Stars can't shine without Darkness || Aelya Fereden & Rafael Garcías

 
  
MessageVen 8 Sep - 1:37
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Rafael GarcíasNothing will be the same...
Aelya Fereden & Rafael Garcías ▬ Delilah & Eko
Stars can't shine without Darkness
Le cœur battant, le regard planté dans cette obscurité troublée par une source lumineuse qu'il n'identifiait pas, Rafael avait la sensation que les silhouettes étaient encore là. Il sentit à peine le mouvement sur le matelas, ne différencia pas le déplacement de Delilah de cette scène qui restait imprimée sur ses rétines. Ce n'est que lorsque la demoiselle atteignit la lampe de chevet et qu'elle l'activa que ses paupières papillonnèrent et que son esprit commença à différencier cauchemars et réalité. Progressivement, il assimila même l'instant où il s'était éveillé et comprit que le son qui l'avait tiré de l'inconscience était sorti de sa propre bouche. Rafael n'osa guère lancer un regard à sa compagne qu'il avait encore brusquement réveillé et pivota sur le côté, se refermant autour de son poing qui semblait encore bercé de cette vieille douleur fantomatique au cœur de ses cicatrices.

Delilah l'observa de ses yeux encore embrumés, la demoiselle ne réprima pas ce long bâillement qui lui chatouillait le museau depuis quelques secondes avant de venir s'allonger en glissant sa tête dans le creux de la nuque de son bout d'âme usé. Elle le sentait encore trembler sous l'angoisse de ces maudits rêves qui ne le lâchaient pas même depuis qu'ils étaient enfin loin de ces menaces. Elle n'avait jamais véritablement su quoi faire face à cela mais était encore plus désemparée face aux mois de sécurité qui défilaient mais qui ne l’apaisaient pas. Parfois l'idée de chercher de l'aide auprès de Kaya ou maintenant de Tehwa l'avait empoigné mais elle n'avait jamais réussi à franchir la barrière de cette intimité que Rafael érigeait autour de leur duo.

Elle n'aimait pas vraiment ce quartier, trop de ruelles, pas assez de lumière, cela lui donnait la sensation de retourner en arrière et elle n'appréciait pas ce genre de sensation. Mais Delilah ne fit aucun commentaire, se contentant de rabattre un pan de la capuche de Rafael sur elle, coupant son refuge de cette vision de l'extérieur. Ils avaient fini par sortir, usant de cette routine qui semblait s'instaurer à chaque fois qu'il n'arrivait plus à s’apaiser. Après toute cette tention et cette angoisse l'esprit de son compagnon semblait vide, trop fatigué pour produire une animation, et fonctionnait dans cet étrange mode automatique qui berçait presque la créature. Trainant sur la table, Rafael avait saisi son appareil photo dans un réflexe avant de le glisser en bandoulière à la place habituelle de ce vieux compagnon de route qui avait traversé pas mal d'aventures. Sa main reposait à présent dessus alors qu'il ne semblait même pas en quête d'un point de vue en cette heure avancée de la nuit.

L'air frais de la nuit estivale fit progressivement son effet, engourdissant un peu sa fatigue pour qu'il puisse profiter de cette balade ou au moins savoir où ses pas l’entraînaient. Il suivit le trottoir, s'arrêtant un bref instant pour échanger un regard avec un chat qui se dissimulait sous une voiture stationnée. Il n'avait pas d'autre but que d'aérer cet esprit tortueux en rayant la possibilité de refermer les yeux cette nuit. Il n'aurait jamais ce courage alors il devait bien trouver de quoi égrainer les heures avant de pouvoir se remettre au travail.

Un grincement métallique finit par attirer son attention au détour de cette marche sans objectif. Aussitôt, un brin de sa curiosité ce saisi de l'affaire dans l'esprit de Rafael qui s'avança jusqu'à la ruelle qui lui avait semblé être la source de cette animation. Et lorsqu'il arriva à destination il dut lever le nez pour suivre le fil des pas qu'il percevait dans cet escalier de secours extérieur qui se dessinait le long de la façade d'un immeuble de quelques étages. Son regard capta alors une silhouette féminine qui progressait vers les hauteurs et qui lui inspirait une certaine familiarité. Il fallut cependant l'assistance d'un rayon de lune pour confirmer à notre homme son intuition peu avant que la jeune femme ne disparaisse sur le toit de son refuge. La scène le laissa osciller entre interrogation et curiosité, après tout il avait vu la miss la journée même, fulminant contre le monde entier et cela alors qu'il ne s'attendait guère à la revoir suite à la mésaventure nocturne qui avait suivit leur rencontre... Enfin elle avait à peine semblé le voir aujourd'hui...

▬ " ¿ Qué haces ? " Alertée par le son des pas sur le métal, Delilah sorti le museau de la capuche pour constater qu'ils prenaient de la hauteur. Intriguée, la créature observa leur progressive ascension dont son petit sommeil lui dissimulait la raison. Lorsqu'ils arrivèrent enfin sur le toit de l'immeuble elle perçut la présence d'un autre duo et se tapit un peu plus soigneusement dans la capuche de Rafael qui continuait sa progression vers la demoiselle.

▬ " Tu ne comptes pas sauter au moins ? " La mine usée de notre homme ne pouvait dissimuler cet éclat d'amusement dans son regard et sur le coin de ses lèvres. Il faut dire que la jeune femme était une telle énigme volcanique que notre homme jaugeait plus préférable de se manifester avec ce ton ironique dénué de manière évidente d'hostilité, histoire qu'elle ne le prenne pas pour un trafiquant prêt à en découdre, même si l'accent pouvait contrarier son effort.
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MessageDim 24 Sep - 12:53
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Stars can't shine without darkness
Rafael & Aelya


« The darkest nights produce the brightest stars. »


Trois heures. Peut-être quatre. Impossible de le savoir avec certitude, à moins de lever la tête vers la grande horloge du salon – un acte qui de toute évidence, demande trop d’efforts à ce corps aux muscles engourdis. Les battements de la grande aiguille tambourinent dans son crâne en un rythme cinglant, régulier, accentuant par là-même la migraine qui s’y répandait déjà. Pour autant, elle ne bouge pas. Les yeux rivés sur le plafond nacré de son appartement, dessinant sans se lasser les rares interstices qui peuvent s’y trouver. L’esprit vide de toute pensée cohérente, simplement embrumé par un nuage sombre, lourd, qui pèse sur son cou autant que sur ses épaules.

Elle se sent… vaincue.

Et ce sentiment, loin de lui être inconnu, attise généralement en elle toutes sortes de réactions dont elle se passerait volontiers – c’est ainsi qu’elle passe du rire aux larmes en quelques secondes, pour finalement se noyer dans cette colère qui, semble-t-il, lui sied au point de plus la quitter depuis février. Cette saleté navigue entre ses cauchemars, s’inspire de sa faiblesse et creuse en son sein une blessure qui pullule, suinte, s’engorge ; une plaie parmi tant d’autres. Une comme aucune autre, pourtant, puisque ni l’alcool ni le temps ne parviennent à la soigner.

Du bout des doigts, la jeune femme caresse la bouteille de whisky qu’elle tient serrée contre son estomac. Douloureux, son estomac. Vide de nourriture consistante autant qu’il n’est avide de ce foutu liquide ambré, qui assèche son corps plus qu’autre chose. Un soupir trouble brusquement le silence pesant de l’appartement, la contraignant à détourner le regard du plafond. Allongé sur le fauteuil en face d’elle, deux prunelles rondes comme des soucoupes la dévisagent. Il semble effrayé, le caracal. Et à bien y regarder, on peut facilement le pardonner : autour de lui, tout n’est que chaos.

Des chaises retournées, des murs griffés et du verre brisé sur le parquet, où des photos souvenirs viennent se répandre comme les miettes d’une vie qu’on tenterait d’oublier. Eko vit ici avec l’impression qu’un raz-de-marée les a frappés – c’est le cas, et l’ouragan se prénomme Aelya. Difficile d’imaginer qu’un être aussi frêle, aussi fragile qu’elle puisse mettre une telle pagaille. Et pourtant… Pourtant, l’irlandaise ne saurait expliquer comment les choses ont ainsi pu dérailler. Elle ne se souvient plus de grand-chose – si ce n’est de cette visite au Daemonien Post, de cette femme qui l’avait envoyé bouler et de cette piste, à peine découverte et déjà enterrée. Elle ne se souvient de rien, si ce n’est de cette vague de hargne qui l’a submergée lorsqu’elle est sortie du bureau de la journaliste. La suite n’est qu’images sombres et floues, teintées de violence et de souffrance. L’amertume d’un échec de plus. D’un échec de trop.

Elle ne dormira pas. Elle le sait pertinemment, et ne prend même plus la peine d’essayer. Elle aimerait y arriver, pourtant. Fermer les yeux, simplement, se lover dans les bras de Morphée, s’abandonner à la douceur et à la volupté d’un rêve bariolé. Courir, voler, chanter – vivre. Pour une fois, pour un soir, Lya rêverait de pouvoir jouir de ce bonheur doux qu’est celui de clore ses paupières pour s’endormir. Une joie quotidienne dont profitent des dizaines de milliers de personnes, et qui lui paraît aujourd’hui inatteignable.

Elle pourrait sortir, si tant est qu’elle parvienne à convaincre son cerveau d’agir. Traîner sa vieille carcasse jusqu’à l’un de ces bars miteux qu’abrite le Bronx puis s’adonner à ce qu’elle fait de mieux. Trouver un soûlard sur lequel se défouler, noyer sa rancœur au creux d’un verre et dormir sur les marches d’un perron inconnu. Elle pourrait. Mais le cœur, l’envie, l’âme n’y sont pas. Lentement, la jeune femme finit par délier ses jambes et passer en position assise, avant de passer une main sur son front brûlant pour chasser les vertiges qui l’accablent. Eko se contente de la contempler en silence – une habitude maintenant. Une qui a la peau dure.

Quelques pas esquissés jusqu’à la salle de bain, évitant comme elle le peut les objets divers et variés qui jonchent le sol. Lumière qui s’allume, paupières qui se plissent et grimace de dégoût lorsqu’elle découvre son corps presque nu dans le miroir ; maigre, couvert de bleus dus à sa dernière altercation, la peau terne. Du sang sur les doigts et sur son cou. Laid. Non. Misérable. C’est le mot. Elle se mord violemment la lèvre inférieure pour se retenir de cracher sur la paroi de verre. Ici et là, elle peut encore lire des bribes de mots qu’elle avait inscrits sur la paroi deux jours après son agression. Payback. Punishment. Ryan a beau avoir frotté, certaines marques y vivent encore sans qu’elle ne s’autorise à les effacer.

Elle finit par s’habiller d’un jean et d’un pull à capuche, avant d’attacher ses cheveux en un chignon lâche. Mains lavées, gueule de déterrée, parfait. Avant de s’extirper de son appartement, l’irlandaise prend soin de vérifier qu’elle porte bien la boîte qui signera certainement le fin mot de cette soirée. L’instant d’après, elle file dans la nuit, Eko sur les talons.

*

Pourquoi venir ici ? La vue est laide. Les ivrognes gueulent des insultes à tour de bras, le ciel est couvert. Il n’y a rien à voir, rien à sentir, si ce n’est l’odeur de merde qui imprègne vêtements comme narines. Assise au bord du vide, sur le toit d’un immeuble qu’elle connaît bien désormais, Aelya observe un instant durant le paysage qui l’entoure. Elle est incapable d’expliquer ce qui la pousse à revenir ici minimum deux fois par semaine, et toujours à des heures impossibles. L’appel du joint peut-être. L’envie de prendre un peu de hauteur, sûrement. Bien que cela ne mène à rien de bien concluant. Eko est allé se percher sur un muret sur sa gauche, plus inconscient qu’elle qui s’est pour le moment contenté de laisser baller ses jambes le long de la façade. Fabuleux duo d’irresponsables que voilà… Cette pensée tire un demi-sourire à l’irlandaise, qui délaisse son observation pour se concentrer sur l’élaboration de son joint.

Oui mais voilà, pas moyen d’être tranquille plus de deux minutes dans cette fichue ville. Eko s’est raidi, le regard tourné vers l’autre bout du toit. Lorsqu’elle entend les pas derrière elle, la jeune femme ne prend même pas la peine de dissimuler la beuh qu’elle tient entre ses doigts et se contente de lever les yeux au ciel, exaspérée. Elle ne sait pas qui il est. S’il veut se battre, ils se battront, s’il veut la pousser qu’il le fasse. Elle s’en fout.

« Tu ne comptes pas sauter au moins ? »

Allons bon. Un petit comique. Cet accent chantant ne lui est pas inconnu, pourtant. Soupirante, Lya cesse de triturer sa feuille pour tourner la tête vers le nouvel arrivant. Oh. Un haussement de sourcils pour marquer sa surprise, tandis qu’elle voit le mexicain s’avancer vers elle. Bel et bien la dernière personne qu’elle s’attendait à trouver en haut d’un toit à quatre heures du matin, il faut le dire.

« Il paraît que si on ne saute pas au bout de cinq minutes, on ne saute jamais. »

Elle détourne les yeux pour fixer le gouffre sous ses pieds.

« Ça me laisse donc encore deux minutes pour décider. »

Elle hausse les épaules tout en roulant un peu la feuille qu’elle tient entre ses doigts. Un ange passe, durant lequel elle se demande comment elle doit agir, avant d’en conclure que cette question n’a plus d’intérêt désormais. Dans la faible lumière que lui offre son environnement, l’irlandaise finit par déceler l’appareil qui pend en bandoulière autour du torse du jeune homme. Elle marque un temps d’arrêt, puis un sourire amusé vient étirer ses lèvres – le premier depuis longtemps.

« Mais profite en attendant, le cadre est splendide ! », déclare-t-elle d’un ton ironique, tout en écartant les bras pour désigner le quartier pourri du Bronx qui s’étend devant eux.

Infesté de rats de toutes sortes, pas vrai. Elle porte finalement le joint à ses lèvres, usant de son briquet pour l’allumer avant d’en prendre une longue tirée. Ah, la plénitude. Ou quelque chose comme ça. Elle en oublie presque la présence de Rafael sur le toit, ou la raison qui l’amène ici. C’est sans importance, de toute façon.

« Ou alors tu t’installes là et t’attends le lever de soleil. C’est ce qu’il y a de mieux à proposer dans le coin. »

Volutes de fumée et cœur biaisé. Elle en sait quelque chose, Aelya. Après tout, elle vient là depuis six mois.

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MessageDim 24 Sep - 19:14
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Elle était donc bien là, assise, les pieds dans le vide. Et si la manifestation de Rafael se faisait amuser il avait tout de même un fond de doute sur les réelles intentions de la demoiselle. Il ne l'avait croisé qu'une seule soirée et avait pourtant engrangé tellement d'informations contradictoire que le doute pouvait se poser dans son esprit à cet instant. Il lança un regard à la silhouette animale perchée un peu plus loin dans une position tout aussi étrange, laissant transparaître un duo bel et bien sur le fil d'une vie apparemment marquée.

▬ " No tienes que hacerte cargo de eso. " Rendue peu à l'aise par cette configuration de situation, Delilah délivrait son avis du fond de sa capuche. Elle avait beau être habituée aux élans altruiste de son compagnon qu'elle partageait la plupart du temps, il y avait des scénarios qu'elle préférait laisser passer, surtout lorsqu'il comportait quelques résonances dans leur propre situation. Mais Rafael laissa filer son avis qui s'était de toute manière manifesté au moment choisi par la demoiselle pour répondre.

▬ " Il paraît que si on ne saute pas au bout de cinq minutes, on ne saute jamais. Ça me laisse donc encore deux minutes pour décider. "S'il n'avait dû s'en tenir qu'aux souvenirs de leur première partie de soirée Rafael aurait mit cela sur le compte d'un certain humour mais il n'avait pas que ces souvenirs en mémoire... Alors il jaugea en silence une nouvelle fois le duo en se demandant à nouveau ce qui avait pu les amener à un tel grand écart d'attitudes.

▬ " Je vois... " Il continua de s'approcher de la demoiselle en égarant un peu son amusement au profit de ses réflexions. " Et la balance penche plutôt de quel côté pour l'instant ? " Il finit par arriver aux abords du perchoir de la demoiselle et lança un regard vers le sol qui s'étendait un peu trop loin au goût de son léger vertige.

▬ " Mais profite en attendant, le cadre est splendide ! " L’ironie de cette remarque n'échappa pas à notre homme qui glissa un regard vers la miss avant d'observer ce panorama si décrié. Il était assez loin d'être aussi catégorique qu'elle, en quelques pas sur ce toit il avait déjà machinalement repéré quelques angles qui comprenaient souvent la présence de la jeune femme ou de son compagnon, témoins de certaines idées ou inspirations qui auraient pu être matérialisées sur papier glacé s'il en avait eu le cœur. Précautionneusement, plus méfiant de son état que de son installation, Rafael décida d'imiter l'assise de son interlocutrice qui, même si elle demeurait d'une sécurité relative, aurait le bénéfice d'être plus reposante que de rester planter debout. " Ou alors tu t’installes là et t’attends le lever de soleil. C’est ce qu’il y a de mieux à proposer dans le coin. " Il acheva de se positionner avant d'observer la demoiselle qui avait allumer un joint d'une odeur assez détectable.

▬ " Il n'y a pas que la beauté qui est digne d'être immortalisée. Et puis, elle peut prendre des formes assez inattendues. " Rafael fit glisser la lanière de son appareil pour poser ce dernier sur l'une de ses jambes tandis qu'il observait les toits qui s'élevaient autour d'eux. En y songeant il ne savait pas vraiment s'il avait pris un jour une photographie qui pourrait avoir saisi une beauté décelable par le plus grand nombre. Il avait saisi des joies et des instants de liberté qui représentaient le plus chatoyant dans sa vie mais il ne savait pas si quelqu'un d'autre que lui pourrait comprendre d'une vision ce qui se dissimulait là. Il avait aussi attrapé quelques horreurs et tragédie qui se devaient d'être immortalisée pour ne pas être ignoré et c'était même ce qui parsemait le plus ses pellicules pour son plus grand désespoir. " Tu viens souvent te percher là ? Passer tes cinq minutes. " Les mains posées sur le rebord, Rafael s'affaissait un peu sur son assise tandis que son regard décidait de suivre machinalement le fil de la rue. Delilah, elle, commençait à voir sa curiosité grignoter sa crainte et sorti le museau de sa cachette pour observer silencieusement ce duo qui attirait ainsi les attentions de sa moitié déjà bien trop préoccupé.
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MessageMar 7 Nov - 20:43
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« Take me back to the feeling when everything was left to find
It comes and goes in waves ; it always does, oh it always does... »


« Je vois… Et la balance penche plutôt de quel côté pour l'instant ? »

Mots confus, diffus, mots qui s’envolent pour se perdre dans cette obscurité grandissante, écrasante, mots qui l’effleurent sans pour autant la transpercer. Et c’est une nouvelle bouffée de fumée qui s’extirpe de ses lèvres entrouvertes – curieux mélange de gel cruel et de frénésie. Elle aimerait parler, réfléchir, sans que ses pensées ne s’agglutinent dans un coin de son esprit, tas d’immondices dont elle ne sait plus quoi faire ni comment ranger. Mais les mots ne sortent pas, Aelya, les idées restent là, dans cette gorge obstruée par ce que ton cerveau refuse de dire ; ce que tu t’interdis de reconnaître. Les signes ne trompent pas, pourtant. Ces jambes qui se balancent, lentement puis de plus en plus vite, ces mains qui s’agitent, ce teint blafard dont la lune révèle cernes et disparités, ces lèvres gercées par ce qu’une énième bouteille d’alcool a causé.

L’enivrement du joint ne dure qu’un temps, pas vrai, et cette stupide réalité finit toujours par la rattraper. Une tension s’insinue au creux de ses reins, puis de son thorax lorsque Rafael vient se suspendre au bord du vide ; il faudrait le faire fuir, elle le sait pourtant, il faudrait une remarque acide, un crachas bien placé, un geste trop osé. Retrouver sa solitude et s’y noyer – cesser de regarder les autres penser qu’ils peuvent être en mesure de la sauver.

Il n’y a rien à sauver… A moins d’être un grand adepte des puzzles éparpillés.

« Il n'y a pas que la beauté qui est digne d'être immortalisée. Et puis, elle peut prendre des formes assez inattendues. »

Léger sourire au bord des lèvres, tandis que ses pupilles dilatées viennent se poser sur la pénombre de la ruelle à leurs pieds. Un rêveur. Voilà ce qu’il est. Et force est d’avouer que cette dernière phrase pourrait bel et bien la marquer ; la faire réagir ? Qui sait…

« Tu viens souvent te percher là ? Passer tes cinq minutes. »

Tout gâcher d’une inquiétude qui ne lui sied pas. Il faut être fou, ou ennuyé ferme pour partager la nuit d’une inconnue ; plus encore pour s’imaginer qu’une discussion anodine puisse sauver la vie ou tromper la mort, c’est selon. Dans l’ombre, les cendres irradient. Sur son visage, les fantômes d’une vie qu’elle ne veut pas imaginer, tandis qu’il se met à contempler l’agitation d’une vie nocturne qui ne leur correspond pas – ou plus.

« La beauté est éphémère… »

Mordillement de lèvres incertain. Pourquoi s’engager ? Il n’y a aucune obligation. Aucune incitation. Pourtant il faudrait crier, dégoupiller. Montrer au monde que tout a une date de péremption ; le prouver, encore, toujours, réduire à néant ces rêves immortels, ces rêves de grandeur, ces rêves de vie meilleure – de vie autre.

« Les couleurs d’un lever de soleil. La peinture d’un volet. Le beau décolleté d’une fille peu habillée. La douceur d’un regard enfantin et l’amour quand il vient. La paix quand elle fait semblant de s’installer, la vie quand on s’imagine qu’elle va rester. »

Elle pourrait continuer pendant des heures – ses idées s’embrouillent, volutes de fumée qu’une odeur d’herbe vient égayer. Elle dit n’importe quoi, Aelya. Elle s’amoche encore un peu, agrandit les valoches qu’elle a déjà sous les yeux. Elle aurait pu parler de tout ; de tout, sauf d’elle. Cacher des plaies mises à vif et ses plus gros secrets. Parler de ces rues qui s’étirent, puent la pisse et respirent la violence. Eviter les mains qui se tendent et les sourires qui sont faussés.

« Donne-moi un seul exemple de beauté qui reste marquée ? »

C’est une vraie question, une vraie curiosité. Lui, le photographe, celui qui capture les souvenirs pour les lier à une feuille de papier, celui qui encadre les rires et imprime les moments de vie. Lui qui cherche parfois pendant des jours sans rien trouver ; sans même savoir ce qu’il a à chercher. Comment fait-il ? Comment fait-il pour s’accrocher à la certitude que sa quête ne demeurera pas vaine ? Pour continuellement chercher à déterrer ce qui est enfoui, caché et qui ne demande pourtant pas à être sorti ?

Eko s’est figé. Le vent, lui, s’est levé, accentuant les frissonnements d’une peau trop terne, trop tirée. Le regard de la jeune femme s’est tourné vers Rafael ; deux émeraudes teintées de curiosité autant que de méfiance. Il pourrait lui mentir, inventer n’importe quoi. Ou au contraire être le déclencheur de ce à quoi elle ne s’attendait pas. Et puis, il y a cette question… Celle qui se murmure au creux de son tympan, court le long de son front pour se glisser jusqu’à sa bouche.

« Et toi ? Depuis quand t’as arrêté de venir perdre tes cinq minutes ? »

Il n’y a rien à cacher, personne à leurrer. Seulement deux âmes esseulées par les coups que le temps a donnés.

Des cris ; une alerte.
En bas, une bagarre a éclaté.
Dans son crâne, la tempête gronde.


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MessageLun 13 Nov - 1:41
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Ses mots trouvaient le silence, s'élevaient dans l'air estival sans être certain de trouver un jour une réponse. Mais peu importait à Rafael au final, il était même capable de mener une conversation silencieuse, il avait l'habitude d'être contemplatif, c'était un état qu'il savait affectionner même si ces dernières années il avait bien trop souffert de l'isolement pour le chercher aujourd'hui. C'était d'ailleurs peut-être pour ça qu'il avait crapahuté jusque-là au beau milieu de la nuit: pour apporter une présence à leur duo qui parfois ne lui suffisait pas. Il se faisait presque à l'idée de ne pas trouver d'écho à ses mots, il sentait la fumée qui s'échappait de la bouche de la demoiselle et observait la ruelle en contrebas sans rien demander en retour alors que la réponse s'élevât.

▬ " La beauté est éphémère… Les couleurs d’un lever de soleil. La peinture d’un volet. Le beau décolleté d’une fille peu habillée. La douceur d’un regard enfantin et l’amour quand il vient. La paix quand elle fait semblant de s’installer, la vie quand on s’imagine qu’elle va rester. Donne-moi un seul exemple de beauté qui reste marquée ? " Rafael remonta doucement le fil de son observation, songeant à cette question et à l'avis qu'il pouvait porter à cela. Au fil de son cheminement il trouva le regard de la demoiselle qu'il avait finalement réussi à attirer et lui offrit quelques instants de songeries avant d'obtenir un résultat.

▬ " Je ne sais pas, je ne l'ai pas encore trouvé. " C'était là son estimation après le temps de réflexion qu'il s'était octroyé mais il ne s'arrêta pas sur cette note car à son regard cette temporalité n'était pas l'importance et alors qu'il portait à nouveau ses yeux sur la ville il reprit. " Mais quel serait le but d'une beauté immortelle ? Je préfère préserver la marque qu'elle peut laisser en moi et qui peut m'inspirer. Cela laisse mon regard ouvert aux autres beautés qui éclosent au lieu de le garder river sur ce qui est fané et ne reviendra pas. C'est le cercle de la vie, peut-être la seule chose immortelle. " L'immortalité n'existait pas, il était assez bien placé pour le savoir, cette sensation d'avoir connu plus de morts que de vies le laissait éveiller chaque nuit. La seule chose qui lui restait était cette conviction qu'il y avait mieux en avant, que dans un tournant une lumière serait trop forte pour ses obscurités. Et même si cela n'arrivait jamais il demeurait convaincu que s'il décrochait de cette assurance il ne pourrait plus la voir le temps venu. Parce que, comme cette beauté qui faisait tourner leur conversation, il fallait au moins un regard, une recherche, pour la voir, si personne ne la recherchait, personne ne pouvait la voir.

Le museau de Delilah sortait de sa cachette, inspirait la fraîcheur de l'air à laquelle elle osait se confronter tout en restant blottit dans la capuche de son jumeau. Naturellement son regard sombre se porta sur la silhouette du caracal qui était légèrement à l'écart, jaugeant ce duo qui arborait ses maux qui la faisaient frissonner. Elle n'était pas à l'aise avec cette situation, ni avec les réflexions qu'elle amenait dans l'esprit de son daemonien, le conduisant sur ce fil qu'elle redoutait au plus haut point et pourtant elle continuait d'assister à cet échange sans protestation ou avertissement.

▬ " Et toi ? Depuis quand t’as arrêté de venir perdre tes cinq minutes ? " L'agitation gagnait sous leurs pieds, brisant un calme plutôt bien accueilli à cette heure.

▬ " Je crois... " Les éclats de voix, les chocs de la violence, Rafael sentait quelques démons frapper à la porte alors qu'il ramenait son regard sur ses genoux sur lesquels sa main libre se refermait. " Je crois que j'ai trop couru pour éviter qu'on me les impose pour qu'un jour je vienne les passer par moi-même. " Il avait été sorti de son état de contemplation, l'animation en contrebas le happait malgré sa volonté de ne pas en faire fi. Sa mâchoire se crispa légèrement avant que dans une aspiration il ne décide de se faire violence et de lever les yeux vers le ciel dans lequel se dessinait quelques étoiles entre les nuages et les lumières de la ville. Il sentit Delilah glisser son museau entre ses cheveux, cherchant à dispenser un soutient contre lequel Rafael tenta de se lover pour éviter la chute. " C'est quoi, la dernière beauté dépéri que tu as croisé ? " Son souffle avait sensiblement perdu en régularité, il s’obstinait à garder le nez vers le ciel mais il n'oubliait pas sa meilleure chance d'esquive sans opérer une fuite pure et simple. Aelya était cette chance, avec ses airs écorchés et revêches, son regard obscurcit sur le monde, il lui suffisait d'une réplique pour peut-être détourner son esprit de la scène qu'il entendait et qu'il n'avait pas de peine à se représenter.
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