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Un chasseur sachant chasser...

 
  
MessageMar 31 Jan - 16:22
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 297Nombre de RP : 104Âge réel : 23Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson
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Ses paroles me fige sur place. Abasourdi, je ne peux m’empêcher de le fixer avec de grands yeux ronds d’étonnement, malgré le sol qui tournoie sous mes pieds. Que veut-il dire par là ? « Rares sont les chasseurs qui pensent comme vous, de nos jours. » Je suis sans mot. À mon époque, enfin surtout dans mon village, aucun d’entre nous ne tuait par plaisir, il s’agissait toujours d’une simple question de survie pour soi-même ou pour ses proches et je me suis toujours demandé si c’était la même chose du côté des occidentaux. Je suis plutôt choqué d’apprendre que plusieurs personnes s’amusent à tuer par plaisir et non par besoin, surtout aujourd’hui dans une époque qui semble bien plus avancée et évoluée que la mienne. Dégoûté, je pousse un long soupir un peu trop bruyant à mon goût avant de baisser la tête. Je ferme les yeux avant de passer mes doigts sur mes paupières comme pour tenter de chasser les étourdissements qui sont un peu trop présents, sans succès toutefois.

Un mouvement de la part d’Ozalee ramène mon attention sur l’autre homme qui s’est détourné dans la direction où s’est enfuie la biche après mon tir à l’arc complètement raté. Il va forcément partir à sa recherche tandis que je vais retourner inspecter mes collets et cette rencontre n’aura été qu’une belle surprise pour moi, quoiqu’un peu terrifiante au début. Cependant, je suis loin d’être au bout de mes surprises avec ce Kyllian. Je suis sur le point de le saluer pour reprendre ma route de mon côté lorsqu’il me devance en me proposant de poursuivre notre chasse ensemble pour ainsi améliorer nos chances de réussite. En temps normal, je ne pense pas que j’aurai accepté son offre par simple méfiance, mais comme la chasse se fait moins bonne ces temps-ci et que l’hiver est à nos portes, je crois que je serais fou de refuser. Ozalee suit le fil de mes pensées et je sais très bien qu’elle n’en revient pas elle non plus. De l’intérieur, c’est comme si elle s’était décrochée la mâchoire sous la surprise, même si elle ne laisse rien paraître de l’extérieur.

- Et bien, ce serait...

J’hésite un instant sur les bons mots à employer, tandis que la jument ne cesse de me communiquer son désaccord par télépathie.

- Ce serait avec plaisir. Avec l’aide de mon pouvoir, nous devrions êtres de retour avant que le soleil ne touche l’horizon.

C’est alors qu’un sourire apparaît sur mes lèvres, un sourire sincère, transformant mon visage resté impassible jusqu’ici. À quand remonte ma dernière chasse en équipe ? Franchement, je ne le sais pas. Le temps où je chassais avec mes deux frères aînés me paraît bien lointaine d’un coup et une profonde nostalgie s’empare de moi juste en pensant à eux. Amaroko et Kanenthiogon doivent s’inquiéter de mon absence, sauf si la chamane a fait part de toute cette histoire de changement d’époque à ma famille. Ressasser tous ces souvenirs me fait énormément souffrir et Ozalee doit intervenir dans mon esprit pour me permettre de revenir à la réalité. Son intervention me fait l’effet d’avoir reçu un seau d’eau glacé en plein visage, aussi secouai-je donc la tête pour reprendre mes esprits face à Kyllian qui semble prêt à reprendre la chasse.

Sans perdre davantage de temps, je me tourne dans la même direction que ce dernier pour observer la végétation et aussi pour visualiser le chemin emprunté par la biche. La seconde suivante, mes yeux marrons deviennent bleu et le monde autour de moi se colorie de la même teinte. Malgré le sol qui continue de tournoyer de plus bel, j’aperçois des traces blanches sur le sol bleu de la forêt et celles-ci, selon mon expérience, ne doivent appartenir qu’à notre cible. Pour en être complètement certain, je m’avance de quelques pas pour me pencher sur les traces et ainsi m’assurer qu’il s’agit bien d’empreintes laissés par un cerf et ce simple geste accentue mes étourdissements. Une fois convaincu, je me redresse en voyant clairement le parcours pris par la biche quelques instants plus tôt. Non sans un sourire en coin, je me tourne légèrement vers Kyllian, intrigué de voir s’il est aussi endurant que moi à la course.

- J’espère que tu sauras tenir le rythme.

Puis, sans de plus amples explications, je m’élance dans la végétation avec mon arc à la main, rapidement suivi par Ozalee qui se contente de trotter pour ne pas trop s’épuiser.
  
MessageDim 5 Fév - 18:15
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Nokomis Mayson & Ozalee | Kyllian Griffin & Kaya | Forêt | octobre 2016






« Ce serait avec plaisir. Avec l’aide de mon pouvoir, nous devrions être de retour avant que le soleil ne touche l’horizon. »

Kyllian a de la difficulté à identifier et comprendre les émotions et réactions qui traversent le visage de Nokomis depuis le début, mais cette fois, il croit vraiment déceler un plaisir sincère dans le sourire de l'homme. Ce dernier se penche vers les traces laissées par la biche sur la terre humide de la forêt et Kyllian en profite pour reprendre son arme en main. Kaya, elle, se redresse et s'ébroue, se remettant un peu malgré elle dans l'état d'esprit de la chasse, sans pour autant lâcher du coin de l’œil la jument.

Je ne lui fais pas confiance, à elle. Elle nous regarde comme si elle voulait nous bouffer, et pourtant c'est moi la carnivore.

Je t'assure que tu lui rends bien son regard.

Kaya gronde quelques secondes, agacée et grognonne, ce qui tire un petit sourire amusé à Kyllian. Elle ne changera décidément jamais, sa belle grincheuse de moitié. Si elle ne s'était pas mise à pister la trace de la biche, elle lui aurait très probablement mordu un mollet en guise de rétribution.

« J’espère que tu sauras tenir le rythme. »

Avant que Kyllian n'ait pu comprendre le sens des paroles de son nouveau compagnon de chasse, Nokomis s'élance. Un brin surprit, le mexicain échange un regard avec sa daemonne avant de hausser les épaules et de lui emboiter le pas. Ou plutôt la course.

En quelques foulées, Kaya rattrape Nokomis, suivi non loin par Kyllian. Elle pourrait facilement le dépasser et passer tête première, mais elle n'aime pas l'idée de laisser son daemonien seul derrière avec Ozalee. Elle perçoit très clairement l'odeur distincte laissée par la biche, mais s'étonne de constater que Nokomis semble la sentir tout aussi bien qu'elle. Ils n'ont finalement peut-être pas affaire qu'à un excentrique déguisé en Indien, après tout.

Après une quinzaine de minutes de course, Kaya ralentit l'allure. L'odeur est plus forte, la biche ne doit plus être très loin, aussi, la discrétion et le silence est préférable à une avancée rapide. Pour ne pas élever la voix et risquer d'alerter leur proie de leur présence, Kaya s'adresse mentalement à Ozalee.

Dis à ton humain de ralentir l'allure, la biche n'est plus loin.

Son ton est un peu froid, mais toute concentrée qu'elle est sur la chasse, elle n'y met pas l'acidité qu'elle sait pourtant si bien ajouter à ses paroles lorsqu'elle s'adresse à ceux qu'elle n'aime pas particulièrement. Certaines activités requièrent que les différents personnels s'effacent et la chasse en fait définitivement partie.

Kyllian, quant à lui, un brin à bout de souffle est heureux de pouvoir ralentir l'allure. Il est pourtant en forme, mais il doit avouer s'être un peu laissé aller depuis que sa vie l'a amené à vivre de plus en plus en ville. Il fut un temps, dans la jungle mexicaine, ou il aurait pu tenir ce rythme de course régulière pendant encore longtemps, mais cette époque est révolue. Déjà, sans la motivation et la nécessité de protéger un camp de réfugiés, d'échapper à l'armée mexicaine et de survivre au sens le plus brutal du terme, les choses sont différentes. Kyllian tien néanmoins à être prêt, si quoi que ce soit doit se produire et redoutant tel un paranoïaque que l'histoire du Mexique se répète à Merkeley, et il s'est toujours tenu en forme. Définitivement pas assez, par contre, pour être du niveau de cet homme.

Ce qui semble être une dizaine de minutes plus tard, le terrain devient plus escarpé, la biche s'étant réfugiée en hauteur. Ils doivent ralentir encore davantage l'allure pour pouvoir grimper aux rochers et à l'aide des troncs d'arbres jusqu'au sommet de la dénivellation. Plusieurs minutes sont nécessaires pour grimper sans faire de bruit. Kaya en tête, la coyote pointe le nez au haut de la falaise puis se fige complètement, une patte en l'air, stoppée dans son mouvement, ce que Kyllian comprend automatiquement comme le signal que leur proie est en vue. Il se fige lui aussi. Il laisse passer les secondes puis, avec un soin particulier, franchi les derniers mètres qui le sépare de sa daemonne.

Fusil en main, il jette un coup d’œil par-dessus un grand tronc couché, couvert de lichen, de feuilles mortes et de gros champignons oranges, pour enfin apercevoir, une vingtaine de mètres devant eux, à demi cachée par la densité des branches basses des pins alentours, la biche. Elle semble ne plus être sur ses gardes, depuis le temps de sa frayeur, et dévore à pleine bouche les fruits rouges d'un petit buisson.

Mentalement, Kyllian et Kaya s'entendent rapidement sur une tactique puis la daemonne transmet ce dernier par voie télépathique à la jument. Pratique, ce moyen de communication par daemons, lorsqu'on doit rester le plus silencieux possible.

Prenez la droite pour l'encercler en hauteur. Nous allons redescendre un peu et la prendre par la gauche.


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MessageLun 13 Fév - 4:44
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L’air frais de l’automne fouette mon visage tandis que je progresse dans la forêt en joggant d’un bon rythme. Les feuilles mortes craquent sous mes pas, mais comme la biche se trouve un peu plus loin, je me fiche pas mal de faire du bruit pour l’instant. Tout comme les autres hommes de mon village, je n’ai jamais eu la capacité d’un sprinteur, je suis plutôt endurant même sur les terrains accidentés comme ceux qu’ont trouvent dans la forêt. Il est clair que je pourrais encore aller plus vite, mais je suis tout de même surpris de voir Kaya arriver à ma hauteur en laissant sa moitié derrière nous. Très bien, à nous deux, la traque devrait être plus facile. Cette vision me rappel de nombreux souvenirs, comme lorsque j’allais chasser avec Ozalee qui était sous la forme d’une louve noire à l’époque. Les grands esprits de la forêt qui entourait notre village nous avait toujours donné tout ce dont nous avions besoin pour survivre. Et malgré moi, j’ai l’impression que c’est moins le cas aujourd’hui.

Les minutes s’écoulent et les traces de pas laissées sur le sol sont moins distancées qu’au départ, preuves que la biche a ralentie son allure ici-même. Imitant l’animal, je ralentis pour me mettre à marcher sans pour autant quitter sa piste, ce qui me permet de souffler un peu. Au même moment, Ozalee reçoit le message mental de Kaya. Surprise et à la fois agacée par son intention, la jument grommelle dans sa barbe et secoue la tête tout en ralentissant aussi l’allure pour éviter de bousculer les autres devant elle. Non mais... elle se croit tout permis celle-là à me donner des ordres ? Ça paraît qu’elle ne connaît pas nos habilités de traqueur, je paris qu’ont se débrouillent bien mieux qu’eux. Après tout, tu n’as pas été nommé le meilleur chasseur du village pour rien. Distrait, j’écoute ma moitié qui ne cesse de parler par télépathie et qui continue de croire qu’il aurait mieux fallu poursuivre notre traque seul au lieu d’être mal accompagné. Je trouve qu’elle juge l’autre duo un peu trop facilement, mais elle reste fidèle à ses habitudes en agissant de la sorte.

Nous progressons plus lentement jusqu’au pied d’une falaise escarpée. Pour moi, cela ne représente pas un gros obstacle en soit, mais je tourne quand même un regard vers ma daemonne. Je m’inquiète plus pour elle que pour moi, car avec ses sabots, elle trouve moins de prise sur ce genre de paroi pour réussir à l’escalader. Néanmoins, celle-ci fait comme si de n’avoir rien entendu de mes craintes et me devance même pour commencer à grimper sur les premiers rochers. Décidément, elle est beaucoup trop orgueilleuse... D’un haussement d’épaule, j’emboite le pas aux deux daemonnes qui ont pris de l’avance. Mon regard bleu ne cesse de guetter le sol jusqu’au sommet de la falaise, là où une silhouette toute blanche se laisse voir à travers la végétation. La biche. À une vingtaine de mètre seulement.

Satisfait, je désactive mon pouvoir pour éviter d’avoir de trop gros maux de tête à la fin de la journée et d’un coup, l’animal est pas mal moins visible. Sa robe brune se confond parfaitement avec son environnement, mais j’ai trop d’expérience de chasse pour ne pas la voir malgré tout. Bon... et maintenant, comment on procède ? J’hésite à aborder Kyllian en chuchotant pour connaître la suite du plan lorsque j’entends à nouveau Ozalee grogner de mécontentement. À peine ai-je le temps de lui demander ce qui se passe qu’elle m’explique. Ils veulent qu’on grimpe par la droite tandis qu’ils vont l’encercler par la gauche. Je sais pas du tout à quoi ils jouent mais bon, si ça les amusent... D’accord... c’est tout ? Apparemment, c’est le cas. Ne demandant pas plus d’explication, je me dirige vers l’endroit indiqué à pas feutrés, tandis que la jument préfère rester sur place pour éviter d’alerter la proie. Après tout, un cheval ne passe pas inaperçu dans la forêt, malgré sa robe beige.

Après avoir pris toutes les précautions possible, je trouve l’endroit parfait où m’installer. Un tronc d’arbre couché au sol se trouve juste à côté d’un arbuste suffisamment touffu pour me camoufler derrière sans risquer de me faire voir. Une fois en place, je jette un coup d’œil en contrebas pour voir la biche toujours occupée à manger des baies. Doucement, j’encoche une flèche à mon arc et bande légèrement ce dernier tout en pointant le projectile pointu vers la cible. Il ne me reste plus qu’à attendre la suite.
  
MessageLun 20 Fév - 19:04
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Les deux paires daemoniens et daemons se séparent, encerclant la biche, l’idée étant de leur donner un avantage sur un terrain qui autrement favorise leur proie. Kyllian gagne à pas lent et silencieux un point en contre bas de l’animal, se fiant autant à ses sens qu’à ceux de Kaya pour rester sous le vent et ne pas alerter la biche de leur présence via leur odeur. Pendant leur progression, la voix agacée de sa moitié résonne dans sa tête.

C’est juste moi ou elle nous prend de haut, la pouliche ?

Quoi? Elle t’a dit quelque chose ?

Non, justement. Je lui communiquais nos plans et elle s’est contentée de lever le nez. Si elle est si dédaigneuse que cela de nos méthodes de chasse qu’elle en propose une plus efficace plutôt que de se la jouer Saberlo Todo…

Kyllian étouffe une grimace. Quand Kaya prend quelqu’un en grippe, cette personne doit définitivement marcher plus droit qu’un militaire en formation de parade pour éviter de s’attirer ses foudres. En même temps, pour ce coup-là, il doit avouer que l’attitude de la jument est loin d’être des plus chaleureuses. Optant néanmoins pour la prudence, il lui répond simplement :

Essai de ne pas trop lire entre les lignes. Peut-être qu’elle est simplement sur ses gardes ? Et puis, peu importe ce qu’elle en pense, ils suivent le plan sans discuter, non ?

Kaya bat de la queue, agacée. L’autre équidé ne lui a donné aucune raison de vouloir être indulgente avec elle jusque-là, mais Kyllian à raison. Elle a beau lui faire de l’attitude, elle ne râle pas, c’est déjà ça.

La biche se déplace lentement, d’un buisson à l’autre, à la recherche des derniers fruits de l’automne encore attachés aux branches. Avec les buissons, les pins et autres branchages, elle a un bon couvert. Kyllian la met en joue et suit attentivement ses mouvements, attendant le moment idéal pour tirer. Encore quelques instants, la patience étant maitre dans cet art, et il aura la possibilité d’un tir clair. Juste un pas de plus vers l’avant et…

Merde.

Kaya se plaque au sol, ayant remarqué le changement dans l’air avant lui. Kyllian met quelques secondes de retard à réagir, mais il est trop tard. La biche, alertée, lève la tête et recule de quelques pas en regardant dans leur direction. Le vent, qui jusque-là avait été plutôt inexistant, s’est soudainement levé en changeant de direction, poussant les feuilles mortes ainsi que leur odeur en direction de leur proie.

Cette dernière hésite un instant, mais avant que Kyllian ne puisse s’assurer d’avoir un nouveau tir clair sur elle, la biche saute dans la direction opposée, disparaissant entre les branches d’un grand pin. Kyllian sourit malgré tout. Comme il l’avait présagé, la biche part se réfugier plus en hauteur, par le chemin le moins escarpé, et donc droit en direction de l’endroit ou devrait se trouver Nokomis et Ozalee, selon leur plan.


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MessageLun 27 Fév - 23:12
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Les secondes s’écroulent et bien vite, un doute s’installe en moi à propos de ma cachette improvisée. L’arbuste derrière lequel je me trouve est bien garni, mais j’aurai grandement préféré me réfugier dans un arbre pour avoir un meilleur aperçu de ma proie en contrebas. Et puis, je ne suis jamais à l’abri d’un brusque changement d’air. Pour le moment, le vent souffle dans une bonne direction, permettant ainsi à la biche ne pas sentir mon odeur qu’elle percevrait automatiquement comme un danger, mais cet avantage peut aussi bien se retourner contre moi à tout instant. Je dois donc faire preuve de prudence et je regrette presque le temps où Ozalee pouvait changer de forme à volonté. Je me souviens qu’elle aimait bien prendre la forme d’un cervidé pour berner ceux-ci lorsque le village était cruellement en manque de nourriture, ce qui permettait aux chasseurs de s’approcher un peu plus du troupeau pour en abattre quelques uns en plus.

On t’as nommé le meilleur chasseur du village, mais en fait... c’est moi qui faisait tout depuis le début. Suivant le fil de mes pensées, la jument fait irruption dans mon esprit tandis que la biche est toujours occupée à grignoter des baies. Elle marque un point là-dessus. Sans son aide ni mon pouvoir, j’aurai été sur le même pied d’égalité que tous les autres hommes de mon entourage. Mais bon, ce n’est pas le moment de ressasser le passé. Sans quitter ma cible des yeux, je prends une lente et profonde inspiration. Le moment opportun tarde à arriver et je suis sur le point de demander à Ozalee de s’adresser à Kaya pour connaître la suite du plan lorsque la biche montre des signes de nervosité. Inquiet à l’idée de la perdre à nouveau, je raffermis ma prise sur mon arme tout en guettant le moindre de ses gestes. L’animal, visiblement effrayé, redresse sa queue blanche dans les airs avant de d’étaler à toute vitesse dans notre direction.

J’ignore pourquoi elle vient directement sur nous, mais je n’en espérais pas tant.
Je ne dois pas rater ma chance.

Je tends la corde de mon arc à l’extrême avant de la relâcher au moment où la biche saute par-dessus le tronc d’arbre couché qui se trouve à mes côtés. La flèche file droit, l’angle de tir est parfait et le projectile s’enfonce dans le poitrail de la bête quelques secondes plus tard pour y rencontrer son cœur. Celle-ci, toujours dans les airs, pousse un léger cri avant de poser ses pattes tremblantes au sol pour se réceptionner. À peine a-t-elle terminé son bond qu’elle s’effondre sur le sol couvert de feuilles multicolores de la forêt, à l’agonie. Aussitôt, je range mon arc pour m’approcher de la pauvre bête avec mon tomahawk en main. Une fois près d’elle, je m’agenouille à ses côtés pour constater qu’elle a du mal à respirer. Ma flèche à probablement plus percé un poumon que le cœur lui-même... Sans plus attendre et avec une légère grimace, je mets rapidement fin à ses souffrances.

- Sekoh ronkwe onenia onontsi.

En ce faisant, je remercie les esprits ancestraux d’avoir guidé cette biche sur mon chemin et je remercie aussi cette dernière d’avoir accepté de nous donner son corps pour notre survie, à Kyllian et à moi. Son esprit peut désormais partir en paix. Je préfère tuer des mâles en général pour ne pas nuire à la reproduire de l’espèce, mais l’arrivée de l’hiver m’oblige toujours à renoncer à certains principes. Une fois le sale boulot fait, je retire la flèche du corps de l’animal inanimé sur le sol et Ozalee se permet enfin d’approcher. Je ne sais pas si mon partenaire prévoyait un dénouement comme celui-ci, mais j’imagine qu’il ne sera pas déçu malgré tout. Sans perdre davantage de temps avec mon estomac qui crie famine, je hisse la biche sur le dos de la jument qui accepte toujours son rôle de porteuse de nourriture sans broncher. Après tout, elle est beaucoup plus forte que moi, même sur un terrain accidenté comme celui de la forêt.

Puis, sans rien dire, je retourne vers l’endroit où nous nous sommes précédemment séparés, Kyllian et moi, là où j’espère le retrouver.
  
MessageJeu 9 Mar - 1:49
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Nokomis Mayson & Ozalee | Kyllian Griffin & Kaya | Forêt | octobre 2016






Kyllian ne peut plus voir ce qui se passe dès le moment ou la biche s'élance dans la direction contraire à la sienne. Néanmoins, il reste immobile quelques instants afin de ne pas nuire aux chances de Nokomis d'attraper leur proie et tend l'oreille. Les bruits des sauts de la biche sur les feuilles mortes de la forêt se fait entendre un instant puis celui le bruit d'une masse plus importante touchant le sol. Le silence qui s'ensuit tire un sourire à Kyllian, qui tourne la tête vers Kaya.

Tu vois. Ils savent ce qu'ils font, après tout.

Hmmphm. N'en rajoute pas, veux-tu? Et dépêche-toi un peu plutôt que de vouloir faire la causette, on a encore une biche de 60 kg à trainer jusqu'à la Westfalia avant qu'il fasse nuit. Et je ne sais pas pour toi, mais moi je crève de faim.

Oh. Voilà qui explique un peu le mauvais caractère.

Tu sais que je peux lire tes pensées, Mr Subtilité?

Kyllian rit en ignorant le regard noir que le coyote lui lance avant de s'élancer, oreilles dressées et queue battante pour lui signifier qu'elle ne lui en vaut pas réellement, vers Nokomis et leur prise. Kyllian lui emboîte le pas, ne pouvant au final qu'approuver dans le sens de sa daemone. Il n'a rien manger depuis l'avant-midi, et un bref regard à l'heure sur son téléphone portable qu'il range aussitôt dans sa poche de veste lui indique qu'il approche les 18h30. Le creux au fond de son estomac est donc des plus normal.

Tentant de se rappeler quelle quantité de couscous israélien - merci, Anja, sa cuisinière attitrée et meilleure amie - il lui reste dans son frigo, le Mexicain arrive en vue de Nokomis. Ce dernier est retourné à l'endroit ou ils se sont séparés, plusieurs minutes auparavant, et Kyllian est agréablement surpris de voir qu'Ozalee porte le corps de la biche sur son dos. Voilà qui règle la question de "comment transporter efficacement la bête à la maison" et qui signifie probablement que l'heure du repas arrivera encore plus vite que prévu. Une joie pour son estomac, au sien et à celui de Kaya.

Pratique, le cheval de trait, finalement.

Kyllian se tend et lance un regard sévère à sa moitié. Jusque là, habituée à son mauvais caractère en présence d'inconnu, il n'a pas vraiment réagi à ses remarques mentales, mais là, elle dépasse un peu les bornes. Un brin honteux, mais beaucoup trop fier pour le laisser paraître, Kaya se contente de battre des oreilles et de faire comme si elle n'avait pas remarqué le regard de son daemonien. Néanmoins, dans un effort, sinon pour se racheter simplement pour faire plaisir à Kyllian, elle s'adresse à l'autre duo avec une chaleur nouvelle dans la voix.

« Bravo. C'était un beau tir, elle ne semble pas avoir souffert longtemps. »

Pour Kaya comme pour Kyllian, ce détail a toujours été important. Particulièrement pour l'humain des deux, d'ailleurs, comme l'idée de causer plus de souffrance qu'il n'en crée déjà involontairement sur son passage, à cause de son don, le rend physiquement malade. Pour peu, avec une autre éducation et dans un autre contexte de vie, il aurait fini végétarien.

Kyllian sourit à Nokomis avec un hochement de tête pour appuyer les paroles de sa daemonne puis s'adresse à eux à son tour.

« Vous avez loin à faire pour rentrer chez vous ou rejoindre votre véhicule ? Il fera noir bientôt et mon propre campement n'est pas bien loin. La biche a effectué un détour à flanc de montagne qui nous en a rapprochés et, si mes estimations sont bonnes, on devrait pouvoir s'y rendre en un peu moins d'une demi-heure, comme le terrain est en pente descendante. »

Kyllian n'invite jamais personne "chez lui", la chose étant trop dangereuse ou risquée pour tout un tas de raison, en passant par son aura et sa situation de paria. Aussi, il hésite quelques secondes, pris d'un malaise étrange, avant de s'entendre proposer plus clairement :

« Vous voulez nous accompagner ? On pourra prendre le temps de séparer notre prise et manger quelque chose sans s'inquiéter de la nuit. Si besoin, je peux aussi vous raccompagner à Merkeley par la suite en voiture. »

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MessageMar 4 Avr - 4:17
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J’ai grandement l’impression que Kyllian a eu la même réflexion que moi, étant donné que je n’ai pas à attendre longtemps avant de le voir revenir dans ma direction avec sa daemonne. D’ailleurs, celle-ci nous félicite tout en mettant un point d’honneur sur le fait que la biche n’est visiblement pas souffert. Tout de même un peu surpris par sa remarque, je tourne la tête vers l’animal qui se trouve toujours sur le dos de ma moitié avant de me retourner vers le coyote.

- Elle a souffert le moins longtemps possible.

Je prononce ces mots en étant bien sincère, comme à mon habitude en fait. Je n’arrive pas à mentir de toute façon, et selon mes deux frères aînés, je n’ai jamais été un très bon menteur. Il n’y a que quand j’étais enfant que j’étais capable de dire des mensonges à mes parents, mais cette capacité m’a quitté en grandissant. Kyllian me demande ensuite la distance qui nous sépare de notre campement avant de nous inviter à rejoindre le sien qui se trouve apparemment plus près que le notre. Hésitant, je jette un regard à Ozalee qui me le retourne à peine et sans dire le moindre mot. Ses pensées me confirment alors que c’est à moi seul de prendre la décision et que j’en subirai les conséquences. Je ne pouvais pas m’attendre à une autre réaction de sa part.

- Véhicule ?

Ce mot, prononcé tout bonnement par l’autre homme, ne me dit absolument rien et je n’ai pas pu m’empêcher de le répéter. J’ai sûrement l’air d’un bel idiot comme ça. Prenant conscience de cela, je secoue la tête pour reprendre mes esprits.

- Et bien... nous avons une heure de marche à faire environ, à dos de cheval.

Oui, ça fait beaucoup de kilomètres à parcourir simplement pour chasser, mais comme ça je suis certain que les animaux que je traque non pas été importuné par ma présence auparavant. Avec le soleil qui décline rapidement, je ne sais pas trop quoi faire quant à la proposition de mon partenaire de chasse. Soit je décide de l’accompagner jusqu’à chez lui pour partager notre repas, soit je rentre chez moi en risquant de me perdre dans l’obscurité de la nuit. L’idée de laisser la biche entière à Kyllian me traverse l’esprit, mais j’ai tellement faim... et avec mes étourdissements qui ne font qu’empirer, j’ai bien peur de m’écrouler de fatigue en tentant de retourner à mon campement. Je serais alors beaucoup plus vulnérable et clairement en mauvais état.

Le jeune homme finit par me convaincre. Il vaut mieux rentrer et manger un morceau. Toutefois, les mots Merkeley et voiture me sont tout aussi inconnus que le précédent. C’était quoi déjà ? Véhi... véhicate ? Peu importe.

- Je crois que ça vaut mieux que je vous suive, surtout que je n’ai rien mangé depuis plusieurs heures déjà. Par contre, ça vous dérange si je repars que demain matin ? Si je retourne dans la forêt après le repas, avec l’obscurité de la nuit et la grande distance que je vais avoir à parcourir, j’ai bien peur de me perdre en chemin, même avec le bon sens d’orientation d’Ozalee.

J’ignore à quoi ressemble son campement, mais je peux sans problème dormir près du feu pour ne pas le déranger. Et puis, s’il refuse de me voir rester chez lui trop longtemps, je n’aurai plus qu’à essayer de retrouver mon chemin à travers la forêt, et ce, dans le noir total. Avec mon pouvoir et avec un peu de chance, je pourrais peut-être y arriver.
  
MessageMer 12 Avr - 19:34
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SACHANT CHASSER...


Nokomis Mayson & Ozalee | Kyllian Griffin & Kaya | Forêt | octobre 2016






L’homme semble confus lorsque Kyllian lui demande ou son véhicule ou son campement est positionné, mais Kyllian ne fait que froncer légèrement des sourcils sans rien relever. L’autre est définitivement étrange et Kyllian à l’impression qu’il ne saisit pas du tout le pourquoi de la chose, mais en terme d’étrangeté, de manque d’habileté sociale et de non-conformisme, il est mal placé pour juger qui que ce soit. Au contraire, il a plutôt toujours eu tendance à se lier rapidement et se sentir plus près des marginaux et underdogs tout au long de sa vie, c0mme un écho à sa propre personne.

« Et bien... nous avons une heure de marche à faire environ, à dos de cheval. »

Le mexicain hoche la tête. Une heure, soit au moins le double de temps pour se rendre à son propre campement. Pas étonnant qu’ils ne se soient pas croisés avant, alors, surtout si Nokomis à un campement de chasse ou de camping fixe, comme la majorité des gens. Kyllian ayant régulièrement changer d’endroit pour arrêter sa Westfalia et ainsi éviter d’attirer l’attention ou être retrouvé par les autorités, son campement actuel est celui le plus à l’est qu’il ait établit. C’est également l’un des plus au sud et donc près de la route principale reliant la zone sauvage entre Perth Amboy et Merkley, un luxe qu’il s’est permis après avoir pris la décision d’entreprendre des démarches de recensement et pour retrouver une identité légale. Après tout, il se rend lui-même en ville tous les jours désormais, que ce soit pour aller travailler au garage de son parrain à des heures plus traditionnelles qu’avant, pour être avec Karolinja ou encore pour remplir les papiers qu’Anja l’aide à organiser. Il n’est plus tout à fait le même paria, immigrant illégal et paranoïaque qu’il était il y a quelques mois.

Bref, Nokomis et Ozalee, même en marchant rapidement et sans se perdre ou dévier du chemin le plus rapide, n’arriveront probablement pas à leur campement avant le coucher du soleil. D’ailleurs, pour rejoindre le sien, ils devraient arriver tout juste avant la noirceur, s’ils ont de la chance. Tout cela sans compter le temps qu’il leur faudra pour séparer leur prise…

Kyllian approuve donc aussitôt d’un signe de tête la décision de l’homme, étant la plus simple et logique, lorsque ce dernier lui répond finalement.

« Je crois que ça vaut mieux que je vous suive, surtout que je n’ai rien mangé depuis plusieurs heures déjà. Par contre, ça vous dérange si je repars que demain matin ? Si je retourne dans la forêt après le repas, avec l’obscurité de la nuit et la grande distance que je vais avoir à parcourir, j’ai bien peur de me perdre en chemin, même avec le bon sens d’orientation d’Ozalee. »

À la demande de Nokomis pour passer la nuit au campement, Kyllian se crispe instinctivement. Une soirée, en pleine nature alors qu’il peut s’éloigner régulièrement pour éviter à Nokomis de souffrir de son aura trop longtemps, il peut gérer. Une nuit entière s’avère immédiatement plus délicate. Néanmoins, il ne peut que comprendre les motivations de l’autre et ne se sent pas le cœur de lui refuser sa demande.

Kyllian hoche donc de la tête pour accepter, se disant mentalement qu’il pourra surement reconduire Nokomis en ville ou à proximité de son campement en voiture s’il s’aperçoit que son aura devient particulièrement néfaste pour lui. Il évite soigneusement le regard contrarié et désapprobateur de Kaya avant de se remettre en marche, désignant de la main la direction de son campement en contrebas de la montagne.

« Allons-y alors, c’est pas là. »

Leur avancée en forêt se fait presque aussi silencieuse que leur traque précédente. Ils sont concentrés à progresser rapidement pour ne pas gaspiller les derniers moments de clarté produite par un soleil qui disparait déjà sous la ligne des arbres et, de son côté, Kyllian est plus tendu. Il tente de ne pas envisager de scénarios catastrophe ou de s’angoisser pour des peut-être vis-à-vis sa présence prolongée auprès de Nokomis, comme il a promis d’essayer de faire à Karolinja en choisissant une nouvelle vie avec elle, mais les vieilles habitudes sont difficiles à perdre. Aussi, il mène la marche, à demi perdu dans ses pensées, en oubliant l’option de mener la conversation.

Alors qu’ils sont presque arrivés, la voix de Kaya résonne dans sa tête, cette dernière ne tenant visiblement plus dans son silence accusateur.

Tu sais au moins que c’est une très mauvaise idée ?

Merci pour le vote de confiance, Kaya.

Le coyote pousse un petit grondement audible en battant de la queue, agacée.

Tu sais très bien que ce n’est pas ce que je veux dire. Ce n’est pas en toi que je n’ai pas confiance. Et puis de toute façon, on ne les connait pas. Ils pourraient être des psychopathes, pour autant qu’on en sait !

Entre nous deux, ce n’est pas nous qui devrions avoir peur d’eux, mais plutôt le contraire.

Entre les arbres, illuminés par les derniers rayons de soleil obliques et orangés du soir, Kyllian aperçoit enfin les reflets métalliques de sa Volkswagen. Il délaisse aussitôt sa conversation mentale avec sa daemonne pour se tourner vers Nokomis et Ozalee, leur offrir un petit sourire et annoncer :

« On y est. »

Seulement quelques pas supplémentaires leur sont nécessaires pour que l’épaisse forêt de conifères et de boulots aux feuillages couleur d’automne ne laisse place à la clairière ou Kyllian a établi son dernier campement. Un petit sentier de terre battue, presque invisible, se perd entre les arbres à l’autre extrémité et sa Westfalia est stationnée près de celui-ci, comme si elle était déjà prête à repartir à la moindre alerte. Blanche et orange, sa carrosserie comme sa peinture, si elle est bien entretenue, témoigne des intempéries et du passage du temps. La vieille Volks n’était déjà plus toute jeune lorsque Kyllian l’a acquis, deux ans plus tôt, et une vie quatre saisons en pleine nature sauvage ne lui a définitivement pas fait l’effet d’une fontaine de jouvence.

La petite clairière s’ouvre ensuite sur un feu de camp actuellement éteint et entouré de quelques buches faisant office de sièges. À droite de son véhicule maison, un séchoir improvisé à l’aide de branches, assez en hauteur pour dissuader les petits prédateurs de tenter de l’atteindre, sert à suspendre viandes et fourrures de ses chasses précédentes. Ce dernier est actuellement vide, à l’exception d’une peau de lièvre. Kyllian n’a pas eu l’occasion de chasser récemment, ni non plus de vivre ici. Sa vie a tellement changé en peu de temps.

« C’est loin d’être le grand luxe, mais c’est mieux que rien. »

Il a personnellement connu bien pire, au Mexique, pendant la guerre comme pendant ses années de cavale, et pour lui, ce campement a tout d’un nid douillet et chaleureux. Néanmoins, il ne connait pas les standards de Nokomis, et s’il se fie à ceux de la majorité des gens qu’il connait, son campement n’a probablement rien de glorieux à ses yeux.

« Vous avez besoin d’aide pour décharger la biche ? »


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MessageDim 23 Avr - 19:23
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Date d'inscription : 21/04/2013Nombre de messages : 297Nombre de RP : 104Âge réel : 23Copyright : Azarah14Avatar daëmon :
Nokomis Mayson
| Un indien dans la ville |
Heureux de voir que Kyllian accepte ma demande, je lui adresse un hochement de tête pour lui démontrer ma gratitude. Comme je compte seulement manger dès notre arrivé à son campement, dormir ensuite quelques heures pour reprendre des forces et repartir dès l’aube, je ne risque pas de l’importuner longtemps. Enfin, je vais tout faire pour qu’il ne soit pas dérangé par ma présence. Profitant des dernières minutes de clarté qu’il nous reste, le jeune homme se remet rapidement en route et je lui emboite le pas sans rien dire, tandis qu’Ozalee ferme la marche avec notre repas sur le dos.

Ozalee n’approuve toujours pas ma décision, mais fidèle à ses habitudes, elle ne tente pas de me faire changer d’avis, sous prétexte que je dois vivre par moi-même les conséquences de mes actes. En cas de gros problèmes elle se permet d’intervenir, mais sinon elle me laisse apprendre de mes erreurs. De toute façon, elle sait à quel point je suis borné et combien il est difficile de me faire changer d’avis, surtout lorsque la curiosité me pousse ainsi vers l’inconnu. Certes elle ne fait toujours pas confiance à ce Kyllian ni au coyote qui l’accompagne comme son ombre, mais il lui semble suffisamment calme et honnête pour laisser son daemonien s’approcher autant de lui.

C’est en descendant la montagne vers le campement que mon corps me fait alors comprendre son épuisement. J’ai l’habitude de partir une journée entière et de chasser comme nous l’avons fait aujourd’hui, mais je me sens étrangement plus fatigué. À croire qu’une force inconnue draine mes forces tranquillement, telle une sangsue, et bien que je l’ignore, il s’agit en fait du pouvoir de Kyllian qui continue à agir sur moi sans que j’en ai réellement conscience. Dans ma petite tête d’innocent, je suis persuadé que tout redeviendra normal dès que j’aurai mangé un morceau pour me redonner des forces et ainsi être en mesure de retourner chez moi.

Finalement, nous atteignons notre destination, soit une clairière et je redresse la tête, impatient de voir comment les hommes d’aujourd’hui s’y prennent pour construire leur campement en forêt. Toutefois, ce que je vois à cet instant me fige littéralement sur place. Un immense objet de métal orange et blanc se trouve là, dans la clairière et bien que je sois familier par tout ce qui l’entoure, comme le feu de camp ou encore le séchoir, ce monstre me fait plutôt froid dans le dos. Même Ozalee se fige à son tour et ne peut s’empêcher de ronfler en l’apercevant, pas du tout convaincue par la gueule du truc. Je crois avoir déjà aperçu ce genre de machine en ville, mais elles étaient beaucoup plus loin et elles se déplaçaient très rapidement. Celle-ci est clairement plus imposantes et plus colorées que les précédentes.

- C’est, heum... c’est ici le campement ?

Serais-je tombé dans un piège ? Non, ça me paraît impossible. Kyllian me semble être digne de confiance, malgré les nombreux avertissements télépathiques envoyés par ma moitié. Tout ce qui se trouve ici est presque identique à ce que j’ai chez moi, à l’exception du véhicule qui remplace visiblement ma demi maison-longue. J’ai peine à croire qu’il puisse vivre là-dedans, étant donné que cela ne m’inspire pas confiance. Toutefois, alors que j’essaie de reprendre mes esprits pour tenter de répondre à la question du jeune homme, Ozalee décide de mettre un terme à tout ça en s’avançant d’un pas menaçant, les oreilles abattues sur son crâne.

- Hors de question qu’on s’approche davantage de ce monstre. Apparemment, j’ai eu raison de me méfier de vous.

Puis, voulant éviter qu’une nouvelle guerre éclate entre les deux daemonnes au sang chaud, je décide d’intervenir pour essayer de calmer le jeu.

- Ce que Ozalee veut dire c’est que... en fait, nous n’avons jamais vu ce genre de chose, dis-je en faisant un bref signe de tête en direction du véhicule. Et en ce qui concerne la biche, ça me ferait plaisir de m’en occuper.

Je sais que j’ai pris un risque en changeant de sujet si rapidement, mais au moins j’aurai essayé quelque chose. Tout en joignant le geste à la parole, je saisis la biche sur le dos de la jument pour ensuite la déposer au sol et entreprendre de la vider à l’aide de mon tomahawk. D’ici quelques minutes, tout devrait êtres prêts à mettre sur le feu et juste imaginer l’odeur de la viande en train de cuire me donne l’eau à la bouche. Je dois vraiment manger quelque chose dans les plus brefs délais au risque de m’évanouir de faim devant tout le monde.
  
MessageVen 5 Mai - 23:42
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UN CHASSEUR

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« C’est, heum... c’est ici le campement ? »

Kyllian se retourne vers Nokomis et sa daemonne, les sourcils légèrement froncés. D’accord, comme il vient de le souligner, son campement est loin d’être un cinq étoile, mais le commentaire incertain du jeune homme frôle un peu l’insulte. Cela est d’ailleurs particulièrement étrange, voire hors caractère. Kyllian n’est certes pas le plus doué pour comprendre ses semblables humains, mais se serait-il trompé à ce point sur sa nouvelle connaissance ?

Ses yeux se posent alors sur l’expression de complète surprise, voire teintée de peur de ses deux invités et la confusion efface tout le reste dans l’esprit du mexicain. Il en oublie même la biche qu’ils doivent préparer. Ils restent ainsi quelques instants, s’observant dans l’incompréhension la plus totale, sans oser parler, puis Ozalee vient brutalement briser le silence.

« Hors de question qu’on s’approche davantage de ce monstre. Apparemment, j’ai eu raison de me méfier de vous. »

Plus réactive que de la poudre à canon, Kaya couche les oreilles sur son crâne et montre les dents alors que sa fourrure se hérisse sur son dos.

« Répète un peu ça pour voir , le canasson ? Qui est-ce que tu traites de monstre comme ça, hein ? »

Un grondement monte de la gorge du coyote, mais Kyllian est trop perdu pour tenter de calmer sa moitié. Elle a toujours détesté au plus haut point les insultes à leur égard, particulièrement celles traitant Kyllian de monstre à cause de son pouvoir. Elle n’a aucune idée comme cette jument et son énergumène d’humain ont pu deviner la nature du don de Kyllian, mais pour elle, cela ne fait aucune différence dès l’instant où l’insulte a été prononcée.

« Ce que Ozalee veut dire c’est que... en fait, nous n’avons jamais vu ce genre de chose. Et en ce qui concerne la biche, ça me ferait plaisir de m’en occuper. »

Confus, Kyllian met quelques secondes avant de comprendre qu’ils parlent de sa vieille Westfalia, et non pas de lui. Cette réalisation n’entrainant néanmoins que davantage de questions, le daemonien pointe le véhicule blanc et orange du doigt avant de demander une confirmation de ce qu’il croit comprendre.

« Vous… Tu veux dire ma Volskwagen ? »

Nokomis et Ozalee ne seraient pas de ces types écolo-extrémistes qui abhorrent les vieilles voitures considérées trop polluantes, non ? Remarque, cela pourrait en partie expliquer l’accoutrement étrange de l’homme ainsi que ses méthodes de chasses. Kyllian a vaguement entendu parler d’une recrudescence du mouvement hippie prônant un retour à la terre, mais jusque-là, il n’en a vu aucun signe en personne. Enfin, avec sa vie en semi-ermitage dans les bois, ce n’est pas tout à fait étonnant non plus. Pour peu, des extraterrestres pourraient bien se poser en plein cœur de New York, Kyllian l’apprendrait trois semaines plus tard que tout le monde.

Kaya pousse un sifflement de dédain entre ses dents avant de cracher, peu convaincu par l’explication et le ton de Nokomis, tout en gardant un œil sur Ozalee.

« Tss. Vous insultez souvent les maisons des étrangers que vous croisez sur votre chemin ? Particulièrement charmant, comme habitude, je dois dire. »

Cette fois, la cinglante ironie de sa daemonne fait réagir Kyllian, qui lui demande mentalement de ne pas mettre davantage d’huile sur le feu. La situation est déjà assez… confuse comme ça, sans avoir besoin de déclarer une engueulade en plus par-dessus. Tentant d’être le plus délicat possible, tout en hésitant maladroitement sur chacun de ses mots, Kyllian se hasarde à questionner Nokomis sur le grand flou de leur situation.

« Tu n’as jamais vu ce modèle ou… de voiture ? »

Aussitôt ses paroles dites, Kyllian se sent infiniment stupide. Kaya approuve entièrement ce sentiment en roulant des yeux au ciel et en laissant échapper une exclamation sarcastique en espagnol.

« Tienes que estar bromeando… »

Kyllian secoue la tête, pinçant les lèvres et levant les mains en signe de non-agression, essayant de calmer l’ambiance dangereusement tendue.

« I meen… well… Non, c’est absurde, pardon. Hem… Je ne comprends pas trop pourquoi, mais est-ce qu’il y a un problème ? »


Kyllian Griffin ▬ I'm all kind of BAD luck

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