Hello darkness my old friend

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Nothing will be the same...

Dim 16 Sep - 17:26

Andrew Josefson Järvinen

« I'm a rock, I'm an island »

Identité

Age ◊ 27 ans
Date et lieu de naissance ◊ HELSINKI, EN FINLANDE, LE 16 AVRIL 1991
Nationalité ◊ Finlandaise
Métier ou études ◊ sans emploi, ancien barman/gérant de bar
Sous-groupe ◊ résident permanent
Dieu ◊ Terre
Précision(s) ◊ -

Jeremy Irvine
par Amorgein

Daemonien/daemonienne

Ealish


Née en même temps qu'Andrew, Ealish ouvrit les yeux sur le carrelage de la maternité. Ses premiers moments furent des cris. Un souriceau dans un hôpital n'est jamais vraiment le bienvenu. Chassée de toute part, le daemon se mit à courir dans tous les sens, tirant sur le lien entre elle et son humain, déclenchant les premiers cris de l'enfant. Ainsi, leur première rencontre fut une séparation et une douleur. Et le reste du lien fut à l'avenant, entre dépendance et liberté, deux parts d'une âme qui n'était jamais complète que quand ils étaient ensemble et pourtant vivaient souvent séparés. Ils prirent l'habitude d'être chacun d'un côté du mur. La partie animale dehors, la partie humaine dedans, suivant les mêmes chemins en parallèle.

Devenir rapace avait donc été une évidence pour le couple. Les gens oubliaient souvent de lever le nez. Ils ne voyaient pas ce qu'il se passait au-dessus de leur tête et elle pouvait être grande et libre sans pour autant qu'on ne les repère. Tout comme elle évitait ainsi d'être touchée par les humains. Voler était la solution. Ils le savaient tous les deux. Ses serres représentaient leur agressivité et cette volonté farouche qu'ils partageaient d'être au-dessus de la chaîne, celui qui mange les autres. Pour rajouter l'utile à l'agréable, elle avait décidé de manger la seule chose au monde qui effrayait la partie humaine. Serpents. Reptiles. Elle détestait les bestioles à sang froid. La seule fois où elle avait pris cette forme étant entre le monde d'avant et le monde de pendant. Quand IL était à l'hôpital. Parce qu'ils avaient eu besoin, pour cette fois, de n'être qu'un.

Grande pour un rapace, alliant 68 cm de long à une envergure d'un bon mètre 82 (la taille exacte d'Andrew), ses plumes blanches et brunes au motif moucheté, elle n'était ni un aigle (qu'il soit royal ou pêcheur), ni un faucon. Sa tête plate lui donnant plutôt une tête de chouette. Personne ne connaît le Circaète Jean-Le-Blanc. Et elle aimait cette idée. Cela voulait dire que personne ne pourrait les percer à jour. Ils restaient indéchiffrables, même pour les spécialistes de Daemon. C'était sa façon de protéger son lié. De garder son identité bien cachée sous les couches de cliché avec lesquelles ils aimaient jouer.

Farouche, déterminée et indépendante, Ealish garde un caractère qui va bien à la fois à son humain et à sa forme de rapace. S'ils sont en contact permanent tous les deux, communiquant par empathie parfois plus qu'en paroles strictes, ils ne se touchent que rarement et ont souvent dû tirer sur leur lien pour se protéger l'un l'autre. Le rôle d'Ealish n'est pas de servir de peluche. Elle est le complément d'Andrew. Elle était sa raison quand il était enfantin. Elle est restée adolescente quand il a dû grandir trop vite. Elle le rassure quant à ses rêves, volant pour lui vers le futur. Elle est la preuve que personne encore ne leur a brisé les ailes. Optimiste, elle l'oblige souvent à positiver et aller de l'avant, l'empêchant de se lamenter sur son sort. Il s'est beaucoup appuyé sur elle ces dernières années malgré de très nombreuses disputes, souvent assez violentes, aucune des deux moitiés ne voulant entendre l'autre. 

Malgré ça, ou peut-être à cause de ça, le Circaète n'est pas belliqueux. Elle préfère prendre de la hauteur. Appeler Andrew à la rescousse en cas de bagarre. Elle n'a pas peur des mots, pas plus que du jugement d'autrui. Sure d'elle, elle est polie et indifférente avec la plupart des daemons, ne tentant de se lier qu'avec ceux que l'humain apprécie. Elle se montre alors protectrice et de bon conseils, parfois rêveuse, rarement vraiment drôle. Elle est un être sur lequel on peut compter en cas de soucis. Pas le boute en train des soirées. Enfin, elle était très proche des daemons des petits qu'elle protège comme si c'étaient les siens. Tenter de s'en prendre à eux, c'est pousser Ealish à la bagarre. Et elle ne se contente pas d'intimidation comme un vulgaire chien qui gronde. Quand elle tombe sur une proie, c'est sans un bruit, sans avertissement. Et c'est pour tuer.

C'était avant. Maintenant...maintenant c'est différent, les Daemons des petits ne sont plus, les petits non plus et la colère qui gronde, froide, alimente et empoisonne un lien qui ne sait plus s'il est plus proche ou distendu. C'est un autre hôpital et des murs mentaux qui sont encore plus grands. Comme Andrew ne sait plus où il en est, Ealish est perdue. Sa liberté, toujours aussi farouche a l'amer goût des larmes qu'on ne verse pas. Elle n'est plus que l'ombre de la fière oiselle qu'elle était. Et pourtant, sa force est toujours là, présente, parce qu'ils ne peuvent pas se permettre d'échouer. Ils doivent vivre. Ou survivre.

Caractère

Andrew, c'est le volcan du nord. Dans une culture scandinave basée sur la retenue et l'introversion, il a toujours l'impression d'être décalé. C'est un homme passionné, qui ne laisse rien lui barrer la route. La violence ne lui fait pas peur, il ne connaît rien d'autre. Il se bat, encore et toujours, qu'il s'agisse de trouver la panne de sa moto, de faire son chemin dans la vie ou de rendre un devoir. Tout est bataille. Tout est défi. Tout est personnel. Le recul, ce n'est clairement pas son truc.

Il n'en est pas pour autant méchant et encore moins stupide. Doté d'une intelligence pratique, il sait trouver des solutions aux problèmes que la vie lui pose. Rien ne l'arrête vraiment. Si un chemin résiste à ses coups, il s'en trouvera un autre et ainsi de suite jusqu'à parvenir à son objectif. Obstiné et tenace, il ne supporte pas l'approximation et va toujours au bout de ce qu'il fait. Cela en fait un homme de parole et d'honneur car pour lui, parler, c'est déjà commencer à faire.

Du reste, il est difficile d'en savoir plus. Malgré un contact assez facile avec les gens qu'il rencontre, il ne se dévoile finalement que peu, restant très influencé par sa culture nordique. Il ira toujours « tranquillement » et ne montrera aucune des émotions pourtant très fortes qu'il ressent. C'est un hypersensible qui s'est forgé une carapace de colère. Gentil, au fond, doux, protecteur et rassurant avec les gens qu'il aime, il essaie de dire avec ses actes ce que ses mots ont du mal à exprimer. Il retiendra votre fleur préférée, la date de votre anniversaire. Il remarquera si vous avez mal dormi ou si vos vêtements sont les même que la veille. Dans ses bons jours, ce seront des attentions discrètes, presque timides. Un objet laissé dans le casier d'Helena pour lui faire un cadeau. Le dernier truc à la mode « égaré » sous l'oreiller d'un de ses cadets. Des attentions silencieuses qui prouvent bien qu'il est toujours là, dans l'ombre, à veiller.

Enfin, la vie a terminé de le façonner. S'il est resté l'homme possessif, jaloux et protecteur qu'il était autrefois, il a dû apprendre à brider son impatience et son impertinence. Quand on est un jeune non-diplômé dans le monde du travail, on ne peut se permettre de frapper les clients qui parlent mal ou de répondre au patron. Il sait à présent contenir plus ou moins la colère bouillonnant au fond de lui, la retenant pour mieux la relâcher lors de ses entraînements. Course à pied, boxe, football, tous les prétextes sont bons pour lui permettre de relâcher son énergie, de retrouver la joie grisante du dépassement de soi. Aussi, quand ça ne va pas, quand il se sent prêt à exploser, il se tait, conscient que la maîtrise de soi n'est qu'une bataille de plus et le plus grand défi qui soit à ses yeux. N'allez tout de même pas pousser trop loin votre chance. Monsieur n'est pas parfait et un coup reste très rapidement partit. Et puis, il a vécu Merkeley. La guerre et ses horreurs, la peur pour les siens, la violence et le chaos. Il s'est rendu compte qu'il aimait cette ambiance malgré les cauchemars alors il a voulu apprendre à dominer sa violence, à se battre, à continuer à protéger les siens. Dans cette ambiance, l'arrivée puis le départ d'Eshana, sa première petite amie sérieuse n'a laissé qu'une cicatrice légère sur son coeur. La contamination a, par contre, fini de le dégoûter de ces américains et de leurs idées foireuses. Et puis, nouveau drame, l'épidémie. Seul, survivant, sans famille, il n'a à présent plus personne à protéger, plus d'avenir, plus de Plan. Profondément blessé, perdu, si jeune et se croyant si fort, il s'aide de sa colère pour continuer, vaguement, à poser un pied devant l'autre. Parce que la vie continue, parce qu'il n'a pas le choix, mais pour quoi, au fond, il ne sait pas.

Alteration de la mémoire

Andrew peut altérer la mémoire des gens. Il brouille les pistes, efface certains souvenirs, en ajoute d'autre au gré de son imagination. C'est un pouvoir puissant qu'il ne maîtrise pas encore parfaitement malgré plusieurs années d'expérimentation. Le plus étrange étant qu'il ne « voit » pas les souvenirs qu'il efface, ou où il ajoute ses propres fantaisies. Il déroule ce qu'il appelle la « trame mémorielle », qu'il décrit comme un négatif flou dans une pièce sans lumière. Il sait quand il est arrivé où il veut, c'est tout et il y injecte son imagination. Il espère qu'un jour, son pouvoir évoluera pour lui donner une vision sur la mémoire des gens. Ça se serait intéressant. En attendant, son pouvoir lui sert surtout à éviter les ennuis.

En effet, il peut déjà bloquer de façon plus ou moins permanente certains souvenirs ainsi qu'en ajouter d'autre inventés de toute pièce. C'est une mécanique fragile qui obéit à plusieurs contraintes. La première et la plus importante étant l'obligation de toucher la personne sur la joue, plus ou moins longtemps selon l'ancienneté et la force du souvenir. C'était assez facile sur Helena du temps où elle était sa copine. Cela l'était moins avec le professeur l'ayant surpris à frapper un camarade. Un coup de poing bien placé et bien chronométré faisait effet parfois mais frapper un prof restait dangereux quand on n'était pas certain de ce que l'on faisait...

Le deuxième point important, c'est la crédibilité. Certes, Andrew peut faire croire à sa petite sœur qu'elle a chevauché une licorne la veille en rentrant de l'école mais c'est le genre de fantaisie qui s'efface rapidement. La trame mémorielle a besoin de continuité. Mieux vaut modifier un souvenir que le supprimer. Mieux vaut le faire crédible que de laisser parler son imagination. Toutefois, il est arrivé à au jeune homme d’annihiler totalement un souvenir. De détruire la trame en y laissant un gros trou. Il n'avait pas fait exprès ; pas vraiment. Il avait paniqué et... et il s'était juré de ne plus jamais le refaire. D'autant plus qu'avec le temps, il se rendit compte que sa propre mémoire commençait à lui jouer des tours. Certaines périodes ne contenaient plus que des sentiments mêlés. Il oubliait les faits. Les gens. La différence entre ses rêves et la réalité. Aussi, avec l'arrivée de l'âge adulte, il se promit de ne plus se cacher derrière son pouvoir et d'assumer ses actes comme un homme, un vrai.

La crédibilité, c'est toute la difficulté dudit pouvoir. Ne pouvant pas (encore) voir les souvenirs des autres, il doit rester très spécifique pour ne pas rompre la trame. C'est pourquoi, il modifie surtout des souvenirs qu'il a en commun, où lui-même apparaît. Ainsi, il sait ce qu'il s'est passé et peut modifier en conséquence. Pour les souvenirs dont il n'a pas connaissance, il doit en avoir une idée précise, que ce soit d'un témoin ou de la personne même. Toucher sans avoir l'air de rien et pousser l'autre à se confier n'étant que des défis supplémentaires. Une raison de plus d'expérimenter.

Le troisième point important, c'est le Daemon. Toucher le daemon d'autruit étant tabou, Andrew doit utiliser Ealish comme vecteur pour pouvoir modifier la mémoire d'un daemon. En effet, l'utilisation du pouvoir seul ne permet de modifier qu'une mémoire et celle des daemoniens est double ! Ce qui demande une double utilisation, deux fois plus de fatigue et de passer par Ealish pour la partie daemonienne. A noter que même si Drew essaie de passer à travers son daemon pour toucher un humain, cela ne marche pas. Le Circatète n'est vecteur que sur les autres daemon.

Amélioration 1 : Ayant beaucoup utilisé son pouvoir lors des émeutes, la mémoire d'Andrew commence à ressembler avec un gruyère. Or, la nature ayant horreur du vide, celle-ci se rempli de souvenirs random de ses cibles. Pour le moment, il est juste perplexe quant à ces souvenirs qui ne se rattachent à rien dans sa vie et n'a pas encore compris ce qu'il se passe. Il ne le contrôle pas, et n'en est pas conscient.

Il était une fois

Il avait l'impression de fuir et une culpabilité sourde lui serrait la gorge. Il ne se retourna pas pour autant. Il avait sa vie devant, au delà de l'horizon, derrière la prochaine colline. C'était étrange tout de même de partir seul. De se dire qu'il n'avait plus que lui à présent, l'ombre de son Daemon marquant une tâche sombre sur son blouson d'aviateur. Lui et elle. Une seule et même entité attirée par la lumière illusoire de l'inconnu. De l'au-delà. Il changea de vitesse, accélérant sur le bitume. Les routes américaines étaient droites et larges, confortables et luxueuses. Il préférait celles de son pays natal, petites, sinueuses, gelées. Dangereuses dans leur beauté glacée, elles ne permettaient aucune erreur, aucun écart. Il aimait cette brutalité innocente, fatale, qui surpassait l'humain. Ici, tout était étalonné. Toujours les même marques, les mêmes produits dans les mêmes magasins, les mêmes gens dans les mêmes villes. Les Etats-Unis avaient un goût de carton pâte alors que la Finlande sentait la glace, le feu, et le charbon. Il secoua la tête, son véhicule faisant un écart sur la route heureusement peu fréquentée. Son vieux pays ne pouvait plus rien pour lui. Il devait aller de l'avant. Il devait découvrir cette ville dont on disait qu'elle lui permettrait de vivre en paix. Qui pourrait – qui savait – accueillir son frère et ses sœurs et leur permettre de vivre en Daemoniens. Mais lui d'abord. Il avait insisté. Ce serait lui qui testerait l'ambiance. Lui qui s'occuperait de se renseigner sur l'Université. Lui qui bâtirait le nid familial. En bon chef de famille. Alors, il les avait abandonnés à New-York avec leur mère et s'était enfui vers l'Eldorado, la Terre Promise.

Ce qui était pratique, mine de rien, c'était que le Paradis Perdu n'était pas à deux heures de sa famille et qu'il pourrait remonter fissa si quelqu'un trouvait intelligent de leur casser les pieds. Et parfois même le week-end.

Ça irait, se répétait-il à l'envie. Ça irait. Les petits étaient devenus grands, ils avaient leur vie à eux, leurs espoirs à eux, leurs désirs à eux. Leur mère pourrait prendre un travail. Il serait rapidement rentable, il en était sûr et il leur enverrait une partie de sa paye tous les mois. Il leur devait bien ça. Et puis peut-être que les plus jeunes aussi mettraient la main à la pâte. Tant que leurs notes n'en pâtissaient pas bien-sûr. Allez. Il ne devait plus penser à ça. Il ne devait plus être leur père. Il devenait son propre maître et c'était, au fond, ce qui l'effrayait le plus. Apprendre à prendre soin de lui à vingt-trois ans passés. La bonne chose à faire – et Andrew faisait toujours ce qu'il fallait faire – mais de loin la chose la plus difficile au monde.

La vie avait été simple, avant. Elle roulait avec autant d'aisance que sa Triumph. Il avait tout. Il avait un style de vie aisé, dans une petite maison traditionnelle. Il avait le meilleur père au monde. Aviateur de ligne, intelligent, assez peu présent pour éviter les disputes du quotidien, réservées à leur mère, assez présent pour remplir les yeux de son jeune fils d'admiration. Josef Järvinien était son nom. Il l'avait reprit lors de leur exode vers le nouveau monde. Le « Josefson » traditionnel qu'il avait fait rajouter en second prénom était une revanche sur la vie. Sa mère avait bien secoué la tête tristement. Elle n'avait pas son mot à dire. Il était le fils de son père. Son père d'avant.

Il avait peu de souvenirs de ce père tant chéri. Des impressions qui se pressaient dans sa tête, mêlées d'émotions dangereuses sur la route. Il trouva un chemin de traverse, garant sa moto sur le bas côté. Toute tête brûlée et fonceur qu'il était parfois, il faisait attention sur la route, chat échaudé... et puis il n'avait pas spécialement envie d'arriver. Le passé le retenait, aimant attirant la limaille de son cœur avec une force qu'il ne pouvait combattre. Son père avait été un géant. Il était toujours cool. Il lui rapportait des modèles réduits, lui avait apprit les paramètres du vol. Une fois, pour ses dix ans, il l'avait même emmené dans un simulateur de vol. Il avait crashé quatre avions. Presque cinq quand Josef avait posé les mains sur les siennes et avait rétabli et l'altitude, et l'équilibre de l'appareil. Il était le meilleur. Il était beau. Il était son monde.

Une ou deux larmes coulèrent sur ses joues à ces souvenirs heureux. Ici, perdu au milieu de nulle part, seul, il pouvait libérer un peu la pression qui l'habitait depuis sept ans. C'était fini à présent. Son père était mort l'année passée, après une longue agonie. C'était à la fois un poids énorme de moins à porter et un coup perçant au cœur. Il avait tenu bon pour les obsèques, les discussions avec les banques et l'état, la préparation de l'expatriation, les négociations pour les papiers américains et même durant le déménagement, la vente de la maison et l'installation de la famille dans l'appartement de New-York. Là, il pouvait lâcher prise. Il sentit les serres familières lui rentrer dans l'épaule gauche. Ealish venait partager son chagrin. Il secoua la tête. Serra les poings. La vie était une bataille qu'il allait gagner.

Il reprit sa moto, réglant l'écouteur intégré sur ses musiques de route préférées et avala rapidement les quelques miles qui le séparaient de son objectif, Merkeley. Il ralentit naturellement en quittant l'autoroute et prit les rues droites, roulant au hasard des rues, se laissant guider par l'instinct du motard. Il avait son objectif, pas d'agenda pour cette fois et goûtait à cette liberté dont il n'avait pas l'habitude. Il avait toujours eu des journées remplies. L'école et les activités extra-scolaires quand il était petit. Puis au collège et au lycée, le Hockey. Ça avait été sa grande passion. Frapper dans un palet avait quelque chose de libérateur. Là, il pouvait libérer sa vraie violence. Il la contenait de son mieux (même s'il devait avouer que plusieurs « dérapages » faillirent faire tâche sur son rapport – par chance l'apparition de son pouvoir à peu près à la même époque rééquilibra rapidement la balance) et laissait tout exploser lors des matchs. Dérapages, bousculades, contacts et frappes puissantes, le tout porté sur deux petits rasoirs dessinant des arabesques sur une fine glace. C'était magique. Il adorait ça. Et puis il y avait ses cadets. Sa sœur, d'un an plus jeune et qui commençait clairement à se faire draguer. Et les deux petits, de six et sept ans plus jeunes qu'il ne fallait surtout pas laisser ennuyer à l'école. Père était toujours en vol. Mais lui était là et casser la tête des morveux et des don-juans ne lui faisait pas peur.

Et puis bien sûr, il y avait les filles.

Il sourit à une groupe de ces étranges animaux qui le regardaient en gloussant. Ça, ça n'avait jamais changé. Seul lui refusait de se laisser entraîner dans une relation sentimentale. Il avait ses copines. Qui toutes le plaquaient au bout d'un moment. Trop distant et trop jaloux disaient-elles. Jamais contentes. Il était comme ça, c'était tout. Il n'aimait pas qu'on tourne autour de ses affaires, quand bien même son cœur n'était jamais totalement conquit.

Sauf avec Helena, dans sa vie d'avant. Elle aussi avait fini par le plaquer.

Ça avait été le second soleil de cette période. Une adolescente magnifique au caractère bien trempé qui illuminait les couloirs du collège. Une aura glaciale émanait d'elle. Elle était le reflet du soleil sur le glacier. Tellement froide qu'elle brûlait. Il en tomba amoureux. Il n'était pas seul. Entre son statut social et sa beauté, il y avait de quoi faire. Andrew s'approcha quand même, apprenant peu à peu à la connaître et, à sa grande surprise, elle accepta de sortir avec lui. Lui ! Bon, joueur de hockey mais lui quoi. Sa fierté ne connu plus de limites. Sa jalousie non plus, même s'il essayait de se contrôler devant elle. Il se savait violent. Il se savait possessif. Et les choses ne se passaient plus si bien à la maison avec sa mère qui lui demandait tout le temps où il était, avec qui, pour faire quoi. Il la comprenait maintenant bien-sûr. Lui aussi craignait que les petits se laissent embarquer dans des combines louches alors qu'ils étaient plutôt cool comme gamins – enfin, si on pouvait parler de gamin, ils avaient quand même déjà 17 et 18 ans. A l'époque, c'était surtout celle qui l'empêchait de sortir, de se rendre aux fêtes avec Hel, et qui passait son temps à le prendre pour un môme.

Il tourna à droite dans un quartier pas trop pouilleux et entra dans le premier diner pas trop moche qu'il croisa. Un sourire à la vendeuse et à son avenir lui remonta un peu le moral. Il commanda un burger, des frites et un immense milk-shake à un goût improbable. La nourriture était bonne, pas excellente, ce qui augurait bien pour la suite. S'ils ne savaient pas faire à manger dans le patelin, il avait une niche toute trouvée. En attendant, c'était le passé qui continuait à lui faire de l'oeil. Il se laissa séduire. Il sentait qu'il en avait besoin. Faire son deuil, tourner la page, c'était aussi avancer, non ?

Helena, cela dura longtemps. Ils passèrent au lycée ensemble, devenant plus proches que jamais. Il remarqua rapidement qu'elle se promenait toujours avec un symbole animal avec elle mais n'y fit pas tout de suite le lien avec son propre Daemon. Ealish était déjà plus indépendante et restait souvent dehors, juste à côté de la fenêtre où il se mettait invariablement. Elle prenait des formes de chiens errants, de chats, d'animaux perdus. Andrew n'aimait pas la cacher. Elle n'aimait pas ça non plus. Les petites formes qui s'imposaient parfois les vexaient profondément. C'était cette frustration qui éclatait parfois sur des victimes aléatoires. Etre séparé de son âme sœur était souvent très difficile et sa patience en prenait un sérieux coup. Il s'en rendait compte maintenant. Sa colère de l'époque, celle qui n'avait pas de raison d'être. Sa brusquerie. C'était à force de tirer sur la corde. D'être obligé de cacher qui il était. Pas parce qu'il en avait honte – il n'avait pas plus honte d'elle que de lui-même – mais pour se protéger et protéger ses cadets, nés eux aussi avec un animal à leurs côtés. On lui avait dit qu'on avait essayé de les séparer quand il était tout petit et que les hurlements de douleur et de rage avaient rapidement découragés les parents, surtout quand ceux-ci avaient découvert que la bestiole changeait de forme. La politique dans la famille était de ne surtout pas en parler. Chacun prenait ses propres disposition pour ne pas être considéré comme un taré ou avoir d'ennui. Enfin, dans la vie d'avant. Après, tout changea. Tout ne pouvait que changer.

C'était un jour sans nom et sans couleurs. Un jour comme tous les jours depuis sa rupture avec son amie de toujours, il n'avait pas trop comprit pourquoi ou comment. Juste qu'elle allait mal et qu'elle l'avait rejeté. Il avait dû être trop violent. Trop protecteur. Trop con. Trop quelque chose. Il se souvenait de cette journée. C'était la première de la vie pendant. Il était allé à une fête un peu zone du coup pour boire des bières tranquille, ne pas expliquer à sa mère pourquoi il rentrait tôt alors qu'il avait prévu une sortie. Il avait un peu trop bu ce soir là. A sa décharge, les bières n'avaient aucun goût ce soir là et Ealish était si loin qu'il avait mal dès qu'il s'éloignait un peu du bar. Il ne resta pas longtemps. Un type qui l'avait énervé s'étant pris un pain, on l'avait gentiment prié de sortir, ce qu'il avait fait avec une colère intacte et un pas chancelant. Il rêvait d'une autre chance de passer sa peine. Le hockey étant hors de question, il trouva intelligent d'aller provoquer une bande de punks qui draguaient lourdement une gamine qui aurait pu être sa sœur. Qui aurait pu être Helena. Qui étaient huit contre lui tout seul.

Il se souvenait de l'hôpital et de sa chambre aux urgences. Des sermons des infirmiers. Des médecins. De ses parents. Il se souvenait n'avoir ressenti aucune culpabilité. Juste une colère plus grande encore contre le monde, les choses, les gens. Et puis il avait vu son âme sœur, blessée comme lui, lovée en serpent contre son flanc. En serpent. Elle qui les avait toujours profondément détesté. Lui qui en avait peur comme un gamin depuis qu'il était assez grand pour marcher. Et là, il avait comprit qu'il avait vraiment fait une bêtise.

Il retourna à l'école dès qu'on le relâcha de l'hosto, le lendemain. Il inventa un entraînement privé qui avait mal tourné, fit bonne mine à son ex, apprit à mettre un masque. Pour la première fois, il comprenait Seagard. Jouer à être un autre était épuisant. Et encore, lui, il restait lui. Il continuait à se mettre en colère quand on s'en prenait aux siens. Il continuait à jouer au hockey. Il continuait à faire ce qu'on attendait de lui. Pendant quelques semaines, il joua à Andrew, se rendant compte avec stupeur que ce n'était même pas si compliqué. Jusqu'à l'Accident.

Là encore, ce n'étaient pas des souvenirs précis. Il se souvenait de la confusion, de la douleur, plus grande encore que lorsqu'il tirait sur la corde avec Ealish. Et puis la réalisation, quand il comprit que son père ne reviendrait plus pour le faire rêver. Qu'au contraire il resterait là, épave émergée au milieu du salon, incapable de bouger, de parler, de penser. La famille était dans le plus grand chaos et tout ce que ressentait Andrew était de la colère. On lui prenait son père, sa vie, son avenir, tout. Ce n'était pas juste ! Il ne voulait pas grandir ! Il ne voulait pas penser à des choses adultes ! Il voulait se plaindre du couvre-feu et fumer en cachette, comme tout le monde. Sauf qu'il n'avait pas le choix. Ils avaient besoin de lui. Les petits qui étaient trop petits. Sa sœur qui était trop fragile. Sa mère dont le monde aussi s'était écroulé. Il prit contact avec la compagnie pour laquelle travaillait son père. Douce ironie. Ils étaient bien couverts pour les accidents mais ceux d'avion, pas de voiture. Ça et le fait que l'idiot saoul qui avait embouti son héros n'avait même pas eu la décence de le faire sur le trajet du boulot mais pendant une course à la con durant une perm. Ils avaient perdu le principal de leurs revenus en même temps que le paternel. Et comme lui, il allait rester là, immobile, intouchable, pendant on ne savait combien d'années.

Il y eut des disputes pendant cette période. Evidemment, sa mère ne pouvait pas prendre un travail. S'occuper de Josef serait à présent sa tâche, sans compter les plus jeunes qui auraient besoin d'attention. Avec les assurances du chauffard et les indemnités du début, Andrew pouvait continuer le lycée à condition de prendre un petit boulot pour après les cours et le week-end. Il se trouva un truc dans un garage. La mécanique lui avait toujours beaucoup plus, par chance. Il remit son masque, reprit les cours. Les condoléances et la fausse compassion le faisaient flamber à tout moment. Il se sentait irascible et désagréable. Seule la pensée de perdre totalement Helena le retint de tout plaquer. Il fit attention et, avec le temps, la colère arrêta de gronder pour se ficher au fond de son cœur, comme un volcan endormi. Il fut là pour ses amis. Il protégea ses cadets. Il continua même le hockey. Et, en terminale, lui et Hel furent élus Roi et Reine du bal de promos. La voir radieuse après tant d'angoisse lui fit plaisir. Il s'en sentit fier. C'était sa dernière séance. Son apothéose.

La serveuse revint une troisième fois lui demander s'il avait besoin de quelque chose. De guerre lasse, ce fut un soda quelconque. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait fini son assiette. Il y avait quelque chose d'hypnotisant dans ces frites.

C'est ainsi qu'il perdit Helena aussi. Après le lycée, la jeune femme partit dans la politique, puis quitta le pays pour le nouveau monde. Ils communiquèrent quelques temps avant de se perdre totalement de vue. Pas fâchés. Pas malheureux. Juste séparés par le monde. Le monde de son amie, haut en couleur, comme elle le méritait. Et le monde d'Andrew, routinier, inintéressant, rythmé par les jours de paie et les mouvements d'orteils du père.

Il repoussa son verre à demi-plein, sortant quelques billets pour l'addition. Même son escapade au pays des souvenirs arrivait à sa fin. Il faudrait bien qu'il affronte son futur un jour ou l'autre. Il laissa tout de même un joli pourboire à la jolie serveuse, resserra son blouson, récupéra son daemon et sortit dans la nuit tombante.

Il était devenu adulte très vite à cette époque. Ealish restait son âme d'enfant. Elle prenait de plus en plus souvent l'apparence d'un chiot ou d'un chaton, jouant pendant des heures à chasser les souris et les animaux sans âmes quand elle ne prenait pas son envol pour jouer avec les courants d'air. Andrew se cherchait lui aussi. Il aimait bien la mécanique, construire et réparer des trucs qui roulent. Seulement il ne se rappelait que trop bien l'état de la voiture après l'Accident et ne pouvait s'empêcher d'enguirlander les clients qui ne faisaient pas assez d'attention. Quelques altercations tournèrent à la bagarre et on lui signifia que ce n'était pas sérieux. Il fit plein de choses alors, du vendeur au livreur de journaux. Ce qui lui plu le plus, toutefois, ce fut d'entrer comme commis dans un restaurant de routard. C'est seulement alors que son âme-soeur prit sa forme définitive. Celle d'un chasseur de reptiles sans pitié dont les ailes représentaient les rêves brisés de son lié, une réassurance d'un futur où il pourrait les rouvrir, ses ailes à lui, et devenir l'homme qu'il voulait être. Un type bien, avec un métier cool, une moto entre les jambes, une fille à ses côtés. En attendant, il apprenait la cuisine. La Révélation ne lui facilita pas la vie mais il fit avec. Il savait bien qu'il n'était pas seul. Ils étaient au moins quatre à avoir des daemons, il y en avait forcément d'autres ailleurs. Ça ne changeait pas sa vie et ça ne payait pas les factures. Il fut triste toutefois de voir Helena partir pour cette Université-ghetto. Elle était grande cependant. Elle avait sa vie. Il avait la sienne. Elles n'avaient plus grand chose à voir au final.

La moto passa des jardins pour s'arrêter devant un parking. A quelques mètres seulement derrière, une vieille bâtisse aux néons éteins l'attendait. Il y aurait du travail, comme prévu. Cela ne lui faisait pas peur. Un peu de peinture, quelques travaux, rien de bien terrible. Et le Hell's Sinきpourrait bientôt ouvrir ses portes. La vie d'après commençait. Elle avait commencé à commencer une année auparavant, à la mort de son père. Sans raison. Ils étaient rentrés un jour, et il était mort. On les avait prévenu que ce serait possible. Ils n'y avaient pas cru. Et pourtant. Avec ce décès, l'assurance vie tomba. Plus d'argent qu'ils n'en avaient vu depuis bien des années. Ils allaient s'en sortir. Enfin.

Il prit ses clefs et entra dans son nouveau chez lui, payé entièrement avec sa part d'héritage. L'université-ghetto l'avait attirée au final. Il voyait bien que les plus jeunes souffraient avec leur daemon et il avait prit seul la décision de faire déménager toute la famille sur le Nouveau Continent. Lui, il allait s'installer là et vérifier que tout était bien comme le disaient les brochures. Alors, et seulement alors, il permettrait aux autres de venir le rejoindre. Ils feraient des études. Ils allaient pouvoir devenir avocats, médecins, pilotes de ligne peut-être. Même sa sœur. A 22 ans à peine, on n'était certainement pas trop vieux pour faire des études, si ? Enfin. Là il allait aller se coucher. Demain matin, il se recenserait. Et puis en roule ma poule !

Il ne savait pas encore que la guerre grondait entre les rebelles et le conseil. Lui ne se souciait pas de la politique. S'enregistrer ne lui paraissait pas dément, vivre au milieu des humains non plus, il voulait juste construire sa vie, tranquille, sans chercher à savoir qui des deux avait raison. Pas avant d'en savoir plus.

Il en su plus, bien plus qu'il ne l'aurait voulu. Et Merkeley l'emprisonna, d'émeutes en révoltes, de contamination en complots, lui et ses chers petits que pourtant il avait voulu protéger. En 2017, après le départ d'Eshana, il en eu assez et chercha à vendre le Hell qui avait bien prospéré. Il en tira un bénéfice conséquent, de quoi rappatrier tout le monde et revivre à nouveau en Finlande. Après tout, c'était ce que voulait Sisu et plus le temps passait, plus Drew lui donnait raison. Mais en ces temps troublés, voyager avec son daemon n'était pas des plus facile. Et puis Andrew aimait la vie américaine, il aimait les possibilités, il aimait la liberté, il aimait ses amis, il aimait les cours de menuiserie et d'ébénisterie qu'il prenait pour le plaisir. Il traîna. Et l'épidémie soudaine le lui fit payer très cher.

Milena tomba la première, malade à en crever. On l'isola à New York, dans l'appartement de maman. C'était avant la quarantaine. Maman tomba aussi malade. Il y eut autour d'innombrables cas qui se déclaraient tous les jours. La ville se fantômisait. Aina et Sisu, qui étaient hors de la ville devaient revenir mais seul ce dernier fut au rendez-vous. Aina avait disparu sur la route entre sa retraite de pompom-girl et le lieu de rendez-vous. Sisu, qui était en colloque médical était hors de lui. Drew était en retard. La dispute fut violente et même s'il ne le montra pas, le jeune homme fut terriblement blessé par son frère. La mort des deux femmes, deux clous de plus plantés dans son cercueil. Les reproches du petit qui rentrait au pays sans lui, vendant l'appartement New-yorkais deux autres. La mort, partout autour de lui, chez ses amis, ses habitués, ses collègues. Andrew tomba malade, mais pas de ce virus qui atteignait les plus forts pourtant. Le destin se moquait. Il fut interné pour dépression à l'hôpital psychiatrique mais qui pouvait trouver le temps de s'occuper de lui alors que tant d'autres étaient mortellement atteint. Le virus fini par le rattraper. Il espéra y passer, mais non. Perdre son pouvoir maudit. Non. Perdre Ealish, pour se punir de survivre. Non. Il resta intact. Intouché. En apparence. Et, un jour, il se retrouva ailleurs. L'air avait la fraîcheur de sa scandinavie natale. Il y retrouvait le froid et le bleu qu'il avait au fond des yeux. Qu'importe au final où on l'envoyait si c'était pour vivre encore. Ealish, agacée, pour la première fois, le piqua. Encore. Et encore. Et encore. Jusqu'à ce que sous la douleur monte un fond de colère. Pour la première fois, Daemon et Humain en vinrent aux mains et au bec. L'énergie qui l'avait déserté revint sous le choc. Il recommençait à vivre. A lutter. La peine et la peur était toujours là, il n'était pas moins perdu dans la vie mais au moins, ils s'étaient retrouvés. Il avanceraient. Parce que ce n'est pas le destin qui décide. Na.
.


Précisions complémentaires

En 2011, le gouvernement américain lance au travers des médias l’existence d'une nouvelle espèce, les daemoniens. Il s'agit de la grande révélation. Comment as-tu vécu ce chamboulement ? Qu'en as-tu pensé ? Des réactions démesurées envers les daemoniens ont été commises par les humains de tout horizon, comment as-tu réagi même si tu n'étais pas au cœur de l'action ? A l'époque, c'était encore la colère, encore la lutte. Il fallait avant tout trouver un moyen pour payer le loyer, se nourrir, vêtir les petits et s'occuper de leurs études. Il avait vingt ans en 2011. Et ce dont il se souvient surtout c'est qu'elle lui a pris Helena qui est partie immédiatement. Avec le recul, il trouve stupide sa réaction de l'époque, un haussement d'épaules rageur, comme si refuser la réalité allait aider à la vivre. Par chance, Ealish n'était pas voyante et les petits étaient encore assez jeunes pour cacher leurs âmes. Le tabou de la maison était assez fort pour résister à la pression des médias et des camarades d'école. Un daemon ? Non. Pour quoi faire ? Et sinon, on mange quoi ce soir ? Qui se soucie d'inconnus qui se font blesser loin de chez soi quand on a toute une famille à charge et un père immobile au milieu du salon ? Toutefois l'idée progressait dans l'esprit du garçon. Si on se mettait à s'accepter les uns les autres, peut-être que les petits pourraient bénéficier d'aides et de passe-droit pour avancer dans la vie. Alors il s'est mit à regarder les infos, à lire les journaux, lui qui les détestait. Pour garder un œil sur ce changement, au cas où. Et cas où il y eut. Même si, aujourd'hui, il se maudit pour cela.

Dans ton enfance, adolescence ou dans ta vie d'adulte, t'es-t-il déjà arrivé de commettre une erreur qu'elle soit difficilement pardonnable ou clairement irréparable ? À l'inverse, quel est le plus beau geste que tu as commis dans ton existence que ca soit envers un proche ou envers un inconnu ? Par ailleurs, d'après toi, quelle serait ta plus grande peine, ton plus grand regret, ta plus grande joie ainsi que ta plus grande réussite ? Des erreurs, il en a fait et il les a payées amèrement. Seul celui qui ne fait rien ne se trompe pas, pas vrai ? Emmener sa famille aux Etats-Unis fut la plus grande erreur de sa vie. Il aurait du écouter cet instinct qui lui disait que les ghettos étaient une mauvaise idée. A l'époque, la nécessité financière avait fait loi. Maintenant il n'a plus de soucis d'argent. Il n'a plus de famille non plus. Curieusement,il ne se sent pas plus riche. Par contre, il n'a aucune idée de c qu'il a pu faire comme beau geste. Laisser partir Eshana peut-être. Au moins a-t-elle survécu. Pour lui, abandonner ses études, son enfance, son avenir pour servir de père a ses cadets n'était pas un geste, il n'en tire aucune gloire. Dans son état actuel, il lui est impossible de répondre à des souvenirs ou des espoirs de joie et de réussite. Perdre Aina lui a caché le soleil pour toujours.
Tôt ou tard, le daemon se fixe en une forme dont il ne pourra plus se défaire, pour le tien, comment cela s'est il passé et de quelle manière l'avez vous vécu ? Etait-il/elle satisfait/e de sa stabilisation ou aurait-il/elle préférait un autre animal, si ton âme est dans le deuxième cas, qu'aurait-elle préférait ? Dans les mémoires, l'on raconte que la forme du daemon à un rapport avec le caractère de son daemonien même si cela n'est pas flagrant au premier abord, penses-tu que cela soit une vérité entre vous ? Choisir un rapace était une question de logique, répondant à la fois à leur envie de liberté, leur farouche indépendance, leur loyauté inébranlable et leur habitude de vivre cachés. Cela s'est fait petit à petit, Ealish prenant de plus en plus souvent cette forme jusqu'à ne plus changer et la gradation termina de rendre leur évolution naturelle. Jamais Drew n'aurait imaginé Ealish autrement et inversement.

À l'instar du daemon, un pouvoir apparaît également au cours de ta vie. Bien généralement il se manifeste vers la fin de l'adolescence ou au cours d'un événement extrêmement marquant. Dans quel cas t'es-tu retrouvé ? Comment est-il apparu ? À sa découverte, l'absence de contrôle de ton don a-t-il déjà causé des problèmes avec ton environnement proche ? T'es tu déjà penché sur l’entraînement de ton don et si c'est le cas, comme as-tu essayé de te former afin d'être plus performant ? Ce n'est pas tellement qu'il a tenté d'entraîner son don qu'il l'a utilisé beaucoup. Pendant les émeutes pour se protéger et protéger les siens en cultivant son anonyma, avant, pour des bêtises d'adolescent, après pour tenter de le comprendre et de maîtriser les cauchemars et les souvenirs qui n'étaient pas les siens. La perte de son propre passé l'a toujours effrayé. Il aurait bien aimé quelque chose de plus pratique, de plus cool. Il aurait adoré voler. Pouvoir s'ébattre avec Ealish dans les airs, planer dans les courants. Mais non.

(Pour les survivants d'Eqkter). Tu n'as pas coupé au recensement obligatoire après ta téléportation. Néanmoins à ton arrivée à Okolnir, aucun papier ne te fût demandé. Ta date, ton lieu de naissance ainsi que ton nom et prénom, tes origines, ta nature et ton nouveau lieu de résidence sont notés sur un papier que l'on te remet sans informations complémentaires sur un don potentiel ou sur une quelconque forme animal. En Norvège, vous êtes normaux. Quel est votre ressenti présentement ? Quelle importance s'ils n'ont pas compris les leçons de Merkeley ? Au moins, seul à présent il ne pourra plus faire de mal à ceux qu'il a aimé. Quant à lui...il s'en fiche. Il veut juste qu'on lui fiche la paix. Tenter de se retrouver. De faire le point. Alors donner un nom et un prénom...il aura juste laissé tomber le Josefson. Il ne mérite plus de porter le nom de son père.

(Pour les survivants d'Eqkter). Tes derniers instants furent probablement les pires de ta vie. Comment l'as-tu vécu ? As-tu fait parti de ceux qui ont été touché violemment par Eqkter ou as-tu eu de la chance ? As-tu perdu des proches à cause de la maladie ? Que ressent-tu face au gouvernement américain qui a exigé un nettoyage radical de la ville de Merkeley ? Quel sentiment as-tu, à l'heure actuel ? De la chance ? Est-ce de la chance de perdre sa mère, ses deux soeurs, d'avoir son frère qui vous reproche tout ça et savoir qu'il a raison ? Et de ne pas être puni ? De ne rien subir ? Pourquoi a-t-il survécu, pourquoi lui, pourquoi toujours toujours lui qui doit être fort, continuer, être grand, avancer. De la chance ? Mais c'est une torture. Il aurait mille fois préféré mourir. Il aurait mille fois préféré être affaibli, déchiré, marqué physiquement par ce qu'il vit en lui. De la chance. Il  a perdu 10 kilos, 5 teintes de peau. Il n'a plus envie de rien. De la chance. Il vous hait, tous. Ce serait tellement facile d'en vouloir aux américains mais ce sont les gens qui lui disent qu'il a de la CHANCE qu'il déteste.

Tu le sais depuis ton arrivée en ville, les références vis-a-vis des dieux sont presque omniprésentes. Certains habitants sont persuadés qu'ils vivent cachés parmi-vous pendant que d'autres, bien que croyants, acclament haut et fort qu'aucun dieu ne vient se salir sur Terre. Et toi, quel est ton avis sur la question ? Est-ce que les phénomènes surnaturels qui surviennent parfois à Ókólnir peuvent réellement justifier leur présence ? Si tu n'es pas croyant que penses-tu de toute cette religion construite autour de ces dieux inconnus mais assimilée par moment à la culture nordique ? Il n'y pense pas pour le moment. Il y a bien ce tatouage sur son poignet mais bon, il a d'autres chats à fouetter (pardon Yaaba) et sincèrement, les dieux, les hommes, le destin, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Il ne veut pas avoir à faire à eux pour le moment. Il n'est pas assez fort encore.

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Dim 16 Sep - 17:55
@Andrew Järvinen a écrit:
il a d'autres chats à fouetter (pardon Yaaba)

NON J'TE PARDONNE PAS, D'OU TU FOUETTES DES CHATS TWA, TU VEUX T'PRENDRE MON POING DANS TA GUEULE ?!

Rebienvenue par minou


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Dim 16 Sep - 20:35
re-bienvenue parmi-nous

pour les fautes ça nous a déjà été signalé et on est entrain de s'occuper de la relecture des sujets, comme on l'a expliqué aux membres on a bossé tout un mois entier sur la relance (vraiment on était dessus du matin au soir ) mais du coup c'est plus compliqué de voir les fautes quand on a eu le nez sur le texte trop longtemps ahah

amuse toi bien sur le fofo



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MODO
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Mer 19 Sep - 17:24
YEAAAH FELICITATIONS
tu es officiellement validé(e) !


Helloooo ! Un grand bravo pour ta validation, ta fiche a été accepté et tu fais maintenant parti(e) de la famille. Enfin tu portes le nom de LDIEN (et ça c'est la classe). En plus on t'offre une tonne de cookies et on espère que tu te plairas ici. N'hésite pas si tu as des questions. Et ne pars pas trop vite ; il te reste à te recenser et tout sera bon pour que tu puisses jouer : cours recenser ton daemon, ton avatar, ton métier et ton don. A très vite sur LD ♡

Le staff t'as également attribué le palier 2 concernant ton pouvoir. Tu le trouveras directement dans ton profil. Si tu as des questions là-dessus ou des revendications n'hésite pas à envoyer un message à l'un des membres du staff.

PETIT MOT DE TON CORRECTEUR :Alors tous d'abord c'est très plaisant de te lire. Simple mais les sentiments passent très bien à travers tes mots. Ton petit duo a l'air super. Entre Andrew au caractère explosif mais assez protecteur et Ealish daemonne assez mystérieuse je trouve que cela donne vraiment trop envie de les croiser Et puis le pouvoir! Le prix a payé est très bien pensé. Bon j'en profite aussi juste pour te prévenir de faire attention, Ealish ne peut pas attaquer les humains ni les daemoniens (référence aux dernières lignes de sa description) Mais sinon je suis très heureuse de te re accueillir sur LD et peut être te croiser en rp


Ombre dans la nuit
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Mer 19 Sep - 18:10
Merci beaucoup, ça fait plaisir que ca t'aie plu ! Je ferais attention pour Ealish, promis ;)

Et merci à Yaaba et El pour le bienvenue :)


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