now stand the lonely - WILLOW

 
  
MessageMer 2 Déc - 23:11
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Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose ! Mais la tristesse en moi monte comme la mer, et laisse, en refluant sur ma lèvre morose, le souvenir cuisant de son limon amer. Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ; ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé par la griffe et la dent féroce de la femme. Ne cherchez plus mon coeur ; les bêtes l'ont mangé.

J’ai fumé, et bu. Un peu. Rien de bien fort. Juste assez pour me sentir mieux, pour oublier les problèmes que mon cerveau a l'habitude de créer de toutes pièces ; pas assez pour partir en vrille, comme j’ai déjà eu l'occasion de le faire, à de nombreuses reprises. J’ai du mal à rester moi-même longtemps, puisque je ne me supporte pas vraiment.
La soirée est déjà bien entamée, et un ennui profond commence à me ronger, doublé d'une humeur pourrie, prémices d'une nuit d'insomnie longue et peu appréciable. Vêtu d'un débardeur baillant et d'un jean noir déchiré, j’erre sans réel but pas loin de la rue, dans l’obscurité je sais pas vraiment où, un joint d’héroïne brune à la main – c’est censé détendre mais j’ignore si l'effet est toujours existant - , icône même de la productivité. Je dois avouer que je n’ai rien de prévu, que de toute façon, rien ne m’intéresse. Pourtant, je suis censé m’être amélioré, ces temps-ci, être devenu de plus en plus stable. J’ai repris des études, j’ai trouvé du boulot. J’ai tout essayé, en fait : les mois d'abstinence au sexe, qui m’ont forcé à arrêter les rencontres d'un soir sans intérêt ni profondeur, les mois d'abstinence à l'alcool... Et bien, en quelques heures seulement, j’ai l’impression d’avoir rechuté. Oh, rien de bien dramatique. Je n’ai rien fait de mal, ni à moi-même ni à personne d’autre. Je n’ai rien fait que je pourrais regretter par la suite. Ça ne va pas tarder, à coup sûr.

Je sais pas trop où je vais, je sais pas trop où je suis, et j’ai cette impression qui fait mal, cette impression que je sais à quel point ce que je fais est nul, mais que je n’ai aucune envie d’essayer de changer. Et ce goût amer dans la bouche, alors que je devrais être chez moi, devant un film, ou dans un café avec des amis, ou tout simplement en train de travailler. Mais non, j’ai dix-neuf ans et je me suis déjà pourri de toutes les façons possibles et imaginables. C’est totalement ridicule. Avançant lentement, pas par pas, la démarche hésitante, je m’enfonce dans ce petit chemin que j’ai jamais vu de ma vie, sans savoir ce que je fais à la lisière d’un bois, sans savoir comment je suis arrivé ici, sans même savoir ce qui me passe par la tête – ce qui prouve que le joint a quand même eu un minimum d’intérêt. Et c’est là, dans l’obscurité de minuit, que je l’ai vue.

Au début, j’ai battu des paupières, plissant les yeux pour tenter de déceler quelle sorte d’ombre aux formes trompeuses j’avais pu apercevoir, ou encore pour dissiper l’hallucination d’un instant – mais ce genre de réaction est inquiétante, parce qu’en général ça veut dire que je suis allé un peu trop loin. En fait, j’ai réagi exactement comme la première fois que je l’ai vue.
Elle est là, elle marche lentement, je sais bien qu’elle n’est pas la première femme accompagnée d’un Daëmon, mais je me souviens de ce soir où je l’ai croisée, et qu’elle était bien la seule que j’avais vue. Et, je ne sais pas trop, elle donne cette impression de ne pas être vraiment là, elle me donne l’impression d’apparaitre comme ça, et je me fige, la fixant sans rien faire. J’ouvre la bouche pour prononcer quelque chose, sans même savoir ce qui me viendra à l’esprit ; et au final, je ne brise même pas le silence. Je n’ai rien à dire. De toute façon, à quoi ça servirait ? Je me souviens d’elle, de l’état dans lequel elle était lorsque je l’ai vue pour la première fois, et de la façon dont ça m’a fait réfléchir sur ma propre situation, de la façon dont j’ai été presque obsédé par cette rencontre. Et je sais comment ça va se passer, si je ne fais pas un geste, si je ne laisse pas sortir un mot, comme la dernière fois : elle va me regarder et passer son chemin. Et je la reverrai des années plus tard, une nuit d’insomnie, à moitié défoncé et complètement bourré. Et comme toutes les autres fois, je croirais avoir halluciné.

Je m’approche. Juste quelques pas. J’ai l’impression que si je le fais trop rapidement, trop brusquement, elle s’estompera comme une illusion. Passant une main dans mes cheveux, j’incline légèrement la tête sur le côté.
_ Bonsoir.
Et c’est tout ce qui me vient. Parce que je ne suis pas du genre à poser plein de questions clichés, à demander ce qu’elle fait là en pleine nuit, ou quelque chose du genre. Parce que dans ce genre de situation, c’est évident que ça n’intéresse ni l’un ni l’autre. Humectant mes lèvres sèches, je tire un autre coup sur mon joint.
_ Tu… On s’est déjà vus, mais tu dois avoir oublié.
Ces mots ont été murmurés, plus pour moi-même que pour elle. Mais je ne sais pas trop. C’est tellement bizarre.
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MessageMer 9 Déc - 1:11
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La soirée est déjà bien avancée et comme d’habitude, je n’ai rien fait de constructif. Je suis dans mon appartement, à fixer un point sur le mur, l’esprit divagant à des kilomètres d’ici. Je suis sur une autre planète, je n’ai aucune notion du temps, je suis perdue. Ce n’est pas nouveau vous me direz. Je suis assise par terre, adossée à mon canapé, Olwenn à mes côtés. Je passe mes doigts dans le poil doux de ma louve. Je la sens calme, détendue, profitant de cet instant puisqu’elle sait que ça ne se reproduira pas avant longtemps. Je ne suis presque jamais comme ça avec elle. Je passe mon temps à l’insulter, à lui faire du mal. Car j’agis comme ça avec moi-même. Je me fais mal, parfois intentionnellement, parfois pas. C’est donc logique que je le reproduise sur mon âme. Bien évidemment, ce n’est pas vraiment moi qui cherche à lui faire du mal. J’aimerais être proche d’elle comme ça tout le temps. Mais c’est la drogue, les médicaments ou peut-être le mélange de tout qui me rend comme ça. Je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je cherche.

Olwenn finit par se relever. *On sort ? Ça te ferait du bien un peu d’air frais…* Dit-elle ça car j’ai l’air d’avoir été retenue dans une cellule psychiatrique pendant 2 mois ou simplement car je l’inquiète et qu’elle se soucie de mon bien-être ? Peu importe sa raison, il ne me faut que quelques secondes pour me décider à me mettre debout. J’ai effectivement besoin de sortir, de me dégourdir les jambes et surtout, j’ai besoin de fumer. Elle le sait, elle m’entend penser de toute façon, mais elle ne le fait pas remarquer. Car elle sait que ça ne servirait à rien. Depuis le temps que je me bousille la vie, elle a arrêté de tenter de me faire arrêter. Elle sait que j’en ai besoin, que ça fait partie de chaque parcelle de mon corps.

Me voyant me diriger vers mes chaussures, la louve tousse. Je l’interroge du regard. *Ça doit faire trois jours que tu t’es pas douchée… Pense aux autres…* Elle a raison. Je n’ai pas posé un pied dehors depuis trois jours et j’avoue que mon odeur corporelle laisse à désirer. Je soupire longuement et me dirige vers la douche.

Une fois propre et fraîche, je sors enfin. Il fait déjà nuit dehors. Je n’ai même pas pensé à regarder l’heure. Ce n’est pas comme si j’avais une vie sociale active… A part Sitael que je vois de plus en plus souvent, je n’ai presque pas d’interactions sociales. Enfin bref, je traverse Merkeley, évitant les quelques personnes que je croise, me dirigeant vers la forêt. Là-bas, au moins, je suis presque sûre de ne croiser personne. A minuit, il est peu courant d’y voir du monde. Je m’arrête contre un arbre, pas trop loin de la lisière, n’aimant pas plus que ça la nuit noire. Au moins depuis là, la lumière des lampadaires de la rue d’à côté arrive jusque-là. Je sors donc de quoi me rouler un joint.

Je tire une taffe et laisse la drogue atteindre mon cerveau. Je me suis tiré une ligne juste avant de partir, histoire d’être sûre de tenir la nuit. La coke, je ne peux pas m’en passer. J’en suis dépendante depuis bien longtemps. Chaque journée sans est une torture. Le joint, en revanche, c’est plus mon petit loisir. Ça me fait un peu de bien, mais ce n’est rien comparé à ma poudre blanche. J’expire la fumée et la regarde se dissiper dans l’air, mes pensées voguant bien loin de là à nouveau. Mes pieds se mettent machinalement en route, en direction de n’importe où, juste histoire de bouger, de faire circuler mon sang pour ne pas avoir trop froid.

C’est là que je sens des yeux sur moi. Je tourne la tête et l’aperçois. Ce garçon. Je l’ai déjà vu une fois. Il a eu la même réaction. Il n’a pas bougé et m’a regardé m’éloigner, sans rien dire, sans bouger, comme si je n’étais qu’une illusion et qu’il avait trop peur de bouger. Je donne souvent cette impression ; de n’être qu’un fantôme, un mirage. Certains diraient que je ne suis que charnelle, que mon esprit n’est plus là, un corps sans vie, se déplaçant lentement, sans but. Ils n’auraient pas complètement tort. Après tout, je ne sais pas où je vais dans la vie. Je ne sais même pas ce que je vais faire du lendemain, ni même de ma journée. Comment savoir ce qu’on va faire de sa vie quand on ne sait même pas qui on est ?

Je m’apprête à tourner la tête et continuer mon chemin, comme je l’ai fait la dernière fois, mais le garçon ne m’en laisse pas le temps. Je le vois venir vers moi, lentement, comme s’il ne voulait pas m’effrayer, me voir partir et après un instant qui me semble une éternité, il ouvre enfin la bouche. - Bonsoir. Sa main se passe dans ses cheveux et je le fixe, ne sachant comment réagir. On ne vient pas vers moi normalement. On m’évite ou on m’ignore tout simplement. Je fais partie du décor, un simple détail du paysage qu’on se contente de zapper de sa vision. Mais il ne le fait pas, il s’adresse bien à moi. Je le regarde tirer une latte sur son joint, me rappelant de l’existence du mien, et il continue : - Tu… On s’est déjà vus, mais tu dois avoir oublié. Il parle si doucement que j’ai de la peine à l’entendre. Je n’arrive pas à dire s’il s’adresse vraiment à moi ou seulement à lui-même. En tout cas, s’il pense que je vais converser avec lui, il peut oublier. Olwenn s’assied à mes pieds, fixant le garçon. Elle me fait ensuite remarquer qu’il n’a pas d’animal à ses côtés. Serait-ce un humain ? Suite aux précédents événements, j’ai soudain un doute quant à ses intentions. Normalement, nous ne risquons plus rien, nous faisons partie des « personnes normales, ayant des droits comme tous les autres », mais il est difficile d’oublier tout ce qu’on a subi. Même si je n’ai jamais vraiment eu peur des autres, grâce à mon don, j’ai toujours préférer éviter les emmerdes et rester loin des gens. Je me rappelle qu’il m’a parlé et que je devrais lui répondre, au moins pour qu’il dégage.
    « Bonsoir…. » Mon ton est froid, comme d’habitude, et mon regard n’est vraiment pas chaleureux. « Et donc ? Tu veux quoi ? »

Je tire sur mon joint, expirant l’air non loin de son visage.
  
MessageVen 18 Déc - 20:21
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Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose ! Mais la tristesse en moi monte comme la mer, et laisse, en refluant sur ma lèvre morose, le souvenir cuisant de son limon amer. Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ; ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé par la griffe et la dent féroce de la femme. Ne cherchez plus mon coeur ; les bêtes l'ont mangé.

Elle m'a vu. Et la façon dont elle me regarde manque de me désarçonner. Je ne suis pas si confiant. J'ai juste... Je ne sais même pas, je voulais lui parler... Voir, comprendre, écouter. Qui est-elle au juste ? Aucune idée. J'ai juste l'impression qu'elle est aussi perdue que moi. Pas perdue dans le sens qu'elle ne saurait plus comment rentrer chez elle : perdu dans la vie. Mon regard passe de son visage au joint qu'elle tient à la main, mais je suis mal placé pour faire une remarque, avec le mien. Après avoir hésité quelques secondes, j'avance encore d'un pas. Deux. Trois. Elle n'a pas bougé. En fait, elle n'a pas seulement l'air froide comme la glace, mais également surprise que j'ai osé lui adresser la parole. Ouais, je sais, je surprends beaucoup de monde, tellement je suis insensé et illogique.
_ Bonsoir... Et donc, tu veux quoi ?
Je déglutis. A croire que je ne peux même pas essayer. Mais ouais, je suis surprenant, c'était pas un mensonge. Et là, je n'ai pas envie de m'en aller. Surtout pas si c'est pour rentrer chez moi dans cet état, histoire que toute ma faille ait le plaisir d'avoir à me supporter comme ça. Encore moins si c'est pour retourner traîner dans la rue avec des types louches que j'ai vus trois fois dans ma vie. Du coup, je me contente de lâcher un soupir, sans quitter l'inconnue des yeux.
_ Etre aimable, ça tue personne... marmonnai-je avec un petit sourire sarcastique.
En temps normal, j'aurais probablement tourné les talons avant de détaler comme un adolescent qui viendrait de se faire éconduire de la pire façon qui soit. Pas du genre timide, mais du genre peu confiant, plutôt. Sauf que je suis défoncé, et d'ailleurs un coin de mon cerveau l'a très bien compris, et ne cesse de me rappeler à quel point je suis con.
_ Au fait, mon nom, c'est Isaac. Mais toi ?
Question ponctuée d'un froncement de sourcils. Je ne suis pas si aussi sûr de moi que j'en ai l'air. Mais je suis sûr qu'elle peut le remarquer elle-même. Lentement, je concentre mon attention sur l'animal... non, le Daëmon qui l'accompagné. Un loup, manifestement. Assis juste devant elle, qui me fixe de façon troublante. Me mordant la lèvre, je tire une taffe sur mon joint, les mains tremblantes.
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MessageMer 3 Fév - 12:07
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Ce petit n’a pas confiance en lui et ça se voit. Je le sens à chaque fois que je le regarde. En même temps, il a l’air jeune. Et je ne l’ai jamais vu, il doit être assez nouveau. Non pas que je connaisse tout le monde, mais depuis le temps que je suis là, je ne l’ai jamais croisé. Il avance d’un pas, puis deux, puis trois. Ma réponse le fait déglutir, mais il ne me lâche pas du regard pour autant. Fausse sureté sur ce coup ? Le petit se décide à me répondre après un soupir. - Etre aimable, ça tue personne...
    – Ca les sauve pas non plus…

*’Tain Willow pour une fois que quelqu’un vient t’adresser la parole pour autre chose que tes fesses ou ta drogue tu pourrais être sympa.* Je sens le regard de ma louve sur moi alors qu’elle me parle par pensée. En effet, je suis désagréable avec les autres, mais c’est comme ça que je suis, que j’ai toujours été. Je n’arrive pas à changer 24 ans de ma vie en un clin d’œil… - Au fait, mon nom, c'est Isaac. Mais toi ? Et le voilà qui recommence à parler. Le regard insistant de ma louve est toujours sur moi. Elle attend ma réponse et elle compte bien me sermonner si je ne réponds pas gentiment. Je lève les yeux au ciel, soupirant, avant de répondre au garçon, à contre-cœur.
    – Willow…

J’entendrais presque des applaudissements de Olwenn. Prenant de l’avance sur les questions de cet Isaac, j’enchaîne directement :
    – Et elle c’est Olwenn…

Je tire une latte sur mon joint et soupire à nouveau. S’il pose trop de questions, ça risque de vite m’énerver.

Isaac pose les yeux sur la louve. Olwenn en fait de même. Ce n’est pas elle qui lui ferait de mal, c’est sûr. Enfin, s’il ne veut pas me faire de mal à moi. Elle est gentille mais ne supporte pas qu’on me malmène – bien qu’elle aurait toutes les raisons de s’en foutre vu mon comportement envers elle -. Il tire une taffe sur son joint et je remarque sa main tremblante. De la peur ? Du manque ? Je soupire longuement avant de lui demander :
    - Bon… A part ça, tu fous quoi ici, tout seul ? C’est pas super prudent de se balader ici la nuit…

Non pas que je m’inquiète pour toi, ne te fais pas d’illusion, je pourrais même être celle qui te ferait du mal. Enfin, pas ce soir. Je suis pas d’humeur. Sauf si tu m’en donnes les bonnes raisons.

Spoiler:
 
  
MessageJeu 25 Fév - 11:44
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Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose ! Mais la tristesse en moi monte comme la mer, et laisse, en refluant sur ma lèvre morose, le souvenir cuisant de son limon amer. Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ; ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé par la griffe et la dent féroce de la femme. Ne cherchez plus mon coeur ; les bêtes l'ont mangé.

Evidemment, ce n'est pas parce que j'insiste qu'elle va se mettre à être aimable, comme ça d'un coup. Mais tout de même, hein. Comme je l'ai dit, être aimable, ça tue personne...
_ Ça les sauve pas non plus…
Je fronce les sourcils. Je ne sais pas quoi penser d'elle, si ce n'est qu'elle n'a pas la joie de vivre, assurément. Et qu'elle veut me voir tourner les talons et partir. Mais bien entendu, dans ma logique implacable, je ne le ferai pas. Du coup, je reste planté là, me décidant enfin à me présenter - enfin, c'est un grand mot, je lui ai juste dit mon prénom. Il n'empêche que je suis assez surpris d'entendre une réponse passer la barrière de ses lèvres. Elle s'appelle Willow. Et sa louve, Olwenn. J'apprécie ces deux prénoms, mais ça, je compte le garder pour moi. Dans le brouillard de mes pensées, je comprends tout de même qu'il faut que je me calme avec les questions, si je ne veux pas la faire fuir. Étrangement, je trouve la situation assez amusante, alors que, manifestement, c'est loin de l'être. Deux jeunes adultes paumés, en pleine nuit dans la forêt, chacun un joint à la main.
J'ouvre la bouche, prêt à parler à nouveau, mais que dire ? Je l'ignore. Du coup, je me sens bien arrangé quand, encore une fois, la voix de... Willow se fait entendre.
_ Bon… A part ça, tu fous quoi ici, tout seul ? C’est pas super prudent de se balader ici la nuit…
Sa question me surprend légèrement, mais pas tant que ça. Je laisse échapper un petit rire qui n'a pas grand chose à faire là, me rapprochant de quelques pas. Je ne sais pas trop ce qui me prend, mais ce n'est pas comme si je réfléchissais beaucoup, ces temps-ci. Je ne m'immobilise que lorsque je lui fais réellement face, à moins d'un mètre de distance.
_ Je pourrais te demander la même chose... commençai-je avant de souffler un nuage de fumée blanche. Ah mais non, suis-je bête, j'ai pas de loup pour me défendre.
Je peux vous assurer, avoir une vraie discussion avec moi quand je suis dans cet état, c'est pas facile. Mais bon, qui s'en inquiète ? Cette jeune femme m'aura probablement oublié demain matin, au réveil. Si elle dort ce soir - pensée sortie de nulle part qui ressemble, pendant une seconde, à de l'inquiétude. Mais non, je ne m'inquiète pas pour des inconnus. Sauf s'ils me donnent l'impression de me regarder dans un miroir. Je ne pense pas qu'elle et moi soyons semblables. Lorsque je l'avais vue, elle semblait tellement irréelle, éphémère, tel un mirage qui s'estomperait au bout de quelques secondes. Et à présent qu'elle n'est qu'une personne de chair et d'os en face de moi, je ne cesse de me heurter à un mur.
_ Tu te promènes souvent comme ça, la nuit toi ? Y a des types louches, par ici, t'sais ? Ils viennent jamais te chercher des emmerdes ? J'arche un sourcil, avant de hausser les épaules et d'afficher une moue dubitative. Moi si, donc j'sais pas.
Pris d'une soudaine impulsion totalement sortie de nulle part, je tends le bras pour lui tapoter l'épaule - je sais pas moi, un geste sympathique, enfin, un truc, quoi. Mais je m'arrête au milieu de mon geste, jetant un regard à la louve assise calmement, qui me fixe de ses yeux perçants. Donc non, en fait. Je n'ai aucune idée du genre de réactions qu'auront ces deux-là si j'ose poser la main sur Willow. Je ne la connais pas, après tout. Mais ce n'est pas ce soir que mon recul et mon objectivité m'aideront à quoi que ce soit.
naan mais en fait, je sais pas si j'ai vraiment envie de t'embêter.
C'est censé vouloir dire je me casse, mais à la place, ça sonne plutôt comme accorde-moi de l'attention, je t'en supplie. Je dois faire de la peine, quand même. Lui adressant un sourire extatique et loin d'être les pieds sur terre, je hoche la tête d'un air convaincu. En plus je sais très bien que si elle me jette je risque pas de m'en aller juste comme ça.
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