On recherche une bassiste #Alexie

 
  
MessageSam 17 Fév - 13:36
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Date d'inscription : 08/02/2018Nombre de messages : 22Nombre de RP : 7Âge réel : 32Copyright : IliryaAvatar daëmon :
Audrain FaustNothing will be the same...
    Les chevilles sur une table, sa chaise en équilibre sur les deux pieds arrière et la tête dans la main, Audrain soupire… Oui, il a un peu la gueule de bois. Oui, il a trop fait la fête hier. Mais, pour sa défense, il a mis des lunettes de soleil pour parer à la luminosité des lumières intérieures et avait gober quelques cachets d’aspirine avant de venir. Il a tout fait pour éviter le mal de crâne donc, s’il soupire maintenant c’est à cause de l’autre abruti qui vient de quitter la scène devant le groupe.

    « On avait précisé, sur l’annonce, qu’on cherchait quelqu’un de sérieux ? »

    Y a une belette, lovée sur ses jambes, qui ricane. Bon, ok, une belette ça ne rigole pas vraiment mais, si elle pouvait le faire, on entendrait son rire jusqu’au bout de la salle principale. Audrain se contente d’écarter les doigts pour faire apparaitre un regard noir à son daemon, avant de se souvenir que ses lunettes de soleil doivent gâcher l’effet voulu. Journée de merde.

    « Je sais pas, c’est toi qui a rédigé l’annonce mais, maintenant que tu le dis, on aurait dû vérifier. »

    Stan, le batteur, le taquine et reçoit un doigt d’honneur en réponse. Vous savez ? Ce genre de geste qu’on se fait entre potes qui n’est pas vraiment une insulte mais qui, dans le fond, veut quand même dire que ça saoule.

    « De toute façon, je suis irremplaçable ! » Lance Niko, le bassiste.
    « Tu m’étonnes. Y a personne d’autre pour réussir à se péter le poignet en voulant ouvrir une bouteille de bière avec un briquet. J’sais pas moi, on apprend à faire ça en quoi… Primaire ? Collège, dans le pire des cas. »

    Parce que c’est bien là le problème : l’incompétence de Niko. S’il ne s’était pas endommagé le poignet, ils ne seraient pas tous là à passer des auditions pour le remplacer le temps de guérir. Et, surtout, Audrain n’aurait pas ses oreilles en sang, et le crâne comme un haricot, à cause de Bob – scott ? Dylan ? Peut importe son prénom – qui venait de se pointer en ne sachant même pas tenir une basse correctement.

    « Euh… Bonjour, je m’appelle Olive. »

    Audrain manque de s’étouffer. Olive, c’est quoi ce prénom ? Ce n’est pas celui de la meuf de Popeye ? D’ailleurs il n’a jamais compris pourquoi un prénom comme ça, alors que l’autre passe sa vie à bouffer des épinards. Ils auraient pu l’appeler branche – vu comment elle est gaulée en plus – ou feuille… Enfin n’importe quoi avec un rapport, de près ou de loin, avec les épinards, non ? C’est Allan, le chanteur, qui a réussi à garder son sérieux qui dit au gars de faire sa démonstration. Olive va demander de recommencer son solo trois fois. TROIS PUTAINS DE FOIS. Même sans avoir une oreille absolue, il est facile de comprendre qu’il n’y a pas une seule note de juste. Audrain balaye la scène d’un mouvement de main pour lui faire comprendre de dégager.

    « Les gars, faut vraiment qu’on trouve quelqu’un parce qu’y pas moyen que… » Il désigne le bassiste d’un mouvement de doigt « …J’admette devant lui qu’on ne peut, effectivement, pas le remplacer. »

    Même si ce n’est pas évident à voir au premier abord, les quatre mecs s’apprécient particulièrement. La preuve, Audrain les gardait dans son sillage et, quand on connait sa capacité à se débarrasser des gens, ça tient du miracle. En vrai, il fait sa tête de con mais il est content de pouvoir passer ses auditions, reconnaissant que le patron de ce bar ait bien voulu leur prêter l’endroit pour trouver un remplaçant à Niko. Le concert est prévu dans une dizaine de jours, ça laisse quand même peu de temps pour trouver une personne et lui demander d’apprendre plusieurs tablatures. C’est Agata, toujours tranquillement posée, qui essaye d’insuffler à Audrain un peu de positivité. Ils allaient trouver.

    Malgré le sentiment de son daemon, le guitariste garde la tête baissée quand la prochaine personne prend place sur la scène. Une tape sur son épaule vient le sortir de sa torpeur. Son premier réflexe est de gueuler : il peut écouter de la musique sans avoir besoin de voir la personne, non ? Il ouvre la bouche pour dire quelque chose mais son regard se porte sur la scène… Il se tait. Une fille. Tu m’étonnes que les trois autres sont soudainement très attentifs à ce qui se passe. Et, très honnêtement, Audrain n’aurait pas échappé à cette règle s’il n’avait pas vu le regard de cette fille.

    Les yeux vairons c’est rare mais… Mais ceux-là, il peut les reconnaitre. Ces mêmes yeux qui, des années en arrière – presque dans une autre vie –, lui lançaient le défi de monter à un mur bien plus haut que lui. Il s’était bien rétamé ce jour-là alors qu’elle, cette gamine, elle grimpait comme un petit singe partout. La gamine, elle a bien grandi en y regardant de plus près. Elle n’a même plus rien d’une enfant… A moins que ce soit lui qui n’est plus le même regard qu’un gamin. Ce léger trouble se fait ressentir et Agata daigne enfin relever la tête vers la scène.

    *C’est…*
    *Je sais. *

    Autant la couper tout de suite. Il le sait, Agata serait capable de lui poser plein de questions, un peu comme un psychologue enfoncé dans son foutu fauteuil. Et, là, tout de suite, il n’a pas envie de répondre à la moindre question. Audrain se dit qu’avec ses lunettes de soleil, elle n’a rien capté. Il y a aussi l’hypothèse qu’elle puisse avoir oublié son existence mais, ça, il est bien trop fier pour l’admettre. On n’oublie pas Audrain, non mais oh !

    « Hey, mais vous ne bossez pas ici ? » Stan… Le gars connait le personnel de tous les bars de toutes les villes où ils ont pu aller. Ce gars, c’est l’archétype même du pilier de comptoir qui passe ses soirées à draguer tout ce qui porte une jupe… Sauf quand c’est un kilt, où c’est qu’il est vraiment bourré. « Non parce qu’on nous a donné l’autorisation pour faire passer des essais à des gens. Alors si vous voulez bien faire le ménage de la scène un peu plus tard. »
    « Tu as vraiment cru qu’elle allait venir passer le balai avec une basse ? »

    Stan vérifie quand même si elle a bien une basse dans les mains. Le gars doit halluciner sur le fait que c’est une fille qu’il n’a même pas fait gaffe qu’elle est accompagnée d’un instrument. Cela dit, ça en dit long sur ce qu’il pense de la gente féminine : bonne à faire le ménage. Audrain, bien qu’il se soit décidé à intervenir, garde toujours la tête baissée. C’est Niko qui décide de reprendre les choses en main.

    « Je te propose de te présenter vite fait et de nous faire un morceau. Ou l’inverse, en fait. C’est comme tu le sens. »
  
MessageSam 17 Fév - 13:47
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
Assise dans la cuisine sur un comptoir, j’écoutais les musiciens qui passaient de l’autre côté sur la scène. Enfin... Des musiciens... Au vu de leur façon de jouer ils n’en méritaient même pas le titre. Ces types n’avaient vraiment aucun respect pour la musique pour se permettre de passer une audition en jouant aussi mal. Je peinais d’ailleurs à me retenir d’ouvrir la porte battante, d’attraper un verre et de leur lancer. Pour l’honneur de la musique. Et faire en sorte que mes oreilles arrêtent de saigner. Mon hyper-sensibilité aux sons ne m’aidait pas beaucoup dans ce genre de situation.

A vrai dire, ça faisait un moment que j’étais là. En passant par la porte de service, et avec les clefs — bien que techniquement je n’en aurais pas eu besoin — je me planquais pour écouter. J’aurais pu y aller directement pour tenter ma chance, mais j’essayais déjà de rassembler mon courage. J’avais toujours énormément de mal à passer devant un public, qu’importe le nombre, avec mon instrument principal qu’est le violon, mais là je prenais encore plus de risques. Jouer d’un autre instrument pour intégrer un groupe et donc passer devant un public plus conséquent. Je n’avais pas intérêt à me ramasser. Mais si j’étais aussi stressée — prenant le risque de déclencher une énième crise d’angoisse — alors pourquoi y aller ? Parce que j’en avais marre de rester dans mon coin et de douter de mes capacités. J’avais une chance de me prouver à moi-même que je valais plus, que je pouvais faire plus que jouer pour moi seule. De plus, ces derniers temps je m’améliorais alors j’allais faire rentrer ça dans ma thérapie — même si Loana ne m’avait rien demandé d’aussi fou. Dépasser ses limites avait toujours été mon credo. Seth m’encourageait d’ailleurs. Il savait à quel point c’était important pour moi.

Je lançais un regard à mon reflet sur une armoire en métal, remarquant que mes cernes s’étaient estompés. En les écoutant parler depuis tout à l’heure, je me doutais que pour leur prouver que je valais le coup, je devrais jouer un bon morceau. Pas seulement pour mon talent, mais parce que j’étais une femme. Ils ressemblaient à tous les types de mon quartier. Arrogant, avec cette foutue impression de supériorité, sûrement persuadé que les femmes ne servaient qu’à deux choses : faire le ménage et coucher avec eux pour leur plaisir à eux évidemment. Bon, j’évitais peut-être cette dernière chose. Je ne faisais pas spécialement attention à mon apparence, ce qui me faisait passer beaucoup plus inaperçu. Sans maquillage, avec un jean, cette un peu moulant mais rien d’extravagant et une chemise à carreau en termes de haut, légèrement ouverte sur une poitrine pas plus épaisse que la moyenne. C’était à peu près toute ma féminité que j’exprimais. Et avec le cliché que les filles qui portent des chemises sont lesbiennes je risquais de moins attiser leur intérêt pour mon physique — bien que ce cliché ne soit pas entièrement faux pour moi.

Je finis par sauter de ma position, et attraper le sac où se trouvait la basse. C’était celle d’un type de ma classe qui en avait plusieurs et acceptait de me la prêter pour un temps indéterminé, tant que je la lui rendais en bon état. Sachant que j’avais plus de respect pour les instruments que pour les gens ça ne poserait pas de problème. Je m’étais remise à jouer d’autres instruments il y a deux semaines, le violon devenant agaçant à force, et j’aimais cette polyvalence que j’avais acquise. Je sortie dehors et fis le tour du bâtiment, Seth sur mes talons. Juste avant de pousser la porte, je pris une profonde inspiration et entrais. Je sentais les regards surpris posés sur moi, tandis que j’essayais de garder une certaine contenance. Comme si j’étais particulièrement à l’aise je montais sur scène, sortant l’instrument de son étui, Seth s’installant non loin. Je passais la sangle sur ma chemise, et me tournais enfin vers le groupe. Je les regardais tout à tour, m’arrêtant sur celui à lunette de soleil. Au vu de sa tête il devait avoir une belle gueule de bois. Et durant un court instant j’eus l’impression de le reconnaître. Mais avant que son nom ne me vienne en tête, je fis distraite par une remarque qui m’agaça bien que je ne montre rien. Ce type devait souvent venir ici, mais des poivrots j’en connaissais tellement qu’ils se ressemblaient tous. Seth par contre sa réaction ne se fit pas attendre. Il se leva, dévoilant ses crocs. Si d’habitude personne ne le voyait parce qu’il restait dans le bureau, cette fois il ne comptait pas laisser des pauvres types m’harceler. Je l’arrêtais d’un regard, puis le ramenait sur les autres.

« Je m’appelle Alexie, dis-je. Pour le reste des présentations, on verra si vous me prenez ou pas. Et j’ai déjà mon morceau, donc, à moins que l’alcoolique de service ai quelque chose à redire, je vais y aller. »

J’avais ponctué cette dernière remarque en lançant un regard appuyé à l’autre idiot machiste, montrant une assurance de façade. Si dans mon travail je gardais un sourire forcé aimable sur le visage et une attitude sympathique, ça n’était pas le cas en dehors et je laissais mes répliques cinglantes faire mouche. En y réfléchissant ce type avait éventuellement dû me draguer, l’habit de travail comportant évidemment, une jupe et un haut décolleté. Il faut bien attirer la clientèle comme dirait le patron tout autant à cogner que ceux-là.

Ne me laissant pas distraire plus que de mesure, je baissais les yeux sur la basse. J’étais angoissée, et je sentais la sensation — qui m’est désormais familière — de la crise de panique arrivée petit à petit. Mais je ne me laissais pas faire, continuant de contrôler ma respiration, et de suivre les conseils de Loana. Je devais lutter contre mon envie de m’enfuir en courant et juste jouer devant eux. Pour m’encourager Seth me souffla : *Montre leur que t’es bien meilleur qu’eux !* Cela me fit étirer un léger sourire en coin, et ce moment d’angoisse — qui n’avait duré qu’une seconde — s’estompa. Je me concentrais sur mes notes, me rappelant de la mélodie et du rythme, puis lançais les premiers sons du morceau. Ça pour les scotcher je n’allais pas me gêner. Le morceau datait, Time won’t wait, de Jamiroquai en 2005, mais il y avait assez de basse et de mouvements complexes pour faire preuve d’un certain talent. Depuis leur annonce et la décision d’auditionner, j’avais travaillé ce morceau. J’en avais prévu d’autres s’il leur en fallait, bien que je les aie appris plus pour le plaisir que pour eux.

Je terminais mon morceau. Durant toute ma prestation, je n’avais pas manqué d’observer leur visage pour m’amuser de leur réaction, ramenant de temps en temps mon regard sur mes notes. *T’as été génial !* S’exclame Seth à mon adresse. Je retins mon sourire, soulevant la basse pour passer la sangle au-dessus de ma tête.

« Alors? Lançais-Je »

Je n’avais aucune intention d’attendre une hypothétique réponse pendant trois plombes, ça ne ferait que me stresser encore plus. De plus je n’étais pas sûr d’avoir vu d’autres candidats derrière moi mais ils avaient pu arriver durant ma prestation.
  
MessageSam 17 Fév - 13:55
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Date d'inscription : 08/02/2018Nombre de messages : 22Nombre de RP : 7Âge réel : 32Copyright : IliryaAvatar daëmon :
Audrain FaustNothing will be the same...
    Audrain laisse glisser sa main, devant ses lunettes, jusqu’à sa bouche pour cacher un sourire. C’est drôle, quand même, de voir Stan se raidir spontanément devant les crocs d’un daemon. Encore plus quand Alexie lance une pique à celui qui l’avait prise pour une femme de ménage/serveuse. Stan, de son côté, fronce les sourcils et regarde les autres gars tour à tour.

    « J’suis pas un alcoolique. »
    « Ferme-là, on écoute. » Le coupe Allan, le chanteur.

    Il n’a quasi rien dit depuis le début. Faut dire que c’est le plus « studieux » des quatre, celui qui sort le moins longtemps le soir, qui fait attention à ce qu’il boit et qui se montre être la voix de la raison en plus de celle du groupe. Il se défend toujours en disant qu’il ne boit pas pour préserver sa voix mais Audrain pense juste qu’il a peur de se lâcher complètement. Faut vraiment qu’il le voit bourré un jour. A côte de lui, Niko fait des signes à Stan pour se foutre de sa gueule vu qu’il vient de se faire rembarrer par une nana mais… Mais elle commence à jouer et tout le monde, sur le même enchainement de notes, se tait pour se concentrer sur elle. Enfin, pas sur elle en tant que fille mais, sur elle en tant que musicienne.

    Il faut croire qu’elle est en train de faire l’unanimité avec le morceau qu’elle interprète. On peut penser que ce n’est pas compliqué de faire mieux que ceux qui sont passés avant elle – et c’est vrai – mais il y a autre chose, en plus de la technique. Vous savez, ce genre de choses qu’on ne peut pas expliquer en musique, qui fait qu’un morceau cool devient un vrai morceau par sa façon d’être interprété. Dans le fond ça n’étonne pas vraiment Audrain. Il s’en souvient de cette gamine, à l’atelier musique de l’école, qui vivait sa musique plus qu’elle ne la jouait. Pas pour rien qu’elle avait tapé d’en l’œil d’une prof de musique. La seule chose qu’il ne comprend pas c’est pourquoi elle est encore serveuse. Si elle n’a pas arrêté la musique depuis qu’elle est jeune, si elle est capable de jouer de cette manière… Qu’est-ce qu’elle fiche derrière un bar ?

    Il ne dit rien, la laisse finir et quand c’est le cas, les gars se regardent sans avoir besoin de parler. De toute façon, même s’il n’y a aucun accord, même s’ils n’en ont jamais parlé, il a toujours été décidé que c’est Audrain qui prend la décision finale. Jusqu’à présent, aucun ne s’en était plein, même s’ils s’étaient tous demandé ce qu’ils venaient vraiment foutre dans cette ville. Mais ça, c’est une autre histoire.

    Agata se redresse pour venir se poser sur l’épaule de son humain qui, lui, vire ses pieds de la table et se remet droit sur sa chaise. Pour la première fois, les quatre barreaux de sa chaise touchent le sol alors qu’il reporte son regard sur la bassiste.

    « Je vais émettre une petite réserve, pour ma part. »
    « T’es sérieux ? »
    « Tu déconnes ! »
    « Moi, je suis d’accord. »

    Du coup, les gars se tournent vers Stan qui approuve un discours qu’Audrain n’a même pas dit. Et rebelotte.

    « T’es sérieux ? »
    « Tu déconnes ! »
    « Ben quoi ? Tout le monde le sait, une meuf dans un groupe ça sert qu’à foutre la merde. »

    ça soupire dans tous les coins laissant entendre qu’il est con sur ce coup-là. Audrain ne prend même pas la peine de lui dire. Puis, de toute façon, ce n’est pas une embauche permanente, donc y a pas de soucis à se faire. Il secoue la tête, vire ses lunettes de soleil et reporte, à nouveau, son attention sur Alexie.

    « Donc, pour avoir une objection un peu plus justifiée qu’un alcoolique. » ça ricane chez les autres, sauf Stan évidemment. « Ce que je me demande c’est comment une fille qui fait de la musique depuis aussi longtemps et qui, de toute évidence, est douée se retrouve encore à servir des verres. »

    Il n’a pas besoin de regarder pour sentir trois paires d’yeux se poser sur lui de manière simultanée. Ça en vient à se demander si, tout comme Stan qui connait toutes les serveuses, Audrain ne connaitrait pas toutes les filles des villes où ils vont. Il fait abstraction des questions que les autres peuvent se poser à travers un simple regard et continue.

    « Parce que, soit on a une putain de chance que tu te décides à passer ta première audition avec nous. Soit, c’est pas ta première et, à moins que les autres soient trop cons pour voir ton talent, c’est que tu n’es pas restée ailleurs. »

    Il a vraiment du mal à croire qu’elle soit encore serveuse, ou alors c’est qu’elle n’a pas cherché à quitter sa condition. Ou, il reste cette possibilité qu’elle a déjà essayée de trouver un groupe et qu’elle s’est montrée ne pas être fiable pour venir passer une nouvelle audition. Bref, Audrain est peut-être un con fini sur plein de choses mais il a un minimum de sérieux quand il s’agit du groupe. Et là, il trouve que son raisonnement se tient. D’ailleurs, il faut croire que les autres sont d’accord sur ce point puisqu’ils se sont tous tournés vers Alexie.

    « Donc, la vraie question c’est : si on t’accepte, est-ce qu’on peut vraiment compter sur toi pour, au moins, les deux prochains concerts. »

    Les dates en question avaient été transmises sur l’annonce qu’Audrain avait diffusé. Et ça c’est le temps qu’avait donné le médecin à Niko, sous réserve qu’il ne fasse pas d’autres conneries d’ici là. Ce qui est loin d’être gagné. Enfin, de toute façon, il est question que de deux petites dates dans l’immédiat mais si elles ne pouvaient pas être respectées, ça va poser un sérieux problème.
  
MessageSam 17 Fév - 13:58
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
Je les regarde tour à tour, jusqu’à fixer mon attention sur celui qui semblait être le chef du groupe. Bon sang, il me disait quelque chose mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. S’il enlevait ses lunettes je pourrais peut-être enfin savoir qui était ce type. Il émit une réserve à mon égard, et je ne laissais rien paraitre de mon angoisse. Le type qui m’avait critiqué aussi mais ça ne me surprenait pas plus que ça. Je les laissais parler – ou plutôt se chamailler – attendant les raisons du type debout. A vrai dire, j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, autant dû à cause de ma prestation qu’à l’attente de pourquoi il semblait indécis. J’aurais pu ressortir une réplique cinglante à l’autre qui ne cessait de critiquer les femmes. Qu’est-ce qu’il voulait que je fasse comme merde ? Faire une crise d’hystérie parce que ces messieurs n’étaient pas à mes bottes ? Heureusement pour moi je n’avais jamais eu besoin de personnes pour s’occuper de moi. Finalement, pour garder ma contenance, et éviter qu’on voie mes mains trembler, je me retournais, reposant la basse dans son étui. Je n’avais pas envie de la rayer, je risquerais de me faire tuer ensuite.

Je me redresse et me retourne quand je l’entends parler, et me fige. Sans lunette, son visage me disait quelque chose et je bloquais. Je le connaissais. Je le savais. Il n’était pas dans le centre thérapeutique, ni à l’hôpital, et il ne me frapperait pas autant si je l’avais simplement croisé à la fac. Alors où ? Plus loin, je devais remonter plus loin. Je cherchais alors à l’imaginer plus jeune. Est-ce que c’était… Le gamin arrogant qui n’arrêtait pas de se la ramener et que j’avais défié quelquefois pour qu’il la ferme ? C’était quoi son prénom déjà ? *Audrain ?* Pensais-je avec hésitation et une pointe de surprise. Sérieusement ? Ce type que j’avais rencontré à New-York se retrouvait vraiment là ? Ce n’était pas possible, ou alors c’était une coïncidence incroyable. Je commençais à me sentir anxieuse, oubliant presque d’écouter ce qu’il me disait. De quoi était-il au courant sur moi ? Mon vrai nom ça c’était sûr, et mon prénom ? Tout le monde utilisait Alexie à l’époque, mais quand même… Est-ce qu’il était au courant pour l’assassinat de mes parents ? Il pouvait penser que c’était de mon fait. Presque instinctivement, je tournais mes avant-bras pour leur dissimuler les petites marques rondes de brûlures de cigarettes que les manches trois quart de ma chemise ne dissimulaient pas.

*Alexie* Seth me ramena à la réalité par ce simple mot. Je devais rapidement me remettre sur pied. Il ne semblait pas faire attention à cette partie de mon histoire. Soit il n’était pas au courant, soit il s’en foutait totalement. Je fis abstraction que tous les regards c’étaient à nouveau posé sur moi – déjà bien assez angoissée à la simple présence d’Audrain. Cette fois je n’avais pas de morceau à jouer pour faire baisser mon stress, et ce n’était pas le moment de leur montrer que je paniquais dans ce genre de situation – ou paniquais tout simplement. Je me concentrais sur la présence de Seth non loin, et sur l’assurance que je m’efforçais de maintenir. Sur ce bouclier de cynisme que je m’étais fabriquée de nouveau, telle une armure.

« Faut croire que vous avez eu une putain de chance alors, dis-je en reprenant son expression »

Enjoliver mes phrases, et éviter les injures n’avait jamais fait parti de mon caractère, alors ils allaient devoir s’habituer à mon franc-parler si je restais. Enfin, je décidais de ne pas leur mentir sur ma situation. Si je leur cachais et qu’ils le découvraient, ça risquerait de foutre le bordel, et ce n’était pas mon intention. Ça donnerait aussi raison à l’autre idiot, et ça, c’était hors de question.

« Si je bosse ici c’est parce que je suis étudiante, rien d’autre. J4ai la plupart de mes matinées de libre, et pour répondre à ta question. Oui je suis assez fiable pour au moins ces deux prochains concerts »

Je me doutais que l’annonce de mon statut d’étudiante n’allait pas spécialement leur plaire. Cela voulait dire que certaines matinées – s’ils s’entrainaient ici – je ne pourrais pas venir aux répétitions. A vrai dire, je n’avais pas vraiment beaucoup de cours, surtout en première année, et les séchés ne me gênait pas sachant que je pouvais assez facilement les rattraper. Finalement c’était surtout du travail personnel. Je me rajoutais de la charge en bossant pour eux, mais j’avais réellement envie de faire ça. De plus, cela me forcerait à me faire venir malgré mes angoisses. Etrangement, j’avais cette envie de tenir mes promesses, sûrement pur ne pas être comme Liam – ce sale traitre.

« Et si je me souviens bien, c’est plutôt toi qui était le professionnel de l’absentéisme, lançais-je ironiquement à Audrain »

J’espérais ne pas m’être tromper sur son identité, je risquerai de ne plus savoir où me mettre. Mais il semblait trop bien me connaitre. Et ce visage… Plus je le regardais, et plus il me rappelait ce gamin. Seulement, il prit en maturité et, il fallait l’avouer, n’était pas du tout désagréable à regarder – bien au contraire. Une chose que je n’avais pas remarqué plus jeune. Par manque d’intérêt, ou parce que je ne prenais pas le temps de regarder ceux qui m’entouraient de cette manière. Aujourd’hui encore, je les voyais plus comme des menaces qu’autre chose. Et puis, je critiquais son absentéisme, mais je n’étais pas non plus un exemple sur ce sujet. Avec mes nombreuses fugues, mes cours passages en prison, en maison de redressement, et avec mon passe-temps favori, celui de dissimulé les marques des coups de mes parents, je n’allais pas aussi souvent en cours que d’autre.

Finalement, avec tout ça, je me sentais légèrement fatiguée, mais restais aussi concentrée que possible ne laissant rien paraître. J’attendais toujours leur décision. Ou ce qui semblerait être seulement la décision d’Audrain. J’avais l’impression qu’il me jaugeait – tout autant que je le faisais d’ailleurs. J’avais remarqué la cohésion de leur groupe, et m’accepter – même pour quelques temps – ne serait pas chose facile. Pour aucun d’entre nous. Je n’étais pas habituée à jouer en harmonie avec un groupe, et j’étais toujours sur la défensive, ce qui n’arrangeait pas mes relations.
  
MessageLun 19 Fév - 10:49
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Date d'inscription : 08/02/2018Nombre de messages : 22Nombre de RP : 7Âge réel : 32Copyright : IliryaAvatar daëmon :
Audrain FaustNothing will be the same...
    C'est, une fois qu'elle a fini de ranger sa basse et qu'elle se retourne, qu'elle bloque en le voyant. Pour Audrain c'est le signe qui prouve qu'elle vient de le reconnaître. Soyons clair, pour Audrain et son égo, il est évident qu'il laisse une marque chez toutes les personnes qu'il rencontre et qu'on doit le reconnaître au quart de tour parce qu'il est lui et que c'est comme ça. Dans le cas d'Alexie, il acceptait une marge d'erreur car ils n'étaient que des gamins la dernière fois qu'ils se sont vus, forcément il a changé depuis. N'empêche que son égo, lui, il est bien flatté en voyant la jeune femme bloquer un instant en le voyant mais il arrive, tout de même, un retenir un sourire plein de fierté.

    Sourire qu'il ne retient plus quand elle parle de putain de chance. Il enfonce les mains dans ses poches et Agata vient s'enrouler autour de son avant-bras pour suivre la scène. Le franc-parler ce n'est pas ce qui dérange le jeune homme, bien au contraire. Vu sa façon de causer, il préfère de loin avoir un peu de répondant en face, surtout dans le cadre d'une audition. Clairement, si elle est prise, Alexie va se retrouver à s’entraîner avec trois autres gars qui ont l'habitude d'être entre eux, sans une fille dans les parages. Les blagues à la con, le langage cru, personne n'allait faire des efforts sous prétexte qu'une paire de nichons se trimballe dans le groupe, même temporairement. Alors ouais, sa réponse à de quoi le faire sourire.

    Elle continue, parle de son statut d'étudiante qui est la raison de son boulot aussi. En soit, il s'en tamponne bien qu'elle soit étudiante, c'est même une bonne chose. Il n'a pas été un modèle d'assiduité tout au long de sa scolarité – ce qu'elle ne manque pas de lui rappeler – alors, de son point de vue, c'est même une bonne chose qu'elle est ce statut. Quand quelqu'un bosse à plein temps c'est plus compliqué de trouver du temps libre. Sécher un cours ou deux, c'est loin d'être dramatique... Enfin, en tout cas c'est con point de vue.

    « C'est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. » Et là il fait référence à cette histoire d’absentéisme. «  Parce que... » Et là il reprend un bout de son expression. « Si je me souviens bien, tu étais plus souvent dehors qu'en cours. »
    « Sérieusement, vous vous connaissez tous les deux ? »

    Dans le fond, ça n'étonne pas vraiment Niko qui à la fâcheuse impression que, dès qu'ils vont quelque part, Audrain connaît toujours quelqu'un... Souvent des filles d'ailleurs. La question ne demande pas vraiment de réponse parce que, en fait, tout le monde a compris qu'ils se connaissaient. Du coup, Audrain se contente d'un haussement d'épaules genre « mais c'est pas de ma faute ».

    *Tu ne vas pas le prendre dans le groupe ? *
    *Et, on peut savoir pourquoi ?*

    Agata quitte sa place pour grimper sur son humain – toujours la bougeotte celle-là, ils vont bien ensemble sur ce point – et se retrouver dans sa nuque. A croire qu'elle cherche à prendre de la hauteur pour mieux juger de la situation.

    *Parce qu'elle fait partie de ton passé.*

    Comprendre par là, qu'il l'avait rencontré quand il habitait à New York. Une période que l'humain et le daemon cherchent à oublier. Un temps qui semble proche et tellement lointain à la fois, une période dont aucun des deux n'a envie de se remémorer ou même d'en parler avec une tierce personne. Pour une fois, dans ce duo, c'est Audrain qui temporise en faisant comprendre à son petit bout d'âme que ce n'est pas grave, que ce n'est pas comme si Alexie est au courant de sa vie personnelle. Au même titre qu'il ne sait pas ce qui pouvait se passer chez elle. Agata n'insiste pas, de toute façon quand l'humain a pris une décision, elle a beau ne pas être d'accord, il n'en fait qu'à sa tête. Sa forme définitive aurait dû être une ânesse tellement ce gars pouvait être une tête de mule.

    « Ok, alors... »

    Il se tourne vers les autres membres du groupe pour demander leur avis. Pas besoin de se parler dans ce genre de moment, depuis le temps, ils arrivent à se comprendre sans avoir besoin de long discours. Hochement de tête de la part des trois premiers et un haussement d'épaule de la part de Stan. Ce dernier se plie plus à la volonté des autres qu'à son propre avis. Il l'a dit, une fille dans un groupe de mec ça va forcément foutre la merde. Audrain se tourne à nouveau vers Alexie.

    « Soyons honnête. Des personnes qui sont passées aujourd'hui, tu es clairement la seule personne qu'on peut qualifier de bassiste. »

    On peut croire qu'il décide de la choisir par défaut mais, en réalité, c'est un réel compliment qui se cache dans cette phrase. Si elle ne convenait pas, ils auraient poursuivi les auditions sur une ou deux journées de plus. Ce qu'ils avaient entendus leur suffisait largement, elle a réellement un potentiel... ça serait con de passer à côté juste parce que c'est une fille !

    « Du coup, dans la mesure où tu es la seule à avoir des contraintes niveau horaire, on va se caler sur toi, si ça te va ? »

    Quand il s'agit de musique, Audrain peut se montrer beaucoup plus souple sur un tas de point. Le groupe c'est quelque chose d'assez important pour ne pas tout foutre en l'air juste pour satisfaire son égo. Il espère seulement qu'elle fera l'effort de dégager assez de temps que ce soit le matin ou le soir. Enfin, quand elle veut du moment qu'elle s'investit assez.

    « Tu veux commencer quand ? »

    Niko se lève, pendant ce temps et s'approche de la scène pour tendre à Alexie quelques feuilles. Ce sont les partitions et tablatures des morceaux qui sont prévus pour la prochaine date. Il va bien falloir qu'elle les étudie un peu si elle veut pouvoir le remplacer.

    « En théorie ce sont les morceaux choisis mais... » Il soupire et secoue la tête. « Y a des fois où il décide de tout changer au dernier moment. »

    Ce n'est pas dit sur le ton de la critique, c'est surtout un ton blasé et amusé à la fois. Notons aussi le fait qu'il n'a pas parlé bien fort et qu'Audrain n'a rien capté de ce qu'il vient de dire à Alexie.
  
MessageLun 19 Fév - 15:09
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
*Tu est sur?* me demande Seth en s’avançant. Sa première intervention depuis que j’avais reconnu Audrain. Et cela semblait avoir fait la lumière chez lui aussi. S’il était resté discret, et m’avait même encouragé jusqu’ici, il commençait à douter. Tous deux essayaions d’oublier notre passé, et Audrain y était lié. Certes pas grandement. Ce n’est pas comme si on se connaissait vraiment. Jusqu’ici je n’étais même pas sûr qu’il fut au courant pour Seth — passé maître dans l’art de la dissimulation. Et il ne semblait pas réagir plus que ça à ma présence, il ne devait pas être au courant pour mes parents. Tant mieux, cela m’éviterait un stress trop intense, autant qu’il ne me soupçonne pas de les avoir tué — bien que c’était pas l’envie qui m’ait manqué. C’est ce que je pensais mais pas Seth. Il craignait que la simple présence d’Audrain puisse être un déclencheur de mes crises d’angoisse. Déjà que le simple fait qu’une personne semble avoir le même timbre de voix que Collins me déclenchait mes crises... Mais il n’essaya pas de me convaincre plus. Il savait que je ne changerai pas d’avis. Pas maintenant en tout cas. Je me sentais trop en forme pour ça — ce qui était assez rare.

Lui aussi fit référence à mon taux d’absentéisme plutôt conséquent, ce qui étira mes lèvres en un sourire sarcastique. Je rétorquais par un haussement d’épaule à celui qui enchaîna. Ce n’est pas comme si cette information était très importante, ça ne poserait pas de problèmes. Nous n’avions pas eu d’aventures, pas de disputes qui créerait des tensions entre nous, pas d’histoire complexe à tirer par les cheveux. Juste des connaissances. Malgré tout ce que je pensais, je sentais le désaccord silencieux de Seth via notre lien. S’il en avait la capacité, il m’aurait déjà embarquer pour m’emmener aussi loin que possible d’ici. En attendant, il ne me lâchait pas du regard, surveillant le moindre signe qui pourrait lui faire comprendre que je n’allais pas tarder à faire une crise. Personne ne voulait me voir faire une crise, surtout pas dans un environnement avec autant d’objets en verre dans les parages. Sauf s’ils voulaient tous ressembler à des sapins de noël aux aiguilles et décorations particulières.

« Heureusement que tu ne dis pas le contraire, vu ce que j’ai entendu, retorquais-je a Audrain »

J’aurais pu le prendre comme un compliment, mais pour deux raisons je ne le fis pas. La première, évidemment, au vu du niveau des autres « musiciens » ils n’avaient pas grand choix. Bien sûr ils auraient pu continuer pour trouver quelqu’un qui leur conviendrait mieux, mais quand même. Quand à la seconde... Je n’étais pas du genre à prendre la grosse tête et accepter aussi facilement un compliment. Le problème quand on a peu de confiance en soi — jusqu’à très peu d’estime pour moi-même — tout en supposant que tout le monde ment, c’est qu’on ne croit personne, quoique dise, ou fasse les autres, il y a toujours ce moment où je doutais de leur sincérité.

Je pris les feuilles que me tendit l’un des gars, regardant rapidement les partition. Je n’avais pas de mal à m’imaginer ce que cela pouvait donner. Au moins pour la basse, mais si je pouvais avoir plus. Il fallait demander au moins.

« Ca ne m’étonne pas vraiment de lui, répondis-je assez bas pour qu’Audrain ne m’entende pas. Si j’ai déjà étudié un minimum la partition ça devrait aller »

Enfin j’espérais. En ce moment je ne gérais pas très bien les changements de programme. Enfin pas de ceux qui me procuraient de base un stress intense.

Je relevais la tête vers Audrain.

« Au moins deux jours le temps que je travaille les partitions. Pour le reste... »

Je sortis mon portable pour regarder mon emploi du temps.

« Au fait vous répétez où ? »

Ça pouvait paraître idiot, mais cela dépendait d’eux aussi. S’ils travaillaient dans leur garage, ils n’avaient aucune contrainte, mais s’ils étaient dans des lieux comme mon lieu de travail c’était plus contraignant.

« Dans deux jours j’ai toute mon après-midi et la soirée de libre »

A vrai dire, quand je ne travaillais pas, j’avais quasiment toutes mes soirées de libre — que je passais à réviser le plus souvent, ou à déprimer dans mon coin suite à une enieme crise de panique.

Je relevais la tête pour les regarder. C’était amusant comme je pouvais changer lorsque je parlais musique. J’étais plus sérieuse, tout en ayant ce côté presque à m’amuser. Surtout que je sortais totalement de ma zone de confort et ma zone connue.

« Vous avez des enregistrements de vos musiques? Ça me serait utile, et ça évitera quelques débuts foireux et longs »

Cela pouvait paraître très exigeant alors que je venais de débarquer mais les écouter jouer me donnerait déjà une bonne base de travail. Sinon je ferais sans, mais je pourrais déjà travailler sur le rythme et jouer en même temps qu’eux, pas seulement apprendre bêtement la partition.

« Enfin si vous avez pas je ferais sans, ajoutais-Je en haussant les épaules »

Bon d’accord, je pouvais paraître tout à fait arrogante lorsque je parlais de musique. Mais ça avait toujours été si facile pour moi — la seule chose de facile pour moi dans toute ma vie — que lorsque j’en parlais je paraissais plus sûr que tout autre sujet. C’était, après tout, mon sujet de prédilection, et, en quelque sorte, ma seule raison de vivre. La musique toujours bien plus qu’un jeu ou un travail, c’était tout pour moi.

Je récupérerais la basse, puis descendit de la scène, me sentant légèrement mal à l’aise à force d’être en hauteur. Je me retrouvais alors plus petite qu’eux, mais c’était habituel et je ne m’étais jamais laissé démonter à cause de ma taille. Au contraire, ça ne m’avait rendu que plus grande gueule pour essayer de m’imposer quand j’en avais besoin. Actuellement je n’étais pas toujours aussi véhémente qu’actuellement. Tout dépendait de la situation dans laquelle je me trouvais et si j’y étais préparée. Ces derniers temps on me surprenait en train de jouer pour moi seule ce qui me mettais très mal à l’aise et donc très renfermée. Mais pas pour le coup, et heureusement. Je maintenais donc cette apparence droite et fière que m’imposais cette situation si je ne voulais pas perdre le peu de crédit qu’ils m’accordaient en tant que musicienne. Finalement, une chose que j’avais dû faire toute ma vie, tenter de m’imposer et montrer ce que je valais. Malgré ça, j’étais également passée maître dans l’art d’être discrète, voir invisible, à me fondre dans la masse, tout comme mon Daëmon dans une forêt ou dans la nuit. A moins qu’il ne veuille se faire remarquer, impossible de le voir. Sur ce point on était plutôt similaire.
  
MessageMar 27 Fév - 14:30
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Date d'inscription : 08/02/2018Nombre de messages : 22Nombre de RP : 7Âge réel : 32Copyright : IliryaAvatar daëmon :
Audrain FaustNothing will be the same...
    Franchement, s'il avait dit que quelqu'un d'autre, dans les personnes qui sont déjà passées, avait les capacités de jouer dans un groupe, il aurait accepté sans broncher une critique à ce niveau. Et pourtant, beaucoup pourront témoigner du fait qu'il peut très mal réagir quand on le critique parce qu'il a beaucoup de mal à admettre que ça peut être vrai. Dans tous les cas, même s'il peut apprécier de passer du temps à dire de mauvaises choses sur les gens, il n'a pas envie de perdre du temps sur ce sujet. Alexie lui convient bien et pas seulement parce qu'elle a été la seule à savoir enchaîner des notes correctement. Bien sûr, personne ne convient parfaitement à ses yeux, pas sans avoir fait ses preuves en tout cas. Une simple audition ne constitue pas une preuve nécessaire, il aura un peu de temps pour voir si Alexie convient ou si elle convient parfaitement.

    Niko, qui vient de refiler les partitions à Alexie, lui lâche un hochement de tête, comme pour lui souhaiter bon courage. Dans l'immédiat il n'a rien contre cette fille alors, il se donne bonne conscience en se disant que, au moins, il a prévenu que le guitariste pouvait avoir des réactions étranges... Souvent en lien avec des filles d'ailleurs ! Audrain, qui ne suit pas cette conversation attend patiemment jusqu'à ce qu'elle lui donne un délai. Tous les autres gars trouvent que 2 jours pour étudier des partitions – tout en bossant et suivant des cours – c'est plus qu'honorable. Audrain, lui ? Il trouve ça long. Pour sa défense il a l'habitude de connaître une partition juste en la lisant alors il n'est pas très objectif. Il oublie parfois que tout le monde ne possède pas cette faculté.

    « Dans deux jours alors... »

    La phrase est ponctuée par un soupir. Il devra bien faire avec de toute façon et puis, s'il doit être honnête, il ne pense pas que ce soit possible d'être beaucoup plus rapide – à moins d'être lui, avec son pouvoir ! En fait, tout va dépendre de ce qu'elle aura réussi à retenir à la fin de ces deux jours. Si Alexie a besoin de ces jours pour retenir 3 notes, ça allait être compliqué. Si elle a la plupart des morceaux, sans que ce soit parfait, ils auront trouvé la bassiste pour remplacer Niko.

    Audrain se détourne pour aller vers la table et fouiller dans un sac.

    « On loue une salle dans un studio de musique en ville. » Un bout de papier quelconque et un stylo lui sert à écrire, rapidement, l'adresse en question. « Ce qu'on va faire...» Il pose le papier sur la table, attrape autre chose qu'il met dans la poche arrière de son jean. « C'est qu'on va prendre une salle pour l'après-midi et on verra bien, sur le moment, si y a besoin de plus. »

    Mais il n'y croit pas trop. Toute une après-midi à travailler des morceaux peut être assez fatiguant, surtout quand ce sont des nouveaux morceaux. Au bout d'un moment, les gens déconnectent et il n'en sort plus grand-chose de bon. Par contre, étrangement, les moments où le groupe pouvait rester le plus longtemps sur de la musique, c'était au moment de composer. Sûrement parce que ce n'est pas une simple répétition de notes et de rythmes déjà connus par cœur.

    Ce qui est implicite, c'est une demande de bloquer cet après-midi là et la soirée qui va suivre. Comme ça, si tout le monde est apte à continuer, ils n'auront pas de grandes contraintes horaires. Dans le cas contraire, Alexie sera juste libérée plus tôt. Elle trouvera bien quelque chose à faire, il devait bien y avoir un mur ou deux de bâtiment sur lesquels grimper !

    C'est au tour d'Audrain d'approcher alors qu'elle quitte la scène. Au moment où elle demande s'ils ont des enregistrements, il sort de la poche de son jean une clé USB qu'il lui tend avec le papier où se trouve l'adresse.

    « Tient. Tu as le lieu où se trouve le studio de musique. Et, sur la clé USB, il y a deux dossiers. Un avec les morceaux que Niko vient de te filer et l'autre avec d'autres musiques si tu veux te faire une idée un peu plus précise du style. »

    C'est en parlant de Niko qu'il capte quelque chose. Elle ne doit même pas savoir qui est qui. Enfin, peut-être qu'elle a fait deux ou trois recherches après avoir vu l'annonce. Le groupe, en soit, n'est pas le plus connu du monde mais en tapant sur internet, ils étaient quand même trouvables.

    « D'ailleurs, au passage. » Il se tourne de manière à se retrouver de profil et désigne le gars qui lui a apporté les partitions. « Lui c'est Niko, celui que tu vas remplacer. Il sera présent pendant les répêts donc tu pourras lui poser des questions, si tu veux. » Il déplace un peu son doigt. « L'alcoolique c'est Stan, le batteur. Il n'est pas aussi con qu'il peut y paraître. » Phrase qui vaut un joli doigt d'honneur à Audrain de la part du principal intéressé. « Puis tu as Allan, notre chanteur et... » Il hausse les épaules. « C'est un peu la voix de la raison de ce groupe. »

    Ou le papa-poule, le plus sage et raisonnable des quatre. Il en faut bien un. Enfin, quoiqu'il en soit, les gars font un geste de la main pour la saluer. Audrain a toujours trouvé un peu ridicule de voir que, après une présentation, les gens se sentent obligés de saluer alors qu'ils se parlent depuis un petit moment. N'empêche qu'il s'en voulait un peu, sans le dire ou le faire comprendre, de ne faire les présentations que maintenant alors que c'est la première chose qu'il demandait aux gens qui étaient passés sur scène.

    « Je suppose qu'il n'y a pas besoin de te présenter Audrain, du coup ? »
  
MessageMar 27 Fév - 18:03
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Date d'inscription : 09/01/2018Nombre de messages : 143Nombre de RP : 76Âge réel : 22Copyright : Moi-mêmeAvatar daëmon :
Alexie TaijiNothing will be the same...
Par le ton et le léger changement d’expression d’Audrain, je compris assez vite que mon délai ne lui plaisait pas tellement. Qu’importe. Deux jours c’étaient bien assez court, même pour quelqu’un avec une bonne mémoire – ce que j’avais fort heureusement. Ce n’était pas seulement dû à mon oreille absolue – même pas du tout – j’avais seulement la faculté de retenir les partitions avec une facilité assez déconcertante. Une excellente mémoire musicale à ce que disait l’un de mes psychiatres. Enfin, je n’avais pas trop fait attention à ce que me disait ces types-là. J’étais complètement détachée de la réalité à ce moment, et à certains moments, c’était toujours le cas de nos jours. Un moyen de protéger les lambeaux de mon esprit je supposais, ce qui n’était pas particulièrement efficace.

Me concentrant sur la conversation, je suivis Audrain du regard. Une après-midi à jouer c’était déjà long, encore plus sachant que les cordes d’une basse malmenaient bien plus les doigts à cause de leur épaisseur que celle d’une guitare ou du violon que j’avais l’habitude d’utiliser. Sachant que je passerais les deux prochains jours à travailler sur les morceaux, je risquais de plus avoir de doigts assez rapidement. Je passais mon pouce sur mon index, pensive, la peau durcit à force de jouer. Bon, je n’avais pas tout perdu au moins, je souffrirais moins qu’un débutant à la basse. Heureusement que je ne tenais pas à mes ongles, eux qui étaient déjà bien court, bien loin du cliché des ongles manucuré, vernis et parfait de certaines femmes.

Je saisis le bout de papier et la clef qu’il me tendit, lisant rapidement l’adresse. Je ne connaissais pas, mais ce n’était pas un problème avec les GPS de nos jours. Je rangeais les deux objets dans ma poche, avec mes clefs. Je lançais un regard à Niko, le seul avec Audrain dont je connaissais le prénom. Je n’avais pas spécialement fait de recherches sur eux à vrai dire, prenant cette décision sur un coup de tête. Je connaissais juste le type de musique qu’ils jouaient, et qu’ils cherchaient un remplaçant le reste… Eh bien je m’étais dit que je découvrirais ça sur le tas – comme toujours. Je suivis les présentations, les observant un à un pour associer leur prénom et leur visage. Ce n’était que trois personnes à retenir, mais, autant j’avais une excellente mémoire des morceaux, autant les visages et moi… C’était plus compliqué. Parce qu’en temps normal, je ne faisais pas vraiment d’effort pour les retenir. Certes je les analysais en permanence pour connaitre leur réaction, mais une fois loin d’eux, je les oubliais assez rapidement. C’était d’ailleurs presque surprenant que j’aie reconnu Audrain, mais on s’était côtoyé assez longtemps pour que je me souvienne à peu près de lui. Je répondis donc à leur salut par un simple hochement de la tête, avec un sourire légèrement ironique qui étirait mes lèvres. S’ils voulaient plus, ils allaient sûrement devoir attendre un long moment – trop long d’ailleurs puisque je partirais sûrement après quelques temps, histoire de faire leur concert. Ca ne laissait sûrement pas assez de temps pour me faire baisser ma garde, pour que je me sente assez à l’aise pour rire réellement avec eux. De toute manière, les seules personnes avec qui je m’étais sentie assez à l’aise pour ça était soit morte, soit un traitre donc bon… Ca n’aidait pas beaucoup.

« Non, lui ça va, répondis-je à Allan. Au fait, lui c’est Seth. Il est plus civilisé qu’il en a l’air, dis-je.

- Sauf si on me cherche un peu trop, rajoute Seth en lançant un regard appuyé à Stan »

Il sous-entendait bien sur si on le cherchait lui ou moi. Nous étions l’extension l’un de l’autre, et Seth n’aimait pas qu’on me manque de respect. Il avait dû se cacher durant toutes ses années, maintenant que sa parole était libre, il n’avait aucune intention de la contenir.

La clochette de la porte d’entrée se fit entendre. Je lève les yeux, et vis entrer John, l’un des cuisiniers. Il regarde les garçons surpris pendant un instant, puis se reprit. Je lance un regard à l’horloge. Bientôt onze heure trente. L’ouverture se ferait dans trente minutes, mais ils devaient préparer la salle, et faire chauffer les fours.

« Vous êtes le groupe c’est ça ? Vous avez bientôt fini, on va devoir ouvrir. Son regard s’arrête sur moi, et il fut surpris un instant. Alexie ? Qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu bossais pas aujourd’hui.

- Salut John. Normalement, ils ont fini, ils devraient pas tarder à partir, dis-je évitant la question de ce que je faisais ici »

Je préférais ne pas y répondre. Par honte, ou gêne ? Je ne sais pas trop, peut-être parce que j’étais persuadée que je finirais par me planter, et que je préférais que les gens de mon entourage ne soit pas trop au courant. Je me plantais à chaque fois. J’avais ce talent pour gâcher les choses – c’était le seul talent que je reconnaissais chez moi. Avec celui de repousser tous ceux qui m’approchais d’un peu trop près. Ça m’étonnait d’ailleurs que je n’ai pas encore fait foirer ma relation sur internet. C’était plus compliqué de faire fuir quelqu’un dont on ne voyait pas le visage, et beaucoup plus facile de se confier.

Le cuisinier hocha la tête puis passa la porte de la cuisine. Il ne tarda pas à ressortir avec ma veste en cuir, et mon écharpe.

« Je suppose que c’est à toi, dit-il en me tendant mes vêtements.

- Ouai, merci »

J[/i][/Size]e pris les vêtements et les mit, tandis qu’il retournait dans la cuisine. Une deuxième personne ne tarderait sûrement pas à arriver pour commencer son service. Je récupérais la basse, me tournant vers les garçons.

« Bon, on n’a plus rien à voir je suppose »

Vive les fins de conversation. Je n’étais pas douée pour faire la conversation, ne sachant jamais trop quoi dire, sauf avec de rares personnes, et avec des sujets qui me passionnent. En finir c’était toujours un calvaire, et partir en mettant mes écouteurs et en leur disant un petit salut n’allait pas faire du meilleur genre.

  
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