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Rudy Jungdorf

 
  
MessageDim 25 Juin - 22:07
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Rudy Jungdorf

« Nous aurons le destin que nous aurons mérité. » A. Einstein

Identité

Nom Prénoms : Jungerdof, nom de famille que j'ai hérité de mon père, qui l'a lui-même hérité du sien. Rudy, ce prénom que mes parents m'ont donné à la naissance, mais que je déteste tellement.
Age : J'ai 29 printemps.
Date et lieu de naissance : Je suis né le 13 février 1987, à Zwickau.
Nationalité : Je suis allemand, de part mes parents et américain, depuis que j'ai quinze ans, de part le remariage de ma mère avec un américain.
Métier ou étude : Je n'ai jamais aimé les études, lui préférant un côté rêveur et artistique. Pour mes parents, ce que je fais, aujourd'hui, s'apparente plus à un hobby, un passe-temps, qu'à un véritable métier. Pourtant, de ce passe-temps, dont j'ai fait mon métier, je peux en vivre, peut-être pas aussi bien qu'eux, du haut de leur société de publicité, mais j'en vis.
Je suis un artiste, un comédien. Si beaucoup jouent entre quatre murs, dans un théâtre, ou sous les toiles de tour d'un chapiteau, mes planches à moi sont les pavés des rues, aux yeux et au sus de tous. Si il n'y a personne pour me regarder, les nuages, le soleil et les oiseaux sont mes spectateurs. Certains diront que je suis un va-nu-pieds, un batteur de pavés, un bohémien. Je ne m'en insurge plus, car j'ai peut-être une âme un peu bohème, au plus profond de moi.
Je joue dans une troupe, The Sky is a Mirage - on trouvait que ça sonnait bien, lorsqu'on a créé la troupe, en 2007 -, et nous jouons au bon cœur du public ou dans des événements divers.
Précision : Mon homosexualité ou le fait que je sois bilingue, sachant aussi bien parler allemand qu'anglais - malgré un léger accent germanique dont je ne me suis jamais débarrassé -, peut-être?

DAVID OSAKES
(c) Poisson Ivy

Citoyen Daëmonien

Apophis


Descriptif de l'espèce du Daëmon: Apophis est un cobra égyptien femelle. Les cobras égyptiens sont des serpents ovipares - qui pondent des œufs - et venimeux - bien que plus lent que la vipère, le venin d'un cobra égyptien, qui agit sur les muscles respiratoires et pouvant être fatale, sans le sérum antivenimeux, est l'un des plus dangereux qui soit -, de la famille des Elapidea, pouvant mesurer entre cent quarante et deux-cents cinquante centimètres et ayant des crochets mesurant entre huit et dix centimètres. Ces serpents se trouvent généralement au Maroc, en Algérie, en Libye, en Égypte, au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigeria, au Niger, au Tchad, au Cameroun, en Centrafrique, au Soudan, en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Congo-Kinshasa, au Zimbabwe et au Yémen bien que, même si c'est moins sûr, on peut également les trouver en Mauritanie, en Guinée-Bissau, en Guinée, au Liberia et au Sierra Leone.

Les cobras égyptiens sont des animaux peu agressifs qui préfèrent se cacher, en cas de danger. Pourtant, lorsqu'ils se sentent menacer, ils adoptent une attitude impressionnante, en sifflant et gonflant le cou.

Les cobras se nourrissent de petits mammifères, d'oiseaux, de lézards, d’autres serpents, des œufs et des batraciens.

Ces serpents sont casaniers, pouvant rester toute l’année dans le même trou ou sous la même termitière.

La légende veut que Cléopatre VII se soit donnée la mort en se laissant mordre par un cobra égyptien. Pour moi, elle était trop fière, pour se suicider, mais ça, c'est une autre histoire... C'est également ce genre de serpents que les charmeurs de serpents exposent sur la place publique.

Descriptif d'Apophis: Apophis est une femelle mesurant deux mètres avec des crochets de dix centimètres. Elle a l'air très calme, comme ça, mais ne vous fiez pas aux apparences: elle est loin d'être aussi sympathique qu'elle en a l'air (bon, après, vous me direz que c'est un serpent. Et un serpent, ça a rarement l'air sympa, de base!).
Elle accorde assez peu facilement sa confiance et est du genre vicieuse, toujours à faire des coups bas ou à être une sale langue.
Du long de ses deux mètres, c'est une vicieuse, ayant du mal à être sincère, face aux gens, qui, lorsqu'elle l'est, y va trop franchement et a tendance à blesser - volontairement, bien souvent, pour mon plus grand malheur, d'ailleurs - dans ses propos. A l'inverse, quand elle n'aime pas quelqu'un, elle arrive facilement à le faire comprendre, même si elle ne le dit pas clairement.
Du genre casanier, elle n'a jamais vraiment aimé le fait que, avec les Sky Is A Mirage, nous bougions de villes en villes, au fil des festivals de théâtre et des divers contrats, à droite à gauche.
Elle n'est pas le genre à manquer de culot et de modestie. Vu la façon dont elle a de prendre la grosse tête, je lui demanderais, si elle avait des jambes, si ses chevilles n'enflent pas trop...

Origine du nom: Dans la mythologie égyptienne, Apophis était représenté comme un gigantesque serpent pouvant également prendre la forme d'un hippopotame, d'un oryx ou d'une tortue.
Il pourrait être considéré comme l’alter ego cosmique du dieu Seth: si Seth voulait tuer son frère Osiris, Apophis, lui, voulait arrêter la course solaire en essayant à tout prix de tuer l'astre solaire en l’enserrant dans son long corps. Mais il finissait toujours par perdre et son sang colorait l'aube et le crépuscule.
Apophis était la preuve que, même s'il est vaincu, le mal est toujours quelque part, tapis dans l'ombre, prêt à agir à nouveau.

Lien entre Daëmon et Daëmonien: Apophis et moi sommes les deux faces d'une même médaille: indissociables l'un de l'autre, nous avons pourtant chacun des traits de caractère bien à nous.
Elle sera calme, quand je serais paniqué; négative, lorsque je verrais le bon côté des choses ou serais heureux, pouvant se montrer vicieuse, voir méchante ou cruelle, lorsque je souffre: tout dépend la source de mon malheur, c'est tantôt moi qu'elle enfoncera encore plus, elle peut tantôt être débordante de haine pour ceux qui m'auront mis dans cet état. Comme des frères et sœurs ne semblant pas s'entendre ou un vieux couple ne s'entend plus, il nous arrive, souvent, ne nous prendre la tête, violemment!, tout en finissant toujours par revenir l'un vers l'autre, car se bouder trop longtemps nous est insupportable. Nous avons, pourtant, par moment, des airs de Mickey et Minie: ensemble, comme si tout allait bien, dans le meilleur des mondes - avant d'inévitablement nous reprendre la tête.
Malgré tout, nous avons un lien très fort, elle et moi, qui nous aide à mutuellement nous soutenir, lorsque ça ne va pas, même si l'on vient de se prendre la tête. J'ai besoin de savoir Apophis dans la même pièce que moi - ou de savoir exactement où elle est, si je ne l'ai pas directement sous les yeux -, pour ne pas avoir l'impression de manquer d'air.
Caractère

Une seule âme, pourtant, deux corps et deux caractères.

D'un côté, Apophis, avec ses deux mètres vicieux. De l'autre, moi, du haut de mon mètre quatre-vingt-quatre, qui n'aime pas l'hypocrisie... du moins, je ne vais pas vous dire que je vous aime alors que ce n'est pas le cas (ce qui ne m'empêchera pas d'être poli vis-à-vis de vous).
Etant du genre à manquer de confiance en moi, j'ai un peu de mal à faire part de mon ressenti, bien que me lancer dans le théâtre, avec la troupe, m'a quand même aidé à sortir un peu de ma timidité. Je n'aime pas blesser les gens. Pas intentionnellement, du moins. Quand c'est le cas, j'ai tendance à culpabiliser.
N'aimant pas montrer mes sentiments - un peu comme Apophis -, j'ai des tendances à toujours - ou, du moins, le plus souvent possible - essayer de sourire, bien qu'un œil expert, comme mon Daëmon, pour ne citer que lui comme exemple, est capable de desseller lorsque ça ne va pas.
Alors qu'Apophis est loin d'être dupe, moi, j'ai un côté un peu naïf, pouvant facilement croire ce que l'on me raconte, bien que je sois plus crédule sur certains sujets que sur d'autres et que je le sois un peu moins, aujourd'hui, que lorsque j'étais petit. Malgré un côté naïf - à moi que ce ne soit mon côté optimiste qui me fasse voir le bon côté partout? - j'ai du mal à pardonner, lorsqu'on trahit ma confiance.
Contrairement à Apophis qui, si elle le pouvait, passerait ses journées terrée sous le lit, à la maison, j'ai du mal à rester longtemps au même endroit sans avoir quelque chose à faire.
Mémoire sur-développée

Un peu comme les vieux manuels avec de vieux parchemins en guise de feuilles sur lesquels se lisent, en pattes de mouche, des faits historiques relatés par ceux qui les ont écrit et qui en gardent la mémoire, à travers les âges, mon pouvoir - ou une malédiction, allez savoir! - me permet de garder une trace de tout ce que j'ai pu voir, au fil des dernières années.
Mon excellente mémoire peut s'avérer utile, pour apprendre mes textes. Il y a pourtant des choses, dans les inconvénients de mon pouvoir, que je voudrais bien oublier, comme ce fameux soir de décembre où ma mère m'a sorti des mots si durs - et l'expression de son visage, surtout -, lorsque je lui ai annoncé mon homosexualité ou ceux qu'elle a sorti à Pastel lorsque cette dernière lui a annoncé que non, Tokiie n'est pas une fille.

Si j'ai une mémoire sur-développée et que j'ai tendance à assez peu oublier les choses, ça ne m'empêche pas, lors de forts moments de stress, de panique et de tension, j'ai la fâcheuse tendance à avoir de sérieux blancs... pas très pratique, du coup, à une demi-heure d'une représentation ou, plus jeune, lorsque ma mère voulait s'assurer que j'avais bien retenu mes leçons de la journée et que, dans ma peur de la décevoir, je ne savais plus quoi répondre et je répondais à côté de la plaque. Ma mère n'ayant jamais été du genre patient et à m'encourager à essayer de me souvenir, ça me stressait encore plus et, dès lors, j'étais bien incapable de faire sortir le moindre son de ma bouche. Je suis donc quelqu'un qui a besoin de ne pas être trop sous stress, pour que ce que j'ai pu voir ou apprendre me revienne facilement ou, si je suis sous stress, d'avoir des gens qui, au contraire de ma mère, ont la patience d'attendre que ça me revienne ou qui croient que j'en suis capable.
Il était une fois

Il était environ vingt heures, ce soir de courant 2016, dans le loft de la troupe, à Merkeley. Avec Tokiie, Pastel, Hayden, Tessa et Margaux, les albums posés sur la table basse du salon, on se regardait des photos souvenirs. Depuis 2011, avec l'officialisation de l’existence des Daëmons et des Daëmoniens, il y avait assez peu de photographies des Sky Is A Mirage où j'étais présent. Par précaution, comme je faisais parti des nombreux Daëmoniens non recensés au-près du Conseil, avec la troupe, nous avons décidé que je me ferais discret, dans l'attente que les choses se calment.

En 2011, lorsque l'existence des Daëmoniens a été révélée et Merkeley déclaré comme terre d'asile pour les gens comme nous, nous nous y sommes rendus, avec Apophis. La ville étant, à l'époque, défendue aux simples humains, nous avons été séparés de Tokiie et des filles. “Tokiie te manque, hein? Me demandait tous les soirs Apophis. CCCCC'est pour notre bien à tousssss. Dès que les gens arrêteront ne nous prendre pour des bêtes de foire, on retrouvera toute la troupe!” Cet éloignement forcé de la troupe devait bien arranger le cobra égyptien, elle qui n'aimait pas le fait qu'on se déplace beaucoup. C'était jusqu'à ce qu'on doive se faire inscrire sur le Registre du Conseil, sous peine de se faire expulser de Merkeley...
“Ne sssssigne rien, Rudy! On est en sssssécurité, iccccci, mais devoir sssssigner un Regissssstre, je le sssssens mal!” Si je m'étais écouté, je l'aurais signé, ce Registre. J'en avais envie, vraiment, mais, si je l'avais fait, je savais qu'Apophis m'en aurais encore voulu, aujourd'hui. Je l'ai donc écouté. Je n'ai rien signé. Et on a dû quitter Merkeley pour retourner dans une société qui ne voulait pas de nous. On a donc essayé de se faire le plus discret possible et de se faire oublier.
Les temps ont été bien sombres, jusqu'à aujourd'hui et c'est sans doute loin d'être terminé. Lorsque le nouveau Conseil a été créé et Merkeley ouvert aux humains, on c'est réuni, avec la troupe, pour savoir si j'allais signé le Registre. Un vrai Registre, digne de ce nom, pour être des citoyens comme les autres, cette fois. Contre son avis, j'ai entraîné Apo, un matin, pour signer le Registre. Bien qu'elle ne l’admettra jamais, je crois qu'elle m'en est reconnaissante, maintenant.

“Ce sont tes parents?” Demanda Hayden, en me tendant une photo. Tokiie pelotonné dans mon dos, je finis par enlever mon T-shit. “Mmmm...” Marmonna-t-il. “Tu me tiens chaud, espèce de bouillotte!” Lui répliquais-je en balançant le vêtement à travers la pièce. “Sssss!” Protesta Apophis en relevant la tête et en gonflant son cou, lorsqu'il lui atterrit dessus. “Oui, ce sont mes parents.” Répondis-je en prenant la photo et en m'excusant mentalement au-près d'Apophis. “Tu en parles assez peu...” “Mon père est mort quand j'avais cinq ans. On était assez proche, je crois. Quand à ma mère, tout ce qui lui a toujours importé, c'était de réussir son mariage avec le père de Pastel...”

Ma mère, Adelheid Abberline, me parlait assez peu de mon père, Tielo Jungerdof. Du peu de ce que j'en sais ou de ce que je m'en souviens, ils étaient dans la même classe, dans un lycée du district Ouest de Zwickau, en Allemagne.
A dix-neuf, tout juste sortie du lycée, ma mère est tombée enceinte de moi. Elle qui rêvait de faire de grandes études, d'avoir un bon métier et une bonne situation, a tout arrêté. J'ai pointé le bout de mon nez et je crois que, dans la foulée, mes parents se sont mariés. Se sont-ils jamais aimés? Se sont-ils sentis obliger de rester ensemble et de se marier uniquement parce que j'étais là et qu'ils ne pouvaient plus revenir en arrière? Ce sont des questions qui demeureront à tout jamais sans réponse.
Mon père, artiste dans l'âme, espérant pouvoir vivre de ses peintures, m'aimait vraiment, je crois. Dans le flou de mes souvenirs d'enfant, je me souviens encore de l'odeur de la peinture fraîche, dans son atelier, de la vision des croquis au crayon de papier jamais aboutis, froissés dans la corbeille, d'après-midis passés les mains couvertes de peintures et à les poser sur des feuilles blanches pour faire comme papa, ce qui horripilait ma mère et faisait beaucoup rire mon père.
Mon père m'aimait vraiment, moi, l'enfant bizarre né avec cet animal étrange changeant régulièrement de forme et toujours - ou presque - pelotonné sur mon épaule. Ma mère, qui avait assez rapidement compris qu'elle ne pourrait pas se débarrasser d'Apophis, c'est toujours montrée plus distante et plus froide, vis-à-vis de moi. De mémoire, il n'y avait encore jamais eu de Daëmonien, dans la famille et ça lui faisait peur.

Mon père est mort quand je n'avais pas encore tout à fait cinq ans et je n'ai pas souvenir d'avoir vu ma mère verser la moindre petite larme, même à l'enterrement. A l'époque, je crois que je n'ai pas compris que mon père s'en était allé définitivement et je l'ai réclamé encore plusieurs jours, après sa mort. Pour ma mère, qui a assez rapidement repris son travail de serveuse, la vie a vite repris son cours. Comme mes parents n'ont jamais eu énormément de moyens, ils ne m'ont jamais envoyé dans un Kindergarten, une école maternelle. Après le décès de mon père, pour s'éviter des frais en nounou, ma mère me confiait à ses grands-parents, lorsqu'elle devait aller travailler. Chez les arrières-grands-parents, ça sentait la menthe, la lavande et les cookies au chocolat. J'ai aussi des bons souvenirs de mes journées chez eux.

En 1993, du haut de mes six ans, j'aurais dû entrer au Primarstufe - quoi que dire 'je suis entré au Primarstufe' serait plus juste, vu que j'y ai tout de même fait quelques heures -, l'école primaire, avec un Schultüte, un cornet de bonbons et de fournitures scolaires, sous le bras.
Restait le problème d'Apophis. Petit, déjà - surtout -, je ne supportais pas de ne pas l'avoir sous les yeux ou de la savoir tout prêt, imaginez donc l'angoisse de la savoir à la maison, seule, à plusieurs rues de moi, durant mes matinées en classe. Ma mère m'a tout de même fait comprendre que je devrais aller à l'école et laisser Apophis à la maison. Bien que je comprenne ce que voulais me dire ma mère, aujourd'hui, à six ans, je ne l'ai pas compris. Je crois que ça a été une des rares fois où j'ai osé tenir tête à celle que j'appelais maman et où je lui ai fait une crise monstre pour qu'elle me laisse emmener mon Daëmon avec moi. Elle n'a pas cédé pour autant et elle m'a emmené à l'école en laissant Apophis à l'appartement. “Je ne bouge pas de là! Je t'attendrais!” M'avait promis Apo, assise derrière la porte.

Sur le chemin menant à l'école, ma mère a, tout du long, essayé de me convaincre que tout irait bien et que je me ferais pleins d'amis qui me feront vite oublier mon inquiétude au sujet d'Apophis. Sauf que, enfant, je n'avais jamais été vraiment séparé d'Apo. Si ça avait été le cas, ça n'avait sans doute jamais été pour trop longtemps ou sur une longue distance - bien que, aujourd'hui, si une certaine distance nous sépare, j'arrive mieux à le gérer, qu'avant.
Ma mère m'a donc laissé à l'école, ce matin-là et est partie travailler... pour finalement venir me recherche d'urgence, quelques heures après. Ne pas avoir Apophis près de moi m'avait vraiment paniqué et j'avais fait ce qui ressemblait à une crise d'angoisse. Et même si elle n'appréciait pas la présence d'Apo, ma mère a très bien fait le lien entre ma crise d'angoisse et le fait que mon Daëmon était seul à la maison, lorsque la directrice de l'école lui a expliqué ce qui c'était passé.
Aller à l'école étant une obligation, mais étant difficile si je faisais des crises d'angoisse tous les matins, il a fallu que ma mère négocie bec et ongles, essayant de faire comprendre que mon animal et moi - on ne criait pas sur tous les toits, dans la famille, qu'Apophis était plus qu'un simple animal, surtout venant de ma mère et à l'époque - ne supportions pas d'être séparés et qu'il y avait de fortes chances que je trouve moyen de sécher les cours pour rentrer le retrouver et ne pas angoisser - ce que j'aurais sans doute fait -, si je ne pouvais pas suivre le programme à la maison. Comme sa grand-mère avait été institutrice, dans le temps, ce fut elle qui, jusqu'à mes neuf ans, me fit cours à la maison.

C'est durant les deux premières années où mon arrière-grand-mère m'a fait l'école au milieu des odeurs de menthe, de lavande et de cookies, que ma mère a rencontré celui qui allait devenir mon beau-père: Zavier Abberline, un riche homme d'affaires spécialisé dans la publicité. Ce qu'il faisait en Allemagne? Je n'ai jamais osé poser la question. Comment il a rencontré ma mère? Dans le restaurant où elle travaillait comme serveuse. Ce qu'il lui a trouvé? Aucune idée et je n'aime mieux pas savoir. Ce que j'ai retenu de lui, la première fois que nous nous sommes rencontrés, c'est qu'il avait une fille, Pastel, de deux ans mon aînée, dont il était divorcé de la mère, une montréalaise. Cette dernière était retournée vivre dans sa famille, au Canada, avec leur fille, mais il en avait la garde durant les vacances scolaires. J'ai aussi vite compris que, à l'inverse de mon père, il ne passerait pas beaucoup de temps à s'intéresser à moi. Avec les années, on a même fini par définitivement couper les ponts, lui et moi. C'est dire comment il tenait à moi et inversement.
Dans l'année et demie qui a suivi leur rencontre, Zavier a demandé à mère qu'elle et moi le rejoignons, en Amérique. Si je n'ai jamais su ce qu'il trouvait à ma mère, j'ai assez rapidement compris ce qu'elle trouvait à Zavier, elle: avant que je ne lui brise tous ses rêves, ma mère voulait s'élever dans l'échelle sociale et mener une belle vie. Celui qui allait devenir son deuxième mari pouvait lui apporter tout ça! Nous sommes donc partis pour Atlantic City, où vivait Zavier, un soir d'été. Avant de prendre la direction de l'aéroport et après avoir fait mes adieux à ma famille allemande, ma mère m'a clairement fait comprendre qu'elle ne voulait pas d'incident concernant Apophis, durant le voyage, car elle me laisserait à Zwickau, sinon. J'aimais bien le train-train quotidien qui c'était installé, depuis le décès de mon père et je n'avais pas envie de le quitter. J'aimais encore plus ma mère, malgré tout, même si ce n'était franchement pas réciproque. Je ne voulais donc pas qu'elle me laisse derrière elle avec l'océan Atlantique entre nous. Durant tout le voyage en avion, j'ai donc essayé de me comporter comme un gentil petit garçon bien sage, avec une Apophis pouvant se pelotonner dans ma poche.
C'est cet été-là, dans le New Jersey, que j'ai fait la connaissance de Pastel Abberline, ma belle-sœur. Avec ma mère, nous l'avons rencontrée en arrivant dans la maison de Zavier, où elle était pour les vacances. J'entends encore mon beau-père nous présenter sur un ton détaché: “Pastel, je te présente Adelheid et Rudy. Adel, Rudy, ma fille, Pastel.” “Roudy!?” Avait-elle répété, avec un sourire. J'hochais vivement la tête. Son père lui avait déjà parlé de nous, avons que nous arrivions, c'était un fait dont j'étais sûr. D'ambler, je crois qu'elle n'a pas apprécié ma mère. Je ne pouvais pas l'en blâmer, persuadé que son père voulait remplacer le mien aux côtés de ma mère. Pastel et moi, par contre, nous nous sommes assez vite bien entendus.
Ma belle-sœur a fait parti de ces personnes que j'ai rencontrées durant mon enfance qui ne m'ont pas considéré comme une anomalie à cause d'Apophis. Durant ce qui nous restait de l'été - on était en 1996 -, et avant qu'elle ne reparte chez sa mère où je savais que je ne la reverrais pas avant ses prochaines vacances scolaires, Pastel c'était donnée comme mission d'essayer de m'apprendre les premières bases d'anglais et de m'enlever mon accent germanique, bien que ce dernier me suivra légèrement toute ma vie. Avec la fin de l'été, ma belle-sœur repartie au Canada, j'ai dû, de mon côté, retourné sur les bancs de l'école, avec ce qui se rapproche le plus d'un précepteur qui me suivra durant les années suivantes.

Durant les années qui suivirent, les jours, les semaines et les mois se ressemblèrent assez: Zavier rentrant souvent tard du bureau, le soir, ma mère passant le plus clair de son temps à faire du shopping, moi passant mes journées à étudier, avant de me faire interroger par ma mère, le soir venu, cette dernière voulant savoir ce que j'apprenais.
Parmi les événements brisant un peu la monotonie du quotidien, le mariage de ma mère et de mon beau-père, début 1997, ma naturalisation américaine, en 2002, les séjours de Pastel et son sourire contagieux parmi nous et mon entrée dans l'adolescence, avec l'arrivée de mon pouvoir. Quoi que l'arrivée de ce dernier c'est faite subtilement, pour la simple et bonne raison que ça doit arriver à tout le monde d'avoir une impression de déjà vu ou d'être sûr et certain que telle ou telle chose a déjà été vue ou vécue. Il m'arrivait d'assurer à mon professeur particulier que l'exercice à faire avait déjà été vu. “Tu es sûr, Rudy? C'était un exercice qui devait beaucoup y ressembler, mais de là à dire que c'est exactement même, ça m'étonnerait.” Me demandait-il dans un ossement de sourcil. “Sûr et certain, Monsieur!” Ce qui ne l'empêchait pas de me le refaire faire. S'ajoutait à ça que je pouvais aussi répéter mot pour mot le message de mon beau-père à l'intention de ma mère qu'il avait laissé sur le frigo pour lui dire qu'il rentrerait tard et de ne pas l'attendre, trois jours plus tôt. En contre parti, la peur d'oublier me tétanisait. J'étais capable de me rappeler un message datant d'il y a trois jours alors qu'on ne m'avait rien demandé, mais j'étais incapable de répondre aux questions de ma mère sur mes leçons de la journée. Pour elle, je passais pour un OVNI, avec mon Daëmon, il était donc important que j'ai des notes respectables (surtout que Zavier payait quelqu'un pour me faire les cours à la maison, en plus, histoire que le moins de personne possible soit mis dans la confidence que son beau-fils avait une drôle de petite créature qui le suivait partout). Que mon angoisse de la décevoir me faisait tout oublier la désespérait au plus haut point. Pour ma mère, j'étais donc une déception à tous les niveaux...

Je n'avais pas beaucoup d'amis, enfant. Ma timidité et la peur de me faire prendre de haut à cause d'Apophis ne m'ont jamais aidé à me mêler à la foule. Malgré tout, à l'adolescence, ça ne m'a pas empêché de regarder les gens différemment et de commencer à ressentir des choses pour certains. Si Pastel nous parlait souvent des garçons qu'elle fréquentait, au point que ça en paraissait parfaitement normal, moi, au contraire, j'avais l'impression d'être plus anormal que je pouvais déjà l'être, car je me sentais aussi attiré par les garçons. Ma belle-sœur fut sans doute la première personne à qui j'ai osé en parler. Elle fut sens doute la seule Abberline à bien prendre la chose. Quand je l'ai dit à ma mère, quand j'ai eu dix-huit ans, j'ai cru que ses yeux sortaient de leurs orbites et qu'elle allait faire une syncope. “Tu peux répéter?” A-t-elle tout de même réussi à articuler, en se refaisant une contenance. “Je suis gay, Mutter.” Et puis la gifle, sifflante, claquante, douloureuse, son regard dur et sa réflexion sur le fait qu'elle ne m'avait pas élevé pour que je devienne gay. ‘Comme si j'avais choisi de l'être...’ Avais-je pensé. ‘Je ssssserais toujours là pour toi, moi...’ M'avait fait savoir Apophis sur un ton un peu triste.

“J'imagine assez mal la mère de Tokiie gifler son fils parce qu'il lui annonce qu'il est gay...” “C'est parce qu'elle est la douceur et la compréhension même!” “Vous idéalisez un peu trop ma mère, non?” Ne pu s'empêcher de faire remarquer Tokiie avec un sourire, déclenchant l’hilarité générale dans le loft. “Peut-être, mais elle ne t'a pas foutu dehors, lorsque tu lui as annoncé ta relation avec Rudy, au moins.” Ne pu s'empêcher de rappeler Pastel, lorsque tout le monde eu retrouvé son sérieux.

Il était vrai que ma mère a longtemps espéré que mon homosexualité soit une plaisanterie de ma part. C'était Pastel, alors en études de commerce à Atlantic City, qui m'avait présenté Tokiie, un de ses amis asiatiques et qui, lors d'un repas, avait lâché le morceau sur notre relation, entre lui et moi. Pour ma mère, ça a été trop et j'ai été invité à prendre mes clics et mes clacs. C'est la mère de Tokiie, japonaise d'origine, qui m'a recueilli chez elle.

Je reposais la photo de mes parents pour en trouver une de la troupe, dans ses débuts. “Vous vous souvenez des débuts de Sky Is A Mirage?”

Hayden, Tessa et Margaux étaient, comme Tokiie, des amis de Pastel. En 2007, après une formation théâtrale, elles avaient envie de se lancer, avec une troupe, dans le théâtre et d'essayer d'en vivre. Avec Pastel dans les comptes, elles recherchaient encore deux personnes, pour se joindre à elles. Allez savoir, alors qu'on y connaissait rien, ma belle-sœur à penser à Tokiie et moi. Je me souviens que ce n'est pas notre manque de connaissance dans l'art de jouer la comédie de l'époque qui aura laissé perplexe Margaux et Tessa, mais le cobra égyptien me servant de Daëmon. Il a fallu du temps pour leur expliquer qu'Apophis était inoffensive et que moi, loin d'elle, c'était impossible. Du coup, si elles étaient d'accord de m'intégrer dans leur petite aventure - qui, à la bonne surprise de tous, dure encore, aujourd'hui -, il leur faudrait accepter Apophis. Hayden a été la seule à être partante de savoir Apophis dans les parages des répétitions et des représentations de la troupe. “Mais c'est un serpent, avait protesté Margaux, elle risque de nous attirer des problèmes...!” “Plutôt que de voir Apo comme une ennemie, voyez-la plutôt comme la future mascotte de la troupe!” Avait plaidé Pastel. A part nous, personne ne la connait, on aura donc pas de problème. Durant les futures représentations ouvertes au public, elle aura qu'à aller se cacher, pas trop loin, histoire que ni elle ni Rudy ne soient incommodés d'être trop loin, mais de façon à ce que personne ne la voit. Si on fait des représentations dans la rue, je suis sûre qu'il y aura moyen qu'elle se tienne tranquille un moment dans un panier à pique-nique. Et si c'est l'éventuel danger qu'elle représente qui vous inquiète, vous n'avez rien à craindre: elle menace, râle, jure, crache et siffle mais n'attaque jamais!” Avant que je ne sois réellement considéré comme un membre à part entière de la troupe, il y eu tout de même de longs mois de méfiance. Plus vis-à-vis d'Apophis que de moi, personnellement. Je ne pouvais pas en vouloir aux filles. Je pouvais même comprendre leur réaction. Elles posèrent beaucoup de questions, avant qu'elles, Apophis et moi commencions à vraiment nous aimer et à nous faire confiance. Comment Apophis était-elle apparue? Avait-elle toujours eu cette forme de serpent? Pourquoi ne pouvait-on pas la toucher?Pourquoi étions-nous si différents? Ce serait risqué de parler d'elle, n'est-ce pas? Y en avaient-ils d'autres, dans ma famille, qui avaient des Daëmons? Après avoir répondu du mieux que je pouvais à toutes leurs interrogations, j'ai eu l'impression de faire vraiment parti de la troupe, d'y avoir ma place. Pour la première fois de ma vie, je me sentais accepté, important, aimé, apprécié, malgré mes différences.

Avec les événements autour des Daëmoniens, ces dernières années, où la troupe ne m'a jamais tourné le dos, je sais que je peux compter sur chacun de ses membres et inversement. Comment va évoluer les relations Daëmoniens-humains,
au fil des prochaines années et ce qui va se passer maintenant, seul l'avenir nous le dira...

Qui tire les ficelles

Pseudo/Prénom : Faramir/Inti
Âge : 21 ans cet automne
Double Compte : Rien à déclarer!
Activité sur le forum : Entre 3 et 6 jours par semaine, je pense.
Comment as-tu connu le forum ? En cherchant sur Internet.
Un commentaire ? Un avis ? Une suggestion ? Je vous aimais déjà bien, en arrivant, mais quand j'ai trouvé le code du règlement, je vous ai aimé encore plus !
Et si je te demande le code du règlement ?
  
MessageDim 25 Juin - 22:07
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InvitéInvité
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MessageDim 25 Juin - 22:34
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Date d'inscription : 07/10/2016Nombre de messages : 270Nombre de RP : 28Âge réel : 22Copyright : Dana-Sian/Arya (pour Teddy)Avatar daëmon :
Stella HemingwayMODO• Nothing will be the same...
Bienvenue hâte d'en apprendre plus sur ton personnage chouette prénom pour le daëmon
  
MessageDim 25 Juin - 23:45
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Date d'inscription : 07/05/2017Nombre de messages : 70Nombre de RP : 10Âge réel : 26Copyright : Aki ♥Avatar daëmon :
Jean G. MontgomeryNothing will be the same...
Wilkomenn ! Hâte d'en savoir plus également, bonne rédaction ;)
  
MessageLun 26 Juin - 14:38
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Date d'inscription : 30/11/2012Nombre de messages : 1490Nombre de RP : 187Âge réel : 18Copyright : © Lou'Avatar daëmon :
Erwan A. Valentini
« And if somebody hurts you
I wanna fight »
Booouuuh, un serpent ..

Bienvenue parmi nous !
Je te souhaite une bonne continuation pour la suite de ta fiche.
  
MessageLun 26 Juin - 18:34
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Date d'inscription : 03/02/2017Nombre de messages : 195Nombre de RP : 31Âge réel : 20Copyright : Kyky!!Avatar daëmon :
Nollaig E. O'MalleyNothing will be the same...
Bienvenue à toi! Bon courage pour la suite de l'écriture et hate de pouvoir lire tous ça ;)
  
MessageLun 26 Juin - 22:36
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Date d'inscription : 20/08/2016Nombre de messages : 236Nombre de RP : 44Âge réel : 27Copyright : Avatar ∞ miss Avatar daëmon :
Demelza FlyntMODO• Nothing will be the same...
Bienvenue parmi nous <3 Bon courage pour la rédaction de ta fiche !

Et puis, ton pseudo quoi ! Faramiiiiiir
  
MessageMar 27 Juin - 0:15
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Date d'inscription : 23/10/2015Nombre de messages : 1220Nombre de RP : 93Âge réel : 25Copyright : (c) aki'Avatar daëmon : Coyote
Kyllian GriffinMODO• I'm all kind of BAD luck
Bienvenue sur LD!

Je suis fan de ton choix de daemon, excellente idée J'ai hâte d'en apprendre plus sur ton barbu, bon courage pour la rédaction de ta fiche! ♥️
  
MessageVen 30 Juin - 19:31
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Date d'inscription : 23/06/2010Nombre de messages : 6766Nombre de RP : 348Âge réel : 24Copyright : AryaAvatar daëmon : every colors in the air
Aaron Dwayne☷ ADMIN-BREIZH ☷
←☸ →
Tempest in a Bottle
Oh mon dieu ça faisait longtemps que j'avais vu cette bouille là !! Uuuh le vilain What a Face ! Laisse Jack et Aliena tranquilles !! è_é

Bienvenue sur le forum, super cool le daëmon en effet ! Bon courage pour ta fiche =)
  
MessageDim 2 Juil - 18:38
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InvitéInvité
Merci
  
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