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L'épreuve d'une vie [Libre]

 
  
MessageSam 23 Juil - 16:35
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
L’aube est vraiment magnifique, même à cette époque. Je crois que je pourrais facilement contempler jusqu’à ma mort ce fabuleux spectacle offert par la nature, et ce, sans jamais m’en lasser. Du haut de la branche sur laquelle je me suis installé, j’observe l’horizon qui s’illumine lentement tout en prenant une teinte rosée. Ce lever de soleil me donne presque l’impression d’être de retour chez moi, malgré le manque de vie tout autour et la douce odeur de viande en train de cuire sur le feu. Néanmoins, le chant de l’aube se laisse porter par le vent et je suis grandement soulagé de l’entendre juste avant l’apparition du soleil. Le chant des oiseaux est pratiquement le même qu’auparavant, à l’exception de quelques petites nuances que je perçois et qui proviennent probablement de certaines espèces qui me sont encore inconnues aujourd’hui. Dans tous les cas, la matinée ne peut pas mieux commencer.

Non loin de là, dans la prairie qui s’étend devant moi, je vois Ozalee qui en profite pour brouter un peu avant que la chaleur accablante de la journée ne soit trop présente. D’un coup, avec ce paysage, le chant des oiseaux et ma daemonne, je suis nostalgique. Cela fait quelques jours que j’attends que la chamane me ramène chez moi et il ne s’est toujours rien passé. Je ne peux pas dire que je suis mal ici, au contraire, mais j’ai hâte de retrouver ma famille ainsi que ma femme. Les esprits doivent forcément veiller sur eux, mais j’aimerai être à leurs côtés pour pouvoir en faire de même. Puis, tout en pensant à ma mère, je me mets à fredonner une petite mélodie familière, soit la chanson qu’elle me chantait tout le temps lorsque je n’étais qu’un enfant.

« Quand tu entendras,
Une voix dans la nuit,
Te dire ne t’inquiète pas,
Je serai là,
Quand tu sentiras,
Une main te guider,
Sur un sentier perdu,
Je serai là. »

Je fais une courte pause pour admirer le soleil qui vient tout juste de pointer le bout de son nez, comme s’il était attiré par la chanson. Un peu plus loin, je vois Ozalee qui interrompt son repas pour redresser sa tête vers moi. Elle aussi semble submergée par les souvenirs en entendant seulement cette mélodie.

« Pour toi je montrais toutes les montagnes,
Pour toi je nagerais tous les océans,
Quand tu partiras très loin de moi,
Trouve une étoile,
Qui te guideras. »

Je me souviens encore du moment où ma mère m’avait dit que je comprendrais le sens des paroles que quand je serais grand, mais même aujourd’hui, je ne comprend pas encore toutes leurs significations. Haussant les épaules, je m’appuie contre le tronc de l’arbre et je ferme les yeux, profitant de la chaleur du soleil qui vient réchauffer mon visage. Un jour, tu comprendras, j’en suis certaine. Après lui avoir répondu d’un léger grognement, la jument se remet tranquillement à manger sans cesser de faire pivoter ses oreilles dans tous les sens, toujours à l’affût du moindre danger. Prenant une grande inspiration, j’essaie de me détendre le plus possible en vu de cette grosse journée qui m’attend. La forêt est tellement paisible, je pourrais clairement y passer le reste de ma vie.
  
MessageMer 27 Juil - 13:43
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 164Nombre de RP : 64Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Merlin était assis affalé sur le fauteuil, une tasse de café à la main. Ses yeux se fermaient à intervalles régulières. Par la fenêtre la lune éclairait la pièce. Assise en tailleur sur un tabouret Eléonore les yeux grands ouverts faisait des grands gestes et un flot ininterrompu de paroles sortait de sa bouche. Ses épaules s’affalèrent et elle s’arrêta de parler. Elle but un coup de son café à elle et leva les yeux au ciel.

« Tu m’écoutes pas ! »

Il soupira, s’évertua à ouvrir les yeux et se redressa.

« Bon sang Léo il est 3h30 du matin tu … je suis jamais opérationnel avant 8h tu le sais ! En plus pour ton plan … »

« Mais Jumbo Merlin, mon gorillounet préféré, s’il te plaît ! Je t’ai prévenu déjà, on fera une sieste ! Et puis c’est mon jour aujourd’hui, je me lève pour tes putains de cours tous les matins tu peux faire un effort … je t’avais prévenu en plus. »

« Bon … répète moi ce qu’on va faire. »

Il savait que c’était la règle, il devait la suivre et elle le suivrait pendant ses jours à lui. Un compromis comme toujours. Elle lui faisait toujours faire des trucs invraisemblables… Il espérait qu’un jour elle deviendrait plus sage. Léo avait déjà récupéré son énorme sourire qui était si contagieux. Mais pas à 3h30 du matin. Il sourit mentalement et grommela en réalité. Elle aspira une goulée d’air, chercha ses mots une demi seconde et lâcha, avec un air d’intelligence qui était censé le convaincre (alors qu’elle voulait juste partir à l’aventure dans la nuit).

« En gros. Tu vois, tu es un gorille. DONC. Tu es censé être un primate, et qui vit dans les forêts. Te balancer de branche en branche comme dans Tarzan. Tu as peut-être des réflexes encore, et puis ça te fera du bien un peu d’activité physique ! »

Il hésita à se prendre le visage dans les mains. Il se retint et avala une grande goulée de café, délicieux. Elle lui avait préparé. Il se tut pour savourer le liquide chaud couler dans sa gorge, priant pour un réveil plus rapide.

« Tu me fais lever en pleine nuit pour qu’on aille jouer dans les arbres comme dans les dessins animés ? »


« Non mais abuse pas aussi. J’ai juste envie de voir jusqu’à quel point tu as des réflexes primaires… Je suis sûre que ça pourra te faire du bien, tu fais que bosser et moi je me fais chier… J’ai envie de sortir, de prendre l’air… »

Ça c’était vraiment du Eléonore tout craché à balancer un « fais chier » et « réflexes primaires » dans la même phrase.

« Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi maintenant ? »

« Aujourd’hui parce que j’ai rêvé de gorilles et je me suis rendue compte qu’on avait jamais essayé, et pourtant avec tes bras ça devrait être facile… on a déjà grimpé des immeubles ok mais l’escalade c’est pas la même chose, là on parle de courir dans les airs !! Pourquoi maintenant ? T’as vu la chaleur ces derniers jours ? Je vais pas courir en plein après-midi c’est mort. »

Ces arguments tenaient la route mais il savait qu’il pouvait gagner un petit plus en continuant à jouer le grognon. Il se taisait sans bouger. Elle frétillait.

« Une sieste dans l’après-midi. ET un énorme petit dej, que JE fais. Et … je sais pas … tu pourras avoir une revanche … »

« Et tu conduis. »


En soi, personne n’aimait quand Léo conduisait, Jumbo conduisait mieux plus souplement mais il était fatigué et il n’en avait pas envie. Il espérait que le vent le réveillerait. En secret il aimait quand elle conduisait, l’adrénaline qu’elle lui procurait tout en ayant confiance en elle, elle avait des réflexes dingues et il n’avait pas vraiment peur. N’importe qui serait pétrifié, lui non. L’habitude peut-être…
Elle prit le pick-up, il se mit dans le coffre et se laissa bercer par le ronronnement du moteur, observant le paysage alentour. Ses doigts filant dans le vent il se contorsionna pour prendre son carnet et croquer rapidement ce qu’il voyait, toquant de temps en temps sur la fenêtre pour demander à sa daëmonienne diabolique de ralentir à cause des limitations de vitesse. Ce à quoi elle répondait qu’il était 4h du matin. Une pensée le traversa, ils auraient peut-être la chance de voir le lever soleil. Il se levait tôt l’été… Elle avança ensuite à travers un chemin de terre rocailleux jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus avancer.

« Tu connaissais ce coin ? »

« Non. »

« Eléonore.. »

Ils sortirent de la voiture en un claquement de porte.

« Bon. Par où commencer… » murmura-t-elle pour elle-même

Elle choisit un arbre. Il se dit pour la millième fois que c'était une grande malade. En pleine nuit... grimper à un arbre... très haut... dans un endroit qu'elle ne connaissait pas...

*Et tes mains ? T’as pas la peau épaisse d’un singe…* soucieux de préserver le silence il n’osait parler à voix haute de sa grosse voix grave.

*On verra… *

*Ce sont pas des arbres de jungle, les gorilles vivent pas dans ces forêts…*

*Bon plus tu parles moins on s’y met ! Essaie au moins.*


Elle avançait doucement mais sûrement sur son tronc, comme un écureuil en apprentissage. Il faisait face au tronc, se demandant ce qu’il faisait là, posa sa main sur le tronc et commença à grimper. Il fut étonné de trouver ça beaucoup plus facile et instinctif qu’il l’aurait cru. Il était agréablement surpris et son scepticisme fut remplacé par de la curiosité. Il sauta de son arbre à celui de Léo et la regarda monter. Il était haut et la contemplant qui arrivait à peine à sa hauteur il lui balança, moqueur :

*Eh bien ? Plus de souffle déjà ?*

« Ta gueule. »

Ils arrivèrent à leur première cime, prirent un temps pour admirer le paysage. Elle souriait paisiblement. Lui aussi.

*T’as pas peur à cette hauteur ? Il est passé où ton vertige ?*

*Aucune idée*


Et commença une drôle de séance d’entraînement. Composé de deux singes. Un singe appliqué, prudent et un complètement anarchique, hyperactif et audacieux. Des rires cristallins résonnaient dans la forêt. Des « T’es pas cap de me suivre ! Tapette ! ».
Eléonore sautait et la plupart du temps se faisait récupérer par Jumbo au dernier moment qui la cueillait en plein vol pour lui donner l’amplitude suffisante pour atteindre la branche suivante. Elle s’arrêtait, reprenait son souffle, vibrante d’énergie et d’adrénaline et se relançait. JM lui était pétrifié et devait suivre la cadence sous peine de laisser tomber son lionceau. Mais il appréciait le moment, il se sentait infiniment libre, récupérer Léo n’était pas vraiment un fardeau elle le forçait au contraire à se lâcher à avancer, le plus vite possible, sans contrainte. La rattraper n’était qu’un geste naturel dans sa course, balançant ses bras, choisissant en un clin d’œil analyste les branches les plus solides.
Il lui proposa à un moment un deal. Essoufflés ils s’étaient arrêtés. Tous les deux ravis.

« Je … serai pas toujours là … pour te rattraper… tu sais… »

« Mec. Si tu meurs… je meurs aussi… alors prends pas ce ton paternaliste… »

« Eléonore… je peux être occupé. Et puis tu pourrais peut-être exercer ton don ? »

Sa voix grave s’éteignit dans les bois. Son sourire mutin s’était terni. Elle tordit ses sourcils d’un air suppliant.

« Plus tu l’utiliseras plus ça te sera facile. Il faut pas que tu en aies peur, ça devrait être une seconde nature, ça fait partie de toi. »

« Mais ça va être beaucoup moins cool. »

Il réfléchit, effectivement si elle se téléportait de branche en branche, plus de vitesse, plus d’adrénaline… et les branches étaient ténues.

« Bon oublie. »
« MAIS OUI »

Elle le coupa, les yeux brillants. Il savait que la proposition ne lui plairait pas.

« Je pourrais tout en sautant me téléporter sur les quelques mètres qui me manquent. »

« Les branches sont trop petites tu vas te louper ! Surtout dans la vitesse et l’urgence et la chute ! »

« Tu sais que c’est là ça marche le mieux. C’est décidé. Bon on repart ? »

Au début Jumbo fut inquiet, ses sens en alerte, prêt à secourir, non loin de sa daëmonienne. Il avait de multiples raisons d’avoir peur. Rater son coup était facile, elle n’avait que 22 ans et son don ils ne le connaissaient pas bien. Elle s’en servait, parfois avec appréhension (vu ce qui lui était arrivé lors de l’intercision avortée, elle ne voulait pas lui en parler mais son inquiétude refoulée ressortissait chez son daëmon). Et jusqu’ici seule une utilisation sur de longues distances OU avec de lourdes charges avaient créé des problèmes physiques. L’utilisation prolongée n’avait pas de conséquences si c’était des petites utilisations (du moins pensait-il). Lui il avait peur qu’elle se téléporte trop à côté ou dans une matière. Elle n’avait pas du tout peur puisqu’elle utilisait ce don et qu’elle sentait l’univers dans lequel elle se téléportait quelques millisecondes avant d’y arriver et donc elle avait assez confiance en elle pour éviter ce danger. Et ses réflexes marchaient toujours.
Bref, son inquiétude se transforma en plaisir puisqu’il profitait, jonglait, virevoltait entre les branches, suivant du coin de l’œil Léo qui rugissait presque de bonheur, disparaissant de temps en temps. Elle n’était jamais parfaitement dessus ou face à la branche qu’elle visait mais se trouvait toujours à portée de bras. Etant donné qu’elle n’avait pas des biceps d’acier, elle aurait des courbatures dignes de l’enfer et elle ne tarderait pas à craquer mais pour l’instant elle oubliait ce détail et une force magique la soulevait, une force de don ou une force de gorille.
Sur son chemin les oiseaux s’envolaient au son de ce rire bruyant et de ses éclats de voix « C’est ouf ! » qui s’éteignaient dans la chute. Elle préparait ses téléportations avant de sauter et une fois en l’air elle activait son don. Léo allait de plus en plus vite.
Si vite.
Qu’elle sauta de la dernière branche comme un ange s’envolant vers le soleil qui pointait le bout de son nez. Un cri sortit de sa poitrine quand elle se rendit compte qu’elle était arrivée au terminus, qu’il n’y avait plus d’arbre devant mais une prairie, rien à quoi se rattraper, seule une chute vertigineuse l’attendait.

« NIIIIIQUEEE TA MEEEERE »

Jumbo Merlin qui avait crié attention de sa voix grave, mais qu’elle n’avait pas entendu, prise dans sa course effrénée, s’arrêta juste à temps sur la dernière branche. Comme d’habitude elle … se fourrait toujours dans des situations dangereuses. Il ne réfléchit pas, elle le faisait très bien à toute vitesse quand il s’agissait de sauver ses fesses. Il était mesuré, dans la durée. Elle était intense, dans l’action. Il fallait juste la réveiller. Jumbo Merlin aurait pu sauter et l’attraper pour qu’ils finissent leur roulade sur le sol de la prairie. Mais à la place il lâcha un énorme cri, animal. Le cri des gorilles, celui qu’on entend à des kilomètres, celui qui fait peur, qui réveille. Les oiseaux s’envolent dans un battement d’ailes, les insectes se taisent, les mammifères tranquilles se figent, dans leurs terriers les animaux sont à l’affût.
Eléonore encore en l’air improvisa alors, se rendant compte du pétrin dans lequel elle était, récupérant tous ses moyens. Il fallait qu’elle se téléporte, dans l’urgence et en pleine chute elle savait que la rencontre avec le sol risquait d’être brutale tout de même. Parce qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années à son actif et pas beaucoup d’entraînement.
Elle se plia sur elle-même, tourna en l’air et se téléporta plus bas s’évitant une descente de plusieurs mètres qui auraient dû donner lieu à un impact violent. A la place duquel elle atterrit, eut un espoir furtif de finir sa pirouette sur les deux jambes avant de saluer comme une artiste acrobate, mais elle chuta plutôt et roula sur quelques mètres.
Il y eut un silence. Et elle se releva aussitôt, fébrile et tremblante avant d’éclater de rire. Jumbo Merlin déjà à ses côtés, rapide comme un singe il était descendu de son arbre avant de la rejoindre en un instant.

« Espèce de … »

Léo était dans un piètre état, mais elle avait les yeux malicieux. Ses cheveux ébouriffés et pleins d’herbes, ses bras et ses mollets zébrés de griffures saignant plus ou moins, son t-shirt lacéré, des traits rouges sillonnant sa face, ses muscles des bras tremblaient à cause de l’effort intense de la dernière heure, sa respiration hachée par l’émotion et l’adrénaline. Le moins beau à voir était ses paumes pleines de cloques et de sang, des plaies et des échardes constellaient ses mains. Mais elle était ravie. Et fière. L’air de dire, je l’ai fait, tu vois j’ai réussi. J’ai encore réussi à m’en sortir sans dégâts. Il la regardait, pas du tout ravi. Prêt à lui sortir un monologue sur son inconscience quand elle se tourna vers le soleil qui se levait.

« On arrive pile poil à temps. »

Eléonore s’assit, incapable de se tenir encore debout et trop têtue pour l’admettre, préférant cacher sa faiblesse à son gorille plutôt que de l’avouer. Elle allait lui dire qu’ils auraient dû prendre le petit dej quand il lui dit dans un souffle.

*Nous ne sommes pas seuls…*
  
MessageMer 24 Aoû - 23:02
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Les yeux fermés, je profite au maximum de ce petit moment de détente. Plus le soleil se lève au dessus de l’horizon et plus les oiseaux sont nombreux à se mettre à chanter. Je reconnais certains chants tandis que d’autres me semblent complètement nouveaux. C’est étrange quand j’y repense. Tranquillement, je sens la chaleur des rayons me réchauffer le visage et malgré tout ce que j’ai à faire aujourd’hui, je décide de rester quelques minutes de plus sur cette branche pour profiter du moment présent. Cette décision ne semble pas déranger Ozalee qui continue de brouter à l’orée de la prairie, à quelques mètres de là. J’espère seulement que le reste de la journée va se dérouler aussi bien.

Apparemment, je me suis fait trop d’espoir. Non loin de l’endroit où je me trouve, j’entends soudainement des mouvements de branche, des bruissements de feuilles et des bruits sourds qui viennent perturber le calme de la forêt. Perplexe, je rouvre les yeux en fronçant les sourcils et je tourne la tête en direction de l’agitation. En-dessous, la jument relève elle aussi la tête et pointe les oreilles vers l’avant, prête à réagir au moindre signe de danger. J’ai l’impression qu’un gros animal est en train de prendre la fuite face à un prédateur en sautant d’arbre en arbre, mais il m’est difficile d’en être certain... surtout qu’aucun animal à ma connaissance n’utilise ce mouvement de déplacement dans les environs. L’attente de voir apparaître quelque chose au travers du feuillage ne s’éternise pas trop et ma surprise s’agrandie en constatant qu’un être humain est à l’origine de tout ce bruit. Une femme, pour être plus précis.

Passant de la surprise à la curiosité, je me redresse sur ma branche sans dire un mot pour m’avancer dans sa direction après qu’elle ait lâché son horrible cri. Nokomis, je t’interdis de t’approcher davantage. Arrête, reviens ici tout de suite. Ma jument n’aime pas que je m’éloigne autant d’elle, surtout en présence d’un danger potentiel. Après tout, cette femme pourrait belle et bien représenter une menace pour nous deux. Normalement, en présence d’une autre personne de cette époque, j’aurai probablement quitté les lieux rapidement, mais ma curiosité à l’égard de cette femme me pousse à m’approcher cette fois-ci. Après l’avoir vu faire un vol plané pour ensuite s’écraser dans la prairie, je ne peux me résoudre à quitter les lieux sans m’assurer qu’elle aille bien. Toutefois, je me fige brusquement de peur en voyant l’étrange créature qui semble la suivre. Un animal imposant, de couleur noire et qui nous ressemble étrangement. S’agirait-il d’une daemonienne ?

Qu’elle soit comme nous ou pas je m’en moque, mais elle peut s’en prendre à nous. Fait pas l’imbécile et partons d’ici, ça vaut mieux. Impossible de faire changer d’avis ma daemonne qui me surprotège beaucoup trop malgré mon âge. Tout en ignorant cette dernière, je saute de branche en branche pour m’approcher du duo qui semble désormais observer le lever du soleil. Je tente de me déplacer en faisant le moins de bruit possible, mais avec certains craquements de branche qui se laissent entendre sur mon passage, je risque fortement de me faire repérer. Cela ne me dérange pas vraiment, car après tout, je m’apprête à lui adresser la parole.

- Est-ce que tout va bien ?

C’est tout ce que j’arrive à dire pour l’instant et je trouve que c’est déjà pas mal pour un gars comme moi qui aurait préféré fuir les lieux dans ce genre de situation. Toujours debout sur mon perchoir, je n’ai pas l’intention de mettre pied à terre pour le moment, étant donné que je me sens beaucoup plus à l’aise et en sécurité en hauteur devant une inconnue. Tout en attendant sa réponse, je la dévisage légèrement et constate les quelques griffures qui apparaissent sur son corps, tandis qu'Ozalee préfère rester en retrait. Il semblerait que sa chute ait été plutôt douloureuse.
  
MessageDim 28 Aoû - 5:52
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 164Nombre de RP : 64Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?
Est-ce que tout allait bien ? Bonne question …
Éléonore avait plutôt envie de dire oui, son corps avait plutôt envie de dire non. Elle était de très bonne humeur, et à ceci se rajoutait la curiosité qui la titillait. Ce jeune homme qui se trouvait devant elle n'avait rien de connu. Elle avait l'habitude d'observer les gens, elle connaissait un nombre de gens incalculable à Perth et Merkeley, elle pouvait assez facilement discerner les habitudes de quelqu'un et sa manière de pensée, mais devant elle se trouvait quelqu'un qu'elle ne cernait pas. Un être humain assez original pour sortir l'intriguer. Elle était assise dans la prairie et il était en haut d'un arbre. Elle plissa les yeux pour le dévisager. Une peau mate signe qu'il avait des origines indiennes, un corps relativement bien fait signe qu'il n'était pas un sédentaire dans l'âme. Sa position sur l'arbre indiquait sa connaissance de la forêt.
Elle mit un certain temps pour se reconcentrer sur ce qu'il lui avait dit. Question à laquelle elle attachait peu d'importance et sa réponse fut d'ailleurs un court mouvement de tête et avec l'aide de son pouce levé elle lui sourit,

« T'inquiète ! »

Puis elle redevint sérieuse, avec un air malicieux, pour lui demander presque brutalement,

« Tu viens d'où ? »

Pour l'intriguer, il l'intriguait. Elle serait bien montée avec lui sur cette branche mais elle en était incapable pour le moment. Il lui fallait une petite pause.
Jumbo Merlin lui s'était assis, il était toujours étonné des aventures dans lesquelles s'embarquait Eléonore, trouver quelqu'un au fond de cette forêt, au lever du soleil était la dernière des choses à laquelle il aurait penser, mais en même temps pourquoi pas. Il ne voyait pas l'utilité de prendre la parole, toujours aussi timide et en retrait, il préférait largement écouter. Et même si la situation ne semblait pas menaçante et au contraire plutôt inoffensive pour une fois, il priait pour que ça ne dégénère pas. Encore une fois, Eléonore l'avait tellement habituée à ce que ça finisse mal qu'il gardait toujours cette appréhension en tête. Et quand ça finissait mal il ne savait jamais quoi faire, lui la grosse bête inoffensive et pacifique, tant qu'il n'était pas en crise cela dit.
Autant Léo s'était permise de dévisager l'indien (il ne pouvait l'appeler autrement) pour l'observer sous toutes ses coutures autant elle ne voyait jamais le plus évident. Il soupirait intérieurement, on aurait presque pu croire qu'elle souffrait d'autisme parfois : elle remarquait des détails précis, s'intéressait aux sous entendus de l'image qu'on offrait mais ne voyait pas un état d'esprit. Elle n'avait même pas fait attention qu'il la dévisageait aussi. Cela voulait donc dire qu'il était surpris, en même temps qui ne le serait pas ? La jeune feu follette était pour le moins surprenante. S'il n'était pas surpris en tout cas il devait aussi être intrigué, pas assez confiant pour s'approcher mais assez bon pour s’enquérir de sa santé.

*Léo, si tu veux qu'il te réponde, montre patte blanche, sois pas intrusive comme ça, présente toi au moins.*

Elle réfléchit, avec toujours en tête des sortes de paradoxes, elle s'en fichait de faire les présentations, d'être polie. Mais en même temps elle pouvait comprendre que ça donnait une brève fiche d'introduction de soi pour abaisser la méfiance. Elle ne se mettait pas souvent dans la peau des gens d'en face. L'empathie ça n'avait jamais été son fort, vraiment pas. Ça demandait de rentrer dans les conventions, de faire attention au regard de l'autre, de perdre de sa liberté, de sa spontanéité. Bien sûr c'était pratique et une grande qualité, notamment une qualité de médecin. Jumbo Merlin lui y arrivait à comprendre l'autre mais s'en fichait souvent, faisait abstraction ou s'y soumettait, Eléonore elle n'y pensait même pas. Une mauvaise habitude qu'elle avait prise. Elle fronça donc les sourcils, comprenant que la situation insolite pouvait paraître étrange pour un observateur. Elle venait d'atterrir avec téléportation suivie d'un énorme gorille poilu et musculeux. Puis elle avait d'emblée sans se demander qui était ce jeune homme, de quelle origine, ou du moins d'où venait-il.

« Moi c'est Léo. Et la grosse boule noire derrière, c'est mon gorille de compagnie : Jumbo Merlin. Je l'ai ramené ici pour le sortir un peu… et euh… ah, moi je viens des US. God bless America comme on dit. »

Elle ponctua sa phrase d'un gloussement tellement cette fin de phrase sonnait mal dans sa bouche, comme un sarcasme, une moquerie. God bless America ? Elle avait toujours été morte de rire en pensant à cette devise. Qu'un Dieu bénisse l'Amérique, ses pick-up, ses shows pailletés, ses burgers géants, ça l'étonnerait vraiment.
Jumbo Merlin faillit prendre sa tête entre ses mains.

*Donc… tu sais que c'est un indien et le meilleur truc que tu trouves à dire c'est que tu es américaine et de sortir la devise américaine ? Bon sang Eléonore tu le fais exprès ? Je ne vais pas te rappeler ce qu'il s'est passé entre native americans et colons...*

*Oh fuck … Je suis trop bête...*


Mais elle n'était pas du tout embarrassée. Au contraire, elle était presque morte de rire, une bourde de cette taille, c'était parfaitement elle. Mais bon c'était dit, elle n'allait pas non plus bafouiller pour se rattraper tout en s'excusant. Tant pis, après tout ce n'était que la vérité. Maladroite.
Elle espérait qu'il ne s'en offusquerait pas, parce qu'en plus d'être plutôt mignon il avait dans son allure, dans son regard une histoire, un passé qui faisait de lui un être original et Léo aimait les gens originaux, ils l'intriguaient. Elle voulait en savoir plus.
  
MessageSam 17 Sep - 22:38
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Cela ne paraît peut-être pas aux yeux des nouveaux arrivants, mais Ozalee me presse mentalement de déguerpir. Mon inquiétude face à cette jeune femme que je trouve plus que bizarre ne fait que s’accentuer avec celle que me transmet ma daemonne. Malgré la distance qui nous sépare, je vois clairement que l’autre daemonienne n’est pas en bonne forme, même si elle affirme le contraire en m’adressant un étrange geste de la main pour appuyer ses paroles. Elle tente de rester forte ou comment ça se passe ? Si c’est le cas, elle n’a pas besoin d’agir de la sorte devant moi, je ne suis pas du genre à me moquer, surtout pas envers les femmes. Dans tous les cas, je trouve les gens de cette époque de plus en plus... perturbant.

J’hésite à agir d’une quelconque façon pour lui venir en aide lorsqu’elle me demande subitement d’où je viens. Sur le coup, je ne sais plus trop quoi penser. En quoi est-ce important pour elle de savoir d’où je suis originaire ? Dois-je vraiment lui dire la vérité ? Elle risque de prendre la fuite si je lui dis que je suis né dans les environs il y a environ 235 ans. J’aurai probablement l’air cinglé et c’est ce que je tiens à éviter dans l’immédiat. Je repense alors à Tanahina, la chamane de mon village du passé, qui ne voudrait tout de même pas que je manque de respect à la gente féminine, qu’elle soit de cette époque ou non. Je n’en ai pas l’intention, mais je ne sais plus sur quel pied danser avec cette dernière question. Bah, c’est pourtant simple. Tu l’ignores et puis on part sans en demander plus. Bien sur, c’est justement ce que je ne veux pas faire.

Finalement, je décide de balayer mon éventuelle réponse d’un revers de la main. Je fais comme si je n’ai rien entendu et si elle me repose la même question un peu plus tard, alors je reviendrai sur ma décision. Ensuite, je porte de nouveau mon attention sur le daemon qui l’accompagne et je suis presque obnubilé par ce dernier. Est-ce que ce genre d’animal existait aussi dans mon temps ? Si c’est bien le cas, je n’en ai jamais aperçu dans la forêt. Ils se promenaient sûrement trop loin du village pour que je puisse avoir la chance d’en croiser un sur mon chemin. Je suis rapidement ramené à la réalité par la jeune femme qui se présente sous le nom de Léo. D’accord. Enfin un prénom pas trop long et que je n’aurai aucun mal à me souvenir. Par contre, pour le daemon... Jum quoi ? Jumbo ? Bon sang, je n’arriverais jamais à m’y faire.

Je suis sur le point de me présenter à mon tour lorsque sa dernière phrase me fait hausser un sourcil. Malgré tout, je reste toujours impassible devant elle, mais le fait qu’elle bénisse cette me laisse perplexe. Ferait-elle partie des patriotes ? Apparemment si, bien qu’elle ne porte pas de tunique particulière. Tant mieux, au moins elle n’est pas du côté des tuniques rouges et c’est tout ce qui m’importe. D’un coup, je baisse ma vigilance face à la nouvelle venue et j’ai presque envie de descendre de mon perchoir pour nous permettre de mieux discuter.

- Léo, répétai-je, comme si j’essayais de me convaincre de la bonne prononciation de ce prénom. Je m’appelle Nokomis.

Est-ce important de mentionner la jument qui veut à tout prix s’éloigner d’ici ? Aussi bien le faire pour avoir l’esprit tranquille ensuite.

- Et elle, c’est Ozalee.

Surtout n’oublie pas de leur dire de garder leur distance avec moi. Bof, ce n’est qu’un détail, je ne crois pas que c’est important de leur mentionner puisque cela semble assez clair. Ne pouvant plus résister à la tentation, j’entreprends finalement ma descente vers le sol riche en herbe de la prairie, mais je garde encore mes distances face à la jeune femme.

- Tu as fais un sacré vol plané, tu es sure que tout va bien ? Je peux m’approcher pour examiner tes blessures ?

La plupart du temps, les blessures qui paraissent superficielles sont en faites les plus urgentes à soigner. Même s’il ne s’agit que de simples égratignures, je serais en mesure de la soulager si elle ressent de la douleur. Ma daemonne croit que cette approche est risquée, mais je n’ai rien à faire de ce qu’elle pense. Si je veux m’adapter à cette époque, je dois bien rencontrer quelques personnes, non ?
  
MessageLun 19 Sep - 5:29
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 164Nombre de RP : 64Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Il ne répondit pas. Il balaya la question qui n'avait pas d'importance. Eléonore décela une hésitation avant cela. S'il n'avait pas envie d'en parler pour l'instant, cela voulait dire quelque chose. Elle garda cette information dans un coin de tête et passa à autre chose.
L'inconnu regardait Jumbo avec insistance, lui qui n'aimait pas être au centre de l'attention. Ce n'était pas de la peur qu'il lisait dans le regard du jeune homme mais plutôt de l'incompréhension. Il pensa immédiatement au fait qu'il n'avait peut-être jamais vu de gorille.

*Abuse pas MJ, tout le monde a déjà vu un gorille de près ou de loin. A moins qu'il vienne de la plus grande cambrousse, qu'il ait pas accès à internet, qu'il soit jamais passé par un zoo.*

*C'est possible, il peut avoir eu internet sans savoir ce qu'est un gorille, je suis pas l'emblème du world wide web. Et par ici c'est pas très commun les gorilles. Tu pourrais peut-être lui dire ce que je suis… à part grosse bête poilue, ou yeti...*


Eléonore n'aurait jamais pu penser que quelqu'un ne connaisse pas cette espèce. Heureusement qu'elle avait un daëmon plus sensible.
Sa blague sur l'hymne américaine le laissa de marbre. Léo faillit le prendre mal. Son humour était pas fou mais bon un petit sourire quand même ça ne faisait de mal à personne ! Il était plus bizarre qu'il n'y paraissait mais il avait pas l'air méchant. Et il était plutôt mignon.
Il paraissait en dehors du monde, hors des chemins habituels. Ça, ça plaisait instinctivement à Léo, même s'il se révélait être un dangereux psychopathe c'était marrant. Elle en oubliait presque sa faim et ses douleurs.
L'inconnu qui s'appelait en fait Nokomis répéta son prénom, comme pour s'en imprégner. Son calme lui fit penser à Jumbo. Il semblait vivre dans une autre horloge, dans un autre temps que celui d'Eléonore.
Il montra une jument dans la plaine. Bien sûr Eléonore l'avait vu, mais elle ne l'avait pas calculée. Comme d'habitude son sens de l'observation marchait à fond mais elle ne s'en servait pas. Donc … donc cet étrange être de la forêt était un daëmonien, avec un daëmon des plus gracieux. Décidément ils étaient partout.

*Elle est magnifique...*

Elle faillit parler mais elle vit qu'il descendait de son arbre. Un sourire éclaircit son visage. Ça allait être plus commode de communiquer au même niveau. La phrase de Jumbo résonnait dans sa tête et elle le regarda avec un regard moqueur et presque horrifié.

*Euh… Jumbo ? What the fuck ?*

Il l'ignora royalement, sans lâcher des yeux la splendide jument. S'il avait été humain qu'est-ce qu'il aurait aimé chevaucher. Et même maintenant les chevaux lui faisaient douter de son choix de devenir médecin. Et pourquoi pas vétérinaire ? Le cheval avait une anatomie des plus intéressantes à étudier. Sa musculature, ses sabots, tout ça était tout simplement fascinant.
Eléonore, elle, suivit des yeux le parcours timide encore à son goût de Nokomis. Après tout, tout le monde ne pouvait pas être comme elle. Tant mieux se dit-elle.
Il lui demanda si tout allait bien, s'il pouvait approcher. Elle, si piquante, si agressive, se calma légèrement, elle avait compris qu'il fallait y aller plus progressivement qu'elle n'avait l'habitude. Bon progressivement à la Léo. Mais c'était déjà ça.

« Ah oui hein ! C'était trop bien ! J'ai cru m'envoler … Approche toi n'hésite pas je vais pas te manger … je crois que ... »

Elle inspecta ses bras, ses mains et passa un doigt sur une entaille sur sa joue.

« Bon ça peut paraître impressionnant. J'ai quelques griffures mais rien de grave je pense, par contre mes mains sont pas … très jolies à voir. Et je crois que j'ai dû me fouler la cheville. Mais encore une fois, un bon petit déjeuner et ça ira beaucoup mieux ! »

C'est vrai qu'un petit déjeuner ça lui manquait bien à ce moment. L'adrénaline l'avait quitté et elle se trouvait sans énergie. Ce qui la tenait encore debout c'était la nouveauté de ce jeune homme.
Elle continua sur sa lancée.

« Noko, j'ai vu que tu regardais Jumbo. Ça te dérange pas si je t'appelle Noko ?Peut-être que tu ne sais pas quelle espèce c'est … Jumbo c'est un gorille… un grand singe. Euh y'en a en Afrique. C'est une espèce en voie de disparition… si tu en as jamais vu … en gros les singes ce sont les animaux qui se rapprochent le plus de l'homme et le gorille si je devais faire une comparaison c'est un peu comme un … ours. »

*N'importe quoi...*

*Bah quoi. Je dois m'adapter si c'est un genre de trappeur qui a jamais vu un gorille de sa vie. Vas-y dis moi tu ressembles à quoi d'autre?*


Jumbo Merlin se tut, elle n'avait pas tout à fait tort même s'il ne se considérait pas comme un ours. Pas du tout.

« Au fait … ça se dit Ozali ou Ozalé ? Sinon je l'appelle Oz ça lui va bien… comme dans le conte du magicien d'Oz… d'ailleurs ça veut dire quoi Ozalee ? »

Elle mettait vraiment les gens très à l'aise avec son débit de paroles brutal et rapide.
Jumbo Merlin prit la parole, de sa voix grave et posée, de sa voix de montagne pacifique.

« Elle parle beaucoup mais elle n'est pas méchante. Juste un peu trop curieuse. Et ça serait bien qu'on aille chercher le petit déjeuner dans le coffre de notre voiture. Si ça vous dit on peut le manger ensemble, en forêt. Avant ça… montre lui tes mains et ta cheville Eléo… Léo, il sait peut-être comment soigner ça. »

Jumbo Merlin parlait très rarement autant. C'était une exception. Il était un peu obligé de rattraper ce petit feu follet qu'était Eléonore.

*Quoi ? Tu as pensé à prendre un truc à grailler ? Wouaw merci merci ! On n'a plus qu'à retrouver … merde … comment on va retrouver la voiture ?*

Il n'y avait pas pensé. Bon… il semblerait qu'ils allaient se passer de petit dej pour le moment… Et de tout contact avec le monde. Peut-être même qu'Ozalee et Nokomis n'étaient que des hallucinations.
  
MessageJeu 3 Nov - 19:05
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
J’ai l’impression que tout joue contre moi. Entre cette étrange daemonienne et les demandes incessantes d’Ozalee qui me demande de quitter cet endroit au plus vite... Quelqu’un de censé aurait écouté sa moitié et serait tout simplement partit, mais je ne peux me résigner à agir de la sorte. Je n’ai pas eu la chance de rencontrer beaucoup de personne à cette époque-ci, encore moins des daemoniens et je serais fou de partir comme ça, sans avoir moindrement essayé une tentative d’approche. Je sais que cela est contraire à tout ce que je m’étais dit de faire ici, sur ses terres étrangères, mais cette fille, accompagnée de l’esprit du gorille, éveille toute ma curiosité. Après l’avoir vu grimper aux arbres pour ensuite sauter de branche en branche... je me dis que nous avons peut-être plus de points en communs que nous le croyons.

Lentement mais sûrement, j’avance vers elle avec un mélange d’hésitation et d’inquiétude. Je ne sais pas trop comment m’y prendre avec elle, d’autant plus que je ne comprend pas la moitié des mots qu’elle prononce. C’est à en devenir fou. Je m’agenouille finalement à ses côtés pour pouvoir l’examiner, mais avant que je puisse faire quoique ce soit, elle commence par m’expliquer ce qu’est un gorille. Au fond de moi, j’étais impatient d’en apprendre plus sur cet animal dès que j’ai aperçu et voilà que Léo répond à mes désirs sans que je ne lui ai demandé. Serait-elle aussi capable de lire dans les pensées ? Peu importe. Complètement absorbé par ses paroles, mon regard passe d’elle à sa moitié et ainsi de suite, tandis que mon visage reste impassible, comme toujours en fait. J’ignore ce qu’est un singe, encore plus ce qu’est l’Afrique, mais je vois l’idée générale. Un ours avec des traits humains. D’accord, c’est noté.

Un peu plus loin, la mauvaise humeur d’Ozalee n’est que grandissante. Elle est en train de t’envouter ou de te jeter un mauvais sort, comme le dirait si bien Tanahina, mais bon... tu te moque de ce que je pense, pas vrai ? Ce n’est pas le cas normalement, mais présentement, elle n’a pas tord. Je balais les pensées de la jument lorsque Léo me demande justement la bonne prononciation de son prénom.

- C’est bien Ozali, mais sinon... tu peux l’appeler par son nom complet. Ozalisthia. Dans ma langue, cela signifie « soleil levant », car quand nous étions plus jeune, elle avait le don de répandre la joie partout autour d’elle.

Dommage que ça ne soit plus le cas aujourd’hui. Hé oh, je t’ai entendu. Et dit lui que Oz, c’est juste horrible. Si tu n’es pas contente, tu n’as qu’à le lui dire toi-même. J’entends ensuite le pseudo grognement de ma daemonne en réponse à cette réplique, bien qu’elle se trouve à plusieurs mètres de là. Mon attention se reporte rapidement sur la jeune femme qui accepte finalement de se faire examiner et je m’assure avant de poursuivre qu’elle m’autorise à la toucher. Après tout, chez moi, les femmes ont toujours été supérieures aux hommes et comme j’ignore si c’est toujours le cas aujourd’hui, je préfère me comporter comme si j’étais chez moi. Tout en douceur, je passe mes doigts sur les plaies et les quelques égratignures qui recouvre ses extrémités. Heureusement, ce n’est rien de grave, mais l’état de sa cheville est davantage inquiétant.

- J’ai une pommade qui pourrait soigner les coupures en un rien de temps, mais pour la cheville... je crois que le repos est le seul remède nécessaire. Néanmoins, je pourrais peut-être fabriquer un support avec les bouts de bois qu’il me reste, mais pour ça, il faudrait se rendre jusqu’à chez moi et... Est-ce que tu te sens capable de marcher ?

Autant lui demander directement. J’ignore ce qu’est une voiture, donc je n’ai aucune idée d’où se trouve leur petit-déjeuner, mais si elle peut se déplacer un peu, je pourrais leur proposer des baies, quelques légumes et du lapin rôti sur le feu une fois que nous aurons atteint mon campement de fortune. Je croyais que tu voulais que personne ne trouve ta cachette. C’est vrai, mais... elle a besoin d’aide. Tu as une meilleure idée peut-être ? Tu l’as laisserait mourir là, en pleine forêt ? S’ensuit un long silence de la part d’Ozalee qui me fait clairement comprendre qu’elle se fiche littéralement de cette autre daemonienne. Je ne tiens pas à avoir une mort sur la conscience, encore moins la mort d’une jeune femme. Si cela arrive, les grands esprits risquent de m’en vouloir éternellement.
  
MessageLun 7 Nov - 16:12
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 164Nombre de RP : 64Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?
Une telle douceur lorsqu'il effleura ses mains la laissa sans voix. Tout à l'intérieur son cœur eut un sursaut qu'elle ignora sans que son corps ne cille. Les contacts en général quand ils n'étaient pas brutaux et qu'elle ne les avait pas recherché (comme lors d'une drague) lui donnaient ce sursaut. Elle ne savait pas d'où ça venait et l'ignorait la plupart du temps.
Autant le jeune autochtone (Ozalisthia ne sonnait définitivement pas espagnol) paraissait affable, méfiant mais affable, autant la jument grognait et ne disait pas un mot. Mentalement Léo nota qu'elle essaierait d'éviter un coup de sabot si jamais ça devait arriver.
Une pommade pour ses mains ? Pourquoi pas ? S'il avait à manger ça lui allait. Si elle pouvait marcher ? Eléonore se leva, eut une légère grimace, effacée dans l'instant. Sans un mot son grand gorille se leva, son corps faisant eclipse au soleil. Il paraissait gigantesque comme ça dans cette prairie avec l'ombre et lorsqu'il s'étira ses muscles roulèrent sous sa peau noire. Il attrapa de son long bras Léo et la mit sur son dos argenté. Ravie elle avait un grand sourire.

« Le problème est résolu ! En route ! J'espère que tu as à manger chez toi … »

*Toi et ta fierté mal placée vous êtes ingérables. Tu le sais j'espère.*

Dans quoi pouvait-il bien habiter ? C'était l'aventure et la surprise, Léo adorait ça. Aucune notion de danger, aucune méfiance, juste beaucoup d'excitation lui chatouillait le ventre. Suivre un inconnu étrange dans la forêt un matin, blessée. Pourquoi s'inquiéter après tout ? En chemin elle ne put empêcher sa curiosité de s'exprimer. Elle s'adressa directement à la jument ?

« Tu parles pas Oz ? Euh Ozalisthia ? »

Puis elle se tourna vers Nokomis, à son tour d'être la cible de sa curiosité,

« Tu es autochtone c'est ça ? J'avoue avoir manqué pas mal de cours sur l'histoire des peuples d'avant et leurs coutumes mais ce gros ours qui me sert de daëmon a du passé des heures dans la bibliothèque à en apprendre plus sur les premières nations. »

Son estomac gargouilla fort. Elle rêva de pancakes, de crêpes au nutella. Et soupira fort. Jumbo leva les yeux au ciel. Impossible daemonienne. Elle ne savait vraiment pas se tenir. Aucun filtre, aucune retenue. Du genre à se lancer dans un concours de rot et à remporter avec satisfaction.
D'habitude le gorille ne portait pas la jeune femme sur ses épaules. Avant il le faisait quand il pouvait se transformer en gros animaux, elle avait toujours adoré qu'il la porte. Elle se sentait comme une princesse. En fait elle faisait plus peur aux gens qu'autre chose, et quand les daemoniens étaient encore cachés il fallait éviter de se montrer en animaux trop gros. C'était dommage, elle en avait été frustrée. Quand il s'était stabilisé leurs émotions étaient mixtes. Incachable et puissant. Une source de force et de faiblesse. Une âme de sage dans un corps de guerrier.
En général Jumbo marchait sur ses deux pattes arrières, le rendant presque humain mais très grand , les épaules un peu voûtées comme s’il voulait cacher sa taille mais pour que ce soit plus confortable il était sur ses quatre pattes. Son dos et ses épaules formaient un espace suffisamment grand pour qu’Éléonore y soit à l’aise. Le balancement de ses épaules et omoplates la berçaient. Elle savait qu’il pouvait tout aussi bien courir extrêmement vite dans cette position. Sur son daemon massif elle se sentait puissante, comme une reine sur son destrier.

*Destrier ? Vraiment ? C’est exactement pour ça que j’aime pas quand tu montes sur mon dos. Considéré comme un vulgaire destrier alors que je suis ton âme…*

*Non mais tu es plutôt mon fidèle bras droit… oh et puis tu devrais être honoré de servir Eléonore première, reine de …*

*Des chevilles gonflées qui passent plus les portes … ah je crois qu’on est arrivés.*

Eléonore laissa échapper un sifflement, un sourcil levé. Elle ne s’attendait certainement pas à ça.


HRP:
 
  
MessageDim 18 Déc - 16:37
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 305Nombre de RP : 106Âge réel : 24Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson| Un indien dans la ville |
Visiblement, daemonne et daemonien ne s’accorde pas sur la décision de ce dernier. Ozalee préfère rester silencieuse pour le moment, même si une tempête fait rage à l’intérieur d’elle. Elle n’en revient toujours pas. Pourquoi sa moitié décide-t-il soudainement de faire une visite guidée des lieux à une inconnue ? Certes, elle est peut-être dans le besoin, mais après tout le mal qu’il s’est donné pour rester cacher depuis leur arrivé... Ça n’a vraiment aucun sens. Décidément, Nokomis a bien du mal à refuser quoique ce soit à une fille.

« Je continue de croire que c’est une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. »
« Pense ce que tu veux, tu n’arriveras pas à me faire changer d’avis. »
« Mais ce que tu fais n’a aucun sens ! Nous nous étions dit de faire attention et voilà que tu t’amuses à emmener des gens de cette époque à notre campement, là où se trouvent les dernières petites choses de notre temps. C’est dangereux ! As-tu donc déjà oublié ce qui se passait chez nous ? »


Une dispute télépathique éclate entre nous, mais cela ne m’empêche pas de continuer à veiller sur Léo. Disons que je commence à être habitué de subir les assauts mentaux d’Ozalee de façon constante. Par contre, ce qu’elle vient de dire me frappe plus que ce que je laisse paraître. Il est vrai que les occidentaux nous donnaient beaucoup de mal par le passé, autant les patriotes que les tuniques rouges, mais j’ai de la difficulté à croire que les choses soient restées les mêmes 230 ans plus tard. Je prends peut-être un risque en agissant de la sorte, un gros risque selon ma daemonne, mais je veux en avoir le cœur net. D’ailleurs, je crois bien que si Léo me voulait du mal, elle se serait déjà manifestée au lieu d’être si gentille avec moi. Ta naïveté te perdra un jour, Noko. Ne vient pas pleurnicher ensuite parce que je ne t’aurai pas prévenu.

Je vois Léo grimper sur le dos du gorille et l’idée de faire pareil me traverse l’esprit. Toutefois, après nos féroces échanges mentaux, Ozalee refuse de me laisser grimper sur son dos, soit disant que ce geste m’aidera à apprendre de mes erreurs. Bon, d’accord... Alors que nous nous mettons en route, je suis brusquement ramené à la réalité par la jeune femme qui ose s’adresser à la jument démoniaque. Cette dernière se contente de l’ignorer en poursuivant sa route d’un bon pas, sans même pivoter une oreille dans sa direction. Heureusement, cette réaction ne semble pas choquer la jeune femme qui se tourne ensuite vers moi pour me parler.

- Oui, lui répondis-je un peu gêné, tout en baissant la tête pour fixer le sol. Je fais partit d’une tribu Mohawk.

Puis, après un bref silence, je poursuis.

- Pour Oza’, il vaut mieux l’ignorer. En fait, elle ne... parle pas très bien anglais.

Quoi !? Attend un peu... Oui bon, disons que c’est le cas, ça expliquerait un peu mieux ton comportement. La jument lève à nouveau les yeux au ciel mais n’ajoute rien, exaspérée par les stupidités de sa moitié qui ne font que s’accumuler. Notre promenade dans la forêt ne s’éternise pas trop et bien vite, la végétation commence à diminuer aux alentours, témoignant d’une présence humaine non loin. La terre est battue, les arbres sont de plus en plus espacés, mais pas trop pour nous rendre vulnérable aux prédateurs de la forêt. Dans un espace dégagé non loin d’un ruisseau, apparaît finalement ma demi maison-longue construite maladroitement. Un support en bois à droite de celle-ci sert de séchoir pour les peaux d’animaux lorsque la chasse est bonne, alors que derrière se trouve un petit jardin où quelques plants se laissent déjà apercevoir. Maïs, courge, haricots... Devant la maison se trouve un feu presque éteint, où quelques petites braises ardentes se laissent encore voir sous les cendres, tandis qu’un autre support en bois installé au-dessus sert à faire cuire la viande. D’ailleurs, un lapin est déjà en train d’y cuire et je m’en veux d’avoir oublié la cuisson de celui-ci...

Voilà. C'est presque rien, mais j’ai toujours vécu comme ça et j’en suis grandement satisfait.

J’imagine que la jeune femme ne s’attendait pas à ça, mais je n’ai rien de mieux à lui offrir. D’un geste de la main, je les invite à s’approcher du feu que je m’empresse de rallumer en jouant avec les quelques braises à l’aide d’un bâton de bois. Ensuite, je rentre dans la maison pour en ressortir avec deux grands bols de bois sculptés à la main, l’un contenant la pommade et l’autre de quoi manger. Ozalee s’éloigne un peu du groupe tandis que je reviens au côté de Léo, tout de même un peu gêné. Je suis plutôt fier de ce que je suis parvenu à faire seul en si peu de temps, mais devant une dame de cette époque qui doit en connaître beaucoup plus... je ne sais pas trop sur quel pied je dois danser.

- Cette pommade devrait soulager la douleur et aider tes blessures à se cicatricer plus rapidement, lui expliquais-je en lui montrant le premier bol. Préfères-tu manger d’abord ? J’ai quelques baies, des légumes ou encore de la viande de lapin. Ce n’est pas grand chose, mais c’est tout ce que j’ai pour le moment...

Aaah. Pauvre Nokomis. Léo doit vraiment le trouver cinglé, désormais.
  
MessageVen 6 Jan - 19:56
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 164Nombre de RP : 64Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

C’était donc un Mohawk ce drôle de jeune homme-là. Pas que ça dérangeait Eléonore, ni Jumbo, qui au contraire commençait à éprouver de la curiosité. En apprendre plus sur ce peuple autochtone avec un vrai Mohawk, c’était une opportunité alléchante.
Il lui poserait ses nombreuses questions une fois qu’ils mangeraient, pour ne pas l’effrayer. Quant à la jument son ignorance royale venait soi-disant d’un problème de langue. Léo hochait la tête mais Jumbo n’était pas dupe. Il pouvait presque deviner le menton relevé et le souffle énervé de ses naseaux. La jument comprenait peut-être ou non. Dans tous les cas elle refusait surtout de leur parler.
Quelle langue parlait-il alors ? Le Mohawk ? Jumbo Merlin n’était pas spécialisé dans l’anthropologie et l’étude des populations humaines ou encore dans la recherche linguistique néanmoins de souvenir il savait qu’il avait existé une multitude de langues qui disparaissaient peu à peu, plus vite encore que les dialectes asiatiques. Les États-Unis, et toute l’Amérique (du Nord, du Sud et Centrale) avait été peuplée par des peuples à la culture et à la spiritualité riches. Avant que les dénominations des villes existent telles qu’ils les connaissaient aujourd’hui, ces peuples avaient mis des mots sur leur monde. Il eut un petit pincement au cœur en pensant à ce pillage culturel, toutes ces appellations originelles disparues car incompréhensibles des colons, tous ces lieux dont on avait effacé les racines.
Le terrain devint de plus en plus vierge, perdant le chaos naturel d’une forêt pour laisser deviner une patte humaine. Une sorte d’abri forestier. Jumbo comprit une minute avant Léo. C’était un Mohawk, sa daemonne ne parlait pas l’anglais alors qu’il semblait vivre aux États-Unis. Ils devaient vivre là ! Comme des parias peut-être mais surtout comme des marginaux. Des sortes de hippies mormons qui vivaient selon l’époque. Un indien chassant encore. Cela tira un immense sourire à Eléonore. Elle aurait passé sa main dans ses cheveux si celle-ci n’avait pas été abîmée par leur précédent jeu , elle se contenta d’écarquiller les yeux.

*Dope.*

Jumbo hocha la tête. C’était de la dope comme elle disait. Encore une surprise. Il se surprit à regretter de n’avoir pas plus étudié les autochtones d’Amérique. Parce que la leçon d’histoire qui se tenait devant ses yeux était digne d’un musée. Une cabane qui ressemblait plutôt à une maison. Enfin une petite maison. Des fondations de bois et un toit d’écorce ? De peau ? Il aurait fallu se rapprocher pour voir cela de plus près. Léo siffla d’admiration. Un meuble dont l’utilité lui était inconnue était adossé à la cabane. L’œil affûté de la jeune fille remarqua aussi le jardin derrière. Un drôle de hippie décidément. Il voulait sans doute se reconnecter à la nature. Ou alors fuir le monde. Une rupture ? Un deuil ? En tout cas il se débrouillait plutôt bien.
Un feu éteint encore empli de braises rougeoyantes sous un tapis de cendres noirs et grises se trouvait en face.

« Wow c’est toi qui a fait tout ça ? »

Ils se sentirent presque en trop dans cet univers qui ne leur appartenait pas. Comme des visiteurs d’un autre temps.
Eléonore descendit doucement du dos du gorille qui en profita pour s’étirer, montrant bien involontairement l’étendue de son envergure.
Elle aurait aimé aller observer partout comme une gamine découvrant un nouvel endroit. Mais sa cheville et ses douleurs musculaires l’en empêchèrent. Il lui faudrait un peu de repos avant de redevenir la boule d’énergie qu’elle était.
Au-dessus du feu elle regarda l’espèce de viande qui était vraisemblablement en train d’y cuire.

*Ah ouais carrément il vit comme un vrai chasseur. Comment il a renoncer au nutella ? A la pizza ? Au sushi ?*

*C’est fascinant…*


Leur hôte hippie ralluma le feu habilement et partit dans la cabane. Eléonore sentait l’odeur de la viande sans avoir aucune idée de l’animal que ç’avait été. Jumbo se maudit de n’avoir pris son carnet à croquis et une mine. Ce paradis perdu avait le charme de l’histoire et dans la lumière du matin le dessin aurait été merveilleux. Il se contentait alors de tenter de photographier et d’emmagasiner le plus de détails possibles dans son esprit.
Quand il revint il tenait deux bols dans ses mains. L’un empli de pommade et l’autre de nourriture. Jumbo remarqua que ces bols étaient sculptés à la main. Il avait tant de questions. Il y avait tant de choses nouvelles à apprendre dans cet endroit… Le savoir des herbes médicinales se perdait et pourtant en apprendre plus pourrait lui être utile dans leurs études.
Il semblait gêné et la jument, décidément trop bien pour eux, s’en alla.
Il lui demanda si elle préférait manger ou se soigner. L’un aiderait l’autre. Son estomac gargouilla pour elle. Elle mettrait la pommade après. Du lapin… c’était donc ça qui cuisait au-dessus du feu. Nokomis semblait humble au plus profond de son être. Il appelait ça pas grand-chose. Eléonore se retint de rire de la chose quand Jumbo lui lança un regard noir.

*C’est pas parce que tu as l’habitude de te vanter de tout ce que tu fais que tu dois te moquer de ceux qui ne le font pas.*

*C’est bon c’est bon c’était pas méchant. Avoue que son pas grand-chose est ouf quand même.*

*Il en a peut-être pas conscience, ne le rend pas plus gêné qu’il l’est. Mais oui tu as raison…*


Elle pensait à sa propre inaptitude à produire quelque chose comme ça quand elle lui demanda curieuse.

« Tu es là depuis longtemps ? »

Puis elle se souvint qu’elle devait répondre à une question et enchaîna très vite.

« On pourrait commencer par manger, comme ça je mettrais pas de la pommade partout. Et puis je crève la dalle… enfin je meurs de faim. Je goûterai bien du lapin. C’est bizarre pour un petit dej mais c’est la journée des nouvelles expériences… Et puis sinon je te laisse me surprendre, des baies ou des légumes vu ma faim je suis pas difficile. En tout cas je sais pas comment tu peux considérer ça comme pas grand-chose. Je serais incapable de faire pareil… »

Jumbo observait la mixture et demanda de sa voix grave,

« Comment avez-vous fait ceci ? »

Il pointa son court doigt de singe vers la mixture. Son vouvoiement en opposition avec le tutoiement et le ton de Léo qui ne vouvoyait personne.
Il se rendit compte de la vague de questions qui assaillaient le jeune homme déjà pas très à l’aise.

« Excusez-nous de toutes ses questions mais c’est la première fois que nous voyons une vraie habitation des premières nations, et nous n’avons pas l’habitude ni de cette médecine ni de ce régime alimentaire. Loin de moi l’idée de juger, au contraire, je trouve ça particulièrement intéressant. Tout ce que vous avez pu faire ici … c’est ... fascinant. »

Il hésita à en dire plus mais se tut.

*Alors toi ça y est. Tu dis jamais rien sauf pour me dire de me taire et dès que y’a moyen d’apprendre des trucs de hippies on t’arrête plus.*

Elle retint un gloussement. Dire qu’il avait maugréé comme jamais à l’idée de se lever et que finalement il avait retrouvé un plaisir pour le sport et une manière de bouger particulièrement adaptée à son corps et de deux il découvrait une culture inconnue et pleine de savoirs avec un guide autochtone pour lui expliquer les choses. N’était-elle pas géniale comme daemonienne ?
Il se disait que définitivement le hasard faisait bien les choses surtout autour d’Eléonore. Il ne l’admettrait pas que c’était grâce à elle dans les jours suivant puisqu’elle le lui rappellerait une dizaine de fois.
Léo affichait un grand sourire comme à son habitude, elle aimait voir son daemon comme ça et en plus découvrir un hippie pur de chez pur avec du lapin et de baies et … c’était une très bonne journée.

  
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