, pourquoi allait-elle se torturer l'esprit avec des choses qui n'arriveraient probablement jamais ? La peur pouvait être utile, mais tant qu'elle restait dans la limite du rationnel. Pan était là à se creuser les méninges sur des chemins qu'elle pourrait ou ne pourrait pas prendre dans un futur qui n'existerait peut être jamais. La perte de temps était vraiment trop considérable pour qu'Aaron reste assit sans rien faire. A moi aussi ça me manque les vendredis soirs. Il se rendit alors compte que c'était lorsqu'on avait finalement ce dont on pouvait rêver que la peur de le perdre venait prendre la place du désir de l'avoir. Pan cherchait une maison, elle avait trouvé LD. Son ambition, son courage et la détermination dont elle avait pu faire preuve pour y arriver s'était effacée pour de la simple peur. La bonne vieille peur irrationnelle de perdre les êtres chers. Comme si elle nous avait manqué celle la.
Détaillant la veste chaude de Pandora du bout des yeux, Aaron l'écouta finir sans relâcher son étreinte. C'était toujours mieux dehors que dedans, d'ailleurs elle semblait reprendre un peu des couleurs. Levant les yeux vers lui, c'est une Pan plus assurée qui attrapa doucement sa nuque, comme pour le rapprocher d'elle ou l'entourer mieux encore. La caresse de ses doigts sur sa nuque éclata comme une décharge électrique à l'arrière de son crâne mais il ne bougea pas, lui rendant son regard sans savoir à quoi s'attendre.
« Tu te fous de moi ? Je te bas quand tu veux Mister Luciole, c'est pas moi qui est scotché au sol ! » et sur ces mots elle s'envola d'un bond sec et souple pour aller se laisser glisser sur les courants d'airs qui traversaient la plaine.
Bizarrement, la nervosité qui l'avait toujours habité dans ces moments là ne montra pas le bout de son nez, et Aaron resta plus ou moins stoïque lorsqu'il sentit le bleu des yeux de Pan repeindre ses lèvres. Qu'est ce que tu veux vraiment Pandora... Le regard insistant fini par le faire tiquer et il passa sa langue sur sa lèvres inférieure, laissant la peau plus rose là où elle était mouillée. Finalement il recommençait à être gêné. Un léger sourire mystérieux éclaira son visage et il posa ses lèvres sur le front de Pan tout en pressant son bras contre son dos. Elle avait besoin de certitudes, en voilà une qui pointait le bout de son nez. Il serait toujours là pour elle. Aussi cliché que ça pouvait être, il n'empêchait qu'il pensait à 200% que ça serait comme ça, qu'elle en veuille bien ou non, c'était à lui de décider à qui il voulait destiner ce genre d'engagement. Laissant courir ses yeux gris sur la plaine rendue verte par la pluie et l'arrivée du printemps, l'homme soupira une seconde en posant sa joue sur les cheveux de son amie et passa machinalement une de ses mains sur l'un de ses bras pour la réchauffer. Alors qu'une idée lui traversait l'esprit, un sourire fit de même sur ses lèvres et il entrelaça ses doigts à ceux de la jeune femme.
Il se servit de l'encre minérale emmagasinée dans le tatouage qu'il portait depuis quelque temps autour du biceps pour donner vie à ce qu'il imaginait. Doucement, le trait brun descendit le long de son bras pour apparaitre soudain hors de sa manche, comme un petit animal curieux sort la tête de son terrier. L'encre s'enroula paresseusement autour de ses doigts et passa des siens à ceux de Pandora, dessinant des arabesques sur le dos de sa main sans chercher à prendre une quelconque forme pour l'instant. Une vague s'ébaucha, enflant jusqu'à ce que sa crête se fende en deux et vienne s'écrouler joyeusement sur le poignet de Pandora. Pour mieux revenir à l'attaque. Remontant le long de son pouce comme un minuscule serpent aurait pu le faire, l'ombre s'y arrêta pour former une sorte de bague tournoyante. La bague s'effaça en son milieu pour former des lettres. Smile. Il y avait des jours ou il aimait vraiment son pouvoir. Aaron était ravi de voir qu'il n'avait pas besoin de se concentrer réellement pour réussir à faire bouger ces pigments sur la peau de son amie, restait à voir si ça l'amusait également.
« Bon alors, quelle forme tu veux Luciole ? » demanda-t-il en passant son pouce sur la paume de Pandora.
Enfin, le soleil laissait la place à sa maitresse et ses milliers de petites servantes lumineuses. Conscient du soudain manque de clarté, Aaron rouvrit les yeux et se redressa légèrement, tenant toujours Pan sur son côté. Il jeta quelques regards méfiants aux abords de la plaine et leva la tête au ciel pour contempler la voute céleste. D'ici la ville n'avait plus vraiment d'impact sur l'éclat des étoiles, et il n'en était que plus resplendissant, malgré les quelques nuages brumeux qui traversaient le ciel. Cherchant à capter le regard de Pan, il serra ses doigts autour des siens.
« A toi de jouer, essaie un peu pour voir. » proposa l'homme avec un sourire encourageant.
Il sentit Gaïa revenir, le ventre lourd de dizaines d'insectes avalés tout rond, et la tête reposée d'avoir partagé un bon moment avec le daëmon de Pan. Elle se posa sur le rocher et sourit à sa moitié tout en cherchant Céphée du regard. A toi de jouer.
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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron Lun 13 Juin - 1:58
Juste pour pas être la seule à me ridiculiser...
J'ai plus froid, j'ai même l'impression que la douleur qui me dérange au fond des entrailles s'évapore. Je peux entendre rire Céphée et Gaïa au loin, de nouveau le monde s'apaise. Mes grands yeux bleus s'accrochent au visage d'Aaron. Un frisson traverse ma colonne vertébrale. Soudain, je peux voir un trait d'encre caresser ma peau. Quelqu'un qui vous a un jour impressionné vous impressionnera pour toujours. Tu sais que tes bras sont les plus confortables du monde ? C'est que de la douceur de plonger dans tes bras, de la douceur qui se marre parce que toi, t'arrives à rire même quand t'as touché le fond. J'ai pas envie de t'embrasser. J'suis juste bien quand t'es tout près de moi et que tu me prends dans tes bras. J'ai pas besoin de plus ou de moins. Quand je vois ton sourire j'ai plus envie de te voir triste et perdu comme tu nous l'as fait ces derniers temps. J'ai fait de mon mieux pour mettre de côté mes petits soucis. En fait j'aurais fait n'importe quoi pour repousser tes pensées noires qui tournent autour de toi. N'importe quoi pour effacer la tristesse qui t'habitait et me volait le vrai toi. Le Aaron le plus lumineux de la terre entière. Et te voir maintenant, avec ce sourire sincère, te voir retrouver la lumière à côté de moi, c'est le truc le plus beau qu'il puisse m'arriver au milieu de la merde dans laquelle je baigne. Çà te fait peut-être peur de voir une fille comme moi attendre beaucoup de toi. J'ai parfois envie de mettre mon petit monde entre tes bras parce que j'ai plus la force de le supporter. Çà me ferait du bien d'être vidée, nue, comme un nouveau né. J'ai beaucoup d'admiration pour toi, tu sais ? Parce que toi t'as vécu avant moi, t'as trois ans de plus, c'est rien, je sais et pourtant t'es bien plus avancé. T'as laissé du monde entrer dans ton cœur, t'en ressors peut-être cabossé mais t'es plus fort que les autres, que moi. Ça t'as fait comprendre tellement de choses. Ça te rend tellement meilleur, une boule de tendresse qui donne beaucoup mais attend plus tellement des autres. Parce que toi tu sais que les gens ne sont que ce qu'ils sont. J'ai l'impression qu'avant de te connaître il y avait un autre Aaron. Un Aaron qui soignait lui-même ses blessures à coup d'apprentissage de la vie. Je suis si peu à côté de toi, moi, je connais pas la jalousie et tous les autres sentiments noirs qui viennent avec. J'dois laver ces sentiments qui pourrissent la vie avec mes pensées propres, un truc dans le genre, non ? J'ai de l'amitié pour toi … avec cette admiration en plus. Ça me brûle les entrailles parfois cette connerie. Et juste … Pars pas Aaron. « Bon alors, quelle forme tu veux Luciole ? » Je quitte mes pensées lorsque la voix de l'homme brise le silence. Je souris, fixant alors un long moment nos doigts liés.
« Une étoile. » Faisons dans l'originalité.
Mes yeux se mettent alors à briller comme deux diamants lorsque l'encre prend la forme désirée. Je lève la tête pour lancer un sourire fasciné à Aaron.
[…]
« A toi de jouer, essaie un peu pour voir. » Le corps phosphorescent de Céphée se rapproche de nous à grand pas. Et puis il y a dans le ciel des milliers d'étoiles, toutes aussi brillantes les unes que les autres. C'est fou ce que la nuit peut arriver vite. Je me relève légèrement. A moi de jouer. Mon regard se pose sur le ciel, elles semblent si lointaines … Je ferme les yeux pour me concentrer sur les battements de mon cœur. J'enfouis tous ces mauvais sentiments au plus profond de moi. Je n'ai pas peur. Une vague d'encouragement venant de mon double traverse mon esprit. Je pose à nouveau mon regard sur le ciel étoile, j'ai l'impression de brûler en voyant que personne n'est là. « C'est peut-être encore un peu tôt. » Et pourtant, je m'accroche, je persiste à appeler mes amies mais, elles semblent si bien là haut. Alors, déçue, je retourne dans les bras d'Aaron. Soudain, ma peau se met à me gratter. Ça ressemble pas à un effet secondaire de la déception. Mais alors ? C'est quoi ? Les picotements deviennent de plus en plus intense. Curieuse, j'enlève mon pull, me relève légèrement.
« Aaron ! Lève-toi ! Vite ! » D'un bond, je me lève tout en attrapant au passage de le bras de mon ami. « On est couché sur une fourmilière ! » Ça gratte ces petites bêtes. ;_; « Elles sont en train de nous bouffer ! Y a un point d'eau à deux pas d'ici. Vite suis-moi. »
J'attrape sa main avant de m'élancer sur le chemin de terre par lequel j'étais arrivé. C'est psychologique je crois mais j'ai l'impression d'en avoir partout, même dans les chaussettes. Enfin, le petit lac se dessine sous nos yeux, je peux y percevoir le reflet de la lune. J'ai déjà vu dans un film un type qui se faisait attaquer par des fourmis, il avait aussi sauté dans sa piscine. Pourquoi ne pas faire pareil ? L'eau est froide mais tant pis, j'suis trop jeune pour mourir. Je serre toujours la main d'Aaron pour ne pas qu'il parte. Je le pousse avec moi dans l'eau en riant. De suite, les picotements s'estompent. Bon sang, ça fait flipper ces petites bêtes. ;__; Je plante mon regard en direction de Dwayne avec un sourire jusqu'aux oreilles. Je me gratte encore comme une malade. Lentement, je me rapproche d'Aaron. Soulève son t shirt trempe. Du bout des doigts je caresse sa peau.
« T'as des piqures partout ! Ö Ça te démange pas trop ? » Je marque une pause le temps de rire comme une sale gosse. « Tu sais à ce qu'il paraît quand on se fait piquer par des insectes il suffit de se faire mal quelque part pour oublier que les boutons nous démangent. » Je suis ridicule ? (a) « Me regarde pas comme ça c'est les scoots qui disent ça. 'Fin je pense, y a que eux pour dire ça. Ils ont peut-être raison. On essaie ? »
Alors, sans prévenir Aaron je rapproche mes lèvres de son torse pour mordre son téton. OUI SON TETON ! Bon sur le coup j'ai pas osé le mordre bien fort mais bon hein y a pas marqué sauvage sur mon front. (a) Je me recule en explosant de rire. Alors ? « PAN T'ES DINGUE ! » Oh c'est quoi ça ? Mais … une étoile, c'est bien une petite étoile qui vole au dessus de la tête d'Aaron. Je l'attrape du bout des doigts et la montre à mon ami, folle de joie. J'en oublie presque que je suis dans un lac vaseux et que je viens de mordre un téton.
« Regarde un peu ! » Je fixe longuement l'étoile, les yeux brillants de bonheur avant de la laisser tournoyer autour de nous.
Finalement, la folie a ses bons côtés.
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« Tout ce que la mer a à offrir, ce sont ces grosses bourrasques. Et de temps en temps, cette sensation de puissance. Il est vrai que je ne connais pas grand-chose à la mer mais ici en tout cas, c'est comme ça. Et je sais aussi que dans la vie, le plus important, ce n'est pas nécessairement être fort mais de se sentir fort, et de se mettre a l'épreuve au moins une fois. De se retrouver au moins une fois dans la condition humaine la plus archaïque, affronter seul la nature aveugle et sourde, sans rien pour vous aider, si ce n'est vos mains et votre tête. » into the wild
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. - Aaron
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