Jusqu'ici tout va bien.

 
  
MessageMar 4 Oct - 3:49
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 128Nombre de RP : 53Âge réel : 20Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Il soupira, visiblement embêté. Éléonore le fixait droit dans les yeux. Jumbo regardait ses pieds, son expression était si neutre qu’elle en devenait indéchiffrable.

« En tout honnêteté je vous aime bien Mademoiselle Lovelace.»

Elle se détendit légèrement et lui sourit, provocatrice, satisfaite.

«Oh pitié ne me faites pas ce sourire là, vous savez que votre situation ne vous le permet pas. Vous me mettez dans l’embarras. Voyez-vous contrairement à Thomas je pense que vous faites du bon travail… enfin … disons que vous soignez bien le corps. Je pense notamment à … tout va bien M. Merlin ? »

Le gorille leva la tête et acquiesça.

« Vous semblez faible, vous devriez passer voir les infirmières. Bon. Je sais que c’est vous et non vous, jeune fille, qui êtes en médecine mais elle est obligée de s’occuper des patients, dû à votre condition. Cette combinaison n’est pas viable, elle fonctionne un temps, je vous l’accorde. J’en ai été témoin puisque vous vous êtes occupés de tous nos patients et qu’aucun n’est mort.», il s’autorisa un sourire puis reprit, « Mais sur le long terme je me demande si vous pourrez coopérer pour soigner des patients, en situation d’urgence par exemple. De plus j’ai noté que la situation s’est dégradée au cours du dernier mois. Vous n’avez pas de compte à rendre sur votre vie personnelle mais il me semble que vous … soyez sur une mauvaise pente… vos blessures… si je peux vous aider d’une quelconque manière.»

Eléonore reprit une expression fermée et le coupa durement.

« Non.»

Il pinça ses lèvres, son sang-froid à toute épreuve par des années d’expérience et il ajusta ses lunettes en regardant le dossier face à lui. Il aimait laisser ce silence planer, pour qu’elle se décontracte peut-être, pour lui faire oublier ce qu’il venait de dire.

« Très bien, je comprends. Mis à part ces deux choses, c'est-à-dire la difficulté de la coordination que vous avez su gérer et vos problèmes personnels qui sont de plus en plus visibles, vous avez été un bon stagiaire. Je dirai même plus et cette fois je m’adresse à vous M. Merlin vous êtes excellent et vous avez donné des diagnostics dont un stagiaire de 3ème année n’est habituellement pas capable. C’est vraiment extrêmement dommage que vous ne puissiez toucher un humain. Si je peux vous donner un conseil pour la suite de vos études, si vous continuez dans cette voie bien entendu, ce serait de vous spécialiser soit dans la recherche, soit de vous diriger vers la profession de vétérinaire. Ou même … de médecin pour daëmons, je ne crois pas en avoir entendu parler, vous auriez champ libre… il se tourna vers Eléonore  « En fait le principal problème vient de … votre comportement et non de votre compétence même si je doute fort que vous ayez assisté à beaucoup de cours. Vous avez réussi à vous adapter malgré vos lacunes à propos du strict examen. Cependant être médecin c’est bien plus que de s’occuper d’un corps. Et même s’occuper d’un corps je ne sais pas si ça vous plaît mademoiselle. Votre comportement est le fond du problème.»

Éléonore leva les yeux au ciel. Il réprima un rire face à cette gamine immature qui pourtant par son cran et son sourire l’avait séduit. Pour Éléonore, ça lui rappelait les professeurs et les directeurs paternalistes qui lui servaient ces discours lorsque ces notes baissaient ou qu’elle avait dépassé les limites de leur tolérance.
Il s’en rendit compte et essaya de nuancer son propos,

« Nous sommes deux … pardon trois adultes. Comportez vous comme quelqu'un de votre âge, je ne suis pas un parent qui dispute son enfant. J’espère que ce que je vais vous dire ne va pas être une découverte pour vous. Vous ne savez pas vous occuper de quelqu’un dans le sens l’assister, l’accompagner, l’aider, le rassurer, lui parler, lui inspirer confiance … je ne sais pas si j’ai vraiment les mots. Disons qu’être médecin c’est un métier social, d’interaction, vous soigner les gens et pas seulement la machine qu’est leur corps. Vous ne pouvez juste vous contenter d’être une sorte de garagiste d’humain. Et vous manquez cruellement de cette sensibilité-là. N’interprétez pas mal ce que je vous dis, vous êtes un être sensible … oui oui malgré votre sourire provocateur et votre nonchalance, peut-être moins sensible que les autres mais vous restez humaine. Sauf que vous ne savez pas vous occuper des gens. Vous savez écouter quand vous vous en donnez la peine, vous êtes quelqu’un de logique et de relativement intelligent quand vous voulez. Et vous êtes capable de vous débrouiller et de vous adapter. Sauf que ce sont des caprices de votre part, vous ne faites que très peu d’efforts d’adaptation et manquez cruellement d’empathie ce qui est vital pour un médecin. » Il s’arrêta et sembla réfléchir un instant « Voyez-vous je suis dans le flou, j’ai un peu de mal à vous cerner dans votre rapport aux autres. Ne vous moquez pas, c’est important de cerner cette partie de votre personne pour écrire votre rapport de fin de stage. Je pense que vous avez du mal à comprendre les autres parce que vous avez du mal à comprendre les émotions, à les ressentir. Je me demande même si vous ne seriez pas atteinte de… bien sûr ce serait un terme à utiliser avec précaution mais d’une certaine forme d’autisme. Une forme très légère puisque vous savez vous adapter en société. Le fait que vous soyez deux est une force incroyable puisque vos connaissances se complètent. Vous connaissez les normes sociales, vous êtes intuitive, sociable mais totalement insensible. Je m’égare peut-être mais vous semblez avoir appris comment vivre en société sans pour autant en comprendre le sens. Vous pouvez déchiffrer l’état d’esprit et les sentiments de quelqu’un sans être capable de les partager. Ai-je tort ? »

Éléonore était mutique, Jumbo avait relevé la tête, très intéressé. D’ailleurs elle n’était pas que mutique, elle était pâle comme un linge.

« Il me semble avoir visé juste. Vous pourriez … faire des tests pour confirmer cette idée. Il est très possible que je me trompe, c’est juste une pensée que j’émets. Vous savez que les médecins aiment souvent trouver une solution, une explication à ce qu’ils ont en face d’eux. Je n’échappe pas à la règle. Vous m’intriguez. Après tout j’ai peut-être faux sur toute la ligne, c’est une armure que vous vous êtes donnée au fil des années et non un trouble. Je serai curieux de voir comment vous étiez enfant. Aujourd’hui vous me faites penser à un mélange de Sherlock Holmes, vous avez vu la série ? Je suis un grand fan. Mais aussi d’Harley Quinn, vous savez le personnage de comics. Ou un mix des deux, comme le joker. Insensible et léger, intelligent et toujours dans la recherche de plaisir avec son propre cadre de morale. » il eut un petit rire encore une fois et elle sourit avec lui « Ah vous vous déridez un peu… ce n’est pas très agréable de se faire déchiffrer comme ça n’est-ce pas? Vous n’avez pas l’habitude, vous avez dû rejeter les psychiatres que vous envoyait votre père depuis toute petite. Ne faites pas l’étonnée, bien sûr que j’ai deviné qui il était. Et non je n’allais pas le dire à mon collègue qui vous aurait traité différemment, il est fan de votre père comme pas mal de monde. Revenons à nos moutons. Il est très possible que vous souffriez de léger autisme comme il est très possible que vous n’en souffriez pas. De nombreux médecins exercent tout en ayant ce trouble mais vous … vous ne combattez pas contre ça parce que … vous n’avez pas envie d’être médecin je me trompe ? C’est pourquoi je suis dans l’embarras d’abord vous concernant Mlle. Lovelace. D’un côté vous n’avez pas les connaissances requises, vous manquez d’empathie et de volonté, vous n’arrivez pas à accompagner les patients et vous vous en … pardonnez mon langage, fichez comme de l’an quarante. De l’autre votre manque de compétence est balancé par votre daëmon, vous comprenez vite et vous vous débrouillez en toutes circonstances. Si vous le vouliez vous pourriez devenir un bon médecin, mais j’ai le sentiment que ce n’est pas votre voie. Vous concernant M. Merlin ne vous croyez pas exempt de toute critique car je suis tout aussi partagé à votre sujet. Vous êtes brillant, vous le savez malgré votre modestie. Vous êtes … je dirai presque un génie. Mais votre comportement est aussi inadapté. Je ne sais si c’est de la timidité ou si vous n’éprouvez pas le besoin non plus de vous occuper de vos patients mais seulement de leur corps, en tout cas comme je l’ai dit pour votre … votre humaine ça ne peut pas fonctionner. Vous ne pouvez pas rester en retrait comme ça. Votre apparence est peut-être un fardeau pour qu’on puisse vous faire confiance… tout comme Mlle Lovelace qui n’aide pas de ce côté-là à paraître responsable, alors vous devez prendre les choses en main. Au pire... jouez-en ! On vous écoutera d’autant plus si vous parlez. Je sais que la médecine vous intéresse mais je ne sais pas si être médecin vous plairait. Plus personnellement je m’inquiète pour vous. Je ne suis pas vétérinaire mais vous présentez des signes de sous nutrition évidents, de fatigue, je pense que vous devriez voir un spécialiste, peut-être même vous faire hospitaliser. Qu’en pensez-vous ? »

Jumbo Merlin ne pipa mot. C’était la première fois qu’on s’inquiétait, qu’on lui demandait comment il allait. Éléonore se sentait dépassée pour la première fois. Elle éprouvait une sorte de jalousie, de colère, voulait-il la faire culpabiliser ? Elle essayait de le faire manger ! Elle avait essayé de lui faire retrouver le sourire.

« Faites attention de nombreuses maladies mentales arrivent sans qu’on y prenne garde, il faut être vigilant. La dépression touche énormément de gens ces jours-ci et les daëmons ne sont pas différents des humains à ce niveau. » il s’arrêta, conscient que ça faisait beaucoup d’un coup. « Je vais vous faire passer ce stage. »

Les épaules d’Éléonore s’affaissèrent et elle regarda Jumbo qui avait dans le regard un merci humide pour le médecin. Ça y est. Ça y est. Le cauchemar était fini. Voilà ce qu’elle se disait. Elle était même… étrangement, fière. Sur le moment elle oublia tout ce qu’il venait de dire.

« C’est une faveur que je vous fais parce que je pense que vous en avez besoin. Je crois en vous, même si vous n’y croyez pas et même si vous ne comprenez pas encore. Je ne pense pas que la médecine soit faite pour vous à long terme. Pour aucun de vous deux. Prenez-vous une pause bien méritée. Allez sortir, voir des amis, éloignez-vous de l’hôpital pour un temps, réfléchissez à ce que vous voulez vraiment faire. Vous n’êtes pas aussi désarmés que vous le pensez. Et surtout allez consulter un psy. Chacun de vous ! Et séparément ! J’aimerais vous aider plus mais … »

« C’est bon doc’ on a compris on porte la misère du monde sur nos épaules alors on part en vacances ! Vous ne nous reverrez pas de sitôt ça c’est sûr ! »

Le médecin la transperça du regard, il savait déjà qu'elle n'en ferait rien. Il espérait au moins que tout ce qu'il lui avait dit n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

« J'aimerais vous aider plus mais vous ne voulez pas de mon aide. M.Merlin mangez ! Et vous mademoiselle c'était malgré tout un plaisir de travailler avec vous, vous m'avez fait rire plus d'une fois… Bonne continuation. J'espère que tout va bien aller pour vous. Repassez me voir de temps en temps! »

La jeune femme disparaissait déjà sur le pas de la porte mais Jumbo resta une seconde à regarder le docteur.

« Merci. »

« Je vous en prie. Essayez de survivre et de passer ce moment difficile. Dites vous que ce n'est que passager. Elle s'y refuse mais elle va grandir … bientôt. »

Jumbo hocha la tête sans y croire mais en l'espérant.

***

Éléonore rayonnait littéralement. Avec la fin de ce stage elle était convaincue que c'était la fin de ses problèmes. Déjà depuis quelques jours elle avait presque lâché l'affaire à l'hôpital. Elle irait un de ces quatre attendre le Thomas infernal à la sortie pour l'effrayer un peu. Le samedi soir de la semaine d'avant elle était sortie dans un bar. Et forcément ses oreilles traînant, les affaires avaient repris, toujours en fouine, furetant partout, un gros coup ne lui avait pas échappé. Un tellement gros coup qu'elle n'en avait entendu que des bribes secrètes. Elle n'en avait pas parlé à Jumbo mais avait mené sa petite enquête. Ça lui mettait du challenge, quelque chose de gros, pour penser à autre chose.
Le soir même elle repensa aux paroles du médecin, elle aussi aimait trouver des solutions, mais elle n'était pas médecin. Elle aimait le challenge de cette énigme parce qu'il fallait trouver où qui quoi. Ce même soir le puzzle se finissait et les pièces s'emboîtaient. Où? Un bateau au large. Quoi ? Des sérums uniques pour les daëmoniens le pensait-elle. Mais rien n'était moins sûr. Au pire si c'était juste des sérum-armes ça ne la dérangeait pas, ça l'intriguait. Elle aimait cet inconnu, elle aimait avoir des choses uniques et utiles. Une vieille manie de riche qu'elle ne s'avouait pas. N'importe quoi d'autre l'aurait laissé indifférente. De l'argent? Pas la peine. De la drogue? Elle ne comptait pas devenir baron de la drogue et si elle en voulait elle pouvait en avoir sans pour autant galérer. Des armes? Pour quoi faire? La vraie question c'était … qui? Elle avait cru comprendre que ce bateau disposait d'une salle dont les parois étaient anti-don. C'était une technologie du Conseil. Dont elle avait fait les frais. Cette salle était bien sûr l'endroit qui l'intéressait. Ils avaient la technologie du Conseil, peut-être étaient-ils ou avaient-ils été reliés? Le qui était la pièce du puzzle la plus floue, celle qui torturait sa curiosité mais dont elle n'avait pas besoin. Maintenant elle devait organiser ce vol dangereux et de grande envergure dont personne ne parlerait et qui risquait de la transformer en cible.
Elle savait naviguer, Jumbo l'aiderait. Elle pouvait neutraliser les gardes grâce à son don. Ou tout simplement les éviter mais ils verraient son bateau. Elle devait absolument passer incognito si elle voulait éviter qu'ils ne la recherche plus tard. Elle louerait donc un bateau. Mais comment rentrer dans cette salle? Elle avait retourné le problème dans tous les sens. Même avec l'aide de Jumbo, accoster, neutraliser les nombreux gardes armés, rentrer dans la salle, c'était impossible. Éléonore aimait le risque mais n'était pas stupide. Bon si elle l'était mais elle n'avait pas réellement envie de mourir si elle pouvait l'éviter. Il lui fallait un troisième larron. Qui savait ce qu'il faisait. Quand elle s'en était rendue compte elle avait cherché une pointure qui accepterait les risques. En demandant à ses « informateurs » elle avait trouvé une perle rare qui se cachait … dans la forêt.
Kailiana E. Hale. Non recensée. Éléonore n'avait aucun préjugé. Par contre son daëmon était un loup. Ce qui était vraiment la classe. Il fallait aller la chercher. Normalement Éléonore avait fait passé le message par un autre non recensé qui ne vivait pas trop loin et avec lequel elle avait sympathisé. Elle viendrait le dimanche après-midi pour une offre.
Le dimanche midi elle était prête, elle avait épluché son dossier, réfléchi à quoi proposer en échange. Et elle avait acheté des amandes et des raisins secs à Jumbo Merlin. Elle tentait de le faire manger par tous les moyens, ces petites graines faciles à transporter et à manger seraient peut-être la solution …
Une femme d'affaire était née? Non vraiment pas. Elle n'en avait ni l'allure ni l'attitude. Pour une fois cependant elle était préparée. Cela lui avait plu et elle s'était impliquée. Jumbo avait même repris un peu de poids. Une mauvaise pente elle? N'importe quoi! Cependant ça lui restait en tête, les paroles du médecin. Elle n'arrivait pas à les effacer. Et au fond d'elle restait cette colère. Avant elle l'aurait balayée d'un geste, ces derniers temps c'était impossible. Avant elle n'aurait accordé aucune importance aux leçons de son supérieur. Aujourd'hui elle refusait de s'y attarder tout en y repensant sans cesse. C'était comme une pensée parasite toujours dans un coin de tête. Si c'était ça grandir, si c'était se prendre la tête et penser et douter constamment elle choisissait de ne pas grandir et de rester comme elle était. Était-ce au moins possible?

Eléonore s'était déplacée jusqu'à la forêt dans l'ancien campement des parias. Elle y était déjà allée quelques fois lors des anciens événements, y revenir était étrange. On comptait sur les doigts d'une main les gens qui savaient que des non recensés y vivaient encore, et c'était pour le mieux. Léo avait des contacts. Cela n'avait pas été tâche aisé de trouver où sa voleuse se cachait. Elle coupa le moteur du pick-up quelques centaines de mètres plus loin et avec Jumbo à sa suite elle se dirigea vers le campement illégal. Elle avait une drôle d'allure dans cet endroit. Malgré son aspect jem'enfoutiste sa tenue était réfléchie. Bien trop « luxueuse » pour un endroit dans les bois, bien trop urbaine et peu utile pour une vie en campement. Cheveux attachés en arrière, un haut en dentelle blanche, une veste en jean, un mini-short et des bottes, seul accessoire pratique en forêt. Des bagues aux doigts, un piercing à l'oreille, une chaîne et pour une fois depuis longtemps elle s'était maquillée. En fait elle avait arrêté le dernier mois de son stage et ces deux derniers jours elle en profitait pour remettre des fringues qu'elle trouvait classe. Elle voulait sortir complètement de l'hôpital, oublier cette période, et pour cela elle aimait se déguiser en quelqu'un d'autre. En une jeune femme que son père aimerait voir. Mais dans son regard et dans ses gestes elle restait la même. Irrévérencieuse et insolente.

« Kailiana? »

Elle espérait bien que c'était la bonne mais c'était celle qu'on lui avait indiqué. Elle avait le regard suspicieux, son cerveau jaugeant déjà la femme devant elle, et un sourire. Après tout c'était une bonne journée, elle se sentait relativement bien. Ces deux derniers jours lui avaient donné espoir.
Et si elle ressentait de l'espoir elle ne pouvait être insensible. Elle ne pouvait pas être autiste. Elle n'était pas malade. Jumbo non plus. Ils s'en étaient sortis et tout allait bien.
Jumbo était en retrait, il ne se montrait pas. Pas encore. Et se contentait de grignoter des amandes sur une branche à quelques mètres.
Elle voulait faire des trucs dangereux et cons c'était son problème, au moins elle faisait quelque chose autre que se battre sur un ring. Et en plus elle allait chercher de l'aide. Ça ne lui plaisait pas qu'elle veuille faire ce coup mais ç'aurait pu être pire. Il l'accompagnait parce qu'il était obligé, c'était ses histoires, il ne s'en mêlerait pas, il avait donné. Elle voulait un truc? Elle n'avait qu'à aller le chercher. C'était ce qu'elle faisait. Tant mieux. Lui il profitait de cette journée. Il espérait qu'il ne pleuvrait pas.
  
MessageMer 12 Oct - 18:54
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Kailiana E. Hale
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Nous ne faisons pas de nouvelles rencontres par accident. Elles sont destinées à croiser notre chemin pour une raison.


Aux premières lueurs de l'aube, Kailiana se glissa silencieusement dans l'ancien camp des Rebelles. Aucune brindille ne craquait sous son pas, traduisant son habitude de se déplacer dans les bois. Les rayons du soleil levant commençaient à percer dans les trous de l'épais feuillage des arbres de la forêt. La jeune femme savait que le bruit ne tarderait pas, qu'il exprimerait l'éveil de la forêt et de ses habitants. Elle appréciait le calme de cet environnement, elle pouvait s'entendre penser et réfléchir autant qu'elle le voulait. Son loup la suivait comme son ombre, éreinté par la longue nuit mais les yeux brillants d'un plaisir indescriptible. Un plaisir comme seul le fait de risquer sa vie ou sa liberté peut en procurer. Plaisir qui se répercutait sur le lien qui liait le loup à l'humaine. Elle appréciait cette partie là du boulot, voir Murmure heureux.

Elle retira l'élastique qui maintenant ses longs cheveux attachés et secoua doucement la tête, les éparpillant ainsi sur ses épaules. Murmure s'allongea sur sa paillasse composée en majorité de bruyère. Il avait l'intention de faire une sieste, voire peut être carrément sa nuit. Kailiana choisit de manger un morceau. Elle s'était arrêtée sur le chemin du retour pour acheter à manger, même si ce n'était qu'un sandwich. Ça lui suffisait. Dès qu'elle sentit à travers le lien que son loup s'était endormi, elle eut une légère once de remord en pensant qu'elle allait le réveiller dans très peu de temps. Il serait probablement d'humeur massacrante, le temps d'émerger complètement, puis il se ferait une raison et repartirait aussi gaiement qu'auparavant. Elle avait volontairement oublié de lui préciser qu'ils iraient chercher l'autre partie de leur paiement dès la mission accomplie.

Kailiana jeta un regard évaluateur de l'endroit où ils vivaient, Murmure et elle. Ils avaient trouvé refuge ici, sachant qu'ils y trouveraient de quoi vivre correctement, hormis la nourriture. Nourriture qu'elle payait avec l'argent des missions. Elle cachait le reste où seuls Murmure et elle le savait. Leur environnement immédiat n'était pas du luxe, mais ils y étaient à l'abri, et seuls. Ils auraient tous les deux préférer continuer à vivre dans leur appartement, mais leur refus du recensement les avait conduit ici. Quelquefois, elle regrettait son choix. Mais elle se souvenait alors des raisons qui l'avaient conduite ici.

Elle s'accorda le luxe de dormir une heure puis elle émergea, alors que le soleil était désormais complètement levé. Une fois Murmure sortit du sommeil, pendant qu'il râlait tant qu'il le pouvait, ils se rendirent au point de rendez-vous où elle récupéra l'argent qui lui revenait de droit. Puis elle repartit, Murmure sur ses talons qui continuait à l'incendier mentalement.

« Tu devrais te taire, tu vas user les mots, à force ! » se moqua-t-elle.

Cela eut pour effet de vexer Murmure, ce qui la fit rire. Ils se promenèrent toute la mâtinée, poussèrent jusqu'à la plage et observèrent la mer un long moment tout en discutant. Cela les ressourça l'un et l'autre, ça ne leur était pas arrivé depuis longtemps. Ils grignotèrent quelques fruits sur le chemin du retour. Kailiana se changea avant de se poser tranquillement afin de s'exercer un peu avec son don. Murmure s'était prudemment écarté, au cas où, même s'il lui faisait bien plus confiance aujourd'hui qu'auparavant pour ne pas détruire leur tanière. Elle était plantée au milieu de la pièce.

Alors qu'elle était en train de se laisser envahir par son pouvoir, le ressentant dans toutes les fibres de son être, une voix l'interpella.

« Kailiana ? »

Qui osait la déranger ici ? Murmure ne l'avait pas averti mais il lui signifia mentalement qu'il avait jugé ça inutile, puisque la fille ne présentait aucun signe d'agressivité ni l'odeur caractéristique de celui qui vient en ennemi.

La jeune femme se retourna lentement avant de détailler la nouvelle venue. Une dæmonienne. D'environ quelques années plus jeune qu'elle peut être. Et un dæmon dont Murmure sentait la présence mais que ni lui ni Kailiana ne voyaient. Ni ne cherchaient. Il ne sembla pas agressif, aussi Kailiana fixa son regard sur la fille. Soignée ? Non. Probablement pas obsédée par son apparence. Un bon point pour elle, Kailiana détestait les filles pour qui seule l'apparence comptait.

Cela dit, elle était quand même venue la déranger jusqu'ici.

« Ça dépend qui la demande. » répondit-elle froidement.

Elle jaugeait la nouvelle venue comme cette dernière le faisait avec elle. Sans gêne. Sans arrêt. Murmure s'approcha de sa dæmonienne. Il hésitait entre curiosité et agacement, bien qu'il n'appréciait pas non plus l'intrusion.

« Qu'est-ce que tu fais ici, fillette ? » fit Kailiana.

Elle espérait qu'elle s'en irai vite.
  
MessageSam 22 Oct - 19:26
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Apparemment son message n’était pas passé puisque la jeune femme en face d’elle aurait dû savoir que Léo viendrait. Obviously ce n’était pas le cas. La prochaine fois elle ferait les choses elle-même…
Le regard inquisiteur, sans gêne et pourtant qui faisait ressentir Éléonore comme un moustique dérangeant dans cet espace, scruta des pieds à la tête notre jeune femme. Cela eut pour effet de plaquer un sourire carnassier sur son visage. Elle aimait singulièrement les défis.
Elle allait jouer le jeu.
A la question agressive sur son identité Éléonore ne répondit pas tout de suite, campée sur ses deux jambes, le menton relevé. Elle avait tellement eu l’habitude que les gens la jugent qu’elle sentait le trop plein de confiance à plein nez. Elle croyait en elle pour chaque personne qui n’y croyait pas. Et ça faisait beaucoup.

« Qu'est-ce que tu fais ici, fillette ? »

Éléonore soupira, puis laissa échapper un rire. Pour qui se prenait-elle ? Une grand-mère sage qui connaissait la vie, une personne mature et méprisante ?

« Il semblerait que le message ne soit pas passé… j’ai pourtant prévenu que je me pointerai. Bon je vais pas prendre trop de ton si sacré temps à méditer dans la nature, chasser sangliers et cueillir des mûres. A moins que tu ne sois trop vieille pour toutes ces choses puisque je suis apparemment une gamine. Bref, j’ai un deal pour toi. Je vais donc aller direct au but : le prix c’est un logement et pas d’autorités pour te faire chier avec. Ça te changera de la cabane dans la forêt. Et quand je dis logement c’est tout compris. Même l’eau chaude. Et en plus de ça je peux te faire faire des faux papiers. Et si ça suffit toujours pas si on réussit le vol tu pourras prendre un pourcentage. Minime mais c’est toujours ça. Bon sinon je peux te rajouter un salaire monétaire ou des vacances aux Caraïbes mais ça devrait suffire. Ça c’est pour mon prix. Pour le deal en lui-même j’ai besoin de toi sur quelque chose de dangereux. Un vol à haut risque, on travaillerait à deux… à trois avec MJ, j’avais besoin de capacités particulières et ta réputation t’a suivie. J’ai un peu galéré pour te trouver mais bon me voilà. J’ai enfin fini mon stage donc ça serait cool qu’on se fasse ça dans pas trop longtemps. D’ici une semaine ça devrait être bon. A voir avec le temps qu’il fait. Bref je t’en dirais plus si tu marches. Si tu doutes je peux appeler tout de suite celui qui gère ton appart, tu peux emménager dès ce soir d'ailleurs. Alors ? »

Éléonore avait passé la balle ce n’était plus à elle de jouer, elle se mit donc à inspecter le logement. C’était marrant, vivre comme ça en mode campeuse. Un peu trop rudimentaire à son goût. Elle se dit qu’elle avait oublié de mentionner qu’il n’y aurait pas de délai de réflexion, c’était maintenant ou jamais aussi extrême cela paraissait.
Jumbo Merlin un peu plus loin, avait les yeux fermés et écoutait les bruits de la nature. Il avait entendu l’autoritaire Léo qui ne devait pas effrayer une mouche et qui n’avait pas l’allure de ce qu’elle disait. Une fillette qui sortait d’un stage venait parler d’un truc dangereux, de vol… comment pouvait –elle être prise au sérieux ? Et pourtant elle avait bien joué. Son atout c’était le prix qu’elle proposait. Il faillit se lever et se dit qu’il la laisserait gérer toute seule. Il appréciait ce moment, cela faisait longtemps. Elle n’allait pas le lui enlever.
Léo finalement s’était assise en tailleur et regardait Kailiana. Incapable ou presque de deviner les émotions sur un visage humain il lui fallait se contenter d’attendre une réponse claire et directe.
Puis elle focalisa son attention sur le loup. Elle adorait les loups, cet espèce de mélange entre le fauve et le chien.

« En tout cas stylé le loup … »

Elle était un peu comme ça Léo, elle prenait mal le fait qu’on l’appelle fillette, s’énervait puis redevenait fascinée par autre chose et faisait une réflexion ingénue. Une vraie gamine… susceptible en plus. Malgré son air je m’en foutiste elle espérait vraiment que cette femme accepte. Elle avait un plan B, plusieurs personnes pourraient éventuellement faire l’affaire mais c’était celle-ci qu’il lui fallait. Manquait plus qu’elle morde à l’hameçon.
Et pas trop tard, Léo avait bien envie d’aller voir un cinéma avec double ration de pop-corn. Il ne faisait plus si chaud, c’était le moment idéal. Elle lança une petite prière mentale pour qu’il ne pleuve pas. La boue et la pluie dans cet endroit ça devait être un enfer. Elle se souvenait d’une nuit qu’elle avait passée dehors sous la pluie… un cauchemar… qui avait fini par un bon gros rhume. Mais au moins elle avait évité la pneumonie. A cette époque JM pouvait encore se transformer, il avait été un petit rat toute la nuit. Et elle s’était retrouvée dans la peau d’une clocharde pour une des premières fois de sa vie.
Ça lui donna envie d’allumer une clope.

HRP:
 
  
MessageSam 5 Nov - 14:57
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Kailiana E. Hale
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Nous ne faisons pas de nouvelles rencontres par accident. Elles sont destinées à croiser notre chemin pour une raison.



La jeune fille ne s'en allait toujours pas. Et elle ne répondait pas non plus, continuant à observer Kailiana. Enfin, elle prit la parole.

« Il semblerait que le message ne soit pas passé... j'ai pourtant prévenu que je me pointerai. Bon je vais pas prendre trop de ton si sacré temps à méditer dans la nature, chasser sanglier et cueillir des mûres. A moins que tu ne sois trop vieille pour toutes ces choses puisque je suis apparemment une gamine. Bref, j'ai un deal pour toi. Je vais donc aller direct au but : le prix, c'est un logement et pas d'autorités pour te faire chier avec. Ça te changera de la cabane dans la forêt. Et quand je dis logement, c'est tout compris. Même l'eau chaude. Et en plus de ça je peux te faire faire des faux papiers. Et si ça suffit toujours pas si on réussit le vol tu pourras prendre un pourcentage. Minime mais c'est toujours ça. Bon sinon je peux te rajouter un salaire monétaire ou des vacances aux Caraïbes mais ça devrait suffire. Ça c'est pour mon prix. Pour le deal en lui-même j'ai besoin de toi sur quelque chose de dangereux. Un vol à haut risque, on travaillerait à deux... à trois avec MJ, j'avais besoin de capacités particulières et ta réputation t'a suivie. J'ai un peu galéré pour te trouver mais bon me voilà. J'ai enfin fini mon stage donc ça serait cool qu'on fasse ça dans pas trop longtemps. D'ici une semaine, ça devrait être bon. A voir avec le temps qu'il fait. Bref, je t'en dirais plus si tu marches. Si tu doutes je peux appeler tout de suite celui qui gère ton appart, tu peux emménager dès ce soir d'ailleurs. Alors ? »

Kailiana et Murmure écoutaient parler la jeune fille. Elle débitait ses paroles à un rythme impressionnant, ce qui faisait sourire intérieurement le loup. N'avait-elle pas un peu de temps devant elle ? Mais l'un comme l'autre étaient intéressés par le contenu des paroles, même si Kailiana ne le montrait pas. Un deal, ok. Ce qui était assez étonnant, c'est que la fille commence par le prix. La plupart des fréquentations criminelles de Kailiana commençaient par ce qu'ils attendaient d'elle, et pas par le prix qu'elle tirerait du coup exécuté.

« Elle doit vraiment vouloir que ce soit nous qui l'aidions pour augmenter et augmenter encore son prix. » commenta mentalement Murmure.

Kailiana était d'accord. La fille augmentait son prix à vu d’œil, ajoutant des choses que Kailiana trouvait ironiques. Un logement ? Kailiana parcourut du regard son « logement ». Une espère de petit renfoncement naturel auprès de la falaise. Un petit lit de camp tout au font, quelques planches de bois assemblées par Kailiana à côté faisait office de placard dans lequel elle rangeait quelques vêtements de rechange et quelques objets de première nécessité. Ni table, ni chaise ni autre objet de ce genre là. Elle ne s'inquiétait pas pour l'eau ni pour la nourriture, elle subtilisait ce dont elle avait besoin au moment opportun et trouvait souvent quelques fruits sur les arbres et buissons de la forêt. Un lit de bruyère faisait office de couchage à Murmure, qui adorait ça. Rien de luxueux, il fallait bien l'avouer. Mais la rivière près d'ici lui servait à se laver. L'entrée était dissimulée par des ronces, ne laissant qu'un petit passage, de sorte qu'on ne pouvait pas tomber dessus par hasard. Ils n'étaient pas souvent dérangés. Mais qui savait où chercher la trouvait aisément, c'est pourquoi elle et Murmure faisaient toujours attention à ne pas être suivis.

Après, elle parla du deal. Un vol, assez gros apparemment.Alors comme ça, ma réputation me suivait... Une information intéressante, à garder en tête. Mais ça risquait de vouloir dire d'autres visites de ce genre. Kailiana secoua doucement la tête, l'air ennuyé. De toute façon, elle ne pouvait pas plus agir dessus que son Loup, c'était fait. Et puis, ça prouvait au moins qu'elle était douée dans quelque chose !
Cela dit, le vol l'intéressait bien. Le prix aussi pour être franche. Elle savait que pour récupérer tout ce qui lui appartenait, il lui suffisait de se recenser, mais pour l'instant, elle refusait. Pourtant l'eau chaude était d'un tel attrait... Et elle devait bien avouer que le fait que cette fillette la traite de vieille ne lui plaisait pas particulièrement. Mais elle devait bien reconnaître que la fillette en question savait bien se défendre et ne se démontait pas. Une belle qualité selon elle. Elle pourrait aller loin, avec un peu de maturité. Elle n'avait pas peur de se frotter aux mauvaises personnes. Ça par contre, ça pourrait lui causer de sacrés problèmes. Enfin, ce n'était pas le sien. L'esprit de compétition de Murmure s'était réveillé et il mourrait d'envie de montrer à l'inconnue qu'ils n'étaient pas trop vieux pour s'amuser un peu. Il était partant pour le coup à deux cent pour cent, prix ou non à la clé, simplement par esprit de compétition et pour transgresser des limites.

L'inconnue s'assit en tailleur sur le sol et observa Murmure.

« En tout cas stylé le loup... »

Kailiana fut surprise de la remarque et Murmure eut une fameuse envie de lui répondre que le loup avait un nom. Elle se retînt simplement. Si elle commençait à s'attacher à ce genre de détail, elle n'irait pas loin. D'autant qu'elle prit ça pour un compliment malgré la formulation utilisée par l'inconnue.

Elle hésita un instant.

« Avant qu'on discute, tu pourrais peut être te présenter, fillette. Ainsi que ton dæmon. On appelle ça être civilisé. Plutôt étonnant que ce soit une femme qui vit dans les bois qui t'apprenne ça. »

Elle attendit que l'inconnue se présente, puis enchaîna.

« Le prix m'intéresse grandement, je te l'accorde. Un logement sans être inquiétée par les autorités. Techniquement, je pourrais me débrouiller moi-même pour obtenir des faux papiers mais puisque tu le proposes si gentiment, je vais te laisser te mouiller à ma place. Je t'en remercie d'avance. Pour les vacances aux Caraïbes, non merci, ça ira. Et oui, je prendrais un petit pourcentage du prix, simplement parce que si on partage le vol, on en partage le fruit. Quant au vol en lui-même, j'ai besoin d'informations plus poussées et que tu m'expliques pourquoi tu as besoin de moi exactement. Si ça te convient, alors nous marchons. Ah, et tu vas aussi m'expliquer qui est MJ. Je ne fais pas confiance à quelqu'un parce qu'une autre personne me dit que je peux lui faire confiance. »

Kailiana sentit la joie de Murmure affluer en elle ainsi qu'une émotion qu'elle connaissait bien, l'impatience. Mais en surface, le Loup était tout ce qu'il y a de plus calme. La jeune femme réfléchit à ce qu'elle obtiendrait et songea que, peut importe les risques, ça vaudrait le coup. Rien que pour éviter à une fille immature mais courageuse de finir en taule ou pire. Un jour, il faudrait qu'elle cesse de vouloir jouer au bon samaritain avec les gens, ça finirait par la perdre. Elle devait bien avouer qu'elle doutait un peu de l'intruse mais de toute façon, elle ne fonçait jamais les yeux fermés, elle pourrait repérer le piège si piège il y avait. Elle l'avait déjà fait plusieurs fois.

Mais elle semblait être honnête, bien qu'imprudente. L'intuition de Kailiana la trompait rarement à ce sujet, aussi décida-t-elle de lui faire confiance. Elle s'approcha de la fille et s'assit en tailleur en face d'elle. Murmure s'assit à côté de sa dæmonienne, curieux d'entendre ce que la petite humaine intruse attendait d'eux.

« Nous t'écoutons. »


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MessageMar 8 Nov - 17:07
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Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 128Nombre de RP : 53Âge réel : 20Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

« Avant qu'on discute, tu pourrais peut être te présenter, fillette. Ainsi que ton dæmon. On appelle ça être civilisé. Plutôt étonnant que ce soit une femme qui vit dans les bois qui t'apprenne ça. »

Vexée comme un pou et secrètement ravie d’être mise en challenge elle appela Jumbo mentalement. Silence radio. Elle avait encore oublié leur connexion rompue. Elle fronça un sourcil se demandant comment la jeune femme avait su qu’elle était dæmonienne. Elle n’avait rien dit à ce sujet… était-ce si évident ?
Faute d’appel mental, elle appela en vrai.

« Comment tu sais que … bref … HEY MISTER JUMBO JE TE DÉRANGE DANS TA SIESTE MAIS TU POURRAIS QUAND MÊME TE PRESENTER À LA DAME … »

Il ouvrit un œil, savoura un dernier instant de paix et se leva lentement, son corps s’étirant jusqu’à atteindre son ampleur habituelle. Il se dirigea vers le campement, obscurcit le soleil par l’entrée et se baissa. Toujours sans un bruit il se posa lourdement à côté d’Éléonore. Il donnait une impression de force calme et de fragilité au deuxième abord, à l’observation plus poussée. Mais du premier coup d’œil il paraissait juste menaçant et massif. Elle le regardait l’air narquois.

« Et après c’est moi qui est impolie. Ta réputation de gentleman va en pâtir. »

« Enchanté, je suis Jumbo Merlin. Et vous ?»

Comme d'habitude, il parlait avec la politesse qui le caractérisait et s'adressa directement au loup. Eléonore ne savait pas son prénom et avec son tact habituel n'avait pas pensé à lui demander. Et l'avait appelé "Le loup" comme un vulgaire animal de compagnie. Ce n'était pas de la méchanceté puisqu'elle appelait souvent Jumbo "Le gorille", juste de l'indélicatesse.

« Je suis Eléonore. J'ai 21 ans et je suis en … troisième ? Oui troisième année de médecine, je vais passer en quatrième année. » une ombre passa sur son regard « Je parle français et anglais, je suis pas très difficile niveau nourriture et je sais faire du vélo sans les petites roues. »

Elle arborait un grand sourire. Mais plus sérieusement elle reprit son rôle puisqu'après tout elle essayait d'être prise au sérieuse et ce n'était peut-être pas le moment de faire de l'humour.

« J'ai pas grand chose à présenter sur moi, je traîne dans des milieux pas très fréquentables depuis un moment et j'ai entendu parler de cette opportunité. Je suis accro à l'adrénaline et j'ai bien besoin de me défouler et de faire un truc ces derniers temps. Là l'affaire est grosse, risquée et si elle cache bien ce que je pense elle vaut le coup. J'ai pas mal de défauts mais je mens pas. Ça ira niveau civilisé ? Parce que sous le coude j'ai rien d'autre j'aurais kiffé être une sorte d'avenger ou catwoman mais c'est un peu raté. »

Kailiana restait debout, assurant ainsi une retraite possible et un non engagement. Autant Eléonore avait du mal à décerner les émotions des gens autant elle savait comment on fonctionnait en affaires. La balle n'était pas vraiment dans son camp, même si les apparences le laissaient penser. A ce point de la discussion Eléonore avait avancé ses atouts et avait déjà convaincu ou non. Le déséquilibre entre la position assise et debout montrait fortement ce rapport de force. En réalité Eléonore n'avait qu'à attendre. Cela aurait pu la saoûler mais elle était pendue aux futures paroles de Kailiana. Prenant son mal en patience ses doigts pianotaient sur ses cuisses. Jumbo était immobile, seul son regard observait et enregistrait le logement sommaire, le daemon, la jeune femme. Elle prit enfin la parole. Il ne s'était passé que quelques instants mais cela avait duré une éternité pour Léo.

« Le prix m'intéresse grandement, je te l'accorde. Un logement sans être inquiétée par les autorités. Techniquement, je pourrais me débrouiller moi-même pour obtenir des faux papiers mais puisque tu le proposes si gentiment, je vais te laisser te mouiller à ma place. Je t'en remercie d'avance. Pour les vacances aux Caraïbes, non merci, ça ira. Et oui, je prendrais un petit pourcentage du prix, simplement parce que si on partage le vol, on en partage le fruit. Quant au vol en lui-même, j'ai besoin d'informations plus poussées et que tu m'expliques pourquoi tu as besoin de moi exactement. Si ça te convient, alors nous marchons. Ah, et tu vas aussi m'expliquer qui est MJ. Je ne fais pas confiance à quelqu'un parce qu'une autre personne me dit que je peux lui faire confiance. »

Son expression suivait les mots de Kailiana sans se cacher. Un grand sourire satisfait quand elle vit que le prix avait fait son job. Le regard brillant, se retenant de lâcher un « Tu m'étonnes Simone vu ton logement actuel je rêverai d'un douche chaude ». Les yeux roulant au ciel quand elle remercia faussement Eléonore pour se mouiller. Elle avait la tête sous l'eau depuis si longtemps que cela ne changerait rien à son dossier. Elle échappait plus souvent à la police que les hommes politiques. Probablement parce qu'elle ne faisait pas tant de tort, parce qu'elle jouait malgré elle un agent régulateur, en détenant autant d'informations elle avait un pouvoir sur la police, sur ses semblables. Et elle ne tuait pas, elle ne faisait pas partie des gangs, elle était la petite fouine qui mettait des bâtons dans les roues à tout le monde. Une sorte de Royaume Uni s'alliant à l'un puis l'autre empêchant un monopole de sortir. Elle était invisible à leurs yeux mais ils la cherchaient souvent. Une mine d'or à qui la trouverait le premier. Une mine d'or protégée par un nom connu, une mine d'or protégée par son pouvoir de fouine, une mine d'or bien chétive et bien indomptable.
En entendant la méfiance envers MJ elle leva un sourcil. Elle se rendit compte alors que sa bouche était à moitié ouverte, prête à lancer un grand rire moqueur ou une pique hautaine. Puis elle ferma la bouche. Jumbo était étonné mais ne dit rien. Aurait-elle eu un filtre ? Une trace lointaine d'empathie, une prudence pour ne pas tout gâcher ? Wow.
Au final elle avait mordu. Eléonore se retint de lâcher un grand yes. Yes yes yes yes yes. Toute à son succès, elle en oublia son premier réflexe concernant l'ignorance de Kailiana.
La jeune femme s'assit d'ailleurs face à elle. Un soupir intérieur la libéra de la tension. Elle se retint d'entamer une petite danse de la joie. Elle ferait ça en rentrant. Tiens ça valait même une soirée crêpes ! Tant pis pour le ciné !
Elle se retint mais ne put empêcher un sourire indécollable de s'afficher sur son visage. Un sourire radieux et lumineux. Ce genre de sourire qu'on aimerait faire disparaître mais qui reste accroché malgré tout.
Le loup s'assit lui aussi.
Ils l'écoutaient donc.

C'est Jumbo de sa voix grave et posée qui répondit.

« MJ c'est moi. Ce sont les initiales de Jumbo Merlin. A l'envers. »

Il grimaça pour bien faire comprendre qu'il n'était absolument pas responsable de ce mauvais goût. Eléonore lui lança un regard noir rapide et revint vers Kailiana.

« Au large des côtes, il y a un bateau. Blindé, avec des gardes sur-armés et sur-entraînés. Il ne va pas rester ici mais il doit éloigner et cacher ce qu'il contient à son propriétaire. Je t'avoue ne pas savoir encore qui s'occupe de tout ça à cause des différents traçages de factures … mais ce qui compte c'est surtout de récupérer le contenu si précieux du bateau. J'ai des raisons de penser qu'on y trouvera des substances, potions, remèdes, antidotes … enfin appelle ça comme tu veux des solutions chimiques nouvelles. Je pense que ce sont les restes du Conseil, des laboratoires. Enfin bref c'est probablement caché pour une bonne raison. Effacer tout ce qui provient de cette époque. Il est possible que ce soient des solutions qui ne marchent pas, qui marchent seulement sur les daemoniens, qui marchent sur tout le monde. Je ne sais pas ce que renferment exactement ces substances et quels sont leurs effets mais je pense pouvoir découvrir ça plus tard. Au niveau du vol en lui-même il faudrait la jouer anonyme. Pas forcément en douceur puisqu'on va forcément nous voir, la surveillance est trop propre pour qu'on puisse lui échapper mais c'est pour la suite qu'il faudra la jouer fine. Le propriétaire ne veut pas qu'on sache qu'il possède ce qu'il possède mais il voudra tout récupérer après le vol. Si on la joue bien on peut se fondre dans la nature et se faire oublier. Il y a deux moyens d'aborder le bateau. Par les airs ou par la mer. Par les airs je t'avoue que c'est plus compliqué parce qu'il faudrait louer un chauffeur, même si techniquement Jumbo pourrait le faire, il pourrait pas sauter après avec nous. Tu sais sauter en parachute d'ailleurs ? Mais bon ça fait quelqu'un pour remonter notre piste. Par contre je sais piloter un bateau. On pourrait en voler un. » Tout en exposant les faits elle s'assurait de garder un contact visuel avec Kailiana, voulant être la plus claire possible, son sourire avait disparu laissant place à la concentration. « Pourquoi j'ai besoin de toi ? » Elle eut un petit sourire. « Le Conseil était bien plus avancé qu'on ne le pensait et qu'on le sait. L'anti-don … bref ça me paraitrait trop facile un simple coffre dans une salle fermée à double tour. Je pourrais m'en charger. Mais impossible de rentre dans une salle si anti-don il y a. Je suis pas assez maline pour l'avoir deviné toute seule, c'est ce petit génie à côté qui m'a soufflé l'idée. Mais c'est vrai que je ne pourrais pas rentrer dans un endroit dont les murs ou l'armature aurait été badigeonnée d'anti-don. Vu la taille du bateau je ne pense pas qu'ils en ont utilisé pour l'entièreté mais la salle en question ça ne m'étonnerait pas. Toi tu peux le faire. Moi non. Voilà. J'espère qu'aucun de vous deux n'a le mal de mer. »
Les soldats ne seraient pas des enfants de cœur. Eléonore non plus, c'était une enfant des rues. Ils maniaient les armes et l'art du combat à merveille. Elle savait disparaître et faire des blagues. Pourtant le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle n'avait pas peur. Des gaillards comme eux, elle en avait vu des tas. Et aucun ne l'avait mise au tapis. Cette matière anti-don par contre quelle plaie. Elle chassa le souvenir Halloween et de son rapt.
D'ailleurs son téléphone vibra à ce moment. Surprise elle interrogea du regard Kailiana. Y'avait du réseau dans cette bicoque de Robin des bois ?
Elle vit l'auteur de l'appel, l'homme qui gérait les appartements et qui devait lui trouver le squat. Un homme qui lui devait une faveur. Tout en s'excusant elle se leva et se téléporta en un instant hors des regards.

«...
Comment ça ?
...
Je te demande pas un truc dingue quand même putain !

Je croyais que c'était déjà acquis.

Dis moi que tu as un plan B ou tu vas te retrouver un matin avec les couilles en moins.

Bon sang t'es un boulet de première. T'inquiète pas de souci je vais me débrouiller.

Mais non je rigole pas tu es pardonné.

Je rigole tu m'as prise pour Mère Térésa ou ça se passe comment ? Fais grave gaffe quand tu rentres chez toi parce que y'en a un qui rêve de connaître où tu crèches en ce moment. Oh c'est con je crois que je lui ai envoyé les coordonnées géographiques. Dommage les autres fois t'avaient bien géré. Autre chose. Tu me dois cette faveur avec intérêts maintenant. Je reviendrais te voir. Au moment où tu t'y attendras le moins. Et tu devras me rendre ce que tu me dois. Peu importe ce que je te demanderai.
Ciao bye mon chou. Si j'étais toi je préparerais la savonnette.
Me refais jamais ça.
Love xoxo. »


Son cerveau tournait à plein régime. Bon. Elle avait déjà des solutions de remplacement. Dans son esprit elle voyait les fils se tisser, il suffisait de trouver la bonne solution. C’était un désagrément mais rien de plus. Au creux de son ventre une flamme de colère s’éveilla. Elle n’aimait pas quand ça n’allait pas comme prévu c’est vrai mais ces temps-ci elle s’énervait beaucoup plus vite. Or si elle laissait cette flamme la gagner alors la machine qui lui servait plutôt bien de cerveau se mettait en pause.
Elle se concentra donc sur sa réflexion. Et en rentrant dans l’abri de Robine des bois elle avait déjà sa solution de rechange et la flamme était devenue braise.

Jumbo Merlin resté seul avec les deux rebelles de la forêt n’avait pas dit un mot, de toute façon on entendait l’appel téléphonique assez clairement. Il n’aimait pas trop être laissé par sa dæmonienne devant deux personnes potentiellement dangereuses. Quand elle raccrocha il eut un sourire timide et à mi-voix il dit,

« Toujours dans la discrétion. »

Elle entra en trombe et s’assit tout aussi rapidement. Qu’elle se soit téléportée devant elle ne la gênait nullement vu qu’elle savait qu’elle était dæmonienne et qu’elle aurait su son don à un moment ou à un autre. Eléonore savait aussi que sa conversation avait été entendue, ce n’était pas volontaire mais elle s’en fichait aussi.
Elle massa ses tempes d’avoir eu ces pensées intenses. Comme souvent elle trouvait des solutions mais c’était comme si elle venait de travailler une heure sur un algorithme. À toute vitesse son cerveau suivait des fils, tombait sur des impasses, revenait en arrière, bifurquait, comme une moto lancée à pleine vitesse.

« Pour le logement… tu viens d’être montée en grade provisoirement, l’endroit est plus grand et plus luxueux mais tu ne seras plus seule. Bon en soi c’est assez grand pour ne pas se croiser. C’est une solution de rechange en attendant que je te trouve une piaule solo. Bon du coup si ça te dit je t’emmène visiter tout de suite. On pourra discuter plus au chaud, en plus il fait gris manquerait plus qu’il pleuve. C’est pas que j’aime pas la pluie mais la boue je m’en passe. Ma voiture est garée un peu plus loin. Sinon je te note mon numéro et l’adresse du logement. »

Elle sortit une vieille facture pour des amandes de sa poche arrière et écrivit avec le stylo que Jumbo lui avait tendu, son numéro 336 110 402 26 et l’adresse dans Le Bronx. Son écriture était fine, équilibrée, presque en italique. Puis elle lui tendit le papier, l’air de lui demander de choisir.

« Je suis certaine que toutes tes affaires rentreront dans mon coffre. Alors ? »

Finalement elle cuisinerai peut-être plus de crêpes. Jumbo Merlin avait compris mais n’avait rien dit. Il savait déjà que c’était un grand pas pour Eléonore. D’ailleurs elle appréhendait un peu. Elle expliquerai d’autres détails sur la route, comme le fait que son appartement était une sorte de planque et qu’il fallait vraiment qu’il reste secret.
C’était une première fois. Son père était rentré, la femme de ménage aussi. Mais étonnamment c’était tout. Elle découchait souvent chez des garçons et chez des filles mais ne ramenait personne chez elle.
Elle ne réalisa pas tout de suite, plus tard ça la frapperai quand elle s’en rendrait compte, plus tard elle se demandera si Jumbo n’avait pas raison, si elle ne s’impliquait à personne.
Elle espérait aussi que ça suffirait à sa future partenaire de crime.
En attendant il faudrait déjà qu’elle évite la crise cardiaque quand Léo conduirait puis la crise cardiaque devant l’immeuble moche, les longs escaliers jusqu’au dernier étage (le tout saupoudré de remarques d’Éléonore concernant la vieillesse alors que la plus essoufflée c’était elle), puis la découverte de l’immense appartement.
Mais si elle passait toutes ces épreuves elle aurait une montagne de crêpes.


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