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People are meant to cross our path ⠂Gabriel

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Mer 5 Sep - 18:55
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L'ordinateur glissé sous le bras, je m'empresse de m'engouffrer dans la chaleur matinale du café. Le teneur de l'établissement, ou un quelconque employé, m'adresse un sourire accueillant. Un sourire à l'image du professionnel heureux d'être là, prêt à effectuer ses heures de service dans l'humeur ambiante des conversations. Un soupir, un éclat de rire, une exaspération étouffée, une insulte sifflée à voix basse. De temps à autre, il n'échappe pas à mon écoute l'une ou l'autre phase que je note sur un calepin. Une phrase qui trouve en moi le reflet d'une émotion déjà vécue parmi le capharnaüm de celles déjà explorées.
J'aime gribouiller des mots. Coucher le noir sur le blanc. User les stylos, déchirer le papier. Donner vie à une histoire. Et les cafés de rues grouillent d'histoires à conter. Il existe un panorama d'individus excentriques et chacun mériterait que quelqu'un s'attarde, que quelqu'un pêche ses mots au cours d'une discussion. Les mots se gravent dans l'esprit. Ils sont immuables, attachés aux souvenirs. Les mots invitent au regret, incite le pardon, suscite la culpabilité. Les mots sont une source abondante de violence ou d'amour. Ils peuvent blesser plus violemment qu'une arme. Ils peuvent modeler l'espoir.
C'est dans les mots que j'apaise ma douleur. C'est dans les mots que j'ai trouvé le réconfort d'une psychanalyse. Ils sont salvateurs. Ils sont bruyants. Ils sont rieurs. Ils sont moqueurs. Ils enjolivent les cœurs qui papillonnent. C'est pourquoi, j'écris. J'écris durant mon temps libre. J'écris tout ce qu'il me passe par la tête. J'écris tout ce que j'entends.
J'écris le dialogue d'un couple de personnes âgées qui se tiennent la main. Ils n'ont pas besoin d'étaler leur amour, ce dernier a déjà fait ses preuves et perdure dans les ridules d'un sourire amoureux ou d'un regard tendre. J'écris les phrases tombées des lèvres du mélancolique qui réalise au petit matin que la beuverie d'hier soir n'était qu'un subterfuge, un mensonge. Que ce soir encore, il lui faudra répondre à l'appel de l'alcool pour oublier ce que le matin d'après lui rappellera. J'écris la dispute de deux amis dont les visages rappellent ceux de deux enfants se chamaillant le même jouet qu'ils finiront par partager après une mésentente suivie d'une crise de larmes.

J'écris jusqu'à ce que les minutes se confondent avec les heures. Et que Loki se lasse d'être enfermé. Il me rappelle à l'ordre lorsque dans mes jambes fourmille l'envie de marcher, de dépenser l'énergie accumulée au rythme des cafés commandés.
Le renard se lève, s'étire, prend son temps pour prendre la parole.

On peut y aller maintenant ?

Je jette un coup d’œil à l'heure. Les dents qui mordillent la lèvre. J'essaie de garder captif mon attention de l'écran d'ordinateur. Mais, consciemment, malgré que je centralise mon sérieux pour le garder intact, je ne peux m'empêcher de relâcher de temps en temps les rennes. Dès que la porte s'ouvre, mon pied martèle le sol d'excitation. A chaque fois, la déception prend un visage différent. Jamais celui que je voudrais voir. Celui dont j'aimerais croiser le regard. Rien qu'une seconde.
Sauf qu'après deux bonnes heures à faire chauffer la batterie de l'ordinateur ainsi que la patience de mon daemon, je me rends à l'évidence qu'il ne viendra pas. Je suis bizarrement déçue, un poil contrarié d'avoir débuté ma journée avec l'illusion confiante de le voir.

L'addition payée, mon renard gagné par le désir d'enfin respirer autre chose que les effluves du café, je quitte l'établissement avec la désagréable sensation d'y avoir perdu mon temps. Ou plutôt, d'avoir loupé un instant éphémère. Deux regards qui se croisent. Un sourire partagé. Un salut échangé. Mais pas aujourd'hui apparemment. La Vie rompt parfois les utopies trop fébriles.
Et parfois, elle vous renvoie la balle et joue les effarouchées.
Je ferme la porte derrière moi et, me retournant, me heurte à quelqu'un. Mon daemon se faufile hors de cette bousculade et rit sous cape.

Excu... Oh ! Je dois me rendre à l'évidence que je ne m'attendais pas à ça. De surprise comme de contentement, mon cœur devient bruyant dans ma poitrine. Gabriel !

Qui d'autre ?

Je ne sais pas si je lui dois ou non la sauvegarde de ma fierté, qui aurait quelque peu souffert en m'écrasant maladroitement sur le sol, dans tous les cas je recule avec un sourire aussi bien réjoui que désolé.
Mon daemon murmure à la porte de mon esprit que mon ordinateur n'aurait, lui aussi, que peu apprécié d'embrasser le bitume. Je lui marmonne une réponse inintelligible sur la fragilité du matériel électronique que les consommateurs n'ont plus à démontrer avant de détourner mon attention vers le jeune homme devant moi.

Comment tu vas ? Je... Hum... Et encore une histoire de mots. Les mots qui s'emmêlent. Se bousculent. Refusent d'être cohérent. Je souris, secoue imperceptiblement la tête, montre du pouce le café derrière moi. Un café ça te dit ?

Je viens seulement d'avaler un demi-litre et finirais certainement en cure de désintoxication d'ici la fin du mois à ce rythme. Heureusement, je n'ai pas la palpitant sensible à la caféine. Sinon je pourrais éventuellement craindre un emballement peu similaire à ma joie de voir Gabriel.



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Jeu 6 Sep - 14:25
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People are meant to cross our path

L’air frais du matin me fait frissonner quelques secondes avant que je n’enfonce plus profondément mes mains au fond de mes poches. Les belles matinées d’été sont terminées depuis longtemps et le froid recommence à prendre possession de la Norvège. Je ne me plains pas car j’ai toujours adoré l’ambiance hivernal. Le calme, la paix et ce manteau blanc recouvrant le sol. Tout me parait si posé, apaisant la tornade qui chamboule ma tête du matin au soir. Eija est installée autour de mon cou, me réchauffant en même temps la nuque. Ses petites pattes s’accrochent au bord de ma veste, me chatouillent parfois, m’arrachent un frisson. Elle me raconte des bêtises à l’oreille pour me mettre de bonne humeur dès les premières lueurs et je ris. Ces temps, les jours paraissent beaux, moins ternes qu’à l’accoutumée. Je m’épanouis dans ce métier que je n’aurais jamais pensé être mien et les souvenirs douloureux du passé me laissent tranquille. Ils sont là, encore bien présents, mais caché sous des sentiments de bien-être bien souvent provoqués par ma daemonne.

Le regard accroché au sol, les pieds martelant le bitume, je ne vois pas en face de moi la chevelure brune qui m’arrive droit dessus. C’est Eija qui m’avertit et j’ai tout juste le temps de lever les yeux pour éviter le pire. Mes pas s’arrêtent mais le choc se fait tout de même. Heureusement, les dégâts sont minimes pour nous deux et je finis par chercher le regard de l’inconnue qui en fait n’en est pas une. Il s’agit de Siam et un grand sourire s’affiche sur mon visage. La surprise se lit également sur elle et je reste planté là un instant, à la fixer avant qu’elle ne parle. Mon cœur s’emballe, heureux de revoir l’islandaise. Ces derniers temps, nos chemins ne s’étaient croisés que l’espace d’un instant, mais à chaque fois, ces regards échangés avaient suffi à enjouer mon palpitant. Elle a cette aura Siam, cette chose en elle qui fait que je me sens automatiquement attiré vers elle. Elle a ce regard de ceux qui ont vécu des choses, que les épreuves ont tenté de mettre à terre. Mais elle est encore là, Siam, le cœur battant, prête au combat.

Je retire ma main qui s’est posée par réflexe sur son bras lors du choc et regarde un instant autour de moi avant de replonger mon regard dans le sien. Elle bafouille et mon sourire se reforme, l’encourageant. « Je vais bien. Et toi ? » Cette question que je ne me pose plus vraiment ces dernières années. Une réponse donnée automatiquement sans vraiment me demander si oui au non je vais bien, au fond de moi. Car je connais la réponse, je sais que les blessures crient encore même si j’ai fini par les ignorer. J’ai mal mais je n’ai jamais aimé me plaindre. Alors la réponse est toujours positive bien que le fond de mon regard crie toujours le contraire à ceux qui me connaissent.

Elle me propose un café et je ne peux retenir un petit rire. « Ne sors-tu pas justement de ce café ? » Je ne veux pas la gêner, bien au contraire. Je suis content qu’elle me propose un café. Mais je ne la savais pas si accroc au point de devoir y retourner à peine sortie du bâtiment. Le rire laisse place au sérieux alors que ma main vient se loger dans mes cheveux pour remettre en place les quelques mèches rebelles. « Mais oui, ça me dit. On peut aller ailleurs si tu préfères aussi. » Car à force de la croiser fréquemment, j’ai commencé à apprendre son emploi du temps, à comprendre ces habitudes. Je le sais qu’elle se rend dans ce café régulièrement, bien souvent accompagnée de son ordinateur. Un bref coup d’œil approuve d’ailleurs ce que je pense. Je souris une nouvelle fois. « Tu as fini d’écrire ? » Je n’ai jamais lu ses écrits, à Siam, mais j’admire ceux qui arrivent à faire parler leurs mots ainsi.


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Ven 14 Sep - 15:42
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Mon regard, perplexe, plonge dans celui de Gabriel, se confronte au mensonge derrière lequel la vérité se faufile, effrayée. La vérité, cet océan abyssal où nage le cadavre de nos douleurs, s'essaye à la tromperie comme pansement et maquille ses plaies derrière des faux-semblants. Ça va. Un sourire. Satisfaire son auditoire a défaut de se consoler soi-même avec son propre mensonge. C'est machinal. Automatique. Que répondre d'autre à cette forme de politesse basique qui appelle à la banalité d'un retour positif, même faussé, plutôt qu'à l'exutoire ? Ou serais-je en train d'abuser de la lecture de pensées, une méthode analytique distordue qui consiste à envisager les gestes et le raisonnement de ceux qui nous entourent ? Peut-être que Gabriel va bien et que je m'invente une douleur qui n'est que le reflet de la mienne.

Gabriel... Mille mots me viennent à l'esprit quand je pense à lui. Mais aucuns ne forment une phrase cohérente qui se distinguerait par sa logique. Les mots s'emmêlent. Un capharnaüm de mots qui trébuchent dans mon cerveau. Qui est réellement Gabriel ? Qui est cet homme dont je crois discerner les états d'âme car une partie de moi, que je ne saurais décrire mais dont je reconnais inexorablement l'existence, s'estime capable de ressentir, de comprendre, de saisir ce qu'il tait à voix haute et crie en silence ?

Vraiment ?

Je pourrais sourire, le croire sur parole lorsqu'il ânonne aller bien, plutôt que de douter de sa réponse toute faite. Loki me le reproche d'ailleurs mentalement. Malheureusement, je ne peux pas aller contre cette sensation qui me tord l'estomac lorsque mes yeux rencontrent ceux de Gabriel et qu'une vérité sourde, sa vérité, résonne en moi.
J'ai rencontré Gabriel peu de temps après être arrivé à Ókólnir. Depuis, une semaine sans le voir me rend terriblement nerveuse. L'apercevoir ou passer plusieurs minutes en sa compagnie m'apaise, comble un manque dont je ne comprends pas la provenance. Il représente une sorte d'accalmie entre les bras desquels je me réfugie en cas de tempêtes interne. Il est la présence vers laquelle j'avance, tirée vers elle comme le fer l'est par l'aimant. Il muselle la voix de mes fantômes. Ce serait grossier et déplacé d'employer la comparaison du toxicomane en manque. Ce n'est pas ce genre de sentiments malsains dont il est question pourtant, il soulage une absence dont je refuse psychologiquement comme physiquement le sevrage.

Je secoue la tête, remet en place mes idées, et lui adresse un sourire en préambule d'une réponse toute faite, elle aussi.

Ça va merci.

Le renard en profite pour saluer Eija qu'il reconnaît comme étant agréable de compagnie. Il apprécie passer du temps avec elle et lui trouve des ressemblances communes qui contribuent à leur bonne entente. Du moins il espère que ce bon sentiment est partagé.

Je songe au serveur qui s'est occupé de me servir une partie de la matinée et qui a aimablement stoppé la facturation après le quatrième expresso. Et me voilà à sourire, naturellement, contaminé par la mélodie d'un rire qui fait taire le raisonnement altéré de mes pensées. Je n'oublie pas mon ressenti précédent. Je le mets simplement de côté au profit d'un comportement plus adapté à la situation qui m'incite à sourire librement, sans complexe.  
Loki grimace rien qu'à l'idée de devoir à nouveau franchir les portes du café, lequel vient seulement de nous dire au revoir. Supporter à nouveau l'odeur du café et la chaleur moite des humains entassés à l'intérieur ? Son désaccord m'incite à me souvenir d'un autre endroit, un peu plus loin, qui pourrait nous accueillir en terrasse. Un endroit dont le charme réside dans son ambiance industrielle. Le bâtiment, rénové, évoque les usines aujourd'hui à l'abandon ou retapé en lieux de résidence à défaut d'opter pour la démolition d'anciens patrimoines.

Le serveur va finir par penser que je lui fais du bringue. Esquisse d'un sourire mutin qui s'affine, creuse des fossettes. Mais Loki a besoin de prendre l'air et moi aussi. Le café Lokka, tu connais ?

Je l'invite à me suivre pour rejoindre la destination citée.

Lorsque Gabriel évoque une des raisons pour laquelle j'ai passé la matinée coltiné derrière un écran d'ordinateur, que je m'entête comme étant tout bonnement l'unique raison de ma présence au café, je regarde dans sa direction, surprise qu'il m'interroge sur ce sujet.

Pas vraiment. Il me manque quelques éléments et une chute pour épiloguer l'ensemble. Une sorte de claque qui donnera envie d'en parler autour de soi parce qu'elle aura marqué par sa singularité.

La métaphore amuse Loki. « Pour sûr qu'une claque, on s'en souvient ! Difficile d'oublier un geste qui laisse des traces. » Je ris sous cape et reviens à un sentiment plus sérieux quoique la situation actuelle, légère, manifeste des sensations désinvoltes. C'est l'effet Gabriel. Je suis couvé par l'enthousiasme due à sa présence.
J'aimerais m'accrocher à son bras, nous emmener pour une longue balade où nos débats ne trouveraient pas de fin sinon quelques blancs dans la conversations qui n'auraient rien d’embarrassant. J'aimerais qu'au lieu d'un simple café, je lui vole des heures entières pour m'expliquer ce besoin inexpliqué d'être près de lui. J'aimerais que plutôt de m'inventer une excuse sur ma présence dans certains lieux, que je tarde à quitter lorsque plus rien ne me retient sinon une envie insolite, j'accepte potentiellement l'idée que Gabriel est plus qu'une simple connaissance.
Mais à la place, je reste campé sur ma réalité, celle qui me protège des autres que je m'imagine armés de désirs malintentionnés. Celle où je garde une distance raisonnable, nécessaire. Celle où je peux rire et sourire sans me contraindre à offrir à ma confiance. Une confiance que j'ignore délibéremment avoir déjà donné à Gabriel.

Alors, quoi de nouveau ? Quels derniers potins en date à rapporter au club des mégères ?



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Hier à 23:03
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Le rire innocent, la légèreté du moment et cette impression de bien-être toujours présent lorsque j’aperçois le sourire de Siam. Elle m’attire pour une raison que je ne saurais nommer. Tout est dans son regard, ce regard qui crie, qui hurle mais qui se cache. Ce regard qui raconte un million d’histoires si on ose s’y pencher. Mais Siam ne les raconte pas ces histoires. Comme moi, elle les cache derrière ces barrières, ces faux-semblants. C'est pourquoi elle n’est pas dupe devant ma réponse et sa simple question suffit à me faire perdre mon sourire un instant. Ce vraiment ? qui suffit à me faire tanguer, me faire comprendre qu’elle me voit, Siam, comme personne d’autre. C’est sûrement ça qui est si spécial avec elle, ce qui m’attire chez elle. Elle me voit alors que j’essaie d’être invisible.

Je suis prêt à bredouiller une phrase sauf qu’elle ne m’en laisse pas le temps, Siam. Elle sourit et reprend la conversation comme si son interrogation n’avait jamais existé et je finis par redorer mon sourire. Elle ment, elle aussi, je le vois. Son regard n’est pas aussi pétillant que lorsque la vie est belle. Je ne dis rien pourtant. Car il y a des douleurs qu’on se sait expliquer, qu’on ne sait plus comment gérer. La simple présence de l’irlandaise suffit à faire taire cette peine, à la faire cesser l’espace d’un instant, le temps d’une discussion. Elle me fait le même effet que ces substances de mon passé. Elle ressemble à cette bulle que je m’efforçais de créer, cette bulle où le mal n’arrivait pas à pénétrer, bloqué par tout ce que j’avais l’habitude de prendre. Mais les substances ne sont plus et Siam me permet donc parfois de retrouver cette impression de bonheur.

Eija salue le renard, me ramenant à la réalité, me faisant lâcher ce regard qui m’hypnotise si souvent. Elle apprécie Loki car contrairement à d’autres, il a cette capacité à savoir où se trouve sa place. Il ne cherche pas à prendre tout l’espace, ne cherche pas sans cesse l’attention et Eija apprécie cette qualité. Elle se relève d’ailleurs sur mon épaule pour se percher sur ses pattes arrière, s’aidant en s’appuyant sur ma tête. Et puis Siam reprend la parole et je ne peux m’empêcher d’imiter ces mimiques, amusé par ses remarques concernant le serveur. « Oh bah s’il en valait la peine, pourquoi le démentir ? » Je ponctue par un clin d’œil. Même si au final, je ne connais pas Siam depuis si longtemps, que nos rencontres ne sont que trop souvent brèves, je me permets ce genre de remarques, pour la taquiner, comme de vieux amis ayant vécu un milliard d’aventures ensemble. « Je connais le Lokka oui, ça me ferait plaisir d’aller là-bas ! » Le sourire reprend possession de mon visage alors que nous nous mettons en route. Eija est contente elle aussi de se rendre dans un endroit extérieur. Elle apprécie toujours observer le monde autour de nous. Quoi de mieux qu’une terrasse donnant sur une rue passante ? Et je dois dire que je préfère également rester à l’extérieur que de devoir m’enfermer, malgré le froid naissant. Cette impression d’étouffer, de me sentir pris au piège. Au moins dehors, l’air frais me tient les idées au clair.

Le regard cherche le sien alors que nous marchons côte à côte et qu’elle me conte son avancée dans ses écrits, le sourire ne me quittant pas. « Tu trouveras, j’en suis sûr ! Ókólnir regorge de ressources ! » Et la discussion change, se porte sur le quotidien et à nouveau, un petit rire s’échappe de la barrière de mes lèvres, le regard cherchant un instant le sol, les mains se fourrant au fond des poches. « Rien de bien nouveau ma foi… Toujours les mêmes rengaines. Le Temple se rempli tous les jours. On est bien occupés. » Par ces gens comme toi et moi, ces gens qui ont tout perdu et qui s’efforce de rester debout. « Il faut croire que les cas spéciaux se sont planqués, je n’ai pas eu de quoi rire ces dernières semaines. » Et un nouveau rire. Car il y en a parfois, des barrés, des gens dont on ignore le passé mais qui nous donnent cette illusion de venir d’un autre monde. Je me garde également de lui raconter mes histoires de fin de semaines, ces aventures qui surviennent lorsque l’oracle est rangé au placard, lorsque la tête s’oublie entre les courbes d’inconnues, lorsque le sourire s’évade dans la musique des boîtes de nuit. Siam n’a pas besoin de les entendre, je n’ai pas besoin de les partager, même si parfois, elles sortent de ce quotidien morose. Car je l’ai déjà aperçue, Siam, l’esprit aussi perdu que le mien. Elle sait ce que c’est. « Et toi alors ? A part un serveur qui pense avoir une chance. » Encore un sourire.

Nos pas s’arrêtent devant la terrasse du Lokka et j’invite Siam à s’assoir à l’une des tables avant d’y prendre place à mon tour. Eija descend de mon épaule pour venir s’installer sur ma jambe, ses pattes avant se posant sur la table. La serveuse vient rapidement vers nous et je commande un café, laissant à Siam le soin de se commander ce qu’elle veut après sa consommation abusive de café. Je regarde la serveuse s’éloigner une fois fait puis laisse mon regard divaguer sur ce qui nous entoure avant de retomber sur l’islandaise, appréciant ce silence léger qui s’installe entre nous un instant.


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