Flirting with adrenaline [Kyle & Eléonore]

 
  
MessageJeu 24 Nov - 18:38
avatar
Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 161Nombre de RP : 63Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

Le Bronx, mai 2016

Ses talons cliquetaient sur le pavé. Des jambes interminables. Une allure du diable. Un tailleur. Elle avait l'air fière, elle semblait dominer le monde. Dominant l'équilibre instable des longues aiguilles et le désir des hommes.

*Wow. Celle-là elle est impressionnante… Eh oh mister regarde la bombe atomique au lieu de regarder … tu regardes quoi même… ah super le squelette. Ça fait mille fois que tu te retapes l'anatomie tu la connais non ? ... Voilà...Tu l'as raté ! Tu vois ... je me disais ... J'suis sûre que j'aurais de l'allure avec des talons.*

*Tu es incapable de marcher en talons.*

*Bien sûr que si. Bon je manque d'entraînement mais franchement j'ai un trop bon sens de l'équilibre. J'aurais une allure… fiouuu de dingue.*

*Ok ok peut-être. Tu peux reluquer en silence histoire que je puisse lire tranquillement ?*

*A votre service Monsieur Jesuisledaemonlepluschiantdelaplanète.*


Elle se remit à jouer avec des cailloux avec la pointe de sa basket. Ils étaient dans un coin de rue assis contre le mur. Il avait enfilé son gros sweat-shirt et sa capuche était mise pour qu'il puisse être tranquille. Elle avait sa veste en cuir noir et un t-shirt ACDC. Ce qui lui avait valu une remarque de JM puisqu’elle n’avait jamais écouté ce groupe.
Ils attendaient. Ça ne le dérangeait pas il avait l’habitude, et à choisir il préférait cette partie là de la journée plutôt que ce qui allait s’ensuivre. Il avait refusé d’en savoir plus mais il savait d’avance que ça allait être dangereux, stupide et … il leva les yeux au ciel, mentalement se demandant s’il y avait un Dieu et comment avait-il eu l’idée de ce petit monstre de Léo. Il lui fit une petite prière au cas-où pour qu’elle devienne plus calme et qu’un miracle fasse qu’elle préférât les après-midi au calme au parc ou en bibliothèque plutôt que les guet-apens, les deals, les vols et les chantages.

Les badauds passaient, chacun à leur monde. Eléonore comme une enquêtrice observait. Elle connaissait certaines personnes, devinait les autres. Les pas pressés ou nonchalants, les épaules droites ou voûtées. Les corps parlaient et elle savait les lire.

Il faisait beau, un beau mois de mai.
Et en mai Léo fait ce qu’il lui plaît comme disait le dicton. En mai et toute l’année d’ailleurs.

Elle allongea le coup sous sa casquette de baseball pour voir le bonhomme qui épiait la sortie sur la rue d’en face. Elle avait attendu qu’il sorte de son domicile pour ne pas avoir à faire face aux voisins ou même à sa famille.

*Il est là…*

*Pourquoi tu chuchotes, personne ne peut nous entendre ?*


Sans relever, le corps en alerte elle se leva dans l’ombre, s’étira comme un chat. JM rangeait ses affaires dans son sac. Ils le suivirent. Léo gloussait en le voyant aussi apeuré. Il agissait comme une proie. Et la lionne qu’était Éléonore risquait fort bien de l’attraper entre ses griffes. Le pire était qu’il s’engouffrait dans des ruelles avec de moins en moins de monde. L'imbécile.
Éléonore trouvait presque ça insultant. Elle en perdait le plaisir de chasser.

Pourquoi le chassait-elle ? Par contrat. L’énergumène en question s’appelait Henry. Il aimait beaucoup jouer. Le reste était assez insignifiant. Il n’était même pas addict au jeu, il aimait juste parier de temps en temps et rajouter du danger à sa vie. Il avait parié fort et perdu beaucoup. Il devait de l’argent. Éléonore devait lui faire peur. Suffisamment pour qu’il aille rembourser. Quitte à hypothéquer sa maison. Facile, plaisant, léger, bref un cadeau pour elle. À condition de ne pas se faire choper.
Les ruelles c’était parfait. Ça lui rappelait la fois où elle avait dû venger une femme trompée. Elle avait tellement adoré mettre la misère à l’homme en question. Le faisant passer pour un pervers devant son patron en jouant les saintes nitouches effarouchées.
La casquette cachant son regard et le gorille encapuchonné derrière elle, ils suivaient comme des ombres.
Sa patience légendaire prit fin à la première occasion où elle se téléporta à un coin de rue. Le quartier du Bronx était toujours plein de ces croisements trompeurs, on se rentrait souvent dedans. Elle arriva en face. Il ne la remarqua même pas, la bouscula et le regard toujours alerte continua son chemin.
Vexée comme un pou de n’être pas prise au sérieuse elle recommença. Et au moment d’apparaître sur le coin de la deuxième rue elle lui dit en relevant sa casquette.

« Bouh. »

Il sursauta, se demandant d’où venait cette sorcellerie. Il bafouilla, s’excusa. Puis se reprit. Une jeune femme ? Bon eh bien c’était pas si terrible finalement. Il pourrait s’en sortir.

« Ah non mais c’est abusé vous les mecs. Dès que vous voyez une meuf vous êtes obliges de vous sentir supérieur. Eh oh Henry reviens là, baisse tes yeux et fais pas le fier alors que tu te pisses dessus depuis tout à l’heure. »

Il rigola. Elle eut un frisson tellement elle n’aimait pas être prise de haut. L’esprit de Jumbo frôla le sien qui s'échauffait et elle s’apaisa, offrant un immense et carnassier sourire. Il s’arrêta de rire instantanément.

« On se marre bien c’est bon ? Ok je voulais juste te prévenir pour tes dettes d’argent. C’est bon c’est effacé. »

Son corps entier se détendit. Une lueur de reconnaissance passa dans ses yeux. Il ouvrit la bouche, n’en revenant pas. Puis il se confondit en remerciements. Il s’approcha et faillit la prendre dans les bras. D’un mouvement furtif elle se recula légèrement et lui enfonça son genou dans le ventre de toutes ses forces. Il eut la respiration coupée et tomba à genoux les mains à l'endroit où se tenait le genou un instant plus tôt. Elle lui prit les cheveux et planta ses yeux vertsdans les siens. Jumbo Merlin se posta dans le fond. Henry était terrifié, à contrejour il voyait la masse sombre du singe et le regard pétillant de cette espèce de sorcière.

« J’rigole. »

*Qu’est-ce que tu es cruelle Éléonore parfois.*

*J’aime pas les gens qui ont peur. Surtout les mecs qui se rassurent en me voyant. Tu sais que j’aime pas ça. Et puis c’est le job hein.*


Elle allait continuer quand elle entendit qu’on interpellait Jumbo du fond de la rue.

*Oh pitié on peut pas être en paix deux secondes ici ?*

Elle lâcha Henry qui se releva. La menaçant d’appeler la police.

« Morte de rire vazy appelle la police. »

La voix se fit plus insistante. Elle comprit alors ce qu’il disait Monsieur s’il vous plaît. Monsieur à la capuche ! Un seul type de personne faisait ce genre de chose, entre autorité et impudeur, sans peur et sans reproche comme se croient les tout puissants. Les représentants de la loi.

*Oh shit.*

*Et voilà oh tiens surprise. Il fallait bien que ça arrive un jour. Comment on s’en sort maintenant ?*


Sans n’en laisser rien paraître Eléonore réfléchissait vite. Henry le terrorisé profita d’un court instant où Léo dirigea son regard et le haut de son corps pour voir l’homme qui les appelait pour se retourner et tenter de courir. Elle le vit de sa vision périphérique et se téléporta à côté avant de l’attraper. Et de cracher entre ses dents serrées :

« Toi écoute moi bien. Je t’oublie pas. Je connais tout, ta meuf, tes envies de gosse, ton taf. Tu t’es mis dans la merde maintenant tu t’en sors. Et celui à qui tu dois des sous te lâchera pas. Je vais recroiser ta route à chaque fois où tu t’y attendras pas. Si tu veux jouer avec moi tu vas perdre. Beaucoup. Et moi tu me fais vite chier. Alors pour t’éviter ce qui va t’arriver et de me vener please darling fais ce qu’on te demande. »

Elle le lâcha et il faillit détaler mais elle lui fit un croche patte. Il tomba face contre terre et se releva pour disparaître.
Son visage redevint enfantin et rieur et elle ne put empêcher un rire sortir.
Maintenant elle devait gérer un autre problème qui, en plus, l’avait empêché de bien faire ce pour quoi on l’avait payé. La jouer fine, voilà ce qu'elle devait faire. Elle retourna vers Jumbo et se plaça entre lui et l’homme. Au fond son groupe semblait approcher tout en gardant une certaine distance.

*Ah ouais ça rigole plus maintenant on se tape les militaires quoi. C’est plus le taser c’est les fusils d’assaut. Reste derrière j’essaie de les amadouer.*

*Pardon ? Les amadouer de quoi ? Eléonore ces gens-là ne rigolent pas… en plus ils sont tous humains, si c’est toi qui y va on va se faire tuer.*


Elle lui répondit avec un clin d’œil et un sourire charmeur. Elle releva sa casquette afin qu’on puisse voir son visage et prit l’air le plus innocent et naïf qu’elle pouvait, avec un demi sourire presque timide.

« Pardon Monsieur l’agent je ne vous avais pas entendu, un jeune homme a essayé de m’aborder. »

« C’est pas à vous que je parlais Mademoiselle c’est au Monsieur derrière vous. Pouvez-vous retirer votre capuche ? »

Jumbo s’exécuta pendant qu’Éléonore ravie observait l’expression du militaire. Elle adorait l’effet qu’avait le gorille sur les autres, d’autant plus les humains. Et encore plus les militaires. Elle observa le groupe qui restait de loin, laissant probablement à l’homme face à elle le soin de les appeler si besoin se sentait. Ça voulait dire pour l’instant qu’ils ne la considéraient pas comme une menace. Elle lorgnait sur les uniformes. En toute sincérité elle détestait les militaires, les policiers, toutes ces personnes dans le droit chemin obéissant à la loi, représentant la loi sous un pseudo idéal de justice. Les militaires c’était pire, ils se prenaient pour des Captain America parce qu’ils avaient fait joujou dans le sable irakien pour récupérer du pétrole.
A côté de ça…

*Vraiment Léo ? C’est vraiment le moment de mater ? Je sais pas ce qui te charme chez eux mais … tu me fatigues.*

*Ils sont trop chous regarde ! En plus je sais pas le fusil, l’uniforme… ils sont bien foutus… franchement …*


Elle cligna des yeux pour revenir à ses moutons.

« C’est mon daemon. Nous ne sommes pas dangereux. »

« Pas dangereux c’est ça bien sûr. Vous êtes en règle ? Vous êtes recensé ? Je peux voir la carte. »

Léo serra les dents, voyant que son numéro ne fonctionnait pas. Ils étaient recensés mais cette méfiance l’agaçait au plus haut point. Elle faisait preuve d’une mauvaise foi hors du commun vu que le soldat ne pouvait savoir s'ils étaient recensés et qu’ils pouvaient évidemment être dangereux, bien plus que des humains. Quoique des humains avec des fusils ...

« Et si je le suis pas ? Tu vas m’arrêter ? Je t’ai dit qu’on était pas dangereux putain. »

Le soldat releva légèrement son arme.

« Bah vazy te gêne pas mets-moi en joue, tirer sur un daemonien après tout ça passe tranquille ! »

*Léo à quoi tu joues là ? Je l’ai moi la carte !*

A l’intérieur Léo se sentait de plus en plus saoulée par cette espèce de mise en garde. Elle trouvait cela profondément injuste.

« On l’a votre fichue étoile jaune c’est bon regarde. Pas la peine d’appeler tes copains. »

Le soldat avait déjà murmuré quelques mots dans son talkie-walkie et Léo avait reconnu le mot agressivité. Le groupe se rapprocha. Elle haussa le ton.

« Non mais c’est une blague ! C’est pas moi qu’a le jouet le plus dangereux là. C’est quoi qui vous fait peur là ? C’est lui ? Moi ? »

« On va vous demander de vous calmer Mademoiselle, nous allons procéder à une fouille. »

« M.D.R tu me touches même pas mon gros.»

*Léo dis-moi que tu n’as rien de compromettant sur toi.*

*… Désolée Jumbo j’ai le reste de la dernière fois j’ai oublié de le jeter.*

*Mais c’est complètement stupide ! Enfin tu as quoi dans la tête ! On fait comment maintenant ? Je vais pas au commissariat je te préviens on a bientôt les examens qui vont nous donner le choix pour le stage et je perds pas une journée en cellule. Tu SAIS pertinemment qu’ils ne nous aime pas en plus. Pourquoi il faut que tu trouves le moyen de leur donner ce qu'ils veulent ?*

*Calmos je vais trouver une solution… on va s’enfuir.*

*Génial.*


L'homme s’approcha d’elle, deux autres derrière lui. Elle ne recula pas comme ils auraient pu ls'imaginer mais s’approcha d’eux, les poings sur les hanches et un immense sourire.

« Tu penses qu’on est dangereux ? Ben t’as raison. Ton équipe et toi ... vous faites pas le poids, si j'en ai envie ...fiuut plus d'équipe. Et tu sais pas à quoi tu as affaire hein ? Et si je pouvais tuer en touchant ? Ou vous brûler vifs ? C'est la surprise ! Et ça c’est que moi. Parce que tu n’as jamais vu un gorille en colère n’est-ce pas ? Tu n’as jamais vu la mâchoire d’un gorille ? Un indice ça envie rien au lion. Bon les chatons moi je suis en règle vous vous kiffez votre vie de justicier en kalashnikov on va rester sur ça, ça serait top non ? Franchement je vois que vous avez la flemme. Moi au pire ça me dérange pas de vous défoncer. Mais bon c’est une perte de temps toussa toussa. C’était vraiment cool de vous rencontrer maintenant moi je dois y aller j’ai atelier cuisine et manucure. Aujourd’hui c’est cupcakes et vernis arc-en-ciel. Vous devriez essayer ça vous irait bien. »

Elle tourna les talons, pourtant parfaitement alerte. Cette provocation ultime était jubilatoire. Sauf qu’elle savait que ça ne se passerait pas forcément comme ça. Les militaires étaient certes plus cons mais plus sûrs d’eux et le doigt plus prompt sur la gâchette. Par rapport aux policiers qu’elle avait l’habitude de maîtriser. Au moins on s’amusait en général avec eux. Les militaires prenaient tout au pied de la lettre mais ils étaient si sexy… Eléonore soupira. Tant pis.

Quand elle entendit une voix délicieusement autoritaire.

*Oh mon dieu. Quel est l’homme à qui appartient cette voix ?*

*Eléonore est-ce qu’on pourrait se concentrer sur l’objectif ne pas mourir s’il te plaît ? Parce que là on est face à un groupe de militaires armés que tu viens d’insulter et de menacer copieusement tout en les prenant de haut alors que tu possèdes de la drogue dans tes poches. Et on prévoit bien sûr de partir en courant sous le feu des balles. Le récapitulatif est pas très bon pour nous. Ah et j’oubliais le fait que tu restes plus concentrée sur leurs corps que sur notre fuite prochaine.*

*Tranquille Émile. J’ai confiance ça va bien se passer.*

*Moi pas.*


En général Eléonore Lovelace se sortait toujours des pires situations avec la plus grande nonchalance.
Une chance de cocue.

Alors elle se retourna. Elle pouvait bien prendre quelques minutes de son temps avant de s’échapper. Au moins pour voir la belle tronche de la belle voix.

  
MessageVen 25 Nov - 22:13
avatar
Date d'inscription : 06/08/2010Nombre de messages : 709Nombre de RP : 82Âge réel : 23Copyright : Aki <3Avatar daëmon : /
Kyle JohnsonLivin' in sin is the new thing






    « 96…97…plus haut Taylor !…98…99…J’t’ai vu Jimin, tu m’en feras 10 de plus ! … 99,5 …99,75 …100. Repos. Allez vous doucher au pas de course, vous avez 5 minutes. Le Capitaine Stevens va prendre le relais. »




J’adorais entraîner les nouvelles recrues. Je me revoyais à leur âge, petit caïd, qui crachait sur l’autorité et faisait des fuck au général quand il avait le dos tourné. Ca n’avait pas toujours été facile, mais ils avaient crus en moi, et j’avais finalement tout donné pour devenir le meilleur.




    « Gibson ? »


    

« Oui, mon Capitaine ?! »
    

« Vous avez 2 minutes 30 pour vous doucher. Vous venez avec moi en patrouille, en récompense de votre semaine. »


    

« Merci mon Capitaine ! »




Je sais qu’il se forçait à ne pas dévoiler ses sentiments mais je venais de provoquer en lui un feu d’artifice. Et je savais aussi qu’il n’allait pas se doucher. Mieux valait il être crados que d’arriver en retard pour cette opportunité que je lui donnais. Tournant les talons, j’allais chercher le Lieutenant O’Malley -qui en avait bien chier depuis toutes ses années avec son nom de félidé- afin qu’il m’accompagne également dans cette patrouille quotidienne que l’on effectuait en ville. Aujourd’hui, j’avais décidé d’aller faire un petit tour dans le Bronx. Les patrouilles étaient généralement concentrées sur le Quartier Sud et Est de la ville, plus rarement dans le Nord, et j’aimais l’effet de surprise.
Une fois dans l’armerie, le Lieutement O’Malley attrapa le AK-47 qu’il lui était destiné ainsi qu’un chargeur, et je me chargeais de prendre un M16 pour le soldat Gibson, sans charge cette fois. Il était bien trop novice pour se balader avec une arme chargée, mais elle ferait très bien son boulot de dissuasion. Faisant toutes les manipulations nécessaire, je vérifiais qu’elle n’était pas armée et donc inoffensive. Pour ma part, j’optais pour quelque chose de plus léger, un pistolet Beretta 92 que je désarmais et glissais dans l’holster qui lui était dédié contre ma cuisse.




    « Voilà mon Capitaine ! Je suis prêt ! »


    

« Repos. Tiens, prend ça. »

, lui tendant l’arme, je commençais à sortir de l’armerie avant de me retourner vers lui « Et…au fait…tu sens le Fennec Gibson. »




Le Lieutenant O’Malley s’esclaffa et je lui adressais un sourire en coin complice tant dis que le jeune soldat observait ses rangers sans piper mot. Intérieurement il devait me traiter de connard, en se disant que si je lui avais laissé plus de temps, il aurait pu se doucher. Bienvenue dans l’armée !

Je garais la Jepp à l’ombre d’une petite ruelle, en plein centre du Bronx. Il faisait un temps radieux en ce mois de mai, l’air était plutôt doux mais c’était le temps parfait pour le militaire en uniforme. Parce que le militaire en uniforme a rapidement chaud. Très chaud. Il dégouline littéralement en été et haïe les inventeurs de la combinaison pour ne pas avoir pensé à la faire auto-aérante. Du coup, pour flirter en uniforme, le militaire prend des engagements annuels chez AXE s’il veut avoir une chance de conclure au lieu de faire fuir ses conquêtes. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, il n’y avait pas de quoi transpirer à outrance. Et je n’avais pas non plus à plaire aux femmes. J’étais en mission, et en mission je restais concentré sur mon travail… Concentré. Tiens, ne serait-ce le bruit familier des escarpins foulant les pavés, dans lesquels se tenaient deux magnifiques jambes resserraient dans cette petite jupe noire de tailleur ? Relevant les yeux, je ne pu m’empêcher d’observer à qui appartenaient ces deux gambettes. Face à moi avançait une jeune femme au long cheveux blonds dont la poitrine étouffait dans un petit chemisier blanc et appelait à l’aide pour pouvoir respirer et en sortir. Mine de rien, je continuais à regarder droit devant moi tandis que l’élargissement de mon champs de vision me permettait de savoir qu’elle lorgnait mes yeux. La différence entre l’homme et la femme: nous n’avions pas les même priorités visuelles, elles les yeux, nous les culs.




    « Gibson, ravale ta salive. T’en verras d’autres va ! »




Nous continuons notre marche au travers de la ville, croisant par moment des personnes accompagnées de leur daemon mais qu’il n’était pas utile de suspecter. Lorsque j’avais été muté à Merkeley, je me souviens que nous avions eut une rapide formation sur les daemoniens qui nous expliquait approximativement comment se comporter. Il avait été dit que généralement, le daemon qui accompagnait l’humain faisait transparaître leur état d’esprit. Et que par exemple, un type casquette à l’envers au fond d’une ruelle et qui avait pour daemon un doberman pouvait être perçu directement comme suspect. Il avait aussi été dit que ceux qui avaient de plus petits daemons n’en étaient pas moins inoffensifs et détenaient généralement un don plus puissant. Bref, charabia. Moi ce que j’en disais, c’est qu’il fallait ce méfier d’eux quoi qu’il arrivait, autant que l’on devait se méfier de n’importe quel individu sur terre.

Enfin, des murmures dans une ruelle rendirent notre patrouille plus intéressante qu’elle ne semblait l’être jusqu’à présent et nous firent stopper notre marche. O’Malley avait décidé de prendre les devants et commençait à s’avancer. Moi, ayant rapidement analysé la situation, je décidais de rester en retrait, à l’entrée de la rue, et de n’intervenir que si les choses dégénéraient. De ce que je voyais de ma place, il semblait y avoir une petite altercation entre une jeune femme et un homme. A leur côté, immobile, se dessinait une silhouette imposante caché sous un sweat à capuche. Jusque là, rien de bien inquiétant… J’approchais de quelques pas et tendais l’oreille, désireux d’entendre l’échange.




    « Pardon Monsieur l’agent je ne vous avais pas entendu, un jeune homme a essayé de m’aborder. »






Elle mentait. Quelque chose se tramait la dessous.




    « C’est pas à vous que je parlais Mademoiselle c’est au Monsieur derrière vous. Pouvez-vous retirer votre capuche ? »




Il s’exécuta, et sous cette capuche apparut la gueule monstrueuse d’un gorille. Mes sourcils se froncèrent à la vu de l’imposant primate, et machinalement, je fis un pas de plus en avant. Si les choses tournaient mal soudainement, il allait falloir que l’esprit d’Usant Bolt s’empare de moi.




    « C’est mon daemon. Nous ne sommes pas dangereux. »
    « Pas dangereux c’est ça bien sûr. Vous êtes en règle ? Vous êtes recensé ? Je peux voir la carte. »




Le lieutenant était un peu trop sur la défensive à mon goût. Maintenant, c’était certain, je sentais que les choses allaient dégénérer. Il ne manquait plus qu’il les menace avec son arme… Et merde. Le voyant relever le bout du canon de son fusil, je serrais la mâchoire, furieux de voir la réaction de mon coéquipier. Une fois rentré à la caserne, je me promettais de lui faire passer un mauvais quart d’heure et de lui rappeler certaine règles qu’il semblait avoir oublié. Le talkie se mit alors à grésiller, et je savais que c’était le début de la fin : « Demande renfort. Deux individus, présentant signes d’agressivité. ». Me retournant légèrement vers le jeune soldat, je lui ordonnais de me suivre comme mon ombre mais de laisser son arme sur son épaule. Je m’engageais alors dans la ruelle, d’une allure sereine et sans précipitation pour éviter d’alarmer un peu plus les deux individus. J’entendais la voix de la jeune femme monter un peu plus à chaque fois dans les tours, alors que O’Malley leur demandait d’ouvrir le sac perché sur le dos du gorille afin de le fouiller. Comme aucun des deux ne bougeaient, j’en conclus qu’ils ne semblaient pas vouloir obtempérer. Tiens donc, on commence à se faire caca mou dessus ? Nous n’étions plus qu’à quelques mètres et c’est alors que la jeune femme sembla partir en vrille en débitant un nombre de mots incalculable.




    « Tu penses qu’on est dangereux ? Ben t’as raison. Ton équipe et toi ... vous faites pas le poids, si j'en ai envie ...fiuut plus d'équipe. Et tu sais pas à quoi tu as affaire hein ? Et si je pouvais tuer en touchant ? Ou vous brûler vifs ? C'est la surprise ! Et ça c’est que moi. Parce que tu n’as jamais vu un gorille en colère n’est-ce pas ? Tu n’as jamais vu la mâchoire d’un gorille ? Un indice ça envie rien au lion. Bon les chatons moi je suis en règle vous vous kiffez votre vie de justicier en kalashnikov on va rester sur ça, ça serait top non ? Franchement je vois que vous avez la flemme. Moi au pire ça me dérange pas de vous défoncer. Mais bon c’est une perte de temps toussa toussa. C’était vraiment cool de vous rencontrer maintenant moi je dois y aller j’ai atelier cuisine et manucure. Aujourd’hui c’est cupcakes et vernis arc-en-ciel. Vous devriez essayer ça vous irait bien. »




Je déduisais que ce flot de paroles soudain trahissait chez elle une sorte d’angoisse, et la longueur du discours révélait qu’elle souhaitait gagner du temps afin d’élaborer certainement un super plan qui les sortirait de là. Ca, c’était bien les daemoniens. Ils se pensaient supérieurs à la race humaine, indestructibles, des descendants même de Super-Man, mais voulaient tout de même qu’on les considères comme humains à part entière. Cherchez l’erreur. La provocation dont elle était actrice eut le don de me faire bouillir intérieurement et je décidais à présent de prendre les choses en main. La voyant tourner les talons comme si de rien n’était, mon sang ne fit qu’un tour et mes nerfs, à fleur de peau, réagirent bien plus vite que mon cerveau lui même. En un mouvement maîtrisé, j’avais dégrafé mon révolver de sa housse de protection sur ma cuisse et le portait en main, visant bras tendus le petit éclair dessiné sur son tee-shirt: en pleine poitrine. D’une voix plutôt grave qui m’était propre, je tentais de garder mon calme et laissais alors filait quelques mots entre mes dents.




    « On t’a dit de te calmer. Retourne toi et pose les mains contre le mur. On va procéder à une fouille, et c’est pas une question. C’est clair pour vous deux ? »




Je jetais un rapide coup d’oeil au gorille pour m’assurer qu’il me comprenait et attendais qu’il pose son sac au sol avant que …




    « … Ou faut p’t-être qu’on le dise en langage de singe ? »




Serrant ma mâchoire plus qu’elle ne l’était déjà, je fixais du regard la jeune femme, n’osant même pas regarder mon jeune équipier qui venait de balancer une bombe verbale. Ma main se crispait sur la gâchette du pistolet, et j’hésitais alors à tirer dans le pied de la brune pour éviter qu’elle ne s’échappe, ou de foutre un grand coup de crosse dans la gueule de Gibson pour qu’il la ferme. Mais pourquoi je l'avais emmené celui là...
  
MessageMar 29 Nov - 19:11
avatar
Date d'inscription : 13/07/2016Nombre de messages : 161Nombre de RP : 63Âge réel : 21Copyright : AkiAvatar daëmon :
Eléonore LovelaceWhat did you expect ?

*Léo c’est pas grave. Je me fiche de ça. Je … inspire Léo.*

« Et je dois te parler en gros con pour… »

Jumbo posa sa main sur la bouche d’Eléonore bloquant toute phrase possible. Pourtant ça avait bien commencé. La belle voix à laquelle elle s’était retournée appartenait à un troisième militaire qui la fixait. Ses yeux verts avaient été happés par la dureté de l’homme et elle n’avait rien dit quand il lui avait demandé de se calmer. Jumbo avait même déposé son sac à terre.
Elle était restée accroché dans son regard, détaillant sa mâchoire serrée, ses lèvres pincées, ses cheveux coupés courts. Elle devinait sous l’uniforme des muscles saillants. Et le pistolet chargé pointé sur elle lui donnait une dose de défi. Le rapport avait changé, ça ne se jouait plus entre un groupe de militaire et elle. C’était la dealeuse et le militaire. Presque une bonne histoire.
Mais le plus jeune militaire avait percé cette bulle avec des paroles aussi cruelles qu’ignorantes.
Parler en singe à cet érudit, ce savant, cet esprit brillant qu’était Jumbo Merlin. Comment osait-il ? Il avait tiré de la salpêtre dans les veines de Léo. Elle le vannait sans arrêt mais au fond elle en était fière. Ok elle s’était mise dans une mauvaise situation mais ce n’était pas la faute de Jumbo, comment pouvait-il l’humilier ainsi ?
Jumbo quant à lui ne le prenait pas mal, non pas par humilité mais par confiance. Il savait ce qu’il valait et ce que valait ce jeune homme trop assuré. Il le méprisait en un sens. Et lui réfléchissait à comment se sortir de là. Il était la raison quand encore une fois elle se laissait vaguer au rythme de ses pensées.
C’est pour cela qu’il avait empêché que la situation ne se dégrade encore plus en faisant terre ce monstre sans filtre qu’était Eléonore.
Elle se retourna, mettant ses mains contre le mur. Elle ne souriait plus du tout. Cet abruti lui avait fait oublier toute sa fascination première. Seule face à elle-même contre le mur elle desserra ses mâchoires. Ils devaient fouiller le sac de Jumbo qui ne contenait rien. Elle qui avait toujours eu de la chance allait se faire avoir ? Se faire arrêter comme ça ? Bêtement ? Elle rageait, ça ne lui convenait pas du tout. Jumbo lui avait demandé d’éviter le commissariat et elle n’avait pu l’en empêcher. La cerise sur le gâteau était le comportement du jeune homme. Elle entendit Jumbo essayer d’apaiser la tension.

« Écoutez, vous pouvez fouiller mon sac vous ne trouverez rien. Elle est comme ça avec tout le monde, nous ne sommes pas des criminels. La carte de recensement est là, vous pouvez tout vérifier. »

Il était posé et rassurant mais ça ne suffirait pas. Il parlait uniquement au militaire plus responsable tandis que le cow-boy au pistolet s’occupait de la fouille.
Le contact calma directement Léo qui sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale. Elle en était à se dire qu’une fouille n’était pas si désagréable quand …

//

Henry avait couru le plus loin et le plus vite qu’il pouvait. Mais très vite la cigarette et le manque d’entraînement l’avaient forcé à s’arrêter. Son cœur battait fort. Mais finalement rien de grave n’était arrivé. Il s’appuya contre un mur pour reprendre son souffle. Il n’irait pas travailler aujourd’hui, il prendrait un congé bien mérité. Pour aller récupérer ses économies et tout payer tout de suite. Il n’avait fait qu’une petite erreur ! Il aurait aimé gagné le gros lot pour pouvoir agrandir l’appartement et faire une nouvelle chambre pour le futur enfant. Il aimait aussi jouer mais là le gain avait été si tentant. Il préférait ne pas prendre de risques et jouait entre collègues d’habitude. Il avait été si subtilement manipulé. Impossible de perdre lui avait-on dit. Comment avait-il pu être aussi stupide ! Il avait ensuite pensé pouvoir disparaître mais évidemment on l’avait retrouvé. Il s’était cru plus malin mais le coup à l’estomac lui faisait encore mal et ce n’était qu’une jeune fille. Il tourna la tête pour empêcher les images de gros molosse de rentrer. Il s’était cru plus malin mais il devait payer et vite. Pour éviter de revoir cette fillette agressive et son garde du corps massif.
Il avait toujours été distrait Henry, c’était même ça qui avait séduit sa femme.
Il tourna à l’angle et rentra tête la première dans un mur.
Ou plutôt, un torse.

Il se frotta la tête. Décidément c’était pas sa journée.

Ses yeux s’écarquillèrent quand il se fit soulever du sol. En face de lui une peau tannée par le soleil et grumeleuse par je ne sais quelle maladie de peau. Deux yeux marrons le fixant pour le détailler.
Il retomba encore une fois. L'homme en face de lui avait tout du pitbull. Immense, massif, une larme tatouée au coin de l’œil. Typiquement la personne qu'il n'avait pas envie de retrouver face à lui. Il avait juste une grosse dette, il n'étais pas recherché par la mafia tout de même. Le gorille grommela son nom. Une fois. Puis une deuxième fois plus fort et plus menaçant. Henry opina. Oui c'était lui.
Dans un anglais approximatif, qui ressemblait plus à de l'espagnol, il baragouina une phrase. Et Henry comprit seulement les deux derniers mots. Never again.
Ensuite la détonation et la poussée. Un cri sortit de son corps. Et à la fin de ce cri il ne restait plus personne dans la ruelle.
Il revint sur son jugement. C'était pas simplement une mauvaise journée.
Il cria à l'aide, les deux mains plaqués contre sa jambe sanguinolente.
C'était la pire journée de sa vie.


//

Une détonation lointaine sonna. Un silence s'abattit. Toujours tournée vers le mur Léo sourit.

*Comment peux-tu avoir autant de chance ? Dans une vie antérieure tu as dû être un ange.*

La fouille s'arrêta pour un instant. Il fallait bien que l'un d'eux aille voir ce qu'il se passait. Un cri demandant de l'aide résonna alors.

*Hein? Mais c'est Henry? Je croyais que j'étais seule sur le coup! Putain il m'a doublé c'est quoi cette confiance de merde! Il allait payer cet aprèm j'en aurais mis ma main au feu!*

*Peut-être mais tu sais comment il fonctionne. Un pour faire peur et pour convaincre, l'autre pour punir et prévenir de recommencer.*

*Ouais ouais c'est ça. Bof au pire tant que je suis payée. Mais franchement t'as vu ça quoi. Tout ça parce que je suis une nana.*


Le militaire qui l'avait interpellé en premier sembla être celui qui irait voir. Tant mieux elle préférait être en intimité avec l'autre. Dommage qu'il restait le jeune con.
De toutes les manières c'était le moment. Il n'avait pas encore fouillé sa poche intérieure de veste et il valait mieux éviter qu'il trouve quoi que ce soit. En un instant elle se faufila comme un chat et prit la première sortie, hors de leurs tirs. Le but était de tourner le plus possible. Jumbo allait bien plus vite qu'elle et elle le laissa faire, se contentant de le suivre.
Elle avait bien entendu qu'un des deux avait appuyé sur la gâchette mais elle n'avait entendu aucune balle.
Essoufflée elle s'arrêta, pensant les avoir semé. Mais une force puissante la poussa contre le mur. Le corps musclé la poussait contre le mur. Elle haletait, ayant perdu sa casquette en cours de route ses cheveux étaient en bataille. Elle entendait son cœur à lui battre.

*Léo j'ai grimpé cet immeuble téléporte toi dedans.*

Eléonore n'était plus Eléonore. C'était comme passer dans un autre univers, avec une autre gravité. Son esprit tourbillonnait sans pouvoir se retrouver, au rythme de leur deux respirations. Dans son vague inconscient elle eut le temps de remercier le Seigneur pour qu'il ait été le plus rapide.

*Léo! L'autre va arriver!*

Elle inspira l'odeur musquée de ce militaire, reprenant ses esprits. Bloquée entièrement contre le mur, il aurait pu lui parler qu'elle ne l'entendait pas, elle pencha juste sa tête vers son oreille, suivant lentement la courbe de sa mâchorie. Ses lèvres toutes proches de son oreille pour lui murmurer :

« Tu feras mieux la prochaine fois… chaton. »

Dans son dernier souffle elle fit passer ses canines sur le lobe de son oreille. Et au moment où Jumbo s'apprêtait à rugir dans sa tête elle disparut.
  
MessageJeu 1 Déc - 12:22
avatar
Date d'inscription : 06/08/2010Nombre de messages : 709Nombre de RP : 82Âge réel : 23Copyright : Aki <3Avatar daëmon : /
Kyle JohnsonLivin' in sin is the new thing

Les paroles de Gibson trahissait grandement son immaturité, son impulsivité, son manque d’expérience et sa faiblesse d’esprit d’analyse. Je regrettais de lui avoir permit de m’accompagner aujourd’hui. Il était un petit gars généralement adroit et qui respectait grandement l’autorité. Sur ce coup là, je pense qu’il avait sentit des ailes lui pousser dans le dos, et qu’il n’avait pas pensé aux représailles que ça lui coûterait. Oui, bien entendu, je n’allais pas en rester là une fois rentré à la caserne. La jeune femme s’était retourné avec vivacité, le regard fermé et semblant lancer des flammes. Elle avait commencé une phrase, voulant répondre à l’attaque verbale du jeune militaire qui m’accompagnait, rapidement tue par l’énorme main du gorille posée sur sa bouche. Mes yeux virèrent alors dans ceux de la brune rebelle, et je baissais mon arme pour tenter d’apaiser les tensions qui planaient depuis quelques minutes dans cette petite ruelle sombre. Elle était habillée comme une femme des rues, casquette et basket, jean troué, et tee shirt bien trop ample pour souligner ses formes que je pouvais néanmoins deviner. Elle avait un regard émeraude qui aurait eut le don de me faire chavirer si je n’avais pas été dans cette situation là, et si elle n’avait pas été le genre de nana jouant avec la délinquance. Quoi qu’il y avait quelque chose d’excitant tout de même …

Il y eut un silence entre nous tous et finalement, mademoiselle rebelle se décida de coopérer. Elle se tourna et plaça les mains sur l’un des murs qui nous entouraient, écartant légèrement ses jambes tendues. Son petit sourire narquois avait disparu et laissé place à une mine résignée, voire presque boudeuse, qui eut le don de moi me faire sourire intérieurement. Je rangeais alors mon arme dans son holster et m’approchais d’elle. A nos côtés, le lieutenant O’malley s’avançait vers le gorille qui semblait lui aussi coopérer. Il avait l’air si calme ce grand primate. Ses mots, depuis le début de cette altercation, n’avaient jamais été plus hauts l’un que l’autre. Je l’entendais expliquer calmement à mon équipier que l’on ne trouverait rien dans le sac et nous priait presque d’excuser le comportement de la jeune femme. O’malley avait prit leur carte de recensement entre les mains et l’observait avec attention afin de se rendre compte de son authenticité ou non. Hochant la tête en signe d’approbation, il s’attaqua ensuite à la fouille du sac à dos et compris rapidement qu’il sortirait bredouille de cette chasse.

De mon côté, je m’étais placé dans le dos de la jeune femme. Je faisais bien une tête de plus qu’elle et il était impensable qu’elle m’échappe. De ce fait, je baissais un temps soit peu ma garde. Dans un premier temps, je lui ôtais sa casquette, m’assurant qu’elle n’y avait rien dissimulé. Ce geste dévoila sa chevelure ondulante et un léger parfum de shampoing plutôt agréable. Me penchant un peu plus sur son corps, j’attaquais alors la fouille. Je posais d’abord mes mains sur sa taille, tâtant les poches de sa veste en cuir. Dans l’un d’elle, je sentit un petit objet. J’ouvrais la poche et y passais ma main. Des clés. La refermant, je faisais glisser mes doigts sur son bas ventre et déviais sur ses hanches pour toucher les poches de son jean. Rien. Mes mains atterrirent ensuite sur ses fesses -et je bénissais les fabriquant de jean d’avoir inventé les poches à l’arrière des pantalons. Dans l’une d’elles, il y avait une petite masse semblable à une grosse barre de shit. J’enfonçais deux doigts au fond de la poche et en sorti un briquet. Faisant rouler machinalement la molette, je faisais naître une flamme. Bien, il était donc remplit de gaz et non creux. Impossible qu’il fut utilisé comme cachette à stupéfiant. Remettant le briquet à sa place, je terminais la fouille du bas en faisant glisser chacune de mes mains sur ses jambes. N’y voyant rien de suspect, je me redressais et replaçais mes mains sur sa taille. Elle avait des formes superbes, et je trouvais dommage qu’elle gâche tout cela sous un vulgaire tee shirt ample. Cette fois ci, je passais sous sa veste, faisant attention de rester sur son haut. Mes doigts commencèrent leur chemins vers sa poitrine et ma mâchoire se serra instinctivement, prit d’un léger frisson qui me parcouru la nuque. Le même frisson que je ressentais lorsque … je désirais une femme. Bon sang, c’était le comble ! Je n’allais pas perdre pied face à cette délinquante que j’étais en train de fouiller ! J’en avais déjà fouillé des centaines comme elles, mais c’était bien la première fois qu’il m’arrivait cela.

Le bruit d’une détonation vint alors perturber notre silence. Otant mes mains de son corps, je tournais machinalement la tête vers la provenance du son. S’en suivit ensuite le cri d’une personne demandant de l’aide. Et merde, il fallait que les choses s’enchaînent de cette façon là. Pour ma part, je n’avais pas fini ma fouille. Il me restait encore les poches intérieures de sa veste et l’intérieur de ses baskets. Jetant un regard à O’malley, il s’empressa de se diriger vers la scène au pas de course. Dans ce court moment d’inattention de ma part, la jeune femme se déroba de mon emprise et partit en courant, suivant le gorille avec grand entrain. Il ne me fallut pas longtemps pour réagir et je m’élançais à sa suite.




    « Toi, tu reste ici, c’est un Ordre ! »




Il ne manquait plus qu’il me fasse de nouveau tout foirer, ainsi j’ordonnais au jeune Gibson de rester à sa place et d’attendre que je revienne. Courant à travers les ruelles qui s’enchaînaient, je tentais de respirer progressivement pour ne pas m’essouffler trop rapidement. J’étais meilleur en sprint qu’en endurance, et j’espérais qu’elle s’essoufflerait bien avant moi. Petit à petit, je réduisais l’écart entre nous, mais je devais avouer qu’elle battait des recors. Enfin, mon regard se porta bien loin devant et j’aperçut l’entrée d’une rue. Sans réfléchir, je prenais la première à droite, espérant pouvoir lui tomber dessus un peu plus loin. Je continuais ma course, parallèle à la sienne, durant encore une trentaine de mètre. Enfin, voyant l’intersection, j’accélérais une dernière fois alors que j’entendais ses pas ralentir. Débouchant dans la ruelle, je tombais directement sur elle.

Je l’avais violemment poussée contre le mur face à moi. Instinctivement, j’attrapais ses poignets d’une main et les bloquais au dessus de sa tête. Haletant, la bouche entrouverte, je plantais mes prunelles dans les siennes émeraudes. Pour ne pas qu’elle s’échappe de nouveau, et comme aimanté par une force invisible, j’appuyais mon bas ventre contre son bassin, la bloquant ainsi un peu plus sous l’emprise de mon corps. Le temps semblait alors s’arrêter un instant. Je pouvais percevoir les battements accélérés de son coeur. Entre ses lèvres, une fine mèche de ses cheveux s’était immiscée, la rendant à la fois intrépide et excitante. J’étais attiré par elle. Irrésistiblement et malgré moi, je la désirais. Je sentais quelques gouttes de sueur naissant à la racine de mes cheveux, venir perler sur mes tempes, mais rien alors ne pouvait perturber cette atmosphère remplie d’ardeur et de frénésie. C’était impossible, irrésistible. Elle devait avoir un pouvoir de séduction imparable, et il m’était impensable de pouvoir luter contre ce don. Enfin, à la vue de sa tête se rapprochant de la mienne, je me contentais de serrer la mâchoire pour ne pas commettre l’irréparable. Son souffle dans mon cou eut le dont de faire dresser les poils de mes avants bras alors qu’elle me susurrait quelques mots.




    « Tu feras mieux la prochaine fois … chaton. »




Et je compris qu’elle allait m’échapper. Sentant ses dents frôler mon oreille, je fis glisser ma main libre dans sa nuque et fit diriger sa mâchoire avec mon pouce pour placer sa tête face à la mienne. Et … elle s’évapora. Entre mon corps, il n’y avait plus que du vide. Je restais un instant contre le mur, reprenant mes esprits face à cette incohérence totale. Elle était partie comme un nuage, comme une brise. C’était donc ça son pouvoir ? Et cette attraction entre nous, d’où venait elle alors ? Me redressant, je tournais les talons pour rebrousser chemin, partagé entre la rage qu’elle m’est échappée, et l’envie de la retrouver.
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1