Aller à la page : 1, 2  Suivant
 

One in a million, my lucky star !

 
  
MessageDim 21 Jan - 13:34
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 256Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
- Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooon ! Cri du cœur déchirant dont l'excès me fait perdre toute crédibilité. Au moins autant que le rire qui me secoue irrépressiblement les côtes. Je me raccroche au bras de Benedict alors que nous sortons du bar qui a accueilli nos folles aventures. Dana, dans sa perfection, est déjà partie. Elle a su, sans que j'ai besoin de le lui dire, que je ne comptais absolument pas rentrer avec elle. Ce soir, mes projets incluent un rapprochement entre un certain Irlandais et ma charmante personne. Il est plus que temps que les choses bougent. Je n'ai pas encore trouvé de plan d'action, certes, mais je garde espoir ! Sauf que mon taux d'alcoolémie ne joue clairement pas en ma faveur. Ou peut-être que si, puisqu'il me fait me sentir comme une super-héroïne des temps modernes, en bien plus sexy. J'en sais rien. Je m'en fous. Revenons-en à notre problème initial. - Mais, il n'est même pas tard ! Je me plains, rajustant ma veste de ma main libre pour parer à la fraîcheur de la nuit. J'affiche une moue boudeuse qui ne résiste pas plus de quelques secondes. Mahkha vient de frôler mes jambes en sortant. Son pelage m'a chatouillé. Je ris en frottant un mollet contre l'autre pour faire passer la sensation. Je crois que mon daëmon, aussi flegmatique soit-il, n'est pas totalement imperméable à mon ébriété. Sa perception de distances s'en ressent. Il peut bien continuer à nier ! Je sais, moi, son esprit nage dans un océan de coton. - Arrête de lutter, Mahkha, laisse toi aller ! Profite pour une fois !

Mais non, rien à faire. Monsieur le Chacal ne nous sent pas suffisamment en sécurité pour baisser sa garde. Il cherche Muirne de regard et va s'asseoir à ses côtés. - Essaie de te concentrer, lui souffle-t-il d'une voix rauque. - Et de te contenir.

Pas drôle. Il est vraiment dénué de toute forme d'humour. Tant pis pour lui ! Il n'a qu'à nous surveiller. Moi, j'ai mieux à faire. La soirée a si bien dépassé mes espérances que je n'ai aucune envie de la voir s'arrêter. J'ai la tête pleine de fous rires et de pulsions stupides. J'entreprends de me tourner d'un quart de cercle pour faire face à Benedict. Le sol doit être légèrement en pente, car je vacille légèrement. Dans un éclat de rire, je me raccroche à l'épaule du jeune homme. - Les autorités devraient vraiment penser à réparer les trottoirs avant que quelqu'un se blesse. Je pouffe. Mes yeux, qui brillent d'un milliard d'idioties, cherchent instinctivement les siens. Au fond de moi, je trépigne de cette proximité physique tant recherché. Hors de questions que je m'éloigne. Je me sens capable de tout, et tout revêt une importance capitale. Sauf le monde extérieur, évidemment. Ça, ça disparaît dans un océan d'un bleu tournoyant. D'un geste ample, je récupère le chapeau qui trône sur ma tête pour le déposer, à grand renfort de simagrée, sur son crâne, à lui. Vaguement, un semblant de conscience m'interroge sur la provenance de cet accessoire. Je suis bien incapable de me rappeler si je l'ai volé, gagné, ou si on me l'a offert suite à un pari. Je sais juste que c'est un très beau chapeau en feutre bleu nuit avec un liseré noir !

- Vas-y, fais ton sourire ! fais-je. Attention, je ne réclame pas n'importe quel sourire. Je veux qu'il me fasse SON sourire. Celui qui feint l'innocence et la désinvolture tout en conquérant son adversaire. Celui qui, à tous les coups, me fait chavirer comme une ado face à son premier coup de cœur. Avec les conséquences physiques qu'engendrent les hormones à cet âge-là. - Non, pas celui-là, Ben ! Ton sourire, insisté-je en appuyant sur le possessif, une main dans son cou, l'autre sur son bras. - Mais si ! Tu sais, le sourire "I'm sexy and i know it " ! Oui, j'en ai fredonné la chanson.

À moi, cette explication paraît très claire. Je sais pertinemment de quoi je parle. Mon rire léger ne parvient même pas à dissimuler que je suis totalement sous son charme. Entre ça et son accent, je finis par me mordre la lèvre inférieure pour essayer de me contrôler. Je frémis sans raison apparente. - C'est pas du tout celui-là ! Tant pis, tu ne peux pas garder le choixpeau magique ! Pourquoi est-ce que ce chapeau a fini par été appelé comme a ça dans la soirée ? Aucune idée. Je récupère d'autorité le chapeau pour le remettre sur ma tête. - De toutes façons, t'es beaucoup trop sexy avec ça. Et, je refuse que tu sois plus canon que moi ! Alors.... J'accompagne mes propos d'un regard que je veux audacieux et séducteur.

Tous mes efforts son réduit à néant par le hurlement, propre au chacal, que Mahkha émet soudainement. Instinctivement, je me retourne vers mon daëmone, qui me fixe intensément, toujours assis non loin de Muirne. Je n'arrive pas à saisir l'émotion qui l'habite à cet instant. Il se contente de me transmettre une simple pensée.

- Manger.

- Quoi ? Je lui réponds à haute voix sans même m'en rendre compte.
- J'ai faim. A cause de toi, j'ai faim. Si vous ne voulez pas que je mange Muirne-la-bavarde, nourrissez-moi.

Je roule des yeux vers le ciel. Ce daëmon est vraiment... vraiment.... mais vraiment ! Je n'arrive même pas à me mettre en colère contre cette créature teigneuse et orgueilleuse. À la place, je chuchote dans sa tête. -Je t'aime, Mahkha, ce qui le laisse gueule bée. Pantois, il se retourne vers sa comparse, en quête d'une explication rationnel à mon comportement. De mon côté, je suis dans l'obligation de transmettre les informations que je dispose.

- Il a faim. Moi aussi, d'ailleurs. Tiens ! Un autre effet de l'ingestion assez massive d'alcool dans la soirée. Et, quand Mahkha a faim, il est grognon. Il faut qu'on aille lui chercher à manger avant qu'il ne fasse quelque chose de très stupide. J'aimerais pouvoir dire que l'utilisation du "on" était volontaire, sauf, que je ne suis pas tellement en état de me montrer manipulatrice. Je suis beaucoup plus spontanée et irréfléchie qu'il ne le faudrait. Je glisse mon bras autour de la taille de Benedict pour l'inciter à se mettre en mouvement sans pour autant que nous ayons à nous séparer vraiment. Je l'interroge du regard. Une partie de moi m'intime au silence. L'autre, plus impétueuse, ne peut pas s'empêcher de prendre possession de ma voix. - J'ai pas du tout envie que la soirée se termine de toutes façons.
  
MessageDim 21 Jan - 17:37
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 171Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
J’adressai un signe de la main au barman et mon « Merci, Aurevoir » fut couvert par le cri déchirant de Lulla. J’avais spontanément agrippé son bras pour la soutenir lorsqu’elle s’était accrochée à moi et j’avais éclaté de rire.
– Non quoi ? C’était baleinissime !* Je crois qu’on a assez bu pour ce soir.
Surtout moi en fait. J’avais repris mon accent Irlandais, signe que j’étais bien fait. Mes « u » et mes « ou » devenaient des « e » mes « oui » des « Aye » et je mangeais la moitié de mes syllabes. J’avais repris mes tics de langage et je commençais à mettre du « mortel** » du « Grand*** » et du « Exact ! ****» à toutes les sauces, et j’étais allé aux « Jacks***** » plusieurs fois dans la soirée. Ca avait fini par devenir un running gag. Et encore, elles avaient eu de la chance que je ne me mette pas à parler ou à chanter en gaélique. L’alcool m’avait complètement désinhibé, et j’étais devenu fichtrement plus taquin et tactile qu’à l’ordinaire, surtout avec Lulla, bizarrement. J’étais toujours aussi bavard, ça, ça ne changeait pas, mais avec moins de filtre et bien sûr, j’étais mort de rire en permanence.

– J’sais pas. L’est quelle heure ?
Je cherchai vite fait mon téléphone pour vérifier, en tâtant hasardeusement la poche de ma veste, et puis je haussai les épaules en souriant, avec la flemme de regarder finalement.
– Et puis, on s’en fout, nah ?

Muirne qui s’était contenue toute la soirée, s’était transformée trois fois d’affilées en sortant du bar, belette, husky, chat. Elle avait fait trois allers-retours jusqu’au bord du trottoir et était revenue s’asseoir derrière nous, en husky. Elle observait Mahkha et eut une nouvelle fois envie de se transformer quand il vint s’asseoir à côté d’elle. Elle lutta, trente secondes.
– Ah boooon ? et sur quoi précis’ment j’t’priiiie ?
Elle aussi avait repris l’accent irlandais et elle l’accentuait volontairement pour faire la pitre.
– Pourquoiiiiiii ?
Dit-elle en inclinant sa tête de chat contre Mahkha.
– Aller, f’pas ton rabbat joie ! T’pas n’ours qu’j’sache ! lâcha-t-elle, sans une once de sérieux.
Elle n’avait qu’une envie, c’était dire et faire n’importe quoi. Elle mroutta quand elle vit Lulla perdre l’équilibre.
– L’tient pas d’bout ! se moqua-t-elle, alors qu’elle-même venait de s’appuyer contre Mahkha parce que… il faisait un support confortable, voyez-vous.

Quant à moi, j’avais rattrapé Lulla, glissant machinalement ma main dans son dos.
– Hey ! Ca va ? m’inquiétai-je un instant, pensant qu’elle ne se sentait pas bien. Puis mon sourire s’élargit à sa boutade et j’en rajoutai une couche :
– Ah ! Ces trottoirs bisexe…bis…pfff….tile ! J’éclatai de rire. C’dur à dire ! C’est un scandale ! UN VERITABLE SCANDALE ! beuglai-je à qui voulait bien l’entendre, surjouant à outrance le mec outré.
Puis j’accrochai le regard de Lulla, sans avoir vraiment conscience de l’avoir dans les bras. On était comme deux gosses pleins de conneries et la suivante était déjà en cours de préparation.
Mes yeux suivirent sa main ôtant ce chapeau avec lequel elle avait dansé une partie de la soirée et qui lui allait drôlement bien, au demeurant. Je n’aurais jamais cru qu’un accessoire aussi insignifiant puisse devenir fichtrement… sexy ( ?) entre ses mains, ou sur sa tête. Dans tout les cas, le souvenir de Lulla jouant avec le chapeau me fit un drôle d’effet et je sentis un frisson me hérisser la racine des cheveux comme elle me le posait sur la tête. Je ne pu contrôler le feu qui m’irradiait les joues et je détournai machinalement le regard pour refréner cette sensation incontrôlable et gênante qui frétillait dans mon bas ventre.

Les poils de Muirne gonflèrent sans raison aucune. Elle s’écarta de Mahkha plus par réflexe que par prudence. Les décharges électromagnétiques, même si elles étaient anodines, n’étaient jamais très agréables.
– Aw nan ! Ben ! T’va pas faire ça ! puis se tournant vers Mahkha. Il l’fera pas. T’fait pas.
Puis, oubliant déjà la raison de son écart, elle se recolla contre Mahka pour lui chuchoter à l’oreille : « L’a trop peur pour ça. T’sais, à cause de son manque d’expérience tout ça. Il pense qu’il est pas assez bien pour elle. Quel couillon ! » se moqua-t-elle. « Mais j’l’aimeuuh. » Elle se décolla subitement de Mahkha : « Tu sais comment on dit grognon en gaelique ? » Ne cherchez pas le rapport, il n’y en a aucun. « On dit Mahkha ! » et elle se transforma en belette et se mit à lui courir autour pour éviter ses crocs. « C’est c’qui s’appelle s’faire tourner en bourrique ! » s’amusa-t-elle.

Comme je souriais déjà, je ne voyais pas trop où Lulla voulait en venir.
– Sure look it !******
Je pouffais de rire, ne voyant pas comment faire mieux. Et d’un coup, je commençais à oublier comment sourire naturellement. Je me sentis gauche.
– Quoi pas celui là ? râlai-je en riant et en levant les yeux au ciel. La gêne me fit rougir et je ne pu réprimer un frisson quand je sentis la main de Lulla sur ma nuque.
Les poils de Muirne se hérissèrent de plus belle et la lumière du lampadaire vacilla légèrement, mais la belette ne semblait pas s’en être rendue compte. Elle était trop excitée et trop préoccupée à faire l’andouille autour de Mahkha.
Ce fut sans doute la liesse de mon daemon, ou l’alcool, qui me fit mettre en sourdine l’alerte de panique qui m’intimait de fuir, maintenant. J’évitai juste le regard de Lulla, parce que je n’étais pas certain de ce qu’il fallait faire ensuite.
– T’es sérieuse ?
Elle me donna elle-même l’échappatoire et je ne parvins pas à retenir longtemps mon fou-rire. Je me détournai pour éclater rire, me tenant les côtes. J’avais échappé à son étreinte, mais en me retournant, j’avais mimé le déhanché de la chanson en reprenant le refrain avant de passer mon bras autour de son cou, tout en me pliant de rire. Je me redressai en essayant de surjouer un sourire colgate, pas du tout naturel.
– Hey nah ! Rend-le moi ! Il m’a pas encore attribué ma maison ! J’suis choixpeauflou ! dis-je en pouffant une nouvelle fois de rire.
Elle me coupa dans mon élan pour le reprendre et je fus pris d’un hoquet. Je détournai une nouvelle fois les yeux en marmonnant un « N’importe quoi ! » gêné. Ce ne ressemblait pas à monsieur-je-sais-tout, l'arrogant, de se dévaloriser. Je prenais toujours le contrepied des remarques que l’on pouvait me faire pour les retourner à mon avantage. Mais Lulla avait le don pour me faire perdre mes moyens et elle ébréchait la carapace que je m’étais forgée. Et j’avais du mal à croire qu’une fille comme elle puisse me trouver sexy. Moi. Elle se moquait. Forcément.
Je pris une profonde inspiration pour reprendre contenance, je bombai le torse et décochai une pichenette dans le chapeau pour dégager ses yeux.
– Y’a pas d’risques ! dis-je en recouvrant mon sourire, celui-là même qu’elle voulait me voir faire, que j’étais incapable de faire sur commande.
Je sentis mon cœur faire plusieurs bonds au rythme des canons de Tchaïkovski dans sa neuvième symphonie en me noyant dans ses yeux. « Tu es mortellement jolie avec ce chapeau. » Les mots m’avaient échappé et mon visage s’empourpra aussitôt.

La lumière du lampadaire clignota. Je cru avoir une crise cardiaque en entendant le cri du chacal et je ne savais si je devais le maudire ou le remercier. Je souris en me mordant la lèvre.
– Kwe ? Manger ? Maintenant ?
Muirne se retransforma en husky et fit mine de lui happer l’oreille.
– C’est moi qui t’mange !
Muirne nous regarda du coin de l’œil et à la charge de son poil qui était aussi statique que s’il allait neiger, elle savait qu'il allait se passer un truc. Elle espérait juste que je ne fasse pas sauter les plombs de tout le quartier.
Sa queue remuait. Elle n’avait pas non plus d’explication rationnelle à fournir au chacal puisqu'elle n'avait pas entendu leur échange silencieux et en plus elle n’était pas en mesure de réfléchir clairement. Elle avait juste envie de laisser libre court à sa folie et je le compris instantanément en croisant son regard vairon. Moi aussi. Nos émotions étaient en phase. Elle non plus n’avait pas envie que la soirée se termine.

Je retrouvais mon sourire tandis que le bras de Lulla glissait autour de ma taille. Je n’avais pas enlevé le mien d’autour de son cou et je devais admettre que j’appréciais cette proximité, même si je préférais ne pas trop penser à ce qu’elle pouvait vraiment signifier. Ce que je ressentais était bien trop déstabilisant et terrifiant. Autant profiter du moment présent en essayant de ne pas tout faire foirer !
Je reportai mon attention sur Lulla à qui je répondis machinalement un « Sure look it ! » hors de propos cette fois-ci avant d’ajouter :
– Et bien, allons manger !

Tout en me regardant dans les yeux, Muirne donna un coup de tête affectueux à Mahkha qui me fit rougir, malgré le petit craquement significatif de la mini décharge statique qu’elle venait de lui coller.
– Oups ! C’est d’sa faute ! dit-elle en me désignant de la tête. « C’est c’qu’on appelle un coup de foudre tu crois ? » plaisante-t-elle.Viens ! C’t’évitera une indigestion, dit-elle à l’intention du chacal.

Je me mordis la lèvre d'impatience et entraînai Lulla à la suite de nos daemons, réfléchissant à la prochaine connerie que j'allais bien pouvoir faire.



Petites notions d'Irlandais a écrit:

*A whale of a time en anglais, une expression typiquement Irlandaise pour dire que c’était génial. J’ai traduit au mieux pour que ce soit aussi significatif que bizarre XD
**Deadly : En Irlande presque tout est mortellement génial
***Grand : Très, bien, cool
**** Bang on ! C’est un peu plus expressif que « exact » et faut l’imaginer dire ça avec l’accent et avec véhémence
***** Au cas où ce ne serait pas assez explicite, c’est là ou va Daniel pour se soulager.
****** Sure loot it ! Une expression que les Irlandais utilisent pour répondre à tout et n’importe quoi, quand ils ne savent pas quoi dire. Là c’est le cas, et c’est à double sens puisque ça peut aussi être compris comme « Bsûr, r’garde ! » (avec l’accent) C’est l’expression favorite de Ben dont il a eu du mal à se défaire.
  
MessageDim 21 Jan - 21:41
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 256Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Un ours ? Pourquoi ? La daëmone ose sans doute le comparer à un ours mal-léché en raison de son tempérament bourru. Pourtant, les conseils qu'il lui a donnés, il essaie tant bien que mal de les appliquer à sa propre personne. Avec suffisamment de réussite pour conserver sa dignité, en apparence. Quand Muirne vient se coller à lui, visiblement ravie de mon déséquilibre, il doit redoubler d'efforts pour se maintenir droit. Il en tenté, un instant, de se décaler, histoire de voir si elle aussi, manquerait de se casser la figure. Non, se déplacer serait risqué. Il opte donc pour la moquerie orale. - Toi non plus. Et tu parles... Il cherche ses mots. Sont goût prononcé pour les traits d'esprits est bien lointain. La langue lui échappe autant que ses talents d'orateur. - Beaucoup. Tu parles vraiment beaucoup. Avec un accent... Horrible. Je ne m'entends plus penser. C'est qu'elle l'a légèrement piqué, avec ses propos. Il se sent obligé de répliquer : - De plus, c'est Vlad, l'ours. Moi, j'essaie simplement de garder un œil sur vous trois... Dépité, il assiste au rapprochement qui s'effectue entre Ben et moi.

Il ressent, aussi profondément, que moi, cette excitation familière. Mahkha est l'observateur silencieux de la tempête qui se déchaîne dans ma tête. Il se méfie de chacun de mes frissons, de la moindre embardée de mon cœur. Nos rires puérils qui retentissent à l'unisson dans la rue sont comme un signal d'alarme qui résonne dans sa tête. Il craint mes excès car je suis capable de m'enflammer jusqu'à ce qu'il ne reste rien. Et, ce garçon qui ne fait que surenchérir, faisant sauter un à un les crans de sûreté qui me confinent d'ordinaire, il est dangereux, à ses yeux. Une fois, Mahkha m'a dit qu'écouter mes émotions, c'était comme se retrouver au carrefour d'un concert de jazz, d'une scène de métal, et d'une représentation d'un orchestre symphonique. Je n'ai aucune mesure. C'est pour ça qu'il se met, parfois, autant à distance de moi. Il en a assez d'entendre mes émois cogner contre son âme. S'ils les laissaient déferler librement, il risquerait d'être emporté et ne pourrait plus me protéger.

La jalousie lui pince le cœur jusqu'à lui couper le souffle. Il sursaute quand Muirne se détache de lui. Son pelage se hérisse. Ses babines se retroussent. La voix de sa comparse le ramène sur un terrain moins effrayant. Ses mots le rassurent étrangement sans qu'il parvienne à y répondre. Ses yeux ambrés glissent sur le chat. - Personne n'est assez bien pour elle, riposte-t-il. - Il.... L'inquiétude perce dans la voix rauque du chacal. Cette fois, les mots ne lui échappent pas. Ils se bousculent dans son esprit. Ce type me pousse à me montrer déraisonnable. Il souffle sur les braises de mes folies. Il ranime mon esprit d'aventure, mon goût pour l'adrénaline. Il n'est qu'une illusion, un interlude dont on finira par devoir se séparer même si je refuse d'y penser. Il prend sa place. Il lui vole mon affection. Mahkha renifle. Le dédain habituel à céder la place à une forme d'angoisse. Quelle frustration d'être incompris et de perdre la seule alliée qu'il pensait avoir dans cette bataille - Ce n'est pas une question d'amour, Muirne ! La voilà qui change déjà de sujet. Il réagit à sa taquinerie en se secouant le pelage et en tentant de la mordre. Comment peut-être se montrer aussi insouciante ? - Si je t'attrape, tu finiras en ragoût !

Moi, je me sens bien loin de ses considérations. Dans ma tête, il n'y a que l'instant présent qui compte. Les tentatives de Benedict pour me faire son sourire se soldent toutes par un échec. Je le réprimande en riant, profitant pleinement de ce moment sans fausse note. L'alchimie que je ressens entre nous relève de la magie pure. Je me laisse emporter avec joie. J'éclate de rire à ses petits pas de danse avant de me faire rattraper par cette sensation étrange et délicieuse de liquéfaction. Benedict, même s'il se plante encore de sourire, parasite mes connexions nerveuses. Il m'attire comme un aimant. Je récupère néanmoins mon joli chapeau pour diminuer son sex-appeal, non pas pour garder les idées claires - j'ai bien conscience que ce serait peine perdue -, mais pour que lui, se rende compte que, ma foi, je suis quand même canon. Sauf qu'il préfère détourner le regard ! Il me faut quelques secondes pour analyser son comportement et me souvenir qu'il est aussi sensible à la flatterie que mal à l'aise face aux compliments.

Sa réaction me fait perdre mes moyens. De peur qu'il ne choisisse la fuite, je plie mon coude pour que ma main rejoigne la sienne, près de mon cou. J'imprime machinalement une caresse sur le dessus juste avant de me faire happer par son regard. C'est comme sauter du haut d'une falaise. Son sourire me couple le souffle, j'y réponds naturellement, prête à lui chuchoter que c'est exactement de ce sourire-là dont je n'arrête pas de lui parler. Mes doigts se serrent un peu plus contre le sien, signal silencieux révélant que la tension vient de grimper d'un cran. Quant à son accent... L'effet qu'il produit sur moi est purement indécent. Mon cœur bondit brusquement. Il vient de me faire l'aveu qu'il n'est pas insensible à mon charme. J'ai ma réponse. Le moment est parfait.

Non !

Je n'ai pas le temps d'amorcer la moindre approche. Mahkha me coupe l'herbe sous le pied. Ma frustration est telle que je l'interroge de vive voix. Je n'arrive pourtant pas à être fâchée contre lui. Quelque chose m'en empêche. Une sorte de certitude inconsciente qu'il a besoin d'être rassuré. Je murmure dans sa tête trois mots. Trois petits mots semblables à une promesse. Je ne t'abandonnerai jamais, Mahkha. - Il ne t'aurait pas embrassé de toute façon, il a peur que tu sois trop bien pour lui. Quoi ? J'essaie d'en savoir plus, mais me heurte à un mur de silence.

Le chacal s'ébroue. Ses crocs se referment sur de l'air. Il est encore trop sonné par mes propos pour se montrer incisif. Quelques instants plus tard, je le vois répondre au coup de tête de Muirne, puis sursauter et se secouer comme après un coup d'électricité. - Je crois que tu as aussi besoin de manger, ça te fera dessoûler, ronchonne-t-il en prenant la tête de notre petite troupe. - Il y a un vendeur de hot-dog à trois rues de là. Je propose que tu le distraies pendant que je récupère quelque saucisse. Il lutte pour ne pas regarder en arrière tout en avançant. Au bout de quelques pas, il finit par faire quelque chose d'inhabituel, d'anormal même. Il se rapproche sensiblement de husky jusqu'à ce que leurs pelages se frôlent. - Muirne, commence-t-il de sa voix grave sans savoir comment poursuivre. Que dire ? De quelle manière surtout ? - Je .... Rah... Oublie. Mais ses angoisses, ses inquiétudes, bien qu'apaisées, continuent de tourbillonner dans son esprit. Il lui faut quelques secondes pour mettre des mots qui ne soient ni trop stupides et mièvres, ni ridicules et faibles. - Je ne suis pas ronchon. Je suis juste obligé veiller sur elle, tu comprends ? Elle est trop bête pour voir où sont les dangers. Elle ne fait attention à rien. Et lui.... Ton humain. Il ne fait que l'inciter à être encore plus stupide ! Il ne lui laisse qu'à peine le temps de répondre. - Je vois le marchand ambulant ! Et d'un coup de truffe contre ses flancs, il l'invite à passer à autre chose : - Course ? Il s'élance sans attendre son accord, fidèle à lui-même.

Blottie contre Benedict, j'ai repris sa main en otage quand nous nous sommes mis en route. - J'aimerai bien savoir ce qu'ils se racontent, fais-je sur le ton de la conversation. - Tu crois qu'elle lui fait du charme ? Ma peau vibre encore de notre baiser manqué, augmentant mon ivresse. Je n'ai plus envie d'être sage, plus tellement envie d'attendre patiemment. - Au fait, tu l'as refait... J'observe du coin de l'œil sa réaction. - Ton sourire de tombeur. Mahkha doit être doté d'un instinct de fouteur de merde. Je le vois s'élancer à ce moment précis, suivi de près par Muirne qui n'a, visiblement, pas envie de le laisser en reste. Les yeux ronds, je me tourne vers Ben pour savoir s'il en sait plus que moi. Ma moitié m'envoie me transmets fugacement l'image d'une délicieuse saucisse, m'arrachant un rire. - D'accord, je vois. Mahkha a trop faim. Ils vont au hot-dog trois rues plus loin.

Et.... Quand Mahkha n'est pas là... Les Lullas peuvent danser.

Qui puis-je blâme de l'idée qui me vient en tête ? L'alcool ? Sûrement. La frustration ? Oui, un peu aussi, je crois. Je décroche le bras de Ben de mon cou et l'entraîne par la main - Viens, on se cache ! Non, Attends ! M'appuyant sur son épaule, d'une pression du pouce, j'éjecte mes chaussures. Non, me retrouver pieds nus, en plein milieu de la nuit, ne me dérange pas. Mes talons dans une main, l'autre dans celle du jeune homme, j'impulse un début de course avant de tourner sur la droite. - Par là ! Un autre virage à gauche puis, je ralentis l'allure en riant. J'ai le souffle court. Mes yeux brillent d'un éclat malicieux. Ce que je donnerai pour pouvoir voir la tête de nos daëmons quand ils vont se rendre compte que nous ne sommes plus dans leur champ de vision ! Ceci n'est, cependant, que la cerise sur le gâteau. Si je pense à ce que m'a dit Mahkha ... Non. Assez pensé, assez réfléchi ! Ça ne donne rien de jouer les petites filles sages, bien sous tout rapport. Surtout quand mon daëmon est là pour tout faire foirer. L'avoir dans les pattes est aussi contraignant que s'il s'agissait de mon propre père !

Je pose mes chaussures sur le sol, près d'un lampadaire avant de me tourner vers l'Irlandais.

- Ben, il faut que tu fermes les yeux, s'il te plaît. Mais mes mots n'ont pas l'air si sérieux alors que je me remets encore de ma course. J'insiste d'un mouvement du menton. - Allez, fais-le ! Fais-moi confiance ! Et, ne triche pas ! Je tente une grimace devant lui pour vérifier qu'il s'exécute. Bien ! C'est une bonne chose !

Puis, je m'approche doucement. L'émotion me suffoque de façon délicieuse. Je savoure chaque battement de mon cœur, chaque seconde d'attente qui s'écoule. Lentement, je guide sa main jusqu'à la cambrure de mon dos et pose la mienne sur son épaule. La seconde, plus audacieuse, vient se loger contre sa nuque. Attentive, je guette la moindre de ses réactions, du papillonnement de ses cils au tressaillement de ses lèvres. Hissée sur la pointe de pieds, j'avance mon visage vers le sien jusqu'à ce que je puisse sentir son souffle sur ma peau. L'idée de lui proposer d'ouvrir les yeux me traverse l'esprit. Je la chasse. Il n'est pas stupide, il doit bien avoir une idée de ce qui est en train de se passer. Cela fait des années qu'un premier baiser ne m'a pas autant bouleversé. Nos nez se touchent à peine juste avant que je ne ferme les yeux. Nos lèvres s'effleurent. Ça m'électrise de la tête au pied. J'amorce notre premier baiser avec une douceur surprenante pour qui me connaît un peu.
  
MessageMer 24 Jan - 13:36
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 171Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
Muirne se sentait légère et se sentait Grand(e) auprès de Mahkha, si Grand(e) qu’elle trouvait tout ce qu’il disait amusant.
– Ah bon ? Tu penses toi ? répliqua-t-elle juste pour la rhétorique, sans même penser à se moquer.
– Ah wé, Vlad c’est l’ours, toi t’pas Vlad.
Et elle trouvait cette évidence très drôle, excitante même. Ou c’était la proximité de Mahkha qui la rendait euphorique. A moins que ce ne soit à cause de moi, qui me marrait pour tout et n’importe quoi. Muirne ressentait cette excitation chez moi aussi et elle voyait clair dans notre petit jeu, à Lulla et à moi. Mais si une part d’elle était effrayée, elle était trop ivre pour mesurer le risque qu’un tel rapprochement comportait. C’était comme si elle oubliait pourquoi elle avait peur pour moi, parce que sur le moment, elle se laissait aller à notre euphorie et elle trouvait ça trop mortel. Et puis, elle avait confiance en ma gaucherie légendaire, qu’elle ne se gêna pas de confier à Mahkha d’ailleurs. Pour le rassurer, en toute bienveillance. Mais la réponse du daemon allait à l’encontre de son monde parfait de bisounours. Aussi, comme la réponse ne la satisfaisait pas, elle préféra l’interpréter à sa sauce.
C’est c’qu’il croit. P’s’que j’te l’dis ! Mais t’sais… moi aussi j’pense que personne s’ra assez bien pour lui, continua Muirne, bloquée sur sa position. Oooooh que si ! … C’est terrible, c’est affreux ! … Et iiils se moquent de tout ! répliqua-t-elle, convaincue que l’amour était à l’origine de tout.
Et voila qu’elle se remit à s’agiter avant d’ajouter son « Hey Mahkha… ! » et de lui faire sa blague en gaelique.
– Et bah attrappes-moi ! Nuiiiiiit, beeellle nuiiiiiit, sous un cieeeeel d’Italiiiie, des étoiiiiilleeees pleiiin les yeuuuuuux… […]

Insufflée par Lulla, la chanson que je chantais, moi, n’était pas du même registre. Mais j’étais tout aussi déchaîné que Muirne, avec un soupçon plus de retenue peut-être. Même si je refusais de le voir, j’avais bien senti cet instant de tension qui m’avait mis au bord du précipice. Mais par une habile pirouette, ou devrais-je dire, une pirouette fortuite, parce que je n’étais pas du tout en état de jouer les calculateurs, j’avais réussi à échapper au grand saut pour continuer sur un terrain dont j’avais la maîtrise : les gamineries. Ces fou-rires complices étaient autant d’instants volés que je voulais voir continuer, encore et encore, avec insouciance et légèreté, pour repousser encore un peu le moment fatidique où il me faudrait faire le grand saut. Parce que même sous l’emprise de l’alcool, j’arrivais encore à être flippé. L’ivresse m’empêchait seulement de discerner clairement la frontière entre le jeu et la séduction, domaine dans lequel j’étais franchement mauvais et complètement inexpérimenté.
Après une vaine tentative de récupération du choipeau magique, je tentais de reprendre le cours de notre petit jeu puéril sans vraiment savoir où j’allais. Je ne savais si c’était à cause de ce fameux chapeau, ou encore son regard provocateur, ou son sourire… son sourire… ses lèvres. Il y avait quelque chose de magnétique dans l’air. Et ce n’était pas juste moi.
Mahkha avait jeté de l’eau sur le feu qui menaçait de me brûler. Si une part de moi se sentait soulagée, l’autre était étonnamment en proie à la frustration.

– C’toi qu’est soulééééee ! Mais ouiiiii ! Mangeons !
Malgré la décharge qu’elle avait flanquée à Mahkha, elle sentit son poil se hérisser encore. Un peu moins cette fois-ci. Elle commençait à s’habituer à la sensation, même si ça avait tendance à la surrexciter.
– Une diversion !!! J’suis la reine des diversions ! J’vais t’montrer ! dit-elle en avançant d’un pas décidé, pas très droit du reste.
Au contact des poils de Mahkha, ceux de Muirne crépitèrent et la firent frissonner. Son ébauche de phrase aussi.
– Si t’finis pas tes phrases on va pas y arriver !
Les mots du chacal lui firent tout chaud dans son petit cœur. Même si elle ne comprenait pas vraiment ce qu’il pouvait bien me trouver de dangereux.
– Ben ? C’pas son genre ! râla-t-elle en le prenant pour elle. Certes, elle me trouvait stupide aussi par moment, mais c’était normal à nos âges. Nous n’étions encore que des gosses. Cette pensée sembla lui peser comme une enclume dans le ventre que Mahkha venait de titiller pour l’inviter à la course. Elle n’osa pas jeter un regard en arrière et s’élança à corps perdu dans la course avec Mahkha.

Je ne savais pas ce que nos daemon pouvaient bien pu se raconter.
– Je n’suis pas sûr de… quoi ? m’exclamai-je en tournant la tête vers Lulla, comme si c’était la remarque la plus absurde de la soirée. Muirne ? Nooon !
Même si je n’avais rien perdu de mon sourire ni de mon hilarité, je me rendis compte du ton presque suppliant que j’avais employé aussi, m’empressai-je de rattraper le tir : « C’est pas son genre. Elle est pas comme ça… Un peu comme moi ! » dis-je d’un ton qui manquait cruellement d’aplomb. Ce qui n’était pas du tout l’effet recherché, vous vous en doutez bien. Je m’étais rendu compte que j’étais probablement en train de dire une grosse connerie, et au lieu de l’assumer jusqu’au bout, comme d’habitude, j’avais baissé la tête et mon sourire n’était plus qu’une manifestation de mon autodérision face à ma gaucherie légendaire. C’était comme si le fier Benedict était resté dans le bar avec la bouteille de whiskey. C’était un des effets pervers de l’alcool, qui avait tendance à dissoudre toutes mes barrières et mes faux semblants. Et je ne savais pas pourquoi j’en éprouvais autant de gêne. Continuerai-t-elle de me regarder avec ces yeux-là si elle savait ?
– Refait quoi ? demandais-je naïvement en tournant la tête vers elle.
J’avalais ma salive de travers.
– Tombeur carrément ? dis-je en riant.
J’avais compris très jeune qu’avec des sourires, je pouvais obtenir et faire croire beaucoup de choses - ma grand-mère disait même que j’étais un farfadet déguisé en ange - mais j’ignorais tout de celui-là.
Après m’être calmé, je ne pu retenir un sourire ahuri en voyant détaler nos daemons.
– Celle-là on n’me l’avait jamais faite ! marmonnais-je en les regardant s’éloigner, pensant toujours que Lulla avait di ça pour me charier.

Je sentis la frustration m’envahir de nouveau tandis qu’elle se dégageait de sous mon bras et je restai coi, le temps de comprendre ce qu’elle était en train de faire. Je passai machinalement ma main dans son dos pour l’aider à rester debout pendant qu’elle défaisait ses chaussures.
– Qu’est c’que tu fais ?
Je ne me fis pas prier bien longtemps et je retrouvais vite ma liesse de tout à l’heure en me mettant à courir avec elle.
– Non ! Viens par là ! dis-je en la tirant dans une rue plus étroite, bordée d’arbres et de lampadaires.
Elle s’éloigna encore pour poser ses chaussures tandis que je reprenais mon souffle.
– Tu n’veux pas les remettre ? Tu vas prendre froid. dis-je avec l’impression que quelqu’un d’autre avait parlé pour moi. Depuis quand l’alcool me rendait rationnel ? Je souris.
– On dirait ma mère ! me moquai-je pour moi-même. D’ailleurs, pour preuve de ma super autorité, Lulla ne m’écouta pas du tout. Et elle voulait que je ferme les yeux.
– Aye, mais pourquoi faire ? demandai-je en riant de plus belle devant son insistance. Je n’sais pas si j’dois vraiment t’faire confiance.
Je repensais à la fois où je lui avais fait le même coup pour lui gribouiller un M sur le poignet. Je pouffais comme un idiot, mais je m’exécutai par goût du jeu, pour avoir le plaisir de tricher quand même, et pour le défi aussi. Je la sentais remuer devant moi et je ne pu m’empêcher de rire en me demandant quel coup elle était en train de me préparer.
– C’est bon, je n’triche pas.
Je me tendais imperceptiblement depuis le début et le silence qui régnait autour de nous fit s’écouler le temps plus lentement. J’avais l’impression d’entendre les battements désordonnés de mon cœur quand sa main guida la mienne.
– Pas… Ma tension monta d’un cran. Encore. Ma voix n’était plus qu’un murmure. Je souris et j’allais ouvrir les yeux quand j’eus la sensation du poids de l’air autour de nous, et de la sentir près de moi. Sa main sur ma nuque me ravisa. Je frissonnais. Mon sourire se figea d’abord, s’atténua ensuite. Mon sang se mit à battre violemment mes tempes et je sentais la panique m’envahir. Je n’osais plus bouger et malgré moi, je fus pris d’un tremblement léger, mais perceptible. La lumière du lampadaire vacilla à plusieurs reprises. J’étais partagé entre l’envie de fuir et celle de me laisser aller à ce désir indécent qu’elle m’insufflait. J’humectais mes lèvres, ma main se crispa sur le tissu de sa veste dans son dos et la lumière s’éteignit définitivement lorsque sa bouche rencontra la mienne. Je retins mon souffle et mon cœur manqua un battement. Est-ce que c’était vraiment en train d’arriver ? J’étais tellement tendu et gauche d’inexpérience que je restai presque passif, osant à peine remuer les lèvres de peur de faire foirer cet instant que j’avais presque honte d’avoir fantasmé dans mes rêves les plus fous.

Mes joues étaient en feu et mon cœur cognait dans ma poitrine lorsque je sentis ses lèvres s’éloigner. Non ! J’eus soudain peur d’avoir merdé et j’avais encore plus peur de lire la déception dans son regard que j’avais honte d’affronter, même dans l’obscurité. Je ne voulais pas la lâcher.
Je me retranchai une fois encore derrière mon sourire gêné, en marmonnant un « Pardon… » presqu’inaudible. Je me mordis la lèvre en me justifiant comme un enfant : « J’étais pas prêt. » Je me risquai à lever les yeux lorsque je l’entends pouffer de rire. « Te marres paaaas ! » râlais-je en riant à moitié. Sans m’en rendre compte, je l’avais serrée un peu plus contre moi, et sans réfléchir, d’une main tremblante, je lui ôtai le chapeau tout en approchant mon front du sien. « Te moques pas ! » Mais j’avais du mal à garder mon sérieux moi-aussi devant l’improbabilité de la scène. C’était du à l’alcool, ou c’était nerveux. Tout en riant, je rapprochai mon visage du sien, « C’est vraiii. Alleer arrête de rire ! » Mon cœur chavira lorsque j’accrochai son regard brillant et l’adrénaline pris le pas sur le reste pour m’empêcher de reculer. Je ne savais pas ce que je faisais mais, mon sourire s’estompa en rencontrant ses lèvres à nouveau. Je fus pris d’un frisson brûlant qui m’enivra aussitôt. Si j’étais à l’initiative du baiser cette fois-ci, je n’en étais pas moins mal assuré, et je tremblais encore d’émotion. J’empruntai mon timide baiser de toute la douceur donc j’étais capable et il était comme une invitation avide et silencieuse à une initiation plus poussée.

Muirne s’assit devant le stand de hot dog et jappa avant de se mettre à couiner pour attirer l’attention du vendeur. Son poil de husky était si hérissé qu’on aurait cru à un chien angora. Elle avait toujours cette désagréable sensation d’avoir avalé une enclume et elle était tellement angoissée qu’elle peinait à garder sa forme de chien.
Son dernier couinement fut si déchirant que le marchand ambulant ne résista pas et sorti de sa roulotte pour s’approcher d’elle, laissant à Mahkha l’opportunité idéale pour aller se servir. Son poil retomba comme un soufflet. En voyant approcher le bonhomme, elle se transforma spontanément en fouine et détala.
Elle rejoignit Mahkha avec son butin, s’arrêta devant lui, à le regarder de ses yeux vairons et sans vraiment savoir ce qui lui prenait, elle se rapprocha de lui, se frotta à sa patte antérieure et lui grimpa dessus.
– Mahkha, t’es un héros !
Elle enfouit sa petite tête de fouine dans les poils de son échine.
  
MessageMer 24 Jan - 19:48
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 256Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Mahkha lutte de toutes ses forces pour garder un semblant de dignité et de contenance. Il essaie sincèrement, mais Muirne ne lui rend pas la tâche facile. Ne pas entrer dans le jeu de sa comparse tout comme éviter de riposter à la moindre de ses âneries empiète sur sa concentration. - Tu me compares à Pumba ? ne peut-il s'empêcher de lui demander, outré, juste avant qu'elle ne dérive totalement. De façon purement humaine, le chacal se pose la patte sur la truffe pour cacher ses yeux. Mais que va-t-il faire d'elle ? D'autant plus que la petite daëmone se montre vite infatigable. Je suis surprise qu'il fasse preuve d'autant de patience envers elle. Même moi, je n'ai pas le droit à autant de bienveillance ! Sans doute, lui voue-t-il plus d'affection qu'il ne veut bien l'admettre. Non. Ça n'a rien à voir, selon lui. Mahkha reste convaincu que sa tolérance à l'égard de Muirne n'est imputable qu'à mon propre état d'ivresse. D'ailleurs, si je n'avais pas autant fait ma maline plus tôt au bar, jamais il ne se serait ouvert à elle sur ses angoisses ! L'alcool est responsable de tout ! Donc, je suis responsable de tout ! En conséquence : il faut manger pour éponger. Ce sera plus facile, après ça, d'avoir les idées claires. Il fait immédiatement part de sa fabuleuse conclusion à la daëmone, en lui passant évidemment les raisons sous-jacentes.

Ma blague au sujet de la conversation secrète de nos âmes provoque une réaction inattendue chez Benedict. Je hausse les sourcils, peu convaincue par son explication. - Justement ! Si elle est comme lui, j'ai de quoi m'inquiéter. Je glousse en imaginant mon compagnon se faire ferrer par les yeux vairons de la petite peste. - Mahkha est peut-être... Imbuvable ? Froid ? Cynique ? Pénible ? - Mahkhaaaaa ! Oui, c'est très clair ce que je dis ! Je ne trouve pas de meilleure façon de le définir. - Mais il.... Je pouffe une nouvelle fois. - Non, je sais plus ce que je voulais dire. Par contre, je sais très bien ce qui m'a fait perdre le fil de mes idées. J'accuse officiellement M. O'Connell de m'avoir refait son sourire de tombeur. Apparemment, j'ai encore plus d'humour que je ne le soupçonnais, car il se marre comme une baleine. Je ne vois pas ce que j'ai dit de drôle ! Je persiste et je signe ! - Voilà, bah justement, si elle fait comme toi, Mahkha ne va pas s'en remettre ! Doooooonc ..... Muirne est une petite vicieuse ! affirmé-je comme si ma démonstration découlait de la pure logique. Je secoue la tête, très fière de l'immense bêtise que je viens de sortir en riant à moitié. Les deux sujets de notre discussion y mettent un terme en détalant à toute allure. Je me fais leur porte-parole pour expliciter cette fuite.

Dans la foulée, je décide qu'il est temps d'échapper à la surveillance de ma moitié de manière à gagner en liberté. Et, surtout, surtout.... L'idée de fuir et de me cacher avec Ben me fait trépigner d'avance. Il est hors de question que je laisse filer cette chance d'avoir un peu d'intimité. Mon Don Juan qui s'ignore ne se fait pas prier pour me suivre dans ma connerie. Plus encore, il participe activement au choix de l'itinéraire. Je me plie de bon cœur à ses directives. Il flotte dans l'air comme un doux parfum de folie. J'aime notre insouciance. Ça me donne l'impression d'être loin de tout, de flotter à des milliards de kilomètres au-dessus du ciel. Portée par cette euphorie, je suis déterminée à ne pas me laisser emmerder une seconde fois par un sale cabot jaloux - que j'adore, au demeurant. J'en ai plus qu'assez d'attendre que quelque chose se passe. Il est plus que temps de prendre les choses en main ! - Qu'est-ce que tu racontes ? répliqué-je quand il me parle de remettre mes chaussures. Je me fiche de ça ! L'entendre faire le clown et résister ajoute à la frustration du baiser manqué. Pourtant, ça m'amuse. Je ne l'en trouve que plus désespérément attirant. Ce type m'aimante quoi qu'il fasse. J'insiste pour qu'il ferme les yeux sans pouvoir me retenir de rire avec lui. Après avoir vérifié qu'il ne triche pas - de façon très gracieuse et féminine -, je mets en œuvre mon non-plan.

Exit toute forme de réflexion. Dehors, la fille bien sous tout rapport. Rebonjour Lulla et sa spontanéité audacieuse. La tension grimpe de façon vertigineuse en quelques secondes. La lumière qui vacille ne me fait pas détourner le regard de lui. Je note chacun des changements qui traverse son visage. Je ressens le tremblement qui le saisit sans chercher à en analyser la cause. On nous a volé notre moment parfait, je m'échine à en recréer la magie. J'amorce notre premier baiser avec lenteur, bien décidée à sentir la douceur de ses lèvres contre les miennes.

Mes efforts se soldent par.... Une quasi-non-réaction. Mon orgueil se rebiffe. L'humiliation cuisante en est douloureuse. Je m'écarte, déçue. Mon sourire s'est envolé au profit d'une moue boudeuse. Merci, très cher lampadaire, de t'être éteint ! Cela m'évitera d'avoir à assumer mes actes en pleine lumière. Benedict n'est qu'un idiot ! Voilà !

Son "pardon" a beau n'être qu'un murmure, il s'écrase à pleine vitesse dans mon esprit. Ce choc brutal me ramène à la réalité, dissipant un instant les vapeurs d'alcool qui m'embuent. Ma main délaisse la nuque de l'Irlandais et je baisse les yeux, me mordant la lèvre. Selon toute vraisemblance, je me suis ridiculisée. Merci les shooters de votre soutien incommensurable à la fin de mes illusions. Où est-ce que j'ai foiré ? J'ai peut-être sur interprété notre complicité. Imaginons que je n'ai finalement lu, décrypté et compris, que ce qui m'arrangeait. Il va sûrement s'excuser de m'avoir envoyé de mauvais signaux, maintenant. Ou m'annoncer que ce n'est pas un bon moment pour lui. Ou encore me dire qu'il n'est pas en mesure d'accepter la proposition malgré tout l'intérêt qu'il porte à ma candidature. Ce n'est pas moi, c'est lui. Et bla, bla, bla. Toutes les excuses bidons qu'on peut balancer dans ces circonstances me passent par la tête. En une fraction de seconde, j'imagine une centaine de façons de me prendre une veste. Dissimulée sous mon chapeau, dernier rempart à ma dignité bafouée, je m'attends à tout.

À tout, vraiment. Sauf à ce qui sort de sa bouche. Pas prêt ? Pardon ? Je n'aurais pas pu prendre plus mon temps pour savourer l'instant. Blâmons mes nerfs, mon taux d'alcool, l'ascenseur émotionnel que je viens de me prendre en plein visage, et l'incongruité de la situation. Je lâche un - Quoi ? de stupéfaction légitime, bien vite parasitée par un irrépressible fou-rire. Qui peut sortir ce genre de choses, dans un moment pareil, avec autant de sérieux ? Là, je ne sais plus sur quel pied danser. Sa main dans mon dos me rassure. Il ne me reste que le rire pour évacuer un peu de cette tension nerveuse qui m'habite.

Benedict me débusque en me soustrayant mon accessoire de fuite, aka le chapeau, qu'il récupère en me serrant davantage contre lui. J'ai l'impression d'être sur des montagnes russes, enivrées par des sensations aussi grisantes que terrifiantes, incontrôlables. - Je.... me.... moque.... pas. Ma tentative de défense manque de crédibilité tant elle est entrecoupée d'éclats de rire. Ce serait beaucoup plus facile de calmer les soubresauts de ma cage thoracique s'il ne se marrait pas, lui non plus. Je peine à rassembler mon courage, à calmer la cavalcade effrénée de mon palpitant. Je ne moque vraiment pas. Ben m'a prise par surprise et j'en suis encore à savourer l'idée que je n'ai pas tout inventé. Qu'il y a bien quelque chose qui se passe entre nous. - J'essaie, je te jure ! plaidé-je en réponse à sa demande - Mais, c'est... J'allais dire quelque chose. Sauf qu'à l'instant où j'ai relevé les yeux, les mots se sont éclipsés. Je ne cherche même pas à les rattraper. Les paroles, c'est du vent. Ce que je ressens, par contre, est bien réel. Son regard, incandescent, dans l'obscurité, c'est la plus belle chose que j'ai jamais vue. Ça me coupe si bien le souffle que mon sourire m'échappe. Je ne m'étais pas rendu compte que son visage était si près. Étrangement, quelques secondes, mes battements cardiaques, le fil de mes pensées et mes gestes... Tout a l'air de s'étirer en longueur tout en allant très vite. Tout prend son temps pour faire durer cet instant d'éphémère éternité. J'essaie de graver l'expression de son visage dans ma tête, mais, je suis en proie à une émotion brute. Sans fioriture, ni compromis. Pure. Dont l'intensité dépasse la raison. Exactement ce qui me fait profondément vibrer tout en ébranlant mes certitudes. Je n'ai jamais fait dans la demi-mesure. Embrasse-moi, Ben... Fais-le, embrasse-moi.

Cette supplique a à peine le temps de flotter derrière mes yeux mouillés. Une décharge électrique remonte le long de ma colonne et me traverse quand nos lèvres se rencontrent. J'exulte. J'en tremble. Lui aussi, ce qui est flatteur. Je l'ai tellement désiré, ce baiser, s'il savait. Tellement attendu, aussi. J'en ai peur de faire un faux-pas, de rater une mesure. Ces craintes ne revêtent clairement aucun intérêt. Mais, ça valait le coup de patienter. Indubitablement. Je me laisse envahir par la beauté de l'instant, elle crépite sous ma peau. L'émotion peut bien me submerger toute entière, je n'en suis qu'une victime consentante. La douceur de cette rencontre me chavire. Tout est parfait, de ses maladresses à mes hésitations qui disparaissent aussi vite qu'elles ne sont arrivées. Je savoure ce prélude, emportée par la chaleur de son corps contre le mien, par l'odeur de sa peau.

Dans une caresse de ses côtes à sa joue, ma main remonte naturellement jusqu'à sa nuque. Ma langue vient taquiner la sienne. Elle la goûte, la cajole, l'invite à prendre ses aises. Elle la quitte pour mieux la retrouver. Notre baiser a un goût de whisky et de citron. Le mélange est singulier, unique en son genre. Une vague de chaleur familière s'élève de mon ventre jusqu'à rougir mes joues. J'en veux plus. Alors, je me serre davantage contre lui, histoire de satisfaire mon besoin de proximité. Le monde a disparu autour de nous. Rien d'autre n'existe en dehors de ses bras.

C'est à regret que je finis par quitter ses lèvres, encore étourdies de ce qui vient de se produire. Mon cerveau a visiblement plus du mal à assimiler les données, contrairement à mon corps, qui, lui, sait parfaitement où il en est. (Et, Mesdames et Messieurs, il a chaud.) J'inspire profondément en le couvant du regard. Je peine à me retenir de sourire comme une idiote. C'est qu'il m'en a fallu, du temps, pour conquérir cet Irlandais. Inconsciemment, mes doigts tracent des cercles à la base de sa nuque. Je n'ai pas envie de briser trop rapidement le silence. Les premiers mots, ceux qui viennent après, sont importants. J'aurais aimé avoir une idée lumineuse, mais tout ce qui parvient jusqu'à mon cerveau alcoolisé est : - Voilà qui était... Baleinesque, chuchoté-je en référence à ses expressions étranges, sans me rendre compte que je me trompe sur la terminologique. Je lui accord un sourire complice avant de l'empêcher de parler. - Tais-toi, Ben ! dis-je en fronçant le nez, malicieuse et tendre. Ça suffit les discussions ! Je préfère largement qu'on continue à s'embrasser. D'autorité, je récupère ses lèvres pour prolonger notre échange, un peu plus passionné encore.

À quelques rues de là, Mahkha guette le bon moment. Il n'a aucune idée de ce que peut bien faire Muirne pour attirer l'attention du vendeur. Son regard d'ambre est fixé sur les réserves de saucisses. Dès que l'homme quitte son poste, le chacal s'élance et s'empare sans difficulté de son butin. Il détale aussitôt dans une rue adjacente, suivi de près pas une fouine devenue très, très familière. Il la laisse grimper sur son dos sans émettre d'objection. - Je sais, fait-il d'un ton qu'on ne saurait départager entre la suffisance et l'exaltation. - Accroche-toi, petite Muirne. Il s'élance à nouveau, accélérant outrageusement la cadence pour impressionner une certaine daëmone. Une fois à une cinquantaine de mètres du lieu du crime, Mahkha courbe l'échine pour lui permettre de descendre. - Comment as-tu détourner son attention, alors ? demande-t-il en faisant rouler du museau une saucisse vers l'intéressée. Tout en écoutant la réponse, il mâchonne la sienne avec délice, à grand renfort d'exclamation de plaisir. Voilà qui, selon lui, devrait le remettre d'aplomb.

Au bout de quelques minutes, un éclair de lucidité traverse son esprit. Je sens qu'il cherche à me contacter. Je rejette son approche avec amusement en lui transmettant que je suis occupée pour le moment. Après tout, il n'a qu'à rappeler ultérieurement ou laisser un message, je m'en fous. Il avale une deuxième saucisse tout rond avant de regarder Muirne avec intensité :

- Où est-ce qu'ils sont ? Il pousse un grognement. Je confirme qu'il a été très stupide de me laisser sans surveillance. Qu'il arrête donc de s'inquiéter je vais bien ! Plus que ça même ! - Muirne.... Dis-moi ce qu'ils sont en train de faire ! Serait-ce un soupçon de panique dans sa voix ?

Allez, Muirne, on croit en toi ! Change-lui les idées !
  
MessageMar 30 Jan - 16:32
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 171Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
– Pumba ? répéta Muirne, ingénue avant de sauter du phacochère au plat de spaghetti pour chien, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Son estomac, émoustillé par la proposition indécente de Mahkha, était sans doute à l’origine de cette association d’idées douteuse.

Je n’avais absolument rien suivi de la conversation de nos daemons. Etant donné le lien fusionnel qui nous unissait, Muirne et moi, je n’avais pas besoin de la questionner pour savoir dans quel état elle se trouvait. Elle était euphorique, tout comme moi et pour ce que Lulla venait de pointer du doigt, c’était tout bonnement inconcevable. Je crois. Lulla me faisait douter. Et comme ce qu’elle disait n’avait aucun sens, je pouffais de rire à nouveau.
– Comment ça il va pas s’en r’mettre ? J’ai rien fait moi ! protestai-je en riant, la bousculant légèrement pour la chahuter, sans pour autant la lâcher. Je cru d’ailleurs que nous allions nous casser la figure tous les deux. « Hey ! J’te permets pas ! » Même si je râlais, j’était toujours mort de rire en ajoutant : « C’est mon âme j’te rappelle. » Je n’avais probablement aucune crédibilité à cet instant. Pourtant, je n’aimais pas que l’on dise ce genre de choses de mon daemon. Et si je le prenais avec autant de philosophie, c’était uniquement parce que Lulla était Lulla et qu’elle était en train de me faire tourner la tête.

La fuite de nos daemons mit fin à nos chamailleries et nous retrouvâmes notre complicité puérile pour détaler dans l’autre sens. Je m’amusai comme un gosse se livrant à une partie de cache-cache et je me pris vite au jeu, sans en connaître vraiment les règles. Peu importait. Dès qu’il y avait une connerie à faire, j’étais toujours partant. Naturellement.

La suite m’échappa. Je ne savais si c’était les vapeurs d’alcool qui inhibaient complètement mes réflexes et mon raisonnement logique, mais jusqu’au dernier instant, je n’avais pas vu Lulla venir. A moins que ce ne soit ma peur qui m’avait empêché de la voir.
En proie à la panique, je m’étais figé, laissant filer l’instant bêtement, sans réagir. La crainte qui en découla, et la frustration fut plus grande encore. Honteux, je ne trouvais rien de mieux à dire que de m’excuser, ne sachant plus ou me mettre, ni comment rattraper le tir. Je n’avais aucune idée lumineuse, aucune autre échappatoire que de lui avouer la vérité. Ce que je fis.
Son rire fut mon exutoire et m’insuffla l’adrénaline qui raviva ma douce folie qui ne demandait qu’à s’exprimer. Grany disait que le rire était la solution à tous les problèmes. Elle avait sans doute raison, mais elle avait oublié de préciser que le whiskey était aussi un bon levier, puisque je lui devais très probablement l’audace dont je fis preuve à cet instant.

Avec un air de ne pas y toucher, j’engageais un second round auquel j’essayais prendre part cette fois-ci. Le grand frisson fut immédiat, alors que j’avais à peine mis un pied dans le vide. La fièvre me gagna si vite que j’en eu presque le vertige, malgré la langueur que j’imposais aux prémices de mon baiser tremblant et non maîtrisé, découvrant peu à peu la douce saveur de ses lèvres que je goûtais progressivement. Sa main sur mes côtes me fit tressaillir légèrement et je lâchai le chapeau en raffermissant ma prise dans son dos pour me garder de chavirer. Mon cœur fit une embardée tandis qu’elle m’accompagnait doucement dans le vide, m’initiant à de nouvelles sensations tout aussi plaisantes que vertigineuses. Ma langue répondit à la sienne, timidement d’abord, puis sa proximité et la chaleur soudaine de son corps contre le mien augmentèrent l’intensité de notre échange à mesure que je m’enflammais. C’était comme si une barrière invisible venait de céder, libérant ce désir longtemps craint et refoulé au plus profond de mon être. Je me sentis pousser des ailes, ce qui m’enhardit quelque peu. Ma timidité semblait s’envoler à mesure que j’apprenais et que je gagnais en confiance, enivré par ce plaisir nouveau auquel je goûtais pour la toute première fois.
Le baissé de rideau arriva trop vite, trop brutalement, alors que j’avais l’impression de tout juste prendre mes aises et de commencer à profiter de l’instant qui me parut beaucoup top court. Sentir ses lèvres m’échapper, me frustra derechef. Je me mordis la lèvre en souriant machinalement. Non seulement j’avais aimé mais je n’avais qu’une envie, céder à la gourmandise et renouveler l’expérience pour la graver à l’encre indélébile dans ma mémoire. Je me sentis terriblement niais en croisant son regard et je cru un instant que mon cœur allait se décrocher. Je trouvais enfin un sens à cette attirance et à ce sentiment nouveau qui m’animaient, et que je niais depuis plusieurs semaines. Non, c’était encore bien pire que ça. Les sentiments et les sensations qui me traversaient étaient exacerbés par le regard de la jolie roumaine, dans lequel je me noyais ; par sa bouche à laquelle j’avais irrémédiablement pris goût et dont j’avais le sentiment de ne plus pouvoir me passer ; par ses doigts imprimant des caresses sur ma nuque et qui provoquaient autant de frissons que de décharges électriques qui perturbaient tous mes sens et éveillait des pulsions ardentes et inavouables qui me firent rougir et frémir rien que d’y penser. Mon être entier n’était que vibration Mon cerveau semblait dysfonctionner et s’être fait la malle ailleurs, car je n’arrivais pas à aligner la moindre pensée claire et cohérente. C’était comme si j’étais dans une sorte de transe, sous l’emprise d’un quelconque charme,- de son charme -, qu’elle rompit la première. Sa voix me ramena deux secondes à la réalité.
– Baleinesque ? répétai-je lointainement. C’est donc réel ? avant de froncer les sourcils et de pouffer de rire. Mon cerveau, toujours imbibé d’alcool venait de se reconnecter avec difficulté.
– C’est pas b…
C’était bien la première fois que cette sommation de me taire m’électrisait et je ne me fis pas prier pour m’interrompre. Ma connexion cérébrale fut de courte durée. Je souris, ravi des promesses espiègles que trahissaient son regard.
– C’est mortel tu veux dire !
Mes derniers mots n’étaient plus qu’un souffle sur mes lèvres que je lui concédais avec impatience. Je me montrais plus fougueux, plus entreprenant et plus taquin aussi ; Je rompis le contact pour nous laisser le temps de reprendre notre souffle, souris en savourant la légère frustration de cette brève séparation juste pour le plaisir de recommencer à l’embrasser plus passionnément encore.

Dans sa fuite pour rejoindre Mahkha, Muirne se sentit soudain transportée et ce fut sans doute ce qui la poussa à autant de familiarité avec lui. Elle s’accrochait à son pelage en proie à une nouvelle ivresse, un sentiment d’extase qu’elle n’avait encore jamais éprouvé. Le « petite Muirne » fit fondre son petit cœur battant la chamade, et la vitesse sur le dos de Mahkha la grisait. Elle ne pourrait probablement plus jamais gagner une course à la loyale contre lui désormais. Mais là, tout de suite, ça n’avait pas d’importance. Tout ce qui comptait, c’était les marques d’affections qu’il lui témoignait, aussi maladroit soit-il.

Elle s’agrippa encore un peu à ses poils, refusant de descendre pour s’imprégner encore de son odeur, puis elle s’y résigna, à contre cœur. Elle regarda la saucisse qu’il lui destinait et croqua dedans tout en racontant son exploit en l’enjolivant un peu, comme à chaque fois, essayant de se rappeler comment faire un regard de chien battu pour lui faire la version théâtrale de son récit et elle se rendit compte qu’elle avait oublié. Tout comme elle avait oublié comment elle faisait pour se métamorphoser. Cela ne sembla pas la chagriner outre mesure.
Elle frissonna d’aise du bout des oreilles jusqu’à la queue en regardant Mahkha terminer sa saucisse et fut prise d’un haut le cœur semblable au mien, au même instant. Elle s’était figée et ne bougeait plus quand Mahkha s’inquiéta de savoir où nous étions passés. Muirne n’en avait aucune idée, même si elle savait comment me trouver. Il lui suffisait de repérer l’endroit sinistré par mon champ électromagnétique. Facile. Mais ça ne lui traversa pas l’esprit. Elle était bien, là, seule avec Mahkha. Sa question la déstabilisa un peu et la fit frissonner derechef. Elle avait une vague idée de ce que j’étais en train de faire et si elle en avait été capable, cela l’aurait sans doute fait rougir des pieds à la tête.
– Ils vont bien. lâcha-t-elle au débotté, peinant à refréner ses propres ardeurs. Mais elle ne pouvait pas lutter contre cette drôle d’euphorie qui la gagnait de nouveau, ni contre l’intensité des vibrations qui l’assaillaient et qui la surprenaient vraiment, de ma part. Elle avait beau être mon âme, elle ne m’avait encore jamais senti dans un tel état d’extase.
Elle eu du mal à terminer sa saucisse et n’en pouvant plus, alla se coller dans les pattes de Mahkha.
– Fait pas c’te tête ! Y a rien à craindre, dit-elle en se frottant à lui.
Elle n’était pas du tout sûre de ce qu’elle avançait car elle était déjà dépassée par les évènements. Elle n’avait jamais ressenti cela auparavant. Elle était autant électrisée que terrifiée à l’idée et elle avait plus que jamais besoin de sentir la proximité de Mahkha.
– Je sais que tu l’aimes.
Elle remonta habilement le long des poils du chacal pour aller se poser sur sa tête.
Moi aussi j’l’aime. Enfin… Ben. Mais en fait…t’es comme moi. dit-elle en s’installant, T’es un grand sentimental ! s’amusa-t-elle en lui gratouillant derrière l’oreille, avant de lui chuchoter : « J’le dirais à personne, promis. »
Elle posa sa petite tête sur son front. « T’sais comment on dit Mahkha en gaelique ? » Elle laissa planer un instant de silence avant de murmurer « maoineach* »

*Bien-aimé
  
MessageJeu 1 Fév - 20:20
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 256Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Mes doutes se retrouvent balayés sans hésitation. Le regard dont il m'enrobe me prouve qu'il y avait bien quelque chose entre nous. Dès notre première rencontre, j'ai compris que nous parlions le même langage. J'ai pressenti qu'on vibrait d'un même accord, comme si, d'une certaine manière, nous étions faits de la même matière. De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles, écrivait Emily Brönte. Ces mots m'ont rarement paru aussi vrais. Mais, il a mis tant de temps à me laisser l'approcher que j'ai fini par douter. Ses acrobaties verbales, ses pirouettes habiles, ses fuites à répétition ont mis mon assurance à rude épreuve. Maintenant, je sais que c'était réel. Rien n'est plus concret que la façon qu'il a de me retenir dans ses bras. Heureusement qu'il le fait d'ailleurs, car je pourrais chavirer n'importe quand. L'émotion qui m'engloutit s'en retrouve sublimée. Je m'abandonne sans réserve. Je laisse tomber les faux-semblants, les feintes , et mon costume de comédienne. Ce qui me reste d'orgueil se change en poussière dans son chuchotement. Je n'ai pas le temps de lui répondre que c'est lui qui est mortel. Mon Irlandais déjanté. Je préfère me laisser emporter par notre rapprochement. Ça me grise bien plus que la totalité des verres que j'ai descendu. Sur notre petit nuage, le monde n'existe plus.

Je n'ai pas l'intention de lui laisser l'occasion de me filer une nouvelle fois entre les doigts. Aussi, quand il s'éloigne, le temps de quelques respirations, la frustration me saisit le ventre. J'adopte une moue boudeuse sans même m'en rendre compte, bien vite balayée par un sourire. Une nuée de papillons s'envolent depuis mon ventre, m'électrisant des orteils à la racine des cheveux. Il va me rendre dingue ! À souffler le froid et le chaud de cette façon. À cet instant précis, alors qu'il gagne en audace et instille un peu plus de passion à notre échange, la tension qu'il fait naître achève de balayer le reste de ma raison. À quoi me servirait-elle si ce n'est à brider le flot ininterrompu de mes sensations.

Mahkha s'inquiète pour Muirne quand il la voit frissonner. Elle est peut-être complètement ivre et heureuse, mais, ce n'est jamais bon signe. À cause de son humain stupide, la petite fouine, en plus de ne pas être dans on état normal, risque d'être malade ! Cette colère instille un peu de sécheresse dans sa voix, d'autant plus que ses angoisses redoublent en prenant conscience de mon absence. - Je sais très bien qu'ils vont bien ! Ce n'est pas le sujet ! Il s'en veut aussitôt. Son orgueil ne supporterait pas qu'on le remarque. Le chacal détourne donc un instant les yeux, les crocs relevés sur ses babines, coupable de s'être dévoilé.

Heureusement, Muirne n'a pas trop l'air de lui en vouloir. Elle se frotte contre ses pattes en lui susurrant des mots doux. Il aimerait vraiment la repousser, par fierté. Sauf que ça lui crèverait le cœur de ne plus avoir son affection. Une part de lui apprécie grandement cette familiarité. C'est agréable d'être cajolé, même lui ne peut y être insensible. Il a beau détesté les mots qu'elle prononce, l'intention et le ton de sa voix le désarme. Il perd en conviction quand il riposte - Tu ne sais plus ce que tu dis. Tu es ivre. Enfonçons une porte ouverte ! Il pousse un couinement douloureux, comme une supplique. Bien sûr qu'il m'aime. Ça n'a jamais été un choix. Il m'a aimé dès nos premiers instants de vie alors que personne ne pariait sur notre survie. Nous nous sommes soutenus, consolés, rafistolés l'un l'autre. Nous avons relevé le menton pour défier quiconque d'essayer de nous soumettre. Nous avons vécu avec force dans le but de tout essayer. Nous avons souffert aussi. Lui, peut-être autant que moi, si ce n'est plus, . Sauf qu'il devait se montrer fort pour me laisser le loisir de m'écrouler. - Tu confond sentimental et pragmatique, répond-il à voix basse. Pourtant, il la laisse venir se nicher de son cou. Ses yeux se ferment un instant tandis qu'il puise un peu de force dans la chaleur de ce contact amical. Il penche sa tête sur le coté alors que des petites pattes grattent derrière son oreille. Un frisson d'aise parcourt son pelage. C'est agréable de se sentir aimé...

- Tu me l'as dit déjà. Mahkha veut dire ronchon.
Le chacal s'apaise dans un soupire. D'un même mouvement, sa tête vient se reposer sur ses pattes alors que celle de Muirne s'installe sur son front. - Ah... fait-il distraitement. Il y a de la tristesse et de la lassitude dans sa voix. Pourtant, son amie lui procure un réconfort incroyable. Les yeux somnolent, il rend les armes. - Je ne veux pas qu'elle souffre une nouvelle fois...

Ma main s'agrippe à la base de ses cheveux alors que j'approfondis notre baiser. Mon corps investit le devant de la scène. Je me grandis, hissée sur la pointe des pieds, en réduisant à néant l'espace entre nous. Ce préambule trop intense risque de me consumer sur place s'il n'aboutit à quelque chose de plus... Eh bien de plus dénudé ! Il faut croire que je suis plus friande de whisky que je ne le pensais. Apparemment, ce léger goût sur sa langue n'est pas suffisant pour apaiser ma curiosité. Ma seconde main, plus audacieuse, se fraie un chemin sur ses côtés. Glisse jusque sous sa veste en jean. Se réchauffe à la chaleur de sa peau qui traverse le tissu. Sans réfléchir, je le tire un peu plus contre moi, en proie un à désir si puissant qu'il en est douloureux.
À mon tour de rompre notre baiser. Mon front collé au sien, je cherche dans ses yeux une réponse, une autorisation, un signe. Il doit pouvoir sentir ma cage thoracique qui se soulève rapidement contre lui. - Ben... Souffle brûlant contre sa peau. Un battement de cœur. J'essaie de me rassembler, de regagner un peu de substance. Impossible de m'éclaircir les idées quand il me regarde de cette façon. Un incendie se soulève en moi. Il l'attise si bien que des flammes s'agitent derrière mes iris. Je reprends notre baiser avec la même intensité. Mon dos finit par se heurter au lampadaire sans que je sache comment je nous ai guidés jusque là. Ce n'est pas plus mal. La sensation de métal contre mes omoplates m'empêche de chavirer complètement. N'y tenant plus, je glisse ma main sous sa chemise, avide de sa peau sous mes doigts. Je brûle d'impatience.

Mes lèvres quittent les siennes. Il n'a pas le droit de me mettre dans un tel état sans en subir les conséquences. Je compte bien lui faire partager ma fougue et mon excitation. Instinctivement, je viens embrasser son cou, remontant langoureusement jusqu'au lobe de son oreille que je suçote avant de mordiller. Mon méfait accompli, je rapproche mon visage du sien en me mordant la lèvre. - Ce serait plus sage d'aller ailleurs, je crois... Je voudrais blâme l'alcool pour justifier l'émotion dans ma voix. Ce serait bien plus facile que d'admettre qu'il me fait perdre mes repères. Je laisse traîner un silence entre nous, impatiente d'avoir son accord pour que nous puissions avoir un peu plus d'intimité. Inquiète aussi, qu'il ne prenne la tangente. Instinctivement, je sais sans doute qu'il en faudrait peu pour effrayer Benedict.

Mahkha se tend en réponse au doute qui me saisit. Ses muscles se raidissent sans soucis pour le confort de Muirne. Ses sens se mettent en branle bien que ce soit inutile. C'est par le biais de notre lien qu'il tâte mon état d'esprit. Il me cache ce qui l'agite. Pourtant, ce n'est pas nécessaire. Mon attention ne saurait être distraite par quoi que ce soit. - Elle s'emballe toujours vite sans voir plus loin que le bout de son nez. D'habitude, ça ne l'inquiète pas, Mahkha. Il a pour habitude de grogner, uniquement par principe. Il connaît pertinemment ma capacité à me lasser des gens. La différence cette fois-ci, c'est qu'il perçoit autre chose. Il y a quelque chose de plus dans cette histoire. Quelque chose qu'il n'a pas vu depuis Audrain.

Penser à ce type ne lui plaît pas. Lui aussi, il l'a aimé Audrain. Il l'a idéalisé avant de le destituer. La haine a tout emporté, nourrie par mes larmes et ma propre colère. La blessure qu'il a laissée est très profonde. Trop pour que Mahkha parvienne à l'évacuer. - S'il lui fait du mal ... On s'en remettra. Évidemment. Nous ne sommes dotés d'un instinct de survie phénoménale. La question n'est pas là. C'est celle du prix à payer pour se relever. - Je serai obligé de lui tordre le cou, tu sais ? Il est évident qu'il n'y a que peu de sincérité dans ce ton à la fois bourru et bas. La menace relève plus de l'habitude, de la crainte que d'une volonté de jouer les prédateurs. Ben me fera du mal, c'est indéniable. Mahkha est convaincu d'être le seul à savoir ce qui est bon pour moi. - Ton humain est encore un enfant. Cela sonne comme un constat presque bienveillante. L'affection de Muirne lui a vraiment ramolli le cerveau. - Je ne suis pas sûr qu'il puisse gérer. Me gérer moi. Gérer ma situation et mes obligations.
  
MessageDim 4 Fév - 19:31
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 171Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
J’avais l’impression d’être en plein trip tellement tout me paraissait surréaliste et surtout, complètement inattendu. Lulla s’était immiscée dans mes pensées depuis des semaines et je ne m’étais pas rendu compte à quel point elle m’avait à ce point tourné la tête. Ou du moins, j’avais refusé de l’admettre, car j’avais peur de ce que j’éprouvais pour elle parce qu’elle m’intimidait. J’avais peur de ne pas être assez bien pour elle, peur de ne pas être à la hauteur et surtout, peur de me fourvoyer. Surtout depuis le selfie quelle m’avait envoyé quelques jours auparavant, qui m’avait fait réaliser. C’était la première fois que j’éprouvais cela pour quelqu’un. Et c’était bien ça le problème. J’étais inexpérimenté et mes connaissances théoriques en la matière n’étaient pas pour me rassurer. Les livres ne m’étaient d’aucun secours cette fois-ci. J’étais un gamin, un doux rêveur et Lulla avait besoin d’un héros, un homme, un vrai. Je pensais n’avoir aucune chance. Je ne réalisais pas encore ce qui était en train de se passer. J’avais l’impression de rêver.

Le temps semblait s’être arrêté. Je me laissai porter, me délectant de l’instant présent sans me poser de questions. La tenir dans mes bras me grisait, nos baisers de plus en plus fougueux m’électrisaient chaque instant un peu plus.

Muirne était tellement transportée qu’elle n’avait pas percuté la sècheresse dans les mots de Mahkha. Elle ne répondit pas à sa provocation par les mots, mais se contenta de s’installer sur lui pour le gratouiller.
– T’es comme Ben à vouloir toujours tout rationaliser. Mais les sentiments, ça s’explique pas. Il le sait. Et tu le sais aussi. dit-elle en continuant de le gratouiller.
Comme Mahkha se laissait aller à s’allonger, Muirne vint frotter sa tête contre la sienne. Elle se sentait vibrer et ne comprenait pas les mots de Mahkha. Elle ne pouvait pas comprendre. Ni elle, ni moi n’avions essuyé de déception sentimentale et Muirne avait compris depuis le début, avant que je ne le réalise moi-même, ce qui se passait avec Lulla.
– Pourquoi ?... une nouvelle fois ?

Sa main dans mes cheveux provoqua un frisson brûlant le long de mon échine, jusque dans mes reins. La tête me tourna et je cru vaciller. Je me raccrochai à Lulla, que je serrais un peu plus fort, mes mains sagement positionnées dans son dos, contrairement aux siennes, plus baladeuses. Je frissonnai en sentant ses doigts à travers ma chemise et je me sentis chavirer de nouveau. Mon corps tout entier état en proie à l’ivresse de sa proximité. J’essayai de rester focalisé sur notre baiser, pour ne pas laisser mes émotions me submerger. Elle m’insuffla à son tour une telle frustration qu’elle en fut douloureuse. Je souris. C’était de bonne guerre. Je ne pensais pas cela possible, mais la tension grimpa encore d’un cran entre nous, tout comme la température extérieure. En plein mois de novembre. Mais bien-sûr ! Sa respiration rapide, le zéphir brûlant qui s’échappe de ses lèvres et mon nom prononcé ainsi me firent frissonner, trembler même d’un désir ardent et déraisonnable. J’avais peur de ce qu’elle allait dire. Non, je n’avais pas encore envie de rentrer. Je voulais rester là et profiter de cet instant encore un peu. Aussi l’embrassai-je encore pour retarder ce moment. Elle m’attira à elle et nous heurtâmes le lampadaire éteint. Ma main trouva d’instinct l’arrière de sa tête pour lui éviter de se cogner.
– Pard… parvins-je tout juste à articuler, me tenant pour responsable de ce heurt avant de retrouver sa bouche gourmande. Mes doigts glissèrent dans ses cheveux noués descendirent doucement le long de sa nuque.
Je tressaillis en sentant la fraîcheur de ses doigts sur ma peau qui frissonna à leur contact et je sentis mon visage s’empourprer de nouveau. Désinhibé par l’alcool et enivré par la passion de notre échange, je n’eus pas le réflexe de reculer. Mon cœur s’emballa et je sentais le sang battre mes tempes lorsqu’elle arrêta de m’embrasser. Je ne savais plus où donner du crâne. J’attendais la panne. Ma respiration était saccadée. Je ne parvins pas à articuler quoi que ce soit et mon « qu’est ce qu’il y a ? » resta prisonnier au fond de ma gorge. Ses baisers brûlants dans mon cou me firent frémir d’aise et je ne pu réprimer un nouveau tressaillement et un gémissement de plaisir pas du tout assumé lorsqu’elle s’en prit à mon oreille. Les deux lampadaires de part et d’autre du nôtre s’éteignirent au même moment. J’avais instinctivement et brusquement décollé mon corps du sien, assumant encore moins l’effet terrible qu’elle me faisait, de peur qu’elle s’en rende compte. J’enfouis ma tête dans son cou, mi amusé, mi gêné. Je ne fus pas mécontent qu’elle me propose de bouger, car même si la lumière s’était éteinte, je n’étais plus très à l’aise pour les démonstrations d’affection plus poussée en pleine rue, même si l’idée de la raccompagner chez elle me crevait le cœur. Je me consolais avec l’idée que j’avais encore tout le chemin pour profiter de sa compagnie.
– Oui. Je pense aussi. répondis-je avec émotion aussi, sans avoir vraiment conscience de ce que j’étais en train d’accepter.
Main glissa le long de sa joue, l’autre, trouva sa main, je déposai un fugace baiser sur ses lèvres avant de l’entraîner.
– Il faudrait retrouver nos daemons.

Muirne se laissait aller à un élan de tendresse lorsqu’elle sentit de nouveau son poil se hérisser. La charge magnétique se propagea à Mahkha, du fait de leur proximité, faisant gonfler le poil du chacal. La moindre friction provoquerait un petit arc d’électricité statique. Muirne cessa de bouger et fut pris de légers tremblements.
La remarque de Mahkha confirma ce qu’elle ressentait chez moi. Lulla n’était pas la seule à s’emballer. Muirne ne m’avait jamais senti comme cela.
– Ben… lâcha-t-elle, incapable de donner le change. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. J’avais tendance à m’emballer, beaucoup, très vite, très loin aussi, mais pas à ce point là. Pas comme ça.
– Ben ne f’rait pas d’mal à une mouche ! C’lui qui va…
La charge magnétique retomba. Muirne se redressa tandis que Mahkha menaçait de me tordre le cou.
– Tu n’f’ras pas ça ! Ben est pas comme ça ! Il…
Mahkha avait raison. Nous n’étions que des enfants. Nous ne gérions rien du tout. Ni Muirne, ni moi. Tout cela était complètement nouveau pour nous. Nous ne connaissions pas les règles de ce jeu dangereux qui déchaînait les passions. Mais de toute évidence, Lulla et Mahkha n’en étaient pas à leur première fois et… Muirne tremblait toujours en ressentant la passion dévorante qui m’animait et ce tumulte d’émotions et de sentiments violents qui me traversaient.
– Je…Il…
Elle ne savait plus où elle en était. Elle aussi elle était perdue et complètement désorientée. Elle essaya de trouver du réconfort dans les poils de Mahkha. Puis la tension retomba d’un cran et elle sentit le besoin de me voir.
– On devrait p’t-être les chercher. C’est ptêtre qu’un gosse, mais il apprend vite. Il en a dans l’crâne et il a peur de rien. Sauf des oiseaux… lâcha-t-elle avec plus de légèreté.

Muirne indiqua la route à Mahkha en se dirigeant à son instinct, puis elle finit par apercevoir la rue aux lampadaires éteints.
– Je crois qu’ils sont là.
Elle ne tarda pas à nous apercevoir d’ailleurs et ne fut guère étonnée de nous trouver main dans la main. Quant à moi, je fus surpris de la voir sur le dos de Mahkha et aussi par son aspect. Muirne n’avait jamais pris cette forme auparavant. Ma main se resserra sur celle de Lulla, lorsque je compris. L’émotion me gagna, mais je ne dis rien. J’étais content de la voir. J’éprouvais le besoin de la serrer contre moi mais je n’en fis rien pour l’instant. Je lui souris.
– Tu habites vers où ? demandai-je à Lulla.
Muirne me communiqua son appréhension. J’eus le sentiment d’être en train de faire une bêtise. Et cette sensation, de braver l’interdit, était de celles qui me grisaient.
  
MessageMer 7 Fév - 12:10
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 256Nombre de RP : 60Âge réel : 28Copyright : BenedictAvatar daëmon : La Prince
Lulla C. PietruNothing will be the same...
Non ! Ma protestation reste silencieuse quand je sens le froid s'insinuer entre nous. Je n'aime pas du tout cette mise en retrait qui me prive d'un contact sensuel. Surtout quand je viens de lui arracher un gémissement des plus prometteurs pour la suite de la soirée. La sensation que j'éprouve est celle de l'enfant devant les yeux duquel on a agité un bonbon avant de le manger sous son nez. J'ai bien du mal à me retenir de relancer les hostilités. Son souffle dans mon cou est une douce torture. J'ai peut-être lancé l'idée d'aller ailleurs mais là, tout de suite, je trouverai bien plus intéressant qu'il parte à la conquête de ma peau. Au moment où je propose de partir, je prends conscience que la luminosité a encore baissée. Je n'y avais pas prêté attention jusque là, en proie à d'autres priorités nettement plus intéressantes. C'est d'ailleurs toujours le cas puisque Benedict initie notre départ. Je ferme les yeux pour profiter de sa caresse sur ma joue. Son baiser, trop rapide, me donne envie de jouer les capricieuses en trépignant. Les restes éparpillés de ma dignité s'y opposent catégoriquement. Je rouvre les yeux, inspirant un bon coup pour me donner du courage. - Tu sais que tu ne me donnes pas vraiment envie de bouger, là ? le taquiné-je, un brasier au fond des yeux. Nos daëmons... J'affiche une moue excessivement boudeuse en levant les yeux au ciel. Ils m'étaient tous deux sortis de l'esprit. - On est vraiment obligés ? J'aime Mahkha de tout mon cœur, très sincèrement. Mais, dans ce genre de moments, il me donne l'impression d'être mon chaperon plus que la moitié de mon âme. Pas le genre de chaperon silencieux et bienveillant en plus ! La version pénible et insistante qui se permet des remarques acerbes, plutôt. De mauvaise grâce, je récupère mes chaussures. Je m'appuie sur son épaule pour les enfiler. Ça me prend un temps fou d'essayer de ne pas avoir l'air bourrée. Et pour échouer dans cette tentative. Je dois m'y reprendre à deux fois pour enfiler mon escarpin gauche, en pouffant. - C'est à cause du manque de lumière ! Je me dédouane comme je peu. Je regrette d'avoir remis mes chaussures dès que c'est chose faite. Comment suis-je supposé marcher droit entre les centimètres de talons et ces foutus trottoirs bissextiles ? - Attends... Ma tête vient se nicher dans le cou de Benedict. Je respire lentement, profondément, réquisitionnant quelques secondes de calme avant la tempête. Avant l'affrontement. - Ok, on peut y aller, concédé-je en abandonnant mon refuge. Mon sourire malicieux refait surface. - Si Mahkha ronchonne, je dirais que c'est ta faute, je te préviens !


~*~ Mahkha ~*~


Quelque chose fait dresser ses poils sur l'étendue de son pelage et, quand il cherche à s'ébrouer, il reçoit un choc électrique le traverse. Il grogne d'agacement avant de poursuivre sur sa lancée. Il se dévoile à demi-mot, la dévoile elle aussi. C'est qu'il y a cette responsabilité qu'il se croit devoir porter. Et la blessure, toujours vive. Jamais pansée. Laissée à vif. Jamais il ne pourrait supporter de devoir retraverser ça sans réagir. Alors, il menace, Mahkha. Même si ce ne sont que des paroles en l'air, il espère que ça fera mouche dans l'esprit de sa comparse. Muirne qui s'agite, qui tremble, qui perd ses mots. - Finis tes phrases ! Que lui avait-elle dit tout à l'heure. Il patauge dans sa mémoire engourdie. Ah oui... - Sinon, on ne va pas s'en sortir !

Quand elle parle enfin, Mahkha se redresse. Il n'aime pas les mots qu'elle vient de prononcer. Comment ça, il apprend vite ? Aucune surprise. Lulla n'a pas échappé à sa surveillance sans avoir en tête quelque chose de stupide. De plus stupide que tout ce qu'elle a récemment entrepris. - Alors, j'aimerais être un oiseau, affirme-t-il d'une voix sombre. La fouine perchée sur son dos lui indique la direction à suivre. Il s'exécute patiemment sans pouvoir s'empêcher de déverser encore plus ses craintes. - Tu ne sais pas de quoi sont capable les humains. Leur "amour" les rend fous et mauvais. Il les aveugle à toute forme de raison. À ses yeux, rien de plus dangereux n'existe dans ce monde.

La silhouette des deux jeunes gens ne tarde pas à se découper dans la nuit. Mahkha ne s'arrête que lorsqu'il peut regarder Lulla dans les yeux. Sa colère grondante ressurgit à la vue cible. Il la toise. Elle, puis Benedict, avant de revenir sur elle. - Tu n'apprendras donc jamais. Sa voix glacial tonne dans le crâne de la jeune femme. Sans un mot de plus, le chacal se coupe de son humaine. Il déchire le lien qui les unit. Lui claque la porte au nez. Il ne veut pas entendre ni savoir. Ni ses excuses, des pitoyables justifications. Ni la douleur qu'il vient de lui causer. Il ne veut simplement pas.


~*~ Lulla ~*~



C'est comme une gifle en plein visage. Du genre qui dégrise. Comme un orage qui éclate sans prévenir. Je savais qu'il allait être furieux, je n'avais juste pas imaginé que ça prendrait une telle ampleur. Sans réfléchir, je lève ma main pour en couvrir ma bouche. Des larmes affleurent mes yeux. J'essaie de me répéter que ce n'est rien de grave. Quand Benedict resserre sa prise sur mes doigts, j'y réponds naturellement. Je me raccroche à cette sensation pour calmer ce cœur déraisonnable. Le vide que Mahkha laisse à l'intérieur est froid et sombre. Je ne connais pas de solitude plus absolue que celle-là. Contre toute attente, c'est à Muirne que j'adresse un regard désemparé. Je ne comprends pas mon propre daëmon. Ou je ne veux pas comprendre.

Je me force à déglutir pour faire passer le nœud qui enserre ma gorge. J'enfile à nouveau ma parure de comédienne. Sourire de façade, lumière artificielle au fond des yeux. Je n'ose pas faire face à Benedict pour lui répondre. - De l'autre côté de la ville ! Il va falloir affronter ces ordures de trottoirs un petit moment ! J'intercale une note d'amusement dans le ton de ma voix. Je feins de tituber aux premiers pas, histoire qu'il mette mon trouble sur mon état d'ivresse. Ça me passera. Je suis habituée aux colères de Mahkha et à sa possessivité. Je ne le laisserai pas me dominer ! Si jamais mon irlandais s'inquiète, je mentirais sans vergogne, chassant tout doute de son esprit d'un baiser et un trait d'esprit.

Au bout de quelques mètres, je mets en œuvre ma première idée pour chasser mes idées sombres. - Ça ira plus vite en chantant ! J'entonne donc les premières notes, un peu fausses au début, de Sweet Home Alabama en avançant en rythme. Au bout de quelques chansons communes, j'entame Something just like this et mon sourire retrouve sa sincérité. J'amorce quelques pas de danse, me cognant plusieurs fois contre un mur vraiment mal placé. Je tourne autour d'un lampadaire avec la grâce d'une ancienne danseuse. Je lui vole des baisers. Je me mets en tête de faire une partie de la route en marchant à sens inverse. J'éclate de rire. Ça chasse la culpabilité. Je sonne à tous les interphones d'un immeuble avant de nous forcer à fuir. Je suis plus intenable que jamais. Plus vivante aussi. Libérée du regard accusateur du Mahkha. En plongeant dans les yeux clairs de Ben, j'arrive à me faire une raison. C'est bien mieux de ne pas sentir ce que ma moitié ressent pour le moment. Nous ne sommes ni l'un ni l'autre prêt à se pardonner. Le vide me semble moins lourd à porter puisque je sais que mon daëmon me reviendra tôt ou tard. Autant profiter. Autant lui prouver que je peux être encore plus stupide en sa présence.

Les idées se mélangent autant que mes propos. Je parle roumain une ou deux fois, juste pour me la raconter. Je taquine mon irlandais sur son accent, je l'implore de me parler français. Je me moque, je le charme. Je couvre ses yeux pour qu'il ne se fie qu'à mes directives pour avancer - ce n'est pas du tout une réussite -. Je veux qu'il me porte sur son dos. Je ris à gorge déployée. Ma bêtise n'a pas de limite. Elle enveloppe tout le trajet jusqu'à chez-moi.

Arrivés au bas de l'immeuble, je manque une marche. Je me rattrape de justesse à Benedict, prise d'un fou-rire incontrôlable. Mes yeux mouillés ne le sont plus que d'amusement. - Avoue-le, tu m'as fait tomber exprès pour le plaisir de me prendre dans tes bras ! Je le charrie tout en passant mon badge pour dérouiller la porte. Je l'entraîne dans les escaliers, ma main toujours dans la sienne. Atteindre le premier étage, porte à gauche, n'est pas une mince affaire ! Je suis tellement fière de notre exploit que je tente une révérence devant ma porte d'entrée, sans trop de casse cette fois-ci.

La clé glisse sans la serrure tandis que l'excitation s'insinue sous ma peau. Le souvenir des minutes passées sous un réverbère éteint rallume l'incendie au fond de mon ventre. Ce dernier n'a rien perdu de sa grandeur. J'ouvre la porte en grand, tâtonne sur le côté pour actionner l'interrupteur puis, j'annonce. - Naïva et Josh ne sont pas là, j'pense. Ils doivent être au boulot. J'entre. Mahkha me suit sans me jeter un regard. Il s'est pourtant apaisé sur le chemin. Il me semble même qu'il a rit en me voyant me ridiculiser. J'abandonne mes chaussures dans un soupir de plaisir. Ma veste se retrouve éjectée sur le dossier du canapé, révélant l'étendu d'encre qui sillonne mon dos. Finalement, je reviens vers Benedict. Mon sourire invite à l'indécence. Il sonne comme un défi à relever. Encore un. Je l'embrasse du bout des lèvres, assez pour générer une impression de manque. Ma main vient retrouver la sienne. - J'te fais visiter ?
  
MessageLun 12 Fév - 16:18
avatar
Date d'inscription : 18/08/2017Nombre de messages : 171Nombre de RP : 48Âge réel : 28Copyright : BibifocAvatar daëmon : Muirne
Benedict O'ConnellNothing will be the same...
La remarque de Lulla résonnait en écho chez moi. Une part de moi n’avait pas du tout envie de partir et plaidait coupable. L’autre terrifiée, n’assumait pas du tout ce brasier sur le point de me consumer et m’invitait à la décence et à calmer immédiatement mes ardeurs avant de me faire griller. Il serait inconvenant de laisser voir à la demoiselle le désir qu’elle éveillait chez moi voyons. Et ça, c’était mon côté vieux jeu.
Mon sourire lui, Il avait plaidait coupable, ce traître. A moins que ce ne soit l’alcool. L’alcool a toujours bon dos !
La moue de Lulla ébranla mes certitudes et si je n’avais ressenti le besoin de voir Muirne, j’aurais sans doute renoncé à cette fichue raison pour retourner l’embrasser contre le lampadaire. En proie à un terrible dilemme, je me mordis la lèvre et détournai les yeux pour ne pas céder.
– Je crois, oui ? A un moment, ça va se voir. répondis-je avec humour.
Mon cœur battait la chamade. Je passai ma main dans son dos pour la soutenir tandis qu’elle tentait de remettre ses chaussures.
– Tu veux de l’aide ?
Et je pouffais avec elle de ses pitreries. Puis je ramassai le chapeau laissé par terre.
– Pardon, m’excusai-je pour la lumière, sans être vraiment désolé, et je glissai ma main dans la sienne avant de nous mettre en route quand elle me retint.
Je ne compris pas vraiment la manœuvre, mais sa proximité me grisait et son souffle chaud dans mon cou me faisait frissonner. J’inclinai ma tête vers elle et j’effleurai son front du bout des lèvres quand elle me donna le feu vert pour sortir de notre cocon d’obscurité.
– Tu peux ! répondis-je gaiement à sa remarque. J’étais sur un petit nuage et j’étais prêt à accepter tous les ronchonnages du monde.

Muirne se cramponna au pelage de Mahkha et se sentait de nouveau grisée par cette chevauchée, même si son compagnon ne partageait pas son insouciance.
– Tu s’rais nettement moins Grand en oiseau.
Elle sentait bien l’agacement de Mahkha, sans vraiment en comprendre les raisons.
– J’ai le regret de t’informer que si. Ben est humain j’te rappelle et j’en connais même tout un taaaas d’autres ! Il y en a des grands, des petits, des futés, des moins futés… comme nous en fait.
Elle se tu en nous apercevant, Lulla et moi. Elle se sentit gagnée par une vive émotion lorsqu’elle croisa mon regard et fut prise de l’envie de courir se lover dans mes bras, avant d’aviser ma main dans celle de Lulla. L’un comme l’autre, nous venions de franchir ce gouffre béant et si terrifiant qui nous séparait de l’âge adulte. L’instant était trop bizarre, elle l’aurait souhaité plus intime afin de ne le partager qu’avec moi, pour pouvoir me réconforter, pour me dire que tout allait bien se passer, comme elle l'avait toujours fait. Mais je n’étais pas aussi anéanti qu’elle aurait pu se l’imaginer. Bien au contraire. Puis elle sentit Mahkha se raidir sous ses pattes et perçu la détresse dans le regard de Lulla. La peur et le doute l’effleurèrent, lorsqu’elle vit le regard que je coulais à Lulla en lui demandant où la raccompagner. Ce regard bienveillant, qui lui était d’ordinaire réservé, à elle et à ceux de notre clan, elle l’aimait par-dessus tout. Il lui donnait la force et l’envie de tout surmonter. Elle était un peu jalouse de constater que Lulla y avait droit elle aussi, désormais. Elle se tapis sur la tête de Mahkha et lui chuchota à l’oreille : « Akuna matata, c’est not’vieux crédo. » Puis elle lui caressa la tête.

Mon émotion sembla trouver une certaine résonance chez Lulla et je ne pu m’empêcher de remarquer sa mine déconfite avant que ne ressurgisse ce sourire radieux qui me fit une nouvelle fois chavirer. Je souris à sa boutade, la retins quand elle manqua de se casser la figure avec un « Ca va ? » sincèrement inquiet, auquel elle répondit par un baiser qui me fit oublier d’insister. Tout sourire, j’adressai une œillade complice à Muirne et nous nous mimes en route.

Muirne entonna gaiement la suite d’Akuna Matata, tandis que Lulla commençait à chanter dans un tout autre registre qui me fit éclater de rire. Je me joignis à la chanson, me souvenant approximativement des paroles que je meumeunais entre deux éclat de rire, puis je la laissai enchaîner sur d’autres chansons avant de me laisser aller à prendre un peu d’avance sur elle pour me retourner de manière très théâtrale en posant le chapeau sur ma tête pour chanter : « Come on ! Oh baby don’t you wanna go » de Sweet Home Chicago, et de l’attraper par la taille pour faire quelques pas de danse avec elle en pleine rue. Je me calmai un peu lorsqu’elle commença à chanter Something Just Like This. Je sentis mon cœur faire une embardée et j’eus l’impression que mes pieds ne touchaient plus le sol. Je la caressai du regard, le visage fendu d’un [url="https://zupimages.net/up/18/05/q5z9.gif"]sourire immense, puis je me dérobais, levant les yeux au ciel pour dissiper je ne savais quoi.[/url] Elle me rendait dingue et je succombais littéralement à ses charmes. Je crois que j’étais en train de tomber amoureux. Si ce n'était pas déjà fait.
Je fis quelques pas en arrière, un tour sur moi-même, enfonçant le chapeau sur ma tête avant de la rejoindre sur un rythme que nous étions les deux seuls à entendre et tant qu’à y être, je me mis à chanter Kiss me I’m Irish, me laissai aller à quelques pas d’une danse traditionnelle Irlandaise dont l’alcool me faisait me mélanger les pinceaux, avant de partir en un fou-rire qui fut calmé par un baiser passionné.
Je la laissai me parler en roumain, essayant de répéter après elle, je ne me fis pas prier pour parler français et je lui avouais même mes sentiments en gaélique que je refusais de traduire - dont Mahkha reconnaîtrait certainement l’un des mots - inventant un bobard farfelu pas du tout crédible qui nous fit éclater de rire. Je la laissai se moquer et je le lui rendais bien, gentiment. Je la couvais tantôt du regard, tantôt je la défiais. Mon sourire enjôleur venait plus naturellement. Je la grondais en la voyant appuyer sur les interphones avant de pouffer de rire et de me précipiter avant elle sur les suivants. Je lui courrais après, la rattrapais la chatouillais pour lui faire perdre de la vitesse dans sa fuite, riant à gorge déployée, ne me montrais pas très coopératif au jeu de l’aveugle, étant incapable de me tenir tranquille avec elle dans mon dos. Je la portai volontiers et nous manquâmes de nous vautrer à plusieurs reprises.

Muirne était aussi débordante d’énergie que moi et après Akuna matata, qu'elle chanta à tue-tête, elle s’amusa avec les oreilles de Mahkha. Puis elle descendit enfin de son perchoir pour gambader gaiement autour de lui. Elle s’amusa à le pousser, sans grand succès avec sa petite taille et râla de ne pas le voir faire d’effort pour jouer le jeu. S’il râla ou la repoussa, elle s’éloigna pour revenir avec une nouvelle connerie à raconter ou à faire. Elle l’embêta tout le long du trajet, lui chantant des chansons, l’incitant à faire la course avec elle et le chahutant. Elle s’amusa à bondir dans les arbres et à lui jeter des feuilles dessus, quand ce n'était pas elle qui bondissait sur son dos. Elle fit des allers-retours entre ses pattes, se frotta à lui, toujours en gardant un œil sur moi. Ma liesse et ma bêtise étaient communicatives. Elle se mit à parler en Irlandais, juste pour le plaisir de saouler Mahkha et s’arrêta net quand elle m’entendit le faire aussi, abasourdie par les mots que je venais de prononcer. La traduction que j’en donnais l’amusa. Elle secoua la tête en laissant échapper un « Tssss ! » moqueur. Mais elle était toute aussi fière que moi de ma connerie et de mon manque d'assurance. J'étais un doux imbécile qui ne changerait jamais et c'était pour ça qu'elle m'aimait. Au fond, elle avait fait pareil avec Mahkha quelques longues minutes auparavant. Ni elle, ni moi n’étions à l’aise avec ce genre de choses, bien que ce ne soit pas l’envie qui nous manque de l’exprimer. Elle se remit à chanter à tue-tête en sautillant autour de Mahkha.

J’étais moi aussi hilare devant l’immeuble de Lulla et pour la discrétion, nous pouvions repasser. Je ne répondis pas à la provocation, me contentant d’un sourire pour toute réponse, tout en l’aidant à se relever. Je la laissai passer devant et je fis cette fois semblant de me vautrer sur elle pour l’enlacer. Et ma feinte mal dosée aurait pu se transformer en véritable vautre si Lulla s'était écroulée. Là, c’était fait exprès, juste pour le plaisir de la prendre dans mes bras.
– Oups, pardon, je crois qu’il y avait encore une marche, dis-je sans une once de sérieux.
Je la taquinai dans les escaliers et ce fut un miracle que nous ne soyions pas tombés. Je me plaquai contre le mur du couloir pour reprendre mon souffle - j’avais mal aux côtes à force de rigoler - tandis que Lulla faisait une révérence devant sa porte d’entrée, et je pouffais une nouvelle fois de rire.
– Qu’est ce que tu fais ? demandais-je, hilare.
Puis elle ouvrir la porte et ses mots ne firent pas vraiment sens dans ma tête. Je bloquai sur le prénom Naïva en m’interrogeant sur son origine. Normal.

Muirne suivit machinalement Mahkha sans se poser de questions tandis que j’étais resté sur le pas de la porte, regardant Lulla se défaire de sa veste. Mon regard se posa sur le dessin dans son dos que j’avais eu presque honte de regarder quelques heures auparavant. L’idée désormais, ne semblait plus me chagriner. J’étais absorbé par les détails que je parvenais difficilement à voir d’où j’étais. Puis elle se retourna et mon regard, descendu bas dans son dos chercha à se raccrocher au rivage de son visage mais sombra immédiatement dans l’océan de ses yeux. Je souris machinalement, ouvrant la bouche pour lui dire que j’allais devoir rentrer, mais des émotions contradictoires se disputaient ma décision et je perdis le fil de ma pensée à mesure que son sourire ravageur ravivait les braises ardentes d’une promesse silencieuse que je ne me sentais pas prêt à assumer. Son baiser brûlant court-circuita toute envie de fuite avec son goût de trop peu. Non, je n’avais pas envie de la quitter sur ça. Pas déjà. Pas comme ça. Ma main trouva la sienne et le feu irradia mes joues tandis que je voulais la retenir, pour réclamer d’autorité un peu plus. Mais elle me coupa l’herbe sous le pied. Je manquais encore d’assurance en la matière, lorsque le sérieux reprenait le pas sur la légèreté et l’insouciance. Je clignai des yeux plusieurs fois et acceptai volontiers tout prétexte à retarder l’échéance de mon départ.

Je n’entendis pas la porte claquer derrière moi car j’étais trop distrait par le bruit du sang qui battait mes tempes pour être attentif aux différents endroits de l’appartement qu’elle me désigna du doigt et j'étais encore en proie à l'ivresse de nos gamineries du chemin. Je ne savais comment, je m’étais retrouvé au seuil de sa chambre, une pièce très simple et bien rangée.
– Elle est mieux rangée que la mienne ! plaisantai-je naïvement.
Chez moi, il y avait des livres partout. Je commençais à avoir chaud avec ma veste à l’intérieur et, sans vraiment me l’expliquer, je commençais à me sentir un peu mal à l’aise, de peur qu’elle se méprenne sur mes intensions.
– C’était vraiment une soirée mortelle, je me suis bien marré, commençais-je, gêné, me préparant à devoir y aller, à contre cœur.
Mais Lulla n’avait visiblement pas plus envie que moi de me voir partir. Il me suffit de croiser son regard pour sentir mes joues s’embraser. Je lui souris et cédais à l’envie de l’enlacer de nouveau, pour l’embrasser avec la même passion qui m’avait animé sous le lampadaire, peut-être même plus encore, sentant grandir la frustration emprunte du goût des adieux. La douceur de sa peau dans son dos, sa nouvelle proximité et la chaleur de ses baiser attisèrent de nouveau le feu qu’elle avait allumé plus tôt. J’eus l’impression que la température venait de grimper de plusieurs degrés et je sentais encore une fois ce frisson ardent descendre jusque dans mes reins.
– Lulla… entrepris-je de dire entre deux baisers. Pt’être qu’on devrait…
J’essayais de contenir mes ardeurs, mal à l’aise avec le désir qu’elle m’insufflait, mais je n’arrivais pas à décrocher mes lèvres des siennes. Mes mollets heurtèrent le cadre du lit. Je perdis l’équilibre et basculait avec elle à la renverse sur le matelas moelleux. J’éclatai de rire. Afin de faire redescendre un peu la pression, j’avais spontanément entrepris de la chatouiller, par jeu, parce que penser tout cela comme un je me rassurait, jusqu’à ce que je pose par erreur ma main sur sa poitrine, que j’ôtais aussitôt en laissai échapper un « Pardon » tout gêné avant de rougir jusqu’aux oreilles et de me rendre compte de ma sottise. Une erreur de débutant. Je pouffai une nouvelle fois de rire.
Ma bouche retrouva la sienne et je sentis la fièvre me gagner. Ce n’était pas raisonnable. Je ne devais pas.
– J’dois p…
Son invitation à reposer ma main où je l’avais trop vite retirée éveilla deux pulsions contradictoires. Je me mis à trembler. La chanson de tout à l’heure me revint en mémoire. J’avais lu tant de vieux livres, de héros, de légendes et de mythes et je ne m’étais jamais retrouvé dans aucune de ces listes. Là encore, aucun livre ne viendrait à mon secours mais je ne retirais pas ma main cette fois. Je souris, timidement, fuyant son regard.
– Faut qu’j’te dise… Ma mère m’a toujours dit de bien me comporter avec les filles, que ça ne se faisait pas de… dis-je en rougissant, ...le premier soir. Je pouffais légèrement de rire face à l’absurdité de mes propos. Ma main glissa sur son flan tandis que mon débit s’accélérait et mon accent refit surface dans mes intonations malgré moi. Je n'suis pas un super héros, j’ai pas le sex-apeal de superman ou de Batman… te marre pas... j'avais bien conscience d'être bête, mais je continuai quand même, j’ai même pas de super pouvoir ! Enfin, si, mais il est naze et… Je tremblais tellement que les ampoules vacillèrent. Dans deux minutes je vais tout faire disjoncter, et tu vas m'en vouloir. dis-je en souriant. Je sais que j'devrais partir, mais j’ai peur. J’ai menti, je ne suis pas vraiment le dieu de l’éloquence… j’ai même peur de ce que j'suis en train de te dire… j’ai peur de mal faire, et pire que tout, j’ai peur de devoir sortir de cette chambre et de ne plus jamais avoir l'occasion de r'sentir de toute ma vie, ce que j'ressens là tout de suite, quand je suis avec toi.
Je ne réalisai pas vraiment ce que je venais de dire, ni la portée de cet aveu car je m’étais une fois de plus, laissé porter par l'ivresse de cette passion qui m’animait.
Je plongeai mes prunelles azurées dans celles de Lulla, le cœur battant la chamade à tout rompre, craignant sa réaction. Je ne pouvais être plus sincère et si j'avais été plus direct, je lui aurais dit en anglais les trois mots que j'avais noyé dans ma déclaration en Irlandais tout à l'heure. Mon visage s'empourpra. J’esquissai un léger sourire désolé avant de trouver un dernier soupçon d'audace pour faire le grand saut et lui avouer dans un souffle : « Lulla… tu es la première... » puis de l’embrasser tout tremblant, du bout des lèvres.
  
Message
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 2
Aller à la page : 1, 2  Suivant