In The Wood Somewhere

 
  
MessageSam 6 Mai - 5:32
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Date d'inscription : 23/10/2015Nombre de messages : 1058Nombre de RP : 85Âge réel : 24Copyright : (c) aki'Avatar daëmon : Coyote
Kyllian GriffinI'm all kind of BAD luck



IN THE WOODS

SOMEWHERE


Demelza Flynt & Sky | Kyllian Griffin & Kaya | Forêt | avril 2017



WARNING : le contenu peut être sensible pour certaines personnes.



My head was warm, my skin was soaked, I called your name ‘til the fever broke.
When I awoke the moon still hung, the night so black that the darkness hums.
I raised myself, my legs were weak, I prayed my mind be good to me.
An awful noise filled the air, I heard a scream in the woods somewhere.
A woman's voice, I quickly ran into the trees with empty hands.
A fox it was, he shook afraid, I spoke no word, no sound he made.
His bones exposed, his hind was lame, I raised a stone to end his pain.




« Kyllian, tu vas trop vite. Ralentis s’il te plait. Kyllian ? »

L’interpellé ne répond pas. La voiture continue de s’élancer sur la route à une vitesse excessive, avalant l’asphalte mille après milles. Le coyote, nerveuse, inquiète et sur le point de céder à la panique regarde les mains crispées de son daemonien sur le volant, ses jointures blanchies et ses ongles plantés dans le cuir.

Il n’a rien dit. Pas un mot, même pas une pensée en sa direction. Il s’est fermé comme elle ne pensait pas possible de le faire, rendant son esprit perméable au sien. Tout ce qui lui vient de Kyllian est une vibration horrible, un son sourd et menaçant comme les quelques instants de silence avant une explosion. Elle sent toute sa tension, toute sa douleur et toute sa rage, mais seulement tel un grand cri dont elle ne perçoit encore que l’écho.

Et elle a peur. Kaya n’a jamais eu aussi peur. Même lorsque les bombes pleuvaient, même lorsque les militaires courraient derrière eux pour les arrêter au Mexique, même quand un fusil avait été pointé directement entre ses yeux. Parce qu’il ne s’est jamais fermé ainsi. Parce qu’elle connait la culpabilité et la douleur, fardeau quotidien de leur duo, mais que ce qu’elle ressent en provenance de Kyllian est beaucoup plus fort, beaucoup plus violent. Elle voudrait qu’il crie, qu’il hurle, qu’il frappe sur tout ce qui bouge. Absolument tout sauf cet horrible silence.

Kyllian quitte la route principale en prenant un tournant, les faisant s’engager sur les chapeaux de roues dans un chemin de terre en pleine forêt. Il confirme ainsi à Kaya son intuition de départ : il se dirige vers son campement. Le seul et dernier endroit qui lui sert de refuge, certes, mais aussi terriblement isolé, perdu au milieu des bois.

Et Kaya a peur. Peur de ce vide terrifiant qu’elle sent désormais chez son daemonien et entre eux. Quelque chose s’est brisé, a éclaté en mille morceaux. Irréparable. Alors elle n’arrive plus à prédire ce qu’il fera, elle qui le connait pourtant si bien. Pour la première fois peut-être, elle ne veut pas qu’il soit seul. Elle ne veut pas être seule non plus. Ce vide l’effraie, lui glace le sang et la terrorise au point de perdre ce qui lui reste d’ancrage. Aussi, elle cède à la panique.

« Je t’en prie, arête toi et parle-moi ! Damn it ! »

Il ne semble même pas l’entendre.

Tremblante, la daemonne attrape la veste de cuir que Kyllian a rapidement jeté sur le siège arrière en entrant dans la voiture pour le ramener vers elle à l’avant. Elle se débat un instant avec l’objet puis finit par trouver le téléphone portable de Kyllian dans l’une des poches. Le cœur battant, elle serre les crocs devant l’appareil électronique, maudissant sa forme de coyote. Elle doit faire vite, car plus ils s’enfoncent dans les bois, moins elle a de chance d’avoir du réseau. Du bout de la patte, elle parvient à l’allumer, mais jure de plus belle lorsqu’elle tente d’avoir accès aux contacts.

Excédée, elle finit par donner des coups de patte au téléphone. Dans un miracle qu’elle n’a pas le temps d’apprécier ni d’expliquer, l’écran passe d’une fenêtre à l’autre puis s’arrête sur du noir ou elle voit soudain apparaitre le nom de Demelza. Elle a réussi. Elle entend la sonnerie de l’autre côté et prie intérieurement pour que la blonde décroche. Elle n’aura probablement pas cette chance deux fois et le temps lui est compté. Lorsqu’enfin elle entend la voix de Demelza, son cœur s’emballe et elle saute presque sur ses pattes, se penchant vers le téléphone pour être certaine qu’elle l’entende.

« Dem ? Dem j’ai besoin d’aide, je t’en supplie, c’est Kyllian. Ça ne va pas du tout, il s’est coupé de moi et… et… Maldita. Dem, c’est Karo. Elle a perdu le bébé et… il a besoin de toi, je ne sais pas quoi faire, j’ai peur... »

Un son de grésillement émane alors de l’appareil et la voix déjà cassée et haletante de Kaya prend des notes de paniques. Pour elle qui est d’ordinaire imperturbable, sinon pour montrer les crocs, n’importe qui l’entendant à ce moment précis pourrait facilement ne pas la reconnaitre.

« Dem tu m’entend ? Dem ? Non, s’il vous plait… Joder ! Il se dirrige vers notre campement, dépêche-toi s’il te plait… Fuck. Fuck fuck fuck. Faites qu’elle m’a entendue… »

Le grésillement devient constant puis la ligne coupe, tout simplement. Le coyote lève les yeux vers Kyllian, mais celui-ci ne semble même pas s’être aperçu des actions de sa daemonne. Il fixe la route, les traits crispés et la respiration laborieuse, comme si chaque bouffée d’air le fait souffrir.

Puis la voiture s’arrête enfin. L’homme en sort, boulet de canon, suivit par une Kaya désespérée qui à défaut de pouvoir l’aider tente de rester le plus près possible de lui. La forêt autour du campement est calme, incroyablement silencieuse. Le printemps est bien installé et la brume de la fin de journée s’étire en langues opaques entre les troncs gris, blancs et noirs. Un décor beau, apaisant même, mais qui se transforme dès l’arrivée de Kyllian en écho de souffrance et d’angoisse. Et alors même que le soleil disparait, l’homme se dirige droit vers la vieille Volkswagen qui lui sert de maison depuis deux ans.

À l’intérieur, il attrape son fusil de chasse et ressort aussitôt. Kaya couche les oreilles. Il ne va pas tuer quelqu’un quand même ? Mais qui ? Il n’y a personne à blâmer. Un mal immense et personne à haïr. C’est bien là tout le drame… non ?

L’idée plus logique que son daemonien puisse vouloir aller à la chasse pour oublier, pour se calmer, la fait presque sourire. Oui. Oui, c’est une bonne idée. Ils ont toujours pu s’échapper ensemble de leurs problèmes dans la chasse. Ce sera pareil cette fois aussi, non ? Et elle pourra surement l’y retrouver, combler ce vide qu’il a créé entre eux et à l’intérieur de lui.

Mais Kyllian, sans jamais poser les yeux sur elle, ne part pas vers la forêt.

Kaya le suit des yeux, un gouffre s’ouvrant dans son ventre alors qu’il marche jusqu’à un arbre de l’autre côté du campement. Lentement, il s’y adosse et se laisse glisser au sol. Le visage fermé, l’homme entreprend avec des mouvements surs et automatiques, rompus par l’habitude, d’ouvrir l’arme et de la charger.

Kyllian s’est retranché dans un coin de son esprit. Ses mains sont engourdies et il ne comprend pas comme il peut effectuer des mouvements aussi précis sans trembler ou échapper les balles. Il n’y pense déjà plus néanmoins, cela n’a pas d’importance. Plus rien n’a d’importance que cette blessure à vif et ce désir de la faire taire, elle et la folie des voix qui hurlent dans sa tête.

Assez. Il en a assez.

Respirer est un supplice. Se souvenir un martyre. Se sentir vivant une offense. Son corps est de trop et son esprit à assez penser. Il a assez fait de mal et a assez souffert. Assez. Assez. Assez.

Il ne voit plus que la bouche du Winchester devant ses yeux. La forêt autour n’existe plus. La voix de Kaya qui lui demande ce qu’il fait non plus. Même la presence du coyote n’est qu’un faible et lointain écho. Rien d’autre n’existe dans son univers.

Il revoit le premier sourire qu’il a aperçu sur les lèvres de Karolinja. Se souvient de chacune de ses nuits passées avec elle. Les rires, les pleurent aussi. Et cette chambre récemment repeinte en bleu dans leur petit appartement. Il entend encore le téléphone sonner, tel un glas de mort à ses oreilles, comme s’il sonnait toujours. Et alors il peut presque entendre ses rêves et illusions se briser. Éclater en milliards de parcelles. Kyllian sent encore la main de Karolinja dans la sienne sur le lit d’hôpital, son poids dans ses bras alors qu’elle pleure et crie à s’en fendre l’âme… et celui d’un enfant sans vie dans ses mains.

Sa faute. Sa faute. C’est sa faute.

Ce sont les mots qu’elle lui a criés. Les derniers qu’elle lui a offerts avant de lui demander de partir. Elle souffre trop. Souffre d’avoir perdu leur enfant, de sa presence aussi, de son pouvoir et de sa culpabilité. Il sait qu’elle a raison. Il sait qu’il a eu tort de croire en cet avenir à deux. Non, à trois. Il a eu tort de la mettre en danger par sa présence. Tort de se croire plus fort que cette malédiction qui coule dans ses veines tel un poison, détruisant tout sur son passage. Tellement, tellement tort. Alors elle a raison de la haïr. Lui aussi se haït. Car Kaya à tort de croire qu’il n’y a aucun responsable à blâmer.

Il s’en veut. Il s’en veut tellement. Impardonnable.

Kyllian serre les dents et son cœur s’accélère. Il met une main dans sa poche et en sort une petite figurine de coyote, taillée grossièrement dans du bois. Il la serre a un point tel que les arrêtés coupent sa peau et teinte la surface de bois d’une trainée rouge vif. Puis, Kyllian appuie la bouche du canon contre son front et ferme les yeux.

« Kyllian ? Arrête ca tout de suite ! DON’T YOU DARE DO THIS TO ME ! »

Le cri aigu perce la brume et le silence de mort de la forêt pour atteindre les oreilles de l’homme. Ses mains se mettent à trembler, mais il ne bouge pas. Une goutte de sang perle sur sa paume alors que sa respiration devient laborieuse. Et toujours, derrière le voile de ses paupières, les images de Karolinja lui hurlant de partir, de son fils trop peu longtemps tenu dans ses bras, et le poids de chacune des trainées de sang qu’il a laissé derrière lui. Sa mère. Son père. Ana. Et maintenant… Sam ? Probablement, oui. Sam, comme son père. Karo aimait ce nom lorsqu’il le lui a proposé après tout, bien qu’ils n’aient jamais eu l’occasion de s’arrêter définitivement sur un choix. Mais tout le monde mérite d’avoir un nom, n’est-ce pas ? Son fils aussi. Alors il le nomme simplement Sam. Baptême silencieux d’un enfant qui n’aura jamais pu ouvrir les yeux.

Sam doit être seul, non ? Les enfants ne sont pas censés partir avant leurs parents. Les parents doivent les accompagner, les protéger, dans la vie comme dans l’après. Mais Karolinja et lui sont toujours vivants, alors Sam est seul.

Ya voy, hija mía. Ya voy.

Son doigt glisse sur la gâchette alors que son coeur bat furieusement dans sa poitrine. La tension dans sa main et son bras lui fait mal et la sueur froide qui perle sur son visage et contre le métal froid de l’arme lui arrache de violents frissons. Il veut appuyer, va appuyer. Un simple geste et tout est enfin terminé. Sa douleur et celle des autres qu’il traine comme un fardeau. Un simple geste et il pourra le retrouver.

Mais soudain, la voix d’Anja perce cette bulle de douloureuse folie qui l’enveloppe. Il ne comprend pas ce qu’elle dit, mais la reconnait clairement. Puis vient s’ajouter celle de Daryl, de Nicolae, de Demelza, de Rafael, de son père, de Beth… Un chœur de voix incompréhensibles qui emplit l’air et lui fait mal aux oreilles. Toutes ces personnes qu’il aime et pour qui il préfère mourir que de causer la souffrance. Alors pourquoi elles le retiennent ?

Tremblant de tous ses membres, il tente de contrôler sa main, d’ignorer les voix, de se concentré sur l’image de son tout petit Sam, mais les tremblements sont trop forts et l’arme lui glisse des mains. Puis, d’un coup, le froid et le vide désespoir laisse place à une rage blanche. Viscérale, violente et dévastatrice qui remplit tout l’espace. Kyllian attrape l’arme et la jette au bout de ses bras en poussant un long hurlement. Il n’y arrive pas. Faible et lâche, il n’a pas pu appuyer sur cette foutue gâchette. Il se déteste encore un peu plus pour cela.

Kyllian se relève d’un bon, attrape les branches, chaises et nécessaire de cuisine autour du feu de camp éteint qui lui tombent sous la main pour les lance contre les arbres. Il balaye tout, anéantit tout ce qu’il peut trouver. C’est lorsqu’il n’a plus rien à briser qu’il se retourne vers l’arbre le plus près pour assaillir son tronc à coup de poing. Alors enfin, il se met à pleurer.

Kaya devrait être soulagée. C’est ce qu’elle voulait, après tout, qu’il réagisse de la sorte, non ? Mais le coyote reste figé d’horreur, pétrifié sur place à regarder sa moitié brisée se déchirer les poumons en frappant vainement l’écorce de ses mains. À chaque coup, elle tressaille alors qu’un peu plus de sang s’étale sur les jointures d’un Kyllian désespérément vivant.

Combien de temps pourras-tu encore vivre avec toi-même, maintenant ? Car si cela n’est pas assez, Kyllian, rien ne le sera jamais.



What caused the wound? How large the teeth? I saw new eyes were watching me.
The creature lunged I turned and ran to save a life I didn't have.
Deer in the chase there as I flew, I forgot all prayers of joining you.
I clutched my life and wished it kept, my dearest love, I'm not done yet.
How many years I know I'll bare? I found something in the woods somewhere.


Kyllian Griffin ▬ I'm all kind of BAD luck

(c) Nebula, Never Utopia & Lindwuen Daemon | Feat Aki'
  
MessageDim 14 Mai - 20:27
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IN THE WOODS SOMEWHERE

feat. KYLLIAN & KAYA | DEMELZA & SKY

« Moi aussi je t'aime, maman. »

Assise sur le canapé du salon, les jambes repliées contre sa poitrine, Demelza met fin à la conversation téléphonique et dépose l'appareil sur la table qui se trouve juste devant elle.

« Tu ne lui as pas dit. » Demelza fronce les sourcils alors que Sky se pose sur le dossier en la regardant d'un drôle d'air. « De quoi tu parles ? » « Finn. Tu ne lui as pas parlé de lui. » Un sourire étire les lèvres de la blonde à l'évocation du prénom de celui qui lui fait tourner la tête et elle hausse finalement les épaules en poussant un léger soupir. « On prend notre temps. » Sa voix est douce, rêveuse, alors qu'elle appuie sa joue contre le sofa et Sky sautille afin de poser ses pattes palmées sur les genoux de Demelza. « Tu connais ta mère, elle finira par comprendre que tu lui caches quelque chose ! » Cette fois, Demelza fait la moue et gratte un peu la tête du fou de bassan afin d'en ébouriffer les plumes. « Ce n'est pas sa réaction que je crains, mais bel et bien celle de mon père. Tu le connais, il peut faire fuir n'importe qui ! » L'océanographe rigole un peu, laisse l'oiseau mordiller affectueusement son pouce alors qu'il préfère ne rien ajouter cette fois. Daryl est un homme fondamentalement bon, mais son ancienne carrière militaire a laissé des traces et la blonde peut aisément imaginer l'air sévère et strict qu'il n'hésiterait pas à offrir aux futurs prétendants de sa fille unique. Ses parents ont rencontré Finn à plusieurs reprises déjà, mais elle sait pertinemment que le prochain repas sera différent, qu'ils devront probablement gérer la mauvaise humeur de Daryl lorsqu'il apprendra la nouvelle. Évidemment, Demelza sait aussi qu'il finira par accepter leur relation puisque ce qu'il désire le plus au monde, c'est sans doute de la savoir heureuse.

Lorsque le téléphone se met à sonner, Demelza fronce les sourcils et étire un bras afin de le récupérer.

« C'est Kyllian ! Attends, tu penses que Karo a accouché ? »

Surexcitée comme une puce alors qu'elle ne parvient pas à calculer les mois qui se sont écoulés depuis qu'elle a appris la nouvelle, Demelza appuie sur la touche qui lui permet de prendre l'appel pendant que les petits sauts de Sky la font rire.

Néanmoins, son rire s'éteint rapidement dans le creux de sa gorge lorsqu'elle prend conscience de l'anxiété palpable de la coyote, à l'autre bout du fil. Kaya lui donne l'impression d'être à des kilomètres et elle entend sa voix qui grésille, ses mots qui s'enchaînent rapidement sans lui laisser le temps de les assimiler.

« Oui, oui. C'est moi. Kaya, qu'est-ce qui se passe ? »

Rapidement, la blonde sent son estomac se nouer, mais elle n'est pas certaine de bien comprendre l'ampleur de ce qui est en train de se passer. Ce n'est pas Kyllian qui l'appelle et lorsque les mots tombent, comme des couperets trop aiguisés pour leur laisser une infime chance de survie, la blonde ferme les yeux, complètement terrorisée par leur implication. Elle devine l'état d'urgence dans la voix de la coyote alors qu'elle s'avère généralement si sûre d'elle-même, si maître de ses émotions. Elle est effrayée et Demelza sent les battements de son coeur exploser dans sa poitrine alors qu'elle se relève rapidement du canapé pour récupérer une veste, le téléphone toujours posé contre son oreille.

« Kaya, je te perds. Kaya ! MERDE ! »

Demelza tourne en rond, tente de réfléchir à ce dont elle a besoin alors que Sky la suit sans parvenir à saisir le cours de ses pensées. « Dem ! Calme-toi ! » Le ton autoritaire de son daemon l'immobilise derechef et la jeune femme se retourne vers lui, les larmes aux yeux et le coeur battant à tout rompre.

« Kaya a parlé d'un campement, j'imagine qu'ils sont là-bas ou bien qu'ils sont en route, je ne sais pas. Tu peux voler pour m'aider à me situer ? Si tu les vois ou si tu ... » « Bien sûr. »

La blonde ouvre la porte de l'appartement à la volée et ne prend même pas la peine de laisser un message à l'attention d'Erin. Elle attrape ses clés, verrouille la porte et rejoint rapidement l'habitacle de sa voiture alors que Sky tente d'apaiser ses craintes en lui parlant mentalement alors qu'il survole déjà les environs. Demelza doit essuyer ses yeux et prendre une grande respiration avant de s'engager sur la route afin de calmer les tremblements de ses mains. La nuit tombe rapidement sur la ville et lorsqu'elle s'engage dans la forêt, la noirceur se veut d'autant plus écrasante, terrifiante aussi. « Ça ira, tu verras. On va les retrouver. » L'oiseau semble à fleur de peau, lui aussi, et s'il tente de se montrer doux et réconfortant, Demelza ressent sa nervosité comme si elle était la sienne. Sa voix tremble un peu, son vol se veut saccadé alors qu'il passe à deux doigts de foncer dans un arbre par inadvertance. La blonde le connait suffisamment pour savoir que la situation le touche beaucoup, lui aussi, d'autant plus qu'il déteste la voir comme ça.

« Tu les vois ... ? Tu peux établir un lien avec Kaya ? » Les mains crispées sur le volant, Demelza prend un virage plutôt serré alors qu'elle ne se donne pas le droit de ralentir : elle s'enfonce encore plus profondément dans la forêt, ressent l'étau qui se resserre autour de son corps. « Pas encore. » La nuit s'effondre rapidement autour d'eux et la blonde ne reconnait plus l'endroit où elle se trouve. Kyllian doit se trouver au bord du gouffre et elle ignore comment elle réussira à le ramener à la surface d'une eau sombre où il s'enlise. L'avertissement du fou de bassan la tire de ses sombres pensées alors qu'il confirme qu'ils sont dans la bonne direction et qu'il aperçoit le campement. Il ne parvient pas à ériger une connexion mentale avec Kaya puisque l'esprit de la coyote semble coupé du monde, mais ça n'a plus d'importance désormais.

Lorsque Dem' quitte la voiture, c'est pour trouver le mexicain au pied d'un arbre, le canon d'une arme pointé sur son front. La terreur se glisse sur les traits de la blonde alors qu'elle ne réussit pas à faire un geste dans sa direction de peur de le faire sursauter, de peur de le voir appuyer malgré lui sur cette gâchette qu'il maintient entre ses doigts. Les larmes coulent le long de ses joues alors qu'elle se sent impuissante, qu'elle l'observe sans réagir. La détresse du daemonien et de sa daemonne est palpable dans toute la clairière et une vague de désespoir gagne rapidement l'océanographe.

Pourtant, si cet instant semble durer des heures, quelques secondes seulement s'écoulent avant que Kyllian se débarrasse de son fusil en le jetant devant lui. Possédé, il détruit tout et Demelza demeure immobile, triste observatrice d'un spectacle malheureux, désespéré.

Lorsque le mécanicien se met à frapper l'arbre de ses poings, Sky s'approche et la pousse du bec. Son ton est grave lorsqu'il s'adresse à elle, un ton qu'elle ne lui connait pas. « Va le rejoindre. Je m'occupe de Kaya. » La blonde hoche doucement la tête, essuie ses yeux d'un revers de la main avant de s'avancer doucement jusqu'à la silhouette brisée qu'elle aperçoit. Afin de le calmer et de l'empêcher de se faire du mal, Demelza l'entoure fortement de ses bras, refuse de lâcher prise et ferme les yeux. Ses doigts s'agrippent aux avant-bras et aux poignets masculins alors qu'elle plaque son corps contre le sien, qu'elle tente désespérément d'établir un contact physique entre eux afin de pallier la souffrance de Kyllian.

« Je suis là. T'es plus tout seul. »

Elle murmure ces quelques mots contre son oreille alors qu'elle le maintient toujours contre lui, qu'elle grimace un peu à la vue du sang qui macule ses jointures. Demelza ne saurait dire si la vague de nausées qui la secoue violemment est due à leur proximité ou à la situation de manière générale.

« Viens ... Viens t'asseoir. »

Elle recule un peu, entraîne Kyllian avec elle afin de l'éloigner de cet arbre qui lui sert de bouc émissaire. Elle n'est pas sans savoir qu'il n'est pas dans son état normal et qu'il pourrait bel et bien s'en prendre à elle, mais pour le moment, c'est le dernier de ses soucis.

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