Never thought you'd be the one to help ▬ Malcolm

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Mar 11 Sep - 17:08

Début décembre 1979
Darwin (18 ans) & Malcolm (17 ans)

L’appartement est un bordel sans nom, pile de livres à moitié effondrées dans la pièce, vaisselle oubliée dans l’évier, dossiers étalés sur la table et à même le sol. Les rideaux sont tirés, quelques fins rayons de soleil réussissant quand même à s'immiscer, seule source de lumière avec une petite lampe restée allumée sur un guéridon. Le silence règne. Par terre, affalé contre le canapé, boucles désordonnées échappées à tout contrôle, Darwin est enfin assoupi. Betty dort blottie contre lui. Dans son sommeil, le raton a presque l’air paisible, loin de la panique des derniers jours. Ils sont tombés dans les bras de Morphée sans rien demander, épuisés par de longues heures de terreur. Ils ont imaginé mille scénarios pour expliquer l’inexplicable, du plus inoffensif au plus horrifiant. La seule chose sur laquelle ils sont d’accord : tout ça n’annonce rien de bon.

Le ça en question a commencé il y a maintenant trois jours, même si Darwin et Betty seraient incapables de le dire, n’ayant pas vraiment conservé la notion du temps. Le jeune homme avait fini petit déjeuner, toilette et vaisselle et était prêt à quitter son appartement. C’était sans compter sa daemonne. « Betty, on y va, tu viens ? » Un bruit de dérapage sur le parquet du couloir et un raton laveur qui arrivait dans le salon en courant. Le début de la panique. « J’arrive pas à me changer ! » Le cri était désespérément aiguë. « Comment ça, tu n’arrives pas à te changer ? Ne sois pas ridicule et dépêche toi. » Mais sa Betty chérie refusait de prendre sa forme habituelle de petite chauve-souris. Il a fallu un moment pour que l’anglais accepte la réalité de la situation. Pas question d’aller en cours, pas tant qu’ils n’auraient pas découvert ce qui se passait avec Betty et, pourquoi, pour la première fois de leur vie, elle ne parvenait pas à se transformer. Les questions fusèrent : comment ? où trouver de l’aide ? était-elle malade ?

Trois jours plus tard, ils n’ont aucune réponse et beaucoup d’heures de sommeil en retard. La situation semble désespérée : pour autant qu'ils en sachent, ils sont les seuls à être... ce qu'ils sont. Leurs parents -leurs, oui, quoi qu'ils en pensent- leur ont vite fait comprendre qu'il n'y a rien de normal dans leur petit duo et que le moins ils en parlent, le mieux ça. Mais là, ils ont besoin d'en parler et personne avec qui le faire. L’épuisement est la seule chose qui permet à Darwin de dormir dans cette position et d’oublier le sol dur et froid ainsi que l’angle peu confortable de sa nuque. Un bruit de sonnette échoue à provoquer une quelconque réaction. Le même bruit, répété, aigu, agacé et agaçant qui finit par percer le voile, faire froncer les sourcils de Darwin pour l’arracher au repos. Il cligne des yeux. Son regard se pose tout de suite sur Betty qui commence elle aussi à s’agiter. Toujours un raton laveur. Il soupire. On tape à la porte et il sursaute. « Oui, oui, j’arrive ! », il lance par réflexe, avançant déjà vers l’entrée. Il ouvre et son froncement de sourcils s’accentue de nouveau. *Cache toi Betty, vite !* Il s’appuie contre le mur, porte entrebâillée, fausse image de nonchalance malgré ses vêtements froissés et ses dernières nuits blanches. Il essaie de gagner du temps.

Parce que l’homme là, devant sa porte, n’est nul autre que Malcolm Campbell, étudiant en droit, trop bon pour se mêler au reste de leur classe, trop droit dans ses bottes pour les accompagner boire un verre et bien trop décidé à fusiller Darwin du regard à la moindre occasion. Malgré tout ça Darwin force son sourire de bon camarade. « Malcolm, quelle surprise », il s’exclame avec bonne humeur. « Qu’est-ce qui t’amène ? » *Oui, qu’est-ce qu’il vient foutre ici, lui ? C’est vraiment le moment pour l’avoir dans les pattes !* Il ignore les propos peu flatteurs qui s'enchaînent dans son esprit et cligne tranquillement des yeux, attendant une réponse de la part de l’autre jeune homme.



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Mer 12 Sep - 21:57

Décembre 1979

Travailler dur n'est pas un concept étranger à Malcolm, au contraire même. Il aurait bien aimé s'asseoir dans un fauteuil bien moelleux, une tasse de thé dans une main, un livre dans l'autre, les jambes étendues sur un pouf, saupoudré d'un fond musical agréable il ne pouvait pas s'octroyer ce plaisir. Mettre ses vinyles favoris à tourner sur sa platine ne devait pas non plus le distraite plus que ça, afin qu'il puisse ingérer toutes ces nouvelles informations bien trop indigeste à son goût. Si Malcolm ressentit une immense fierté d'avoir été accepté, directement précisons-le, à l'université de Cambridge, il fut envahi par un profond sentiment d'aigreur d'être officiellement lancé dans cette voie dictée par ses parents. Alors il n'était plus autant plongé dans ses romans, Malcolm, plutôt, il était plongé dans plusieurs livres de droit, dictionnaires a porté de mains pour les mots alambiqués, inusités depuis des années qui devaient seulement exister pour rendre confus les pauvres étudiants qu'ils étaient et possiblement les futurs avocats qui n'auront pas suffisamment étudié. Il n'aimait pas ça, Malcolm, mais il donnerait le meilleur de lui-même afin d'atteindre le but que ses parents lui souhaitent d'atteindre, et il sera l'un des meilleurs.

Sauf qu'il a peine commencé ses études universitaires, Malcolm, et tout est tellement dépaysant ici. Il ne connaît déjà personnes. Rien de bien surprenant compte tenue de l'étendue de son cercle social qui se résume uniquement aux quelques proches en Écosse. Il a pourtant essayé d'être social et apprendre à connaître des gens, sauf que ça a toujours été très étrange pour lui. *Peut-être que tu devrais sourire un peu plus, au lieu d'avoir cet air austère.* L'intervention de Titania, allongée de tout son long sur le canapé, alors qu'il reprenait au propre ses notes n'était pas vraiment la bienvenue, parce qu'il entendait le même discours depuis des années. Et comme à chaque. « Je souris, tu le sais bien. » il soupire, parce qu'après *Ils ont sûrement l'impression que tu vas, soit les tuer dans leur sommeil, soit que tu te penses meilleurs qu'eux.* Long soupir, et retour aux notes. Bruits de saut et une boule de poils qui atterri sur le bureau. *Mais tu as déjà recopié tout ça.* Il pousse un court soupir, Malcolm. *Je sais.* Titania est perplexe et la détermination de son humain à tout réécrire la rend d'autant plus confuse, et il le ressent bien. Les sourcils froncés, il s'adosse complètement à sa chaise et il en profite pour s'étirer de tout son long, un de ses pieds nus rencontrant douloureusement le coin pointu d'un livre de lois obscure dont il s'est débarrassé plus tôt, créant un espace plus grand sur son bureau. Seule une grimace indique la douleur fugace. Il se débarrasse de ses lunettes et se frotte vivement ses yeux fatigués.

« Ce n'est pas pour moi. » Sous sa forme de chat norvégien, la queue de Titania s'agite, vite agacée par le manque de coopération de son humain. « Ce n'est pas la première fois que tu as fais ça cette semaine. » L'accuse-t-elle et la lumière se fait dans son esprit. Elle part donc s'asseoir directement sur les fiches sur lesquelles travaillent Malcolm depuis plusieurs heures déjà. « Ôte-moi d'un doute, tu ne serais pas en train de faire tout ça pour ce grossier personnage ? » Diantre. « J'ôte donc ton doute, ma dame. » Il plisse les yeux, et ajoute avant qu'elle ne puisse répondre. « Ne t'avise pas de menacer de les faire disparaître, ces fiches. Je n'ai pas passé autant de temps pour rien. » Est-ce que ça se sent, qu'il est à bout de nerfs Malcolm ? Titania semble en tout cas s'en apercevoir, parce qu'elle laisse tomber. Pour l'instant, cela dit. Elle reviendra à la charge quand l'humain sera moins à cran. Elle ignorait que ces années à étudier le droit, au lieu de donner des cheveux gris à Malcolm, lui ferait simplement perdre les cheveux en question.

« Va prendre une douche, tu empestes. » Il lui lance un regard vide, alors qu'il termine de rentrer les fiches dans un dossier, et mettre le tout dans sa grande sacoche en cuir. La douche est un privilège auquel il a décidé de céder uniquement ses fiches, et sa dissertation terminée. « Je suis épuisée rien qu'à t'entendre penser, Malcolm. » Sur ces bonnes paroles, la dame décide que faire une petite sieste pendant que son humain se rende présentable afin d'affronter le froid de décembre. Le costume de côté et aucun souhait de faire plus d'efforts que nécessaire sur son apparence, Malcolm se vêt uniquement d'une paire de jeans, un léger pull vert surplombé par sa veste en cuir, et une écharpe noire enroulée autour du cou. Il ne peut pas se permettre de tomber malade. Pas comme certain. Il enfile ses chaussures et il est fin prêt. Ses cernes, elles, sont toujours là.

C'est un bon coup de chance, qu'il sache où vit son camarade. Il n'avait jamais pensé qu'on lui donnerait l'adresse de ce dernier, au secrétariat, mais il a apparemment été suffisamment convaincant. *Tu devais lui faire peine à voir aussi.* Il pousse un soupir, Malcolm, alors qu'il s'aventure dans l'allée. Sa daemone est contre sa venue ici. Contre son aide qu'il a apportée à son camarade de classe à qui tout semble réussir. *Je ne veux juste pas qu'on abuse de ta gentillesse comme ça a déjà été fait avant.* S'il le pouvait, Malcolm, il caresserait la tête de souris qui est la forme de Titania, lorsqu'elle doit se glisser dans ses poches pour passer inaperçu aux yeux d'un monde ignorant. *Cette forme est disgracieuse.* Fait-elle plaintivement. Il monte les marches, maintenant Malcolm, se questionnant encore si c'est judicieux qu'il vienne là. * Je sais ma douce. J'en suis terriblement désolé.* Il y a de la tristesse dans sa voix, parce qu'il a conscience de combien il lui en coûte, à sa daemone, de faire ça. Une chance qu'il sache comment se faire pardonner.

Il sonne à plusieurs reprises, Malcolm, sa sacoche pendant à ses côtés ouverte, à chaque fois, il sent un mélange d'agacement et d'inquiétude. Il ne semble pas y avoir âme qui vive, alors qu'il avait pourtant l'impression que Payne prenait ses études au sérieux. Il passe à une autre alternative. Malcolm toque donc sur cette porte tout en l'assassinant du regard. Il toque fort et est certain que ses phalanges ont quelque peu rougi sous les coups. Dans l'autre, se trouve le dossier contenant tous les cours qu'a manqués cet être arrogant et imbu de sa personne. Finalement il entend la voix de l'autre étudiant, étouffée par la porte et la porte s'ouvre. « Malcolm, quelle surprise. » Il n'en doute pas. Il fronce les sourcils, Malcolm, tout de même. Quelque chose cloche, mais il ne saurait pas mettre la main dessus. « Qu'est-ce qui t'amène ? » Son regard est attiré par quelque chose, une sorte de forme, passée d'un côté à un autre de la pièce dont il entrevoit des détails derrière l'étudiant alors que ce dernier tente de prendre le plus de place dans l'embrasure de la porte.

Ta une sale tronche, Darwin il a envie de dire. Et il sent Titania enchantée à cette idée, mais il ne cède pas. Au lieu de ça, il tend le dossier, d'une épaisseur plutôt respectable, alors qu'il le salue en même temps. Politesse oblige. « Darwin. T'as bonne mine. » Titania pousse un grognement en même temps qu'il se rend compte de ce qu'il vient de dire. Et il se demande encore pourquoi son cercle social est aussi réduit ? Il soupire et explique la raison de sa venue, qu'on en finisse « Ce sont les cours que t'as manqué. » Il a soif aussi Malcolm, en plus d'être intrigué par le lieu de vie de ce malotru. Et s'il y a bien une boisson, autre que la bière, à laquelle un anglais ne saurait dire non c'est bien la chose suivante. « Je te prendrais bien un thé, s'il te plaît. Ne serait-ce que pour me réchauffer. » Si en plus il est curieux, Malcolm a bien senti la morsure du froid, en faisant la route jusqu'ici. Et Darwin n'aurait sûrement pas envie d'apparaître comme un hôte grossier, pas vrai ?





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Jeu 13 Sep - 10:57

Le coeur de Darwin rate un battement quand le regard sombre de l’écossais glisse derrière lui. *Qu’est-ce que tu fais Betty ?* L’angoisse court des deux côtés de leur lien, sentiment puissant qui a noyé les derniers jours dans un flou désagréable. *Je met de l’eau à chauffer ! Qu’est-ce que tu veux que je sois en train de faire ? T’as une idée d’à quel point c’est dur de se cacher avec tout le bordel qu’il y a ici ? Et tu as laissé la porte de la chambre fermée !* Ce n’est visiblement pas leur jour. Ou leur semaine. Une autre fois, il aurait pu être intrigué par la présence de Malcolm sur le pas de sa porte, convaincu de l’animosité qui règne entre eux sans qu’il ne puisse vraiment expliquer pourquoi il s’attire tout le temps la désapprobation du plus jeune. *Il désapprouve de tout le monde. Si tu cherches à comprendre pourquoi toi en particulier, tu vas te faire une crampe au cerveau.* Comme toujours, Betty n’a pas faux.

Darwin hausse un sourcil confus devant le dossier qui lui est soudainement tendu, mais s’en empare tout de même, trop fatigué pour vraiment y songer, auto-pilote engagé depuis longtemps. « Darwin. T'as bonne mine. » La remarque lui tire un rire abrupte, son surpris hors de lui et de sa gorge irritée. Il doit avoir l’air d’un épouvantail et il en est bien conscient. C’est tout Malcolm de pointer l’évidence sous un sarcasme dégoulinant et, à ce stade, Darwin n’a même pas l’énergie de s’offenser du manque de politesse. *Bravo, accepte des documents sans poser la moindre question. S’il veut t’accuser d’avoir voler les sujets d’examen, tu feras une victime parfaite !* Dire que Betty a tendance à devenir grincheuse quand elle est fatiguée est un euphémisme charmant. *Je croyais que tu voulais que je me dépêche d’expédier tout ça et de refermer la porte ?* *Certes, mais ça ne veut pas dire jouer les idiots !*

Deux secondes et Malcolm se décide à éclaircir tout ça pour eux deux. « Ce sont les cours que t'as manqué. » Darwin cligne brillamment des yeux. De quoi ? Il sait, oui, qu’il a raté des heures de cours, même si ça n’a rien d’important face au problème qui se pose dans l’appartement. La question est pourquoi Monsieur Je-suis-décidé-à-ramasser-tout-le-monde-à-la-petite-cuillère-dès-le-premier-exam -*C’est affreusement long comme surnom, je ne suis pas certaine qu’on puisse l’adopter pour un usage régulier*- est là à lui apporter ses notes ? Un nouveau clignement d’yeux avant qu’il ne baisse le regard sur le dossier qu’il tient dans sa main droite. « Oh. Merci. » *Brillant, Payne, brillant.* En effet, il est bien loin de son éloquence habituelle. Il est surpris, ok ? Et est-ce qu’il a mentionné à quel point il rêve d’un bon oreiller ? Le Darwin charmeur et sûr de lui est endormi quelque part dans le champ de bataille qu’est leur appartement. « Je suis certain que ce sera infiniment mieux que ce que je peux espérer récupérer de James ou Harriet », il ajoute, légèrement, avec amusement. La vérité est qu’il n’aurait pas eu grand mal à trouver quelqu’un disposé à le laisser emprunter ses notes le temps d’un court passage en salle des professeurs où un sourire innocent, un trait d’esprit et une bonne dose de culot lui aurait permis quelques photocopies. Le dossier est pourtant bien épais. *Combien de jours on a loupé ?* Blanc. *Il est quelle heure ?* Nouveau blanc. De très bonnes questions, comme toujours, Betty.

Ces préoccupations sont bien vite écartées devant un Malcolm qui ne perd pas de temps. « Je te prendrais bien un thé, s'il te plaît. Ne serait-ce que pour me réchauffer. » Le sourcil haussé fait son retour sur le visage de Darwin alors que Betty ne se gêne pas pour exprimer tout le bien qu’elle pense de ces quelques mots. *Non mais, pour qui se prend-il celui-ci ? A-t-on idée de s’inviter chez les gens de la sorte ? Un vrai Monsieur Je-donne-des-ordres-à-tout-va ! Il mériterait qu’on lui claque la porte au nez !* Darwin ne peut lui donner tort. La tentation est forte de faire exactement ça et de retourner à leur urgence personnelle. Seulement, *je ne peux pas lui refuser une tasse de thé, Betty*. Piège cruel d’un esprit diabolique que cette requête à laquelle Darwin, en bon petit anglais qui se respecte, ne peut dire non. Ce serait sacrilège. Betty se faufile un peu mieux derrière sa forteresse constituée de coussins et de dossiers divers en équilibre sur plusieurs piles de livres.

Darwin ouvre la porte en grand, acte de reddition. « Bien sur, entre, je t’en prie. » Il referme derrière son camarade et se dirige vers la petite cuisine, esquivant le bordel sur son chemin. « Ne fais pas attention au désordre. Pour être honnête, je ne pensais pas recevoir quelqu’un. Pose ta veste où tu peux. » Il se saisit de la bouilloir, la remplit et l’allume. Il débarrasse trois tasses vides de la table et les relocalise dans l’évier avant d’en saisir deux dans le placard juste au dessus. Le lait est sorti du frigo, les cubes de sucres retirés du tiroir en même temps que les petites cuillères et, trônant sur la table, la boîte à thé attend sagement. « English breakfast ou Earl Grey ? », Darwin demande, tout en se saisissant des quatre livres de psychologie qui encombrent une des chaises. Il cherche un court instant des yeux avant de les poser en équilibre sur le canapé déjà bien envahi. *Je crois que je vais éternuer.* Bien sur oui, pourquoi pas. Au stade où ils en sont, de toute façon. Le pied de Darwin accroche le bout d’un plaid et fait vaciller un autre équilibre précaire, microcosme dérangé duquel chutent un dictionnaire et une encyclopédie animalière. Boucan savamment orchestré qui, il l’espère, suffit à masquer l’éternuement de sa compagne. Il grimace pour son orteil blessé. Un coup d’oeil vide aux livres tombés est suivi d’un haussement d’épaule. « Ils ne tomberont pas plus bas », il conclut.

Le désastre frôlé, mais évité, il est maintenant temps de chercher la théière dans laquelle il place deux sachets du thé choisi par Malcolm. « J’ai bien peur de ne plus avoir de biscuits, en revanche. » Il n’en est pas fier, mais Betty et lui les avaient grignotés au cours des derniers jours et ils ne sont pas ressortis faire de courses depuis le début de la semaine. *C’est Monsieur Rien-n’est-assez-bien-pour-moi, pas la reine, qu’est-ce qu’on s’en fiche si on n’a pas de biscuits ?* *Excuse moi d’être poli, Betty.* Il s’appuie contre le plan de travail, bras croisé, attendant que l’eau bout et penche la tête sur le côté, les yeux rivés sur Malcolm. « Simple curiosité, mais comment as-tu eu mon adresse ? » Question qui aurait surement eu plus de mérite si elle avait été posée plus tôt. Il n’est jamais trop tard pour se renseigner, ceci dit.



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Ven 14 Sep - 18:06

Venir ici n'était pas une bonne idée, il aurait dû écouter Titania, Malcolm. Après tout, Darwin et lui ne sont même pas amis. Ils ne sont guère que des connaissances, alors pourquoi s'être échiné à recopier tous les cours pour un illustre inconnu ? Il est très probable que son geste ne soit nullement apprécié de toute façon. Ça avait commencé de cette façon, au lycée. Pourquoi devait-il toujours se faire du mal de la sorte, Malcolm ? *S'il essaie d'abuser de toi, je changerais de forme et le mangerais.* Il retient un doux sourire à l'intervention de Titania, sans quoi ça rendrait la situation encore plus étrange.

Le problème qu'il a Malcolm, quand il est anxieux de quelque chose c'est qu'il a tendance à dire l'inverse de ce qu'il pense, d'un ton rarement apprécié par ses pairs. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, pour finalement abandonner. Pourtant, il n'est pas défaitiste, Malcolm, mais il s'est fait une raison. Il ne se fera sûrement pas d'ami pendant ses études supérieures vues son incapacité à rendre tout échanges normaux. C'est triste, même si le point positif c'est qu'il n'aura aucune distraction hormis celles qu'il s'imposera. Il ne souhaite pas devenir fou enfermé chez lui, toujours plongé dans ses livres de droit. Il doit juste trouver son rythme.
Il s'était attendu à autre chose qu'un rire s'échappant de la gorge du plus vieux et il doit avoir l'air complètement idiot, à le fixer de la sorte, incrédule, mais pourquoi pas. Avoir l'air d'un idiot est un don chez lui. Il s'était aussi attendu à se faire envoyer paître, le dossier balancer à son visage dans un coup de rage, mais là encore, il avait eu tort. C'était perturbant. Il ignore de quel mal souffre Darwin, mais ça a un impact important sur sa personne. *Ça lui apprendra l'humilité, ça ne peut pas être un mal donc.* Ah Titania, toujours la voix de la raison. « Oh. Merci. » C'est au tour de Malcolm, de cligner des yeux. « Je suis certain que ce sera infiniment mieux que ce que je peux espérer récupérer de James ou Harriet. » Il fronce les sourcils, se demandant si c'est une preuve de sarcasme ou non et incertain il tente un sourire hésitant, décidant de prendre le sous-entendu comme un compliment sur ses capacités.

Il ne s'était pas rendu compte du froid, Malcolm, en sortant, et il n'a pas pensé à prendre ses gants, alors c'est un plus de se laisser aller à sa curiosité qu'il s'impose pour une tasse de thé. Oh il a conscience que son geste est moyennement apprécié à en juger par le haussement de sourcils de Darwin. *Ah. Je savais bien que j'avais oublié de te faire penser à quelque chose.* réagit Titania avec sagesse. Ça ne dure pas, cependant. *Franchement, Malcolm, je ne peux pas toujours penser à ta place, tu dois faire un effort !* Il se gratte là où se froncent ses sourcils, espérant camoufler la réaction qu'il a face aux paroles de sa daemone. Le plus âgé pourrait mal l'interpréter. *Excusez-moi, ô grande Titania. Je tâcherais de trouver un moyen de penser à ce genre de détails sans importance entre les trois heures de sommeil que je parviens à avoir chaque nuit.* Pour le coup, ça lui cloue le bec, à sa daemone, qui ne s'était pas rendu compte de l'état de fatigue de son humain. Même si ça ne lui donne pas le droit de lui parler sur ce ton. Elle lui en fera part plus tard, au calme. « Bien sur, entre je t'en prie. » Il hoche la tête, reconnaissant et entre. « Ne fais pas attention au désordre. Pour être honnête, je ne pensais pas recevoir quelqu’un. Pose ta veste où tu peux. » Le bazar qui règne à l'intérieur de chez l'autre étudiant est inattendu. En enlevant sa veste, qu'il posera sur le dossier d'une chaise, avec sa sacoche, il l'informe de deux trois choses supplémentaires « Je t'ai mis les études de textes et autres devoirs, » commence-t-il alors qu'il grimace intérieurement le côté enfantin de sa phrase. « et aussi les livres recommandés par les profs. Puis, hm, certains que j'ai trouvés et pensé qui pourront t'intéresser. » Il réalise trop tard qu'il se frottait les mains dans un geste nerveux. *Bravo Malcolm, tu respires la confiance en toi. C'était magnifique d'être témoin d'un tel spectacle.* Il choisit d'ignorer Titania.

« English breakfast ou Earl Grey ? » ses yeux s'illuminent à la mention du second thé proposé. « Earl Grey s'il te plaît. » Il a déjà hâte de sentir couler le liquide chaud dans sa gorge. Il hausse un sourcil en voyant les livres de psychologie, dans les bras de l'autre étudiant. Incrédule, il observe le manège du plus vieux en se demandant ce qui se passe. *C'est un excentrique, si ça se trouve.* Pour le coup, il ne pouvait qu'être d'accord. Le bruit de la chute des livres lui fait froncer les sourcils, d'autant plus qu'il lui a semblé entendre autre chose. « Ils ne tomberont pas plus bas. » Ils clignent des yeux, son regard passant des livres de psychologie, à l'encyclopédie à Darwin. Il penche la tête sur le côté, un peu perdu. « Tu fais un double cursus ? » lâche-t-il s'en pouvoir se retenir. Titania soupire et lui, ne sait plus trop où se mettre. Il fixe encore un instant le livre sur les animaux, s'interrogeant sur la raison qui a poussé Payne à se munir d'un tel ouvrage, il a le droit d'être curieux, après tout, non ? « J'ai bien peur de ne plus avoir de biscuits, en revanche. » Il relève les yeux vers Darwin, interrompu dans ses pensées, qui est en train de préparer le thé, « Oh, pas de problèmes, rassures-toi. » Après tout, il impose un peu sa présence.

Regardant un peu partout, il ne fait pas attention quand Darwin se retourne, le temps que l'eau bout. « Simple curiosité, mais comment as-tu eu mon adresse ? » Malcolm a la décence d'apparaître gêné, parce qu'il a bien conscience que sa présence n'est nullement bienvenue. « J'ai demandé au secrétariat. On me l'a donné quand j'ai fourni la preuve que j'allais bien t'apporter les cours manqués. » Il entend la voix de Titania, plus tôt quand elle lui disait qu'il devait avoir l'air désespéré. Il grimace légèrement. « Je suis désolé, si ça, » il fait une pause quand il entend un léger bruit derrière lui, mais il n'y a rien quand il se retourne. Il doit être plus épuisé que ce qu'il a anticipé, « t'ennuie. » Termine-t-il. Il espère qu'il n'aura pas de problème avec l'université si Darwin veut se plaindre, alors que ça partait d'une bonne intention.



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Sam 15 Sep - 12:02

Darwin n’est pas un jeune homme timide ou facilement mal à l’aise et, même devant l’état de son appartement, il ne ressent pas de gêne. Du stress, en revanche, est bel et bien présent. Il n’aime pas la situation : il n’aime pas le fait que Betty soit coincée dans sa fourrure de raton laveur, il n’aime pas la présence de Malcolm dans le seul endroit où Betty et lui n’ont pas à se cacher et il n’aime pas avoir à bavarder à propos des cours ou du thé alors que l’inquiétude noue son ventre. Pourtant Darwin fait tout ça, sourire calme aux lèvres, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, enfant bien élevé jusqu’au bout des ongles. « Je t'ai mis les études de textes et autres devoirs, et aussi les livres recommandés par les profs. Puis, hm, certains que j'ai trouvés et pensé qui pourront t'intéresser. »

Un autre jour, une autre personne et l’anglais le proclamerait son sauveur. Les études de droit sont importantes pour ses parents et, par conséquent, importantes pour lui. Son passage à Cambridge est planifié depuis son enfance : il collectionnera les bonnes notes, étendra le réseau d’influence de sa famille et finira avocat diplômé dans la firme de son père. Avenir tout tracé contre lequel il n’a jamais songé à se rebeller. Pourtant, en ce moment précis, Darwin a envie de hurler qu’il ne peut pas s’en foutre plus et que seule Betty importe. Cri bâillonné derrière la façade de pragmatisme du bon anglais.

Un autre jour, même personne et l’anglais penserait qu’il est devenu fou. Malcolm Campbell n’a aucun intérêt à se donner tout ce mal, tout le contraire même. Il n’y a pas d’amitié perdue entre eux deux et ça a toujours été limpide depuis la rentrée. Malcolm est sérieux, presque austère dans sa détermination à faire mordre la poussière à tous ses camarades et Darwin n’est pas le genre de jeune homme à refuser un défi. A ce stade, leur rivalité est presque officielle. Pourquoi donc lui apporte-t-il ses cours ? La question est une pensée en arrière-fond, pas assez forte pour percer le voile de son inquiétude, même pas un avertissement murmuré pour le mettre en garde. « Tu ne fais vraiment pas les choses à moitié », il se contente donc de répondre, surpris et amusé à la fois. « Il y a beaucoup de travail pour les prochains cours ? » *On ne sait même pas quand sont les prochains cours ! Pourquoi tu t’inquiètes de ça ?* Parce que c’est ce qui convient de demander, suite logique à cette conversation alors que son esprit est occupé à faire un peu de place et camoufler la présence de Betty.

« Tu fais un double cursus ? » La question lui fait arrêter ses geste quelques secondes, sourcils froncés par la confusion, avant que ses yeux ne se posent de nouveau sur les livres qui l’entourent. Il a un petit rire fatigué. « Ah ça ? Non, je suis juste curieux, je suppose. C’est difficile de passer des heures sur des textes de lois. Ou alors c’est juste ma mémoire qui a du mal avec la monotonie. Un peu de diversité m’aide à garder l’esprit clair. » Il finit avec un haussement d’épaule. La fatigue délie ses lèvres et le mensonge en coule facilement, surement parce qu’il y a un fond de vérité. Le droit ennuie Darwin. Il y a des milliers de choses qui attirent sa curiosité, mais pas les vieux textes qu’ils doivent étudier et retenir. En revanche, il apprécie la logique nécessaire pour monter un cas, la clarté qui est exigé d’eux et l’attention aux détails qui se révèle souvent cruciale.

Plutôt que de s’appesantir sur le sujet, il retourne à des choses plus triviales comme l’absence de biscuits. Ça ou comment l’écossais a trouvé son appartement. « J'ai demandé au secrétariat. On me l'a donné quand j'ai fourni la preuve que j'allais bien t'apporter les cours manqués. » Explication on ne peut plus sensée. *Oui bien sur, c’est tout à fait génial. Comme ça, si quelqu’un veut te tuer, il n’a qu’à prendre des notes pour toi pour avoir une excuse toute prête, c’est génial ! Ils n’ont jamais entendu parler du concept d’informations privées ou quoi ?* Betty exagère, bien sûr, mais Darwin ne peut pas lui donner complètement tort : savoir qu’il suffit à n’importe qui d’insister un peu auprès du secrétariat pour obtenir son adresse n’a pas grand chose de rassurant. « Je suis désolé, si ça t'ennuie. » Ce qui l’ennuie c’est la façon dont son cœur rate un battement quand l’autre jeune homme se tourne, regard perçant porté sur le reste de l’appartement. *Qu’est-ce que c’était ?* *Une bougie, Darwin. Pourquoi il y a une foutue bougie au milieu de tous ces livres ?* Il ne répond pas, la peur s’étant vite transformée en colère. Il sait, logiquement, qu’il n’est pas en colère contre Betty elle-même, juste terrorisé que ce qui lui arrive soit grave et plus qu’épuisé. Les sourcils un peu froncés, il balaie l’air d’un geste de main, comme pour chasser les excuses de Malcolm. « Pas du tout, bien au contraire. C’est juste que j’aimerais autant que les secrétaires prennent la peine de me téléphoner avant de donner mes coordonnées. » Simple politesse, vraiment.

Il se retourne pour transférer l’eau chaude de la bouilloire à la théière, saisit un dessous de plat et dépose le tout sur la table. Encore quelques minutes pour laisser infuser et ils pourront boire leur tasse en continuant à discuter de tout et de rien *Majoritairement de rien* avant que Darwin puisse enfin inviter Malcolm à partir *Ce qui ne sera pas trop tôt*. Il sait. Il a tout autant envie qu’elle de retrouver l’intimité de l’appartement et de continuer ses recherches infructueuses sur ce problème qu’il ne sait même pas comment définir, mais il doivent être patients. Encore un peu de temps, juste un peu, et tout ira bien.

Darwin tire une chaise pour s’asseoir et rien ne va plus.

En quelques secondes, c’est le drame, abrupte, soudain. Le pied de la chaise dérange un thermos plein qui, bien que fermé, doit probablement contenir du café froid vu qu’il est là depuis la veille, et le jeu de domino est lancé. Darwin retient son souffle alors que la deuxième pile de livres à basculer est retenue par un coussin. Un épais tome sur les légendes des indiens d’Amérique glisse. Il le regarde, horrifié, les secondes semblant s’étirer. Le volume tombe brusquement, la forteresse de Betty tremble et vacille, sur le point de s’effondrer. Le raton laveur décampe quelques secondes avant la terrible chute, dans un cri outré. « Bordel, Darwin, t’essaies de me tuer ou quoi ? »

L’animal est terré sous le canapé. Ses yeux luisent et sa queue dépasse, incapable qu’elle est de mieux se cacher à cause des boites qui occupent déjà l’espace. Ça n’a pas d’importance, le mal est déjà fait. Moins de dix secondes pour détruire un monde. Darwin est figé sur place, main toujours posée sur le dossier de la chaise, jointure blanches à s’en faire mal, regard hagard. Il ouvre la bouche. La referme. Que peut-il bien dire ? La peur panique qu’il ressent n’est pas juste la sienne, mais aussi un écho de celle de Betty. Pauvre Betty toute tremblante. Lentement, douloureusement, Darwin détourne ses yeux vers son invité. Dire qu’il est épouvanté est un euphémisme : il est Darwin Payne, il a toujours une remarque intelligente à offrir, un rire charmeur pour distraire et se sortir des ennuis, excepté qu’il n’y a rien, là, tout de suite, qui pourrait arranger les choses. C’est le cauchemar de sa vie et, de toute évidence, il n’est pas endormi.



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Dim 23 Sep - 15:17

En entrant Malcolm a été surpris par la pagaille qui règne dans l'appartement de Darwin, toujours si soigné de sa personne. Ça contraste tellement avec ce qu'il voit à l'université que ça le perturbe un peu. Comme si la situation n'était pas déjà suffisamment étrange. Il a clairement le sentiment de louper quelque chose Malcolm, sans parvenir à mettre la main dessus. Sortir de sa zone de confort – autrement dit son appartement – afin d'apporter les cours manqués par son camarade le rend suffisamment anxieux, il ne sait pas pourquoi il se laisse envahir pour le souhait d'assouvir sa curiosité. Il aurait déjà pu être de retour chez lui. Il devrait être de retour chez lui, à potasser encore et toujours dans ses livres jusqu'à en avoir mal aux yeux.

« Tu ne fais vraiment pas les choses à moitié. » Il tente de déceler la moquerie dans le ton du plus âgé, mais il ne semble pas y en avoir. Étrange. « Il y a beaucoup de travail pour les prochains cours ? » Malcolm a bien envie de lui dire d'ouvrir le fichu dossier où toutes les informations se trouvent à l'intérieur, mais l'espèce de trêve qui s'est installée depuis son arrivée l'en empêche. Ça ou alors sa fatigue. Fronçant les sourcils afin de se rappeler exactement de ce qu'il y a fait « Analyser des termes du recueil de lois et rédiger des essais sur la façon dont on peut interpréter ces lois et les utiliser dans un tribunal. » sa voix prend un ton monotone alors qu'il se souvient que ça ne sera pas la dernière fois qu'ils devront faire ce genre de chose « … et comment elles peuvent interagir avec une autre section du recueil et autres textes de loi. » C'est une activité qu'ils font depuis de début de l'année et c'est franchement une plaie. « C'est pour la semaine prochaine, et pendant Noël on aura le droit de se faire la main sur la jurisprudence. » Il a déjà hâte d'y être, Malcolm. Ça se voit d'ailleurs, son visage rayonne de bonheur à cette perspective. Bon, en toute franchise il a déjà commencé à regarder de quoi il retourne.

Il observe partout autour de lui Malcolm et quand il tombe sur l'encyclopédie il est particulièrement intrigué. Il a conscience que les gens sont toujours plus complexes qu'il n'y paraît mais quand même. « Ah ça ? Non, je suis juste curieux, je suppose. C’est difficile de passer des heures sur des textes de loi. Ou alors c’est juste ma mémoire qui a du mal avec la monotonie. Un peu de diversité m’aide à garder l’esprit clair. » C'est de mauvaise foi qu'il veut admettre ce point commun qu'ils partagent. *Vous devez tous avoir besoin de faire une pause sur ces textes barbants, t'en fais pas.* Certes, mais le déni est si confortable. « C'est... compréhensible. Ça peut devenir vite très ennuyeux. » Lui, il écrit. Ou va nager à la piscine pour se vider l'esprit et le corps. Il en sort tellement épuisé qu'il dort du sommeil du juste, sans penser à ses courts. Puis l'illusion d'être reposé s'évapore quand son regard se pose sur son bureau, son premier thé ingéré et il est temps de s'y remettre.

Il est mal à l'aise quand vient la question de l'obtention de l'adresse de Payne, Malcolm, ce qui est une réaction plutôt normale en soi après tout ils sont loin d'être proche et il est presque certain que toute leur promo est en courant. « Pas du tout, bien au contraire. C’est juste que j’aimerais autant que les secrétaires prennent la peine de me téléphoner avant de donner mes coordonnées. » Il arque un sourcil, « Misses Edgecombe et Weber l'ont fait. À plusieurs reprises, d'ailleurs, mais ta ligne sonnait toujours occupée. » C'est ce qui a d'ailleurs aussi poussé les secrétaires à lui donner son adresse. *Il fait aussi peur à voir que toi avant ta douche.* Rester de marbre est un art, quand un être parle dans son esprit de la sorte. *Quelle intervention merveilleuse Titania, merci.* Il y a une exclamation outrée à laquelle il ne porte que très peu attention.

Il observe Darwin déposé la théière sur la table, l'envie d'y poser ses deux mains pour les réchauffer difficile à retenir et il suit le spectacle avec étonnement. De toute évidence, il n'est pas le seul dont le sol est jonché de livre, mais ses piles ont au moins le mérite de tenir debout. Une créature velue se précipite sous le canapé « Bordel, Darwin t'essaie de me tuer ou quoi ? » Malcolm fixe la queue avec perplexité, puis tourne ensuite son regard vers son camarade de classe. S'il est persuadé que sur son visage reflète la perplexité, celui de Darwin est empli de terreur non contenu. De tous les étudiants de l'université il n'aurait jamais pensé le plus âgé être comme lui. Comme quoi, les apparences sont souvent trompeuses. « Okaaaay. » Dit-il, surpris et avec éloquence, un point fort pour son avenir d'avocat, notons-là. *Sors-moi de là, avant qu'il ne nous fasse une crise cardiaque.* Lentement, comme s'il avait devant lui une bête à ne pas blesser, il tourne la chaise sur laquelle se trouve sa veste afin de montrer Titania. *C'est bien ce que je comptais faire, ma dame. Il va nous faire une syncope avant ça et on n'a pas vraiment besoin de ce genre de publicité.* Il montre Titania sous sa forme de rongeur et cette dernière change de forme devant les yeux de Darwin. Les actions en disent beaucoup plus que les mots dit-on et il a le sentiment que c'est la meilleure des choses à faire présentement. *Je vais aussi pouvoir reprendre un forme plus noble, après la petite démonstration. »

Titania virevolte autour d'eux pendant plusieurs secondes et il sait qu'il n'est pas chez lui, Malcolm, mais dans l'immédiat Darwin ne lui donne pas l'impression de pouvoir faire quoi que ce soit, alors il sert les deux tasses de thé et en tend une vers le plus âgé. « Je pense que tu peux t'asseoir, Darwin. » Titania change de nouveau de forme pour celle de chat norvégien. « Il vaudrait mieux Payne. Tu donnes l'impression que t'as arrêté de respirer. C'est une activité plutôt vitale, alors tu devrais t'y mettre. » Malcolm roule des yeux. « Voici Titania. » déclare-t-il, doucement. Sa daemone se dirige à pas de velours vers la forme cachée sous le canapé. « Tu devrais revoir ta définition de cacher, ma chère. » Son ton porte une note de gentillesse, quand elle s'adresse à la daemone de Darwin, allongée qu'elle est, ses yeux plongés dans ceux luisant de l'être devant elle, sa queue remuant lentement sur un rythme quelle est la seule à entendre. Malcolm et elle ont imaginé beaucoup de façons dont pourrait se dérouler cette journée, mais jamais ils n'auraient cru tomber sur un autre daemonien en pleine panique.

Il n'en est pas certain, Malcolm, mais la présence de la daemone sous le canapé et l'encyclopédie animalière ont l'air d'être lié. Il n'y mettrait pas sa main à couper, notamment parce qu'il y tient à ses mains, mais il est presque persuadé qu'il a à faire à une personne dont le daemon vient de se stabiliser. Ce qu'il ne comprend pas en revanche, c'est le besoin de l'encyclopédie ? Sûrement son camarade de classe est au courant du processus, pas vrai ?



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Lun 8 Oct - 17:59
L’ennui à l’entente des devoirs qui l’attendent, préoccupations lointaines déjà épuisantes, et la légère gêne quand son camarade lui apprend que les secrétaires ont bien tenté de l’appeler sans succès sont de courte durée. Il y a plus important. C’est déjà une catastrophe ce qui leur arrive, ce qui les force à se terrer dans l’appartement à la recherche d’une quelconque réponse tandis que les questions se multiplient, porte ouverte à de nouvelles terreurs. Est-ce que Betty restera toujours ainsi ? Est-ce que la magie qui lui a donné vie s’estompe ? Est-ce qu’elle devient un vulgaire animal ? Ça bourdonne dans les esprits des deux compères et ils sont bien incapables d’arrêter la course folle de leurs pensées. Du moins, ils le sont jusqu’à ce que le pire arrive.

C’est comme si le monde s’était brusquement mit sur pause. Un ralenti dramatique sur la chute du tome fournit une insoutenable tension scénaristique. L’écroulement qui s’en suit fait office d’effets spéciaux, concentré d’action sur un rythme effréné qui se conclut par une pirouette comique, réplique lancée par Betty Payne, nommée pour l’oscar de la meilleure actrice dans un rôle principal. Malheureusement, ce n’est pas un film. Pour une des rares fois dans sa vie, Darwin est sans voix. C’est pire que la frayeur de se faire surprendre par son frère parce que, là, au moins, ça resterait dans la famille. C’est pire aussi que les remontrances de son père quand Betty fait trop de bruit et pire que l’atmosphère étouffante du domicile familial. Il a passé sa vie à craindre que quelqu’un d’autre que ses parents découvre son secret et c’est ce qu’il vient de se passer.

Quand il trouve enfin le courage de relever les yeux vers Malcolm, il ne lit que surprise sur son visage. Pas de peur, de dégoût ou de colère. Peut-être lui faut-il un peu plus de temps pour diriger le choc d’un raton-laveur parlant ? Il devrait le forcer à ne rien dire, ou tout simplement le foutre à la porte, là, maintenant. La pensée a à peine le temps de se former que l’écossais réagit. « Okaaaay. » Dans son état actuel, Darwin ne peut pas lui reprocher son manque d’éloquence ; ce serait l'hôpital qui se fout de la charité. Il se tend un peu plus quand Malcolm se tourne, un exploit inquiétant quand on considère sa posture depuis la chute des livres. Il reste pourtant immobile. Il n’y a plus rien à faire de toute façon. L’écossais récupère quelque chose dans sa veste. Une souris. Darwin cligne brillamment des yeux. Il n’aurait jamais soupçonné que l’autre jeune homme est du genre à abriter de pauvres rongeurs du froid mordant de l’hiver mais pourquoi pas, oui.

La souris se métamorphose sous ses yeux, papillon de lumière n'a plus rien d'éphémère.

Darwin songe un instant que tout ça n’est qu’un rêve. *Même nous on n’a pas assez d’imagination pour rêver ça, Dada* Première pensée cohérente de Betty depuis son exclamation outrée et première vérité. Il y a trop d’émotions diverses qui tourbillonnent en lui : l’épuisement des derniers jours qui rend tout plus flou, la terreur panique des dernières minutes qui s’estompe lentement, l’émerveillement, la curiosité, la méfiance, l’incrédulité,... « Je pense que tu peux t'asseoir, Darwin. » Il ne se le fait pas dire deux fois. Ses jambes tremblent légèrement et il préfère mille fois suivre la voix de la raison. Dans d’autres circonstances, il aurait surement détesté que cette voix, en ce moment, ce soit celle de Malcolm Campbell. Il a toujours les yeux fixés sur la créature qui vient de se transformer en chat. Titania. Un prénom royal qui convient bien au snobisme de l’écossais, au moins ça de normal dans la journée.

Darwin sent les larmes lui venir aux yeux, brûlure désagréable, mais encore supportable. Il surveille le félin se rapprocher de sa Betty. Cette dernière, des étoiles dans les yeux, s’avance prudemment hors de son abris de fortune sans tenir compte du gentil sarcasme. Elle avance une petite patte vers la fourrure soyeuse. Elle se ravise et, au lieu de toucher doucement Titania pour s’assurer qu’elle est bien réelle et solide, elle s’arrache à la fascination qu’elle exerce sur elle pour bondir sur les genoux de Darwin et se blottir tout contre lui. En sécurité. Une des mains de son humain trouve automatiquement sa place sur son dos et la caresse dans un geste apaisant pour l’un comme pour l’autre.

Un éternuement produit une secousse désagréable. « Il est allergique au chat. » Détail atrocement terre à terre qui avait pour un moment échappé à Darwin et Betty. Et quel choc c'est, d'entendre sa Betty adresser la parole à quelqu'un d'autre que lui-même : une grande première dans leurs vies. Il y a trente-six mille autres choses à dire et à demander, mais ils sont encore trop sous le choc pour choisir par où commencer. Une fois Titania transformée en un autre animal plus inoffensif pour les voies respiratoires de Darwin, la suite de la conversation s’impose comme une évidence. « Betty ne peut plus se transformer. » Et s’il a l’air d’une petit garçon effrayé par le croque-mitaine, il ne s’en rend pas compte. Il n’est même pas agacé que le destin choisisse de lui présenter Malcolm comme bouée de sauvetage, trop heureux d’avoir une bouée pour laisser sa fierté l’empêcher de la saisir. Après tout, il n’est pas question de lui-même, mais de Betty, et il ne laissera jamais rien de mal lui arriver sans s’être battu bec et ongles avant. « Je... » Il ne sait pas comment finir et passe une main sur son visage, la baisse, la fixe et constate qu’elle tremble encore. Foutus nerfs. « C’est la première fois que ça arrive et je ne sais pas pourquoi », il reprend, un peu plus calme. Il a pris la décision de faire confiance à Malcolm et de laisser l’incertitude derrière lui. « Est-ce que Titania et toi vous avez déjà vécu quelque chose comme ça ? » Chercher les antécédents, c’est une approche d’avocat, mais c’est la logique que son père a inculqué en lui et la seule chose à laquelle il peut se rattacher sur le moment. Jusque là, il n’avait jamais osé songer que quelqu’un d’autre puisse être comme lui et il refuse d’y penser trop longtemps, pas avant de savoir ce qu’il se passe avec Betty. Une chose à la fois.



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Mar 16 Oct - 12:54

Jamais au grand jamais Malcolm a-t-il imaginé se trouver un jour dans cette situation. Il pensait avoir cerné la personne qu'est Darwin Payne, mais s'il s'avère un véritable pain in the ass en cours, avec sa facilité déconcertante à tout saisir, c'est plutôt cette facilité qu'il a de parler aux gens. Malcolm, il est juste trop anxieux à l'idée qu'on se joue de nouveau de lui, qu'on l'utilise, qu'on abuse de sa gentillesse. Malcolm, il est juste incroyablement maladroit quand il est question de rencontrer de nouvelles personnes et s'en faire d'éventuels amis. Il est donc en partie envieux, Malcolm, de ces personnes pour qui ça vient si aisément, même s'il ne veut pas l'admettre.

Pourtant, malgré ces craintes, il est ici, Malcolm, l'air interdit devant son camarade de classe qui ne semble pas avoir rejoint les bras de Morphée depuis plusieurs jours. On est suffisamment loin du jeune impeccable pour qu'il devine qu'il y a un bel et bien un problème et dès lors que la voix a retenti, provenant d'un raton laveur. La situation, cocasse il faut le reconnaître, est loin de lui être étrange, puisqu'il a grandi dans une famille de daemonien. Ce n'est pas le cas de tout le monde, il en a conscience, Malcolm. C'est le manque d'ouverture d'esprit et la peur pouvant provoquer de violente réaction qui le pousse à demander à Titiana de faire son entrée. Elle ne se fait pas priée, d'ailleurs. La dame qu'elle est pourrait se le permettre, mais le moment n'est pas au dramatisme. Ou très peu.

Titania, elle est un brin attendri par la réaction que sa présence entraînement chez sa comparse daemone. Elle est majestueuse, c'est un fait, mais il y a quelque chose d'enfantin dans le comportement du raton laveur, comme si elle n'a jusqu'alors jamais rencontré un autre être comme elle. Est-ce le cas ? Ont-ils vécu tout ce temps sans savoir ce qu'ils sont ? Un tel destin lui semble cruel, à Titania. Et dangereux. Quelqu'un d'autre que Payne a-t-il jamais tenté de toucher l'autre daemone ? Elle a beau déprécier le jeune homme, Titania se souhaite personne de vivre cet acte vil et cruel. Ses yeux clignent paresseusement lorsque la daemone se précipite de sous le canapé vers son humain. Comme elle n'a plus aucunes raisons d'être sur le sol, elle commence à avancer pour rejoindre Malcolm.

Il sirote sa tasse de thé, Malcolm, perdu sur la marche à suivre. L'arrivée de la daemone de Darwin n'est pas surprenante, c'est l'éternuement qui l'est, en revanche et ça le fait sursauter, perdu dans ses pensées qu'il est. « Il est allergique au chat. » raisonne la voix du raton laveur. Et évidemment, bien sûr, que Darwin Payne doit être allergique au chat. À défaut d'exceller dans tant de domaines, il faut que ce soit une allergie aux chats. À croire que c'est fait exprès. Titania est vexée. Plus par principe que par réelle vexation, parce qu'il s'agit de Payne. Surtout parce qu'il s'agit de lui, en fait. Il est plutôt ennuyé, Malcolm, parce qu'il sait à quel point sa dame aime cette forme. *Oui, Malcolm. Je sais.* Il n'a même pas le temps de lui en faire la demande qu'en un saut, les poils du chat se changent en plumes, les pâtes arrière deviennent des serres et celles de devant des ailes. Une magnifique harfang des neiges. Son plumage, tacheté de noir, est d'une douceur incomparable, se souvient Malcolm. Mais ce n'est pas le moment, à son plus grand dam. Titania, elle, se pose sur le dossier d'une autre chaise, fixant leurs hôtes de son regard ambré, impénétrable. Malcolm reconnaît sa suffisance quand il la voit et elle en regorge. L'unique raison que le pousse à ne pas rouler des yeux, c'est l'air perdu de Payne et de sa daemone.

« Betty ne peut plus se transformer. » D'un même geste, Malcolm et Titania lèvent la tête vers le jeune homme dont l'air perdu, si proche de la panique s'éloigne de tout ce qu'ils ont vu jusqu'à présent. « Je... » C'est en fait assez pénible à voir, et Malcolm maudit son cœur trop gros et sa naïveté qui ne semble pas vouloir disparaître, mais il laisse l'autre étudiant parler. « C’est la première fois que ça arrive et je ne sais pas pourquoi » cette conclusion, l'a déjà plus ou moins faite, donc ce n'est pas une surprise quand ces mots sont prononcés. « Est-ce que Titania et toi vous avez déjà vécu quelque chose comme ça ? » Avant de prendre la parole, il reprend une gorgée de thé, rapide avant qu'il se soit trop froid. Et quand il prend la parole, c'est avec gentillesse et douceur, parce qu'ils ont l'air désespéré. « C'est tout à fait normal, Darwin. » Il se mord la lèvre quand il se rend compte que ce n'est peut-être pas la meilleure façon de présenter les choses, alors il se racle la gorge en même temps que Titania passe sa tête sous son aile, réflexe acquis depuis des années maintenant.

Il se passe la main sur le visage, Malcolm et reprend avant de s'empêtrer encore plus. « À la fin de l'adolescence et vers le début de l'âge adulte, en général, le daemon prend une forme qui lui correspond le plus en fonction de plusieurs critères qui restent encore un peu flous. » Pour ne pas dire complètement, mais ce n'est qu'un détail. Il inspire un coup. *C'était mieux, Malcolm.* Loin d'être moqueuse, la voix de Titania est satisfaite. « Vous devez ignorer ce qu'est un daemon ceci dit. » lance-t-elle, statant cette réalité comme un fait, plutôt qu'une insulte. Elle se tourne alors vers son humain, l'invitant à poursuivre. *Tu as voulu venir ici. Tu assumes jusqu'au bout.* Même s'il n'y a pas de réel venin dans sa voix, le regard irrité qu'il lui lance est un réflexe et n'est pas discret, mais il n'en a cure, Malcolm. « C'est de cette façon qu'on s'appelle. » Il hausse les épaules, « J'ignore d'où ça viens, mais quand on naît, on naît avec une partie de notre âme à nos côtés. » Cette fois, c'est un regard doux qu'il lance sur sa daemone. Il ne peut pas imaginer sa vie sans elle à ses côtés, c'est trop douloureux et ça n'a pas de sens pour lui.

Quand il pense à la douleur de l'absence de Titania dans sa vie, il relève brusquement la tête, absolument paniqué à propos d'une pensée, ses mains se posent d'ailleurs brusquement sur la table, alors qu'il interroge Darwin, « Personne d'autre que toi n'a jamais essayé de toucher Betty pas vrai ? » Les plumes de Titania se gonflent sous l’ignominie dont il est question. « Personne, personne, d'autres que toi ne peut la toucher, tu entends ? » l'urgence dans sa voix est plus que palpable, tout autant que l'est la terreur qu'une chose pareille se soit déjà produite. Il se mord les lèvres une nouvelle fois et se frotte les mains, nerveusement. « Betty et Titania peuvent se frotter le museau si elles veulent, » Il ignore l'indignation que ressent sa seigneurie Titania, « mais autrement, aucune autre personne ne peut entrer en contact avec elle que toi avec Betty, moi avec Titania et ainsi de suite. » Le frisson qui lui parcoure le dos n'est pas une illusion créée par son esprit. Il reprend, plus doucement. « Faites juste attention, d'accord ? » Son regard passe du jeune homme à la daemone. Il a entendu parler, des conséquences d'un tel acte, et il ne souhaite ça à personne. Jamais. Qu'importe à quel point la personne est agaçante. Titania sent son malaise, difficile de faire autrement quand on partage le même esprit, alors elle se rapproche de lui en un battement d'ailes, montrant son dos à leurs hôtes, laissant son humain lui caresser la tête, la présence de l'un rassurant l'autre face à ce sujet tabou.



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Lun 29 Oct - 10:56
Si c’était un autre jour, Darwin l’aurait surement qualifié de plus beau de sa vie. Il n’est pas seul, rendez vous compte ! Toute sa vie il a cru être étrange, anormal, un véritable monstre de foire. Il a vite appris à s’en accommoder, pas du genre à questionner ce qui ne peut être changé, et s’est habitué à cacher Betty aux yeux du monde. Aux yeux de tout le monde, même ceux de son petit frère. Et ça ne pose pas problème, vraiment, parce que de toute façon Betty peut prendre la forme d’une abeille ou d’une souris ou même d’un chien. Sauf qu’elle ne peut plus. Le rappel est brusque quand ils regardent tous les deux la dénommée Titania se transformer en une très élégante harfang. La semaine dernière, Betty se serait fait une joie de l’imiter. La semaine dernière, Betty aurait été tout autre chose qu’un raton effrayé cherchant à se faire le plus petit possible dans les bras de Darwin. Alors le jeune homme fait la seule chose possible dans cette situation et il se tourne vers Malcolm pour un peu d’aide. Il doit comprendre ce qu’il se passe. Il doit s’assurer que Betty va bien.

« C'est tout à fait normal, Darwin. » Ce n’est pas rassurant, mais ça a le don d’arracher Darwin à sa panique. Il lève les yeux vers son camarade de classe qui boit tranquillement sa tasse de thé et ressent la familière vague d’agacement que seul Malcolm Campbell est capable de provoquer. Il a vraiment l’art de la condescendance, n’est-ce pas ? Soudainement, ce n’est plus sans importance que de se montrer si vulnérable. Il revient vite, le masque de Darwin Payne, anglais fortuné à la nonchalance sympathique soigneusement calculée ; il se tient plus droit sur sa chaise et croise les jambes, épaules détendues, petit sourire au coin des lèvres même si ses yeux restent froids. « Et pourrais-je te prier de développer pendant que tu profites de mon hospitalité ? » Le ton est bon enfant, mais le sentiment derrière est amer. Il sait que lui et Malcolm ne sont pas amis, bien sûr qu’il le sait, comme si l’écossais laisserait quiconque oublier qu’il ne les estime pas dignes de son temps, mais ils sont pareils, non ? Ça veut dire quelque chose, forcément. Du moins, pour Darwin, ça a son importance, même s’il ne fera pas l’erreur de le manifester aussi clairement une nouvelle fois.

Heureusement, les miracles semblent ne pas avoir de limite aujourd’hui et, au lieu de prendre son manteau puis de prendre la porte, Malcolm accepte en effet de développer. Darwin écoute sagement, posture toujours savamment détendue, sentiments et réactions cachés derrière la façade de stoïcisme de tout bon anglais. Pourtant, c’est dur à digérer tout ce qui est dit. Des démons ? Ce ne sont pas vraiment ce qu’ils sont, n’est-ce pas ? Darwin n’a jamais eu l’impression de faire le mal autour de lui, ni de corrompre qui que ce soit. Certes, il n’a jamais été à son aise à l’église, malgré tout le temps qu’il y a passé et qu’il continue à y passer, mais ça n’a rien à voir, pas vrai ? Il sait qu’il est contre-nature, juste pas à ce point. Quand il est question d’âme, son regard se baisse sur le raton-laveur qui a les yeux levés vers lui. Ça explique pas mal de choses, ça. Il hoche doucement la tête. Voilà une information qui fait sens, quelque chose qu’il sent raisonner au plus profond de lui : Betty et lui ne sont qu’un. Le dernier point, c’est ce “on” qui soulève des milliers de questions, d’espoirs et de peurs. Darwin a fini de céder à la lâcheté pour aujourd’hui. Il est temps de chercher les réponses. « Quand tu dis “on”, tu veux dire qu’il y en a d’autres, des gens comme nous ? » D’ordinaire, il est plus doué que ça pour formuler les chose, sauf que la situation est plutôt exceptionnelle.

S’il ne trahit rien quand Malcolm abat soudainement ses mains sur la table, ce n’est pas le cas de Betty. Elle n’est pas habituée à être visible aux yeux d’un autre que son sorcier et, à ce titre, elle a bien moins de contrôle sur ses émotions et ses réactions. Apeurée par le bruit soudaine, elle grimpe sur les épaules de Darwin, lequel prévient sa possible chute en portant une main derrière sa tête, là où il peut sentir les poils hérissés du raton lui chatouiller la nuque. « Personne d'autre que toi n'a jamais essayé de toucher Betty pas vrai ? Personne, personne, d'autres que toi ne peut la toucher, tu entends ? » Il ne saurait pas expliquer pourquoi, mais la question lui glace le sang. Il sent Betty redescendre prudemment de son perchoir pour retrouver sa place sur ses genoux et il est content de pouvoir de nouveau la caresser. « Bien évidemment, que personne d’autre ne l’as touchée ! » Il hausse les épaules pour se donner un peu de contenance, tentative vaine de se mettre à l’abri devant cette nouvelle peur qu’il ne peut vraiment éclaircir. Pourquoi l’idée le dérange autant ? « Ce n’est pas comme si son existence est un fait connu de toute façon. » Ça n’a pas l’air de rassurer Malcolm. C’est la première fois que Darwin le voit aussi focalisé sur un sujet qui ne soit ni le droit, ni les regards noirs qu’il lui réserve d’ordinaire. « Faites juste attention, d'accord ? » Il est un peu pris au dépourvu par la question, mais il hoche la tête. « On sera prudent. »

Le silence s’éternise. Darwin est soucieux et fatigué ; Betty essaie de se faire la plus discrète possible, loin de la bavarde qu’elle est habituellement. Finalement, c’est elle qui pose la question qui les tracasse tous les deux, celle à laquelle ils refusaient de penser parce qu’ils ne songeaient pas à sa condition comme permanente. C’est un tout nouveau monde de difficulté. « Comment on va faire maintenant que je ne peux plus passer inaperçue ? » Darwin fronce les sourcils. *Ce n’est pas son problème, Betty. On va se débrouiller tous les deux.* *Pourquoi ? Il est là et il a les réponses ! Ce n’est pas toi qui me répète de profiter de toutes les ressources à disposition ?* Cette leçon là vient de Père, mais il ne peut pas remettre en question la sagesse contenue dans ces mots. « Pourquoi les… “démons” ne peuvent pas rester changeants toute la vie ? Il n’y a pas un moyen de renverser le processus ? » Il se voit mal revenir en cours avec un raton laveur dans les bras. Il est excentrique, Darwin, mais pas à ce point.



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Ven 2 Nov - 14:47

Il n'est pas méchant, Malcolm. Au contraire même et c'est justement à cause de sa trop grande manie à prendre les choses à cœur qu'il s'est fermé aux autres. Il n'a jamais su comment s'y prendre de toute façon, alors qu'il y ait des idées préconçues à son sujet est bien pratique pour que ça lui évite de finir une nouvelle fois la peine au cœur et de nouveau seul. Il a été utilisé, et même si s'en est rendu compte il a préféré conserver cette amère impression d'amitié plutôt que d'être de nouveau isolé de tous. Mais c'est qu'il n'a jamais vraiment été isolé, Malcolm, parce qu'il a toujours eu Titania avec lui, partout et c'est bien grâce à sa présence constante qu'il n'a pas entièrement lâché prise. Ça, et sa détermination à ne pas décevoir ses parents, mais si ça leur brisait le cœur, de voir leur fils ainsi.

Il a essayé pourtant, Malcolm, mais les murs qu'il a construits autour de son cœur depuis si longtemps sont tellement solides qu'il a oubliés comment les baisser et peut-être que, inconsciemment, il n'en a pas envie ou plutôt, ça le terrorise. Donc il donne l'impression de prendre les autres de haut, Malcolm, d'être froid, alors que c'est tellement loin de la vérité que Titania s'attriste parfois de voir son humain se faire du mal de cette façon, elle le conseille sur comment procéder, mais elle n'a pas toujours la meilleure des approches. Après tout Malcolm doute qu'il soit très poli de s'approcher d'un groupe de camarades de classe pour les interroger sur leurs goûts vestimentaires ou encore commenter sur la texture soyeuse de leurs cheveux. *Je suis sûre que ça pourrait créer des liens.* fait remarqué la daemone. Et bien sûr, un lien entre le poing d'un inconnu et son nez, très certainement et Malcolm aime plutôt bien son visage, alors autant essayer de le préserver au maximum. *Tu pourrais faire un effort.* il ne répond pas rien et estime qu'il en fait un plutôt gros, d'effort là, alors qu'il pourrait être en train de paniquer. Peut-être que siroter calmement sa tasse de thé n'est pas le meilleur mécanisme de défense en revanche. Alors quand Darwin le lui fait bien comprendre, il ne peut pas s'empêcher de tressaillir légèrement, parce qu'il essaie, Malcolm, vraiment. Et c'est justement ça le pire alors il veut se mettre en colère, faire ravaler ce regard rempli de suffisance à Payne, mais il ne peut pas, parce qu'il se refuse de les laisser dans l'incompréhension. Alors il rajoute un mur et explique de mieux qu'il peut. Il le regrettera très certainement, il le sait, ça s'est toujours passé comme ça, alors pourquoi changer une formule qui marche ?

« Quand tu dis “on”, tu veux dire qu’il y en a d’autres, des gens comme nous ? » il est sur le point de rétorquer sur le même ton que plus tôt, mais le regard de Titania lui rappelle comment ça ne s'était pas bien passé. Alors il hoche la tête, « J'ignore combien nous sommes exactement. Mais je sais que, sans être aussi nombreux que des êtres humains lambda, on est quand même un certain nombre. » Il hausse ses épaules avec un regard d'excuse, parce qu'il aurait bien aimé avoir une réponse. « Comme on cache tous notre statut de daemonien aux regards des autres, ce n'est pas facile de savoir. » Et ce n'est pas plus mal, pense-t-il, son regard se posant sur la forme de Titania.

Puis il panique, Malcolm. Brusquement, surprenant son hôte et sa daemone ainsi que Titania, dont les plumes se sont gonflées. « Bien évidemment, que personne d'autre ne l'a touchée ! » il hoche la tête, Malcolm, à moitié soulagé. « Ce n'est pas comme si son existence est un fait connu de toute façon. » Il fronce les sourcils, compatissant malgré lui – et franchement, ça l'ennuie tellement de compatir pour Darwin Payne. Mais il n'est pas certain d'avoir été très et il ne peut pas s'empêcher de se demander s'il ne devrait pas développer. « On sera prudent. » Ses épaules se détendent et il se rassoit dans aucune grâce, encore troublé et c'est Titania qui prend le relais, interruption surprenante mais bienvenue. « Ce que Malcolm veut dire, c'est que, si une autre personne que notre humain nous touche, la sensation serait terrible pour l'un comme pour l'autre. Une immense douleur, c'est... » Ses yeux jaunes se plantent dans ceux du raton laveur, alors que ses plumes blanches se gonflent à nouveau, sous le dégoût et la peur. Cette idée la révulse au plus haut point et Malcolm devra lui faire un beau repas pour faire passer ce goût de cendre qu'elle a en bouche « Ça peut laisser d'horribles séquelles. » Elle espère que le message sera passée et que ce sujet ne sera pas de nouveau abordé tant ça les terrorise, comme éventualité. « Donc vraiment, ce n'est pas quelque chose qu'il faut prendre à la légère. » Avertissement nécessaire, pour éviter un futur plein de calvaire.

« Comment on va faire maintenant que je ne peux plus passer inaperçue ? » Malcolm cligne les paupières, la voix féminine autre que Titania le sortant de ses pensées. Il pince ses lèvres, Malcolm, fronce les sourcils, le regard perdu dans le vide alors qu'il réfléchit à la question. *Et tu te demandes pourquoi tes camarades se font des idées sur toi ? On dirait que tu veux tuer ce vase.* fait savoir Titania, pour la énième fois. Il hausse les épaules mentalement, puis pose sur le regard sur Betty, puis sur Darwin, mais à peine a-t-il ouvert la bouche que le Britannique prend la parole – avec un tel accent il ne peut en être autrement. « Pourquoi les… “démons” ne peuvent pas rester changeants toute la vie ? Il n’y a pas un moyen de renverser le processus ? » La première question est une bonne question, tandis que la seconde est juste stupide. Il se garde bien de le faire remarquer ceci dit.

Il décide de répondre d'abord à la question du raton laveur, parce qu'elle est pleine de sens et il sympathise à sa situation. Puis en fait, réalise-t-il alors qu'il ouvre la bouche, les deux questions sont entre autres liées. « Je pense que tu pourrais soit te cacher dans un sac, » et il a conscience de combien c'est démoralisant comme perspective, « ou alors, Darwin, tu fais croire que t'as obtenu la garde d'un animal peu commun. Tu trouveras une explication, j'en suis sûr. » Ne peut-il s'empêcher de faire remarquer, puis il reprend avant de se faire sermonner par Titania. « Betty s'est stabilisée. » commence-t-il, la tête penchée sur le côté alors qu'il essaie de se rappeler au mieux de ce que lui ont expliqué ses parents. « Ça arrive entre le début  et la fin de l'adolescence, voire un peu plus tard pour certains. Le pourquoi du comment est assez flou, mais ça aurait parfois un rapport avec le caractère du daemonien ou un événement marquant dans la vie. » Il hausse les épaules. « Ce n'est pas quelque chose qui peut changer. C'est comme si tu décidais que tu ne veux pas prendre une année de plus chaque année. » L'exemple n'est peut-être pas le meilleur, mais il espère qu'il sera compris. Puis il réalise que la soirée risque d'être longue, parce qu'il ignore ce qui vient ensuite, de la stabilisation et il retient à peine un grognement.« Le daemonien découvre son don, après la stabilisation du daemon. » Et le regard qu'il lance à Darwin indique clairement que oui, il a bien entendu. Et s'il décide de jouer au sceptique, il lui rappellera de lancer un regard à sa daemone. Et il regrette soudainement de ne pas avoir apporté une bouteille de whiskey. *Je pourrais toujours prendre ma forme de chat à nouveau.* Il passa sa main sur les douces plumes de Titania. *Ça, Ma Dame, est une très bonne idée. Mais attendons les questions éventuelles, avant de passer à l'attaque. On ne sait jamais.* C'est qu'il n'a pas envie de se faire insulter de fou, Malcolm.



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