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Elisa ✖ L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur.

 
  
MessageMar 25 Oct - 18:56
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Date d'inscription : 16/11/2013Nombre de messages : 719Nombre de RP : 168Âge réel : 27Copyright : © Aki.Avatar daëmon :
.Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Parfois, l'affection est une fleur timide qui n'éclot qu'avec le temps.


Àsgard & Elisa
Tu ne te réveilleras qu’une fois dans la nuit, bruit extérieur mettant nos sens en alertes. Ta tête s’était tournée un moment vers la porte d’entrée de l’habitation, te redressant sur le lit alors que je me déplace derrière ce dernier, cachant ma vue à quiconque voudrait rentrer ici. Ton corps se tend et ton regard est fixe mais rien ne vient, rire s’amplifiant, lumière d’un jardin voisin s’allumant. Tu soupires, rassurés malgré toi qu’il ne s’agisse pas des colocataires d’Elisa. Et si tu te rallonges, tu peines à retrouver le sommeil, tournant et virant dans le drap que tu finis par pousser jusqu’à tes pieds. Quelque chose te manque, tu as perdu le chemin des bras de Morphée, grimaçant alors que tu le comprends. Du côté mon Viking, te laisser bercer par un Dieu Grec est une abomination, toi même le sais… Tu capitules et te lèves, avançant en direction de la baie vitrée que tu ouvres pour t’installer dehors. Tu ne sais pas combien il fait cette nuit, mais tu es bien là où tu es alors que la pluie s’amuse à venir se déposer sur tes orteils, faute de ne pouvoir couvrir ton corps qui est protégé par la toiture de la terrasse. Ta tête se tourne et tes oreilles saignent en entendant ta langue se faire massacrer par ces inconnus. Le frisson que tu auras cette nuit ne sera ni dû à cette soirée passée avec Elisa, ni dû à cette fraicheur que tu adores. Non, ça sera eux qui te le donneront en écorchant ainsi tous les mots qui peuvent sortir de leur bouche. Mais tu es bien critique mon Viking, inverse donc les rôles, ainsi il n’est pas certain que tu puisses mieux t’en sortir qu’eux, je sais que je te le répète, mais ne l'oublie pas. Le sourire s’étant et ta peau devenue maintenant glaciale, tu décides de rentrer, pieds essuyés sur la serviette que je te ramène. Tu l’étends une seconde fois et te rallonges, coup d’œil au portable, pas de message. Amusé tu secoues la tête. À Elisa, il lui manque ce côté sauvage que tu possèdes toi et pour déclencher cela, on ne peut te reprocher quoi que ce soit, toi qui lui tends toutes les perches qui sont en ta possession. Dommage.
Tu es peut-être un peu déçu de tout ça, mais tu es aussi certainement beaucoup impatient, bousculant tous les principes pour la rapprocher de toi. Ta mère te ramènerait à l’ordre si elle avait conscience de tout ce qui se passe dans le flux de tes pensées. Quelque part, tu te satisfais du fait qu’elle ne soit pas comme tous les hommes de la famille, qu’elle ne soit pas Daëmonienne. Déjà qu’humaine elle vous mène tous à la baguette alors si en plus elle avait un daëmon et un pouvoir, il est clair que toutes les féministes voudraient l’élire présidente. Enfin… Tu fermes les yeux une fois de plus et cette fois ci, rien ne viendra te troubler. Jusqu'à ce que…

De l’eau qui coule dans les canalisations en bruit de fond te fait ouvrir un œil avant que tu ne te ravises, te retournant dans le lit, drap enveloppant partiellement ton corps. Mais alors qu’il s’agit là d’heure, tu as l’impression qu’entre les prémices de ton réveil et celui-ci, il n’y a que quelques secondes qui se sont écoulées. Le bruit d’objets fragiles que l’on dépose sur un plan de travail, sur une table ou sur quoi que ce soit d’autre… C’est ça qui te fait t’assoir sur le matelas du canapé, regard rivé sur le temps qu’il fait. Maussade. Typiquement le genre de jour où tu pratiques plus le travail à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ta tête se penche en entendant la voix de l’Italienne venir lentement caresser le creux de tes tympans. En voilà une belle berceuse qui serait capable de te rendormir dans les secondes qui pourraient s'en suivre. Mais rien de tout cela ne serait raisonnable… Ce week-end l’est-il seulement … ? Tu lui lèves la main pour lui répondre par un geste. Tes iris coulent sur moi un moment avant que je ne m’engage la première en direction de la cuisine, te forçant ainsi à me suivre. Une fois sur tes deux pieds et une fois étiré, tu renfiles ton tee-shirt alors que tu t’avances en direction de la Napolitaine, acquiesçant d’un signe de tête à sa première question. Oui, tu as bien dormi mais tu es certainement encore un trop endormi pour pouvoir ouvrir la bouche, t’accoudant plutôt et sentant l’odeur du café dans une inspiration.
Si tu as l’habitude de manger quelque chose au matin ? Effectivement oui, comme beaucoup de Norvégien. Je ne vois pas le brunøst. Ma tête se relève jusqu’à toi face à ta remarque et c’est l’absence de présence de cet aliment qui va te faire ouvrir la bouche pour la première fois aujourd’hui.

Tu as du brunøst ? Je ne serais pas difficile malgré mes préférences mais j’espère juste qu’il t’en reste au moins une tranche dans le frigo.

Tu refuses déjà l’idée qu’elle ne puisse pas en avoir et pire encore, qu’elle n’ait jamais pu en manger. Si ta mère le fabrique avec le lait des chèvres de ton père, pour avoir ce fromage à ton petit-déjeuner, même si le cas ne s’est encore jamais présenté, tu serais probablement prêt à en accepté un industriel plutôt que d’avoir à t’en passer. Tu pourrais faire l’impasse sur le saumon du matin, sur le jambon, le rôti de porc ou le pâté de foie, mais certainement pas sur le brunøst. D’ailleurs, en parlant de petit-déjeuner salé, tu ne vois pas grand-chose qui est capable de te satisfaire dans l’immédiat. Mais il y a du pain et ça c’est déjà un sacré bon point !

Des fruits à la sortie du lit ? Le pain d’accord c’est la base, mais la pause sucrée, ça vient toujours après le salé.

Tu te grattes l’épaule et fronce les sourcils sans rien comprendre. Comment peuvent manger ces italiens s’ils ne dégustent ni saumon, ni viande cuite, fumée ou marinée au réveil ? Inversant en plus de cela la saveur des repas sans que cela ne puisse les perturber … ? Étrange… Tu l’observes couper un morceau de son toast et jette un nouveau coup d’œil sur ce qui est posé sur la table. Ton regard dérobe son sourire alors que tu analyses chacun de ses gestes, figure ravie en voyant la cuisine se garnir de denrées que tu avais bien plus l’habitude de déguster à cette heure de la matinée. Tout est froid et rien ne te gêne dans cela, dégustant tout ce qui pouvait attirer tes envies et tes papilles. Enfin… Tout… Non pas tout, il reste encore l’Italienne que tu n’arrives pas à te mettre sous la dent. Ou en tout cas, pas pour le moment… Tu ne te lasses pas de la charmer en jeux de regards. Avec sincérité, tu dirais que tu acceptes sans mal de laisser de côté de Saltstraumen si quelque chose d’hautement plus intéressant pouvait s’ouvrir à toi en compagnie d’Elisa.
Elisa, Elisa. Son prénom tourne dans ta tête et tu quittes ses yeux pour te concentrer sur le pain que tu es en train de tartiner d’œufs de poisson. Tu ne penses pas au fait que dans à peine six heures tu devras partir, rentrer pour minuit au plus tard afin de permettre à ta mère d’aller se coucher. Elle qui attendra ton retour comme personne d’autre dans la maison.

Et toi, tu as bien dormi ? Tu t’es levée tôt de ce que j’ai pu entendre, tu n’arrivais plus à fermer l’œil ?

Ton regard cherche à venir retrouver le sien, pire qu’un camé en manque de son extasie. Tu ne peux tenir trop longtemps sans vouloir nourrir comme il t’est possible de le faire, cette soif d'elle qui vit en toi. Tu racles ta gorge et fait une pause dans ton repas en l’écoutant parler des courants de l’endroit qu’elle aimerait te faire découvrir. Midi trente ? Si tôt ? Tu sens un sourcil s’arquer avant d’hausser une épaule. Pourquoi pas, après tout si elle le dit, tu n’es pas prêt de remettre ses paroles en doute. Un coup d’œil rapide sur l’heure qu’il est te fait remarquer qu’il va falloir que tu te dépêches pour t’habiller. Par ailleurs en y réfléchissant bien, il te semble que tu peux gagner un peu de temps en partant directement du Saltstraumen plutôt que de Bodø. Tu reconnais qu’avoir moins à rouler, même si ce n’est qu’une question de dizaines de minutes, ça te ferait du bien. Cela signifiant pourtant que tu passeras un tout et pour tout, une heure de moins avec Elisa à faire ainsi l’aller seul et t’en aller directement après votre sortie plutôt que de la raccompagner chez elle. Tu ne sais pas quoi choisir… Cependant tu sais ce qu’il y a de plus sensé. Si tu la ramènes, tu prends plus de quarante minutes de route en plus. Tu grimaces à ma remarque, malheureusement pour toi tu en avais déjà pleinement conscience. Alors tu inspires et viens te servir un bol de fromage blanc avec quelques flocons d’avoine et des fruits coupés en morceaux dedans. Après le salé, le sucré, c’est bien ce que l’on avait dit.

Je vais passer rapidement sous l’eau pour finir de me réveiller et ouais, je pense que ça pourrait être pas mal si on s’en va juste après. Ça nous laissera la possibilité de profiter du lieu. Avec un peu de chance, même sans faire beau, le temps ne sera pas dégueulasse là-bas. Pour Dy’, je doute qu’elle aille dans l’eau avec la force qu’il y aura… On pourrait peut-être rester dans les environs jusqu’à midi et demi et après s’éloigner un peu plus ? S’il y a des points de vue agréables, autant aller les voir non ? Je suis bien partant pour ça et même s’ils sont loin, marcher ne me fait pas peur.

Cela serait un comble pour un guide touristique et qui plus est un guide de haute montagne. Alors non crapahuter partout, escalader le roc ou les arbres, rien de ce qu’elle pourrait te proposer ne saurait t’impressionner.

Au fait… Ça te dérange si on y va à deux véhicules ? Pas que je ne veux pas faire la route avec toi, bien au contraire, seulement que… du détroit, si je repasse par chez toi, j’en ai pour un peu moins d’une heure supplémentaire…

Tu ne voulais pas mettre ce genre de conversation sur le tapis mais si de plus de seize heures de routes en un week-end tu pouvais réduire à un peu moins de quinze heures trente, tu n’es clairement pas contre. Pour autant, si elle n’a pas leur voiture avec elle, la question ne se posera même plus. Tu patientes encore un peu de temps, avant de récupérer tes affaires ainsi que les siennes pour te mettre naturellement devant l’évier de la cuisine, nettoyant rapidement les bols, les tasses et les couverts qui avaient été salis par le petit-déjeuner, la laissant ranger toute la nourriture de son côté. T’essuyant les mains sur le torchon qui pend à l’un des meubles, tu hésites un moment avant de venir t’approcher d’Elisa, lèvres venant seulement embrasser sa joue avant que tu ne t’en ailles à la manière d’un voleur. C’est bon, tu l’as compris, peut-être mal, mais tu crois accepter maintenant le fait qu’elle ne soit pas autant disposée que toi aux désirs qu’elle fait naitre en toi. Petit à petit, tu te raisonnes, cherchant à être moins entreprenant, peut-être un peu plus ami que ce que tu n’aurais voulu à la base. Tu verras la prochaine fois comment tout se passe. Enfin s’il y en a une, de prochaine fois.
Pliant les draps et sortant le coussin de la housse sur laquelle tu as dormi, tu places le tout au bord du canapé-lit sans savoir ou cela doit aller, et récupères toutes tes affaires.
Direction la salle de bain des garçons. Tu ne tarderais pas comme hier soir cette fois-ci, juste de quoi te rincer et te laver rapidement, glissant dans tes habits et t’observant un instant dans la glace. Tu t’y arrêtes, sans être sûr de ce à quoi tu es en train de réfléchir, main glissant le long de ta barbe et cheveux que tu nous en te souvenant de la pluie qu’il y a dehors. Une pulvérisation de parfum sur chacun de tes poignets que tu frottes entre eux et deux au cou que tu étales d’un revers de la main. Sac sur l’épaule, tu penses à ne rien oublier et dévales les escaliers comme tu as déjà l’habitude de le faire à la ferme et saute, laissant le geste t’alourdir pour t’accroupir au-dessus de moi. Ma tête saisie, je ferme les yeux en sentant ta bouche venir embrasser mon crâne. Elle va te prendre pour un fou à réagir ainsi ! Mais tu t’en moques car elle ne peut tout simplement pas comprendre ce qu’il se passe.
Mon Àsgard, à ton avis, qu’est-ce que ça fait d’être Humain ? De vivre sans Daëmon ? Ne se sentent-ils pas trop seul ? Ne te pose pas ce type de questions, elles ne sont pas intéressantes Dy’ ! Si tu le dis…

Tu te relèves et t’en vas dehors pour déposer tes affaires dans le pick up le temps qu’Elisa termine ce qu’elle pouvait faire si elle n’était pas déjà prête. Revenant aussi vite que possible tu l’attends à la porte d’entrée et la décharges de ce qu’elle peut porter quand tu la vois arriver.

Aller la bella italiana, en voiture ! Tu marques une pause et reprends. Dis Elisa, tu m’apprendrais à parler un peu italien de temps en temps ?

  
MessageLun 31 Oct - 19:51
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Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Les petits-déjeuners diffèrent eux aussi, c'est vrai, Elisa souriant pour toute réponse à la question d'Àsgard avant de sortir le fromage et les produits salés, les déposant sur la table et s'installant, repas matinal commençant tranquillement. L'italienne, son pain et ses fruits, le norvégien, son pain et son fromage et ses œufs de poissons, le café le seul véritable point commun entre les deux repas, embaumant l'air et réchauffant ses mains. Ses lèvres restent courbées en un léger sourire alors que le gout du liquide emplit sa gorge, yeux pétillants chaque fois qu'ils croisent ceux du Viking en face d'elle, sourire s'agrandissant l'espace d'un instant. Elle est de bonne humeur, rire léger lui échappant face à la question, une main balayant l'air en guise de dénégation, expression presque gamine sur le visage. A croire que la compagnie comme son café lui sont montés à la tête, vraiment, et elle réprime un nouveau rire à cette idée. Se saouler au café. Si c'était possible, elle ne pourrait sans doute pas finir ivre, avec les quantités qu'il lui arrive d'en boire. Immunisée par ses origines et son éducation, et son esprit glisse vers ce premier repas partagé et les verres d'aquavit avant qu'elle revienne à la réalité, nouvelle gorgée bue avant qu'elle réponde.

"J'ai bien dormi, oui, merci... J'espère que je n'ai pas fait trop de bruit en me levant ? Je tends à me lever tôt... c'est plus agréable, non ?"


Ça laisse la journée devant soi, et la liberté de profiter de la fraicheur matinale et des couleurs qui peignent le ciel, du calme de la ville pas encore entièrement éveillée, de cette impression d'être seule au monde pendant qu'elle vaque à ses occupations en se faisant la plus légère et discrète possible, comme si elle jouait un mauvais tour simplement en refusant de dormir plus longtemps. La sensation qu'elle a en se recroquevillant sous ses couvertures pour garder leur chaleur plus longtemps est agréable aussi, d'autant plus qu'il n'y a pas d'urgence, qu'elle se sait libre d'en émerger quand elle le voudra, nul réveil pour la menacer, pas de colocataires frappant à la porte pour lui dire de s'en extraire. Simplement sa décision à elle. C'est agréable.
Les yeux vers recroisent ceux d'Àsgard, amusés de le voir manger encore, en train de se préparer du sucré cette fois, son petit déjeuner un véritable repas en comparaison du sien. Il ne manque plus que les légumes, et encore, un peu de concombre et quelques autres crudités se trouvent sur la table elles aussi. C'est véritablement un repas, alors, Elisa se relevant pour refaire du café avant de se retourner, visage s'inclinant sur le côté en l'écoutant, attentive. Une main repousse une mèche derrière son oreille, regard se perdant dans le vide le temps de la réflexion avant qu'il ne s'éclaircisse et qu'elle se redresse.

"On peut faire ça, oui, il y a quelques beaux points de vue aux alentours, si on monte, dont certains qui donnent sur le courant... Je connais un endroit où on peut le voir de près aussi, au lieu d'aller sur le pont, ça sera plus tranquille."
Le café est prêt, Elisa interrogeant Àsgard du regard pour savoir s'il en désire plus avant de se servir, tasse portée à ses lèvres avant qu'elle reprenne le fil de ses pensées. "Pour les véhicules... on peut faire comme ça, oui, j'ai la voiture. Si ça peut te faire gagner un peu de temps, la question ne se pose pas vraiment... La route est déjà bien assez longue, inutile de te rajouter du trajet..." Même si elle aurait aimé pouvoir passer plus de temps encore, il faut qu'ils restent raisonnables.

Plus de huit heures de route. La durée est difficile, impossible, à oublier. Elle est trop longue, en effet... Enfin, il n'est pas encore reparti et il reste plusieurs heures à passer ensemble, et elle se concentre sur elles, finissant son déjeuner et souriant lorsque le norvégien récupère la vaisselle. Elle le laisse faire, range la nourriture pendant ce temps, le silence une fois encore paisible plutôt que lourd et pesant. Il n'y a pas besoin de le briser, le bruit de l'eau qui coule et des objets qui s'entrechoquent, le son discret des aliments qu'elle retourne dans le frigo et les placards suffisants. La conversation pourra reprendre plus tard. Il n'y a pas d'urgence...

Une mélodie frémit dans le fond de sa gorge à la place alors qu'elle finit son rangement, oreilles enregistrant l'eau qui cesse de couler, visage souriant se tournant machinalement dans la direction d'Àsgard en entendant ses pas qui s'approchent. Elle ne sait pas à quoi elle s’attendait, mais pas à ça, alors que ses lèvres déposent un baiser sur sa joue, surprise la figeant sur place l’instant nécessaire pour qu’il s’éloigne. Le contact est léger, fugace, chaleur des lèvres et râpeux de la barbe contre sa peau, l'électrifiant. Pour autant, ce n'est pas le désir qui monte alors qu'elle regarde son dos s'éloigner, mais quelque chose de plus chaleureux, plus tendre, qui courbe ses lèvres et adoucit son regard avant qu'elle se reprenne et recommence à vaquer à ses tâches, consciente de la présence d'Alle Dyr dans les parages tandis qu'elle prépare deux thermos de café (en espérant tout du long qu'ils suffisent) et replie le canapé avant d'aller préparer de quoi manger à midi, s'interrompant en entendant l'escalier dévaler. La vue qu'il offre, embrassant spontanément Alle Dyr comme ça alors que l'alligator le laisse faire, est de celle qui méritent d'être prises en photo, pour figer le moment autant que pour s'assurer qu'il n'était pas une vue de l'esprit, et de nouveau, elle ne peut s'empêcher de trouver qu'ils vont bien ensemble, l'homme des fjords et la bête préhistorique. Imposants tous deux, avec des yeux à la couleur impossible à décrire en mots qui transpercent d'un simple regard... Sauvages.

Le mot lui tire un sourire alors qu'elle attrape son sac, thermos s'entrechoquant à l'intérieur, et la glacière, la passant aisément à son côté avant de s'aventurer dehors, grandes mains les lui dérobant aussitôt en même temps qu'elles font s'afficher une mine faussement boudeuse sur son visage. La voiture n'est pas si loin, vraiment, elle est capable de les porter ! Mais elle ne l'en laisse pas moins faire, levant simplement des yeux au ciel qui se reportent aussitôt sur Àsgard en l'entendant, surpris et presque alarmés. Les mots ne sont pas faux en eux mêmes, mais l'accent... si c'est ce qu'elle lui a fait subir lors de leur rencontre et lui fait subir aujourd'hui encore, elle comprend mieux pourquoi il commente le sien. Aussi belle que soit sa voix quand elle parle sa langue natale, l'italien ne lui va pas. Le rythme, les intonations, les mots eux-mêmes sont trop différents. L'idée de lui apprendre n'en est pas moins attrayante, Elisa acquiesçant dans un sourire excité. Ce sera une autre manière de passer du temps ensemble, quelque chose qui pourra alimenter leurs conversations par sms ou au téléphone, un défi intéressant, et sa main se noue à celle du viking un instant avant de la délaisser. Elle résiste même à l'envie de récupérer son sac au passage.

"Je comprends mieux pourquoi tu ne m'avais pas compris, la première fois que je t'ai parlé."
L'accent est vraiment douloureux, trop rugueux contre son italien. "Pour ce qui est de t'apprendre l'italien... Con piacere, bellissimo ! Ou avec plaisir, comme tu préfères..."

Il devinera, pour le bellissimo. Peut-être. Peut-être pas ? Ce serait l'option la plus sûre en tout cas, même si son expression la poursuit jusque dans la voiture, moteur ronronnant alors qu'ils se mettent en route. Le temps s'écoule, rythmé par la musique, voiture tournant finalement et se garant. D'ici elle peut voir les toits rouges de Straum, le pont qui enjambe le détroit, les montagnes de Børvasstindene qui se dessinent contre le ciel, nuages et neiges éternelles blanchissant leurs flancs et les rendant plus visibles contre la grisaille du ciel, sur lequel ses yeux se lèvent un instant, tentant d'estimer si la pluie risque de tomber ou non avant de se poser sur le Viking, lèvres lui adressant un lent sourire par la même occasion. Le gravier crisse sous ses pieds lorsqu'elle marche, le vent apporte l'odeur du détroit et le son de l'eau qui y circule, discret. Le chaos n'a pas encore commencé, la course de l'eau qui couvrira tous les sons alentours, mais la vue est déjà spectaculaire, un restant de brume couvrant le détroit et dissimulant les pieds du pont pour se fondre avec les montagnes, et Elisa inspire et boit le paysage des yeux avant de remonter sac et glacière le long de son épaule et de suggérer qu'ils se mettent en route, s'enquiert au passage de si le trajet s'est bien passé, curieuse.

Les arbres se referment autour d'eux, graviers laissant place à la terre battue et aplanie par tout ceux qui l'ont arpentée, le sentier montant doucement. Ils n'ont pas le temps de monter dans les montagnes, malheureusement, mais ils peuvent aller les admirer de plus haut, là où les arbres s'écartent et créent une quasi-clairière, offrant un point de vue sur le détroit, le pont, les pics, les toits rouges et les lignes claires qui délimitent les champs, ruban de la route serpentant au milieu. La brume serpente entre les arbres ici aussi, la rosée alourdit l'herbe, la lumière du jour se teinte de gris, alors que les arbres se dressent, hauts et droits, leurs troncs larges, profitant de l'espace entre eux au maximum. Ils sont magnifiques, visage d'Elisa se renversant en arrière pour observer le ciel à travers leurs branches, italienne manquant trébucher sur une branche par la même occasion et se rattrapant dans un éclat de rire. La veste est toujours dans son sac, ignorée alors même que la fraîcheur fait se hérisser sa peau, main frictionnant rapidement un bras avant d'errer contre l'écorce d'un tronc couvert de lichens, savourant le contact autant qu'elle apprécie le calme du lieu, juste le bruissement des branches dans le vent et le bruit des pas qui s'étouffe lorsque leur marche touche à sa fin, herbe envahissant le chemin de terre pour former un tapis sous leurs pieds.

"On peut tout voir, d'ici... C'est magnifique. Comme un autre monde..."


C'est différent de ce qu'elle connait, et elle ne s'en lasse pas, ensorcelée par le lieu, sacs délaissés près d'un rocher arrondi par la pluie et transformé par la mousse pour mieux se rapprocher du bord de l'affleurement rocheux, sans crainte. Le détroit est à leurs pieds, sous leurs pieds, grand ouvert aux regards, et elle s'installe près du rebord de roche, ses yeux traçant les souches mortes qu'elle peut voir entre les troncs, donnant vie à des créatures étranges qui ne ressemblent à aucune qu'elle connaisse (à l'exception d'une, seconde souche partiellement cachée derrière et longue branche morte et souple enroulée sur elle-même lui laissant l'étrange impression de voir un cavalier charger une barricade, ses yeux clignant pour tenter de chasser l'image sans succès avant de choisir de s'en détourner), les roches couvertes de mousses et lichens, les champignons blancs qui poussent entre les racines des arbres... rien de tout ça n'existe à Naples, la rosée ne reste pas aussi longtemps au sol, la terre n'a pas la même odeur, la roche n'a pas la même couleur, et elle a presque l'impression que le temps s'est suspendu lorsqu'ils sont entrés dans la clairière à flanc de falaise, les bruits ordinaires de la forêt muets. Peut-être qu'ils ont pris peur d'Alle Dyr, peut-être qu'ils se sont cachés en les voyant, pressentant quelque chose sans vouloir le partager. Si c'est le cas, elle serait curieuse de savoir ce que c'est alors que son buste bascule en arrière, retenu par ses mains, visage se renversant par la même occasion pour apprécier le rayon de soleil qui a accepté de traverser les hautes branches pour venir jouer avec leurs peaux, regard se voilant alors qu'il lance un regard au Viking.

"J'imagine qu'il doit y avoir des endroits de ce type aux alentours de Skibotn ?"


Plus beaux encore, elle est prête à le parier, tandis qu'elle continue d'observer Àsgard, sourire tranquille aux lèvres. Il faudra qu'elle monte dans son territoire, la prochaine fois... elle est curieuse de le découvrir, par elle-même et à travers ses yeux.

AVENGEDINCHAINS
  
MessageLun 7 Nov - 18:55
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.Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Alors l'océan déferlera sur les terres, parce que le serpent de Midgard, saisi par sa « fureur de géant », gagnera le ravage.


Àsgard & Elisa
Si tu es attentif à ce qui se passe sur la route, tu ne peux pas t’empêcher de regarder autour de toi à la manière dont peut se présenter le paysage. Tu redoutes le fait que la verdure ne soit pas assez dense pour que je puisse m’y dissimuler. Un temps tu soupires et fronces les sourcils en repensant aux mots de l’Italienne. Tu as déjà oublié les termes de cette langue étrangère qu’elle avait prononcé, il y a déjà quelques minutes et ce n’était pourtant pas faute de te l’être répété pour essayer de t’en souvenir. Mais l’analyse de l’environnement t’as fait immédiatement fait perdre le fil de ta concentration alors qu’elle alla se porter sur autre chose qui te sembla hautement plus important. Du moins pour toi… Ne t’inquiète pas mon Àsgard, tu as tous les papiers qu’il te faut sur toi, même si on me voit le risque ne seras pas aussi grand que tu te l’imagines. Mais tu n’es pas satisfait, secouant la tête et suivant toujours la voiture de la Napolitaine avant de l'accompagner du regard pendant qu’elle se trouve un place. Non, tu ne veux pas te mettre si près, et tu la dépasses dans une allure au pas, ouvrant ta fenêtre pour lui dire que tu allais suivre le chemin de terre pour pouvoir abandonner le véhicule. Aucune négociation possible avec qui que ce soit, pas même avec moi et je sens que tu reprends de la vitesse pour venir t’enfoncer un peu plus sur le sentier, t’arrêtant avant que ce dernier ne disparaisse sous une herbe grasse. Ne pas salir la nature, voilà bien un point que tu partages avec tous les citoyens du pays dans lequel tu es né. Avancer déjà autant ne serait certainement pas bien vu. Un regard en arrière pendant que tu me fais descendre te fais demander si tu ne vas pas aller déplacer le pick up jusqu’au parking. Après tout nous ne sommes pas si loin que ça.
D’un regard nous tombons d’accord et tu remontes dans l’habitacle, marche arrière enclenchée pour aller te placer quelques mètres au loin, là où les emplacements sont prévus pour ce genre de choses. Chose faite, tu te rapproches d’Elisa en saisissant son sourire au vol alors qu’il t’arrache un des tiens. C’est beaucoup trop facile pour Elisa, elle pourrait presque tout obtenir de toi sans même avoir à le demander. Elle kidnappe déjà beaucoup sans même qu’elle ne s’en rende compte. Elle ne te connait pas vraiment et c’est sans doute pour cela qu’elle ne trouve probablement rien de suspect chez toi. Pourtant… Pourtant mon Viking, même si tu es loin d’être radicalement différent, tu n’agis pas pour autant comme tu as l’habitude de faire. Je n’ai rien fait ou dit de particulier… L’expression de ton corps démontre ce que ta voix est capable de dissimuler. Tu lèves les yeux au ciel en secouant la tête, te moquant presque ouvertement de mes pensées, cependant qu’est-ce que tu peux être naïf mon Àsgard et j’ai le pressentiment que je n’ai pas finis de penser ainsi.

Tu retiens un étouffement et regrette qu’il n’y ait pas Karl pour pouvoir te marrer avec quelqu’un de ce que je pouvais penser en toute discrétion. Tu n’es encore qu’un gamin mon Viking, tu comprendras peut-être plus tard. Une épaule se hausse et tu préfères sans nul doute répondre à Elisa au moment où elle te questionne sur le trajet que d’essayer de converser avec moi alors que tu trouves le sujet particulièrement ridicule. Tout s’est bien passé oui, de toute manière tu n’es pas un fou du volant et en Norvège, personne ne peut l’être vraiment… Les limitations de vitesses et les sanctions sont telles qu’une fois que l’on s’en est pris une, on est rapidement vacciné pour ne pas oser recommencer. Chez toi, malgré les excès fait le jour où tu appris que ton frère se trouvait à l’hôpital, tu n’avais jamais eu de contravention. Pour autant, ça ne t’avait pas plus inciter à rouler toujours plus sportivement qu’il ne faut. Mettre ainsi sa vie en danger n’est d’aucune utilité.

Tu t’étires, tee-shirt se soulevant légèrement avant de reprendre sa position initiale. Il n’y avait pas besoin de parler, seulement de contempler et de savourer. Ton bras se tendant derrière Elisa, prévenant, au moment où l’Italienne se prend les pieds dans le bois qui court le long de cette forêt. Elle se rattrape seule et tu ramènes ta main jusqu’à toi sans avoir eu à la toucher. Dommage ? Un sourire s’étire à mon mot alors que tu me traites mentalement d’imbécile.
L’odeur du lieu, c’est ce qui te fait fermer les yeux, doigts allant finalement se croiser derrière ta nuque, remarque de l’Italienne t’amusant alors que tu ne peux t’empêcher d’acquiescer d’un signe de tête. Et encore, tu n’as pas tout vu fille des volcans… Tu n’as rien à dire à son commentaire, alors que tu t’avances encore un peu, un coup d’œil lancé lorsqu’un bruit s’annonce dans ton dos. Ce n’est rien d’important, seulement le son sourd des sacs délaissés contre la fraicheur des pierres du lieu pendant que la plus fière domine les flots du courant qui se forme petit à petit. Elle n’est pas bien haute cette falaise, te narguant et te tentant de sauter, mais tu sais ce qu’il t’attend en bas et te faire engloutir par de l’eau n’a jamais été dans tes projets. Ton crâne se baisse en voyant Elisa s’installer sans crainte à quelques centimètres du bord et si tu en connais un bon nombre qui l’aurait déjà poussé pour l’effrayer alors qu’ils la retiennent, toi, tu t’en abstiens, restant debout et fixant l’horizon. Inspirant profondément et regard glissant par moment sur l’eau, tu gardes un calme que jusqu’alors tu n’avais pas encore dévoilé, sourcil s’arquant dès l’instant ou Elisa reprend la parole.

Skibotn ? On est à la frontière de la laponie Norvégienne, peu de monde viennent dans le coin. Ce n’est pas autant touristique que peut l’être ici. On va dire que la communion avec la nature est beaucoup plus forte. Il n’y a pas de parking ou même toute ces infrastructures. Pas comma ça en tout cas. C’est plus sauvage, moins manipulé par l’humain… Les maisons que tu as pu voir à Skibotn sont bien souvent les résidences secondaires des Norvégiens. Très régulièrement, les week-ends et durant leurs vacances, ils quittent les villes pour venir se retrouver dans un endroit que je qualifierai sans honte de : plus sein. La Norvège est un pays assez apprécié des touristes, l’état en profite pour s’en mettre plein les poches quitte à dénaturer parfois les lieux pour les rendre plus facile d’accès.

Voilà des sujets souvent abordés dans la famille qui vous font vous énerver toi et ton père pendant qu’Adam essaie de défendre le pays en parlant d’économie. Vous n’êtes jamais d’accord et c’est à Solfrid de mettre régulièrement le holà pour faire descendre les tensions.

C’est n’est pourtant pas faute d’avoir des prix exorbitants, c’est d’ailleurs la première chose que l’on entend avec les étrangers : la Norvège est chère. Pourtant au lieu de les faire reculer, ça donne l'impression qu'ils veulent encore plus débourser. À côté de vous, nous sommes clairement tous riches et ce n’est pas spécialement faux… Le pays s’adapte à nos revenus, pas à ceux des visiteurs et tout devient couteux, fatalement. Mais ils en abusent vraiment… Par exemple pour aller au Trolltunga tu as deux chemins. Un qui est assez escarpé, physique et long mais gratuit. Un autre qui n’en est pas vraiment un, tu peux aller sur le site carrément avec ta voiture alors qu'avant c'était inconcevable, cette variante te fait cracher toutes tes économies. Et je ne sais même pas si l'autre sentier, enfin le seul, est toujours ouvert… Beaucoup te diront que tu n’as pas à monter jusque chez moi pour voir ce que l’on peut y voir, Bodø suffisant amplement. Ils vont te résumer la chose en te disant que des lacs, des montagnes, de la forêt, des plaines. Vous avez tout ce qu’il vous faut ici et en plus vous êtes à côté des Fjords, ce que nous n’avons pas à proximité de Skibotn. Le seul spectacle que l’on aurait pu nous envier, vous l’avez encore une fois, vous êtes déjà assez au nord et le climat est bon pour voir des aurores boréales. Tout dépend de ce que tu recherches je pense mais oui il y a ce type d’endroit et à mes yeux, ils sont beaucoup plus beaux que celui-ci malgré le Saltstraumen qui n’en restera pas moins impressionnant. Et tous les zodiacs que l’on voit tourner là, je n’ose même pas imaginer combien les gens ont dû débourser pour monter dedans. S’ils manquent de veines, ils vont passer trop près et vont se faire bouffer par les courants, quelle journée pourrie ça serait pour eux !

Tu rigoles de cette situation à risque. Peut-être ne devrais-tu pas et pourtant tu ne sais te retenir, alors que le sujet d’avant paraissait réellement te tenir à cœur. Ce n’est pas qu’il paraissait en vérité, mais qu’il l’était vraiment. Tu n’es pas satisfait de ce qu’il se passe en Norvège mais tu as été bien assez engagé lorsque tu étais plus jeune, tes parents s’en arrachant les cheveux pour avoir à recommencer maintenant. Tu n’avais jamais aimé les soucier et c’est ce qui t’avait poussé à arrêter il y a déjà plusieurs années de ça. T’en allant récupérer les affaires que la femme avait abandonné quelques mètres derrière vous, tu les ramènes à vos côtés dans l’unique but de ne pas avoir à vous relever plus tard. Oui car le voilà ton tour où toi aussi tu viens t’assoir, t’installant en tailleur derrière elle, bras tendu vers l’arrière et regard céruléen chassé par les rayons du soleil. Ils sont trop bleus, trop clairs. Il dégage trop de lumière, trop de puissance. Vous n’êtes décidément pas fait pour vous entendre toi et lui. Baissant le crâne un instant, expression se plissant pour espérer filtrer le strict minimum de ses rayons tu inspires une bouffée d’air en retenant un râle.
Tu ouvres un œil, dubitatif en la voyant elle, l’Italienne, savourer l’arrivée de l’astre du jour, te rappelant de sa tête qu’elle avait basculé en arrière. Les opposés… À se demander ce que vous faites là, ensembles, alors qu’un rien vous écarte déjà à mille lieux l’un de l’autre. Ramenant tes mains à toi en les frottant un instant, tu te demandes si à toi, son pays réussirait à t’émerveiller autant que le tien semble capable de le faire pour elle. Tu émets un doute. Avant toute chose il y aurait la chaleur, Italie équivalent facilement le désert du Sahara en pleine journée dans ton esprit. Puis ces montagnes, cette neige éternelle, la couleur des eaux, tant de choses te manquerait pour t’imaginer t’y plaire. Qu’importe mon Viking, balader un Alligator sans que cela n’alerte personne n’est pas pensable. Tu acquiesces silencieusement et m’observes discrètement arriver, gueule s’arrêtant à quelques centimètres de la peau d’Elisa, expiration chaude sortant de mon antre avant que je ne réalise la distance et recule de quelques pas. Si tes pensées te secouaient un peu moins, vous seriez presque beaux pour une photo là. Ce n’est décidément pas toujours bon d’être une partie de toi. Gardes tes réflexions, je fais ce que je peux … Je suis sceptique dans ce que tu avances avant de finalement vous tourner le dos est repartir au milieu des broussailles et diverses fougères que la forêt regorge. Ta figure se fronce d’incompréhension, je le sens jusque sur mon propre visage. Il y a du monde qui approche, le spectacle va certainement bientôt commencer. Bras prenant de nouveau appuis plus loin dans ton dos, terre humides chatouillant la paume de tes mains, tu laisses tes iris glisser jusqu’aux voies que tu entends effectivement venir au loin. Un sourcil s’arque, peut être un peu agacé avant de rapidement venir porter ton attention sur l’Italienne et sur ce qui commence peu à peu à prendre forme.

Les pêcheurs des Lofoten disent qu’il n’y a pas meilleures conditions que celles présenté par les forts courants pour voir apparaitre le Serpent des Mers. Mon père nous a toujours raconté à mes frères et à moi que ce n’était que des mensonges, qu’il n’existait pas ce genre de créature, seulement le Serpent Monde, Jörmungand… Mais lorsque le Serpent de Midgard arrivera, le Ragnarök aura déjà débuté…

Tu n’as jamais été vraiment convaincu face à tout ce que Thörgys pouvait dire concernant les Dieux ainsi que la fin du monde. Pourtant ta voix était sérieuse, concentré sur le phénomène qui était en train de se produire. Ça te semblait bien trop irréel, juste bon pour les fables. Lui, il y croyait dur comme fer et il était inutile de le lancer sur le sujet si nous ne pensions pas comme ton père. Alors de ton côté, tu te contentes de t'en aller et de laisser ça a ceux qui ont du temps à perdre parce que ton père, il avait littéralement toute la vie devant lui pour débattre sur ce genre de sujet qui lui sont importants.

Sinon si tu as l’histoire de la Baleine Géante. Alors autant le Serpent des Mers et la référence à la mythologie, je comprends d’où ça peut bien sortir mais alors cette baleine… Pour autant, les marins racontent que le tourbillon du Maelström est sa grande gueule et que les rochers sont ses dents. Accessoirement ils disent aussi que l’écume qui est provoqué par les remous serait son sperme… C’est quand même spécialement dégueulasse, pour le coup s’il y a bien une eau ou je ne me baignerai pas, ça serait celle-ci !

Tu retiens un rire pour mieux analyser la réaction d’Elisa si elle en a une face à ces révélations. À tes yeux, c’était tellement … Invraisemblable ! Qu’en pense donc la Napolitaine ?

Et je t’assure que ce n’est pas un mensonge, ce n’est pas quelque chose qui me ressemble. La prochaine fois que tu vas au Lofoten, si tu doutes, tu leur poseras la question, tu verras ce qu’ils te répondront. Mais franchement l’histoire de l’éjaculation de la baleine, ça ne brise pas un peu toute la terreur que peut représenter le Maelström ? Personnellement, je trouve que ça le discrédite, ils auraient dû instaurer une peine ou quelque chose du genre à qui raconte cette version de l’explication de ces courants.


  
MessageJeu 8 Déc - 17:17
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Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Ils n'ont pas vu grand chose de Skibotn, lorsqu'ils s'y sont rendus, pour être honnête. Le camping, le lac, quelques bâtiments au loin. Peut-être que c'était tout ce qu'il y avait à voir au premier regard, italienne levant son visage vers le soleil et le Viking dressé près du rebord de la falaise,l'observant tandis qu'il parle. On dirait un homme tout droit sorti d'une saga, dressé au bord de la falaise dominant son royaume et perdu dans sa contemplation. Il ne manque que les cuirs et les fourrures, la hache à son côté, les tatouages ancrés dans sa peau, comptant ses exploits, sourire incurvant ses lèvres à cette image. Il a la figure de l'emploi, vraiment. Surtout si elle remplace ses cheveux détachés par la coiffure qu'il arborait lorsqu'ils se sont croisés la première fois. Àsgard. Un guerrier viking en effet, et elle s'étire, tête basculant encore davantage en arrière, yeux mi-clos accrochés à sa forme autant que ses oreilles le sont à ses mots. Il a vraiment une belle voix, quand il ne chante pas. Le genre de voix qui arrache des frissons délicieux.

Le tableau qu'il dépeint est vivace, et empreint de sa conviction, alors que ses yeux se ferment, bloquant l'environnement pour laisser son esprit retrouver ces endroits où elle a pu aller, Skibotn certes, mais aussi les Lofoten, et tous ces autres lieux. Elle repense aux touristes posant sur le Kjeragbolten suspendu comme dans les airs, maintenu par la montagne seulement comme par deux paumes de main l'enserrant du bout des doigts, si fiers d'eux sur leurs photos, et la longue queue s'étirant devant eux, invisible sur l'image mais pourtant là. Le Trolltunga, elle n'y est encore jamais allée, mais elle a vu des images de lui, de cette langue de pierre s'avançant dans le vide, nul filet de sécurité pour briser la splendeur du lieu ou rattraper les imbéciles imprudents. Il n'y a encore jamais eu de morts sur le lieu et elle ne peut que supposer que c'est que les touristes sont plus intelligents que la moyenne. Ou chanceux, voix sceptique murmurant que ce doit être ça. Le reste lui fait juste secouer la tête dans un soupir. Créer une voix plus simple juste pour les touristes, pour leur éviter le moindre effort, louer des zodiacs pour pouvoir se vanter d'avoir navigué le Saltstraümen, qu'importe le danger et le fait que les courants si beaux et tourbillons sont nettement moins visibles de si près... elle les a assez observés de la rive pour le savoir. Et la vitesse du zodiac ne doit pas aider. Juste une question d'ego...
C'est comme ça partout où il y a des touristes, pas vrai ? Les prix grimpent, les lieux se dénaturent, pour continuer à les faire venir. Ils se plaignent des pigeons qui envahissent la Piazzetta et la Place Saint-Marc mais sont les premiers à acheter des graines aux marchands pour les nourrir, ils se plaignent de l'état du Colisée mais sont ceux qui ont contribué à son usure à force de le visiter en masse... Ils demandent l'authenticité et le confort, la tradition et la modernité, l'expérience réelle et la facilité. Et ils oublient l'impact sur les natifs. Ses yeux se rouvrent, observant entre leurs cils Àsgard rire de l'infortune des touristes, lèvres s'incurvant en réponse. Il ne le faut pas, vraiment, ce ne devrait pas être trop drôle... et pourtant.

"Ils te diraient que c'est le prix à payer pour que les touristes continuent de venir, qu'il serait stupide de refuser leur argent... mais vraiment, si ils ont un tel impact sur l'économie, c'est aussi parce qu'on veut bien les laisser faire, non ? Et transformer tout l'environnement pour les satisfaire... Après... J'avoue que le pays est cher, mais si tu choisis de venir ici pour du tourisme, ce n'est pas vraiment ta place de t'en plaindre, tu as fait ton choix. Même à Naples on me prévenait que la Norvège serait plus chère..."
Elle l'observe s'éloigner et rapprocher les sacs, épaule se haussant en une mimique un peu bancale. "Je n'ai pas assez vu Skibotn pour avoir un avis, mais... je peux aisément te croire... Je ne pense pas que Bodø soit un véritable substitut par contre. C'est une ville, les alentours en portent la marque. Il y a des lieux magnifiques malgré tout, et pouvoir voir les aigles pêcheurs est un bonheur, mais de là à la comparer à la Laponie norvégienne... c'est un peu... réducteur, non ?"

Un frisson monte le long de son dos tandis qu'elle l'observe s'installer, tête renversée en arrière savourant autant le spectacle que le soleil sur sa peau, paupières s'abaissant de nouveau et sourire passant sur ses lèvres. Les rayons sont timides, ne transportent que peu de chaleur, aucune de cette fièvre propre à chez elle qui brule le sang et bronze la peau, soleil aussi froid et distant que les pics des montagnes ornés du blanc éclatant des neiges éternelles, paupières s'abaissant avant de se redresser, alertées par le souffle chaud contre son bras, instinct primaire prenant le dessus et faisant se tourner oh si doucement sa tête. Alle Dyr est là, si proche qu'il suffirait de tendre la main pour la toucher, sa peau se hérissant en réponse à sa présence, regard s'accrochant au sien sans ciller avant de voir l'alligator se reculer puis faire demi-tour, disparaissant dans les broussailles. Elle peut sentir son cœur qui cogne violemment dans sa poitrine, le goût âcre de la crainte dans sa bouche. Quand elle l'observe de loin, qu'elle la voit avec Àsgard, la peur s'est effacée. Mais si près, surtout quand elle a manqué son approche... elle ne peut pas se cacher le fait d'avoir été effrayée. Si près, la taille de ses crocs est impossible à manquer, la taille de sa mâchoire, la puissance contenue dans son corps tout entier. Fossile vivant, relique d'un autre âge. Ils sortent tous deux d'une toute autre époque. Peut-être est-ce pour ça qu'ils semblent aller si naturellement ensemble, deux pièces de puzzle qui s'assemblent à la perfection.

Un soupir lui échappe, crâne effleurant un instant les jambes croisées du Viking avant qu'elle se redresse, voix parvenant de loin et grondement aquatique qui commence à s'élever des profondeurs attirant son attention. Ses jambes se dénouent, se repliant sur son côté à la place, regard s'accrochant à l'écume qui se forme à la surface, houle ponctuant les courants qui commencent à s'agiter, son de l'eau qui se précipite l'accompagnant. Ce n'est que le début, mais le spectacle est déjà fascinant, respiration coupée d'un émerveillement toujours renouvelé. La narration d'Àsgard s'y mêle, simple évocation de faits racontés par son père. Le Maëlstrom, le Serpent des Mers, Jormungandr, le Ragnarök... autant de mots qu'elle a croisé lors de cours, dans des livres, qu'elle a vu autant dans leur forme actuelle que sous leur forme runique initiale. Même si ce n'est pas une réalité, explication scientifique depuis longtemps trouvé, froide et raisonnable et pourtant sublime à sa façon. Celle qui suit, par contre... Elle ne peut s'empêcher d'avaler de travers en l'entendant, image de la baleine immense déversant sa semence dans les eaux s'imprimant à la place des courants houleux. Elle hésite entre le rire et le dégoût, tandis qu'il en rajoute encore, rire finissant par s'échapper à l'idée de couper la langue à qui ose raconter cette histoire et visage se tournant vers lui, empli de malice.

"Est-ce que ça veut dire qu'il faudrait te couper la langue pour avoir raconté cette version, à toi aussi ? Pas que je le ferai pas si on me l'ordonnait, mais ce serait dommage... D'un autre côté, cette version de l'histoire est vraiment... imagée..."


Elle est digne des mythes gréco-romains, cette version de la légende. Digne de Zeus qui se change en cygne pour violer Léda ou en bœuf pour kidnapper Europe, d'Aphrodite née des organes génitaux d'Ouranos lancés à la mer, semence et sang fertilisant l'écume pour donner naissance à la plus belle d'entre toutes. Si une femme osait se baigner dans cette eau, est-ce qu'elle tomberait enceinte de la baleine comme Danaé était tombée enceinte de Zeus devenu pluie d'or ? Elle essaie de se l'imaginer, une femme grosse d'une baleine, image impossible à former. Que serait l'enfant, quelle forme prendrait-il ? Peut-être qu'il naitrait d'un œuf, comme Hélène et Pollux... mais les baleines sont des mammifères, non ? Ses sourcils se froncent, idée considérée avec un sérieux étrange avant de se passer une main devant les yeux et de se retourner vers le Viking, doigt amusé s'enfonçant dans son épaule pour ponctuer ses mots qui tentent de paraitre irrités mais y échouent, trahis par l'éclat amusé dans ses yeux. Elle se demande bien quelle tête il ferait si elle lui disait exactement tout ce que son esprit est occupé à pondérer. Il aurait sans doute l'air surpris, et elle ne peut s'empêcher de se demander comment ses traits en seraient transformés. Elle sourit à la place, lèvre légèrement retroussée, entre menace et défi, accent amusé soulevant ses mots quand elle aimerait les voir gronder.

"Si je ne peux plus profiter d'un de mes spectacles favoris ici, je serai obligée de t'en vouloir, je te préviens. Et je détesterai être obligée de te faire la tête, surtout pour ça."


Elle serait incapable de lui en vouloir longtemps, elle le pressent déjà, obligée d'éclater de rire s'il tentait de s'excuser, forcée de retourner à son côté le taquiner et lui tirer un de ces sourires ou rire dont il a le secret, simplement parce qu'ils sont bien trop fascinants, doigt pressant un instant encore contre l'épaule si solide avant de glisser le long de son bras, italienne amusée prête à le récupérer à la moindre tentative de kidnapping. Avec ses cousins, elle a eu de l'entrainement. D'un autre côté, se laisser attraper, ne serait-ce que de cette manière, pourrait être amusant, sourire prenant un instant un tour provocateur avant de disparaître derrière une boucle glissant le long de sa joue, visage se tournant de nouveau vers le rebord de la falaise et le spectacle qui s'y dessiner, image de la baleine flottant de nouveau devant ses yeux avant d'être remplacée par celle d'un serpent gueule ouverte la dévorant. Ça restaure un peu de sa dignité à la scène.

En contrebas, les flots se déchainent, rugissement montant vers eux, gouttelettes s'élevant dans les airs sous la force des courants. L'écume se fait plus épaisse, comme battue par un fouet, le son des courants en formation est de l'eau qui se précipite une galopade, un grondement sonore. Elle a l'impression d'entendre hurler une bête sortie du plus profond des temps, râle affamé qui recouvre tout alors que les rubans d'écume commencent à s'enrouler sur eux-mêmes, tourbillons se formant comme autant de ponctuations. Et lentement ils grandissent, s'étirant, eau s'éloignant du centre un instant avant de reprendre le dessus. Le spectacle le plus saisissant du lieu n'a pas encore fait son apparition, ce tourbillon si grand qui s'étire et forme un véritable gouffre, profondeurs visibles, eau privée de ses droits par la force du courant et du vortex créé par le tourbillon lui-même. Le Maëlstrom. Elle espère qu'il fera son apparition aujourd'hui, ce serait dommage qu'il se cache alors qu'un parfait exemplaire de viking est là pour l'observer. Comment pourrait-il manquer une telle occasion de tenter de lui couper le souffle, vraiment ?

De nouveau, quelques voix approchent, craquement sec de branches sous des pieds indifférents trahissant leur présence, italienne se tendant et pivotant pour fixer l'entrée de la clairière, son regard contrarié. Ils sont à peine audibles par-dessus le grondement du Saltstraümen qui n'a même pas atteint son niveau sonore le plus haut, mais c'est suffisant, et une main l'ancre, torse penché vers l'avant et jambes ramenées sous elle, comme prête à bondir sous ses pieds sans trop s'en rendre compte. C'est sa clairière, l'endroit où elle aime à observer les courants, leur clairière jusqu'au moment où il faudra de nouveau se préoccuper du temps qui passe et prendre la route pour rentrer, se séparer une fois sur le parking avec l'incertitude de quand est-ce qu'ils trouveront le moyen de se revoir et juste leurs échanges de sms en attendant. Elle n'a pas envie de devoir gérer des intrus, aussi égoïste que soit la pensée, bizarrement possessive du temps passé avec le norvégien. Mais personne n'entre dans la petite clairière dissimulée à l'écart du sentier et obscurcie par les broussailles et troncs d'arbres. Des touristes peut-être, ou des gens qui retournent au parking pour quelque raison, à moins qu'ils ne montent vers le point de vue aménagé. La clairière est plus agréable, tension quittant lentement le corps d'Elisa. Ses jambes se détendent, glissant jusqu'à finir repliées sur son côté, dos se redressant et pivotant de sorte à pouvoir de nouveau observer les tourbillons tumultueux avant que ses yeux glissent vers le visage d'Àsgard, curieuse de son expression face au spectacle.
AVENGEDINCHAINS
  
MessageMer 21 Déc - 1:26
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.Àsgard ValdasonNothing will be the same...

Car ils étaient unis par un fil qui ne pouvait exister qu'entre deux individus de leur espèce.


Àsgard & Elisa
Tu déploies tes bras et tes mains, signe d’innocence alors qu’elle t’attaque, voulant te voler ta langue pour des histoires que toi-même n’apprécie pas. Cruelle Italienne… Serait-elle donc ainsi mon Viking ? Tu laisses l’image de celui qui n’ose lui répondre s’installer sur ton visage. Sait-on jamais, si risque il y a, il ne faut certainement pas le prendre même si elle assure qu’elle ne le ferait pas. Tu te tais alors, laissant ton regard voguer jusque sur les eaux qui paraissent s’agiter toujours de plus en plus. Il y avait effectivement quelque chose d’incroyable à voir en cela. Laissant ces mythes ne vivre qu’au travers les paroles de Thörgys, tu n’avais jamais su réellement quelle avait pu être la motivation les anciens à conter ces histoires aussi surprenantes puissent-elles être.
Ta tête se recule de quelques centimètres en voyant Elisa se retourner sur toi, l’air faussement en colère, tu te laisses malmener par la femme, ton épaule menant ton corps en arrière à chaque fois que le doigt de la Napolitaine vient à la cogner. Tes yeux bleus glissent jusque dans ceux de la femme, sourire s’étirant au rebord de tes lèvres. Tu es bien et malgré les menaces tu ne crains rien. Le devrais tu ?

Je ne te crois pas capable de me faire la tête…

Tiendrais-tu Elisa alors que cette relation, bien qu’étrange, parait vous plaire à chacun ? Si toi tu la provoques c’est parce que tu sembles être sûr de toi et que tu restes persuadé que l’Italienne n’en aura pas la capacité. Jouer avec le feu, vous le faites depuis plusieurs semaines maintenant… Cette finalité qui résoudra votre énigme en devient de plus en plus intéressante mon Àsgard, ne trouves-tu pas ? Tu la laisses continuer son manège, baissant finalement tes yeux sur son index qui vient descendre le long de ton bras, tes iris se levant sur les siens dès le moment ou le mouvement s’arrête. Tu peines à décrypter ce qui se cache derrière son regard et ton sourire se perd, tu deviens sérieux alors qu’elle, elle joue avec la situation, la malice scintillant dans chacune de ses prunelles. N’y aurait-il donc que cela ? Tu te retiens de grimacer, son amitié ne saurait jamais te suffire. Tout ça pour ça ? Les autres te diront que tu commences à rouiller sérieusement pour te laisser ainsi guider par les décisions d’une femme. Finalement ton apprivoisement ne semble pas si compliquer que cela lorsque l’on s’appelle Elisa. Elle te rend bien docile mon Viking, c’est à se demander où est parti se cacher ton caractère et ta fierté. Et elle se replace, silencieuse alors tu t’étais retenu de ne pas chasser cette mèche qui avait cru bon de venir s’installer entre vous deux.
Tu remplis tes poumons d’air et secoue la tête, attention se reportant plutôt sur tout ce qui est en train de se passer en bas plutôt que de te formaliser sur l’instant que vous venez de partager. A la place tu attrapes un sandwich pour caler la faim qui commence à faire son apparition. Tu ne te poses même pas la question de la qualité de son contenu, croquant dedans à pleine bouche à la place. Est-ce là un excès de confiance ? Ou bien, tu t’interroges peut-être trop sur ce qui peut valoir le coup dans ce qui s’établit là, entre vous. Tout le monde n’avance pas au même rythme que toi mon Viking et ne serais-tu pas justement trop pressé ? Mais trop pressé de quoi… ? Elle ne s’imagine pas comme toutes ces situations sont à la fois agréables mais aussi pesantes pour toi. Et le temps tourne… Et le temps et il ne te donne pas l’impression de faire avancer les choses, pas comme tu le souhaiterais toi en tout cas. Serais-tu en train de penser à abdiquer mon Àsgard, à t’avouer vaincu ? Après tout, si je n’ai jamais insisté avec une femme, ce n’était peut-être pas sans raison. Probablement que j’aurais dû me résigner aussi avec Elisa. Mais ce n’est pas si simple n’est-ce pas ? Effectivement, toi-même en a conscience et tu le sais. L’Italienne, elle est tout autant enivrante que troublante pour toi. Qu’importe ce que tu as pu vouloir jusque-là, l’obsession avait toujours était la même, dévastatrice et trop puissante pour que ton cerveau n’ait la force d’accepter le fait de l’écarter de ta route. Une main passe dans tes cheveux, les ramenant tous en arrière dans un geste au même moment ou tu finis d’avaler ce que la femme avait pu préparer.

Elle se tend mon Viking ? Tu le vois, muscles se raidissant alors que tu les entends toi aussi. Oui ces voix ne sont pas sourdes à tes oreilles. Non… Décidément tu n’arrivais pas à comprendre tous les signaux d’Elisa. Ils semblent tellement tous être en contradiction, en confrontation les uns contre les autres. Tu regardes dans la direction d’où les bruits te paraissent venir, finissant par hausser une épaule alors qu’ils commencent à s’éloigner de là ou vous vous trouvez. Il n’y a pas à dire, lorsque les mecs te disaient que tu ne prêtais pas attention à la complexité de la gente féminine, tu commences à saisir là où ils voulaient en finir. Que Morgan et Karl aient pu décider de ne pas se soucier de ce genre de détails ne te surprend pas à présent. Peut-être continueras-tu à soupirer sans chercher à savoir ce qui pouvait mettre une femme dans ce genre d’état. Pourtant, sans pouvoir l’expliquer, tu viens poser une main rassurante contre son bras, contact se mouvant sur la longueur avant que tu ne reposes ta paume à même le sol, regard se portant sur le tourbillon qui s’intensifie jusqu’à son maximum, trou béant d’une eau alors si calme il y a de ça plusieurs minutes. Le temps défile et le plus gros du spectacle se termine sans que tu ne saches le commenter sur l’instant. Une telle chose se passe de mot et je t’envie, moi qui aurait voulu sortir de mon trou à rat et contempler la beauté de ce qu’il se qui a pu se passer en contre bas. Je te ramènerai lorsque nous ne serons que tous les deux Alle Dyr, tu as ma parole. Et je sais que tu n’y manqueras pas. D’un coup de poignet tu regardes ta montre et l’heure t’assure dès à présent qu’il est temps que tu t’en ailles, trajet te rappelant à l’ordre et l’envie d’arriver le plus tôt possible se manifestant en toi. Cependant, tu doutes… Souhaites-tu vraiment t’en aller bien que tu le doives mon Viking ? En toi, les avis divergent sans qu’ils ne puissent t’offrir le repos qu’il te faudrait. Qu’importe, tu te redresses, te mets sur tes jambes et viens faire face à la femme.

Je vais regretter de ne pouvoir rester plus longtemps pour pouvoir assister au retour au calme mais ça valait vraiment le coup d’œil. Merci d’avoir choisi cet endroit, la prochaine fois sera mon tour.

Tes yeux se posent sur ton pouce qui vient jouer avec les doigts de l’Italienne, te laissant perdre un instant dans tes pensées. Si tu n’arrivais pas à déchiffrer les réactions d’Elisa, les tiennent arrivaient également à te paraitre un peu floues. Commencerais-tu à l’apprécier mon Viking ? Tes iris se posent dans les siens et si cette envie de l’embrasser enflamme toujours chaque centimètre de ton corps, tu comprenais qu’à ton grand regret tu laissais un lien se créer entre vous. Les montagnes russes qui serpentent dans en ton être jouent avec toi sans l’ombre d’une délicatesse. Désir incontrôlable, besoin bestial de t’amuser avec elle dans des ébats sans fin. Douceur impensable chassant tout ce qui a pu animer ton appétit à son égard. Aujourd’hui est sous le joug de cette facette. Tu serres le poing pour rompre le contact, dépliant ta main au niveau de ton visage sans commenter quoi que ce soit. Pendant un moment tu penses à Marcus et à ce qu’il pourrait te dire face à ce week-end assez particulier à tes yeux. Secouant la tête, tu te baisses pour rattraper les affaires qui jonchent sur le sol et m’appelle à voix haute une fois que tu t’es assuré que personne ne soit dans les environs, me permettant ainsi de sortir.

Il n’est pas loin de l’heure que je m’étais donner pour le départ, le temps de revenir aux voitures, de récupérer Dy’ à l’abris des regards et viendra le moment où il faudra que je décolle.

L’expression de ton visage ne montre aucune déception, c’est tous les petits gestes que tu as pu avoir avant qui peuvent faire comprendre combien le fait de partir semble te couter. Sac à dos reposant sur l’épaule, doigts serrant la poignée de la petite glacière, tu sors ton téléphone de celle qui est libre. Message de Morgan, tu souris avant même d’ouvrir quoi que ce soit ! Un coup d’œil à l’Italienne pour jauger votre distance, t’assurer qu’elle ne peut pas lire ce qui peut être écrit et tu appuies sur un bouton qui dévoile son contenu. Marcus nous a dit que tu étais parti pour le week-end chez ta sulfureuse Italienne. Alors ? Tu lui as pété la rondelle ?? Dis-moi tout, j’suis certain que tu lui as dévoré l’donuts ! J’ai parié sur tes compétences d’étalon mon cochon, j’espère que tu ne me décevras pas ! Stian est sûr que tu te feras embobiner par cette gonzesse, j’pouvais pas le laisser dire ça tu vois ?! Du coup j’peux lui dire officiellement que c’est lui qui va aller enfermer les couilles dans un sac blindé en glaçon pas vrai ? Tu déposes la glacière à même le sol, index et pouce venant frotter tes yeux alors que tu te retiens de rire. Morgan dans toute sa splendeur. Rapidement tu lui réponds, bref. Tu as perdu, toutes mes condoléances pour tes testicules. Tu sais qu’il ne tardera pas à répondre, et pour cause, s’il avait parié c’était parce qu’il savait comment finissait toutes tes escapades. Mais pas celle-ci. Tu récupères l’objet posé au sol et échanges quelques mots avec Elisa sur ces jours passé avec elle. Elle te manquera l’Italienne, comme la première fois que tu as pu ressentir cela. Ça a commencé dès votre première entrevue, elle, te bousculant, chapeau déposé sur ces cheveux bruns et toi, penchant la tête pour pouvoir mieux voir ce visage alors que tu te moquais de son accent et de son parlé qui te faisaient saigner les tympans. À présent si l’un est résolu grâce aux cours, le second reste encore problématique. Enfin, par moment. Quoi qu'il en soit, qu'importe la manière, elle reste toujours présente quelque part dans ton esprit.

Ton portable sonne et tu ris sans pour autant y répondre. Il insistera jusqu’à ce que tu décroches mais Morgan, désolée de te le dire, il va falloir que tu patientes encore un peu. Et effectivement, sortant le portable une nouvelle fois de ta poche, c’est seulement pour en couper le son. Après tout, il ne reste même pas une dizaine de minutes à partager avec la Napolitaine, tu ne laisseras pas un ami t’en priver. D’un geste de la main, tu me fais signe d’attendre là où je me trouve pendant que vous retournez sur le parking, tes yeux se posant sur les courants qui s’assoupissent toujours un peu plus au fil des secondes. Étrangement, il n’y a plus personne sur le parking, seules vos voitures sont encore présentes… La nuit ne va pas tarder à tomber, les touristes sont déjà rentrés. Sauf elle. Allant déposer ses affaires jusqu’à sa voiture, tu frottes tes mains entres elles, regard fuyant sur un côté et se perdant dans l’environnement sans savoir s’il fixe vraiment quelque chose. Ce n’est que la énième vibration du téléphone qui te tire de tes rêveries.

C’était vraiment sympa ces quelques heures avec toi. Un peu trop court peut être mais c’est ainsi. Je ne sais pas quand on sera vraiment amené à se revoir mais si un moment tu veux lever le nez de tes livres, tu peux toujours m’écrire et peut-être qu’avec un peu de chance, mon père m’aura envoyé courir une partie du nord de la Norvège pour vendre la viande qu’il produit. À la prochaine Elisa et bon courage pour tes études !

Faible risette qui étire tes traits, ce n’est pas autant évidant que cela n’y parait… Et si tu lui fais un mouvement de la main pour la saluer en te retournant, ce n’est qu’une fois parti du lieu que tu eus envie de te taper la tête, souvenir des bises pour les bonjours et les au revoir te revenant en tête. Manque d’habitude, tu as loupé celle que tu aurais dû avoir cet après-midi. Si prochaine fois il y a, tu rattraperas ton erreur, voilà un chose que tu te promis…Cependant, en attendant que cela n’arrive, tu passes un rapide coup de file à ta mère pour lui dire que tu reprenais la route et attendra finalement d’être sur le bateau pour joindre Morgan qui râlera pendant que les autres se moqueront de lui. Au téléphone, tu auras droit à sa réaction à vif face à la douleur qu’il pourra ressentir par la faute d’avoir perdu son défi. Aujourd’hui, dans un éclat de rire qui te fera oublier la nostalgie que tu aurais pu ressentir à cause de ces vingt-quatre heures passées en compagnie d’Elisa, tu te rendis compte que l’expression ‘‘se geler les couilles’’ venait de prendre tout son sens.

  
MessageMer 4 Jan - 17:03
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Date d'inscription : 25/06/2016Nombre de messages : 237Nombre de RP : 73Âge réel : 26Copyright : Lux Aeternae & Northern LightsAvatar daëmon :
Elisa G. LullyNothing will be the same...

L'amour et les pleurs viennent des yeux, et tombent sur le cœur
Àsgard & Elisa


Livres éparpillés partout sur le bureau, crayon et stylos oubliés entre des pages, post-it collés à la fenêtre et au mur, les dissimulant derrière leurs couleurs criardes, portable émergeant à moitié de sous le dictionnaire. Elle est sur son lit, l'Italienne, elle, recroquevillée sous une couverture, trieur de cours ouvert devant elle tandis qu'elle parcourt les feuilles du regard, lèvres remuant dans un murmure, récitant les mots à l'écriture serrée et inclinée toute en hauteur. La maison est silencieuse, son de la pluie qui tombe en rideaux à l'extérieur en partie occulté par les écouteurs dans ses oreilles pleins des notes entrainantes de chez elle qui font battre la mesure à un pied, distraitement. Il ne fait pas encore sombre, la ville profite encore de quelques maigres heures d'ensoleillement à la lueur si pâle qui lui rappelle combien ce pays lui est étranger encore malgré les mois passés. Le soleil de Naples si riche et brûlant lui manque, maintenant qu'elle commence à se blottir dans les pulls les plus épais qu'elle ait jamais mis. Ils sont doux et confortables, au moins, comme des nuages, parfumés des lessives pleines de parfums que Svetlana et elle reniflent en faisant les courses en quête de la plus parfumée et de la plus réconfortante qu'elles pouvaient trouver. C'est l'odeur des pins qui a primé au final, de manière assez hilarante aux yeux de la maisonnée toute entière. N'empêche, ça sent bon, et elle enfouit un instant son nez dans l'oreiller avant qu'un bâillement se saisisse d'elle alors que la sonnerie du téléphone retentit, Elisa basculant sur ses pieds et parcourant rapidement la pièce pour s'en saisir, sourcils se fronçant en voyant le nom s'étaler sur l'écran. Luka. Elle croyait qu'il devait passer la soirée avec un pote des alentours d'Inari, lui aussi, un installé là depuis nettement plus longtemps, se baladant entre les Lofoten et Bodø.

"Pronto ? Qu'est-ce qui se passe, Luka, je croyais que t'étais déjà parti rejoindre ton pote ?" Un rire discret et grave dans l'oreille, suivi de la voix de Luka, basse comme toujours, presque monotone même alors que son volume et son débit varient. "Moi, Lisa ! T'inquiètes, juste un changement de plan, ferme tes livres et habille-toi, on t'embarque. Pas de refus, ou j'informe Svet et elle te fera un guilt-trip parce que tu vas finir toute poussiéreuse !"

Il en est capable, elle le sait, yeux se fermant le temps de s'autoriser un soupir et de lancer un regard lourd de regrets à ses cours. Elle prévoyait de passer le week-end en tête à tête avec, juste ponctué d'échanges de sms avec Àsgard de temps en temps pour émerger, si il ne travaille pas ou n'aide pas son père...

"Je peux savoir où, au moins ? Si tu dois m'empêcher de bosser, que je sache pourquoi..."
Un soupir résonne jusque dans son oreille, qui lui tire un sourire. Pour tout son enthousiasme apparent à l'idée de l'embarquer avec lui, il n'a l'air entièrement convaincu, le same. Ça lui fera les pieds.
"Un de ses collègues qui pend sa crémaillère aux Lofoten, apparemment, j'sais pas exactement où. Quitte à connaître personne à part Jari, j't'embarque, tu me tiendras compagnie. Pas le choix, apprêtée ou pas, tu viendras, alors autant te faire belle !"

Mouais... La conversation se prolonge un moment encore, la napolitaine rangeant ses cours à regrets et attrapant distraitement une tenue pour le soir. Robe-pull, débardeur à passer dessous, collants. Ça ira, assez habillé et confortable pour l'occasion, vêtements abandonnés et mains s'enroulant ensemble, corps se courbant vers l'arrière dans un étirement avant de se redresser, portable rapidement attrapé le temps d'envoyer un message rapide, ses lèvres s'incurvant dans un sourire qui grandit à mesure que les mots apparaissent sur l'écran. Kidnappée pour la soirée par Luka et un de ses potes... Et toi, quelque chose de prévu pour la soirée ? (Tu vas bien ? J'espère qu'on réussira à se revoir bientôt... Tu me manques). Le téléphone est reposé, oublié presque, tandis qu'elle retourne à ce qu'elle a à faire, avant que son regard se repose dessus et qu'elle sourit, doigts dansant sur le clavier puis faisant glisser l'appareil dans sa poche. Là, elle ne l'oubliera pas, alors que les garçons arrivent, salutations rapidement échangées. Il a l'air sympa, Jari. Grand, brun, la peau mate, il fait plus méditerranéen que nordique, seulement trahi par la forme de ses yeux et de sa mâchoire. Plaisant à l’œil, sourire détendu aux lèvres, poignée de main ferme et éclat au coin des yeux. Luka a déjà prévenu, il aime flirter. Au moins elle sait à quoi s'attendre, alors qu'elle répond à son sourire et pousse son colocataire de l'épaule. Le ciel commence à s'obscurcir, le vent souffle, trio attendant hors de la voiture le ferry, mains frottant les bras, conversation se détendant lentement à mesure qu'ils se découvrent davantage. Jari était au lycée avec Luka, apparemment, same et finnois perdant contact ensuite pour mieux se recroiser lors d'une balade aux Lofoten et renouer contact. Pas assez, apparemment, si elle se fait embarquer...

L'Italienne se reprend, tête basculant vers l'arrière et paupières se fermant un instant avant de chasser la contrariété d'avoir dû abandonner ses études pour la soirée et probablement le gros du lendemain aussi. Le coffre contient matelas gonflables et sacs de couchage, des brosses à dents et quelques nécessités rangées avec (ou pour elle, dans son sac, pourquoi se compliquer la vie ?), ils vont pouvoir boire. C'est le but de la soirée, au moins pour Jari, apparemment. Et probablement Luka. Pendaison de crémaillère. Quelles étaient les chances ? Insignifiantes. Même le fait que le collègue de Jari se nomme Marcus... mais la logique est nette, et même si une part d'elle s'en amuse (message amusé envoyé à Àsgard pour le lui dire, et lui demander à moitié sérieusement si il ne pourrait pas la kidnapper et la sauver de sa soirée, elle n'essaiera même pas de s'échapper pour travailler, promis !) une autre part, plus discrète, se demande dans un murmure si c'est le même Marcus, et ce qu'elle pourra bien faire si c'était le cas. Comment elle réagirait, quelle expression il aurait, quelles têtes feraient ses amis en la reconnaissant (s'ils la reconnaissent; ils ne se sont croisé qu'au lac, ils n'ont pas de raison particulière de se souvenir d'elle), avant d'émerger, retournant dans la voiture le temps de monter à bord du ferry et de s'en échapper de nouveau, pour mieux s'accouder à la rambarde et respirer l'air plein d'embruns. Le ciel est gris au-dessus d'eux, teinté des couleurs du couchant qui semble sans fin. Elle a l'impression d'avoir une peinture sous les yeux, l'en boit, alors que le froid hérisse sa peau et coupe son souffle. Elle n'est pas encore habituée à ces températures, déjà à moitié persuadée d'avoir élu de venir étudier dans un bol d'azote liquide ou au pays du zéro absolu. C'est la même chose, non ? Peut-être. Quelle importance.

Jari et Luka sont restés dans la voiture, eux, Elisa pouvant les voir du coin de l'oeil qui parlent avant de lui adresser un salut qu'elle retourne aisément, hésitant un instant à les rejoindre avant d'être distraite par la vibration du téléphone entre ses mains, y reportant son attention. Le vent est comme un fouet, traversant aisément ses collants à défaut de son manteau, pied battant une mesure pour tenter de se réchauffer avant qu'elle renonce et parte se réfugier dans le véhicule, accueillie par les rires des deux hommes et le blouson de Luka pour couvrir ses jambes tandis qu'elle se recroqueville et le remercie. La conversation reprend tandis qu'elle répond au message, amusée, intervenant de temps à autre à mesure qu'elle se dirige vers des sujets avec lesquels elle est plus familière. L'annonce qui précède l'arrivée dans les Lofoten n'est pas vraiment une surprise, mais elle n'en cligne pas moins des yeux, alors que la voiture descend la rampe et qu'ils reprennent la route. Il y a encore du chemin à faire, fatalement, blouson retourné à son propriétaire et regard se perdant dans l'obscurité du ciel avant que le crissement du gravier sous les roues attire son attention. Ils sont arrivés. D'autres voitures sont garées aux alentours, regard de l'italienne les traçant du mieux qu'elle le peut, voix de Jari appelant son nom avant qu'elle ait fini de les inspecter.

La maison est illuminée, groupe en approchant et voyant la porte s'ouvrir, femme aussi brune qu'elle les accueillant dans un sourire. Les présentations sont faites, la bouteille que les gars ont décidé d'emmener remise, sourires échangés avant qu'ils pénètrent dans le foyer. Ils doivent être les derniers arrivés, ou presque, tandis qu'Elisa se mord machinalement la joue pour retenir un rire teinté d'hystérie. Elle qui s'amusait qu'ils aillent à la pendaison de crémaillère d'un Marcus, que le Marcus d'Àsgard organise la sienne lui aussi... Apparemment, ce n'était pas si incongru que ça, rire finissant par lui échapper alors que les poignets de mains sont échangées, mouvement la déposant finalement devant Àsgard, baisers aussitôt déposés sur ses joues, enthousiastes, incrédulité et joie lui faisant presque tourner la tête alors que son sourire s'agrandit malgré elle, lucidité (doute ?) la faisant malgré tout légèrement se reculer ensuite. Elles sont différentes de d'habitude, ces circonstances... ils sont seuls d'ordinaire, pas entourés de ses amis, de gens familiers avec eux qui risquent de s'interroger, d'observer. C'est perturbant, quelque part. Comme si il fallait surveiller ses gestes, quand elle a juste envie de lui sauter au cou ou de rire de la situation, dent s'enfonçant dans sa lèvre avant de croiser son regard dans un sourire. La soirée semble nettement plus plaisante, d'un coup. Mais il reste des gens à saluer, et elle finit par y retourner, main serrant celle d'encore une autre femme, aux cheveux incroyablement clairs. Une vraie beauté des glaces... Elle trouve Marie plus sympathique, plus chaleureuse, s'amusant un instant à se dire que ce doit être parce qu'elle a l'air d'être la plus méditerranéenne du groupe. Ou juste quelque chose dans ses yeux, tandis que leurs regards se croisent un instant avant que ceux d'Elisa repartent machinalement chercher Àsgard, main se fermant au passage sur le verre tendu par Luka et remerciement donné dans un sourire. Juste une bière, il la connait trop bien, alors que le sien et celui de son compatriote sont remplis de quelque chose qui est à n'en pas douter nettement plus fort. Vu les bouteilles d'aquavit placées avec le reste de l'alcool et des boissons (note rapidement faite de prendre quelque chose qui n'est pas alcoolisé ensuite, si elle le peut), déduire le contenu est facile.
AVENGEDINCHAINS
  
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