In The Wood Somewhere

 
  
MessageSam 6 Mai - 6:32
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Kyllian GriffinMODO• I'm all kind of BAD luck



IN THE WOODS

SOMEWHERE


Demelza Flynt & Sky | Kyllian Griffin & Kaya | Forêt | avril 2017



WARNING : le contenu peut être sensible pour certaines personnes.



My head was warm, my skin was soaked, I called your name ‘til the fever broke.
When I awoke the moon still hung, the night so black that the darkness hums.
I raised myself, my legs were weak, I prayed my mind be good to me.
An awful noise filled the air, I heard a scream in the woods somewhere.
A woman's voice, I quickly ran into the trees with empty hands.
A fox it was, he shook afraid, I spoke no word, no sound he made.
His bones exposed, his hind was lame, I raised a stone to end his pain.




« Kyllian, tu vas trop vite. Ralentis s’il te plait. Kyllian ? »

L’interpellé ne répond pas. La voiture continue de s’élancer sur la route à une vitesse excessive, avalant l’asphalte mille après milles. Le coyote, nerveuse, inquiète et sur le point de céder à la panique regarde les mains crispées de son daemonien sur le volant, ses jointures blanchies et ses ongles plantés dans le cuir.

Il n’a rien dit. Pas un mot, même pas une pensée en sa direction. Il s’est fermé comme elle ne pensait pas possible de le faire, rendant son esprit perméable au sien. Tout ce qui lui vient de Kyllian est une vibration horrible, un son sourd et menaçant comme les quelques instants de silence avant une explosion. Elle sent toute sa tension, toute sa douleur et toute sa rage, mais seulement tel un grand cri dont elle ne perçoit encore que l’écho.

Et elle a peur. Kaya n’a jamais eu aussi peur. Même lorsque les bombes pleuvaient, même lorsque les militaires courraient derrière eux pour les arrêter au Mexique, même quand un fusil avait été pointé directement entre ses yeux. Parce qu’il ne s’est jamais fermé ainsi. Parce qu’elle connait la culpabilité et la douleur, fardeau quotidien de leur duo, mais que ce qu’elle ressent en provenance de Kyllian est beaucoup plus fort, beaucoup plus violent. Elle voudrait qu’il crie, qu’il hurle, qu’il frappe sur tout ce qui bouge. Absolument tout sauf cet horrible silence.

Kyllian quitte la route principale en prenant un tournant, les faisant s’engager sur les chapeaux de roues dans un chemin de terre en pleine forêt. Il confirme ainsi à Kaya son intuition de départ : il se dirige vers son campement. Le seul et dernier endroit qui lui sert de refuge, certes, mais aussi terriblement isolé, perdu au milieu des bois.

Et Kaya a peur. Peur de ce vide terrifiant qu’elle sent désormais chez son daemonien et entre eux. Quelque chose s’est brisé, a éclaté en mille morceaux. Irréparable. Alors elle n’arrive plus à prédire ce qu’il fera, elle qui le connait pourtant si bien. Pour la première fois peut-être, elle ne veut pas qu’il soit seul. Elle ne veut pas être seule non plus. Ce vide l’effraie, lui glace le sang et la terrorise au point de perdre ce qui lui reste d’ancrage. Aussi, elle cède à la panique.

« Je t’en prie, arête toi et parle-moi ! Damn it ! »

Il ne semble même pas l’entendre.

Tremblante, la daemonne attrape la veste de cuir que Kyllian a rapidement jeté sur le siège arrière en entrant dans la voiture pour le ramener vers elle à l’avant. Elle se débat un instant avec l’objet puis finit par trouver le téléphone portable de Kyllian dans l’une des poches. Le cœur battant, elle serre les crocs devant l’appareil électronique, maudissant sa forme de coyote. Elle doit faire vite, car plus ils s’enfoncent dans les bois, moins elle a de chance d’avoir du réseau. Du bout de la patte, elle parvient à l’allumer, mais jure de plus belle lorsqu’elle tente d’avoir accès aux contacts.

Excédée, elle finit par donner des coups de patte au téléphone. Dans un miracle qu’elle n’a pas le temps d’apprécier ni d’expliquer, l’écran passe d’une fenêtre à l’autre puis s’arrête sur du noir ou elle voit soudain apparaitre le nom de Demelza. Elle a réussi. Elle entend la sonnerie de l’autre côté et prie intérieurement pour que la blonde décroche. Elle n’aura probablement pas cette chance deux fois et le temps lui est compté. Lorsqu’enfin elle entend la voix de Demelza, son cœur s’emballe et elle saute presque sur ses pattes, se penchant vers le téléphone pour être certaine qu’elle l’entende.

« Dem ? Dem j’ai besoin d’aide, je t’en supplie, c’est Kyllian. Ça ne va pas du tout, il s’est coupé de moi et… et… Maldita. Dem, c’est Karo. Elle a perdu le bébé et… il a besoin de toi, je ne sais pas quoi faire, j’ai peur... »

Un son de grésillement émane alors de l’appareil et la voix déjà cassée et haletante de Kaya prend des notes de paniques. Pour elle qui est d’ordinaire imperturbable, sinon pour montrer les crocs, n’importe qui l’entendant à ce moment précis pourrait facilement ne pas la reconnaitre.

« Dem tu m’entend ? Dem ? Non, s’il vous plait… Joder ! Il se dirrige vers notre campement, dépêche-toi s’il te plait… Fuck. Fuck fuck fuck. Faites qu’elle m’a entendue… »

Le grésillement devient constant puis la ligne coupe, tout simplement. Le coyote lève les yeux vers Kyllian, mais celui-ci ne semble même pas s’être aperçu des actions de sa daemonne. Il fixe la route, les traits crispés et la respiration laborieuse, comme si chaque bouffée d’air le fait souffrir.

Puis la voiture s’arrête enfin. L’homme en sort, boulet de canon, suivit par une Kaya désespérée qui à défaut de pouvoir l’aider tente de rester le plus près possible de lui. La forêt autour du campement est calme, incroyablement silencieuse. Le printemps est bien installé et la brume de la fin de journée s’étire en langues opaques entre les troncs gris, blancs et noirs. Un décor beau, apaisant même, mais qui se transforme dès l’arrivée de Kyllian en écho de souffrance et d’angoisse. Et alors même que le soleil disparait, l’homme se dirige droit vers la vieille Volkswagen qui lui sert de maison depuis deux ans.

À l’intérieur, il attrape son fusil de chasse et ressort aussitôt. Kaya couche les oreilles. Il ne va pas tuer quelqu’un quand même ? Mais qui ? Il n’y a personne à blâmer. Un mal immense et personne à haïr. C’est bien là tout le drame… non ?

L’idée plus logique que son daemonien puisse vouloir aller à la chasse pour oublier, pour se calmer, la fait presque sourire. Oui. Oui, c’est une bonne idée. Ils ont toujours pu s’échapper ensemble de leurs problèmes dans la chasse. Ce sera pareil cette fois aussi, non ? Et elle pourra surement l’y retrouver, combler ce vide qu’il a créé entre eux et à l’intérieur de lui.

Mais Kyllian, sans jamais poser les yeux sur elle, ne part pas vers la forêt.

Kaya le suit des yeux, un gouffre s’ouvrant dans son ventre alors qu’il marche jusqu’à un arbre de l’autre côté du campement. Lentement, il s’y adosse et se laisse glisser au sol. Le visage fermé, l’homme entreprend avec des mouvements surs et automatiques, rompus par l’habitude, d’ouvrir l’arme et de la charger.

Kyllian s’est retranché dans un coin de son esprit. Ses mains sont engourdies et il ne comprend pas comme il peut effectuer des mouvements aussi précis sans trembler ou échapper les balles. Il n’y pense déjà plus néanmoins, cela n’a pas d’importance. Plus rien n’a d’importance que cette blessure à vif et ce désir de la faire taire, elle et la folie des voix qui hurlent dans sa tête.

Assez. Il en a assez.

Respirer est un supplice. Se souvenir un martyre. Se sentir vivant une offense. Son corps est de trop et son esprit à assez penser. Il a assez fait de mal et a assez souffert. Assez. Assez. Assez.

Il ne voit plus que la bouche du Winchester devant ses yeux. La forêt autour n’existe plus. La voix de Kaya qui lui demande ce qu’il fait non plus. Même la presence du coyote n’est qu’un faible et lointain écho. Rien d’autre n’existe dans son univers.

Il revoit le premier sourire qu’il a aperçu sur les lèvres de Karolinja. Se souvient de chacune de ses nuits passées avec elle. Les rires, les pleurent aussi. Et cette chambre récemment repeinte en bleu dans leur petit appartement. Il entend encore le téléphone sonner, tel un glas de mort à ses oreilles, comme s’il sonnait toujours. Et alors il peut presque entendre ses rêves et illusions se briser. Éclater en milliards de parcelles. Kyllian sent encore la main de Karolinja dans la sienne sur le lit d’hôpital, son poids dans ses bras alors qu’elle pleure et crie à s’en fendre l’âme… et celui d’un enfant sans vie dans ses mains.

Sa faute. Sa faute. C’est sa faute.

Ce sont les mots qu’elle lui a criés. Les derniers qu’elle lui a offerts avant de lui demander de partir. Elle souffre trop. Souffre d’avoir perdu leur enfant, de sa presence aussi, de son pouvoir et de sa culpabilité. Il sait qu’elle a raison. Il sait qu’il a eu tort de croire en cet avenir à deux. Non, à trois. Il a eu tort de la mettre en danger par sa présence. Tort de se croire plus fort que cette malédiction qui coule dans ses veines tel un poison, détruisant tout sur son passage. Tellement, tellement tort. Alors elle a raison de la haïr. Lui aussi se haït. Car Kaya à tort de croire qu’il n’y a aucun responsable à blâmer.

Il s’en veut. Il s’en veut tellement. Impardonnable.

Kyllian serre les dents et son cœur s’accélère. Il met une main dans sa poche et en sort une petite figurine de coyote, taillée grossièrement dans du bois. Il la serre a un point tel que les arrêtés coupent sa peau et teinte la surface de bois d’une trainée rouge vif. Puis, Kyllian appuie la bouche du canon contre son front et ferme les yeux.

« Kyllian ? Arrête ca tout de suite ! DON’T YOU DARE DO THIS TO ME ! »

Le cri aigu perce la brume et le silence de mort de la forêt pour atteindre les oreilles de l’homme. Ses mains se mettent à trembler, mais il ne bouge pas. Une goutte de sang perle sur sa paume alors que sa respiration devient laborieuse. Et toujours, derrière le voile de ses paupières, les images de Karolinja lui hurlant de partir, de son fils trop peu longtemps tenu dans ses bras, et le poids de chacune des trainées de sang qu’il a laissé derrière lui. Sa mère. Son père. Ana. Et maintenant… Sam ? Probablement, oui. Sam, comme son père. Karo aimait ce nom lorsqu’il le lui a proposé après tout, bien qu’ils n’aient jamais eu l’occasion de s’arrêter définitivement sur un choix. Mais tout le monde mérite d’avoir un nom, n’est-ce pas ? Son fils aussi. Alors il le nomme simplement Sam. Baptême silencieux d’un enfant qui n’aura jamais pu ouvrir les yeux.

Sam doit être seul, non ? Les enfants ne sont pas censés partir avant leurs parents. Les parents doivent les accompagner, les protéger, dans la vie comme dans l’après. Mais Karolinja et lui sont toujours vivants, alors Sam est seul.

Ya voy, hija mía. Ya voy.

Son doigt glisse sur la gâchette alors que son coeur bat furieusement dans sa poitrine. La tension dans sa main et son bras lui fait mal et la sueur froide qui perle sur son visage et contre le métal froid de l’arme lui arrache de violents frissons. Il veut appuyer, va appuyer. Un simple geste et tout est enfin terminé. Sa douleur et celle des autres qu’il traine comme un fardeau. Un simple geste et il pourra le retrouver.

Mais soudain, la voix d’Anja perce cette bulle de douloureuse folie qui l’enveloppe. Il ne comprend pas ce qu’elle dit, mais la reconnait clairement. Puis vient s’ajouter celle de Daryl, de Nicolae, de Demelza, de Rafael, de son père, de Beth… Un chœur de voix incompréhensibles qui emplit l’air et lui fait mal aux oreilles. Toutes ces personnes qu’il aime et pour qui il préfère mourir que de causer la souffrance. Alors pourquoi elles le retiennent ?

Tremblant de tous ses membres, il tente de contrôler sa main, d’ignorer les voix, de se concentré sur l’image de son tout petit Sam, mais les tremblements sont trop forts et l’arme lui glisse des mains. Puis, d’un coup, le froid et le vide désespoir laisse place à une rage blanche. Viscérale, violente et dévastatrice qui remplit tout l’espace. Kyllian attrape l’arme et la jette au bout de ses bras en poussant un long hurlement. Il n’y arrive pas. Faible et lâche, il n’a pas pu appuyer sur cette foutue gâchette. Il se déteste encore un peu plus pour cela.

Kyllian se relève d’un bon, attrape les branches, chaises et nécessaire de cuisine autour du feu de camp éteint qui lui tombent sous la main pour les lance contre les arbres. Il balaye tout, anéantit tout ce qu’il peut trouver. C’est lorsqu’il n’a plus rien à briser qu’il se retourne vers l’arbre le plus près pour assaillir son tronc à coup de poing. Alors enfin, il se met à pleurer.

Kaya devrait être soulagée. C’est ce qu’elle voulait, après tout, qu’il réagisse de la sorte, non ? Mais le coyote reste figé d’horreur, pétrifié sur place à regarder sa moitié brisée se déchirer les poumons en frappant vainement l’écorce de ses mains. À chaque coup, elle tressaille alors qu’un peu plus de sang s’étale sur les jointures d’un Kyllian désespérément vivant.

Combien de temps pourras-tu encore vivre avec toi-même, maintenant ? Car si cela n’est pas assez, Kyllian, rien ne le sera jamais.



What caused the wound? How large the teeth? I saw new eyes were watching me.
The creature lunged I turned and ran to save a life I didn't have.
Deer in the chase there as I flew, I forgot all prayers of joining you.
I clutched my life and wished it kept, my dearest love, I'm not done yet.
How many years I know I'll bare? I found something in the woods somewhere.


Kyllian Griffin ▬ I'm all kind of BAD luck

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MessageDim 14 Mai - 21:27
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IN THE WOODS SOMEWHERE

feat. KYLLIAN & KAYA | DEMELZA & SKY

« Moi aussi je t'aime, maman. »

Assise sur le canapé du salon, les jambes repliées contre sa poitrine, Demelza met fin à la conversation téléphonique et dépose l'appareil sur la table qui se trouve juste devant elle.

« Tu ne lui as pas dit. » Demelza fronce les sourcils alors que Sky se pose sur le dossier en la regardant d'un drôle d'air. « De quoi tu parles ? » « Finn. Tu ne lui as pas parlé de lui. » Un sourire étire les lèvres de la blonde à l'évocation du prénom de celui qui lui fait tourner la tête et elle hausse finalement les épaules en poussant un léger soupir. « On prend notre temps. » Sa voix est douce, rêveuse, alors qu'elle appuie sa joue contre le sofa et Sky sautille afin de poser ses pattes palmées sur les genoux de Demelza. « Tu connais ta mère, elle finira par comprendre que tu lui caches quelque chose ! » Cette fois, Demelza fait la moue et gratte un peu la tête du fou de bassan afin d'en ébouriffer les plumes. « Ce n'est pas sa réaction que je crains, mais bel et bien celle de mon père. Tu le connais, il peut faire fuir n'importe qui ! » L'océanographe rigole un peu, laisse l'oiseau mordiller affectueusement son pouce alors qu'il préfère ne rien ajouter cette fois. Daryl est un homme fondamentalement bon, mais son ancienne carrière militaire a laissé des traces et la blonde peut aisément imaginer l'air sévère et strict qu'il n'hésiterait pas à offrir aux futurs prétendants de sa fille unique. Ses parents ont rencontré Finn à plusieurs reprises déjà, mais elle sait pertinemment que le prochain repas sera différent, qu'ils devront probablement gérer la mauvaise humeur de Daryl lorsqu'il apprendra la nouvelle. Évidemment, Demelza sait aussi qu'il finira par accepter leur relation puisque ce qu'il désire le plus au monde, c'est sans doute de la savoir heureuse.

Lorsque le téléphone se met à sonner, Demelza fronce les sourcils et étire un bras afin de le récupérer.

« C'est Kyllian ! Attends, tu penses que Karo a accouché ? »

Surexcitée comme une puce alors qu'elle ne parvient pas à calculer les mois qui se sont écoulés depuis qu'elle a appris la nouvelle, Demelza appuie sur la touche qui lui permet de prendre l'appel pendant que les petits sauts de Sky la font rire.

Néanmoins, son rire s'éteint rapidement dans le creux de sa gorge lorsqu'elle prend conscience de l'anxiété palpable de la coyote, à l'autre bout du fil. Kaya lui donne l'impression d'être à des kilomètres et elle entend sa voix qui grésille, ses mots qui s'enchaînent rapidement sans lui laisser le temps de les assimiler.

« Oui, oui. C'est moi. Kaya, qu'est-ce qui se passe ? »

Rapidement, la blonde sent son estomac se nouer, mais elle n'est pas certaine de bien comprendre l'ampleur de ce qui est en train de se passer. Ce n'est pas Kyllian qui l'appelle et lorsque les mots tombent, comme des couperets trop aiguisés pour leur laisser une infime chance de survie, la blonde ferme les yeux, complètement terrorisée par leur implication. Elle devine l'état d'urgence dans la voix de la coyote alors qu'elle s'avère généralement si sûre d'elle-même, si maître de ses émotions. Elle est effrayée et Demelza sent les battements de son coeur exploser dans sa poitrine alors qu'elle se relève rapidement du canapé pour récupérer une veste, le téléphone toujours posé contre son oreille.

« Kaya, je te perds. Kaya ! MERDE ! »

Demelza tourne en rond, tente de réfléchir à ce dont elle a besoin alors que Sky la suit sans parvenir à saisir le cours de ses pensées. « Dem ! Calme-toi ! » Le ton autoritaire de son daemon l'immobilise derechef et la jeune femme se retourne vers lui, les larmes aux yeux et le coeur battant à tout rompre.

« Kaya a parlé d'un campement, j'imagine qu'ils sont là-bas ou bien qu'ils sont en route, je ne sais pas. Tu peux voler pour m'aider à me situer ? Si tu les vois ou si tu ... » « Bien sûr. »

La blonde ouvre la porte de l'appartement à la volée et ne prend même pas la peine de laisser un message à l'attention d'Erin. Elle attrape ses clés, verrouille la porte et rejoint rapidement l'habitacle de sa voiture alors que Sky tente d'apaiser ses craintes en lui parlant mentalement alors qu'il survole déjà les environs. Demelza doit essuyer ses yeux et prendre une grande respiration avant de s'engager sur la route afin de calmer les tremblements de ses mains. La nuit tombe rapidement sur la ville et lorsqu'elle s'engage dans la forêt, la noirceur se veut d'autant plus écrasante, terrifiante aussi. « Ça ira, tu verras. On va les retrouver. » L'oiseau semble à fleur de peau, lui aussi, et s'il tente de se montrer doux et réconfortant, Demelza ressent sa nervosité comme si elle était la sienne. Sa voix tremble un peu, son vol se veut saccadé alors qu'il passe à deux doigts de foncer dans un arbre par inadvertance. La blonde le connait suffisamment pour savoir que la situation le touche beaucoup, lui aussi, d'autant plus qu'il déteste la voir comme ça.

« Tu les vois ... ? Tu peux établir un lien avec Kaya ? » Les mains crispées sur le volant, Demelza prend un virage plutôt serré alors qu'elle ne se donne pas le droit de ralentir : elle s'enfonce encore plus profondément dans la forêt, ressent l'étau qui se resserre autour de son corps. « Pas encore. » La nuit s'effondre rapidement autour d'eux et la blonde ne reconnait plus l'endroit où elle se trouve. Kyllian doit se trouver au bord du gouffre et elle ignore comment elle réussira à le ramener à la surface d'une eau sombre où il s'enlise. L'avertissement du fou de bassan la tire de ses sombres pensées alors qu'il confirme qu'ils sont dans la bonne direction et qu'il aperçoit le campement. Il ne parvient pas à ériger une connexion mentale avec Kaya puisque l'esprit de la coyote semble coupé du monde, mais ça n'a plus d'importance désormais.

Lorsque Dem' quitte la voiture, c'est pour trouver le mexicain au pied d'un arbre, le canon d'une arme pointé sur son front. La terreur se glisse sur les traits de la blonde alors qu'elle ne réussit pas à faire un geste dans sa direction de peur de le faire sursauter, de peur de le voir appuyer malgré lui sur cette gâchette qu'il maintient entre ses doigts. Les larmes coulent le long de ses joues alors qu'elle se sent impuissante, qu'elle l'observe sans réagir. La détresse du daemonien et de sa daemonne est palpable dans toute la clairière et une vague de désespoir gagne rapidement l'océanographe.

Pourtant, si cet instant semble durer des heures, quelques secondes seulement s'écoulent avant que Kyllian se débarrasse de son fusil en le jetant devant lui. Possédé, il détruit tout et Demelza demeure immobile, triste observatrice d'un spectacle malheureux, désespéré.

Lorsque le mécanicien se met à frapper l'arbre de ses poings, Sky s'approche et la pousse du bec. Son ton est grave lorsqu'il s'adresse à elle, un ton qu'elle ne lui connait pas. « Va le rejoindre. Je m'occupe de Kaya. » La blonde hoche doucement la tête, essuie ses yeux d'un revers de la main avant de s'avancer doucement jusqu'à la silhouette brisée qu'elle aperçoit. Afin de le calmer et de l'empêcher de se faire du mal, Demelza l'entoure fortement de ses bras, refuse de lâcher prise et ferme les yeux. Ses doigts s'agrippent aux avant-bras et aux poignets masculins alors qu'elle plaque son corps contre le sien, qu'elle tente désespérément d'établir un contact physique entre eux afin de pallier la souffrance de Kyllian.

« Je suis là. T'es plus tout seul. »

Elle murmure ces quelques mots contre son oreille alors qu'elle le maintient toujours contre lui, qu'elle grimace un peu à la vue du sang qui macule ses jointures. Demelza ne saurait dire si la vague de nausées qui la secoue violemment est due à leur proximité ou à la situation de manière générale.

« Viens ... Viens t'asseoir. »

Elle recule un peu, entraîne Kyllian avec elle afin de l'éloigner de cet arbre qui lui sert de bouc émissaire. Elle n'est pas sans savoir qu'il n'est pas dans son état normal et qu'il pourrait bel et bien s'en prendre à elle, mais pour le moment, c'est le dernier de ses soucis.

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MessageJeu 25 Mai - 17:28
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Demelza Flynt & Sky | Kyllian Griffin & Kaya | Forêt | avril 2017



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Des bras se referment autour de lui et il cesse de frapper de ses poings l’écorce de l’arbre devant lui. Ses mains ensanglantées tremblent incontrôlable ment alors même que son expression s’est figée, raidit par la nouvelle présence à ses côtés.

« Je suis là. T'es plus tout seul. »

Demelza. Comment elle a su ? Kyllian n’a aucun souvenir de l’appel à l’aide que lui a lancé Kaya un peu plus tôt. La question ne reste pourtant pas longtemps dans son esprit trop troublé pour s’y attarder. L’homme ferme plutôt les yeux en serrant les dents si fort que les muscles de sa mâchoire et de son cou lui font mal, et il appuie son front contre le tronc de l’arbre. Les larmes coulent d’elles-mêmes sur ses joues, en silence, alors que ses épaules crispées sont secouées de sanglots et qu’il lutte pour ne pas hurler de nouveau.

Comment est-ce possible d’avoir aussi mal et de ne pas en mourir ? Il veut disparaitre, cesser d’exister, de ressentir cette haine envers lui-même et ce gouffre béant dans sa poitrine. La culpabilité l’étouffe et l’air est un poison brûlant. Il sent encore le souvenir du métal froid de son arme contre sa peau comme une délivrance effleurer du bout des doigts. Alors pourquoi est-il toujours vivant ?

« Viens ... Viens t'asseoir. »

Kyllian sent Demelza faire pression sur ses bras pour l’inciter à la suivre. Il résiste un moment, secoue négativement la tête sans se retourner vers elle, incapable de lui faire face ou de parler, puis sans vraiment s’en apercevoir se laisse trainer sur quelques pas. Il se sent étourdi, dépossédé de son corps, vide. Tellement vide. Lorsque Demelza tente de l’inciter à s’assoir, néanmoins, il reprend juste assez contact avec la réalité pour relever les yeux vers elle et paniquer. Il recule de deux pas, se dégageant des mains de la jeune femme, et les yeux fous la dévisagent. C’est la voix rauque et au souffle court qui ne lui ressemble pas du tout qu’il parvient à parler malgré le nœud dans sa gorge, seul rempart fragile à un torrent de cris qui souhaitent toujours s’échapper de son ventre.

« No. No no no… No se puede estar allí. Tu ne peux pas être ici, Dem. Je… Tu dois partir. Tout de suite. »

Il cherche des yeux Sky, espérant y trouver un allier.

« I can’t hurt you too, I can’t… »

À ces mots, les dernières paroles de Karolinja le frappent de nouveau en plein cœur. La douleur est si physiquement forte qu’il porte la main à sa poitrine, et dans sa panique, manque de perdre l’équilibre tout en reculant davantage pour s’éloigner de Demelza.

Ça suffit. Il ne veut plus causer de torts à personne, ne supportera pas de blesser davantage. Surtout pas Dem. Alors elle doit s’éloigner de lui, partir. Personne ne peut avoir confiance en lui, pas avec son don. Il est un danger, une grenade. Probablement pire encore aujourd’hui qu’à l’ordinaire, car pour le peu qu’il en comprend, Kyllian sait que sa propre détresse exacerbe cette malédiction qu’il porte comme une seconde peau. Alors de grenade il devient bombe atomique. Il a tout détruit alors qu’il était heureux, il rasera tout sur son passage alors qu’il n’a jamais eu aussi mal.

« C’est ma faute Dem. Ma faute. Je l’ai tué. J’ai tué mon fils, j’ai… »

Il se prend la tête à deux mains, les dents de nouveau serrées. Il a l’impression que son crâne va exploser ou qu’il va devenir complètement fou. Il veut qu’on lui dise que ce n’est qu’un cauchemar, que rien de tout cela n’est vrai et qu’il se réveillera demain matin auprès d’un Karolinja toujours enceinte. Que toute cette souffrance qu’il a causée et qu’il ressent n’existe pas. Que l’avenir enfin heureux qui se dessinait devant lui n’est pas disparu.

Kaya, de son côté, s’est recroquevillée sur elle-même et s’est fermée au reste du monde. Elle remarque Sky qui s’approche d’elle, mais ne réagit pas. Les yeux fixés sur Kyllian, elle semble perdue beaucoup plus loin que la réalité qui l’entoure. Puis, lorsqu’il prononce ces dernières paroles, elle enfouit sa tête sous ses pattes, couchées en boule à même le sol de la forêt et ne bouge plus.

Elle lui en veut. Atrocement, terriblement d’avoir voulu se tuer. Les tuer. Et tout à la fois elle veut qu’il cesse de souffrir. Car cette douleur vive qui lui fait tourner la tête, elle en ressent chaque pulsion. Pourtant elle ne peut rien faire, elle aussi accablée de chagrin. Car elle aussi vient de tout perdre. Sa nouvelle famille, déjà, et cet enfant qui était aussi un peu le sien, non ? Et finalement son lien avec Kyllian, seule et unique chose importante à ses yeux pendant sa trentaine d’années d’existence. Il est tout pour elle. Absolument tout, depuis toujours. Et voilà que ce lien vient de voler en éclat, de se briser comme du verre fragile tombé sur un sol de béton. Elle le croyait pourtant si fort, mais cette chute qu’ils viennent de faire fut plus violente que tout ce qu’elle aurait pu imaginer.

Elle tremble elle aussi, et si elle pleure, ses yeux restent cachés derrière sa queue qu’elle a ramenée devant elle, comme un rempart, et personne n’en saura jamais rien. Demelza est là, elle est venue, à répondue à son appel à l’aide. Elle voudrait lui dire à quel point elle est reconnaissante, mais tout ce dont elle est actuellement capable est d’enfin lâcher prise et se briser elle aussi. Elle sait qu’elle peut faire confiance à Demelza pour rattraper Kyllian le temps qu’elle ne le pourra pas et c’est suffisant pour faire tomber ses dernières prises.

Elle ne parvient même plus à réfléchir, et tout ce que le coyote se répète en boucle, alors que les assauts de l’esprit en désespoir de sa moitié la frappent sans relâche sont ces quelques mots :

« Por favor… il faut que ça s’arrête. Il faut que ça s’arrête… »


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MessageJeu 22 Juin - 21:10
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feat. KYLLIAN & KAYA | DEMELZA & SKY
Demelza sent une boule se former dans le creux de sa gorge lorsque Kyllian appuie son front contre l'écorce de l'arbre pour laisser libre cours à ses larmes. Ses doigts se posent sur l'épaule masculine qui se soulève au gré des sanglots de son ami et elle en presse doucement les muscles, convaincue que rien au monde ne peut alléger sa peine à ce moment précis. Elle ne peut pas dire qu'elle comprend profondément ce qu'il vit, mais elle devine assez bien la douleur d'autrui, de manière générale, pour en avoir une mince idée. Kyllian était enfin heureux, lui qui s'était presque toujours interdit d'aimer et de s'attacher aux gens afin de ne pas les faire souffrir. Il avait trouvé quelqu'un qui l'aimait pour ce qu'il était et qui se foutait bien de l'épée de Damoclès au dessus de sa tête, quelqu'un avec qui il avait cru pouvoir fonder une famille.

Ce n'est pas facile pour elle de le voir aussi affligé et elle le tire doucement contre elle afin de l'inviter à s'asseoir un peu, persuadée qu'il a besoin de respirer profondément pour se calmer. Kyllian semble d'abord accepter son offre sans se rebeller, mais Demelza ouvre légèrement la bouche, surprise, lorsqu'il s'éloigne brusquement, un peu comme si le seul contact de la peau féminine contre la sienne l'avait brûlé. Sky redresse la tête alors que ses plumes se gonflent, bien décidé à protéger sa daemonienne, coûte que coûte. Si l'oiseau apprécie beaucoup Kyllian et Kaya malgré tout, il sait aussi à quel point le mécanicien peut s'avérer nocif pour la santé de la blonde et il met un point d'honneur à surveiller son état lorsqu'elle se trouve en sa compagnie. Pourtant, cette fois, il ne compte pas intervenir et il se contente plutôt de picorer amicalement le haut de la patte de Kaya, non sans garder un oeil sur les deux humains.

Demelza prend une grande respiration, mais demeure immobile afin de ne pas agresser Kyllian davantage.

« Tu peux dire tout ce que tu veux, mais je ne partirai pas. »

Déterminée, elle fait un seul pas vers lui, les sourcils légèrement froncés. « Fais attention, Dem'. Il n'est pas dans son état normal. » L'avertissement du fou de bassan résonne dans sa tête et Demelza se mordille légèrement la lèvre, lui jette un rapide coup d'oeil avant de reporter son attention sur le mexicain. Il panique. Il panique, il est effrayé et il se sent coupable, une combinaison malheureuse qui n'augure rien de bon pour la suite. Elle devine l'effroi qui le hante en observant la posture qu'il arbore et le ton de sa voix : elle n'a jamais vu Kyllian aussi bouleversé et elle déteste ça.

« Ce n'est pas ta faute. Tu n'as jamais voulu lui faire du mal et tu as pris des précautions. Ce n'est pas ta faute, tu m'entends ? »

Cette fois, la blonde hausse le ton et s'avance de quelques pas pour lui faire comprendre qu'elle ne partira pas, qu'elle ne l'abandonnera jamais et qu'elle ne le laissera pas ici tout seul. Pas en sachant qu'il pourrait mettre un terme à sa vie en une fraction de seconde. Elle sent son estomac se nouer plus fortement alors qu'elle s'approche, ressent les effets dévastateurs du pouvoir de Kyllian en une vague destructrice qui s'abat sur ses épaules, mais n'est pas prête à laisser tomber.

La détresse de Kyllian se répercute sur elle, mais elle ressent aussi, comme un puissant vent de marrée, l'angoisse de Kaya qui ne se trouve qu'à quelques mètres d'eux. Si Sky s'avère généralement optimiste et plein d'entrain, il peine à prendre soin du coyote comme il le faudrait, relève seulement une aile afin d'entourer son corps rouler en boule d'une couverture protectrice. « Ça ira. Vous avez traversé tellement de choses, ensemble, vous réussirez ici aussi. Ce ne sera pas nécessairement facile, mais vous pouvez compter l'un sur l'autre. Il vous faut seulement un peu de temps. » Il enfouit son bec entre la patte et le museau de Kaya en espérant apercevoir l'ombre d'un iris, abandonne finalement lorsque le coyote ramène sa queue devant elle pour se rouler encore plus en boule.

Demelza ignore comment réagir face à ce désespoir constant qui lui vient de Kyllian et qu'elle ressent dans chaque cellule de son corps. Ses poils se dressent sur ses bras et des frissons désagréables lui parcourent l'échine. Elle profite du moment d'égarement de Kyllian pour se rapprocher et lui attraper la main, qu'elle presse fermement.

« On va récupérer tes choses, d'accord ? There's no way you're staying here by yourself. Ça ne sert à rien de discuter, tu sais à quel point je peux être bornée. »

Elle ne relâche pas sa main, l'entraîne à sa suite afin de remplir un sac qu'elle récupère dans un coin de la westfalia. Il aura besoin de vêtements et certains effets personnels lui seront nécessaires. Si la blonde n'a pas envie de le laisser seul, elle sait aussi qu'il ne lui sera probablement d'aucune aide afin de ramasser ce dont il aura besoin pour quitter la forêt.

« Jeans, tee-shirt, veste ... Brosse à dents. Déodorant ... Rasoir. »

Elle plisse le nez, jette un coup d'oeil autour d'elle afin de s'assurer qu'elle n'oublie rien. Évidemment, le campement de Kyllian n'est pas si éloigné de la ville et ils pourront aussi revenir afin de récupérer autre chose dans les jours qui viendront, d'autant plus qu'il a sans doute laissé quelques effets personnels chez Karo, aussi.

« Je suis persuadée que mes parents seront ravis de t'accueillir pendant un moment, le temps que tu retrouves tes marques. »

Elle ne lui laisse pas le choix de la suivre, c'est hors de question qu'elle le laisse ici en repartant les mains vides. Personne ne devrait rester seul dans un moment pareil et elle compte bien l'obliger à l'accompagner, quitte à devoir l'attacher.

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MessageSam 12 Aoû - 0:51
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Demelza Flynt & Sky | Kyllian Griffin & Kaya | Forêt | avril 2017






« Ce n'est pas ta faute. Tu n'as jamais voulu lui faire du mal et tu as pris des précautions. Ce n'est pas ta faute, tu m'entends ? »

C’est trop. Tout simplement trop.

Ces mots, Kyllian ne peut pas les entendre. Il ne les supporte pas. Demelza veut l’aider, le déculpabiliser, mais elle a tort. Il est coupable, sur toute la ligne, t il ne peut supporter l’idée de se réfugier derrières de fausses idées pour simplement se sentir mieux avec lui-même. Ce serait trahir Karolinja. Trahir Sam. Et ça, il ne peut plus le faire. Il les a déjà trop blessées, au-delà des mots, au-delà de ce qui peut être réparé. L’insulte est déjà gigantesque et lui arrache le cœur. Ce n’est pas en l’empirant que quoi que ce soit sera réglé.

D’autant plus qu’il ne mérite en rien qu’on veuille le rassurer, le consoler, le supporter. Il ne mérite ni la présence de Demelza, ni l’intention derrière ses mots. Il mérite toute la peine, la rage et la douleur qu’il ressent. Il mérite qu’on l’oubli et de disparaitre. Il mérite cette putain de balle qu’il a été trop faible pour tirer.

Alors tout explose. Rage, colère, tristesse et douleur. Et il lui semble que jamais il ne pourra cesser de hurler.

« No, te quivocas! C’EST MA FAUTE, DEM. MY BLOODY FUCKING FAULT ! »

L’air lui manqué, les larmes coulent sur ses joues et il se penche sous le poids de sa culpabilité, mais il continue de crier.

« Je savais ce qu’elle risquait en restant près de moi! J’ai vu ce que j’ai causé à d’autres, je sais que j’ai tué des gens en leur imposant ma présence, merde ! Mais j’ai quand même accepté qu’elle reste. Je savais que ça finirait mal, que je la mettais en danger elle et… et… FUCK. J’aurais dû foutre le camp d’ici, partir loin comme j’ai toujours fait, mais j’ai été assez stupide pour croire que ça pouvait être différent. C’est jamais différent avec moi. JAMAIS. Y a rien que ni toi ni moi ni fucking personne d’autre peut faire comme ça, tu m’entends ? PERSONNE. Y a que moi qui puisse faire en sorte de plus faire subir ça à qui que ce soit en apprenant de mes putains de conneries et juste disparaitre. »

Il veut poursuivre, mais l’air lui manque. À moitié étouffé, il tombe à genou en haletant. Sa vision est trouble et plus rien n’existe que hurler sa faute et sa douleur, sinon c’est sa poitrine qui va exploser.

« C’est mon pouvoir, ma responsabilité, MA FAUTE, tu comprends ? C’est pas parce que je veux ou que qui que ce soit veux que ce soit différent que ça va changer. J’ai essayé. DAMN IT, j’ai trop essayé, Dem! Et à force d’essayer, je l’ai tué. J’ai tué mon fils… j’ai… j’ai tué… »

La nausée est trop forte et il sent qu’il va être malade. Néanmoins, Kyllian n’a rien mangé depuis trois jours et il n’a rien à vomir. Ne reste que la brulante douleur qui lui serre la poitrine et semble vouloir détruire son corps tout entier. Il ne croyait pas possible d’avoir aussi mal sans en mourir.

L’homme réussit péniblement à se remettre debout et sa voix se brise, porteuse de tout ce mal qu’il ressent, lorsqu’il ajoute dans ce qu’il lui reste de souffle :

« Please, Dem. Just kill me or let me die. Please. »

Mais Demelza ne va pas l’abandonner. Alors qu’il ne regarde plus rien, vidé et au plus bas qu’un homme peut tomber, elle s’approche et lui attrape la main.

« On va récupérer tes choses, d'accord ? There's no way you're staying here by yourself. Ça ne sert à rien de discuter, tu sais à quel point je peux être bornée. »

Il n’écoute pas ses mots, mais la laisse l’entrainer. C’est fini, il n’a plus rien à hurlé, plus rien contre quoi frapper. Qu’elle l’emmène ou elle veut, il n’est plus rien.

Kyllian ne réalise presque pas qu’ils sont entrés dans son motorisé ni qu’ils en ressortent ou entre dans la voiture. Kaya, de son côté, ne parvient pas à répondre aux encouragements de Sky. Elle voudrait y croire, mais n’y croit déjà plus. Sa moitié est brisée, trop brisée cette fois. Elle l’a si souvent recollé qu’elle le connait par cœur lorsqu’il va mal. Mais ça ? Ça, elle ne connait pas. Les milliards de morceaux de lui qui ont éclaté se sont envolés au vent. Elle ne peut rien faire pour les rattraper cette fois. Et Kyllian est maintenant trop loin. Elle l’a perdu.

Le coyote se relève péniblement et se traine jusqu’au véhicule ou on la fait monter. Il est là, physiquement tout près, mais infiniment loin d’elle à la fois. Tout ce qu’elle ressent, c’est ce bourdonnement sourd, infernal et désespéré qui la rend folle. Elle voudrait hurler elle aussi, mais elle n’a plus aucune force pour le faire.

« Je suis persuadée que mes parents seront ravis de t'accueillir pendant un moment, le temps que tu retrouves tes marques. »

La perspective d’avenir et le simple concept « d’aller mieux » semblent étrangers pour Kyllian et Kaya. Ni lui ni elle ne répondent quoi que ce soit. Les arbres commencent à défiler derrière la vitre de la voiture alors qu’ils laissent son campement derrière eux pour bientôt s’engager sur la route menant à Perth Amboy. Kyllian a posé ses coudes sur ses genoux et se tient la nuque alors que son visage fait face au sol de la voiture.

Il ne comprend pas pourquoi il respire encore.

Kyllian Griffin ▬ I'm all kind of BAD luck

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