Premiers pas ♦ Eva-Line

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A satellite  kind of mind

Mar 28 Aoû - 17:08
Les yeux grands ouverts, accrochés au plafond pentu. Immobile. Elisa s'ennuie. Elisa n'ose pas sortir. La télévision présente dans l'appartement a été repoussée dans un coin, débranchée dès qu'elle l'a vue, le téléphone fixe (ils existent encore ?) caché dans un placard. Ça n'aide pas, et sa peau reste toujours aussi tendu le long de ses muscles, nerfs crispés picotant tout du long. Soupir exaspéré. Pathétique. Elle est pathétique. Allongée là, sans oser sortir de craindre de capter plus encore, de perdre le contrôle. Comme si rester enfermée allait l'éviter. Comme si se cacher allait la rendre humaine.

Ses jambes tremblent quand elle se redresse, affaiblie du virus même une fois le traitement pris, épuisée du bruit dans son esprit qui lui donne la sensation de penser dans la mélasse. Elle gronde. Avance, indifférente aux rares vêtements au sol (une deuxième paire de jean, un teeshirt, un pull, présents de la ville, de quoi les dépanner le temps qu'ils fassent le nécessaire). Pas silencieux, pour ne pas troubler le calme de l'appartement, jusqu'à entendre la porte se fermer derrière elle. Elle est sortie. L'idée manque lui faire tourner la tête. Elle est sortie, et le volume qu'elle capte n'a pas changé. Le bruit n'a pas soudain triplé de volume, ne l'a pas noyée. Rire soulagé, hystérique, nerveux, qui la plie en deux et fait se crisper ses poings désespérément. La chambre n'était pas un refuge, alors ? La perte de temps... Ne pas y penser. Il faut se redresser, péniblement, essuyer les larmes de douleur et de soulagement mêlés.

Sourire nerveux, instantané, alors qu'elle se recule machinalement contre le mur, regard accroché à la personne en face. Méfiance. Ses poings se serrent à ses côtés, agrippent les bords du teeshirt pour ne pas se fermer autour d'elle. "God dag." Le norvégien est délibéré. Une façon de la repousser, et de la tester en même temps. Avant de traduire en anglais, malgré elle. Pour ne pas risquer de l'irriter. Même si elle l'a déjà vue, elle ne la connait pas assez encore, et le sourire retombe. Trop fatiguée pour le garder. Le couloir est aussi blanc que l'appartement, que l'hôpital. Trop stérile. Elle veut sortir. Est terrifiée à l'idée. "Vous... allez bien ?"

Encore un rire, amer.

"Question stupide. Navrée."


Ne retournez pas la question. S'il vous plait. Elle n'a pas envie de devoir y répondre. De devoir penser à tout ce qu'elle ressent. Elle a trop peur de répondre sincèrement. De dire non.


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Mar 28 Aoû - 18:36
La nuit est cruelle. Eva-Line ne dort plus, elle somnole. Les cauchemars envahissent ses songes, elle craint de fermer les yeux. Une toute autre peur dissimulée dans un coin de son esprit, celle de lâcher prise et de laisser l'emprise aux voix. Rouvrir la Porte Rouge est bien la dernière chose dont elle a besoin, ces lieux sont emplis au mètre carré de rescapés. Leurs pensées, leurs souffrances et leurs pertes finiraient de l'anéantir. Elle a eu tant de difficulté à la refermer, ces derniers temps...
Eva-Line a besoin de marcher, de respirer. Car son coeur saigne. Leur famille a perdu un pilier, la russe a perdu un modèle. Son modèle.
Elle se sent redevenir enfant, larmes aux yeux...

Eva-Line a perdu son père.

Elle le revoit, assit dans son fauteuil, dans la maison familiale, à Moscou. Lui sourire, l'encourager, alors qu'elle s'acharne sur son violoncelle. Un son terrible en sort, elle n'a qu'un mois de cours. Pourtant, il lui sourit, l'encourage. Et fait semblant qu'il s'agit de la musique la plus merveilleuse au monde.
Son père était son univers... Son inspiration. La télépathe a trop perdu. Sa mère, son époux, son père. Son neveu...
Et ses pensées glissent du visage de son père, tendre, à celui de son neveu. Petit bébé goûtant à peine au monde. Son coeur se ressert plus encore, ne pouvait qu'imaginer la douleur de son frère... Le monde s'est écroulé. Une seconde fois. Les Etats-Unis, un nouveau monde ? Une mauvaise opportunité. Une terrible erreur, la sienne.

La mère de famille erre dans les couloirs. Des couloirs trop blancs, trop froids. Elle croit revoir l'hôpital, celui de Moscou, celui de cette ville. Les hôpitaux la dérange... Cette impression de mort, ces appartements sans aucune chaleur.
La maison lui manque. Le grand hall, le salon, les fêtes. Voir ses filles descendre les escaliers, attirées par l'odeur du déjeuner. Vivre enfin leur vie sans accroc... Les Lockwood n'y arriveront pas. Jamais. Les daemoniens ne vivront jamais en paix...
La russe retient son poing de frapper le mur à côté d'elle, lorsque son regard est attiré par une silhouette à l'autre bout du couloir. Poings serrés, elle ravale sa colère. Sa douleur.

Ils souffrent tous. Et cette femme, elle passera à côté d'elle, comme toutes ces fois où elles se sont croisées. Elles se diront bonjour, léger sourire aux lèvres, pour reprendre le cours de leurs pensées. Il n'en est rien. La femme l'interpelle, Eva-Line tique et l'inconnue se reprend. La russe sourit.

- Effectivement. Question stupide, mais mécanique.

La russe s'est arrêtée. Ses pensées aussi.

- J'imagine que nous allons tous comme nous le pouvons, n'est-ce pas ?

Elle le sait. Personne ne va bien. Une bombe est tombée sur leurs têtes.


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Mar 28 Aoû - 21:32
Mécanique. C'est bien le mot, oui. Une politesse habituelle, ancrée par les années. Une qui n'est pas retournée, et elle lui en est reconnaissante, à cette femme qu'elle ne connait pas vraiment. A cette femme qui a raison. Ils vont comme ils le peuvent. Ils ne vont pas. Ils sont tous sonnés encore, pétrifiés dans le choc de ce qui vient de leur arriver. Lentement, sa tête s'incline. Lourdement. Ses lèvres prennent le pli amer qui leur devient si familier, sans qu'elle ose prononcer les mots qui grandissent derrière ses dents.

Pour ce que cela représente.


A la place, son ventre gronde, sourdement, et sa main s'y plaque. Combien de temps qu'elle n'a pas mangé, pour qu'il proteste de la sorte ? Elle ne se souvient plus. Les jours passent et se ressemblent trop. Deux ou trois, alors. Le docteur Donner serait déçu. Et puis elle se rappelle. Qu'il n'y a plus de docteur Donner. Visage qui s'imprime un instant sur ses rétines, voix qui résonne dans son esprit, le temps d'un souvenir. Leur dernière séance. Il fait partie de ceux qui se sont suicidés. Corps écrasé sur le parvis de l'hôpital, couverture de survie étalée précipitamment sur lui. Pas le temps de plus, à peine celui de l'emporter. Mais elle a entendu. La nouvelle a circulé, entre mails et sms. Dans le code bleu qui a été annoncé dans le haut-parleur. Il va falloir trouver un nouveau médecin, elle suppose. L'idée la fait trembler. Paniquer. Se distraire. Vite.

"Vos placards sont vides aussi ?"


Elle ne sait pas si ses placards sont vides, Elisa. Elle ne sait même pas si elle les a ouverts. C'est juste quelque chose à dire, quelque chose pour penser à autre chose qu'aux chambre d'hôpitals, la toux de ses voisins de lit, leurs râles, le hurlement déchirant de Maïwenn, les appareils qui font écho aux pleurs qu'elle retient. Elle se recroqueville sur elle-même, sans trop s'en rendre compte. Elle veut dire "Au revoir", rentrer (se cacher du monde) derrière cette porte de bois. Et en même temps... La femme qui lui fait face est une inconnue familière. Quelqu'un qui a souffert aussi, qui doit être perdue aussi, dont le téléphone vibre d'informations qu'elle fait son mieux pour occulter, pour noyer dans le reste de la masse. Elle tend la main, hésite, la laisse retomber à ses côtés. Maladroite.

"Elisa Lully. Enchantée... si l'on peut encore dire ça."


C'est drôle, comme la politesse prend des accents d'insulte face à la tragédie.


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Mar 28 Aoû - 22:19
L'envie de fuir la prend, de s'en retourner, d'ignorer. Pourtant, une voix dans sa tête lui souffle des mots qu'elle croit comprendre, reconnaître. Parce qu'elle le reconnait, ce visage terrifié, perdu, qu'elle a si souvent rencontré. Ses patients. Tous ce même regard, presque suppliant. De l'aide. Ils ont tous besoin d'aide, de confidents, de soutien. La communauté, ou ce qu'il en reste, des rescapés de Merkeley, a besoin de se sentir unie. C'est peut-être utopiste, fleur bleue ou quoique ce soit d'autre, mais c'est la réalité. Inconnus, mais pas seulement. Unis par une catastrophe...

La russe reste plantée là, incapable de fuir. Cette femme, elle l'a croisée. Son visage lui semble familier, pourtant, elles ne se connaissent pas réellement. Mais son regard... il ressemble au sien. Brisé.
Son ventre gronde. Eva-Line se rend compte qu'elle a faim, mais il ne s'agit pas du sien. La mère offre un sourire à l'inconnue alors qu'elle se présente, laissant tomber cette civilité de poignée de main.

- Eva-Line Jensen-Lockwood, enchantée également. Je pense qu'il faut doucement recommencer à le dire.

Douce, Eva-Line sourit, cet éclat de mal-être toujours présent au fond de son oeil. Ses pensées tournent, encore et encore, autour du malheur. Elle veut avancer. Pas uniquement pour elle, mais pour sa famille. Pour aider. Elle a besoin d'être utile, d'être là pour les autres. Egoïstement, peut-être, pour oublier son propre mal. Et cette femme, cette Elisa, elle lui donne l'impression d'avoir besoin de quelque chose.

- Il doit y rester quelques biscuits et boites de conserve, un paquet de pâtes, mais rien de bien plus. Si... vous avez besoin de quelque chose, je peux vous dépanner ?

C'est devenu terriblement difficile de réagir face aux autres. De retrouver un semblant de communication, de savoir vivre. Le monde s'est refermé sur lui-même, les rescapés ne sortent plus. Ils se réveillent doucement au fil des jours, comprennent lentement où ils se trouvent. Tellement loin de chez eux... Tellement seuls.
Il est temps de se réveiller, de réagir. Cette ville, ces sauveurs, trouver qui ils sont. Ce qu'ils veulent. La charité n'existe pas pour les daemoniens et ces dieux sont en carton pour Eva-Line. Quels dieux...


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Jeu 30 Aoû - 19:16
Lockwood. Le nom est vaguement familier, entendu peut-être au détour d'une rue ou entraperçu du coin de l'oeil, enregistré et ignoré tout à la fois. Ou familier du fait de ses consonances anglo-saxonnes. Elle ne sait pas alors que son bras passe autour de sa taille, Elisa laissant échapper un sourire maladroit, mal à l'aise. Recommencer. C'est plus simple à dire qu'à faire, certainement. Même parler avec des inconnus (avec des survivants. C'est ce qu'ils sont, tous) était plus simple à l'hôpital. Quand tout le monde était encore brisé par la maladie, le choc. Se raccrocher à ce qu'il pouvait pour occulter la situation. Maintenant il faut surmonter, dépasser, se rappeler comment fonctionner, quand elle veut juste ignorer. L'impression d'avancer contre le courant, de s'enfoncer dans des sables mouvants. L'asthénie est un monstre d'avidité. La peur de son don aussi.

Et pourtant le temps passe, les jours avec. Eva-Line propose, boites et biscuits et dépannage, et Elisa est tentée d'accepter. De prendre, et de rentrer se cacher, se couper de nouveau du monde, le temps d'épuiser les maigres provisions, et de recommencer la danse, encore et encore. Le stress qui parle. Le doute. Qui tente de noyer la logique, et le souvenir de la voix du docteur Donner.

"Actuellement..." Inspire, Elisa, inspire. Expire, Elisa, expire. Une minute durant elle se tait, stress prenant le dessus, respiration prenant machinalement le rythme des exercices qu'on lui avait donné à faire, avant. Inspirer cinq secondes, deux secondes de pause, expirer cinq secondes, deux secondes de pause, recommencer. Pas de bille ni de voix pour la guider, simplement l'habitude, le nouvel instinct. L'oxygène est enivrant, alors que ses exhalations sifflent légèrement encore. Desserrent l'étau gluant de l'anxiété. Sourire gêné, bras qui se resserrent. Qu'elle déteste afficher sa vulnérabilité de la sorte. "Est-ce qu'aller manger quelque chose en ville vous dirait ? Je suppose qu'il faut sortir un jour mais seule, l'idée n'est pas très attirante et..." Les mots sortent à toute vitesse, s'entrechoquent, la font rougir de gêne avant qu'elle se contraigne au calme. Redresser la tête, fermer les yeux, inspirer un grand coup.

"Navrée. Je crois que le choc est plus présent que je n'aimerais. Mais... j'avoue que l'idée de sortir est aussi attrayante que terrifiante. Il y a un café au coin de la rue. Si jamais vous voulez ?" Elle peut s'imaginer l'entendre passer ses commandes. Comparé au reste du brouhaha... la liste doit être presque agréable. Monotone.


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Lun 3 Sep - 11:52
Toutes les âmes sont brisées. Celle de cette femme autant que la sienne. Eva-Line ignore s'ils s'en remettront... ils ont vécu l'enfer. Malades, atteints d'un virus, le monde les a rejetés. Relégués au rang de plaie. D'insectes, de vermine. Qu'est-ce que l'on fait à la vermine ? On l'extermine. Le monde a essayé de les exterminer. La russe ne leur pardonnera plus. Elle a essayé, pourtant, maintes et maintes fois. Elle comprend aujourd'hui la haine de sa famille envers la race humaine. Envers ceux qui craignent la différence et tentent de l'éliminer des scores.
Et lorsqu'elle voit cette femme, face à elle, au regard presque éteint, elle sent ses poings se refermer, phalanges blanchies par la colère qui brûle en elle.

Cette femme a besoin de compagnie. Et alors qu'Eva pense à sa journée, à ses enfants, elle se rend compte qu'elle a besoin de respirer, elle aussi... Elle les aime. Ils sont tout. Pourtant, ils l'empêchent de respirer. Ce n'est pas leur faute, seulement, elle s'oblige à garder la tête haute, à rester ce pilier dont ils ont toujours eu besoin. Et si, pour une fois, elle lâchait prise ? Et si pour une fois, elle se laissait aller ? Ils ont un père. Ils sont grands, n'ont pas besoin d'elle. Peut-être plus... Et elle pense à sa Mira, sa petite Mira. Son père est là...
Eva-Line se rend compte qu'elle n'est pas indispensable. Si elle disparait l'espace de quelques heures, ils vont y survivre. La mère de famille peut faire son deuil... son coeur se serre. Et elle se souvient des mois de détresse dans lesquels elle s'est enfermée, à la mort de son époux.
Elle refuse de recommencer. Plus elle regarde le regard de cette femme, plus elle y voit son reflet. Alors, elle lui offre un léger sourire.

- Ne vous excusez pas, nous devons tous nous reconstruire et nous retrouver. Moi-même... le choc est encore là. Et je crois...

Eva-Line se tourne quelques instants dans la direction de ses appartements, où se trouvent ses enfants, son compagnon. Elle se retourne face à la femme.

- Je crois que j'ai besoin de sortir. Je serais ravie de passer le pas avec vous et de prendre un café ensemble, ça doit être moins terrifiant de le faire à deux.

De le faire avec une inconnue, compagne d'une apocalypse gravée sur leur âme meurtrie. Ne pas avoir à se confronter au visage terrassé de ce premier frère, à celui apeuré du second, aux visages aimés de ses enfants. Aux mots doux de son compagnon qu'elle ne pense pas mériter. Elle a besoin de s'éclipser, de prendre du temps. Panser ses blessures.

Eva-Line fait le premier pas, referme son manteau, descend les escaliers. Le café, elle l'a déjà vu, de loin. Elle sait où il est. Et en marchant, elle ne se sent pas le coeur à faire la conversation. Le silence est parfois une amie bienvenue, le temps de parler viendra bien assez vite.


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Mer 5 Sep - 22:57
Acceptation. Elle se vide de son souffle Elisa, soulagement enivrant de légèreté. Une compagnie. Une distraction. Un moyen de se contraindre à dépasser la peur de l'au-dehors, de ce qui git là où elle ne capte pas. Un sourire vient se poser sur son visage, hésitant, lèvres craquant légèrement. Ah. Elle a dû oublier de boire comme elle devrait, alors, en plus de manger. Colère sombre ravalée avant qu'elle puisse se retourner contre elle-même, pour plutôt emboiter le pas à sa voisine. La cage d'escalier n'est pas si étroite qu'elles ne puissent pas marcher de front, mais elle se sent plus à l'aise avec ce pas de retard, qui lui permet d'observer le dos d'Eva-Line. Et de se préparer à faire face à la réalité.

Il fallait bien que ça arrive un jour.

Le hall est lumineux, boites aux lettres bien rangées, portes vitrées révélant l'extérieur. Rue large et nette, voitures et vélos et piétons qui circulent sans se bousculer, quelques affiches, mots inscrits dessus familiers. Nostalgiques. La Norvège lui avait manqué, à Elisa, sans qu'elle le réalise vraiment. Cachée dans le manque d'Àsgard peut-être. Le sourire se fait légèrement plus large, avant de disparaître derrière un masque inexpressif.

"Etrange, non, comme une porte peut devenir la chose la plus importante qui soit..."
Si elle réussit à sortir, ça voudra dire que les derniers mois se sont bel et bien passés, que le brouhaha mental n'est pas un cauchemar, pas plus que les visages hagards qu'elle a vu à l'hôpital. C'est terrifiant, l'idée que tout ça soit vrai. La brume est dure à quitter, même quand la raison prend le devant. L'indifférence et la dépression sont confortables. Épuisant, aussi.

Elisa s'est fatiguée d'elle-même, pendant ces dix jours, lentement. Assez pour se faire violence, pour se battre avec la voix qui dit qu'elle va être submergée l'instant où elle sera dehors, que ce qu'elle est devenue sera visible à tous. Assez pour lancer un regard à Eva-Line avant de poser sa main sur la porte. Les doigts se crispent, les muscles se tendent. Un pas en avant. La porte s'ouvre, et les bruits de la rue pénètrent le hall, un instant. Rires, circulations, voix, vent. Elle veut refermer la porte. Se force à l'ouvrir davantage, à la place.

"Après vous ?"


La porte est lourde. Aussi lourde que la pierre dans sa gorge, aussi moite que ses mains malgré la fraicheur. Et puis elle se referme.

Elisa est dehors. Elisa est sortie.

Elisa n'est pas perdue dans elle-même.

Elisa rit. Un peu hystérique, un peu désespérée, main pressée contre sa bouche. Pliée sur elle-même. Épaules courbées, ne pas attirer l'attention, ne pas être vue.

Elisa se redresse. Un pas, deux pas.

Elle est en vie.


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Ven 7 Sep - 15:04
Les escaliers laissent place à ce hall lumineux, promesse silencieuse. Ces boites aux lettres bien trop alignées, parfaites. Et cette grande porte vitrée, dévoilant leur vie future, une vie d'un autre monde. Eva-Line laisse son regard porté par les quelques vélos, ce trottoir si net, les rayons du soleil se réverbérant dans les vitres des commerces et autres allées. La russe essaye de s'extirper de cet étrange rêve... Après tant de souffrances, tant d'épreuves. C'est irréel. Et la femme, à côté d'elle, exprime ce qu'elle est incapable de formuler. Et elle sourit, pensive. Retient des larmes qu'elle sent menacer les coins de ses yeux bleu. Qu'elle Lui tient. Son père...
Sa voix s'élève, cassée, pour la sortir de sa tourmente.

- Etrange, oui...

Tout est étrange. Ce début d'échange, ces appartements, cette ville. Tout n'est qu'une suite illogique d'étrangetés. Et Eva-Line, la sensée Eva-Line, peine à garder les pieds sur terre. Les cauchemars l'envahissent, elle croit qu'à chaque seconde, une horreur leur tombera sur la tête. N'importe quoi. Rien que le malheur... Elle peine à croire à la paix. Pas après tout ça...
Pas après tant de morts.
Son coeur recommence à battre dans sa poitrine, si vite. Sa main se colle contre lui, serre. Ca suffit.

La femme lui jette un regard, pose sa main sur la poignée. Elles ne sont pas prêtes. Mais quand le seront-elles ? Jamais. Les deux femmes ne se connaissent pas, ne se sont jamais vues. Elles ignorent tout l'une de l'autre et pourtant, la russe ne s'est jamais sentie si proche de quelqu'un. Une connexion différente, particulière. Deux réfugiées d'une apocalypse.
La porte s'ouvre. Le brouhaha envahit le hall si calme, les prend à la gorge. Trop. Beaucoup trop. Et pourtant, il faut passer le pas. Continuer à avancer et trouver un nouveau sens à leur vie. A tous. Eva-Line sourit à sa compagnie du jour, fait le premier pas.

Le soleil l'éblouit.

Et alors qu'elle relève son visage au soleil brûlant, elle ferme les yeux. Et sourit. Entend le rire clair de la femme à côté d'elle, crispé. Un rire pour se calmer, se laisser aller. Et à son tour, la russe se laisse aller au rire. Tourne son regard vers la femme. Quelle étrange relation, une rencontre hors du temps. Elles se comprennent. Et lorsque leur regard se croise, la télépathe n'a aucunement besoin de son don pour comprendre ce qui leur faut, à toutes les deux.

- Je crois que c'est le café, en face. On tente ?

Faire un second pas. Retrouver la vie, respirer normalement et... vivre. Juste vivre.

La russe fait le premier pas, traverse la rue. Et tourne sur elle-même. Depuis quand n'avait-elle pas mis le nez dehors ? Depuis quand n'avait-elle pas relevé son attention vers ce ciel du nord ? Le froid lui a manqué. Les longs manteaux, les paysages verdoyant à perte de vue. Ces maisons, cette architecture.
Et elle tourne sur elle-même, admire le monde et croit voir pour la première fois. La douleur s'estompe l'espace de quelques secondes et elle se rend compte qu'elle n'est pas seule. Et sourit à cette femme qu'elle considère presque comme de la famille. Parce qu'elle a souffert de la même peine. Son sourire ne s'estompe pas.

- Revivons un peu.

La liberté a un goût sucré. Eva-Line ne compte plus la lâcher. Et la porte de ce café semble un si petit prix à payer pour cela. Quelques pas encore, elle fait la distance et l'ouvre sans la moindre hésitation. Attend sa nouvelle amie.


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Sam 8 Sep - 17:27
Deux femmes qui rient sur un trottoir, les traits tirés, le visage terne, humaine et daemonienne, dans l'indifférence des passants. Jusqu'à cesser, se redresser, regards se croisant. Il y a une complicité dans le fait de ne rien savoir de l'autre, de ce qu'elle a subi. La capacité à s'épauler sans se laisser alourdir par la culpabilité et la compassion. Pas de pitié, pas de larmes. C'est étrangement confortable. Ça rend le café de l'autre côté de la route plus accessible, moins terrifiant. Elles ont survécu à tant de choses maintenant, même aux premiers pas sous le soleil. C'est juste une épreuve (une étape. Ne pas écouter la voix, la bloquer, l'occulter, comme le reste du bruit.) de plus. "Revivons un peu." Revivre. C'est ambitieux. Elle se force à inspirer Elisa, à expirer. "Tentons." Elles ne peuvent pas faire grand chose d'autre... Il n'empêche que marcher jusqu'au passage piéton, attendre, voitures passant sans un regard, traverser... C'est presque aussi effrayant que sortir de la résidence. Elle fatigue de cette émotion, Elisa. D'avoir peur constamment. Sans trop savoir comment muer et la laisser derrière. Le son des avions est trop près encore.

Nouvelle porte. Un carillon au-dessus, léger, aigu, joyeux, alien. Il la fait sursauter, manquer lâcher la porte sur Eva-Line, excuse précipitamment marmonnée tout en dévorant le lieu des yeux. Un de ces cafés confortables, aux banquettes moelleuses et râpeuses à force d'usage, aux laitons brillants et aux tables cirées mais décorées par les années. Pas bondé, pas de quoi submerger, quelques habitués au comptoir, une télévision dans un coin qu'elle veille à ne pas regarder, un stand à journaux oublié. Le norvégien qui l'entoure et lui tire un frisson alors qu'elle lance un regard à sa compagne. Envie d'aller se laisser dévorer par une banquette et de ne plus bouger, de rester dans le confort du lieu et la rumeur des gens. Et en même temps... envie d'en profiter pour en savoir plus sur l'autre femme, de rendre la familiarité plus réelle encore.

"Comment est-ce que vous prenez votre café ?"


Un premier pas vers le bar. Offrir un café, parler sa langue d'adoption, goûter la chaleur âpre et ronde d'un espresso. Ça a comme un côté rituel. Elle sait déjà qu'elle se souviendra longtemps de cette journée, Elisa, tandis qu'elle adresse un sourire effrayé et gamin à Eva-Line. Comme une sale gosse pas sûre qu'elle fait ce qu'il faut, mais qui ne compte pas retourner en arrière.


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Why is it hard to know my goals? Estranged from what I want, I know I was strong before I lost myself. And I try to; I desire to know who I am. And I fight to; find it tough to be myself.
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Nothing will be the same...

Lun 10 Sep - 20:41
Et elles se retrouvent là, perdues au milieu d'un café aux douces odeurs sucrées. Le soleil s'invitant, timide, par les larges vitres donnant sur la rue. Et Eva-Line soupire. Observe. Banquettes confortables, canapés enivrants, une douce chaleur se dégage de ce lieu. Ce mur de briques rouges, ce plafond aux poutres apparentes. Il est magnifique. Un espace hors du temps, hors d'un monde cruel à ceux qui sont différents.
Le carillon résonne encore, les voix sourdes des quelques clients parviennent enfin aux oreilles de la télépathe. Le norvégien lui rappelle de belles soirées passées... Son Eirik. Et son accent merveilleux, ses expressions. Et sa façon de toujours lui demander comment dire telle chose en russe. Il n'a jamais été très doué, son russe était atroce. Et Eva, elle sourit en pensant à ces moments-là. Aujourd'hui, elle ne verse plus la moindre larme. Seuls les sourires habitent son visage.

La voix d'Elisa sort la russe de sa rêverie. Elle lui sourit tendrement, réfléchit l'espace de quelques secondes.

- Noir, sans sucre.

Habituellement, une pointe de vodka pour le relever. Qu'est-ce que vous voulez, une vieille habitude qu'elle a pris de son père. Une tradition qu'ils avaient l'habitude d'honorer les dimanches après-midi, tous les deux.
Son coeur se serre, elle balaye les idées noirs et s'avance dans la salle, observe les lieux. Elisa se propose pour aller commander, la télépathe la laisse faire. Son envie de parler norvégien est inexistante. Elle a pour ainsi dire tout oublié de cette langue... ou du peu qu'elle en connaissait.

Et vite, elles se retrouvent assises sur une banquette, une tasse de café chaud entre les mains. Eva-Line laisse son regard plonger dans les abimes noires, pensive. Et elle relève son attention, se rend compte que ses pensées l'envahissent bien trop vite.

- Merci, pour le café. J'espère que ça va me réveiller un peu, j'ai l'impression d'être dans une mélasse affreusement gluante !

Un rire s'échappe de sa gorge, c'est vrai qu'elle ressent comme un rêve. Une impression d'être engluée dans un voile imaginaire. Son rire se calme, la russe prend la tasse brûlante entre ses mains.

- Je suis heureuse de pouvoir sortir un peu, j'allais tenter de vagabonder seule, dans la mesure du possible... Mon frère n'est jamais loin.

Pause. Son frère, Andreï-Feodor. Actuellement ? Il se trouve dans le parc, à l'angle de la rue. Avec Yulia.
Eva observe la femme, face à elle. Elisa. Et lui sourit à nouveau.

- C'est plaisant de faire ce premier pas à deux.


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When you were asleep and I was out walking, The voices started to speak And they wouldn't stop talking. Hold on they're not for me. There were signs all around, it really got my mind racing. You were right all along, something's gotta change. Hold on.

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